Vous l'avez attendue, et voilà la suite !

En espérant que ça vous plait toujours autant, je vois quelques followers supplémentaires, ça doit vouloir dire que mon histoire attire de plus en plus de monde, c'est bon pour mon égo ça !

Allez, fin du speech !

Disclaimer : Certains persos sont à Stephenie Meyer, mais pas tous !


Chapitre 13

- As-tu vraiment aimé quelqu'un, Dick ?

Je devais le savoir. Il ne m'avait jamais rien dit sur ce sujet-là. Je voulais en avoir le cœur net.

- Une fois, lâcha-t-il.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Accident de voiture.
- Tu l'as connu… longtemps ?
- Trois semaines.

Je ne dis rien de plus. Dick n'avait pas besoin que je lui dise les mots pénibles que l'on sortait toujours dans ces circonstances, du style : « Je suis désolée »…

- Et, c'était comment ?
- Intense, fabuleux, merveilleux… Magique, ajouta-t-il d'un air rêveur. Et, je te souhaite de connaître ça. Ne serait-ce qu'un instant, parce que ça en vaut vraiment le coup.
- Merci Dick.

Il ferma les yeux, quand je m'aperçus de quelque chose.

- Tu n'es pas fatigué ?
- Ne te fais donc pas de soucis pour ma nuit blanche. Je t'ai remonté le moral, et ça me suffit amplement. Je dormirai plus tard.
- Va donc te coucher, et accorde-toi une grasse matinée. Je vais bien maintenant.
- Bella…
- Vas-y, je te dis.

Il bailla à s'en décrocher la mâchoire.

- Tu sais quoi ? Je ne vais pas dire non. Bonne fin de nuit ma biche.
- Bonne fin de nuit Dick.

Il se leva et rentra dans la maison en emportant le poste. No vint s'allonger à mes côtés à la place de Dick. Il me regardait droit dans les yeux.

- Laisse-moi deviner… Toi aussi, tu penses que je dois foncer ? lui demandai-je.

Il aboya pour approuver. Le jour n'allait pas tarder à se lever. J'espérais que Dick eût pu dormir un peu. Je devrais signaler à mes sœurs de ne pas faire trop de bruit ce matin. Dick avait besoin de se reposer.

Je sentis Edward partir dès l'arrivée des premiers rayons de soleil. Comment allait-il donc se comporter aujourd'hui ? Il avait désormais toutes les cartes en main.

Aujourd'hui, c'était samedi. Le cabinet était fermé. Mes sœurs me proposèrent de sortir, pour aller dans un petit club de danse.

- Le propriétaire du club a besoin de vérifier tout son matériel, m'expliqua Terpsichore. Je lui ai promis que je viendrai le voir.
- Tu le crois, Érato ? Il a dit qu'il avait tout un bric-à-brac d'instruments de musique ! J'ai tellement envie d'aller voir ça ! rêva Euterpe.
- Mais moi aussi je veux y aller, dis-je. Alors, qu'est-ce qu'on attend ?
- Oui ! Allons-y !

Nous nous levâmes, prîmes nos affaires et partîmes. Je laissai une note pour Dick, histoire qu'il sût ce qu'il était en train de se passer, et qu'il ne s'inquiètât pas s'il ne nous voyait pas à son réveil. No vint avec nous, j'espérai que le propriétaire du club le laisserait entrer.

Nous partîmes à pied, j'avais peur que le bruit de la voiture n'empêchât Dick de dormir. Je le connaissais très bien pour savoir qu'il risquait de mettre longtemps à s'endormir s'il était réveillé. Et il avait besoin de dormir.

Nous arrivâmes au club de danse en question et fûmes accueillies presque immédiatement par le propriétaire.

- ¡Tya! ¡Buenos dias!
- Buenos dias Enrique, répondit-elle. Je te présente mes sœurs Laetitia et Isabella, ainsi que le chien No. Les filles, voici Enrique le propriétaire de ce petit club de danse.
- ¡Encantado de conoceros! Me llamo Enrique.
(Ravi de vous rencontrer ! Je m'appelle Enrique.)

Il s'arrêta un instant. Puis reprit avec un accent assez prononcé.

- Perdon, j'ai l'habitoude dé parler en español. Si ça pose un problema…
- No hay problema, Enrique. Entendimos el español desde hace muchos años, répondis-je.
(Pas de problèmes. Nous comprenons l'espagnol depuis de nombreuses années.)
- Lo entendimos muy bien, ajouta Euterpe.
(Nous le comprenons très bien.)
- Perfecto.
(Parfait.)

