Coffee Prince « Café des Princes ».
Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi
Création de Lex Lina
O0o0o0o0o0o0o0o0o0o
Chapitre 14
Darjeeling (suite)
Bella avance, sans vraiment regarder son chemin, jusqu'à son quartier. Se disant qu'elle aurait bien besoin de quelque chose de bien calorique à grignoter, elle se dirige vers une petite épicerie. C'est là qu'elle est assaillie par Aro. Le chien lui fait une fête incroyable et Bella tourne sa tête en tous sens à la recherche de son propriétaire. Supposant qu'il est dans un des magasins à proximité, elle s'assoit sur le trottoir et câline le chien tout en lui racontant brièvement ses misères.
Jasper arrive avec deux sacs prouvant qu'il faisait bien ses courses à proximité. « Toujours en train d'harceler mon chien ? Je vais vraiment finir par croire que tu l'aimes plus que moi ! ».
Il lui tend la main pour qu'elle se relève. « Alors comme ça tu n'as plus de boulot ? je ne suis pas sûr que mon chien soit de bon conseil tu sais ? ».
« Oh si, car lui, au moins, il ne me répond pas. ». Elle se redresse et Jasper l'étreint en passant son bras sur les épaules de la jeune femme, posant par la même occasion un baiser sur sa joue.
Bella retrouve tout de suite le sourire. Elle lui prend un des sacs et l'accompagne jusqu'à chez lui. Jasper demande.
« J'ai un truc à faire pour le boulot ce soir… Hum… Tu veux venir avec moi ? enfin… ça te changera les idées. ». La jeune femme hoche la tête vigoureusement et ils prennent rendez-vous.
Une fois chez elle, Bella prend le temps de s'habiller de manière plus élégante. La robe Fleur de Lis, des escarpins Skyscraper Court, en daim, dotés d'au minimum 12 cm de talons et des bracelets dorés, le tout signé par Vivienne Westwood font qu'elle booste son envie de séduction. Rosalie lui a conseillé cette tenue. Selon ses termes c'est classe sans être trop sophistiquée. En se regardant devant le miroir, elle sourit. Depuis le défilé d'Alice, Bella n'avait pas repris une apparence féminine. Rosalie arrange ses cheveux pour faire un carré assez long, son éternelle frange étant domptée par une barrette parsemée de brillants.
Elle retrouve ensuite Jasper dans un bar où un groupe local qu'il produit, anime la scène. Il lui apporte une boisson et ils profitent de la musique, bougeant avec entrain au rythme rock. Lorsque le concert est presque terminé et les deux jeunes gens se permettent un dernier verre. Bella est tout contre Jasper. Ils ondulent tout en sirotant leurs boissons. Bella tourne un peu la tête, ses escarpins la mettant au même niveau de regard, et lui demande.
« J'en suis à combien de verre ? Putain et je ne suis toujours pas saoule ! ».
Jasper rit doucement en croquant un glaçon et l'haleine rafraichit par le morceau de glace, soupire à son oreille. « Moi qui comptais sur ton ivresse pour te ramener chez moi. ».
La jeune femme est surprise par la désinvolture de son ami et décide de se relâcher elle aussi. « Dis-moi ton programme et je suis prête à jouer la comédie pour entrer dans ton jeu ! J'ai vraiment besoin de penser à autre chose. ». Elle se mord la lèvre, regrettant de penser encore à Edward alors qu'elle est censée passer un bon moment en compagnie du frère de celui-ci. Bella secoue sa tête et reprend le contrôle de ses pensées.
Alors que son absence dans la conversation n'a duré qu'une petite seconde, Jasper remarque bien cette lueur de tristesse dans ses yeux. « Edward te fait encore passer un sale moment ? ».
Elle hoche la tête. « Non. Enfin, rien de plus marquant que ce dont je me tape habituellement. ».
La foule commence à se disperser et les deux jeunes gens se retrouvent sur le trottoir. Il est déjà très tard mais aucun des deux n'est pressé de rentrer chez lui. Jasper, décidément plein de courage ce soir, lui prend la main et l'entraine à sa suite jusqu'à sa voiture. « Je te ramène ? On peut même aller faire un tour. ».
