Chapitre 3

Nouvelle Rencontre & Mauvais présage


- Oh, excuse-moi, je t'ai bousculé ! Ça va ?

Le garçon se pencha et m'attrapa le coude, pour ensuite me relever aussi vite que j'eus à peine le temps de cligner des yeux. Sur mes pieds, je fus étourdi un petit moment, le temps que le sang me monte jusqu'au cerveau, puis je regardai l'inconnu qui avait toujours sa grande main autour de mon coude. Je me dandinai quelque peu et il toussota en reculant pour ainsi me lâcher, attendant toujours une réponse.

Mais je n'eus pas le temps de dire quoique ce soit, que ses yeux s'écarquillèrent et qu'un plus grand sourire fasse tirer ses lèvres. Je me sentis rougir car, et je ne pouvais pas le nier, il était très séduisant. Avec ses cheveux châtains clairs, sa peau bronzée et ses yeux bleus pâles. Sa carrure était énorme et je me sentais comme un petit oiseau à ses côtés.

- Tu es Sasuke Uchiwa, n'est-ce pas ?

Je fronçai les sourcils, regardant dans les yeux bleus du garçon. Mais même s'ils étaient bleus, ils étaient bien moins éclatants et claires que ceux de Naruto, qui, eux, étaient brillants et magnifique, comme l'océan. Lui, ça n'était qu'un bleu fade, presque gris. Je me raclai la gorge après l'avoir reluqué. J'étais surpris qu'il connaisse mon nom entier alors que moi, je ne l'avais jamais vu de ma vie.

- Euh… Oui, mais-…

- Je m'appelle Hiroyuki, m'indiqua-t-il en attrapant ma main pour la serrer délicatement. Mais appelle moi seulement Yuki.

- O.K., Yuki, soupirai-je.

- Alors ? Sourit-il. Où allais-tu comme ça, à la course folle ?

- Euh… Nulle part.

- Tu fuyais quelque chose ?

- Hein ?

Mes joues se remirent à chauffer. Il parlait si bien, avec un langage soigné, et une voix suave. On aurait dit qu'il me draguait, avec ce sourire en coin, ce petit rictus. Je baissai la tête, essayai de remettre de l'ordre dans mes idées. Mais… Pourquoi courrais-je, déjà ? J'avais oublié, nom de Dieu, ce gars me perturbait trop ! Puis, avec son uniforme propre et repassé, on aurait dit un élève parfait, un fils à papa, sortit tout froid de la plus grande école privée de tout le Japon.

Mon cerveau reprit ses fonctions et je lançai un mensonge d'une voix aussi décontractée que possible :

- Je devais aller au petit coin, voilà tout.

- J'ai du mal à te croire.

Je fronçai les sourcils et fis les gros yeux. Non mais je rêve ? Pour qui se prenait-il, celui-là ?

Je serrai les poings.

- Excuse-moi ?

- Hey, du calme, ricana-t-il, toujours de cette attitude si calme que j'en fus jaloux.

Moi, je tremblais comme si j'étais sur le point de tomber dans les pommes.

Il s'appuya sur le mur, tout en me regardant, ne me lâchant pas d'une nano seconde. Les mains dans les poches, il poursuivit, fixant ma bouche, et mes rougissements ne se calmaient pas.

- Tu étais à l'entraînement de basket avec Ino, pas vrai ?

- O-Oui, bon d'accord. Et qu'est-ce que ça peut te faire que j'aille soulager ma vessie ?

Il sourit d'autant plus à mon attitude de rebelle et à mon embêtement. J'étais sur la défensive, et mes nerfs étaient à vif. Je ne savais pas pourquoi, mais il m'énervait déjà. Il était si parfait, si grand, si fort, si beau, si tout ! Il me mettait dans un état bizarre, et je ne voulais pas me l'avouer…

Je baissai la tête et regardai un moment mes pieds.

- Oui, tu as le droit, lâcha-t-il enfin. Mais pourquoi tant se précipiter ?

- P-Parce que, j-je ne veux pas manquer les premières minutes. Mon frère est sur le terrain, je lui ai promis de ne pas rater son entraînement.

- Vraiment ? S'étonna-t-il, pourtant pas étonné du tout, et je dirais même qu'encore une fois, ce bâtard ne me croyait pas !