Il nous entraina à l'intérieur du club, apparemment ravi d'avoir de l'aide supplémentaire.

- Il faudrait tester la sono del exterior, y la luz también, nous dit-il.

Il commença à sortir tout son matériel, nous l'aidâmes à installer le tout à l'extérieur, dans la petite cour. Il mit un petit micro en place et entreprit de régler l'éclairage. Le ciel était très nuageux aujourd'hui. Du coup, ça ne dérangeait pas de mettre les lumières.

Enrique testa rapidement le micro fixe, puis appela à l'aide pour tester les micros sans fil. Mes sœurs sautèrent sur l'occasion pour que je chante.

- Isa ! Tu prends le micro, et tu chantes !
- Quoi ?
- Il y en dos à tester, se manifesta Enrique.
- Enrique, dit Terpsichore. Tu prends l'autre, et vous nous faites un beau duo ! Laeti et moi on va jouer avec les projecteurs, histoire de voir s'ils vous suivent bien. Pas vrai Laeti ?
- Oh oui ! Allons-y !

Elles me mirent un micro dans les mains et disparurent sans que je n'eus le temps de protester. Enrique semblait perdu.

- Tout va bien Enrique, amusons-nous cinq minutes, lui dis-je.
- Si, répondit-il. Tu connais una canción ?
- Obsesión?
- ¡Sí! ¡Me gusta esta canción también!
- Laeti ! Tu nous joues Obsesión ? appelai-je.
- Oui ! Avec plaisir ! répondit-elle aussitôt.

Elle prit une guitare et commença à jouer, tandis que Terpsichore allait programmer les projecteurs. Enrique commença à chanter de sa belle voix grave.

Son las cinco de la mañana
Y yo no he dormido nada,
Pensando en tu belleza
Loco voy a parar.
El insomnio es mi castigo
Tu amor será mi alivio
Y hasta que no seas mía no viviré en paz.
Bien conocí tu novio pequeño y no buen mozo
Y sé que él no te quiere, por su forma de hablar.
Además tu no lo amas, porque él no da la talla,
No sabe complacerte como lo haría yo,
Pero tendré paciencia porque él no es competencia,
Por eso no hay motivos, para yo respetar.

Je chantais à mon tour, nous avions commencé à danser sur une chorégraphie improvisée. Et nous nous amusions bien.

No, no es amor,
Lo que tu sientes,
Se llama obsesión,
Una ilusión en tu pensamiento,
Que te hace hacer cosas,
Así funciona el corazón.

Bien vestido y en mi lexus,
Pase por tu colegio,
Me informan que te fuiste, I
Como loco te fui a alcanzar,
Te busque y no te encontraba,
Y eso me preocupaba,
Para calmar mi ansia,
Yo te quería llamar,
Pero no tenía tu número,
Y tu amiga ya me lo negó,
Ser bonito mucho me ayudo,
Y eso me trajo la solución,
Yo sé que le gustaba,
Le di una mirada,
Con un par de palabritas
Tu número me dio,
Del celular llamaba,
Y tú no contestabas,
Luego te puse un beeper, Y no había conexión,
Mi única esperanza, Es que oigas mis palabras

No puedo, tengo novio

No me enganches por favor

Hice cita pal psiquiatra
A ver si me ayudaba,
Pues ya no tengo amigos
Por solo hablar de ti,
Lo que quiero es hablarte,
Para intentar besarte
Sera posible que de una obsesión uno pueda morir ?
Y quizás pienses que soy tonto, privón, y también loco,
Pero es que en el amor soy muy original,
No enamoro como otros,
Conquisto a mi modo,
Amar es mi talento,
Te voy a enamorar,
Disculpa si te ofendo
Pero es que soy honesto
Con lujo de detalles
Escucha mi versión
Pura crema y chocolate,
Untarte y devórate,
Llevarte a otro mundo
En tu mente y corazón.
Ven vive una aventura
Hagamos mil locuras
Voy a hacerte caricias que no se han inventado.

No es amor, no es amor, es una obsesión

Nous terminâmes notre danse dans les bras l'un de l'autre. Puis nous rîmes aux éclats. Je ne saurais dire pourquoi, mais je pensais à Edward tout le long de la danse. Je ne pouvais m'imaginer que j'étais dans ses bras, et pas dans ceux d'Enrique. Enrique avait un beau sourire, mais je préférais voir celui d'Edward.

