Que l'aube jamais ne se lève
Il était très tard dans la soirée quand les quatre Originels eurent fini de mettre au point les derniers détails de leur plan et bouclé les préparatifs pour leur départ le lendemain pour Mystic Falls. Klaus monta se coucher lorsque, en passant sur le palier devant la chambre de Stefan adjacente à la sienne, il hésita un instant.
Il finit par pousser la porte. La pièce était plongée dans l'obscurité mais Klaus n'avait aucune peine à distinguer la forme étendue dans le lit. Stefan était couché sur le côté, enroulé sur lui-même, entortillé chaudement dans sa couette. Position qu'il adoptait de plus en plus fréquemment, probablement parce que c'était plus confortable pour son ventre.
Klaus s'assit sur le matelas et l'observa en silence. Stefan avait enfilé un t-shirt en coton blanc pour dormir et respirait paisiblement, la bouche entrouverte. Ses longs cils projetaient une ombre incurvée sur ses joues, adoucissant encore plus les traits juvéniles complètement détendus dans le sommeil.
Eternellement dix-sept ans ! Sourit-Klaus à lui-même en voyant le gros oreiller que Stefan serrait dans son bras pour dormir. Dans le calme de la nuit, il s'imprégna de la présence du dormeur, de son odeur. Dans quelques heures, il allait le quitter pour aller aux devants d'une bataille dont l'issue était inconnue, et la séparation imminente rongeait déjà l'Hybride.
Comme il aurait aimé pouvoir serrer son ancien amant dans ses bras et lui refaire l'amour jusqu'à épuisement ! Comme autrefois. Klaus soupira. Leur relation était loin d'être redevenue ce qu'elle était dans le passé.
Au revoir, mon amour. Se contenta-t-il alors de murmurer du bout des lèvres avant de se lever pour repartir vers la sortie.
« Klaus ? »
La voix de Stefan lui fit se retourner. Le jeune homme avait ouvert des yeux ensommeillés, les clignant dans l'obscurité pour distinguer la silhouette devant son lit.
Comme l'Hybride ne dit rien, il se redressa sur son coude en se frottant les yeux. « Qu'y-a-t-il, Klaus ? », demanda-t-il d'une voix pâteuse, encore abrutie de sommeil.
Klaus revint lentement sur ses pas. « Rien, je passais juste te voir … On part demain pour Mystic Falls … à l'aube ».
« Oh, déjà ! Vous avez décidé ça à l'instant ? ». Stefan s'assit lentement dans son lit et alluma la lampe à son chevet, luttant pour dissiper les brumes du sommeil.
« Oui. Plus tôt ce sera fait. Mieux ce sera ».
Stefan parut hésiter à dire quelque chose. Un bout de langue rose passa sur ses lèvres. « Je pourrais venir avec toi ? », finit-il par demander.
Klaus sembla un peu pris de court par sa question. « Je crains que ça ne soit pas très prudent, Stefan. Esther ne doit rien savoir du lien qui te lie à moi. Elle est … capable de tout ! Reste ici pour l'instant. Une fois que tout sera rentré dans l'ordre, je reviendrai te chercher … C'est promis ».
Le vampire n'insista pas, conscient de son inutilité dans la guerre qui se préparait. Néanmoins, il ne put ignorer le sentiment d'angoisse qui s'était insinué en lui. « C'est dangereux, n'est-ce pas, ce que vous allez faire là-bas ? ».
Klaus haussa les épaules avec désinvolture. « Nous sommes des guerriers à l'origine, Stefan. Le combat ne nous fait pas peur. Et tu oublies que je suis le Redoutable-l'Invincible-l'Indestructible-Hybride-Unique-au-monde ? ». Le sourire ironique de Klaus et ses yeux pétillants nuancèrent d'autodérision ses paroles arrogantes.
Stefan sourit aussi brièvement mais la touche d'humour de son interlocuteur n'avait pas réussi à le détourner du cours de ses pensées. Il remonta ses genoux sous la couverture et les frotta nerveusement de ses paumes à plat. « Est-ce que c'est vrai ? … Que c'est … pour moi que tu prends ces risques ? », demanda-t-il en fixant le vague devant lui.
« Qu'est-ce que tu veux que je te réponde, Stefan ? – répondit l'Hybride avec une douceur qu'on n'aurait pas soupçonné chez lui – Tu peux continuer à m'en vouloir si ça t'arrange, mais j'ai déjà fait l'erreur une fois. Je ne le referai pas cette fois ci. Je ne laisserai plus jamais rien ni personne se mettre en travers de nous deux. Et je prendrai tous les risques qui s'imposent si cela signifie que je pourrai t'offrir la vie que tu mérites ».