Je grognai, les poings serrés encore plus, mes ongles s'enfonçant dans le creux de ma paume. J'avais l'impression que de la fumée s'échappait de mes oreilles, et si Dieu m'avait donné des biceps plus développés, je crois que je l'aurais déjà encastré dans le mur et que je serais déjà loin au bout du couloir.

Un petit rire s'éternisa dans sa gorge, et il ferma les yeux avant de se décoller du mur pour s'approcher un peu plus de moi. Paniqué, je reculai, mais il continua jusqu'à ce que ce soit moi qui sois collé à un mur. Heureusement, il n'approcha que pour prendre ma main dans la sienne, et non pas pour m'empêcher de respirer. Je rougis, encore un peu plus, quand il embrassa le dessus de ma main. Et, reprenant un peu mes esprits, je la retirai brusquement en lui faisant les gros yeux. Vous savez, les gros yeux de chaton enragé…

- Ça va pas ? M'écriai-je. Qu'est-ce que tu fais ! J-je ne suis pas une fille ! Et on est au 21ième siècle ! Ce genre de chose, ça ne se fait plus !

Je repris ma main et il me laissa un peu d'espace en reculant, et bien sûr en soupirant d'exaspération. Je me sentis un peu mal, de lui crier dessus, d'être désagréable mais je n'aimais pas sa façon de m'approcher. Mon cœur battait la chamade, pourquoi ?

À ce moment-là, il rouvrit des yeux brillants vers moi. J'eus un mouvement de recul. De la tendresse à l'état pur. De l'amour aussi. Mais… Attends… De l'amour !

- Je te connais plus que tu ne le pense, tu sais, murmura-t-il.

- Q-quoi ? Soufflai-je d'une voix aigue, et confuse.

Il regarda mon front, le dessus de ma tête, pour ensuite venir y poser sa main. Il caressa ma tempe et mes cheveux, puis remit ses yeux dans les miens. J'étais étourdi, je ne savais plus ce qu'il se passait. Des bouffées de chaleur énormes me submergeaient, encore heureux que je tienne debout.

- Ino m'a beaucoup parlé de toi.

- Tu connais Ino ? Ah ! Alors c'est toi le gars qu'elle veut qu-

- Qu'elle veut que quoi ?

- Qu'elle voulait que je rencontre.

- Oui, rigola-t-il tout bas, amusé par je ne savais quoi. Ino, c'est bien elle ça. Elle veut caser tout le monde.

- Je sais, lâchai-je.

Un petit silence s'écoula. Je ne savais pas quoi, mais quelque chose m'avait calmé. Je n'étais plus enragé. Je n'avais plus envie de le tuer. Je me sentis un peu stupide, et même ridicule, d'avoir réagit comme un enfant. Puis, après ce petit moment, je levai les yeux, vers les siens qui étaient si gentils. Aucune mauvaise intention n'était cachée au fond de ses iris, et puis après, il fallait bien que je sois prudent, non ? Avec des brutes comme Ricky, on ne savait pas à qui faire confiance.

Je me raclai la gorge.

- Hum. Tu pourrais… me laisser un peu d'espace ?

Il fit tomber ses yeux dans les miens, et s'arrêta dans son activité qui semblait si passionnante: me caresser les cheveux. Il se rendit alors compte que nous étions aussi proche que le serait un couple d'amoureux, chose que nous n'ÉTIONS PAS. Il sourit timidement, mais je dirais plus embarrassé que timidement. Je souris aussi, amusé de le voir enfin d'une autre façon que sûr de lui et confiant. Il se massa la nuque et reprit la parole.

- Désolé, je me suis laissé emporter par…

- Par ?

- Rien du tout.

- Yuki…

- Ouais ?

- D'où tu connais Ino ?

- Oh, elle est juste une amie à moi. Une amie d'enfance.

- Et qu'est-ce qu'elle t'a dit exactement ? S-Sur moi, je veux dire.

- Elle m'a dit que tu étais fragile.

- Quoi ? M'écriai-je de suite, frustré. C'est pas vrai !

Il me fit un petit sourire attendri. J'étais rouge de colère cette fois-ci. Le tigre en moi sortit ses griffes et je serrai les poings. Mais mon allure de chaton ne semblait pas lui faire quoique ce soit, puisqu'il ne bougea pas, qu'il resta là à me regarder avec ce sourire à la con.