Terpsichore avait senti un besoin d'inspiration émaner d'Enrique. Il n'arrivait pas à trouver la chorégraphie qui correspondait à une de ses chansons. Il me tenait toujours dans les bras, Terpsichore était dans mon champ de vision, Enrique ne la voyait, elle se tenait exprès dans son dos. Elle me fit quelques signes.

J'eus l'impression qu'elle me demandait de parler justement de cette danse. Elle devait avoir l'intention de profiter de l'occasion pour l'inspirer.

Allons-y !

- Au fait, Enrique ! l'interpellai-je.
- ¿Sí?
- Tya m'a dit que tu aimais faire des chorégraphies ?
- Sí, j'aime bien danser sur des canciónes dont j'ai créé la baila.
- Tu en as fait beaucoup ?
- Hmm… Un poco. Actualmente, hay una canción muy difícil…
(Hmm.. Un peu. En ce moment, il y a une chanson très difficile…)
- Y… ¿Necesitas mi ayuda?
(As-tu besoin de mon aide ?)
- Je ne veux pas…
- Ça ne me dérange pas, affirmai-je. Laeti ! ¡La música!
- Tout de suite !

Elle alluma le poste et mit le CD. Le son sortit des enceintes. C'était une musique douce… encore une musique d'amour.

Yo no puedo creer a que ahora te vayas
Sin dejar que yo te dé el último abrazo
Dime porque me bajas la mirada
Quieres borrar aquellas huellas del pasado
Y aquel que ahora sufre
Si tiene paciencia algún día en la vida
Quizá encontrará
La luz de los sueños
De aquella estrellita que alumbra el camino
Y amo de verdad.
Por eso te pienso
Por eso estarás
Aquí en mi esperanza
Pero a veces pienso que me olvidarás

Jusque-là, il avait une vague idée de la chorégraphie appropriée. Je faisais de mon mieux pour suivre ses mouvements, et rester en accord avec lui.

Fue por tu primer beso
Que amé en la vida
Es por tu adiós mi reina
Que Iré a llorar
Fue por tu primer beso
Que amé en la vida
Es por tu adiós mi reina
Que Iré a llorar

Là, ça commençait à se gâter. Il s'arrêta d'un coup en plein milieu de la piste de danse. Je vis Terpsichore se rapprocher de lui et l'inspirer au mieux. Il semblait toujours perdu.

Bon, il va falloir que j'y mette du mien.

- Arrête de réfléchir, tu vas finir par faire fumer ton cerveau, lui dis-je.

Il rit. Puis se mit à s'énerver. Je passai derrière lui et posai mes mains sur ses épaules pour le masser. Il avait quelques nœuds de tension.

- Relax… Tu es beaucoup trop tendu… Ferme les yeux…

Il s'exécuta.

- Inspire à fond, et laisse la chorégraphie venir toute seule…

- Ah ! m'exclamai-je.

Il venait d'ouvrir les yeux et me regardai avec une lueur malicieuse.

- On dirait que ça y est, dis-je malicieusement.
- ¡Sí! ¡Tengo una idea! ¡Es magnifica!

Il se mit à genoux devant moi et joignit ses mains.

- Por favor, danse avec moi. Je veux savoir ce que ça fait dé la danser con una otra persona.
- Sí, con mucho gusto, répondis-je. Laeti ! appelai-je quand il se fut relevé. Remet au début !
- Ça marche.

Nous nous remîmes en position, et nous mîmes à danser.

Yo no puedo creer a que ahora te vayas
Sin dejar que yo te dé el último abrazo
Dime porque me bajas la mirada
Quieres borrar aquellas huellas del pasado
Y aquel que ahora sufre
Si tiene paciencia algún día en la vida
Quizá encontrará
La luz de los sueños
De aquella estrellita que alumbra el camino
Y amo de verdad.
Por eso te pienso
Por eso estarás
Aquí en mi esperanza
Pero a veces pienso que me olvidarás

Il avait plus confiance en lui, ça se sentait. Il me fit tourner, et retourner. Il s'agissait d'une danse très tactile qu'Enrique avait réalisée en se basant sur le boléro colombien. Et y ajoutant quelques notes de salsa.

Fue por tu primer beso
Que amé en la vida
Es por tu adiós mi reina
Que Iré a llorar
Fue por tu primer beso
Que amé en la vida
Es por tu adiós mi reina
Que Iré a llorar

Nous dansions de façon assez folklorique. Terpsichore semblait fière de son travail, et nous regardait, très enthousiaste.