Stefan regarda Klaus intensément. L'écho de ces paroles ardentes résonnait dans son esprit, suscitant mille pensées. « Tu le pensais vraiment alors ? Je veux dire … ce que tu disais, à tes frères et sœur ».
« De quoi parles-tu exactement ? »
Stefan baissa la tête, s'intéressant soudain à tracer d'une main des motifs au hasard sur le drap. « Je veux parler … de … euh … tout ce discours comme quoi je ferai toujours partie de ta vie … »
« Ah. Oui. Je le pensais vraiment ». La poitrine de Klaus le serra un peu. Il scruta le visage de Stefan. Allait-il encore le rejeter ou lui reprocher de ne pas lui avoir demandé son avis avant ?
Ils n'avaient jamais vraiment parlé ensemble de ce que leur avenir pouvait être. Puisque Klaus bloquait encore sur ce deadline de l'accouchement où Stefan risquait de lui être enlevé, et que Stefan lui-même bloquait encore sur ses sentiments toujours verrouillés par l'hypnose derrière l'oubli.
Pendant que Klaus retenait son souffle, Stefan quant à lui respira un bon coup et hocha la tête sans rien dire, fuyant toujours le regard de l'hybride, comme s'il y réfléchissait. A la perspective d'être avec cet homme pour la vie, de faire partie de sa famille. Des Mikaelson ...
Cette idée l'interpela et il leva les yeux avec un petit sourire timide mêlé d'une pointe d'espièglerie. « Je ne suis pas obligé de porter ton nom, j'espère ! ». Alors que ces paroles lui échappèrent, leur signification le frappa soudain et Stefan eut tout d'un coup envie de disparaître sous ses draps.
Klaus laissa fuser un bref rire libératoire, faisant plisser son nez d'une drôle de manière. « Pourtant, Stefan Mikaelson, ça sonne pas mal du tout ! ».
Regagnant sa composition, il insista sur un ton faussement léger, masquant une émotion à fleur de peau qui faisait briller doucement ses yeux. « Ou alors, Stefan Salvatore-Mikaelson … ou Stefan Mikaelson-Salvatore … tu peux choisir ». Leurs noms composés sortaient de sa voix susurrée et chantante comme si Klaus voulait en tester leur mélodie à ses oreilles.
Stefan rit à son tour et détourna la tête sous le regard troublant de l'Hybride, cachant également ses sentiments et le rouge qui lui réchauffait les joues. « Oh ! C'est trop gentil à toi de me laisser le choix … ».
Puis il pensa à quelque chose et dit sérieusement. « En fait, je suis très reconnaissant envers tes frères et sœur de m'avoir accepté. Comme ça, notre bébé pourra avoir ses deux parents avec lui. Et il sera aussi entouré d'une grande famille et pas seul au monde … C'est juste que je … que j'ai … ».
« Oui ? … », Klaus s'assit finalement sur le lit, attendant simplement qu'il trouvât ses mots.
« J'ai peur de ne pas être à la hauteur … de ne pas … faire les choses comme il faut et les décevoir. Je ne suis qu'un ripper, Klaus ! Un vampire sans aucun contrôle … Qu'est-ce qu'ils vont penser de tout ça ? ».
Klaus grimaça intérieurement à la naïveté de son petit vampire. Si seulement tu savais !
« Tu n'as aucune idée à quel point ils sont ravis de t'avoir, Stefan. Tel que tu es – le coupa-t-il avec une expression chagrinée mi-figue mi-raisin sans entrer dans les détails – Mais, si tu veux un conseil, voilà …. Montre du respect à Elijah et il te fera bénéficier de son érudition. Eclate-toi avec Kol mais ignore-le s'il te taquine, car il peut être une vraie plaie quand il veut. Rebekah est aussi capricieuse qu'adorable. Juste fais très attention à ne jamais jamais la contredire de front. Et … euh … une dernière chose … ».
Klaus chercha un instant ses mots. « Tu es tellement jeune, Stefan, comparé à nous ! Il y a quelque chose qu'il faut vraiment que tu saisisses pour comprendre notre fonctionnement. Sache que, au bout d'un certain temps d'existence, il n'y a plus aucun tabou social ni principe moral qui tienne. Nous sommes au-dessus de tout cela, Stefan. Nous pouvons faire TOUT ce que nous voulons. Seul compte l'intérêt de la famille. Retiens ça comme de l'unique règle de conduite à observer pour un Mikaelson ».