Je grognai.

- Elle dit n'importe quoi, dis-je.

- Tu es fort dans ce cas ? se moqua-t-il.

- Évidemment ! J'ai fait des arts martiaux quand j'étais petit. Mon père m'entraînait lui-même.

- Génial, lâcha-t-il, impressionné. Mais… Sasuke. Elle n'a pas dit fragile dans le sens physique du terme.

- Hein ?

- Elle m'a parlé de ce qui s'était passé entre Uzumaki et toi.

Là, je fus désarmé et plaquer au mur violemment, dans le sens figuré bien sûr… Le choque fut si dur, que je grimaçai. Si inattendu que je fus sans voix un long moment, le souffle presque coupé.

Mais je me repris bien vite, la voix tremblante cela dit.

- Et pourquoi t'a-t-elle dit ça ? Ça ne te regarde pas, à ce que je sache.

- Parce qu'elle est inquiète pour toi.

- Il n'y a aucune raison de l'être, grognai-je en croisant mes bras sur mon torse.

- Vraiment ?

- Absolument.

- Tu as tracé une croix sur lui ?

- Oui.

- Je vois. Donc… Tu ne refuserais pas de sortir avec quelqu'un d'autre ?

- Quoi ?

- Ça te dirait ?

- Non ! M'écriai-je, révolté qu'il utilise mes faiblesses pour me draguer. Et puis, je suis pas…

- Pas prêt. Oui, je comprends parfaitement.

- Non, j'allais dire pas intéressé !

Il me regarda si longuement, que je dus admettre que le mot que j'avais en tête, n'était pas "intéressé", mais bien "prêt".

Je baissai la tête, les pensées mélangées. Étais-je réellement honnête avec moi-même ? Le temps d'y penser une minute, je réalisai que je ne l'étais pas. Ce garçon était gentil, mais la question n'était pas à savoir si j'étais prêt ou pas à voir quelqu'un d'autre. La question était la suivante: je n'en avais pas envie. Naruto était tout pour moi. Je ne voulais pas l'oublier, et encore moins le remplacer – car cette idée était plus douloureuse que n'importe quoi dans ce monde – mais j'étais peut-être trop orgueilleux pour m'avouer vaincu après seulement quelques mois.

Mais c'était ridicule non ? Juste pour une histoire que Sakura Haruno avait construite, juste pour un malentendu, juste pour ça. Cette fille voulait nous séparer, elle voulait me faire mal, elle voulait qu'on ne soit jamais ensemble. Puis je me rappelai de Noël, des excuses de Naruto. De son pardon qu'il me suppliait, de son baiser, de son corps près de moi. J'en fermai les yeux. Je m'étais senti si bien sous lui, protégé, proche de ses bras, de sa présence qui me rassurait. J'étais si bien avec lui, j'étais si bien…

Ce n'était pas de sa faute, tout bien réfléchi. Lui aussi avait été manipulé par cette garce. Il en avait peut-être plus souffert que moi si ça se trouve… Et moi, je n'avais pas le droit de le repousser, quand il se mettait à genoux devant moi. Peut-être que maintenant, il s'était écoulé assez de temps. Peut-être qu'il fallait que je reprenne ma vie en main. Peut-être que…

Peut-être que Naruto m'avait oublié avec son long voyage. Et s'il avait rencontré quelqu'un, là-bas ?

Avant de me mettre à paniquer, je levai les yeux vers Hiroyuki, croisai ses perles bleues. Non, décidément, ça n'était pas le même bleu. Pas le bleu dont j'étais amoureux.

- Désolé, il faut vraiment que j'y aille. J'ai été heureux de faire ta connaissance.

Puis je m'éclipsai en courant. Je ne savais même pas dans quelle direction que je m'enfuyais. Tout ce que je savais, c'était que je courrais. Dans les couloirs de mon école. Je courrais, peut-être pour échapper à la vérité que je connaissais pourtant très bien ?

- Sasuke ! Cria Yuki derrière moi. Attends !