C'est ainsi qu'ils se retrouvent à rouler sans véritable but, écoutant de la musique et profitant de la brise. Bella est appuyée contre le rebord de la portière et savoure ce moment. Les lumières de la ville défilent et ses soucis semblent s'envoler en même temps.
« Jasper.. Merci.. Ça fait du bien. Je suis désolée de te faire perdre ton temps. ». La voiture s'arrête en haut d'une petite colline, surplombant le reste de la ville. Le jeune homme farfouille dans son ipod à la recherche d'une playlist particulière avant de sortir et d'ouvrir la porte pour son amie. Ils prennent appui sur le capot de sa voiture, réchauffé par la route et regardent les étoiles.
Le temps passe alors qu'ils se racontent des souvenirs d'enfance plus ou moins embarrassant et chantonnent les rythmes sirupeux de Hooverphonic. Quand le temps se fait plus frais, ils décident de finir le peu de nuit qui reste chez Jasper. Bella lui fait une prestation de Back in Black d'ACDC en air guitare, qui aux yeux de Jasper est la chose la plus sexy qu'il n'ait jamais vu, surtout qu'elle ne le fait absolument pas exprès.
Puis c'est au tour de Bella de baver devant le jeune homme quand il lui montre un tatouage… Le 'M' d'une certaine Maria… appelé erreur de jeunesse numéro quatre... Bella aimerait bien savoir quelles étaient les trois premières... situé juste au-dessus de son cœur, lui dévoilant un corps juste assez musclé pour être dévoré goulument.
Le jour commence à poindre le bout de son nez quand Bella et Jasper se retrouvent sur la terrasse, allongés dans un canapé de jardin et emmitouflés sous une couette. Ils observent d'un œil fatigué le ciel qui se colore de rose. Bella pose sa tête contre l'épaule de son ami et lui demande.
« C'était génial Jasper... Merci. ». Il lui embrasse tendrement la tempe et resserre son étreinte autour d'elle.
« Le plaisir était pour moi. ». Bella redresse sa tête et lui embrasse la joue. Il lui sourit et soupire de contentement avant de poser un baiser sur le coin de la bouche de la jeune femme. Elle se mord la lèvre, l'embrassant doucement sur la bouche et ferme les yeux fortement. Elle a un geste de recul.
« On ne peut pas. ».
Les pensées de l'un et de l'autre sont sur la même longueur d'ondes. Ils savent tous les deux que franchir ce pas serait une situation plus que déplorable plus tard.
Bella chasse les idées roses qui lui passent par la tête et se réinstalle confortablement contre le jeune homme. Alors qu'elle est déjà endormie, il lui dit doucement. « Je me dois de garder en tête que tu risques d'être ma future belle-sœur. Mais s'il continue à hésiter, je pense que… ». Son téléphone vibre dans sa poche, comme il l'a fait une bonne partie de la nuit et quand il cède et retire enfin de sa poche, Jasper lit.
« Appels en absence : Alice (2) – Edward (1). ».
Sans même chercher à rappeler un de ses correspondants, il caresse, en souriant, les cheveux de la belle endormie qui est, il faut le dire, vautrée sur lui. « … Je ne laisserais pas passer la prochaine occasion. ».
xoxo
Le lendemain, au Café des Princes, Edward essuie tranquillement des tasses. Il a passé sa soirée à tourner en rond dans son appartement, avant de faire une série d'origamis élaborés au cas où Bee repasserait un jour par là. Le jeune homme s'est ensuite empressé d'arriver au café pour profiter de la tranquillité des matinées. Enfin, il essaie de travailler dans le calme mais ce n'est pas facile avec James qui passe, avec la régularité d'une horloge suisse, toutes les cinq minutes, pour demander à ce qu'Edward, réengage Bee. Edward pose sa serviette et la tasse qu'il vient de finir, un peu brutalement sur le comptoir. « Je ne sais pas James. Tu as bien vu qu'on ne parvient pas à s'entendre... ». Il voit que James s'apprête à répliquer et il lève la main pour l'en empêcher. « Et non, je n'ai pas envie d'en parler. ». James, ouvre la bouche une nouvelle fois mais cette fois il est interrompu par le fracas causé par Emmett.