Klaus soupira, soulagé de s'être débarrasser de la partie délicate de son discours. « Voilà, si tu fais bien comme je te dis, ça devrait bien se passer ».
Stefan fronça les sourcils, vaguement perplexe, mais Klaus ne lui laissa pas le temps de réfléchir. Déjà, il s'était levé. « Bon – fit il, un peu à regret – Rendors-toi. Je vais y aller… ».
« Attends … », la main de Stefan se referma sur l'avant-bras de Klaus, avant de le relâcher presque aussitôt, comme si le bref contact l'avait brûlé.
Klaus s'arrêta et attendit. Son bras fourmillait là où Stefan l'avait saisi. Le jeune vampire avait à nouveau baissé les yeux. Quelque chose le tracassait visiblement. Klaus ne résista plus à son envie de toucher son ancien amant. Il se rassit et lui prit le visage dans sa paume pour l'obliger à le regarder, caressant au passage sa joue. « Qu'y-a-t-il, Stefan ? »
Les yeux expressifs de Stefan miroitaient dans la faible lumière de la petite lampe, sa voix à peine un murmure lorsqu'il se résout à s'exprimer. « J'ai peur, Klaus. … J'ai peur … que tu ne reviennes pas ».
Cette brusque déclaration surprit Klaus. Pendant quelques secondes, il se figea. Puis, il prit les mains de Stefan dans les siennes et les pressa. « J'ai tout prévu, Stefan. J'ai pris mes dispositions au cas où … il se passerait un imprévu. Tu ne te retrouveras jamais seul et sans ressource … ».
Stefan secoua la tête et dégagea ses mains pour agripper le col de la veste de Klaus et le tirer vers lui, son front touchant presque celui de l'Hybride. Sa gorge était si nouée qu'il avait du mal à parler. « Tu ne comprends pas ! – dit-il enfin dans un souffle – Reviens-moi, c'est tout. J'ai … besoin de toi. Je ne veux pas te perdre ».
Pendant un moment, ils ne parlèrent plus. Leurs souffles se mêlèrent, leurs odeurs s'entremêlèrent, leurs respirations devinrent plus lourdes.
Une douce chaleur se répandit dans le cœur de l'Hybride. Emu aux larmes. Ainsi, Stefan tenait à lui ? Ce nouveau Stefan, qui avait tout oublié de leur amour, lui aurait enfin laissé reprendre sa place dans son cœur ?
Quelque chose était différente pourtant, dans la nouvelle relation qui s'était doucement construite entre eux, depuis le moment où il avait retrouvé Stefan. C'était un nouveau lien, fait d'élans spontanés du cœur, plus libre et naturel. En tout cas, non teinté par la noirceur de la première période de leur existence commune.
Car ce nouveau Stefan n'avait jamais connu le Klaus cruel et sadique de leur début, qui l'avait torturé et violé pour le soumettre dans une ignoble relation forcée. Certes, un véritable amour était né miraculeusement de ce départ effroyable et glauque. Parce que, malgré tout ce qu'il subissait, Stefan avait toujours su préserver en lui cette quintessence de pureté qui attirait Klaus comme un aimant, et qui avait finalement permis au jeune vampire d'atteindre le cœur de son tortionnaire.
Mais l'Hybride se demandait parfois s'il aurait pu avoir Stefan – et son cœur et son amour – si ce dernier n'avait pas été asservi de force ainsi par lui à leur commencement. Si tout n'avait pas été déclenché par un sordide syndrome de Stockholm !
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A cet instant précis, il n'avait presque plus envie de rendre à Stefan ses souvenirs. Il se délectait dans le bonheur que lui apportaient ces paroles du jeune vampire, se grisait de sa proximité, de son parfum, encore plus singulier et précieux depuis qu'il était devenu presque humain.
L'odeur de Stefan l'enivrait, le rendait complètement addictif. Des notes charnelles et poudrées aux premiers abords, avec, bien au fond, la persistante touche sensuelle et musquée, qui emplissant narines et gorge et remuait insidieusement son bas-ventre.
Les yeux du jeune vampire étaient rivés sur la bouche de Klaus. Puis, ses paupières se fermèrent et, avec un soupir aussi léger qu'une plume, ses lèvres s'entrouvrirent délicatement. Les effluves déjà capiteux qui se dégageaient de sa peau se chargèrent subtilement des arômes spécifiques au désir.
