Contexte :
Correctrice : luna904
Chapitre 14 : Départ de Privet Drive
Harry s'assit brutalement sur son lit en dépliant la Gazette du sorcier quelques jours plus tard :
Le ministère infiltré par Vous-Savez-Qui !
Selon nos sources au ministère, cette nouvelle affaire a débuté voilà deux jours au ministère. L'auror Shacklebolt en arrivant à son bureau aurait trouvé une pile de dossiers qui n'y était pas la veille au soir, ainsi qu'une note lui enjoignant de vérifier la présence de Pius Thicknesse, le directeur de notre Département de la Justice, dans on bureau.
Les aurors présents auraient alors découvert dans le bureau du directeur Pius Thicknesse stupefixié, ainsi que Yaxley, mangemort notoire évadé d'Azkaban, également stupefixié mais souffrant de plus de diverses blessures nécessitant son transfert à Sainte-Mangouste. Le directeur, réanimé, n'aurait pu donner aucune information aux aurors sur les circonstances de sa stupefixion. Il se serait montré en revanche très surpris de la présence de Yaxley dans son bureau, mais nos sources indiquent que Yaxley serait en fait le nouvel assistant de Thicknesse depuis quelques semaines et qu'il aurait pu agir grâce à une utilisation constante de POLYNECTAR !
Les aurors se refusent actuellement au moindre commentaire, de même que Pius Thicknesse et Rufus Scrimgeour.
Cependant, devant une nouvelle d'une telle ampleur, je ne pouvais les imiter, mes chers lecteurs et rester muette. Vous avez le droit de savoir ce qui se passe actuellement au ministère et je pose donc ouvertement cette question au ministre :
Monsieur le ministre, quand accepterez-vous de venir vous expliquer sur l'infiltration du Ministère par les hommes de Vous-Savez-Qui ?
Votre fidèle et dévouée journaliste
Rita Skeeter
Il regrettait maintenant d'avoir refusé les visites que lui proposaient Remus : il aurait pu ainsi se renseigner sur ce que son ancien professeur aurait pu glaner comme nouvelles. L'Ordre devait avoir des informations bien plus intéressant à fournir que ce que cette maudite journaliste avait dit.
Et si elle n'avait pas dit la vérité ?
Et si le ministère avait vraiment été infiltré par Voldemort ?
A chaque fois qu'il y pensait, le cœur d'Harry se serrait à cette pensée. Non, bien sûr, jamais il ne s'abaisserait à faire ce que lui demandait Scrimgeour, mais il n'était pas suffisamment stupide pour ne pas avoir compris qu'un ministère contre Voldemort était tout de même nettement plus sécurisant pour lui qu'un ministère dirigé de plus ou moins loin par Lui !
Le soir même, il sursauta en entendant la porte d'entrée s'ouvrir brutalement. Il se saisit de sa baguette et s'accroupit derrière son lit, baguette pointée vers la porte. Il entendit quelques éclats de voix puis un pas pesant monter l'escalier. La porte de sa chambre s'ouvrit brutalement et la silhouette massive de son oncle s'encadra dans la porte. Il souffla bruyamment :
- Garçon ! Descend immédiatement ! Des monstres de ton genre t'attendent en bas !
Harry sentit sa respiration s'accélérer : qui s'était déplacé en bas pour lui ?
- Pourquoi t'ont-ils fait monter, oncle Vernon ? Demanda-t-il tout de même.
- Qu'est-ce que j'en sais, moi ? Eructa Vernon. Descends, et plus vite que ça ! Et dis-leur de débarrasser le plancher le plus vite possible !
Harry fut surpris de voir le nombre de personne qui campait actuellement dans le salon des Dursley : Bill Weasley et sa fiancée Fleur, Hermione et Ron, Fred et Georges, Tonks, Kingsley Shacklebolt, Maugrey, Remus qui lui fit un léger sourire et Mondigus Fletcher. Il jeta un regard noir à ce dernier étant donné le vol dont il s'était rendu coupable, mais ensuite, il salua tout le monde. Il fut bien entendu longuement étreint par Ron et Hermione, peut-être un peu plus longtemps encore que d'habitude, et fut bien étonné de constater qu'Hermione était au bord des larmes lorsqu'ils se séparèrent.
