Auteur : x-Lilo

Titre : Coup d'un soir, ou presque.

Résumé : Une partie de jambe en l'air, avec un inconnu, un soir d'été, n'engage à rien, pas vrai ? Enfin sauf si l'inconnu est amené à faire partie de notre vie… HPDM, UA

Rating : M, dès le prologue

Genre : Romance, je suppose. UA. Slash, mais vous vous en doutez, puisque vous n'êtes certainement pas arrivé ici par hasard !

Disclaimer : Les personnages appartiennent bien évidemment à J.K Rowling.

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Réponses aux reviews anonymes :

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Zelnazoo : ( Ch. 12 ) Tu as raisons ils ont enfin des réactions censées, il leur en aura fallu du temps !

Brigitte : ( Ch. 12 ) Contente que ça t'ai plu, je préférais, moi aussi, la tendresse à une énième dispute ! ( Ch.13 ) Hum oui, la jalousie, que de ravages… Merci pour tes reviews !

Kaylee : ( Ch. 12 ) Le lemon t'a plu ? Tant mieux, je dois avouer que c'est toujours un certain stress pour moi de publier ce genre de chapitre… Contente que ça t'ai plu !

Lolotte : ( Ch. 12 ) Je suis contente que l'initiative de la non-dispute t'ai plu, je préférai, moi aussi. ( Ch. 13 ) Je suis aussi contente que tu aimes cette histoire, relis là autant que tu veux, c'est fait pour !

Alexa : ( Ch. 12 ) Je suis, moi aussi, désolé de voir qu'il aura fallu une semaine sans suite pour que tu postes une review, cependant ce n'est pas pour autant que je n'apprécie pas le fait que tu m'en ai laisser une. Une review, quelle qu'elle soit fait généralement très plaisir. Je suis contente de voir que tu lis cette histoire, et que tu laisses ou non d'autres reviews, je suis heureuse de te compter parmi mes lecteurs ! Je t'embrasse.

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Chapitre XIII : On peut savoir ce que vous faîtes ?

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Il y a certaines choses que l'on ne peut voir que dans les fictions américaines. Se faire mordre par une araignée radioactive, découvrir qu'on est en réalité le fils d'un Dieu, les animaux qui parlent, les criminels toujours arrêté et mis derrière les barreaux et les gens ordinaires qui se rendent compte un jour qu'ils ont de supers pouvoirs par exemple. Ou alors, tout simplement lancer un caillou sur une fenêtre pour prévenir quelqu'un de sa présence.

Draco avait fait cela une fois et tout son argent de poche du mois avait dû passer dans la réparation de la fenêtre de la chambre de Blaise Zabini. Ce dernier avait trouvé plus qu'amusant de se faire réveiller en sursaut par un bruit de verre brisé, comme dans les films d'actions. Ses parents, beaucoup moins. Draco avait alors quatorze ans et il ne savait pas, qu'un caillou lancé avec force sur une fenêtre pouvait la briser, ça n'arrivait jamais à la télévision… Il avait quand même compris, et n'avait plus jamais recommencé. Jusqu'à ce soir.

Il est actuellement dans le jardin des Potter, un caillou à la main, le regard fixé sur une fenêtre qu'il pense être celle d'Harry. Il a pu voir, en arrivant, à la lumière d'un lampadaire, que sur sa toute nouvelle montre il était une heure vingt. Il était tranquillement chez lui moins d'une heure plus tôt et après quelques verres de trop il avait décidé de venir voir Harry pour régler leur problème. Il avait voulu le faire le lendemain même de leur dispute mais le brun n'avait pas pointé le bout de son nez en cours. Ce traître de Ronald Weasley non plus. Ni le lendemain. Ni le surlendemain. Ni aucun autre jour depuis le début de la semaine. Draco avait appelé, presque tous les soirs, mais ses appels étaient restés sans réponses. Celui du soir même aussi. Il avait donc décidé de se déplacer et de régler le problème en face.

