Bonsoir, ou bonjour à tous. Voilà le chapitre 14, avec un peu de retard, désolée. J'ai eu un peu de mal à le clôturer.

J'espère que vous aimerez, et avoir de vos avis ! Merci de prendre le temps de lire.

Enjoy! Yelrak.


POV Quinn.

Dix minutes.

Dix minutes que Sam s'est assis en face de moi. Dix minutes qu'il ne dit rien et que moi non plus. Dix minutes que je guette quelque chose, une ridule sous les yeux, une tristesse dans le sourire, n'importe quoi qui pourrait me confirmer ce que Kurt m'a dit hier soir. Dix minutes que je ne vois rien, exceptée les cernes dut à la fête d'hier, à laquelle il s'est rendu avec Charlie.

Dix minutes que la Terre continue de tourner, alors moi, je ne vis qu'à moitié.

C'est le problème, avec la Terre. Ça lui importe peu que mon monde s'écroule. Ça lui importe peu que Sam soit si lui, si proche, si bien. Ça lui importe peu de savoir si Kurt a mentit pour me faire marcher ou si tout ça est vrai. Et ça lui importe peu qu'Ellen et son mari divorcent ou non.

Peu importe combien ces événement peuvent faire mal, et combien de fois ils seront joués, que ce soit par nous ou par des personnages différents. La Terre tournera toujours. Et les mers et ciel se chatouilleront toujours tant qu'il sera question d'horizon.

-Ça va Quinn?

Dix minutes. Et c'est tout ce qu'il me dit. Et malgré ça, j'ai quand même l'impression que tout est plus beau, juste avec ces trois mots.

Je prends une inspiration. Essayons d'être rationnelle.

Si Sam sourit, ses parents ne se séparent pas, Kurt s'est fichu de moi, et tout va pour le mieux, je n'ai pas à m'inquiéter de choses vraiment importantes, je peux continuer à me demander si quelqu'un en à quelque chose à fiche de moi, et si ma mère criserait un peu plus si je me faisais un nouveau piercing.

Dangereux pile ou face.

-Belle intervention au bout d'un quart d'heure.

Sam sourit.

Qu'est-ce que ça t'a fait quand tes parents ont divorcés ?

C'est vrai. Je le sais, rien qu'en repensant à sa tête baissée, et à sont ton qui, comme pour la première fois, tremblait d'émotions.

Sam sourit, et ses parents vont divorcés.

Et tout ne va pas pour le mieux.

-Ça fait seulement dix minutes.

-Je le sais.

Je ne dis pas que je ne voulais pas qu'il sache que les minutes, et mêmes les secondes, je les ai comptée.

Sur la table, il y a ma main.

Et une seconde après, il y a la sienne, posée dessus.

POV Charlie.

Sebastian siffle entre ses dents.

-C'est quand même une sacrée baraque….

Je souris.

Je n'ai jamais montré cette «sacrée baraque » à personne. Les seuls qui comptaient pour moi y vivaient déjà. Et là, je me retrouve avec Becks, Santana et Sebastian, dans le salon, à faire semblant que je suis le genre de fille qui invite toujours des tonnes d'amis, alors qu'ils savent très que c'est faux.

Je n'aurais jamais parié m'entendre avec eux. Comme je n'aurais jamais cru m'entendre avec personne d'autre que Sam.

-Tu parles, c'est beaucoup pour pas grand-chose, marmonne Satana.

Santana n'est jamais vraiment heureuse. Sauf quand elle est avec sa petite-amie, Brittany, que j'ai croisé hier soir. Je ne sais pas si je dois être contente de les voir s'aimer aussi parfaitement, ou triste de voir qu'elles ne peuvent vraiment exister l'une sans l'autre.

Sebastian lui envoie un oreiller dans la figure.

-Ferme-là un peu, S. Cette maison déchire, même moi je m'en rends compte.

J'échange un sourire avec Becks, qui se balade dans la cuisine à la recherche de nourriture. Je sais pourquoi elle les aime autant.

Avec eux, tout est simple. A tel point que même moi, j'arrive à me sentir bien et à ne pas trop compliquer les choses.

-Ton coté homo, Seb. Rien d'autre.

Devant son air à peine froissé et son sourire narquois, je ne peux m'empêcher de rire.

Ça aussi, c'est bien. Tout les deux, Sebastian et Santana, ils ne se cachent pas. Ils sont eux, à tout prix, et au maximum.

J'aimerai arriver à faire pareil. Et je me dis que peut-être ça viendra.

Il se tourne vers moi, et me lance :

-Alors, ils sont où les deux « dieux vivants» ?

De ses doigts, il marque les guillemets, l'ait toujours aussi désabusé.

-Pardon ?

De la cuisine, la voix de Becks résonne :

-Seb, t'es vraiment bouché. Je t'avais dit de la fermer.

Elle réapparaît, une boîte de céréales à la main, et viens s'asseoir sur le canapé, entre Sebastian et moi.

