Chapitre Treize

« Quelqu'un aura besoin de parler à celui qui, qui qu'il soit, a conduit la recherche approfondie de la base parce qu'il n'est apparemment pas au courant de la définition de 'approfondie'. » Je menai la voie jusqu'à la salle d'embarquement et m'avançai jusqu'au pied de la Porte. « Samantha Carter, que diable fais-tu là-haut ? »

« Thor ne peut pas m'attraper. »

J'étais censé être fâché, mais son argument parfaitement logique ne me fit que rire. « Comment t'es-tu retrouvée là-haut ? »

« J'ai grimpé. »

Je n'avais jamais vraiment pensé à escalader la Porte, mais vue de plus près, je réalisai qu'il y avait suffisamment de creux et de saillies pour fournir une assez bonne échelle. Pourtant, le fait que Carter l'avait réussi dans le noir sans se tuer était impressionnant. Je n'allais pas le lui dire. « Peux-tu descendre ? »

Elle jeta un coup d'œil par-dessus, venant dangereusement près de perdre son équilibre précaire, et étudia la Porte pendant quelques secondes. Puis elle secoua la tête. « C'est trop haut. »

« Bien sûr que c'est trop haut. » Je me tournai vers le général. « Monsieur, pourrions-nous avoir une échelle ici ? »

« Est-ce que les pompiers vont venir ? » Carter était très excitée à la perspective. Peut-être parce qu'elle n'avait pas encore brûlé sa maison de fond en comble. Ou peut-être savait-elle qu'elle réussirait mieux à charmer les pompiers terriens qu'elle n'avait réussi avec les Asgards.

« Non, Sam, je viens te chercher moi-même. » Je m'attendais à une déception.

Mais aussi, Carter n'a jamais été prévisible. « Yay ! »

Cela ne me prit pas longtemps pour grimper l'échelle et la récupérer. Elle ne fut même pas fâchée qu'elle ait dû être déplacée de sa cachette. Elle m'étreignit comme toujours et me laissa nous diriger pour descendre l'échelle sans rien faire pour me distraire.

Le Général Hammond me surprit par ses mots. « Je la veux hors de cette base, Colonel. Il n'y a aucun mot pour dire combien elle peut être dangereuse. »

« Monsieur ? » Il y a tant de choses que je voulais demander – comme où j'étais censé la prendre et ce que j'étais censé faire avec elle et comment nous allions l'aider.

« Dès que nous aurons décidé de la prochaine étape, je vous appellerai et elle sera la bienvenue. Pour l'instant, emmenez-la chez vous, Colonel. »

« Oui, monsieur. » Je savais qu'il n'allait accepter aucune discussion, surtout aucune qui m'incluait dans sa surveillance. Ca me convenait, car je n'avais aucun argument valable de toute façon. Elle donnait certainement du fil à retordre et ce n'était que grâce à la chance qu'elle avait survécu à son enfance suffisamment longtemps la première fois pour canaliser son énergie dans quelque chose comme l'étude et être un génie. Je souris à Carter, qui était silencieusement repassée en mode câlin à la place du mode déchaîné. « Prête à aller à la maison ? » Carter hocha la tête et je pus voir combien elle était excitée. Elle imaginait probablement des jouets et des trucs amusants pour enfant.

Malheureusement, je n'avais aucun truc amusant chez moi. Je savais que je n'avais pas intérêt à emmener Carter dans un endroit tel qu'un magasin de jouets – un magasin de jouets présentait de multiples dangers et je n'étais pas prêt à supporter une Carter hurlant, pleurant et suppliant pour des jouets. Je l'emmenai à l'épicerie et je pouvais seulement espérer que deux voitures, un ensemble de shérif et de la pâte à modeler garderaient occupée l'enfant incroyablement intelligente jusqu'à ce que le général trouve de l'aide. Etre à l'épicerie me donna aussi l'occasion d'acheter quelque chose de correct à manger pour elle puisque je ne pensais pas qu'elle voudrait les restes de tacos d'il y a trois semaines dans mon frigo.

J'essayai de lui demander ce qu'elle aimerait manger, mais elle haussa simplement les épaules. Je commençai à passer le long des rayons avec elle, suggérant des dizaines de choses différentes. Carter secoua résolument la tête à tout cela. Quand je commençai à être frustré, elle suggéra des cookies, une barre de chocolat et de la glace à la fraise. Je réalisai que j'allais devoir ôter la décision de ses mains.