Sauf que voilà, il se trouvait dans le jardin des Potter et n'avait aucune idée de la manière dont il devait procéder pour prévenir Harry de sa présence, tout du moins jusqu'à ce qu'il trouve ce caillou par terre et qu'il le ramasse. Il regarde soudainement sa main et se met à rire, cachant sa bouche de son autre main. Il se sent comme un enfant, ou comme l'adolescent qu'il était quelques années plus tôt. Prêt à faire des folies, prêt à prendre des risques sans se préoccupé du fait que le résultat soit assuré ou pas. Il a un instant l'impression qu'il s'apprête à faire le genre de choses stupides qu'Harry serait capable de faire. Peut-être que c'est aussi parce qu'il a bu, mais il ne préfère pas y penser. Il calme lentement son rire, lève son bras, l'emmène vers l'arrière, vise, s'apprête à lancer, quand une voix féminine s'élève derrière lui.

- On peut savoir ce que vous faîtes ?

Tout le corps de Draco se raidit, chaque muscle se tend. Il pense un instant à partir en courant le plus loin possible d'ici, puis se ressaisit. Comme il aimerait que Blaise soit là, pour voir qu'il se laisse enfin aller comme ce dernier le lui avait demandé quelques mois plus tôt. Ou même Harry pour qu'il voit tous les « risques » qu'il est capable de prendre pour lui…

Lentement, très lentement il se retourne vers l'origine de la voix, le visage légèrement crispé.

Une brune. Yeux marrons. Elle porte un pantalon de jogging, un énorme pull en laine et de grosses chaussettes. Elle ne semble pas avoir plus de vingt ans et le fixe, un étrange sourire aux lèvres.

- Je… Hum je…, bafouille Draco.

- Vous n'auriez jamais atteint sa chambre de toute façon, il l'a aménagé dans le grenier, déclare la jeune fille, le fixant toujours.

Draco fronce les sourcil et regarde la brune les yeux plein de curiosité. Comment savait-elle que c'était Harry qu'il voulait voir et qu'il n'était pas un cambrioleur par exemple ?

- Vous êtes Draco, n'est-ce pas ? Demande-t-elle quelques minutes après.

- Euh… Oui, répond-il avec difficulté, surpris que la jeune fille en sache autant à son sujet.

- J'en étais sûre, s'exclame-t-elle.

Draco se contente de la contempler, toujours aussi surpris. Cette jeune femme l'intrigue. Qui est-elle et pourquoi en sait-elle autant sur lui ?

Il plisse les yeux, tentant de distinguer un peu mieux les traits de son visage malgré l'obscurité. Il sent toujours les picotements de l'alcool dans son organisme, la folie qu'il tente de contenir mais qui est toujours présente et qui l'empêche de se concentrer réellement. Il avance doucement son visage vers celui de la jeune fille, quand soudain une main s'abat violement sur sa joue. Sa bouche s'ouvre de façon bien peu élégante sous le choc. Il ne comprend définitivement rien à ce qu'il lui arrive.

- Je suis désolé, s'empresse de déclarer la jeune fille, mais jaloux de Colin Crivey ? Est-ce que vous étiez sérieux ?

Le blond se contente de fermer les yeux. Il a besoin de réfléchir. Que lui arrive-t-il exactement ? Comment s'est-il retrouvé dans cette situation ? S'il récapitule, il se trouve dans le jardin d'Harry, il s'apprêtait à lui faire savoir qu'il se trouvait là en jetant un caillou à sa fenêtre, il s'est fait surprendre par une jeune fille qui semble en savoir un peu trop sur lui, elle vient de le gifler, puis de s'excuser et sait pour Colin… Presque aussi étrange et lunatique que…

- Je suis Hermione, déclare la fille qui semble avoir retrouver tout son calme et qui tend à présent sa main au blond. Je suis la sœur d'Harry. Sa jumelle. Il m'a beaucoup parlé de toi !

La main de Draco se retrouve à serrer celle d'Hermione sans qu'il ne sache vraiment comment. Il agit comme un automate, sans vraiment se rendre compte de ses gestes.