En quelques presque indétectables mais indéniables micro–manifestations, Stefan s'offrait à lui. Aussi clairement que s'il l'avait dit à voix haute. Alors qu'il se refusait à lui depuis des semaines – depuis qu'il savait qui était Klaus. Alors que l'Hybride désespérait, guettait en vain un signe que son ancien amour était encore là quelque part derrière ce regard réservé et rempli de reproche.
Alors Klaus n'en demandait pas plus. Il se pencha et prit les douces lèvres qui s'offraient dans les siennes. Il embrassa Stefan avec fougue et passion, mais sans agressivité, juste une immense tendresse, un intense soulagement d'être pardonné, de retrouver son amant, son amour, enfouissant ses doigts dans les cheveux denses et soyeux, souple comme du coton.
Et Stefan lui rendit son baiser. Il tâtonnait. Maladroitement, craintivement mais avec dévotion, il embrassait ces lèvres comme si c'était sa première fois, comme s'il découvrait ce qu'était que d'embrasser un homme. Embrasser Klaus.
La barbe courte de l'homme était râpeuse contre sa peau lisse et laissait surement des rougeurs. Sensation inédite, étrange. Mais ses lèvres étaient douces et pulpeuses, en dépit de leur fermeté sous-jacente qui lui rappelait la force qui pouvait les animer et les rendre autrement plus redoutables.
Stefan avait vaguement conscience de jouer avec le feu. Qui pouvait le brûler, le consumer. Mais il n'en avait rien à faire. Et plus il suçait et léchait ces lèvres, plus son envie se faisait urgente et plus il devenait hardi. Il se serra contre l'hybride, passant ses bras autour de son dos. Comme s'il désespérait d'atteindre encore plus de sensation. Avoir plus de ce corps qui l'envoûtait de plus en plus, l'étourdissait de sensations dévorantes.
Il pouvait sentir Klaus se tendre sous son baiser. Des frissons légers parcourraient son corps sec et vigoureux par à coup. Comme un arc tendu à l'extrême, ne demandant qu'à se lâcher. La respiration du puissant Hybride avait changé de rythme. Lourde et saccadée. Il soufflait fort.
Klaus se retenait à cet instant et laissa le jeune vampire s'aventurer de sa propre initiative. Jusqu'à ce que l'ardeur de Stefan le fît craquer. Il interrompit le baiser, arrachant un gémissement de frustration au jeune homme. Ils étaient à bout de souffle tous les deux. Ils étaient en feu.
Stefan avait les paupières mi-closes, une expression hagarde sur le visage, perdu dans son désir, les joues rosies de chaleur. Ses lèvres ouvertes étaient rouges et gonflées, brillantes de salive. La vision excita violemment l'Originel, son sexe tressaillit, douloureusement tendu.
Klaus attrapa Stefan à la gorge pour relever sa tête. Le cou tendre et palpitant dans sa main se déploya sans aucune résistance. Ses yeux brûlants plongèrent dans regard voilés du garçon. Il reconnaissait ce regard. Celui de son amant d'autrefois qui lui disaient sans ambiguïté aucune : Je suis à toi.
Klaus tremblait pour garder son contrôle. Dans le passé, il avait déjà forcé Stefan et le dévaster pratiquement de l'intérieur. Il avait déjà fait l'amour des nuits durant à ce même vampire qui subissait sans broncher ses plus violents assauts. Mais ce Stefan quasi-humain qui abritait dans son ventre leur enfant en gestation c'était complètement autre chose.
Stefan était devenu cassable. Ce corps fragilisé, qui se marquait trop aisément désormais, qu'il pouvait blesser, déchirer, briser au moindre effort, l'intimidait. Et, en même temps, cette vulnérabilité nouvelle attisait ses plus basses pulsions qui ne demandaient qu'à se déchaîner. La pensée de revoir ces blessures d'amour sur le corps de Stefan, le marquer comme sien, l'obsédait.
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Stefan perdit patience devant l'inaction de Klaus qu'il ne comprenait pas. Tout à ses envies, il attira la tête de l'Hybride vers lui pour l'embrasser à nouveau.
« Montre-moi comment on faisait … Nik … montre-moi comment tu m'aimais … » murmura-t-il de sa voix de velours entre deux baisers en gardant une main sur la nuque de l'Hybride pendant que son autre main tâtonnait à l'aveuglette vers la boucle de ceinture de ce dernier.
