Chapitre 14 : Celle qui a rassemblé les Alliés.
- Tu l'as déjà retrouvée, c'est ça ? demanda Neville.
De violents crissements retentirent, Harry et Neville se retournèrent.
L'immeuble où habitaient Neville et Susan s'effondrait. Le terrible spectacle ne dura pas plus de cinq secondes.
- Où est Soazick ? demanda brutalement Neville.
- Elle ne veut pas revenir, avoua Harry. Je suis allé la chercher, mais elle m'a hurlé dessus en m'ordonnant de partir.
- Où est-elle, persista Neville.
- Elle travaille dans une supérette, dans un petit village de France, répondit Harry.
- Emmène-moi là-bas, ordonna Neville.
- Elle ne veut pas, dit Harry, désolé.
- Emmène-moi là-bas, répéta Neville.
Neville tendit son bras pour qu'Harry transplane avec lui.
Soudain Ron apparut aux côtés de Neville, qui garda les yeux rivés sur Harry.
- Neville, dit Ron accablé. Je suis désolé pour Susan…
- Merci Ron, dit Neville, sans le regarder.
Quelques secondes de silence passèrent, Ron regarda tour à tour Harry et Neville.
- Ron, dit enfin Harry. Lorsque tu vois Cramer, dis-lui que j'ai dû partir parce que j'étais épuisé. Il te croira sans poser de questions.
Neville et Harry ne se quittaient pas des yeux. Enfin Harry prit le bras de Neville.
- Où allez-vous ? demanda Ron.
- Chercher la troisième, répondit Neville.
Puis Harry et Neville transplanèrent
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Ils atterrirent au fond du parking de la supérette. On était samedi après-midi, le magasin allait bientôt fermer et le parking était en train de se vider. Des clients chargeaient leur coffre, d'autres repartaient péniblement de leur emplacement.
Harry entraîna Neville entre les rangées de voitures. Ils traversèrent la route et entrèrent dans la supérette. Aussitôt Harry se dirigea vers les caisses. Les deux caisses étaient en activité. La première était occupée par un homme qu'Harry n'avait jamais vu, et la seconde par la dénommée Cendrine. Harry se dirigea vers elle.
- Heu… Cendrine ? hésita Harry en s'adressant à la jeune Française. Où est Soazick ?
- Soazick ? interrogea Cendrine.
Cendrine parla en Français.
- Désolé, dit Harry, je n'ai pas compris.
Cendrine désigna la porte de service.
- Merci, dit Harry en se dirigeant vers la porte.
Neville le suivait toujours.
Harry ouvrit la porte, rapidement il trouva une autre collègue de Soazick.
- Melissa ? demanda Harry. Où est Soazick ?
Melissa parut surprise d'entendre Harry lui parler en anglais.
Elle prononça quelques mots et se stoppa devant l'air d'incompréhension d'Harry.
Elle désigna un petit entrepôt à l'autre bout du terrain goudronné.
Harry remercia Melissa avec un sourire. Et il avança vers l'entrepôt.
- Elle fait quoi dans cette supérette ? demanda Neville pendant qu'ils marchaient.
- Elle était caissière quand je suis venue la première fois, dit Harry.
- Soazick Robert ? Celle qui a rassemblé les Alliés ? Reconnue comme l'une des plus grandes sorcières de notre temps et elle est caissière dans un supermarché moldu ?dit Neville stupéfait. Le monde magique serait consterné d'apprendre ça.
- Sûrement, répondit Harry.
Ils arrivèrent devant la porte grande ouverte de l'entrepôt.
- Je t'avais dit de ne pas venir ! hurla Soazick en apparaissant.
- Tu as entendu parler de cette attaque dans la file d'attente de la tour Eiffel ? demanda Harry en criant plus fort que Soazick.
- Oui, répondit Soazick. Et j'ai bien compris que ce n'était pas l'œuvre de fanatiques de Gustave Eiffel, mais ce n'est pas mon problème. Aucune prophétie n'a été faite disant que je suis concernée, alors partez !
- Je me suis marié avec Susan, dit soudain Neville.
- Je suis contente pour toi, dit Soazick. Je me doutais bien qu'il se passait quelque chose entre vous deux, mais cela ne me concerne pas….
- Susan est morte, dit Neville.
Soazick se figea.
- Je suis désolée, dit-elle.
- Le Chemin de Traverse vient d'être dévasté continua Neville. C'est là qu'on habitait…
- Je ne veux pas… commença Soazick gênée.
- … j'étais en train de lire la Gazette, dit Neville sans écouter Soazick. Et puis j'ai senti les Forêts de Kodrulles comme si j'étais juste devant la porte, mais pas encore dedans. Et puis des cris ont commencé à retentir de l'extérieur. Susan était dans la chambre, elle triait sa garde robe, elle voulait ressortir ses pulls à l'approche du froid. Je suis allé la rejoindre lorsque l'appartement a été secoué une première fois, je suis tombé par terre. L'immeuble a tremblé plusieurs fois, avant que je parvienne à rejoindre la chambre. Lorsque j'ai ouvert la porte… le mur donnant sur le Chemin de Traverse avait été arraché, et Susan était étendue les bras en croix. Il y avait encore des sorts mortels qui atteignaient la chambre. Puis ça s'est calmé et Harry est arrivé.
- Pourquoi tu me racontes ça ? dit Soazick douloureusement.
- Parce que il va falloir que tu reviennes, dit Neville. Tu es peut-être la seule personne capable de trouver qui utilise la magie des Forêts de Kodrulles.
- Et comment tu veux que je fasse ça ? dit Soazick. Ça peut être n'importe qui à la surface du globe.
- Tu pourrais au moins vérifier si Voldemort est toujours vivant, dit Neville. Ça tu peux. Tu peux aussi voir quels sont les sorciers qui ont les capacités d'entrer dans les Forêts.
- Il faudrait que je sois face aux sorciers en question, dit Soazick. Mais ça, n'importe quel bon legilimens peut le faire. Je ne vous aiderais pas tant que ça…
- Si, coupa Harry.
- Je ne veux pas…
- Je t'en pris Soazick, dit Neville. Il ne faut pas que cela arrive à d'autres.
Soazick resta muette devant Neville.
- Elle était enceinte, dit brutalement Neville.
Un silence de plomb s'abattit après la déclaration de Neville.
- Quinze jours, dit Soazick. Si je n'arrive à rien pendant cette période tant pis je rentrerai.
- Merci, dirent Harry et Neville d'une voix.
- Je vais prendre un congé, dit Soazick. Je reviens.
Elle s'éloigna et revint quelques minutes plus tard.
- Où va-t-on ? demanda Soazick.
- Chez moi pour commencer, dit Harry.
Il prit le bras de Soazick, et tous les trois transplanèrent dans le hall d'entrée de la petite maison.
Ron, Hermione et Ginny regardaient Soazick les yeux ronds.
- Salut, dit Soazick intimidée.
Harry remarqua que les yeux de Ginny s'étaient légèrement plissés.