Deidara était assis dehors sur une des nombreuses marches de l'escalier. Juste devant le bâtiment de l'école. Il n'avait pas envie de rentrer à la maison, surtout en sachant qu'IL était là. Pourquoi Naruto l'avait-il ramené d'Europe ? N'avait-il pas été assez clair en disant ne jamais vouloir le revoir ? Deidara baissa la tête, après avoir longuement regardé le ciel et le soleil qui brillait encore malgré qu'il soit 16 heures 34. Deux ans, s'était écoulée depuis cette histoire avec lui. Deux ans, c'était beaucoup de temps non ? Peut-être qu'il devrait faire la paix.

- Tss, c'est beaucoup de temps pour lui, mais pour moi c'est comme si c'était hier ! murmura Deidara pour lui-même.

- De qui est-ce que tu parles ?

Surpris, il se retourna sur l'escalier, et vit Sasuke qui descendait les marches lentement.

- Je croyais que tu allais assister à l'entraînement avec ma cousine, dit-il.

Sasuke ne fit qu'hausser les épaules en venant s'asseoir près de lui. Le silence s'étala autour d'eux, alors que Deidara regardait Sasuke, ce dernier ramenait ses genoux contre son torse pour les entourer de ses bras, fixant le sentier de cerisiers droit devant eux.

Deidara fronça les sourcils, alors qu'un petit vent souffla sur eux, faisant relever leurs mèches blondes et noires.

- Ça va, Sasuke ?

- Hm.

- T'es un peu rouge, constata le blond en touchant la joue de son ami de ses doigts froid.

Sasuke sursauta.

- Argh ! Et toi t'es glacé !

Deidara poussa un petit rire.

- Désolé.

- C'est parce que j'ai couru, répondit Sasuke à la précédente question.

- Ah… Et tu n'as pas répondu à l'autre question.

- Toi non plus, Dei.

- Laquelle ? s'étonna le blondinet.

- Je t'ai demandé à qui tu parlais.

- Oh…

Deidara retourna admirer le paysage qui s'offrait à eux et, qu'il ne pouvait nier, était magnifique. Le campus de l'école était une immense plaine verte, parfaitement verte, avec des fleurs poussant ici et là. C'était sans parler du sentier des cerisiers, bordé de cerisiers de chaque côté. À cette saison, tout était rose, et vert, tout était vivant. Deidara regarda un moment ce semblant de paradis, à travers ses perles aquatiques, puis soupira.

- À personne.

- Pourquoi tu restes là ? Demanda ensuite Sasuke. Tu rentres pas chez toi ?

- J'ai pas envie.

- Ah bon ? Tu vas dormir ici sur cet escalier ?

Sasuke poussa un petit rire et rigola doucement, silencieusement, jusqu'à ce que Deidara soupire.

- Si tu veux tout savoir, commença-t-il et Sasuke se tu pour l'écouter. Mon frère a ramené quelqu'un de l'Europe. Et j'ai pas du tout envie de rentrer sachant qu'il sera sous le même toit que moi jusqu'à je ne sais quand…

- Quoi ? S'étrangla Sasuke. Ton frère a ramené quelqu'un ? Qui ?

Deidara tourna la tête pour regarder Sasuke, et en voyant l'air paniqué et attristé en même temps, de son ami, il soupira.

- Ce n'est pas ce que tu penses, Sasuke, dit doucement le blondinet d'une voix rassurante. Mon frère est toujours seul !

- A-Alors, qui a-t-il ramené ? Un cousin ?

Le ton amusé de Sasuke rassura Deidara, qui lui croyait que son ami était toujours souffrant. Sasuke rigola de son propre humour et Deidara se laissa emporter avec lui, ils rigolèrent un petit moment.

- Non, pas un cousin, s'esclaffa Deidara. Juste… Un beau frère.

- Ah ?

- Oui, mon ex. Tu te souviens, je t'ai parlé de lui ?

- Oui, ah, celui-là ?

- Ouais. Je t'ai dit que je vivais en Europe chez ma mère avant. C'est là-bas que je l'ai rencontré, et là-bas aussi qu'il m'a brisé le cœur ce con !

- Et Naruto l'a ramené ?

- Il n'a sûrement rien pu faire pour le dissuader de revenir. Naruto sait que je ne veux plus rien savoir de lui. C'est qu'il est très idiot ce crétin, et même si Naruto le menace de mort il reviendrait quand même si tel est ce qu'il veut.