Billy sort de la cuisine, avec une pelle et un balai. « Ça fait déjà trois fois aujourd'hui qu'il nous casse quelque chose. Rien ne va plus ici. ». Seth sort à son tour et regarde Edward d'un air sournois.
« Je savais que tu allais encore merder. Puis c'est quoi ton problème ? Pourquoi est-ce que tu es aussi méchant avec Bee ? ». Avant qu'Edward ai le temps de répondre, Seth retourne dans la cuisine, grommelant encore à voix basse. James prend appui sur le comptoir et sourit.
« Je crois qu'il vient de te traiter de minable. C'est dingue parce que je me dis qu'il n'a pas vraiment tort. ».
xoxo
Dans le canapé du séjour, Bella feuillette plutôt violemment un magazine de mode. Lunettes noires sur le bout du nez, elle grommelle en lisant un article sur les '30-façons-de-garder-son-mec'. Elle tourne une nouvelle page, l'arrachant presque. Rosalie, qui tente d'étudier à côté d'elle, lui dit. « Bon Bella, tu vas arrêter ça tout de suite ! Déjà parce que tu ressembles trop à James en faisant ça puis si ça te travaille tant, retournes bosser au café. ».
Bella retire ses lunettes, laissant apparaître ses yeux rougies par le manque de sommeil, l'alcool et l'envie de pleurer sur le drame pathétique qu'est sa vie. « Je peux pas faire ça. Il me considère comme de la merde. ».
Rosalie se rapproche de sa petite sœur et la prend dans ses bras. « Il faut agir sœurette. Vous êtes déjà comme un vieux couple, toujours à vous chamailler. L'un de vous doit faire le premier pas. ».
Bella soupire, la tête blottit dans l'épaule de sa sœur. « J'en ai marre de me sentir si misérable Rose. Ma vie me fatigue. Je veux redevenir Isabella. ».
Rosalie pose un baiser sur le sommet du crâne de Bella et se dit que Bella parvient à la limite de ce qu'elle est capable de supporter.
xoxo
Alice et Edward se retrouvent dans un petit bistro. Elle tourne machinalement sa petite cuillère dans sa tasse de thé. Remarquant bien son humeur maussade, Edward ne fait rien pour lui remonter le moral. Il est déjà bien trop pris par ses propres problèmes. Elle finit pourtant par lui avouer.
« Jasper a une nouvelle petite amie. ».
Edward sourit, ayant du mal à croire l'idée que Jasper ne soit plus en train de ramper derrière leur amie d'enfance. « Impossible tu le sais bien. ». Alice fait un geste brusque avec sa petite cuillère, renversant un peu de thé au passage.
« Si et il semblerait qu'on l'ai déjà vu. ».
Edward se creuse la cervelle, chose difficile tant il est obnubilé par sa dispute avec Bee. Il finit par se rappeler. « La fille du défilé? ». Il sourit en se rappelant la demoiselle. Cheveux longs, plutôt jolie dans l'ensemble, enfin pour ce qu'il en a vu et surtout avec des pompes qui criaient 'prends-moi-violemment' à chaque fois que leurs talons cliquetaient sur le sol.
Alice ne répond pas. Elle reprend son manège avec sa tasse de thé et sa cuillère. Edward pose une main distraite sur son bras pour la réconforter. Edward ne s'en veut même pas de penser qu'il était temps qu'elle réalise que Jasper finirait par en avoir assez de ses manigances. Le jeune homme sourit en se disant que Bee serait fier de voir qu'il a retenu ses leçons...
Non ! Non ! Non ! Arrêtes de penser à lui !
Alice soupire. Même Edward commence à se détacher d'elle. Elle finit par lui demander. « Au fait, où est Bee ? Vous étiez presque siamois dernièrement et je m'étonne de ne pas le voir sortir de ta manche à tout moment. ».
Edward fronce les sourcils et essaie de prendre un ton neutre au possible. « Je l'ai viré avant hier. ». Alice renifle de manière peu élégante et lève les yeux au ciel. Maintenant, elle sait où est Jasper, enfin... Avec qui plutôt.
« Et pourquoi cette fois ? ».
Edward semble outré par sa question et tente de s'expliquer. « Il s'en est pris à une cliente et ses réactions ne sont vraiment pas professionnelles. Puis j'en ai assez qu'il profite constamment de moi. ».
