[Apprendre à aimer l'ennemi]
Chapitre 14 : Un autre ami
Date de publication : 7 février 2016
Note de l'auteur : Bonjour !
Tout d'abord désolée du retard. Merci pour vos lectures et vos retour, ça me fait vraiment plaisir. J'espère que ce chapitre vous plaira.
Bonne lecture !
POV Drago :
Si elle pense qu'elle peut m'avoir comme ça… Je vois bien que son sourire est horriblement forcé. Comment peut-elle penser à sourire ? Elle n'a pas conscience que cette balade nocturne aurait pu tourner au désastre si elle était tombée entre les mains d'un groupe de Serpentard. Dans cette maison lorsqu'on s'ennuie, notre passe-temps favori est de nous battre avec les lions. J'imagine que cette caractéristique est commune aux deux maisons. C'est bien la seule chose que nous ayons en commun avec les rouges et ors d'ailleurs. Il n'empêche qu'Hermione devrait être davantage prudente. Seule contre un groupe de Serpentard, elle n'aurait pas fait le poids, aussi intelligente et douée soit elle. En outre, une bande de vert et argent aurait été ravie de lui tomber dessus, étant donné ce qu'il s'est passé en cours. La nouvelle a fait le tour de l'école en un temps record et en a déplu plus d'un chez les serpents. Il faut dire que l'amitié Gryffondor/Serpentard n'a jamais été acceptée. Je suis à deux doigts d'être banni de ma propre maison mais le respect qu'inspire encore le nom de Malefoy empêche mon rejet définitif. Evidemment, j'avais conscience des risques que j'encourais mais je ne pensais pas qu'il était possible de se faire repousser par l'intégralité des Serpentard.
J'aide Hermione à se relever. Elle trébuche et manque de tomber. Je la rattrape in extremis et elle me gratifie d'un regard reconnaissant. Je fronce les sourcils. Ne sait-elle plus tenir sur ces jambes ?
- Hermione, es-tu bien sûr que tu n'as rien ?
Elle me répond qu'elle a simplement perdu l'équilibre. Comme si j'allais la croire. Elle ne sait pas mentir. Je la raccompagne au dortoir. Je la questionne sur son état mais elle s'était plongée dans un silence buté. Malgré tout, une question perdurait. Pourquoi diable s'était-elle retrouvée si tard, effondrée au sol, pâle comme la mort, à proximité des quartiers des serpents ? Je me triturai les méninges durant toute la durée du trajet entre les cachots et notre appartement du septième étage. Au moment où j'y pénétrai, une pensée s'imposa à moi. Elle avait été attaquée par des membres de ma maison. J'avais été tellement idiot ! Tellement égoïste ! Si j'avais pensé aux conséquences pour moi, je n'avais nullement réfléchi à ce qu'il en serait pour Hermione. J'inspirai brusquement, furieux contre elle d'avoir été aussi imprudente mais surtout contre moi-même. Je m'étais à peine soucié de la vengeance des Serpentard à son encontre. Elle s'était faite attaquée par ma seule faute et j'allais découvrir qui était son agresseur, foi de Drago Malefoy.
POV Externe :
Seule, en sang, entourée d'ennemis sans visages, elle savait qu'elle ne s'en sortirait pas cette fois. Elle s'était bien trop jouée de la Mort par le passé et elle le payait aujourd'hui. Elle allait mourir, abandonnée de tous, dans les couloirs sans vie de l'école qu'elle chérissait plus que tout. Survivre… C'était devenu une sorte de mantra pour elle, seulement maintenant, c'était trop tard. Elle revoyait ces corps que la vie avait abandonnés. Pourquoi n'avait-elle pas pu mourir avec eux ? Elle avait dû voir s'éteindre ses amis un par un jusqu'au dernier. Cette souffrance était finie désormais. Elle allait pouvoir rejoindre ceux qu'elle aimait. Elle écarta lentement les bras, se préparant à subir une fin lente et douloureuse. Elle ne connaissait que trop bien ses adversaire pour savoir qu'ils ne lui feraient pas l'honneur d'une mort rapide et indolore…
Encore ce rêve… Hermione grogna et se retourna dans son sommeil. Elle savait très bien de quelle manière il se terminait, mais ne parvenait jamais à se réveiller avant la douloureuse échéance. Seulement cette fois, le cauchemar se modifia.
Elle se préparait à subir le plus terrible des sortilèges quand un de ses ennemi sans nom et sans visage avança. Il retira son masque et laissa apparaître son vrai visage au grand jour. Astoria Greengrass lui faisait face, sa baguette à la main. Elle la brandit et susurra « Sectumsempra ». Hermione sentit ses lèvres se déchirer, se découper, se lacérer. Elle ouvrit ce qu'il lui restait de sa bouche et hurla comme elle n'avait jamais hurlé auparavant. Astoria sourit en la voyant souffrir ainsi. Un sourire dépourvu de la moindre étincelle de vie. Elle s'approcha d'elle.
