C'EST FINI…

Chapitre 14

« La fin de la guerre »

Le matin du mariage de Patricia et d'Alistair, Candy se réveilla avec une envie de vomir, comme tous les matins depuis qu'elle savait qu'elle était enceinte. Elle pensa à son propre mariage avec Michael, le jour de la Saint-Valentin, au milieu des balles et des tirs de mortiers. Michael… Elle l'aimait tellement, il était tellement bon avec elle, elle avait tellement envie de le voir. Et Terry… Elle s'était habituée à le voir de temps en temps et son cœur était toujours content quand elle le voyait. Elle essuya une larme de tristesse sur sa joue, et une autre…. Elle était en train de pleurer. On frappa à sa porte.

- Candy ? Appela Annie, tu es réveillé ?

- Oui, Annie, tu peux entrer…

- Tu pleures ?

- Je pense à Michael… Et Terry …

- Candy, allons… Dis-toi qu'ils vont bien. Et aujourd'hui c'est le jour de Patricia, il ne faut pas pleurer… Pense aux bonnes choses

- D'accord. Anthony est réveillé ?

- Non, il dort encore. Allez apprête-toi et viens dans la chambre de Patricia

- Ok, dit Candy en souriant, j'arrive

Les trois amies étaient dans la même chambre en train de s'apprêter pour le mariage. Patricia avait fait un petit régime en secret pour paraître belle dans sa robe.

- Patricia tu es très belle, dit Candy

Il y avait une coiffeuse et une maquilleuse dans la chambre avec elle et une manucuriste. Il fallait aussi suivre la tradition ; quelque chose de vieux, quelque chose de nouveau, quelque chose d'emprunté et quelque chose de bleu.

- Patricia, la tradition maintenant, dit Annie, quelque chose de nouveau… voici un beau collier de perle qui va très bien avec ta robe…

- Merci Annie, dit Patricia

- Quelque chose d'empruntée, dit Candy, j'ai une broche en forme d'ange que Michael m'a donné. Je te la prête…

- Merci Candy…, dit Patricia

- Et quelque chose de bleu… La jarretière… ! Dit Annie en riant

Patricia sourit leva la jupe de robe et Annie enfila la jarretière à sa jambe. Sa mère et sa grand-mère étaient là aussi.

- Quelque chose de vieux, dit la mère de Patricia, voici les boucles d'oreilles que ta grand-mère m'a donné lors de mon mariage

- Merci maman, merci grand-mère…

Elles étaient prêtes. Patricia dans sa belle robe en mousseline blanche et ses demoiselles d'honneur dans leurs robes rose pale. La femme de Daniel était aussi du nombre. Elles se rendirent à l'église et Patricia entra avec son père. Alistair l'attendait à l'autel. La cérémonie se passa sans encombres, tout était parfait. La réception eut lieu dans le manoir, il y avait plus de 400 personnes. Eliza qui était à la réception du mariage, parla à Candy pour la première fois depuis son retour en Amérique.

- Candy, dit-elle, de retour parmi nous ? Une balle ne t'a pas tué ?

- J'ai failli mourir Eliza, une balle a presque réussi à me tuer, mais devine qui m'a sauvé la vie ? Ton cher Terrence…

- Quoi ? Il était à la guerre avec toi ? Alors tu trompais ton mari avec lui ?

- Mais oui, sous les balles et les tirs de mortier, c'était une vraie partie de plaisir ! Dit Candy en s'éloignant

Eliza ne dit rien, car au fond d'elle-même, elle savait que Candy avait été courageuse d'aller à la guerre. Mais jamais, au grand jamais elle ne l'avouerait devant Candy.

Tout le monde s'amusait, mais les pensées de Candy étaient en France avec son mari…. Et Terry. Albert l'invita à danser.

- Tes pensées sont loin, Candy…

- Albert, je ne peux pas m'en empêcher…

- Tu sais maintenant comment je me sentais quand tu étais à la guerre…

- Oh Albert, je suis désolée de t'avoir inquiété…

- Il va bien. Et il viendra bientôt tu verras…

- Merci Albert…

Patricia faisait ses bagages pour son voyage de noces. Candy et Annie étaient en train de la taquiner…

- Tu vas finalement savoir ce que font les femmes mariées, dit Annie

- Qui vous dit que je ne le sais pas ? Dit Patricia

- Patty ! Dit Annie, tu l'aurais fait avant le mariage ?

Patricia sourit et Candy éclata de rire. Elles descendirent pour accompagner les jeunes mariés à la voiture. Ils partirent pour la Floride où il y avait du soleil.

Candy décida d'aller passer quelques jours à la maison Pony. Les enfants et ses deux mamans étaient tous très heureux de la revoir vivante.