- Que se passe-t-il ? Demanda-t-il d'une voix inquiète non sans s'apercevoir que sa tante et son cousin étaient recroquevillés à l'autre bout du salon.
- Tu vas quitter cette maison ce soir, grogna Maugrey. Et, selon toute vraisemblance, les barrières de protection vont tomber dès l'instant où tu vas t'en éloigner.
- Mais … pourquoi ? Ce n'est pas encore mon anniversaire !
- Non, mais tu ne comptes plus revenir ici ensuite, n'est-ce pas ? Alors à partir du moment où tu ne considèreras plus cette maison comme la tienne, les protections tomberont !
Harry hocha simplement la tête. Cette partie là au moins était claire.
- Ceci étant, et bien que nous ayons pris beaucoup de précautions, les événements des derniers jours au ministère nous ont conduit à prendre des mesures de sécurité supplémentaires. Il est évident que les mangemorts ont du avoir connaissance la zone géographique où tu te trouves, et donc doivent patrouiller dans l'espoir d'arriver à t'enlever lorsque tu partiras d'ici. Donc …
- Mais ils ont du vous voir arriver alors ? Coupa Harry.
- Nous avons tous transplané dans le jardin, c'est trop proche pour qu'ils nous aient vus, rétorqua Maugrey un peu agacé de son intervention. Donc, nous allons nous passer de portoloin, de transplanage et évidemment du réseau de cheminette pour partir d'ici. Non, nous allons utiliser ce que tu connais le mieux : le balai ! Mais comme nous n'allons pas y passer la nuit, Bill, récupérez ses affaires, et les autres, mettez-vous devant moi.
Harry regarda Ron, Fred, Georges et Tonks se placer devant l'ancien auror avec un soupçon d'inquiétude inexpliqué au ventre.
- Il m'en manque un, grogna Maugrey.
Remus mit alors une grande bourrade dans le dos de Mondingus qui protesta :
- Hey ! Pourquoi ce serait moi ?
- Parce que je pourrais mieux te surveiller, rétorqua promptement l'ancien auror. Bon, Harry, donne-moi quelques uns de tes cheveux.
Et là, Harry sut pourquoi il sentait l'anxiété monter en lui.
- Non ! Protesta-t-il. Je ne peux laisser personne …
- Prendre des risques à ta place ? Coupa brutalement Maugrey. Cette décision, ils ne t'ont pas attendue pour la prendre en venant ici. Ils savaient tous ce qu'ils allaient faire et …
- Non ! Grommela Mondingus. Moi, je ne voulais pas …
- C'est bien la moindre des choses que tu le fasses, coupa brutalement Remus. Car je te rappelle que tu dois beaucoup d'autres choses à Harry …
Mondingus déglutit péniblement sous le regard noir de Remus et referma sa bouche.
- Je disais donc qu'ils savaient ce qu'ils allaient faire et ils se sont tous portés volontaires. Mais maintenant, si tu veux que je t'arrache tous tes cheveux d'un coup d'un simple accio, tu le dis mon garçon …
- Mais, pourquoi devraient-ils prendre tant de risques ? Protesta encore Harry.
- Parce que, si les mangemorts sont là, s'ils sont en face de six Harry qui partent dans six directions différentes, ils devront se diviser, ce qui permettra de nous défendre plus aisément !
- Mais, si je pars, les protections tombent, et que vont faire les Dursley face aux mangemorts ?
Harry vit du coin de l'œil l'expression assez triomphante d'Hermione qui semblait avoir prévu cette réaction de sa part. L'œil magique de Maugrey roula d'exaspération dans son orbite, mais il répondit néanmoins :
- Juste avant de partir, nous allons les coller à un portoloin en direction du ministère où ils sont attendus. Crois-moi, ils ne pourront pas s'en défaire du voyage !
L'oncle Vernon s'était tu jusque là, bien qu'il eut ouvert plusieurs fois la bouche, mais là, il ne put se retenir :
- Le ministère ? Quel ministère ? Eructa-t-il. Et qu'est-ce que c'est que cette histoire de porto ?