Il comprend un peu mieux pourquoi cette fille, Hermione, en sait autant sur lui et aussi et surtout pourquoi son comportement lui semble si étrange. Ça doit être un trait de caractère chez les Potter. Il se rappelle vaguement avoir déjà parler d'Hermione avec Harry. Il lui avait dit quelque chose comme : « Elle ne me ressemble pas, je suis beaucoup plus beau ! ». Il est difficile pour Draco de juger de ça. Bien sûr, il préfère Harry à sa sœur, ne serait-ce que pour ce que chacun a entre les jambes, mais, il ne peut nier que la jeune femme qui se trouve devant lui est, elle aussi, très jolie. Elle ne ressemble pas tellement à Harry physiquement, contrairement à ce qu'on peut voir certaines fois avec les jumeaux. Elle est un peu plus petite, ses yeux n'ont rien à voir avec ceux, verts, de son frères et ses cheveux sont un peu plus clair, mais ses expressions de visages, elles, en font son parfait sosie. Même sourire moqueur, mêmes intonations de voix, même façon d'écarquiller les yeux sous la surprise, même folie. Même paquet de cigarette…

- Je ne fume pas normalement, déclare-t-elle pendant que Draco continue de l'observer, mais mes partiels approchent et je commence à ressentir un léger stress. Ça me détend. T'en veux une ? Demande-t-elle, sans vraiment se rendre compte qu'elle s'est mise à le tutoyer.

Draco accepte volontiers, ne serait-ce que pour, lui aussi, se détendre. Cette situation particulière lui semble presque irréelle.

- Alors ? Demande Hermione.

- Alors quoi ? Répond Draco presque immédiatement.

- Bah pourquoi t'es ici ? Répond la brune, comme si c'était une évidence.

- Oh… Je voulais parler à Harry en fait. On est un peu en froid et je crois qu'on doit s'expliquer. Enfin… Il me semble que ce serait une bonne chose.

- Il me semble aussi. Mais il n'est pas ici.

- Oh… répond Draco, déçu.

- Je peux te dire où il est, mais en échange tu dois me promettre une chose.

Draco la regarde, surpris. Cette fille, tout comme Harry d'ailleurs, ne manque vraiment pas de culot. Il ne sait pas vraiment s'il doit admirer ça ou s'il doit s'en offusquer. Il tire sur sa cigarette, la regardant du coin de l'œil et préférant garder le silence.

- Je promet, déclare-t-il quelques minutes plus tard.

- Tu promets avant même de savoir ce que je vais te demander ? Demande Hermione. Tu me plais, ajoute-t-elle en souriant.

Il ne répond rien, se contente d'attendre, mais au fond elle lui plait aussi cette fille. Le sosie de ce garçon qu'il aime tant. Elle lui plait et, dans d'autres circonstances, il lui aurait sûrement dit.

- S'il ne t'en a pas parlé, ce n'est pas à moi de le faire, déclare la jeune fille, mais juste, ne lui fais pas de mal. Il… Il a déjà bien assez souffert pour le moment. Je sais ce que tu penses, il a dix-huit ans. Nous avons dix-huit ans, et à cet âge là on ne connaît pas grand-chose de la vie. Je suis plutôt d'accord, mais… Juste, fais attention à lui. Si tu réussi à te faire une place dans sa vie, ne le fais pas souffrir.

Elle s'arrête, donne l'impression d'en avoir peut-être un peu trop dit, tire sur sa cigarette et contemple ses pieds.

- Au final, ce que je te dis là n'a pas beaucoup d'importance. Tu ne me connais même pas. Dans quelques jours tu ne t'en rappellera sûrement même plus, mais essaye. Essaye de ne pas lui faire de mal. Essaye de prendre soin de lui. Il a le plus mauvais caractère que je connaisse, il est parfois si insupportable que j'ai des doutes sur nos liens de parenté, mais il tient à toi et c'est mon frère. Il n'osera pas te le demander, mais il a besoin qu'on prenne soin de lui, alors s'il t'as choisi c'est que tu dois être spécial. Ne le déçoit pas…

Rapidement, presque convulsivement, elle écrase son mégot sur le sol, se lève et se dirige vers la maison. Draco reste assis sur le perron, silencieux. Il a écouté tout ce que cette jeune fille lui a dit, il a compris et pourtant il n'a pas été capable de lui répondre. De lui dire qu'au fond, surtout maintenant, il ne demandait que ça, de prendre soin d'Harry. De lui faire une place dans sa vie. Et puis, il avait voulu lui dire aussi que même s'il lui faisait du mal, ce n'est pas volontairement. Et que même s'il ne se sentais pas particulièrement spécial il était prêt à faire comme si, juste pour garder Harry auprès de lui. Comme le soir du nouvel an, dans la douche. Exactement de cette façon.