Recordaré por siempre
Aquel mi gran amor
Aquel abrazo fuerte
Y el beso que me dio
Aquel abrazo fuerte
Y el beso que me dio

Je m'imaginais toujours dansant avec Edward. J'aurais aimé savoir s'il était un bon danseur…

Fue por tu primer beso...
Que ame en la vida
Es por tu adiós mi reina
Que hoy lloro yo

Fue por tu primer beso...
Que ame en la vida
Es por tu adiós mi reina
Que hoy lloro yo

Enrique était aussi très enthousiaste. Il m'embrassait à chaque fois sur la joue quand la chanson parlait de beso.

Si por tu amor
Hoy lloro yo
Si por tu amor
Hoy lloro yo
Si por tu amor
Hoy lloro yo
Si por tu amor
Hoy lloro yo
Intentaré que tú
Por fin regreses
Y llegaré hasta donde tú me lo permitas
Hoy debes escuchar estas palabras
Sobre todo al saber que eres mi vida
Extraño destino
Que hoy trae consigo
El final que hoy andaba
Con un gran amor
Devuelta al mundo
Y lo que ahora guardas feliz en tu alma
Mañana es dolor
Por eso te busco
Por eso ven vamos a hablar
Acabemos ya este profundo silencio
Dime a dónde vas…

Il en faisait vraiment des tonnes. Ça en devenait comique par moments. Mais je ne m'ôtais pas Edward de la tête pour autant.

Fue por tu primer beso
Que amé en la vida
Es por tu adiós mi reina
Que iré a llorar

Fue por tu primer beso
Que amé en la vida
Es por tu adiós mi reina
Que iré a llorar

Caminaré en la vida
Con esta soledad
Te llevaré en el alma
Prendida hasta el final
Te llevaré en el alma
Prendida hasta el final

Fue por tu primer beso
Que amé en la vida
Es por tu adiós mi reina
Que iré a llorar

Fue por tu primer beso
Que amé en la vida
Es por tu adiós mi reina
Que iré a llorar

Sa danse était tout simplement parfaite. La fin était douce. Je ne manquais pas de le féliciter une fois notre danse terminée.

- Félicitations ! C'était incroyable !
- Muchas gracias. ¿Dónde está tu hermana? Quisiera bailar con ella.
(Merci beaucoup. Où est ta sœur ? Je voudrais danser avec elle.)
- Je suis là ! s'annonça Terpsichore.

Elle descendit de la scène pour venir nous rejoindre. Enrique l'invita à danser avec lui. J'allais donc vers le poste pour mettre la chanson. Puis je cherchais No qui ne devait pas être loin. Je laissais les deux autres danser.

Je sortis dans la rue après avoir prévenu Euterpe que je partais. Il fallait que je retrouve No. Je commençais à l'appeler, sans réponse.

Mais où est-il passé ?

Je continuais à l'appeler, toujours sans résultat. Cela commençait à m'inquiéter. Y avait-il un problème quelque part ? Je n'avais rien senti de tel venant de notre univers. Quelque chose m'aurait-il échappé ?

Tout d'un coup, je ressentis la présence de quelqu'un que je connaissais. Cela venait d'une petite ruelle aux alentours. Je me dirigeai vers l'endroit en question.

Et mince ! Il ne manquait plus qu'elle…

Perséphone était appuyée sur un mur, caressant No d'une main. Ce dernier semblait d'ailleurs ravi de la voir.

Mais pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas ?

Pour ma part, je voyais une aura sombre se dégager d'elle, ce qui montrait clairement son origine. En m'entendant arriver, elle leva la tête vers moi.

- Que me vaut ce plaisir ? demandai-je. Enfin, si on peut appeler ça un plaisir…
- Libre à toi de l'appeler « plaisir » ou non, répondit-elle.
- Quoi qu'il en soit, pourrais-je savoir ce que tu viens faire ici ?
- J'aurais besoin de ton aide, lâcha-t-elle.
- Le contraire m'aurait étonnée. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? demandai-je après avoir soupiré.
- Il m'agace.

J'avais une petite idée de la personne dont elle parlait. Mais, je préférais vérifier.

- Qui donc ?
- Mon mari.

Evidemment…

- Et donc ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Je m'ennuie de lui. Je le soutiens toujours dans ses décisions… Mais je n'ai jamais eu droit à un quelconque « merci », s'énerva-t-elle.
- Et ?
- Je me demandais si tu ne pouvais pas l'aider…
- Euh… S'il n'en a pas envie, je ne pourrai rien faire, la prévins-je.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Mon travail, c'est d'inspirer ceux qui n'arrivent pas à trouver leurs mots. Il faut qu'ils aient l'intention de faire quelque chose d'abord.
- Je vois…

Perséphone réfléchit un instant, puis reprit :

- Tu ne pourrais pas essayer quand même ? J'en ai vraiment besoin !