Alice est surprise. « A ce point ? Es tu sûr ? Qu'en penses Billy ? ». Elle sait très bien qu'Edward peut être impulsif ou pire il est capable de dire quelque chose de maladroit, alors qu'il pense tout autrement, juste pour avoir le dernier mot. Nombre de disputes entre les frères Cullen auraient pu être évitées si Edward savait fermer son clapet avant qu'il ne soit trop tard.
Edward se passe la main dans les cheveux, marquant bien sa nervosité. « Il était furieux, comme le reste de l'équipe d'ailleurs... Tu t'en doutes. Je ne sais pas... J'ai peut être fait une erreur... Je n'arrive pas à penser correctement quand il s'agit de Bee. ».
La jeune femme boit une gorgée de son thé et tente de démêler la situation. « Alors tu l'as viré, ce qui fait qu'il te manque mais en même temps tu souhaites l'oublier et passer à autre chose, c'est ça ? ». Edward acquiesce et pose sa tête fatiguée sur la table. Alice passe sa main dans les mèches bronze à sa portée. « Je connais ce genre de sentiments. Tu dois y réfléchir sérieusement Edward. Mais, il faut que tu saches que si tu penses à lui alors c'est que tu as besoin de lui. Par contre, si tu arrives à te l'enlever de la tête alors c'est qu'il ne compte pas vraiment pour toi. ».
Edward chuchote. « Mais je l'ai viré. Alors comment je fais maintenant pour rattraper mon erreur ? ».
Alice se demande combien de temps il faudra pour qu'Edward se rende compte qu'il est tombé amoureux. Elle soupire et déclare. « Dans ce cas... fais comme si il ne s'était rien passé ! ». Edward ferme les yeux et réfléchit aux propos de son amie. Est ce que cela peut réellement marcher ? Il se redresse.
« Tu as une idée en tête ? ».
La jeune femme sourit. « Alors dis moi qu'est ce qui fait craquer Bee ? ». Quitte à lui laisser un des frères, Alice se dit que le meilleur choix ,pour elle bien entendu, serait Jasper car il est bien plus mature et réfléchit que son frère… Et il faut l'avouer, plus manipulable.
xoxo
Bella tourne en rond. L'inactivité la rend dingue. Elle décide d'aller voir ce que fait son père, qui au bout de dix minutes l'envoie vers Renée. « J'ai juste changé de chaine... Je n'avais pas remarqué que c'était la fin des prolongations... Désolée papa. ».
Une fois avec l'artiste, Bella a fait l'erreur de donner son avis sur des œuvres créées par sa mère. « Mais maman, j'ai pas dit que c'était pas terrible... Non hum... C'est juste que je ne comprends pas le sens de ta toile... Hum... Tu vois... L'immobilité du vide... hum... C'est pas un titre qui me parle mais ...hum... ça parle surement à d'autres... Enfin maman ! Non .. Bon oui, oui je vais voir Rosalie... ».
Une fois avec Rosalie, Bella commence à soupirer. Cela ne fait pas deux jours qu'elle ne travaille pas et elle se languit déjà des princes. Elle soupire à nouveau. Rosalie jette le coussin qu'elle tenait sur la tête de Bella et déclare d'une voix forte. « Bella, soit tu te trouves un nouveau boulot, soit tu quittes cette maison car tu nous rends dingue ! ». Leurs parents pointent leurs nez dans l'encadrement de la porte, hochant la tête pour montrer leur approbation.
Bella fait une moue boudeuse. « C'est juste que ... ». Son téléphone se met à sonner. Elle reconnaît la sonnerie dédiée à Edward. La jeune femme grimace mais décroche tout de même. Sa voix est hésitante quand elle dit. « Allo ? ».
La voix masculine et chaude lui demande. « Japonais ou Italien ? ».
Bella reste surprise. Pour un début de conversation, c'est plutôt abrupt. « Pardon ? ».
Edward lui redemande. « Jap ou Italien? ». Il faut encore quelques secondes pour que Bella comprenne où il veut en venir.
« Vas te faire foutre Edward. ».
« S'il te plait Bee. ».
« Hum... Italien ? ».
Un soupir se fait entendre à l'autre bout du fil. « Bella Italia. Dix neuf heures. ».