- Candy, dit Melle Pony, c'est bon de te voir vivante !

- C'est bon d'être en vie, Melle Pony !

- On priait pour toi tous les jours, dit Sœur Maria…

- Je n'en doute pas, dit Candy, pour sortir vivante de cette guerre, vos prières me protégeaient, j'en suis sûre…

- Tu vas bien ? Pourquoi es-tu revenue avant la fin de la guerre… ? demanda Melle Pony

- Et bien Michael, mon mari, ne voulait pas que je mette la vie du bébé en danger…

- Bébé ? Dit Sœur Maria, Oh Candy, c'est merveilleux !

Elle s'approcha et serra sa protégée dans les bras. Melle Pony fit de même.

- Candy c'est une très bonne nouvelle, mais on dirait que tu n'es pas contente…

- Oh non, je suis très heureuse d'être enceinte, mais ça voulait dire quitter la France et mon mari… Il me manque tellement ! Dit-elle avec des larmes aux yeux…

- On va continuer à prier pour lui tous les jours et il viendra ici te rejoindre, dit Sœur Maria, tu verras…

- Merci, Sœur Maria…

- Maintenant, tu ne vas plus grimper aux arbres…, dit Melle Pony

- Je suis peut-être très habile, mais non, je ne mettrais pas la vie de mon enfant en danger et puis j'ai grandi… Je vois la vie différemment depuis que j'ai été à la guerre…

- Que veux-tu dire ?

- Après avoir vu comment les gens mourraient par millier tous les jours… C'est un peu traumatisant… Ces jeunes gens qui mourraient sans avoir fait quoi que ce soit de leur vie, pas de mariage, pas d'enfants… Si la situation de Terry et Susanna s'était passée maintenant au lieu d'il y a quelques années… Je n'aurai jamais laissé Terry à Susanna… Mais je sais que ça ne vaut pas la peine de pleurer sur du lait renversé, les choses sont ce qu'elles sont. Je suis mariée et Terry est marié et nous avons tous les deux nos propres familles…

- Tu regrettes avoir sacrifié ta vie avec Terry ?

- Oh oui, je le regrette… Mais c'est trop tard…

- Candy mon enfant, nous avons tous eu a prendre des décisions dans notre vie que nous avons regretté. Mais la vie continue, nos erreurs nous servent de leçons. Tu attends un bébé et ton mari viendra bientôt te rejoindre. La vie te donne une chance d'être heureuse, ne la gâche pas.

- Je sais, merci Melle Pony. Je crois que c'est aussi les hormones de grossesses qui me rendent très émotive…, dit Candy en riant

- Chef tu viens jouer avec nous ? Demandèrent les enfants

- Oui, dit Candy je dois aller voir Tom et Jimmy… Vous voulez m'accompagner ?

- Oui, oui, oui !! Dirent les enfants

Elle se rendit donc chez Jimmy d'abord avec les enfants sur ses talons. Elle trouva Jimmy en train de nourrir son cheval…

- Salut chef par intérim… dit Candy doucement…

Jimmy sursauta et se retourna. Un sourire illumina son visage.

- Candy !! Tu es revenue saine et sauve ! dit-il en courant vers elle

Il la serra dans les bras longtemps.

- J'aurai voulu être avec toi…

- Je suis contente que tu n'aies pas été pas là. J'ai vu trop de jeunes hommes mourir sans avoir rien fait pour une cause dont ils ne connaissaient même pas le but… Non Jimmy, ne regrette pas, car côtoyer la mort à chaque instant, n'est pas une partie de plaisir, je t'assure…

- Je suis content que tu sois de retour, dit Jimmy en la serrant encore dans les bras

- Allons dire bonjour à ton père. Comment va-t-il ?

- Il va bien, mais il est très vieux et il ne travaille plus…

- Je suis contente qu'il se repose, allons le voir.

Ils entrèrent dans la maison et trouvèrent M. Cartwright assis dans son fauteuil.

- Papa, dit Jimmy, regarde qui est venu nous voir…

Le vieil homme tourna la tête et sourit.

- Candy ! Tu es de retour ! Dieu merci !

Candy s'approcha et le serra dans les bras longuement.

- M. Cartwright, comme c'est bon de vous revoir…

- Je suis content d'être encore en vie… Pour te voir…

- Que dites-vous ? Vous êtes un jeune homme !

- C'est gentil de dire ça, mon enfant…

Candy passa quelques temps avec Jimmy et M. Cartwright. Les enfants jouaient dehors. Elle prit congé et alla chez Tom avec les enfants et Jimmy.

Elle trouva Tom avec une petite fille d'environ un an sur ses genoux.

- Coucou ! Dit Candy, Tom, quelle bonne surprise… !