- Je vois… Et il loge chez toi ?

- Hm…

- Quel culot.

- Je ne pourrais aussi bien dire !

Sasuke esquissa un petit sourire, tandis que Deidara poussa un long soupire.

- Mais… Deidara ?

- Hm ?

- Qu'est-ce qu'il t'a fait exactement ?

- Du mal.

- Oui, je sais… Mais…

Un nouveau silence. Sasuke se mordit les lèvres. Deidara semblait en souffrir énormément, et il ne savait pas si, demander directement, serait la meilleure façon de savoir. Peut-être que le blondinet n'avait aucune envie de le lui faire savoir, ou d'en parler tout simplement. Il demeura silencieux, jusqu'à ce qu'une idée lui passe par la tête.

- Dis, Dei…

- Oui ?

- Et si tu venais dormir chez moi ?

Deidara tourna instinctivement la tête vers lui. De ses grands yeux bleus, il dévisagea Sasuke, plein d'espoir et de bonheur. Sasuke lui rendit son regard tendre, puis sourit maladroitement, alors que ses cheveux noirs dansaient joyeusement au gré du vent autour de son visage blanc. Deidara sourit à Sasuke, qui était, à ses yeux, un ange tombé du ciel.

- Tu ferais ça ?

- Oui, bien sûr !

- Oh… T'es trop… Génial !

- C'est normal Dei. Toi et moi on est pareille au fond.

Sasuke détourna le regard pour aller observer le ciel bleu, cependant quelque peu nuageux ici et là. Deidara continua de regarder le visage de Sasuke qui respirait la sérénité.

- Sasuke… ?

- Quoi ? fit ce dernier en replongeant dans son regard.

- Moi aussi je veux prendre soin de toi.

Sasuke fut surpris, se perdant longuement dans les yeux de son ami. Deidara lui souriait de la même façon que lui; maladroitement et peu confiant. Comme si le ciel allait leur tomber sur la tête à tous les deux. Car oui, ils avaient peur de se blesser de nouveau, mais en même temps, la vie n'attendait plus qu'eux pour redevenir belle. Sasuke baissa la tête après quelques secondes.

- Je veux bien… que ce soir, on s'occupe l'un de l'autre.

- D'accord ! accepta Deidara, tout sourire.

Sasuke lui rendit son sourire.

- Alors… On rentre ?

- Okay !

Deidara bondit sur ses pieds et descendit les dernières marches en sautillant comme un enfant. Sasuke descendit rapidement également, et le rejoignit en sautant les deux dernières. Atterrissant ainsi sur ses pieds, il fit un énorme sourire à son ami. Un sourire qui dévoilait pour la première fois à Deidara, deux rangées de dents.

- Tu n'avais jamais sourit comme ça, affirma Deidara en regardant son ami avec admiration.

Sasuke haussa les épaules, incapable d'arrêter de sourire.

- Je n'avais jamais eut d'amis comme toi.


4 mai, 15h42

Dans le parc, assis sur une table et sur le point d'exploser.

J'ai l'impression de revivre cette scène. Moi, assis sur une table, à écrire dans mon journal. Moi, à attendre ce même garçon que je m'étais pourtant promis d'oublier. C'est drôle comme le temps peut arranger les choses. C'est drôle comme on peut oublier les promesses qu'on se fait, les paroles qu'on lance en l'air. Je ne sais pas combien de temps j'attendrai, combien de temps j'aurais envie d'attendre. Les cours sont terminés depuis 12 minutes. J'ai fait du plus vite que j'ai pu, car je voulais arriver en premier, me laisser le temps de me préparer mentalement. Drôle de coïncidence, depuis son retour, je ne l'avais pas encore croisé une seule fois, ou sinon hier, à l'entraînement, je l'avais entraperçu, du coin de l'œil, avant de m'enfuir…

Je regardai mon poignet, l'heure qui continuait d'avancer, quand…

- Salut Sasuke !

Je relevai la tête.

- Yuki ? M'écriai-je.

- Ça roule aujourd'hui ?

- Euh… Oui. Mais, c'était pas toi, j'espère ?

- Moi quoi ?

- La lettre dans mon casier ! Lançai-je en me levant, déjà énervé de sa présence.