« Hein ?... ». Bella attend qu'il dise autre chose mais elle se rend vite compte qu'il a déjà raccroché. « … Allo ? ».
Elle regarde le téléphone dans sa main et dit à voix haute. « Mais il a raccroché ce con ! Purée quel sale type ! ». Pourtant en reposant son téléphone, toute sa famille ne peut s'empêcher de remarquer le grand sourire qu'elle arbore.
Une fois que Bella a quitté la pièce pour aller dans sa chambre, Rosalie se tourne vers ses parents. « Je vous jure... Si elle ne se décide pas à tout lui dire, je vais y aller directement et les obliger à sortir ensemble ! ».
Charlie passe son bras autour de sa fille et sourit. « Si ta sœur est comme moi, n'hésite pas à prendre mon arme de service car elle n'ira pas sans combattre. ».
« C'est comme ça que j'ai eu ton père. ».
« Oui le coup de batte de baseball sur le capot de sa voiture... Tu m'étonnes qu'il t'ai épousé, il avait peur pour sa vie, le pauvre. ».
xoxo
Edward est à l'entrée du restaurant. Il fait les cent pas et tente de garder un air impassible mais il ne peut empêcher un sourire béat quand, cinq minutes plus tard, il observe Bee devant le plus grand et le plus haut plat de pâtes, qu'il n'a jamais vu.
Bee enchaine les fourchetées à une allure hallucinante et dit entre deux bouchées. « Tu ne t'en tireras pas si facilement. C'est toi qui rinces ce soir. ». Edward ne peut plus s'empêcher de rire.
« C'est un bon début, puis… Je ne pensais pas autrement. ». Il pioche de bon cœur dans ses lasagnes. Le fait d'être avec son ami lui ouvre l'appétit alors qu'il ne se souvient pas de quelle manière il s'est alimenté depuis leur altercation.
Quand la serveuse apporte une nouvelle assiette de lasagnes et une grande salade, Edward se demande si elle ne s'est pas trompée de table mais pas du tout, son invité tend la main pour récupérer les deux commandes. Bee finit par lever la tête de son assiette et demande. « Pourquoi tu ris ? ».
Edward prend son verre d'eau et se réinstalle confortablement sur sa chaise. « C'est carrément surréaliste ce que tu es capable d'avaler ! Comment peux tu manger autant. ».
Bee rit doucement et, sans répondre, se sert un verre d'un cocktail spécial qu'il a commandé. Il le goutte avant de remplir à nouveau son verre et celui d'Edward. « Tiens, on boit pour fêter ça ! ».
Edward saisit le verre rempli presque entièrement et sirote une petite gorgée. Tout d'abord un doux goût d'amandes puis une note bien plus corsée. Il sent les larmes lui monter aux yeux. « Putain ! C'est super fort ! Tu as envie de me porter sur ton dos au beau milieu de la journée ? ». Bee boit le sien comme si c'était de l'eau avant de se servir à nouveau.
« Arrêtes Edward, ce n'est pas si fort que ça ! Allez sois un homme et bois ! ».
Quand ils sortent du restaurant, la nuit est tombée. Ils sont bras dessus, bras dessous et chantent à tue tête dans la rue. L'hilarité et l'allégresse portées par la boisson, les met d'une excellente humeur. Un peu trop festive pour un début de soirée mais ils sont encore capable de marcher correctement, peut être pas droit mais sans trébucher.
Edward entraine Bee vers le parc à proximité de leurs domiciles. Ils prennent quartier au niveau de la fontaine et se mettent à discuter. Edward se tourne brusquement vers Bee et lui dit sérieusement. « Tu peux me frapper tu sais ? ».
Bee, remarquant le ton sérieux de son partenaire de beuverie, s'assoit sur le bord de la fontaine. « Non. Pas sans raison. ».
« Mes paroles étaient déplacées et comme d'habitude, mal exprimées. Alors frappes aussi fort que tu peux. ». Edward ferme les yeux et semble attendre l'impact.
« Non, Edward. Premièrement, c'est contre mes principes et ensuite je risquerais de fracturer ta gueule de petit prince. ». Edward se lève et fait les cent pas devant Bee.