Harry pouffa : clairement son oncle avait autant de mal avec les noms typiquement sorciers que Ron avait les noms moldus ! Le regard menaçant de Maugrey fit se ratatiner son oncle sur place et couiner de peur Dudley qui avait, une fois de plus, trouvé refuge derrière sa mère. L'auror eut une grimace qui déforma encore plus son visage et dit froidement :
- Remarque, c'est une bonne idée. On va s'en débarrasser tout de suite !
Il sortit un vieux mouchoir élimé de sa poche, et murmura :
- Portus !
La lumière bleue habituelle entoura le mouchoir avant qu'il ne reprenne son aspect habituel. D'instinct, les trois Dursley avaient fait un pas en arrière. Maugrey leur montra le mouchoir de sa baguette et ils reculèrent encore d'un pas.
- Ca suffit ! Tonna Maugrey. Votre neveu est déjà bien suffisamment gentil de penser à vous, mais je ne vous laisserai pas mettre sa vie en danger par vos atermoiements ! Vous venez attraper ce portoloin MAIN-TE-NANT !
Comme hypnotisés par ces paroles, ou peut-être l'œil magique de Maugrey, et éventuellement le mouvement saccadé de sa baguette dans leur direction, les trois Dursley s'approchèrent avec beaucoup de réticences de l'ancien auror. Et, avant qu'il n'ait eut le temps de terminer leur mouvement, Maugrey avait bondit, accroché leurs trois mains au mouchoir, lancé un sort de glu sur l'objet et les trois Dursley disparurent dans un grand hurlement.
- Bien, une chose de réglée dit l'auror avec satisfaction. Maintenant, à nous deux mon garçon, vas-tu finir par me donner cette mèche, oui ou non ?
Harry soupira, mais s'arracha quelques cheveux dans les secondes qui suivirent. Maugrey les prit avidement avant de sortir de sa poche, avec précaution, six fioles qui contenaient actuellement un liquide boueux.
Dès que Maugrey eut mis une mèche dans chacune des fioles, le liquide se mit à bouillonner, puis devins bleu clair en s'apaisant. Harry regarda Ron examiner la fiole avec un certain amusement. Il est vrai que le polynectar avec son cheveu semblait nettement plus agréable à boire que celui terminé avec les cheveux de Crabbe ou de Goyle !
- Bon, soupira Ron, au moins celui là n'a pas l'air d'être trop mauvais !
- Celui-là ? Releva Kingsley. Auriez-vous déjà eu l'occasion de boire du polynectar, Ronald Weasley ?
- Moi ? Euh … Non … Bien sûr que non … Mais pour une fois qu'une potion est claire … Il faut en profiter n'est-ce pas ? Balbutia Ron.
Remus sourit légèrement devant le peu de talent du meilleur ami d'Harry pour le mensonge. Ainsi donc, il avait déjà bu du polynectar, et du bien moins appétissant que celui d'Harry. Il serait intéressant de tirer les vers du nez d'Harry un peu plus tard … Oh, Merlin ! Ils avaient du le faire sous le nez de Severus ... Ce serait un régal d'asticoter l'ancien serpentard avec ça ! Mais seulement une fois que tout irait bien pour tout le monde, évidemment …
Avec un sourire goguenard, Fred prit sa fiole, la leva bien haut et lança :
- Maintenant, vous allez pouvoir admirer le véritable Harry sur un balai !
- Tu parles, Fred ! Tu ne m'arrives même pas à la cheville ! Rétorqua Georges juste après avoir englouti sa propre fiole. C'est après moi que les mangemorts viendront si ahhhhh …
Il s'était plié en deux sous la douleur, de même que les cinq autres. Harry entendait Ron pester entre deux cris, mais il ne pouvait qu'assister, impuissant, à leur transformation.
Quelques instants plus tard, cinq Harry lui faisaient face, dont trois vêtus de vêtements trop grands. Maugrey sortit alors de sa poche une besace à qui il rendit sa taille normale et jeta :
- Bon cherchez tous vos affaires là-dedans, et n'oubliez pas les lunettes ! Bill, tu as les affaires d'Harry ?
- Je les ai, répondit ce dernier en pointant sa baguette derrière lui.
Harry ne s'était pas aperçu que l'aîné des frères Weasley, obéissant à Maugrey, s'était absenté pendant la transformation des autres : à présent, sa propre malle le suivait, ainsi qu'Hedwige enfermée dans sa cage et son éclair de feu.