Quelques minutes plus tard, une tignasse brune fait de nouveau son apparition, une feuille de papier à la main. La jeune fille la tend à Draco en souriant.

- J'ai essayé de te faire le plan le plus précis que je pouvais. Pour ma défense je dirais qu'il est presque deux heures du matin, que j'ai passé la semaine à réviser mes partiels avec Harry et Ron et que ce n'était pas du gâteau, précise-t-elle en riant doucement, presque discrètement. À plus tard j'espère, Draco Malefoy.

Elle dépose un léger baiser sur sa joue, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps, ou même comme s'ils étaient amis, puis elle prend une nouvelle fois le chemin de l'entrée, rêvant presque de son lit. Elle se frotte doucement les yeux, comme une enfant et au moment où sa main se pose sur la poignée de la porte, Draco sait qu'il faut qu'il dise quelque chose. Ne serai-ce qu'un merci.

- Je n'oublierai pas, murmure-t-il.

Ce n'est pas exactement ce qu'il avait prévu, mais quand son regard croise celui d'Hermione et qu'il constate qu'elle arbore un sourire gigantesque, il sait qu'il ne s'est pas trompé.

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Une petite demi heure, Draco gare sa voiture devant une petite forêt sombre. Il a relu plusieurs fois le plan que lui a fait Hermione histoire d'être sûr que l'endroit où se trouvait Harry était bien cette forêt. Il hésite un instant à sortir de la voiture puis se dit qu'il n'a tout de même pas fait tout ça pour rien.

Quand il sort du véhicule, il est assailli par le froid de cette nuit de janvier. Il est pris d'un frisson puis pénètre dans le bois. Hermione a écrit sur la feuille qu'elle lui a donnée, qu'il faut qu'il cherche une petite cabane qui ne doit pas se trouver très loin de l'entrée des bois. Pas très loin, pas très loin, facile à dire. Un peu moins facile à trouver quand il est plus de deux heures du matin et qu'il fait noir. Draco avance donc plus ou moins à tâtons, fais plusieurs mètres avant que son regard ne s'arrête sur un arbre qui à a une étrange forme carrée. La cabane. Très bien, il l'a trouvé, seulement qu'est-il censé faire maintenant ? Peut-il se permettre de débarquer en criant un joyeux : « Coucou c'est moi ! » ?

Il pousse un profond soupir, glisse sa main dans sa poche à la recherche d'un paquet de cigarette dont il sait pertinemment qu'il est inexistant et s'approche dangereusement de la « cabane ».

La construction ne se trouve pas à plus d'un mètre du sol. C'est une sorte de petite maison des bois qui semble avoir été construite pour des enfants de dix, peut-être douze ans. Draco pose ses mains bien à plats sur une planche et se hisse sur ce qui ressemble à une petite terrasse. Il s'approche d'une petite fenêtre creusée dans le bois et observe à l'intérieur. Il voit Harry, assis sur une petite couverture, vêtu d'un énorme pull, les yeux rétrécis par la fatigue. Il fume. Comme d'habitude quand ça ne va pas…

Comme s'il avait deviné la présence de son amant, Harry tourne la tête vers la petite fenêtre et son regard croise celui curieux du blond. Il tente un sourire mais, il n'y peut rien, celui-ci semble bien fade en comparaison de ceux qu'il fait d'ordinaire. Le brun se redresse légèrement et pousse doucement la porte, invitant Draco à entrer. Ce qu'il fait. Il vient s'asseoir tout près de son brun mais garde le silence. Ce dernier lui tend ce qu'il fume et Draco devine, rien qu'à l'odeur que ce n'est pas une cigarette. Il est censé être un adulte responsable, seulement s'il l'était vraiment, il ne coucherait pas avec un de ses élèves, alors il accepte. Il ferme les yeux et revient, l'espace de plusieurs minutes, quelques années en arrière.