- Candy ! Oh mon Dieu merci ! Tu es de retour !

Tom se leva posa la petite par terre et courut vers elle pour la serrer dans les bras. Il l'embrassa sur les deux joues.

- Tommy ! Oh mon Dieu c'est bon de te revoir, mon sauveur !

La petite fille avait suivi son père. Candy la vit et la prit dans ses bras.

- Allô, comment t'appelles-tu ?

- Candice-Marie, dit la petite fille

Candy resta bouche bée.

- Candice-Marie… C'est un très joli nom, moi je m'appelle Candice aussi mais on m'appelle Candy…

- Candy… fit la petite

- Tom… Merci pour le nom…

- Oh tu es ma sœur… Tu me manquais beaucoup…

- Toi aussi tu m'as manqué…

- Comment vas-tu ?

- Tu sais que je suis mariée et…. Je vais avoir un bébé…

- Oh, dit Tom, c'est pour ça que tu es de retour ? Le bébé ?

- Oui…

- Dieu merci ! Au moins on ne va plus se faire un sang d'encre pour toi

Candy sourit.

- Alors dis-moi, tu as finalement épousé ta petite fiancée ?

- Oui et j'ai cette adorable petite fille…

- Candice-Marie…

- Ma sœur et une de mes mères… dit Tom

- Je vois… dit Candy en souriant

- Ton mari est français, tu vas aller vivre en France ?

- Pas tant qu'il y aura la guerre… Et tant que je n'ai pas eu mon bébé… La traversée a été horrible pour moi enceinte…

- Les nausées multipliées par 100 ?

- Par 1000 !

Ils éclatèrent de rire de bon cœur. Elle resta avec Tom pendant un moment et ensuite tout le monde y compris Tom, Jimmy et la petite, allèrent à la maison Pony pour célébrer le retour de Candy. Tom laissa sa fille à la maison Pony avec Candy et alla au village avec Jimmy pour acheter de la nourriture et de la crème glacée et de la boisson sucrée. Les enfants s'amusèrent jusqu'à l'épuisement. Le reste du séjour de Candy à la maison Pony fut un grand jour de fête.

Le temps passa et vers la fin du mois d'octobre, le 31 en fait, il y eut une signature d'un Armistice entre la Turquie et les Alliés. Ce qui donna de l'espoir au monde entier. Ensuite le 2 novembre, il y eut la signature de l'armistice entre L'Autriche et l'Italie. Le 7 novembre l'Allemagne fut secouée par des mouvements révolutionnaires… Il était plus que temps que ça arrive. Même si c'était après la perte de tant d'hommes. Le 9 novembre, Guillaume II, qui avait transformé son pays, l'Allemagne en une grande puissance industrielle, mais que les ambitions provoquèrent la première guerre mondiale, abdique et il est remplacé par un gouvernement démocratique dirige par le socialiste Ebert. Une grève générale est lancée à Berlin…. L'Allemagne devait être prête pour finir la guerre, car finalement le 11 novembre 1918 à 11 heures du matin, c'est la signature de l'Armistice entre l'Allemagne et les Alliés, dans le wagon du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes en foret Compiègne. Même si officiellement la fin de la première guerre mondiale est à la signature du traité de paix avec Allemagne à Versailles, le 28 juin 1919, pour le moment l'armistice du 11 novembre signifiait que les coups de feu avaient cessés définitivement.

Ce fut la joie générale pour tous ceux qui avaient survécus ce long cauchemar. Tous les soldats étrangers purent finalement retourner chez eux dans leur famille. Le monde entier était entrain de célébrer la fin de l'horreur.

Candy apprit la nouvelle le soir de 11 novembre pendant le dîner. Tout le monde était à table en train d'attendre Alistair, qui était en retard et qui arriva dans la salle à manger essoufflé.

- Chéri, dit Patricia, tu es là finalement… On t'attendait

- Oui, dit la grande tante, Alistair, ce n'est pas convenable de faire attendre tout le monde, on a faim…

- Oh mais j'ai une très bonne nouvelle…

- Quelle nouvelle ne pouvait attendre la fin du dîner ? dit Albert

- Oh une très bonne… Surtout pour toi, Candy

- Pour moi ? Dit Candy étonnée

- Oui, vous savez tous que Guillaume II a abdiqué il y a deux jours…

- Oui… dirent les autres

- Et bien, l'Allemagne vient de signer l'Armistice avec les Alliés, LA GUERRE EST FINIE !!!!!!! cria Alistair !

- Quoi ?? Dit Candy, tu en es sûr ?

- Oui, c'est fini Candy ! Ton mari sera bientôt là pour te prendre dans ses bras !

Candy se leva en criant et sauta au cou d'Alistair.