- Parfait, grimaça Maugrey. Maintenant, passons aux équipes. Mondingus, tu viens avec moi, Hermione et Ron, vous restez ensemble. Fleur et Bill, vous vous mettez avec Fred et Georges, Remus tu vas avec Tonks …
- Non, coupa simplement Remus. Je vais avec Harry.
- Mais, commença Maugrey avant d'être à nouveau coupé par Remus.
- Je n'ai pas pu empêcher qu'il doive vivre ici pendant près de seize ans, je resterai avec lui pour son dernier départ de cette maison.
- Je vais avec Kingsley de toute façon, intervint l'un des Harry avec une voix dure.
Harry fit une petite moue en constatant qu'aucun de ses cinq jumeaux ne faisait grand cas d'exposer ainsi presque toute son anatomie aux regards des autres. Ils auraient pu avoir un peu plus de pudeur, non ? Et il rougit franchement en croisant le regard tout à la fois appréciateur et amusé de Remus. Ah non ! L'ami de son père était casé, non ? Et pas avec lui pour autant qu'il s'en rappelle ! Alors qu'il arrête de lorgner son propre corps ainsi !
Finalement, quelques minutes après, Harry se retrouva plus vite qu'il ne l'aurait voulu sur son balai, avec Remus fermement accroché d'une main à sa taille tandis qu'il tenait sa baguette de l'autre. Il vit Maugrey ouvrir la cage d'Hedwige et cette dernière s'envola rapidement dans la nuit.
- Sors ta baguette, dit simplement Remus.
- Je croyais qu'il n'y avait aucun risque, protesta Harry.
- Si c'est le cas, tu l'auras juste sortie pour rien et tu pourras la ranger dans deux minutes. Tu guides le balai de ta main habituelle, et tu gardes ta baguette dans l'autre.
- Mais jamais je n'utilise ma baguette de la main gauche !
- Il y a un début à tout. Tu dois te concentrer sur le vol, moi sur le reste.
- Tout le monde est prêt ? Beugla Maugrey. Alors, que chacun prenne sa direction et, DECOLLAGE !
Harry sentit sa gorge se serrer en décollant rapidement et il s'obligea à obéir lorsque Remus cria derrière lui :
- Prends la direction de l'est, toi, Harry ! Monte au plus vite !
En cinq secondes, ils étaient déjà très haut dans le ciel lorsqu'Harry vit littéralement les barrières magiques s'effondrer sous ses yeux. Désormais, il n'était plus protégé des mangemorts. Une seconde plus tard, Remus hurlait :
- Esquive ! Esquive !
Lorsqu'il vit un jet de lumière rouge se diriger droit sur eux, ses réflexes d'attrapeur le firent réagir immédiatement : il plongea pour esquiver avant de remonter en chandelle presque aussi vite. Il sentit la poigne de Remus se renforcer sur son ventre, et vit les premiers sorts partir de sa baguette à côté de lui. Il n'avait pas le temps de compter les capes noires qui volaient autour d'eux, il ne pouvait qu'éviter les différents traits lumineux qui convergeaient vers lui.
- Plein est, Harry, plein est, hurla à nouveau Remus.
Comme si c'était facile d'aller plein est alors qu'il fallait sans cesse éviter les sortilèges ! Et puis, de toute façon, à cette altitude et vu ce qu'il avait déjà du effectuer comme virages, il n'avait plus aucune notion de la direction qu'il prenait !
Il n'eut qu'une fraction de seconde pour donner le léger coup de poignet nécessaire pour éviter le rayon vert qui fonçait vers lui et soupira intérieurement de soulagement lorsqu'il sentit que la poigne de Remus restait ferme sur son ventre.
- Accélère, hurla Remus.
- Je fais ce que je peux !
Il était drôle, lui ! Comme si c'était facile d'accélérer tout en évitant tous les sorts qui fusaient ! Deux tonneaux après, il avait mal au ventre tellement la poigne de Remus était serrée contre lui. Il l'entendit tout à coup hoqueter :
- Mais c'est qui celui-là derrière ?
Harry prit une seconde pour jeter un œil et s'aperçut qu'une silhouette les suivait avec application, tout en lançant des sorts sur les mangemorts qui étaient autour. Mais il ne perdit pas de temps à se poser des questions, il fallait voler, vite.