- C'est sympa ici, déclare-t-il désirant plus que tout briser le silence.

- Ce n'est pas ce que tu disais hier, répond le brun, souriant.

Draco est pris au cœur en constatant qu'Harry reprend les mots que lui-même a utilisé ce matin là. Il se sent soudainement con. Très con. Il s'en veut et ressent également une vive haine envers Colin Crivey. À croire qu'il est incapable de prendre soin de quelque chose, qu'il n'est pas capable de prendre soin d'une relation qui lui tient à cœur…

- C'est ta sœur qui m'a dit où je pourrai te trouver… murmure Draco.

- Hum, je m'en doutais. Elle t'a dit beaucoup d'autres choses ? Demande Harry qui semble soudainement gêné.

- Elle m'a dit que c'était à toi de me le dire, répond Draco, hésitant, ne sachant pas vraiment ce qu'Hermione avait voulu dire par là.

Ils gardent tous les deux le silence pendant de longues minutes, l'ombre des non-dits planant autours d'eux. Harry prend une grande inspiration, comme celles que l'ont prend quand on sort la tête de l'eau, puis se lance.

- John. John Richardson. J'avais seize ans et c'est le premier garçon dont je suis tombé amoureux. C'était…

Harry hésite, chercher ses mots, regarde un instant dehors, puis contemple ses chaussures avant de reprendre.

- Il avait un an de plus que moi, je le trouvais magnifique et il jouait dans l'équipe de football. J'avais déjà flashé sur quelques mecs, je m'étais même envoyé en l'air avec le frère de Ron, je savais que j'étais gay mais je n'avais jamais ressenti ça. Dès qu'il me regardait un peu trop longuement ou qu'il m'adressait la parole je me retrouvais à bégayer ou à trembler comme une feuille. Le frère d'une amie d'Hermione jouait dans l'équipe alors avec Ron on avait souvent des places gratuites au premier rang. Je me souviens qu'on était très fiers, on se sentait presque supérieurs tu vois… Qu'est-ce qu'on pouvait être con, ajoute le brun en riant doucement.

Il s'arrête et Draco peut constater que ses mains tremblent quand il sort une cigarette de son paquet. Il doit s'y reprendre à trois fois avant de réussir à l'allumer, ferme les yeux un instant, puis se reprend.

- J'ai fumé ma première cigarette avec lui, après un match et je me suis étouffé comme une fillette. On était entouré de tous ces joueurs hyper populaires et ils se sont tous mis à rire… Pourtant, moi, il n'y avait que lui qui m'impressionnait. Je le voyais comme une sorte de héro, je l'admirais, j'étais aussi ridicule que ces greluches que l'on voit à la fin d'une première d'High School Musical. Et puis, un jour, je me souviens que c'était en décembre, il faisait froid, il m'a invité à boire une bière après un de ces matchs. Je tremblais comme une feuille, j'étais mort de trouille, précise-t-il riant franchement maintenant. On s'est retrouvé sur le terrain, il faisait nuit noire et puis au bout d'un moment il s'est penché vers moi et il m'a embrassé. J'ai cru… Je ne sais pas, j'ai eu l'impression que mon cœur allait sortir de ma poitrine, que j'allais m'évanouir ou un truc comme ça. Il s'est un peu moqué de moi et puis il a recommencé. On a passé notre nuit à se bécoter sur cette pelouse, on était gelé mais on était heureux. Moi je l'étais en tout cas… J'avais envie de le crier sur tous les toits, de dire à tout le monde que John Richardson m'avait embrassé.

Harry se tait soudainement, il se rend compte que les propos qu'il tient sont déplacés, enfin qu'ils le sont tout du moins devant Draco. Il essaye de croiser son regard, mais ce dernier semble l'éviter, gardant les yeux fixer sur ses chaussures.