Aussi la dame de la caisse me regarda d'une drôle de façon quand elle fit passer deux jouets, une boîte de lait, et dix boîtes de soupe au poulet et aux nouilles. Mais avant qu'elle puisse appeler les services de protection de l'enfance, Carter se pencha et me donna un gros bisou. Puis elle fit un signe de la main à la femme, qui fut à ce moment-là réduite à ce sourire stupide et charmé dont j'étais devenu familier depuis que la Carter bébé était arrivée.

Le trajet jusqu'à chez moi fut sans histoire. Carter gloussait joyeusement à l'arrière, faisant des vroom-vroom et tournant son semblant de volant. J'orientai le rétroviseur pour l'observer. Elle me surprit à la regarder et me fit signe de la main. Quand elle me surprit une nouvelle fois à la regarder, je lui fis un clin d'œil. Elle gloussa et me souffla un baiser.

Je lui avais dit que la règle était qu'elle devait rester dans la même pièce que moi ou je la renverrais à Thor. Elle promit qu'elle ne briserait pas mes règles. Je fis à Carter un bol de soupe pendant qu'elle jouait à mes pieds avec ses voitures. Je fus en fait surpris que rien ne tourna mal – je ne me cassai pas la jambe en trébuchant sur elle et elle ne se retrouva pas avec de la soupe brûlante renversée sur la tête. Elle ne mangea qu'environ la moitié du bol, aussi je la finis pendant qu'elle faisait un assortiment d'objets non identifiables avec la pâte à modeler. Nous restâmes dans la cuisine, car je pouvais voir la télé de là et je supposai que ce serait la pièce la plus facile à nettoyer.

Il était un peu plus de 8:30 quand je réalisai que ses yeux se fermaient. Cela avait pris longtemps, mais la petite Carter était vannée. Je la portai dans ma chambre en premier, lui montrant où je serais quand j'irais dormir, pour qu'elle ne soit pas effrayée. Puis je l'emmenai dans la chambre d'ami et la déposai sur le lit. Je défis ses chaussures et ramenai les couvertures sur elle.

« Bien, Sam, temps d'aller au lit. »

Carter mit les mains sur ses hanches, inclina la tête sur le côté et gloussa. « Jack, je ne peux pas aller dormir avec mes vêtements ! » Elle avait dit cela avec une telle attitude, comme si j'avais brisé une loi universelle super importante ou quelque chose comme ça, que je ne pus que rire. J'avais oublié de récupérer le reste des vêtements que Walter avait apportés, mais je supposai qu'elle pourrait faire avec un t-shirt, considérant qu'elle avait porté un t-shirt la moitié du temps où elle avait été avec moi.

« Bien, je reviens tout de suite. » Je tournai rapidement le coin vers ma chambre, attrapant le premier t-shirt propre que je pus trouver. Quand je revins, Carter s'agenouillait sur le côté du lit, les mains jointes et la tête inclinée. J'écoutai avec un sourire alors qu'elle demandait à Dieu de bénir Maman et Papa et Jack et Tonton G et Danny et Teak et Janet et Thor et tous les autres qu'elle oubliait et même Mark aussi. Puis elle demanda gentiment qu'il lui pardonne d'avoir mis en colère Thor parce qu'elle n'avait pas voulu détruire son vaisseau et suggéra que Thor ne serait plus fâché si Dieu remplaçait son vaisseau avec un meilleur.

J'attendis qu'elle termine. « Très bien, ma puce. Tiens. » Je tendis le t-shirt, oubliant que j'avais à faire à une enfant de trois ans.

Elle tendit ses bras au-dessus de sa tête et ferma étroitement les yeux, attendant que je retire son t-shirt. Je secouai la tête et obtempérai, en colère contre le destin. Ce n'était absolument pas ce que j'avais à l'esprit quand j'imaginai déshabiller Carter. Une fois qu'elle fut déshabillée, je glissai mon t-shirt sur elle. Même adulte, Carter est maigre, donc son t-shirt n'avait pas été aussi grand. Mon t-shirt forma un tas sur le sol à ses pieds et glissa d'une épaule jusqu'à la moitié de son bras. Carter leva son bras pour le remettre bien et il glissa immédiatement de l'autre épaule. Je haussai les épaules en la regardant et elle gloussa. Je la soulevai et la mis dans le lit, me baissant pour la border.