Je restais quelque peu sceptique.

- S'il te plaît ! ajouta-t-elle.

Qu'est-ce que tu risques Érato ? Elle ne va pas te faire de mal…

- D'accord, je veux bien essayer, cédai-je.
- Merci !

Mais dans quoi me suis-je embarquée ?

- Je te suis, je suppose.
- Oui, ou tu peux me laisser faire, répondit-elle.
- Je préfère.

Je fermais les yeux. Je sentis que nous changions d'endroit. Je reconnus très facilement le lieu où je me trouvais à présent. Je n'avais même pas besoin d'ouvrir les yeux.

L'atmosphère était lourde, l'air nauséabond. J'entendais les gémissements des morts quelle que soit la direction dans laquelle je tournais la tête.

J'ouvris les yeux. L'endroit était comme dans mes souvenirs : d'immenses cavernes sombres, le fleuve dont l'eau presque noire qui passait à côté de moi. J'étais entourée de fantômes et d'esprits en tout genre, ils étaient tous enveloppés d'une fumée grisâtre, transparente, pas très agréable à voir…

- On y va ? demanda-t-elle.
- Oui.

Elle se dirigea vers son palais, sans vérifier si je la suivais. No resta à mes côtés. Je soupirai et la suivis. Elle me guida dans les cavernes, et me conduisit devant un immense palais fait de pierres noires et de métal.

Heureusement que je n'habite pas ici. Je déprimerais tous les jours je crois…

- C'est par là !

Je la rattrapai en courant, elle m'avait un peu distancée, mais je la rejoignis rapidement. Nous traversâmes plusieurs couloirs, salles, couloirs… jusqu'à arriver dans la salle du trône où trônait son mari. Il émanait une aura très sombre d'Hadès, ce n'était pas vraiment celle d'un poète…

Mais pourquoi ai-je accepté moi ?

- Oh ! Érato ! Que me vaut cette visite ? demanda ce dernier.
- A voir avec ta compagne, répondis-je. C'est elle qui a insisté.
- Pardon ? Qu'est-ce que je dois comprendre ?

Elle s'avança vers lui, soupira et se lança dans ses reproches.

- J'en ai marre que tu ne me dises jamais rien. Je prends toujours ton parti, quelle que soit la situation ! Jamais je n'ai douté de toi ! Je te soutiens depuis toujours ! Et qu'ai-je eu en remerciement ? RIEN ! Tu passes ton temps à faire joujou avec tes juges, ou je ne sais quoi encore, et moi, je reste cloitrée dans ce maudit palais !

J'arrêtai d'écouter son discours et allais m'appuyer sur un mur. No vint se coucher devant moi. Je patientais le temps que Perséphone termine. Je voulais faire ce pourquoi j'étais venue, et ensuite repartir au plus vite. Enfin… si elle finissait son baratin. Ce qui n'était toujours pas le cas.

Il n'y a plus qu'à attendre… Ah ! Elle s'est arrêtée !

Effectivement, elle venait de s'arrêter. Elle se tenait devant lui, l'air d'être furieuse. Il était toujours assis, l'air éberlué. Ni l'un ni l'autre ne disait quoi que ce soit. J'hésitai quant à l'attitude à aborder. Fallait-il que je leur rappelle ma présence ? Ou devrais-je profiter de l'occasion pour m'éclipser directement ?

Non. Je ne pouvais pas partir, je m'étais engagée à l'aider… dans la mesure du possible bien sûr. Alors je ne pouvais pas partir.

Mais, je ne pouvais pas rester ici à ne rien faire. Je me raclai doucement la gorge, ce qui ramena l'attention sur moi.

- Mais pourquoi tu es là ? demanda-t-il.

Ne me dis pas que tu as déjà oublié…

- Ta femme m'a demandé de venir, mais si je ne sers à rien, je vais peut-être repartir…
- Pas question ! s'interposa-t-elle. Tu restes ! Et tu fais ton travail !
- Je te l'ai dit tout à l'heure, s'il n'y a pas de fond sur lequel la personne travaille, je ne sers absolument à rien.
- Alors ? Tu vas faire un effort ? cria-t-elle sur son mari.

Et la dispute recommença.