- Tu n'as peut être pas envie de…

- Continue, le coupe le blond.

- Le lundi suivant, en arrivant en cours, je ne savais pas trop comment je devais réagir, alors j'ai fait comme si de rien n'était. Lui aussi. Je croyais presque avoir rêver ce moment et puis quand je suis rentré chez moi, j'ai vu sa voiture garée dans l'allée. J'ai failli m'évanouir, une nouvelle fois. Je crois qu'il n'était pas prêt à assumer et je ne suis pas sûr que j'étais prêt non plus, alors on a continuer comme ça. Longtemps, très longtemps. Et bien sûr, on allait jamais plus loin que des bisous ou des caresses. Ça a durer 6 mois. En juin, il m'a appris qu'il partait deux mois en camp d'été, et il m'a aussi dit qu'il m'aimait. J'étais fou, fou de lui mais aussi fou tout court. Je ne voyais plus mes amis, je m'engueulais sans cesse avec mes parents, je faisais le mur pour le rejoindre presque tous les soirs, mais je m'en foutais. Et puis on a commencer à coucher ensemble et là j'étais au paradis.

Harry s'interrompt, un sanglot coincé dans la gorge et cette fois c'est lui qui fuit le regard de Draco. Le blond, quant à lui, a pu remarquer les larmes qui coulait sur les joues de son amant à l'évocation de ces souvenirs, mais il a comme l'intuition qu'il doit attendre. Que le pire n'est pas passé.

- Cet été là a été l'un des pires de ma vie. J'écrivais son nom partout, je passais mon temps à lui envoyer des mails ou des sms et quand je ne faisais pas ça, je restais prostré dans ma chambre. Mon histoire n'était pas tellement différente des autres, mais pour moi elle était exceptionnelle. C'était lui et moi pour toujours.

Harry a un léger frisson et se rapproche de Draco. Le jeune professeur a une folle envie de serrer son élève dans ses bras. De le consoler. De lui montrer qu'il est là pour lui.

- La rentrée est arrivée et ce jour là je le cherchais absolument partout, je n'avais pas eu de nouvelles depuis un moment, j'étais inquiet et j'envoyais tout le monde balader, déclare Harry puisant dans ses dernières forces. Et puis je l'ai vu. Au bras d'une blonde décolorée à la poitrine énorme. J'ai cru que mon cœur allait explosé. Depuis quand s'intéressait-il aux filles ? Et pourquoi avait-elle droit à tout ce qui m'avait toujours été refusé à moi ? À partir de là, la situation est devenue très malsaine. Il m'a expliquer que son père se doutait de certaines choses et qu'il devait faire semblant parce qu'il était capable de lui faire du mal s'il apprenait qu'il était attiré par les garçons. J'étais amoureux, alors j'ai accepté, j'ai accepté de le voir avec ces filles la journée et qu'il vienne me rejoindre la soir. Je ne mangeais plus, je ne dormais plus, je ne travaillais plus, mais je m'en foutais, il m'aimait. Il me le répétait sans cesse. « Je t'aime Harry, je t'aime », c'est ce qu'il me répétait quand il me prenait avec force et non plus avec douceur me laissant le corps endolori. Il le disait aussi quand parfois il s'énervait et hurlait qu'il « n'était pas PD »… Et puis il y a eu ce soir. On avait rendez vous dans les vestiaires et dès que je suis arrivé j'ai su que quelque chose n'était pas normal. D'habitude il choisissait des endroits plus neutres, plus cachés aussi. J'ai appris bien plus tard qu'il ne m'avait en fait jamais donné rendez-vous. Ce mot dans mon casier, ce n'était pas lui. Ron. C'était Ron. Il voulait que je voie ce que lui avait découvert quelques semaines plus tôt. John et Tom, un autre mec de l'équipe, en train de s'envoyer en l'air sous la douche. Pris dans cette situation malsaine, je suis resté de longues minutes à les observer. Leurs corps en mouvements, leur cri de plaisir, l'eau qui ruisselait sur eux deux. Je revis tout. C'est comme s'ils étaient encore devant moi. Je supportais les filles, je supportais le fait qu'il couche sûrement avec elles même si je n'avais jamais eu le courage de lui demander, je supportais les nuits seul et les heures passées à l'attendre. Là, c'était trop. Après un temps que, même aujourd'hui, je ne saurais évalué, je suis rentré chez moi et j'ai vomi. J'ai vomi cette presque année à aimer un connard. J'ai vomi tous les mensonges qu'il m'avait fait avaler. J'ai vomi nos promesses faîtes dans les bras l'un de l'autre. J'ai vomi nos « Je t'aime ». J'ai vomi son prénom écrit sur des centaines de feuilles dans ma chambre. J'ai vomi et ensuite je me suis descendu une bouteille de rhum.