« Je t'ai menti. Tu sais, je respecte vraiment ce que tu es et je t'ai fait croire le contraire ! ».
Bee se mord la lèvre comme pris en faute avant de dire. « Ça ne mérite toujours pas que je lève la main sur toi. Même si je dois avouer que tu es plutôt cruel quand tu es en colère. ».
Edward se réinstalle sur le bord de la fontaine et passe sa main dans ses cheveux en bataille. « Je t'estime énormément et j'admire ce que tu es capable de faire... ». Il pousse la frange qui, comme d'habitude, cache les yeux de Bee. Comment un visage aussi beau et angélique peut appartenir à un garçon ?
Bee s'étire, levant les bras très haut au dessus de sa tête avant de poser ses mains sur les épaules d'Edward. Edward regarde ailleurs, gêné de fixer son ami ainsi, et demande doucement. « Comment m'excuser alors ? ». En reposant son regard sur la tête de Bee, Edward s'inquiète du regard qu'il croise. Machiavélique et espiègle. Il n'a pas le temps de s'écarter que Bee le jette royalement dans la fontaine.
Quand il parvient à se redresser, complètement trempé, Edward entend le rire cristallin de Bee. « Tu as raison, c'est vrai qu'on se sent mieux après tout. ».
Edward sort de la fontaine, le pas alourdit par l'eau. Bee recule doucement en remarquant l'air décidé du jeune homme. Il lui fait un sourire inquiet. « Non Edward, tu ne vas pas osé. Maintenant, on est quitte pas vrai ? Edward ? Edward ? Dis quelque chose quoi ! ». Une course poursuite s'engage autour de la fontaine mais Edward arrive à ses fins. Il saisit Bee par la taille avant de le jeter dans l'eau. Il éclate d'un rire franc quand Bee ré-émerge de la fontaine, les vêtements qu'il porte, lui collant au corps. Mais c'est de courte durée, son hilarité est stoppée quand son cerveau ne peut se défaire de l'idée que Bee est par trop magnifique et ses traits sont excessivement féminins quand les gouttelettes ruissellent sur son visage, faisant briller ses cils et scintiller sa peau. Edward secoue sa tête, chassant les idées qui lui traversent l'esprit.
« Je crois qu'il est temps de rentrer... ».
xoxo
Le lendemain, les princes se plaignent encore, chacun à sa façon de l'absence de Bee. Mais le bruit d'une moto font qu'ils tournent la tête tel un seul homme. De grands sourires s'inscrivent sur leurs visages quand ils aperçoivent Bee qui en descend. Alors que le retardataire remonte les escaliers menant à l'entrée du café, ils arrivent tous pour lui sauter dessus. Edward sourit, au comptoir, tout en servant une cliente et Billy lui fait discrètement remarquer qu'il semble bien plus heureux quand son serveur préféré est à ses cotés.
Toute la journée se passe admirablement bien. Edward et Bee se chamaillent toujours autant mais une nouvelle complicité est établie entre eux. Seul Emmett a encore du mal à assimiler le fait que les deux amis soient réellement attirés l'un par l'autre et par égard pour Rosalie, il tente de protéger Bee des attaques imprévisibles de leur patron.
Billy tente d'expliquer à Emmett la réalité de la situation. Il l'attrape par le col et l'entraine dans un coin. « Espèce de babouin musclé ! Est ce que tu vas les laisser tranquille ? Tu te rends compte que tu n'arrêtes pas de les gêner ? Dis toi que …. C'est comme une parade amoureuse. ».
Emmett fait de gros yeux surpris. « Une parade ? Comme en boxe ? ». Billy soupire avant de marmonner.
« Il faut vraiment que j'ai une conversation sérieuse avec Rosalie. ». Il se tourne vers Emmett qui fait semblant de faire de la boxe avec Bee. Le vieux gérant secoue sa tête en souriant. « Rosie risque gros en pariant sur ce gamin... ».
James s'approche de lui avec un petit carnet et une liasse de billets. « Alors ? On relance les paris ? Moi je dis qu'Edward va craquer avant la fin du mois alors que Seth pense que Bee lui mettra une droite bien avant... Et vous mon cher ? De quelle manière comptez vous perdre vos pourboires ? ».