- Drago est à moi… A MOI, siffla-t-elle.
Hermione frissonna en sentant sa langue contre son oreille. Une langue de serpent. Astoria leva une nouvelle fois sa baguette et répéta son sort. Le corps d'Hermione fut lacéré de cicatrices d'où son sang coulait abondamment. La Gryffondor savait qu'il était trop tard pour soigner ses blessures qui, trop profondes, lui seraient fatales. Elle ne tenta pas de lutter, se laissant mourir sous le regard victorieux d'Astoria.
Hermione se réveilla en sursaut. Son cauchemar avait été si saisissant de réalisme qu'elle se sentait malade. Incapable de se retenir plus longtemps, elle se précipita dans la salle de bains et vomit toutes ses tripes. Encore tremblante de la toute récente vision de sa mort, elle se rinça la bouche et s'inspecta sous toutes les coutures afin de, chose complètement absurde, vérifier si elle ne présentait aucune cicatrices. Rassurée par son inspection, elle décida qu'il serait bon de prendre une douche pour se délasser.
De son côté, Drago n'avait pratiquement pas fermé l'œil de la nuit. Il était complètement obsédé par cette histoire et poussait son cerveau au maximum de ses capacités afin de trouver qui, au sein de sa maison, était susceptible d'attaquer Hermione. Tous en étaient capables, certes, mais qui avait réellement une bonne raison ? Il était absolument inutile de songer à en parler à sa colocataire. Butée comme elle l'était, elle ne cracherait le morceau pour rien au monde surtout si son agresseur l'avait menacée. Toujours plongé dans ses pensées, il se rendit dans la Grande Salle prendre son petit déjeuner.
Hermione attendait patiemment le professeur Chourave devant les serres lorsque des rires lui parvinrent. Quand elle les entendit, elle se tendit imperceptiblement. « Calme-toi Hermione, calme-toi, s'intima-t-elle. Elle ne va tout de même pas t'agresser au beau milieu du parc. » En effet, le groupe de Serpentard dont Astoria faisait partie s'approchait d'elle. « Merlin pitié qu'elle ne fasse aucune allusion à hier, supplia-t-elle. » Ses prières furent apparemment exaucées car la vipère ne lui servit que les insultes habituelles. « C'est drôle, se dit ironiquement la Gryffondor. Je suis censée être une courageuse héroïne de guerre et me voilà tremblante de peur face à une adolescente en proie à une folie amoureuse. »
Le professeur de Botanique arriva enfin, s'excusant de son retard. Elle avait dû emmener un petit de première année à l'infirmerie car il s'était malencontreusement piqué avec les épines de la Tentacula Vénéneuse. En entrant dans la serre, Hermione évita consciencieusement de se retrouver à proximité de Drago, afin de ne pas s'attirer encore plus les foudres de sa prétendue promise. Elle évita également cette dernière de son mieux. Résultat, la Botanique étant une classe commune aux quatre Maisons, elle fut en binôme avec Anthony Goldstein, le seul garçon redoublant de Serdaigle.
- Tu ne t'installes pas à côté de ton petit copain aujourd'hui ? Dit-il pour engager la conversation lorsque le professeur Chourave les laissèrent se débrouiller par paire.
- Mon petit copain ? Excuse-moi mais je ne vois pas de qui tu parles, répondit-elle distraitement en surveillant la sournoise plante dont ils devaient s'occuper.
- Drago Malefoy, qui d'autre ? S'exclama-t-il en riant.
- Drago ? Nous ne sommes pas ensemble, expliqua-t-elle perplexe.
Hermione était si étonnée qu'elle lâcha du regard la plante sur laquelle Anthony et elle devaient veiller. Celle-ci profita de la négligence de la jeune femme pour l'attaquer. Elle lui envoya une rafale d'épines vénéneuses dans le dos. Voyant venir le danger, le Serdaigle ceintura Hermione et la poussa sur le côté.
- Merci, balbutia-t-elle en se dégageant doucement des bras du redoublant qui la tenaient toujours.
- Alors dis-moi, si Malefoy n'est pas ton petit ami, qui est-ce ? Reprit-il en se passant la main dans les cheveux, comme si rien ne s'était passé.
- Je n'en ai pas, avoua-t-elle. Pourquoi cette question ? Ajouta-t-elle en fronçant les sourcils.
- Il y a une sortie à Pré-au-Lard très bientôt, commença-t-il d'un air faussement désinvolte, et je me demandais si tu voulais bien, disons… M'y accompagner ? Acheva-t-il, affreusement gêné.
Hermione considéra silencieusement sa proposition. Certes, ils n'étaient pas en couple mais après tout, cela lui ferait du bien. Elle avait horriblement besoin de prendre du recul par rapport à Ron et l'oublier.
- D'accord Anthony, je serais très heureuse de venir avec toi à Pré-au-Lard, accepta-t-elle, souriante.
Note de fin : Voilà, j'espère que ça vous a plu.
A bientôt !