Il fait une pause, peine à respirer. Il avait voulu raconter tout cela à Draco. Evidemment. Mais n'avait cependant pas pensé que ce serait si dur. Qu'il verrait, une nouvelle fois, ces souvenirs qu'il tentait tant bien que mal d'oublier.

- Le retour à la réalité, qui a suivi a été horrible. Je ne parlais plus à personne, je n'allais plus en cours, je ne mangeais plus que des paquets de clopes. Il y a un poète, je suis presque sûr que c'est Rimbaud, qui dit : « On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans ». Si j'avais écris de tels mots, j'aurais ajouter, : « Et qu'on tombe amoureux pour la première fois »…

Harry serre les poings si fort que ses jointures blanchissent. Il a mal. Il a peur de revivre la même chose et ça se sent. En même temps il a envie d'y croire. Envie de croire que cette histoire, loin d'être banale, qu'il a commencé avec son professeur peut donner quelque chose. Quelque chose de bien. Quelque chose de beau. Si seulement ils étaient un peu moins cons…

Draco, lui, voudrait, cette fois encore, prendre Harry dans ses bras. Le serrer jusqu'à l'étouffer. Le protéger. Lui dire, : « Je suis là et je vais essayer de ne pas te faire de mal ».

- Tu sais Harry, je… j'ai été fils unique et à part Blaise, je n'ai jamais été vraiment très entouré. J'ai été et il me semble que je suis encore parfois, un petit garçon égoïste. Je suis le même qui, à dix ans, refusait de prêter ses jouets aux autres enfants. Je… Draco se s'entortille les mains, nerveux. Je ne peux pas te promettre que je ne te ferai jamais de mal ou que je vais te faire vivre un conte de fée. Je sais que j'ai mal réagit à propos de Colin. Je m'en rend encore plus compte maintenant mais je ne veux pas te partager. Je ne peux pas supporter qu'il t'approche, qu'il te touche, qu'il soit important pour toi… Je ne sais pas comment c'est arrivé mais je voudrais te garder uniquement pour moi. Merde, je n'ai jamais vraiment fait ça, mais il semblerait qu'il soit temps. Harry, est-ce que tu veux bien être mon petit ami ? Demande finalement Draco d'une voix à peine audible.

Un long silence suit cette demande pour le moins étrange entre deux garçons de cet âge. Ils restent juste là, assis l'un à côté de l'autre dans le noir, se nourrissant de la présence de l'autre. Soudain, la main d'Harry vient serrer celle de son professeur et il se met à rire doucement.

- Oui, déclare-t-il, j'accepte d'être ton petit ami.

Draco se laisse alors aller à rire, lui aussi et bientôt, leurs lèvres se rencontrent comme pour celer une trêve, leur accordant le temps de souffler et de profiter de cet instant qu'ils peuvent partager puisqu'ils viennent de s'avouer leur confiance mutuelle.

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À Suivre…

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Je vous l'accorde, la fin est un peu mièvre, mais il fallait bien que ça arrive à un moment, non ? ^.^

Ensuite euh, c'est un chapitre plein de révélations, j'espère que ça vous a plu. On en apprend un peu plus sur les problèmes « sentimentaux » qu'a rencontré Harry dans le passé et le pourquoi de certaines de ses réactions !

Merci à tous pour vos reviews, j'ai déjà hâte de vous retrouver la semaine prochaine. Je vous embrasse !

x-Lilo