« Jack ? »

« Oui, Sam ? »

« Je n'ai pas brossé les dents. »

Et je n'avais pas eu le réflexe de lui acheter une brosse à dents. Aussi je la soulevai et l'emmenai à la salle de bain. Je lui donnai ma brosse à dents et étais sur le point d'écraser le dentifrice dessus quand elle la retira brusquement.

« Ma brosse à dents est pourpre. »

Je fermai les yeux et me rappelai qu'être fatiguée faisait toute la différence entre Carter étant mignonne et Carter étant une sale gosse. « Tu n'as pas amené ta brosse à dents, donc tu devras utiliser la mienne, d'accord ? »

Carter y réfléchit pendant une minute et j'étais bien conscient qu'elle cherchait une faille à ma logique. Finalement, elle haussa les épaules. « D'accord. » Je recommençai avec le dentifrice et elle retira brusquement la brosse à dents à nouveau. « Je peux faire ça moi-même ! »

Je lui donnai le tube, respirai profondément et comptai jusqu'à dix pendant que Carter s'occupait. Elle était trop petite pour serrer le tube avec une seule main et donc avait élaboré une installation pour essayer de coincer la brosse à dents sur le lavabo avec le verre et le savon pour qu'elle puisse pousser sur le tube avec les deux mains. Elle réussit à mettre du dentifrice partout sauf sur la brosse à dents. Je pris finalement le contrôle de la situation, plongeant la brosse dans un des plus grands tas de dentifrice et la lui tendit. Elle n'était pas contente, mais elle le prit quand même. Elle ouvrit la bouche et commença à se brosser les dents.

Pendant deux secondes, tout au plus. Elle commença alors à hurler. Apparemment, mon dentifrice à la fraîcheur de menthe n'avait pas le même goût que le sien. Vous auriez pensé que j'essayais de la tuer d'après le bruit qu'elle faisait. Après avoir craché environ une centaine de fois, je la ramenai, toujours gémissante, dans la chambre d'ami.

J'éteignis la lumière et tirai la porte à moitié. « Bonne nuit, Sam. »

« Jack ? »

Je pris une profonde respiration. « Oui ? »

« Laisse la lumière, s'il te plait. »

Je rallumai. « Mieux ? » Elle acquiesça et se blottit davantage dans les couvertures.

« Bonne nuit, Sam. »

« Jack ? »

« Oui ? »

« Peux-tu vérifier l'armoire pour les monstres ? »

C'était une chose tellement grotesque pour quelqu'un d'aussi courageux que Carter de demander cela que je souris alors que je faisais une grande mise en scène en ouvrant l'armoire et vérifiait l'absence de monstre. Je vérifiai même sous le lit avant qu'elle ne le demande. « Mieux ? » Elle acquiesça encore une fois et je me dirigeai vers la porte.

« Jack ? »

J'essayai de ne pas montrer mon irritation dans ma voix, car je ne voulais pas lui faire de la peine – ça ne servirait qu'à prolonger le rituel. « Oui ? »

« Je n'ai pas eu de bisou de bonne nuit et je ne peux pas dormir sans un bisou. »

Je m'avançai consciencieusement et embrassai son front. « Bonne nuit, Sam. »

« Jack ? »

« Oui ? » Je continuai de me rappeler combien j'allais m'amuser à torturer Carter sur son comportement quand elle aurait grandi.

« N'oublie pas de laisser la porte ouverte. »

Je l'ouvris en grand. « Bonne nuit, Samantha. »

« Jack ? »

« Quoi ! » Je me sentis coupable de lui avoir parlé si brusquement, surtout quand je vis la façon dont elle se recroquevilla sous les couvertures.

« Bonne nuit, Jack. »

La colère s'évanouit instantanément et je lui souris. « Bonne nuit, ma chérie. »

« Jack ? »

« Bonne nuit, Sam. » Je me détournai et commençai à marcher, jurant que je n'allais plus écouter ses tactiques.

« Je t'aime. »

J'arrêtai net mes réflexions. Un sourire s'étala sur mon visage alors que je murmurai dans l'air « Je t'aime aussi, Carter. »