Misère… Je ne suis pas sortie de l'auberge…

- Eh oh ! m'écriai-je. Je voudrais savoir si je dois vraiment rester ou si je peux partir !
- Tu restes ! Et tu fais ton travail ! me dit-elle.

Hadès ne bougea pas, se contentant de fermer les yeux.

Allez, Érato, au travail. Quoi qu'il se passe, elle ne pourra pas dire que tu n'as pas essayé.

Je me plaçai derrière lui et libérais mon essence pour l'inspirer. Mais il continua à ne rien dire.

- Garde les yeux fermés, et laisse les mots venir d'eux-mêmes, dis-je.

- Alors ? demandai-je.
- J'ai peut-être quelque chose qui vient…

Ouf…

- Je crois que je vais me retirer. Je ne voudrais pas assister à quelque chose de privé, marmonnai-je.

Elle me tendit une perle dorée.

- Utilise ça pour partir, tu te retrouveras là où nous étions avant de partir, dit-elle. Ton chien te suivra sans problèmes.

Je savais comment fonctionnaient ces perles. Elles n'étaient jamais mentionnées dans les légendes, parce qu'aucun mortel ou demi-dieux n'y avait eu accès.

Je croquais dedans et vis le paysage autour de moi disparaître. Je fermai les yeux et les rouvris quand je sentis que je ne bougeais plus.

J'étais dans la ruelle où je l'avais rencontrée. No apparu à mes côtés quelques secondes plus tard.

- No, je te préviens : c'est la dernière fois qu'on va là-bas !

Au moins, j'aurai la paix pendant quelques temps maintenant.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

C'était la voix d'Edward. Elle venait de derrière moi. M'avait-il vue apparaître de nulle part ? Si c'était le cas, je risquais d'avoir des problèmes…

Je me retournai. Son visage n'indiquait pas qu'il avait eu peur de moi, ou quoi que ce soit. Il semblait juste surpris.

- Je cherchais mon chien que j'avais perdu de vue, répondis-je. J'avais peur qu'il n'ait suivi un chat, ou je ne sais quoi d'autre…

No se mit devant moi et commença à gronder après Edward.

- No ! Ça suffit !

Fort heureusement, il s'arrêta quand je le lui ordonnais. Mais il ne semblait pas tranquille pour autant.

Je me souvins qu'il avait toujours tendance à gronder après Edward et sa famille. Agissait-il ainsi parce qu'il les croyait dangereux ?

Bon, il fallait admettre qu'ils l'étaient d'une certaine manière. Donc, son attitude pouvait s'expliquer. No avait toujours agi de façon à me protéger, même contre mon gré. Alors qu'est-ce que cela signifiait ? Je devrais essayer d'en parler avec lui plus tard.

- Pardon, dis-je à Edward. Il a parfois du mal avec les étrangers.
- Je comprends, ne t'en fais pas.

Il avait l'air légèrement soucieux. S'inquiétait-il à propos de No ? Peut-être qu'il avait peur que No n'éveille mes soupçons concernant son secret…

Je vais devoir jouer la fille naïve pendant un moment pour le rassurer… Quelle galère !

Il était vrai que si je n'avais pas découvert leur secret, le comportement de No aurait éveillé mes soupçons.

Peut-être que je pourrais utiliser cela pour mettre la pression à Edward. Ce sera plus facile si c'est lui qui me révèle son secret. Si je le « découvre », ça n'aura pas la même valeur pour moi.

- Et toi, qu'est-ce que tu fais ici ? repris-je.

Il hésita un moment avant de répondre.

La balle était dans son camp. Je refusais de continuer à jouer ainsi plus longtemps. Cela ressemblait à une partie de colin-maillard. Edward savait où je me trouvais, il n'avait plus qu'à venir m'attraper. Quant à moi, je le voyais arriver, me tourner autour… Sachant très bien qu'il savait où j'étais. Mais il m'évitait constamment.

- Je…, commença-t-il. Je te cherchais.

Bon, on peut dire que c'est un début…

- Et on dirait que tu m'as trouvée. Mais, si ça ne t'ennuie pas, je vais aller voir ce que sont devenues mes sœurs, dis-je en tournant les talons.
- Attends !

Hein ! Il ne va quand même pas se déclarer ici !

Je paniquais.

Je pensais à toute les déclarations d'amour que j'avais inspirées, à tout ce que les hommes et femmes avaient fait pour avouer leurs sentiments, et tout ce qu'il auraient aimé faire pour rendre ce moment plus parfait encore.