-Je ne vois pas pourquoi. S'ils sont canons, ce n'est pas un crime d'en profiter.

Elle hausse les yeux au ciel.

Ils se connaissent depuis toujours, m'a-t-elle dit. Et comme Sa et Kurt, et Quinn et moi, il ne se voit jamais en dehors des vacances d'étés, ou presque. Ils se sont rencontrés sur la plage, un jour. Et depuis, ils sont amis, avec leur défauts et tout ce qui va avec.

Je me demande un instant, si lorsque je suis avec Sam, il y a dans l'air la même chose que lorsqu'ils sont ensembles. Probablement pas. Ou du moins, pas ça, cette complicité qui semble pouvoir aller au-delà de tout.

-Excusez, mais de quoi on parle là ?je demande.

Santana pousse un soupir

-En gros, Becks a passé des semaines a nous rabattre les oreilles avec tes merveilleusement fantastiquement magnifique colocataires. Et Seb, qui saute toujours sur tout ce qui bouge a été très intéressé par la chose.

Je ne peux me retenir d'éclater de rire.

Premièrement, par l'absurdité de cette conversation. Et surtout par l'absurdité de me dire que c'est moi qui y prend part. Je me rappelle de Quinn à Lima, entourées d'une foule de vagues connaissances qu'elle se plaisait à appeler amie, en train de leur décrire à quel point Kurt était beau, et drôle, et intelligent, et merveilleux. Et pourtant, c'est moi qui suis dans le salon de Colby, avec des copains, et même au moins une amie, à parler de Sam et de Kurt, comme s'il ne pouvait rien y avoir de plus naturel.

Et aussi, deuxièmement, parce que j'imagine bien la tête de maman si elle voyait comment Santana s'exprime.

-Je ne vois pas comment Becks pourrait juger entièrement, étant donné qu'elle n'a jamais vu Kurt.

L'air presque outrée, l'intéressée rétorque:

-Oui, mais Sam est vraiment superbe. Et j'ai bien écouté ta description de Kurt….

-J'espère qu'elle n'a rien dit de mal.

Je pique un fard, et le silence retombe.

Becks s'est suspendue dans sa phrase. Santana a arrêtée de soupirer. Et je crois bien que Sebastian ne respire plus depuis quelques secondes.

C'est le genre de choses qui se produisent quand Kurt entre dans une pièce.

Je suis la première à réagir. Alors, je me lève brusquement et me plante devant lui.

-Salut !je lance.

Faux. Trop enthousiaste, trop surjoué. Je ne sais pas mentir. Je n'ai jamais vraiment su.

Kurt sourit.

En fait, je sais mentir. Je sais cacher ce que je pense. Je sais dissimuler la vérité trop dérangeante. Sauf à lui.

-Kurt, voici, Santana, Sebastian et Becks. Et, voici Kurt.

Becks sort de sa torpeur, se redresse, fait une signe de la main, un sourire. Il ne me regarde plus, un instant. Et je reprends mon souffle.

J'en profite pour me féliciter. Je me félicite d'avoir trouvé Becks, ce soir-là. Je me félicite de l'avoir amenée à la maison. Je me félicite de l'avoir laisse me connaitre assez pour qu'elle me sauve la face.

Après leurs avoir lancer un petit signe de tête, Kurt se penche doucement vers moi.

-Je ne veux pas interférer, mais Maman et Judy rentre bientôt.

Son souffle caresse mon oreille.

Ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible qu'il ait agis comme il l'a fait c'est dernière semaine. Ce n'est pas possible qu'il ait changé autant.

Ce n'est pas possible de ne plus l'aimer.

-D'accord. Merci, je réponds, sur le même ton.

Il sourit, à nouveau. Je ne respire plus, à nouveau.

Puis il se détourne, fait un dernier petit signe de la main et marmonne quelque chose comme «Ravi de vous avoir rencontré», et sort de la pièce.

A travers la véranda, je ne peux m'empêcher de le suivre du regard. Il s'assoit sur un des transats, et lèvent la tête. Il regarde le ciel, et je l'imagine cherché des formes dans les nuages comme je le fait parfois.

Sebastian se racle la gorge, et je me retourne. Je rougis à nouveau devant leurs regards, celui, légèrement moqueur de Santana, celui narquois de Sebastian, et celui…. Presque compréhensif de Bekcs.

-Vous devriez peut-être y aller…. Nos mères vont bientôt rentrer, je me mets à bafouiller.

J'ai honte. J'ai honte de perdre tous mes moyens. J'en ai assez aussi.

A cet instant, je crois que je donnerais 15 ans de ma vie pour ne pas être celle que je suis.

C'est un truc auquel je n'ai pas souvent été confrontée. C'est sûr, quand on ne montre pas celle qu'on est, on ne peut pas en avoir honte.

-D'accord. Vous venez ?