- Mais on va où ? Finit-il par hurler à l'attention de Remus.
- Tais-toi ! Hurla ce dernier en retour.
Harry ne comprit pas la raison de cette rebuffade jusqu'à ce qu'un mangemort hurle non loin de lui :
- C'est lui ! C'est le vrai !
Et Harry le vit distinctement appuyer sa baguette sur son bras pour appeler son maître. Il ne termina pas son geste car la silhouette qui les suivait le stupefixia, mais le mal était fait, Harry sentit tout à coup sa cicatrice le brûler. Voldemort était en route.
Il serra les dents pour tenter d'oblitérer la douleur et fit encore accélérer son éclair de feu. Malheureusement, ils étaient deux sur son balai et il ne pouvait atteindre sa vitesse maximale. Il continuait à voler dans la direction que Remus lui indiquait, sans avoir aucune idée de la distance qu'ils avaient déjà parcourue. Les mangemorts qui étaient avec eux ne cessaient de les bombarder de sorts, obligeant Harry virer sans cesse, et effectuer des manœuvres hasardeuses avec un passager. Il lui semblait que Remus n'était pas maladroit avec sa baguette, mais que chaque mangemort qui tombait était presque aussitôt remplacé.
Son cœur se glaça lorsqu'il vit tout à coup un tourbillon de fumée apparaître non loin de lui alors que sa cicatrice le faisait presque hurler de douleur.
Voldemort avait répondu à l'appel de son mangemort et était présent en personne.
- Va où tu veux, mais fonce, hurla Remus un ton peu trop haut.
Harry ne changea pas de trajectoire, trop hébété par ce qu'il voyait. Tous les mangemorts étaient sur des balais, mais Voldemort ne l'était pas. Il semblait flotter dans les airs, comme si le léger nuage de fumée sous ses pieds le soutenait. Il réagit cependant en le voyant lever sa baguette : il plongea.
A la verticale ou presque, il descendait.
Il sentit Remus refermer son deuxième bras autour de son ventre : il avait intérêt à l'allure où ils descendaient. Il n'eut conscience d'être passé au-dessus des nuages à un moment quelconque qu'au moment où il fut entouré de coton blanc. Il continua à descendre pendant plusieurs secondes, traversant ainsi la couche nuageuse, jusqu'à ce qu'une idée le traverse : quel imbécile il faisait ! Il avait là un léger avantage avec les nuages et qu'est-ce qu'il faisait ? Il traversait toute la couche de nuages pour se retrouver sans protection !
Il tira de toutes ses forces sur le manche de son balai pour le redresser. Le poids de Remus ne l'aidait pas, mais il finit par revenir à l'horizontal. Il ne s'arrêta pas là et continua à cabrer le balai pour remonter le plus vite possible. Il ne prit pas la peine de répondre à Remus qui lui demandait ce qu'il faisait, et bientôt ce dernier eut besoin de toutes ses forces pour rester accroché à Harry. Il surprit plusieurs mangemorts par sa manœuvre et ils se croisèrent sans que les autres n'aient le temps de lever leur baguette vers eux. En quelques secondes, Harry retrouva la couche de nuages qui devenait protectrice.
- Par où il faut aller maintenant ? Hurla-t-il pour couvrir le bruit du vent.
Il fallut plusieurs secondes à Remus pour lui répondre par un haletant :
- Si tu arrêtes un peu de trop bouger le balai, je pourrais peut-être lancer un Quatre-Points !
Sans lui répondre, Harry stabilisa le balai à l'horizontal et il sentit immédiatement Remus détacher son bras droit de lui. Une seconde plus tard, il lui criait dans l'oreille :
- Demi-tour, on est dans le mauvais sens !
- Remus ! Tu te souviens qui est derrière nous ?
- Monte dans la couche de nuages, puis fais demi-tour ! Avec un peu de chance, on leur passera au-dessus sans qu'ils s'en aperçoivent !
- Et si on n'a pas de chance, hurla Harry tout en s'exécutant quand même.
- Je m'accrocherai à nouveau et tu plongeras : ils n'ont pas vraiment réussi à suivre la première fois ! Non mieux ! Je vais nous coller l'un à l'autre pour être sûr de rester sur ce maudit balai !