Mais Edward souhaitait-il faire partie de ces gens stupides qui se contentaient de dire lâchement « je t'aime » alors que l'autre méritait bien plus ?

Non. Lui qui semblait si raffiné, si plein d'attentions, qui allait m'ouvrir la portière de sa voiture pour que je rentre dedans, qui agissait en homme galant…

Non. Edward ne pouvait pas être l'un de ces humains stupides. Non pas que ce soit mal de dire simplement « je t'aime ». Certains hommes et femmes appréciaient la simplicité. Mais ça ne semblait pas être le genre d'Edward. Du moins, je ne voulais pas le croire.

Pour l'heure, je devais lui répondre. S'il décidait de se déclarer…

Mieux vaut tard que jamais Érato ! Reste positive, quoi qu'il arrive !

J'inspirai un grand coup et me retournais.

- Oui ?
- Je… Je…

Ce n'est pas pour aujourd'hui visiblement.

Bon, je savais que j'aurais pu faire le premier pas, mais je voulais qu'il le comprenne lui aussi, qu'il fît face à ses sentiments. J'avais vu beaucoup trop d'histoire qui se terminaient alors qu'elles n'avaient pas commencé. Les gens s'étaient déclarés trop vite, et n'avaient pas pris le temps de se connaître. Au final, ils n'arrivaient pas à s'aimer et il ne leur restait plus qu'à faire leurs adieux respectifs.

Edward était le seul à pouvoir décider d'une relation entre nous. Il avait toutes les cartes en main.

Je ne ressentais pas de besoin d'inspiration venir de lui pour l'instant.

Reste calme Érato, c'est à lui de décider s'il doit venir t'attraper ou pas.

- Je voulais savoir si tu accepterais de venir te promener dans le parc de la ville avec moi.

J'en suis ravie pour toi…

- Ce n'est pas vraiment une question, relevai-je.
- C'est vrai, admit-il en se passant la main dans les cheveux.

Il s'éclaircit la gorge.

- Voudrais-tu venir faire quelques pas en ma compagnie dans le parc de la ville ? demanda-t-il de sa voix envoûtante.

Nous y voilà, c'est à toi Érato. Il est sur le point de t'attraper.

- Oui, ça me plairait bien, répondis-je.
- Maintenant ?
- Pourquoi pas ?
- Tu préfères y aller à pieds ? Ou, je peux t'emmener en voiture.
- A pieds, ça ira très bien. Par contre, No va vouloir venir avec nous. Ça ne te dérange pas ? hésitai-je.
- Non, s'il veut veiller sur toi, qu'il le fasse.

J'eus l'impression qu'il cherchait à dire quelque chose, mais je me faisais peut-être des idées.

- Au moins, je ne serai pas seul, marmonna-t-il.

Il l'avait dit si bas que je supposais qu'il pensait que je ne l'avais pas entendu. Mais c'était mal me connaître.

- Nous y allons ? demandai-je, voyant qu'il ne bougeait pas.
- Après toi.

Tiens ! Encore un exemple de galanterie.

Par contre, il ne m'offrit pas son bras. En même temps, cette habitude se perdait. Ça ne me surprenait pas qu'il ne le fît pas. Sans compter que pour le moment, nous n'étions probablement pas assez intimes pour ça.

Toutefois, il restait à mes côtés pendant que nous marchions. No restait de l'autre côté et aboya quand Euterpe, Terpsichore et Enrique sortirent du club de danse. Enrique n'arrêtait pas de les remercier.

- Muchas gracias, dit Enrique. Votre ayuda m'a beaucoup aidé.
- De rien, ça nous a fait plaisir, répondit Terpsichore.
- Et continue à travailler tes danses et ta musique, ajouta Euterpe. C'est vraiment pas mal.

Enrique tourna la tête pour partir et m'aperçut. Il vint vers moi et me fit la bise.

- Isabella ! Merci pour les danses.
- De rien, ce fut un plaisir.
- Prends soin de toi. Tú es una persona muy simpática.
- Gracias, répondis-je.

Il retourna à l'intérieur du club, je pivotai pour faire face à Edward. Il avait l'air… furieux ? En tout cas, il serrait les dents. Je tournais les talons pour parler à mes sœurs.