- C'est merveilleux ! Oh Mon Dieu, fini l'horreur ! Oh merci mon Dieu ! Michael… Je vais revoir Michael…

- C'est superbe, dit la grande tante, maintenant, calmez-vous pour qu'on puisse manger…

Mais tout le monde était bien trop content pour écouter la grande tante. Tout le monde parlait en même temps en riant et en criant de joie.

A New York, Susanna reçut la nouvelle de la fin de la guerre comme la réponse de ses prières. Terry allait revenir et ils allaient vivre heureux jusqu'à la fin de leurs jours.

- Tu vois, Dieu a entendu mes prières, maman, Terry revient…

- Oui, la guerre est enfin finie…

- Tu n'es pas heureuse que Terry revienne ?

Mme Marlowe resta silencieuse. Un mari qui n'était même pas venu en permission pour voir naître son fils ou même le voir après… Mais qu'est-ce qu'elle espérait ? Elle avait forcé le pauvre garçon à prendre sa fille en charge, après l'accident. Maintenant elle pensait qu'elle aurait dû se contenter de l'aide financière de Terry, car sa fille qui était follement amoureuse de son mari, ne voulait pas croire ce qui se passait vraiment et refusait de regarder la vérité en face…

- Oui, bien sûr, chérie, puisque ça te rend si heureuse…

- Je suis aux anges, Maman !

Karen qui avait aussi entendu la nouvelle comme tout le monde arriva aussi en courant chez Susanna.

- Susanna, dit Karen en entrant, la guerre est finie ! Terry va revenir !

- Oui, merci Karen, au moins toi tu es contente pour moi… Contrairement à ma mère…

La mère poussa un soupir contrarié.

- Susanna… commença Mme Marlowe

- Non, maman… Si tu ne peux pas partager ma joie, laisse-moi tranquille et ne dis plus rien…

- D'accord, dit Mme Marlowe. J'entends le petit pleurer, je vais m'en occuper…

Mme Marlowe quitta la pièce pour aller s'occuper du petit. Karen resta avec Susanna.

- Ta mère continue à essayer de te faire entendre raison…

- Karen, je suis la femme de Terry, j'ai son bébé, rien que puisse dire ma mère ne changera ça…

- Je ne suis pas venue te faire la morale aujourd'hui, mais partager ta joie, tu dois être sur un nuage

- Oui… Et j'attends l'arrivée de Terry avec impatience !

En France, plus heureux que les soldats n'était pas possible ! C'était la joie et la fête générale dans tout le pays pendant des jours… Les soldats étrangers se précipitèrent pour retourner chez eux. Certains n'avaient plus tous leurs membres, mais ils étaient vivants. Terry était heureux que la guerre soit terminée, au moins il ne verrait plus ses camarades mourir les uns après les autres. La guerre l'avait gardé en vie, il allait retourner à New York auprès de sa femme et son fils… Son fils il avait un fils et il avait hâte de le voir.

Michael faisait aussi des arrangements pour aller en Amérique rejoindre sa femme. La France était en voie de reconstruction comme le reste de l'Europe, quelques temps en Amérique loin de la terre qui lui rappelait l'horreur de la guerre, lui ferait du bien. Candy, comme elle lui manquait, il avait hâte de revoir sa femme et être avec elle pendant sa grossesse, heureusement que cette guerre était à la fin quand elle était retournée en Amérique. Il rencontra Terry sur le bateau qui les ramenait tous les deux en Amérique.

- Toubib ! Dit Terry, on va faire le voyage ensemble…

- Oui, mon pote ! J'ai hâte de revoir ma femme…

- Elle sera là au port ?

- Non, elle va rester se reposer. Je lui ai conseillé de m'attendre à Chicago, le trajet en train n'est pas conseillé pour les femmes enceintes…

- Ah oui, moi je vais surprendre ma femme à la maison… Elle ne sait pas quel jour j'arrive

- Attention elle risque d'avoir une crise cardiaque tellement elle sera contente et très surprise de te voir…

- Ne t'en fais pas, son cœur est solide, mais j'ai hâte de voir mon fils…

- Ça j'imagine, dit Michael en riant… Tu as du temps à rattraper avec lui…

- Oui… J'étais à la guerre. Mais j'ai un peu l'impression de l'avoir laissé tomber comme mon père m'avait laissé tomber avec ma mère, seulement pour m'emmener loin de ma mère…

- Mais tu étais à la guerre, c'est différent…

- Oui, c'est ce que j'essaye de me dire, mais…

Sur le bateau, l'atmosphère de fête et de joie continua pendant toute la traversée. Tout le monde était content de ne plus devoir tuer pendant la guerre. Une page de l'histoire du monde était tournée et on espérait que cette horreur ne se répéterait plus.