Harry sentit immédiatement Remus se coller à lui et il en tira un certain sentiment d'inconfort. Remus dut le sentir car il lui cria à l'oreille :
- Je suis obligé Harry, car je ne suis pas sûr que mes bras survivent à une deuxième remontée comme la précédente !
Harry avait maintenant fait demi-tour et son balai traversait la couche de nuage à pleine puissance. Il restait à l'affût du moindre mouvement inhabituel dans les nuages : ses six ans d'entraînements au Quidditch par tous temps à Poudlard lui serviraient une fois encore. Dès qu'il entrevit un éclair rouge dans une trouée, il n'hésita pas : il plongea à nouveau, ce qui provoqua un léger cri de surprise de Remus. Mais à sa grande surprise, il ne dit rien. Quelques minutes plus tard, Harry grimaça : ils sortaient des nuages, ils n'avaient plus de protection.
- Pour l'instant, il n'y a personne, cria Remus. Descend maintenant pour qu'on sache jusqu'où tu nous as traîné ! Et ainsi qu'on ait une idée de la direction à prendre !
- Traîné, traîné, tu en as de bonnes toi ! Et on va où ? S'enquit à nouveau Harry.
- Au Terrier !
- Et les autres aussi ?
- Non, les autres ont d'autres points d'atterrissages. Ils transplaneront ensuite là-bas pour ceux qui en ont besoin !
- Mais qu'est-ce que tu fais à te retourner sans cesse, Remus ? Finit par demander Harry.
- J'ai une impression bizarre … Comme si quelqu'un nous suivait mais je ne vois rien ! Mais pour l'instant, tant que je ne vois rien, continue jusqu'à ce que je m'y repère !
Ils étaient descendus assez bas pour que Remus tente de se repérer lorsqu'il hurla soudain :
- On y est presque ! C'est Loutry Ste Chaspoule en dessous ! Va à droite !
Harry obéit sans hésiter et, alors qu'il n'avait rien vu de loin, tout à coup le Terrier apparut devant lui.
- On y est, souffla Remus dans son dos. On est protégés maintenant ! Atterri ! Molly doit être dans tous ses états.
Lucius se permit le luxe de souffler un grand coup lorsqu'il vit le balai d'Harry disparaître. Pour la première fois depuis vingt ans son cœur battait tant la chamade qu'il avait l'impression qu'il allait sortir de sa poitrine. Son instinct veela ne l'avait pas trahi et il avait suivi son compagnon et non ses pâles copies.
Mais il ne s'attarda pas, il atterrit rapidement et transplana à la Tanière. Il ouvrit brutalement la porte et cria :
- Vous êtes rentrés ?
- Evidemment, rétorqua Severus froidement en apparaissant à la porte du salon. Mais qu'est-ce que tu as fait pendant tout ce temps ?
- Harry s'est trahi en demandant sa destination, donc il a eu le droit d'accueillir Voldemort ainsi que tous les autres, gronda Lucius. Après, il a entamé une partie de cache-cache avec eux dans les nuages et il les a battu à plate couture ! Personne n'a réussi à suivre son éclair de feu !
- Et toi, tu y es arrivé ? Demanda Severus sarcastique.
- J'ai eu de la chance, avoua Lucius. Il est passé à moins de cinq mètres de moi quand il a été obligé de faire demi-tour, mais s'il n'avait pas été mon compagnon, je n'aurai rien senti …
- Il est où ? Demanda âprement Severus.
- Au Terrier. Finirais-tu par t'inquiéter pour lui ? Demanda Lucius ironiquement.
- S'il était ailleurs, c'est toi qui t'inquiéterais pour lui, cracha Severus en retour. Je n'ai pas envie que tu te ronges les sangs pour ce gosse !