- Les filles, je vais aller me promener avec Edward et No. Ne m'attendez pas pour rentrer. D'accord ?
- Ne t'en fais donc pas, répondit Euterpe.
- Profite, ajouta Terpsichore.
- Et ne réveillez pas Dick s'il dort encore ! les prévins-je. Il a le droit de se reposer.
- Mais oui !
- C'est bon, on le laissera tranquille.
- Si vous criez comme ça, je ne pense pas que je vais vous croire…, m'inquiétai-je.
- Isa, fais-nous confiance. On va en prendre soin de ton ami.
- Reste zen. Tu sais bien qu'on ne veut pas l'embêter.
- Très bien, cédai-je.

Mes sœurs partirent en riant, No resta à côté de moi. Je fis volte-face pour regarder Edward qui n'avait toujours pas desserré les dents.

- Il y a un problème ? demandai-je.
- Non, répondit-il rapidement.
- On y va ?
- Oui.

Nous reprîmes notre marche, Edward ne disait rien, il avait l'air de réfléchir à quelque chose, profondément. Il ne m'offrit pas son bras ou autre.

En même temps, s'il ne l'a pas fait auparavant, pourquoi veux-tu qu'il le fasse maintenant ? Qu'est-ce que tu espères Érato ?

Voilà la vraie question. Qu'est-ce que j'espérais ? Voulais-je qu'Edward admît ses sentiments ? Ou qu'il les gardât pour lui ? Voulais-je vivre une histoire d'amour avec lui ? Etions-nous des âmes-sœurs ?

Je ressentais quelque chose pour lui, je savais que c'était de l'amour. C'était différent de ce que j'éprouvais pour Dick, mes sœurs, ou Drake. J'avais vu nombre d'humains tomber amoureux, et presque autant vivre le Grand Amour. Et j'avais l'impression de vivre tout cela. Etait-ce le Grand Amour ?

Tu te poses trop de questions Érato ! Vis l'instant présent et profite ! Focus, Érato, focus !

Oui, je devais arrêter de m'interroger, ça ne menait nulle part.

Nous arrivâmes au parc de la ville, le ciel était toujours nuageux. Le soleil se montrerait-il un jour ? Il faudrait que j'allasse un jour poser la question. Je savais très bien qui en était responsable. J'irais le voir ce soir. Demain, nous serions dimanche, et j'aurais aimé avoir du soleil.

Edward me promenait à travers le parc, nous passâmes devant un étang, devant un couple sur un banc en train de s'embrasser, devant un jeune homme qui peignait, devant une jeune lisant un livre allongée sous un arbre.

Il va peut-être falloir que j'aille inspirer le peintre plus tard… A surveiller !

En attendant, je devais m'occuper d'Edward. Il me guida vers un kiosque à musique. Le kiosque en question était composé d'une structure en métal peint d'une couleur ocre foncée. Cela se fondait très bien dans le paysage. Il était à la fois simple, et esthétique. Il faudrait que j'y vinsse avec Euterpe un soir, histoire que nous pussions jouer de la musique.

Je le traversais et allai m'appuyer sur la rambarde pour observer les alentours. Je voyais des enfants jouer à cache-cache dans les buissons. Je voyais un homme lancer un bâton à son chien pour qu'il le rapportât. Je voyais une dame âgée assise sur un banc qui saluait les enfants qui passaient devant elle. Je voyais des gamins jouer dans un jeu pour enfants, surveillés par leurs parents assis sur des bancs un peu plus loin.

- Qu'est-ce qui te fait sourire ? demanda Edward.
- Le spectacle de la vie quotidienne, répondis-je. C'est quelque chose que j'aime bien regarder.

Il ne dit rien, me laissant observer tranquillement les alentours. Au bout d'un moment, je me tournais vers lui.

- Tu ne regardes pas ?
- Qu'y a-t-il à voir ? demanda-t-il.
- Viens, dis-je en tapotant la rambarde à côté de moi.

Il vint s'y accouder et me regarda.

- Ce n'est pas moi qu'il faut regarder, mais les autres. Regarde les enfants là-bas, ils jouent cache-cache. Mais il y en a un qui est plus jeune que les autres, et les aînés sont gentils avec lui. Tiens ! Un des plus grands essaie de lui apprendre à se cacher comme il faut.

Ce spectacle me fit rire, je trouvais ça tellement mignon. No vint se frotter contre ma jambe.

- Va gambader un peu No, le parc est grand !
- Bella…, hésita Edward. J'ai quelque chose à te dire.


Encore un cliffanger (je suis cruelle non ?) Mais ça entretient le suspens, ça rend l'histoire vivante, et… Et...

Et je vais m'arrêter là, on se retrouve la semaine prochaine !

La bise à toutes !

Lot'