- Non, je ne t'ai pas mit de lettre dans ton casier. Tu voulais que je le fasse ? Tu sais, en te regardant, je suis déjà inspiré.

- Rah ! Va-t'en !

Il soupira avant de prendre ma main, de mêler ses doigts aux miens, puis de me sourire gentiment.

- Désolé, de jouer les séducteurs, ça doit être irritant.

- Oh que oui !

- Je suis juste maladroit avec les mots. Je ne sais pas comment m'exprimer.

- T'exprimer ?

- Oui. Je voudrais sortir avec toi.

- J'ai dit non, hier.

- S'il te plaît. Juste un rendez-vous dans ce cas, et tu décideras après. Tu peux pas dire non alors que tu ne me connais pas.

Il ne me laissa pas le temps de répondre, qu'il se pencha et…m'EMBRASSA !

J'ouvris de grands yeux, incrédules. Non, il n'avait quand même pas osé ! Je fus pris de panique, mais il mit sa main sur ma taille et se décolla juste pour murmurer entre mes lèvres:

- Calme-toi, tu verras comme c'est bon.

Mes yeux ressemblaient sans doute à des soucoupes en ce moment. Mais je ne restais pas longtemps sous le choque, bien qu'étant toujours choqué, je le repoussai.

- Tu es fou ! J'ai dit non !

- Tu n'avais jamais embrassé avant ?

- C-Ce n'est pas la question, balbutiai-je en repensant à mon tout premier baiser.

- Je peux t'apprendre plus de chose que ça, continua-t-il et mes joues devinrent cramoisis.

- Ça ne m'intéresse pas.

- Quoi ? Tu préfères retourner voir Uzumaki ? Ce salaud qui t'a brisé le cœur ?

- Ne l'insulte pas !

- Je dis juste la vérité.

C'en fut trop, je le giflai. Ce fut tellement bon, de sentir sa joue claquer sous ma main, que je me surpris à sourire, suivi d'un rire sortant de ma bouche.

- T'as eut ce que tu méritais, me défendis-je quand il s'apprêtait à relever la tête vers moi.

Et alors que je m'attendais à ce qu'il se fâche, qu'il me rende mon acte ou qu'il me fasse du mal – j'avais encore Ricky en tête, et la stupide idée que tous les garçons du lycée que je ne connaissais pas soient comme lui –, il ne fit que soupirer doucement, capitula.

- Je suis désolé, murmura-t-il. Je n'aurais pas dû dire ça.

Je ne dis rien, fronçant les sourcils. Un coup de vent fit tourner plusieurs pages de mon journal et Yuki baissa la tête vers celui-ci, curieux par le bruit que c'eut fait.

Je le regardai. Bien qu'il m'énerve, il semblait sincère quand il continua:

- Je n'ai juste pas aimé qu'il t'ait fait souffrir.

- Quoi ?

- Vois-tu, Sasuke, c'est que… Moi je suis amoureux de toi.

- HEIN ? Mais on ne se connait pas !

- Moi, je te connais.

Devant mon air ahuri, il soupira, puis tenta de s'expliquer.

- Ino m'a tellement parlé de toi que j'en suis venu à te connaître. Et quand je t'ai vu hier, ça été le coup de foudre.

- Mais…

- Cet Uzumaki, je le hais, ajouta-t-il en venant caresser ma joue.

Je fermai mes yeux sous la caresse, malgré moi, agréable.

- Si moi j'avais eut la chance qu'Uzumaki a eut, je ne l'aurais pas bousillé.

Je rouvris les yeux.

- Arrêtes de dire du mal de lui ! M'énervai-je.

Mais sa main sur ma joue me calme et je soupirai, tremblant.

Et, là, je crus que mon cœur s'arrêterait de battre d'un seul coup: à l'entrée du parc, à quelque mètre de là, Naruto nous regardait avec de grands yeux. Il portait un habit noir propre, comme s'il allait à une soirée chique. Dans ses mains, un bouquet de fleurs brillait de toutes ses couleurs. Mon cœur… Mon cœur s'arrêta brusquement, alors que ma main vint enlever celle de Yuki de sur ma joue. Mais trop tard, Naruto était partit en courant.

Et moi j'avais envie d'hurler.