Drago soupira dans son coin. C'était reparti pour un tour ! Son père et Severus ne pouvaient passer une journée, non, une demi-journée sans se disputer à propos de Potter ! Et il soupira encore plus lorsqu'il imagina le regard noir de son père devant le nom de famille qu'il avait prononcé intérieurement … Oui, bon, son père faisait l'effort d'appeler Remus par son prénom, mais enfin, il n'avait pas non plus passé six pleines années à se détester cordialement ! Néanmoins, ils avaient beau se disputer sans cesse son sujet, il remarquait également qu'ils avaient tous les deux admis l'idée que Potter soit leur compagnon également. Et il admirait particulièrement la façon dont son père masquait son inquiétude quant au rejet possible de son compagnon qui mettrait en péril sa propre existence. Il se contentait d'agir en veela soucieux du bien-être de son compagnon, et particulièrement vigilant quant à sa sécurité. Il voulait lui aussi le faire pour Remus alors …
- Pourquoi m'as-tu empêcher d'aller avec toi, papa ? Finit-il par demander assez accusateur alors que les deux hommes reprenaient leur respiration.
Lucius se retourna immédiatement vers son fils. Il s'approcha à grands pas de lui et le prit fermement par les épaules :
- Je sais que je t'ai demandé beaucoup, Drago. Mais si tu étais resté avec moi, ils auraient su immédiatement qu'il s'agissait du vrai Harry. Voldemort s'est déjà précipité à la poursuite de Maugrey, d'autant plus vite que Severus semblait le garder. Au moins en suivant Shacklebolt, tu attirais plus de mangemorts sur un auror, et peut-être deux si jamais ta cousine Nymphadora était le Harry qui était avec lui. Je suis désolé Drago, mais il fallait équilibrer les forces. Ta magie n'est pas faite pour le combat, contrairement à la mienne. Tu devais pouvoir faire de ton mieux, auprès d'un auror, je devais suivre Harry et Remus, combattre les mangemorts. Même si je savais que ça te déchirerai de ne pouvoir être au moins quelques minutes auprès de ton compagnon.
Drago se dégagea d'un brusque mouvement d'épaule de l'étreinte de son père en le fixant assez méchamment. Il affronta son regard sans ciller pour la première fois de sa vie. Il voulait être près de son compagnon et son père ne se mettrait pas deux fois en travers de son chemin ! Le visage de Lucius se durcit tandis qu'il contemplait le visage colérique de son fils. Severus sentit la tension monter dans la pièce en un clin d'œil et il se précipita à côté des deux veelas.
- Arrêtez avant même de commencer, dit-il froidement. Vous avez tous les deux raison et vous le savez. Lucius, tu ne dois plus oublier que ton fils est autant veela que toi, et tu ne tolérerai pas toi-même qu'on t'écarte de moi aussi brutalement que tu l'as fait pour Remus et lui. Drago, de ton côté, il faut que tu comprennes que ce que ton père a fait a certainement contribué à ce que Remus et Harry soit maintenant cachés au Terrier et bien vivants.
Il s'attira deux regards aussi furieux l'un que l'autre mais il refusa de céder. Lucius finit par dire entre ses dents :
- Drago, va dans ta chambre.
Ce dernier hésita mais finit par tourner les talons pour rejoindre sa chambre non sans claquer violemment la porte. Ce vacarme fit bondir Lucius qui aurait certainement déboulé dans la chambre de son fils pour lui rappeler certaines bonnes manières s'il n'avait pas été arrêté par une main de fer sur son bras :
- Laisse-le, dit fermement Severus.
- Je croyais que tu ne souhaitais pas te mêler de notre relation filiale ? Rétorqua Lucius.
- L'héritage de Drago et la découverte de son compagnon a entraîné un élément en plus. Tu dois faire la distinction entre ton fils et le veela. Tu sais très bien que tu ne peux pas te mettre comme tu l'as fait entre ton fils veela et son compagnon sans en subir les conséquences. Tu as, nous avons même, déjà bien eu de la chance qu'il t'obéisse sur le coup et qu'il ne suive pas son compagnon pour le protéger.
- Et je lui devrais des excuses bientôt, peut-être ? Siffla Lucius.
- Non, mais tu n'en exigeras pas non plus de sa part demain matin. Mets-toi deux secondes à sa place, Lucius. Dans quel état serais-tu si tu avais dû aller soi-disant protéger deux personnes dont tu te fiches éperdument, alors que Harry ou moi avions été sous les sorts des mangemorts ? Imagines ça en toi deux secondes, et tu pourras comprendre ce que tu as fait vivre à Drago ce soir.
