Thème : 4 – Toi et moi
Note de l'auteur : C'est toujours dans les périodes où je suis le moins censée me mettre à publier des petites choses que je le fais. Je pense que ce doit être une maladie... Ah, puis merci à ma betalectrice, Tidoo. ;D


Nostalgie printanière

Le soleil refaisait enfin son apparition dans les collines. Les chants d'oiseaux ayant regagné leurs nids après le dur hiver résonnaient dans l'air, se réchauffant petit à petit, tandis que les arbres se remplumaient et retrouvaient leur feuillage verdoyant de santé.

C'était un spectacle qu'il se plaisait à regarder, l'air rêveur, perdu dans ses pensées, pensées qui restaient insondables à la jeune blonde. Le renouveau de la nature semblait insuffler en lui comme une nostalgie dont elle n'arrivait pas tout à fait à saisir l'origine. En ces débuts de saison, il était en tout cas plus tête en l'air, moins attentif à ses activités quotidiennes, et à elle.

Aujourd'hui encore, elle le prit en train de rêvasser, assis, seul, au bord d'un fossé dont une partie s'était affaissée durant l'hiver après une forte averse. Elle l'avait cherché un moment, s'inquiétant de ne le trouver nulle part alors qu'il avait promis de s'occuper d'une fuite dans le toit, puis l'avait finalement aperçu en descendant le chemin menant au village.

Et il était juste assis là, les yeux levés vers le ciel bleu, seulement ponctué de quelques nuages neige. Tout à sa contemplation et à ses pensées, il ne l'entendit pas s'approcher derrière lui, et ne donna pas non plus signe d'avoir remarqué sa présence lorsqu'elle dit d'une voix douce :

- Tu devrais faire attention, le sol n'est peut-être pas encore très stable après la pluie d'avant-hier…

Les yeux perdus dans le lointain, il semblait si loin, si loin d'elle.

Sentant comme un gouffre qui les séparait, elle s'agenouilla, puis s'assit derrière lui, passant ses bras autour de son cou, sans mot dire. Il frémit à peine.

Le silence les enveloppa tous les deux, comme dans une bulle, et tout aussi fragile. Le monde aurait pu cesser de tourner qu'ils n'en auraient eu cure ; la présence de l'autre leur suffisait pour exister. Calée contre son dos, la joue collée contre son épaule, elle se sentait vivre.

Un mouvement de tête de sa part lui indiqua qu'il souhaitait changer de position. Elle desserra son étreinte, il se pencha plus en arrière, jusqu'à sentir sa poitrine plaquée contre lui. Elle glissa ses bras à sa taille, optimisant le contact, et posa son menton dans le creux de sa nuque. Deux iris azur se levèrent vers le ciel de la même couleur, suivant deux autres ambrés, voilés de paresse, puis de tristesse, de nostalgie, de regret peut-être.

- Qu'y a-t-il là-haut que tu n'aies pas ici-bas ?

Un murmure dans le vent. Une caresse au creux de son oreille. Une prière, un appel.

- Rien, vint un souffle. Rien que de la poussière.

Il acheva de se renverser en arrière, l'entraînant avec lui. A demi-allongé sur elle, il tourna finalement son visage vers le sien. Un sourire, un sourire de remerciement, c'était ce qu'elle sembla y lire. Puis il se redressa d'une main, appliquant sa paume dans l'herbe de l'autre côté de sa hanche.

- Toi et moi. Nous. C'est tout ce dont j'ai besoin.

Un baiser dans la nuque, presque d'excuse, puis un gloussement, une main baladeuse, métal froid mordant la peau nue sous le fin tissu.