Becks se lève, et prend le bras de Sebastian pour l'entrainer avec elle. Santana les suit et me fait au revoir de la main.

Je les entends rire et discuter dans l'entrée. Puis, le voix de Santana s'élève :

-On se voit plus tard, Charlie !

Et la porte claque.

Brusquement, je me laisse tomber dans le canapé.

J'inspire. J'expire, et je répète l'opération plusieurs fois encore.

Enfin, je relève les yeux.

En fait, tout va bien.

Je n'ai plus les joues rouges, je n'ai plus envie de disparaître, je n'ai plus le cœur battant à cent à l'heure. Je n'ai plus aucun malaise que ce soit.

De frustration, je soupire, avant de me relever.

Un jour, je comprendrai comme je fonctionne. Je comprendrais qui je suis vraiment.

J'ai hâte, en tout cas.

POV Quinn.

Le soleil est en train de se coucher, comme tous les soirs.

Mais comparé aux autres soirs, je ne suis plus seule.

-Qu'est-ce qui te fais sourire ?

Je relève les yeux vers Sam. Il me sourit aussi.

-Un peu tout, je réponds.

C'est vrai. C'est niais aussi. Mais ça l'est moins que de dire que c'est tout, chez lui, qui me fait sourire.

Nous sommes accoudés à la fenêtre de sa chambre. Pas celle qu'il est censé partager avec Kurt, ni celle de Charlie, mais la sienne. Et malgré les taches d'humidité sur les murs et les bassines posée un peu partout dans la chambre, on y est bien.

Sam m'a dit que c'était le meilleur poste d'observation de la maison. C'est vrai. D'ici, on peut voir n'importe qui entrer ou sortir, ou même simplement passé dans la rue. Nous venons de passer une demi-heure à lancer des paris plus aléatoires les uns que les autres. «Si la prochaine voiture est rouge, il va m'arriver un truc cool.», j'ai dit. Sam a surenchérit : «Si elle est bleu, il va t'arriver encore mieux que ça.».

Nous ne l'avons toujours pas vue, cette voiture. C'est l'ennui de Colby. C'est une petite ville, presque encore plus petite que Lima. Et en pleine été, il y a encore moins de monde qui passe.

-Bon sang, il est vraiment beau.

Sam et moi avons le même réflexe. Nous nous baissons brusquement en entendant cette voix inconnue raisonner.

-C'est clair. Même mieux que le blond.

C'est une autre voix. Une voix de garçon cette fois.

-Ouais. Mais vous avez vu, c'est chasse-gardée, reprend la première voix.

-Comme si je pouvais en avoir quelque chose à faire.

C'est une troisième voix, une fille à nouveau. Elle a la voix plus grave que la première, plus rauque surtout.

-Charlie était vraiment adorable.

-Tu parles, je dirai plutôt pathétique.

-Seb !

-Quoi ? Elle est sympa, c'est vrai. Mais je veux dire, tu as vu un peu l'état dans lequel elle était ?

-Moi, je trouve ça chou…

Les voix s'éloignent petit à petit, jusqu'à disparaitre complètement. Je soupire, en réalisant que j'avais retenu mon souffle. Sam se redresse et rit un peu.

-C'était qui ?je demande.

Il s'accoude à la fenêtre à nouveau, et regarde au loin.

-Les amis de Charlie.

Nos regards se heurtent à nouveau. Pour une fois, je ne pense plus à leurs couleurs, ni à leurs façon de briller, ni à quoique ce soit qui soit en rapport. Une seule question occupe mes pensées : depuis quand Charlie a-t-elle des amis ?

Sam n'est pas un de ses amis. Il y a quelque chose d'autre entre eux, de plus que de la simple amitié. Quant à Lima, la seule personne avec qui elle a réussit à se lier est une petite brune agaçante, et elle ne la côtoie que par concours de circonstance. Ce n'est pas non plus de l'amitié, plutôt de la survie.

Comme s'il savait à quoi je pense, Sam déclare :

-Tu as loupé quelques trucs, Quinn…

Je ferme les yeux. C'est vrai. En fait, bien plus que ce que je ne pensais. Je commence a passé à coté de tout, à cause d'une histoire qui date de plus d'un an.

Il pose sa main sur mon épaule, me la presse un peu. Toujours assise par terre, je me relève, et appuie mes coudes tout près des siens. On se regarde toujours.

Et je ne sais pas trop pourquoi, je ne sais pas si c 'est à cause de Sam et de ses yeux, de Charlie et de ses amis, de Kurt et de ce qu'il m'a dit l'autre jour, ou simplement de la nuit qui tombe tout doucement, au-dessus de ma tête, j'ajoute :

-Alors il va falloir que je me rattrape.

Il sourit. Une voiture passe. Et elle est bleue.

Je pose ma tête sr son épaule, et je souris aussi.

Et je me rends compte que maintenant que je l'ai dit à voix haute ça me parait beaucoup moins compliqué.