Leurs deux regards s'affrontèrent un long moment avant que Lucius ne grimace franchement. Severus reprit plus doucement :
- Il n'est plus le même qu'il y a un an, Lucius. Mais c'est à toi de t'y faire, plus qu'à lui. Il ne cherche pas à contester ton autorité, il veut juste affirmer ses droits de veela.
- Je sais, soupira Lucius, mais j'imagine qu'il m'a manqué une année pour m'adapter. Et en plus, j'ai peur pour lui vu son peu de potentiel dans une bataille.
- Remus a été l'enseignant qui lui a le mieux réussi sur ce plan, dès qu'il l'aura accepté, je suis certain qu'il pourra le pousser au meilleur de lui-même. Même si ça ne sera jamais extraordinaire.
- Tu n'as pas réussi à lui apprendre, toi, l'année dernière ?
- Au cas où tu ne l'aies pas remarqué, Drago était occupé à tout autre chose que ses cours l'année dernière, rétorqua Severus sarcastique. Et en plus, Remus a l'air d'avoir le don pour enseigner cette matière. Je sais qu'il était très populaire l'année où il a enseigné, pour une très bonne raison : il arrivait à passionner ses élèves pour sa matière, même les plus faibles.
- Ce que tu as un peu plus de mal à faire ? Souligna Lucius.
- Je ne pouvais pas me permettre ce type d'enseignement avec le masque que je devais porter. Mais je sais ce que je tenterai de changer pour mieux motiver et intéresser les élèves. Bon, maintenant que ton précieux Harry est en sécurité, on passe à l'étape suivante ?
Lucius hocha simplement la tête. Il n'aimait pas la façon dont Severus parlait d'Harry, mais son compagnon avait déjà fait le petit pas de l'appeler par son prénom, et il avait parfaitement vu qu'il avait protégé le balai sur lequel Hermione Granger s'accrochait désespérément. Il n'avait pas le moindre doute : malgré ses sarcasmes, Severus avait protégé les deux meilleurs amis d'Harry avant tout. Il fallait maintenant attendre pour qu'il puisse les avoir tous les deux non loin de lui et ainsi laisser sa magie veela tisser tous les fils nécessaires entre eux trois.
Deux jours plus tard, Severus déambulait sur le Chemin de Traverse en compagnie de Lucius. Il avait radicalement changé de coupe de cheveux chez un coiffeur moldu : il avait soigneusement étudié les modèles avec le coiffeur et avait choisi la coupe qui permettrait de camoufler la nature ingrate de ses cheveux. Il était aussi vêtu de façon moldue, avec un jean noir, un polo blanc et un pull vert bouteille qui entourait ses épaules. Seule sa façon de marcher n'avait pas changée, mais après tout, il était loin d'être le seul à marcher à grandes enjambées sans vraiment regarder où il allait !
Lucius, de son côté, avait catégoriquement refusé de changer de coupe de cheveux : il avait tout juste admis de les couper aux épaules. En revanche, il avait du accepter la potion de teinture de Severus pour devenir châtain car sa couleur naturelle était bien trop connue en Angleterre. Il avait également soupiré en enfilant des affaires moldues, mais Severus et Drago avaient fini par le convaincre : il avait cependant énergiquement refusé le jean, et avait revêtu un pantalon de lin écru, ainsi qu'une légère chemisette verte. Drago avait seulement changé la couleur de ses cheveux pour prendre la même teinte que son père. Il avait ensuite suffit à Lucius d'appliquer le glamour qu'ils avaient testé à Poudlard sur eux trois pour pouvoir commencer à sortir à visage découvert.
Ils se faisaient ainsi connaître des commerçant : Steven Donson était accompagné de son fil Jack, ainsi que de son compagnon Andrew Prince. Et, lorsque, les mines avaient commencé à se pincer devant leur homosexualité affichée, Lucius avait habilement glissé son statut de veela dans l'oreille de Mme Guipure. Il savait qu'ainsi, la nouvelle ferait le tour de la communauté sorcière en un clin d'œil. Et les plus hautes instances ministérielles se presseraient bientôt à la porte de la maison de Londres qu'ils venaient de louer. Il fallait juste qu'ils évitent de se trahir en se massant machinalement leur bras gauche par intermittence car leurs marques les picotaient presque sans cesse.