Billy regarde la jeune femme qui vient de plaquer Emmett au sol et le tient au respect avec le manche de son balai. « Pari tenu. Mais c'est Bee qui va craquer et faire le premier pas. ». James sourit et note la somme donnée par Billy.
James repart vers la salle, de son pas léger et dansant, tout en chantant. « Argent facile ! Argent facile ! ».
xoxo
A l'heure de la fermeture, Bella attend Edward devant le café, mais celui ci passe sans même la regarder un instant. D'un coté, elle se sent outrée par son comportement mais d'un autre, elle s'inquiète car elle sait que quelque chose ne va pas.
Hésitant à sauter sur sa moto pour tenter de le suivre, elle se demande si son cœur supporterait de se rendre compte qu'il va voir quelqu'un d'autre... Comme Alice par exemple. James interrompt ses pensées amères quand il la rejoint.
« J'espère que ce n'est rien de grave ! ».
Bella marmonne. « Qu'est ce qu'il se passe ? ».
« Edward vient de recevoir un appel. Sa mère est à l'hôpital suite à un malaise. Je l'aime bien moi Maman Esmée. Tu sais elle a toujours été super cool avec moi et c'est elle qui m'a dit de m'affirmer quand j'ai découvert que j'aimais un peu trop les mecs. Ahh toute ma vie je me souviendrais de cette conversation ! ». James se dirige ensuite vers sa voiture, lui lançant un salut de sa main en l'air avant de rentrer chez lui.
Cela fait maintenant plusieurs heures que Bella fait les cent pas chez elle. Morte d'inquiétude, elle finit par se rend chez Edward, pour se rendre compte qu'il n'est pas encore rentré. La jeune femme décide de l'attendre, connaissant le lien fort qu'Edward partage avec sa mère.
Edward rentre chez lui, la peine et la fatigue marquant son visage et invite Bella à entrer. Ils s'installent tranquillement sur le canapé. Bella patiente. Elle sait, maintenant, qu'Edward parlera quand il en éprouvera la nécessité. Rien ne sert de le forcer. Ce serait le meilleur moyen pour qu'il se referme telle une huitre ou qu'il devienne odieux pour cacher son mal être.
Il commence doucement. « Quand je suis arrivé à l'hôpital, les infirmières m'ont tout de suite indiqué la chambre de ma mère. Bee... J'ai mis une demi heure avant de réussir à entrer dans cette putain de chambre. ». Il passe sa main dans ses cheveux, la frustration émanant de son corps par vagues entières. « Je l'ai entraperçue, toute seule dans sa chambre... Paraissant si minuscule dans son grand lit et accrochée à tous ces fils... ». Il étouffe un sanglot. « A aucun moment, je ne me suis rendu compte qu'elle était malade. Tu imagines ? Je la vois régulièrement et je ne me suis jamais soucié de sa santé. ». Bella s'approche de lui et pose un bras compatissant sur les épaules du jeune homme qui tressaillent. « Je me déteste. Tu avais raison Bee. Je n'ai jamais rien fait de ma vie et si j'en suis là, à ce jour, c'est uniquement grâce à ma mère... ». Les paumes de ses mains sur ses yeux, Edward tente d'éviter de pleurer.
Bella se rapproche de lui. « Mais ce n'était qu'un malaise non ? Ce n'était peut être qu'un coup de fatigue... ».
« Non. Les tests effectués laissent présager une possibilité de cancer. Je me sens tellement mal. Je n'arrive plus à penser. ». Bella a les yeux larmoyants. Voir son ami ainsi lui fend le cœur. Il parvient à se reprendre un peu et suggère. « Il se fait tard. Rentres chez toi Bee. Je te remercie d'être passé. ».
Bella se redresse et s'apprête à partir quand contre toute attente, elle se tourne vers lui. « Tu veux que je t'aide à te sentir mieux ? ». Elle retire sa veste et avance rapidement vers lui. Elle prend tout le courage qu'elle peut trouver en elle avant de regretter son geste. La jeune femme se penche en avant et saisit doucement la tête d'Edward avant de poser ses lèvres sur les siennes. Edward est surpris par le geste et il faut quelques secondes avant qu'il ne se laisse porter par cette douce euphorie.
xoxo
à bientôt !
:3