« Stop, Stefan … - grinça Klaus entre deux halètements – … Je vais … te faire … mal … ».
« Non … tu ne me feras pas mal … s'il te plaît … », supplia Stefan doucement, « … demain, tu seras parti ! ».
Klaus jura entre ses dents. Devant ce regard-là, entre soumission et désir, et cette voix rauque, cette odeur obsédante, il ne contrôlait plus rien. Il fondit sur le jeune garçon devant lui, empoigna ses cheveux pour reprendre ses lèvres.
Le geste brutal arracha une faible plainte à Stefan vite étouffée lorsque Klaus le bâillonna en engouffrant sa langue dans sa bouche. Le vampire, qui était si entreprenant il y avait un instant subissait le retour de flamme de son partenaire qui ne lui laissait plus aucune initiative et guidait le jeu selon ses propres envies.
Klaus réclama à nouveau sien le corps de Stefan. Ses mains retirèrent rapidement le mince t-shirt et palpèrent son torse de la manière la plus possessive qui soit. Il fit glisser le vampire sur son dos en travers du lit. Ses mains agrippèrent les flancs immobilisant le corps lorsque Klaus se pencha sur un sein exposé et le prit avidement dans sa bouche. Entre mordillements et succions, il malmena le petit bouton. Stefan haleta, plus de douleur que de plaisir tellement cette partie de lui était devenue hypersensible avec la grossesse. Klaus mordit pour de bon dans la chair autour, ignorant le petit cri étouffé provoqué. Les traces de ses dents humaines autour du mamelon rougi et gonflé attisèrent en lui une sombre satisfaction et en rajoutèrent à son excitation.
Il acheva de mettre Stefan à nu, lui retirant le souple pantalon, le sous-vêtement, jusqu'à le découvrir en entier. Blancheur d'albâtre et peau immaculée. Ce corps infiniment masculin et viril qui se féminisait au niveau du doux arrondi du ventre le rendait fou et l'émouvait en même temps.
Et Klaus s'appropria à nouveau ce corps parfait. De toutes les manières possibles. Ses dents marquèrent leur territoire dans la chair vulnérable et tremblante. A l'épaule, au cou, sur une hanche, à l'intérieur des cuisses … Ses doigts, sa langue s'introduisirent, indécents, dans les endroits les plus intimes de Stefan, dans toutes les orifices de son corps qu'ils pouvaient atteindre.
Puis, quelque part, au milieu des plaintes étouffées de Stefan, de ses gémissements, de ses râles sourds entrecoupés de sanglots, dans la manière dont son corps s'abandonnait docilement et impudiquement sous les caresses expertes de Klaus, vibrant et frémissant de plaisir sous ses mains, Klaus retrouva son amour d'autrefois.
Et toute la tendresse et la profonde connexion auxquelles leur relation avait accédé un jour ré-affluèrent en son esprit et guidèrent ses gestes. Et la force de ses sentiments était telle qu'elle permit à Klaus de se tempérer et d'épargner son amant de ses excès légendaires.
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Stefan ne gémissait plus, il criait. Il hurlait le nom de Klaus. De Nik. Il retrouvait enfin ces sensations que son corps réclamait depuis des mois, dont l'absence avait entraîné un manque cruel, et qu'il avait plus ou moins inconsciemment essayé de remplacer en des tentatives désespérées. Tentatives qui ne l'avaient mené qu'à encore plus de déception et de frustration.
Et il ne s'était jamais senti aussi complet et aussi vivant que lorsque l'Hybride était en lui et l'emplissait de tout son être. Lorsqu'il le prenait et le possédait de toutes les manières possibles. Son corps et son esprit s'épanouissaient dans cette plénitude retrouvé. Et le vide abyssal qui le tuait à petit feu des mois durant s'évanouissait cette fois-ci définitivement.
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Klaus pressa dans sa main la gorge tendre de Stefan. Sous ses doigts, les palpitations du sang circulant dans la jugulaire déclenchèrent une envie insupportable. Autour de son sexe, palpitant aussi dans l'intérieur étroit et brûlant de Stefan, des pulsations et spasmes des muscles internes de son amant l'amenèrent aux limites de ses sens.
D'une main, l'Hybride souleva par sa nuque la gorge du vampire qu'il attira vers sa bouche. Au moment où il pénétra la peau fine de ses canines acérées, Klaus éjacula longuement à l'intérieur de son amant, s'accrochant convulsivement à son corps souple pendant les soubresauts, pendant qu'il aspirait le sang délicieux à pleine gorgée, et que Stefan se consumait dans son propre orgasme et se mourrait doucement entre ses bras.
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Stefan était couché sur le côté, pressé contre le corps immobile de Klaus qui se remettait de son orgasme, les yeux fermés. Sa tête reposait sur la poitrine de son amant et il y déposait de temps en temps de tendres baisers langoureux.
La main de Klaus caressait paresseusement son dos, descendant et remontant inlassablement le long de sa colonne vertébrale.
« La prochaine fois, je veux être au-dessus », lâcha Stefan tout d'un coup d'un ton où Klaus pouvait deviner une petite moue, alors que les battements de ces cils chatouillaient agréablement l'Hybride.
Amusé, il assena une claque bruyante sur une des fesses rebondies qui se trouvait très commodément sous sa main à ce moment-là.
« Aww ! … Tu m'as dit pas de tabou … », se plaignit le vampire alors que ses joues s'empourpraient.
Une autre claque suivit et Klaus constata avec une grande satisfaction la marque rouge qui apparaissait sur la fesse parfaitement bombée.
« Pourquoi tu fais ça ? », s'écria Stefan en enfouissant son visage dans le cou de Klaus pour cacher son embarras. Parce qu'une partie de lui aimait assez il faut dire !
Klaus souleva son jeune amant par le menton pour amener sa bouche sur la sienne. « Si tu es sage, petit Stefan … on verra », souffla-t-il entre les lèvres ouvertes du vampire avant de les rapprocher encore plus pour les embrasser.
Sa main dans le dos de son jeune amant glissait un doigt dans la raie pour venir jouer dans le petit orifice qui cédait facilement maintenant suite aux assauts subis, et poisseux de son fluide. Il avait juste envie de toucher Stefan à nouveau dans son intimité, pendant qu'elle était encore relâchée par ses soins, avant qu'elle ne se rétractât.
Il enfonça son doigt au maximum et appuya précisément sur un endroit, juste pour le plaisir de faire perdre ses moyens au vampire, le sentir se tortiller autour de son doigt et gémir dans sa bouche. Lui montrer qui était le maître.
Mais ce nouveau Stefan, plus spontané et joueur, lui plaisait énormément. Avant, il avait fallu des mois avant que le jeune homme osât exprimer un début d'initiative pendant leurs activités au lit. Klaus bénissait finalement cette seconde chance qui leur était donnée, cette possibilité de tout reconstruire sur une base plus saine. Et plus solide, espérait-il.
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Les premières lueurs du jour pointaient sur les amants épuisés, entrelacés entre les draps défaits. L'heure de séparation se rapprochait douloureusement et inéluctablement.
Faites que l'aube jamais ne se lève, pria Stefan intérieurement, en surveillant le ciel par la fenêtre avec une angoisse grandissante.
« Henrik »
La voix de Klaus le tira de ses pensées. L'Hybride était en train de caresser rêveusement le ventre du vampire. « Qu'en penses-tu de ce prénom pour notre enfant ? », précisa-t-il sa question.
« C'est peut-être une fille, tu sais ? ».
« Alors, Henrika si c'est une fille. Et Henrik si c'est un garçon », décida Klaus d'un ton péremptoire. Il ajouta après une petite hésitation. « J'avais un petit frère, qui s'appelait Henrik … Il … n'a pas survécu … ».
Stefan se retourna pour regarder le futur père de son enfant dans les yeux. Au bout d'un moment, il se pencha pour déposer un baiser sur les lèvres de l'Hybride, désireux de chasser le nuage sombre qui passait dans son regard.
« D'accord. Ce sera Henrika Damona pour une fille, et Henrik Damon pour un garçon ».
Stefan força un sourire qu'il espérait rendre le plus charmant possible. Ce n'était un secret pour personne que Klaus ne portait pas précisément son frère dans son cœur. Et vice-versa.
Klaus grimaça, faisant mine d'être horrifié par sa suggestion, et allongea son bras pour ébouriffer les cheveux de Stefan en guise de représailles. Mais il scella néanmoins leur commun accord d'un nouveau baiser passioné.
A/N
- Ha ha voilà un chapitre où vous avez le droit de me dire mais il ne se passe rien ! Mais c'est juste le calme avant la tempête, je vous assure.
- Merci à mes gentils reviewers pour vos commentaires et à tous de continuer à lire.
- A très bientôt (normalement).
