Chapitre 14 : Une demande embarrassante

Amy s'assit à sa table, en réfléchissant profondément à ce qui venait de se passer. Elle arriva vite à la conclusion que si elle continuait à regarder Harry et à penser à lui, cela lui procurerait plus de mal que de bien. Car, elle n'avait pas voulu lui rendre son sourire, pour ne pas réveiller encore une fois les sentiments qu'elle portait au jeune homme. Car cette fois, elle en était sûre ; elle était amoureuse du survivant, comme personne.

Soudain, elle se sentit très seule, même dans cette salle immense remplie de monde, qui parlait bruyamment. Elle avait quitté tellement vite Beaubâtons, ses amis, Harvey… Tout était allé trop vite, et sa vie de là-bas lui semblait tellement moins complexe… Elle avait pris du recul, était arrivé à ne plus penser à tout ce qui touchait sa vie d'avant. Mais à cet instant précis, elle eut envie de retourner à Beaubâtons, revoir ses amis …

Les larmes lui piquetaient les yeux. C'était stupide, elle n'avait ni le droit, ni l'envie de se rappeler sa vie d'avant et encore moins de pleurer pour ça.

Un bruissement d'ailes se fit entendre. Tout le monde leva les yeux, pour apercevoir des centaines d'hiboux et de chouettes qui évoluaient avec grâce dans la grande salle. Amy chercha des yeux sa chouette grise, qu'elle aperçut, fendant l'air sur elle. L'oiseau se posa en douceur sur son épaule, et Amy prit la lettre et donna un petit bout de lard à la chouette, qui lui mordilla le doigt amicalement, avant de s'envoler. Un autre hibou grand duc cette fois, laissa tomber une autre lettre sur ces genoux. La jeune fille décida de lire la première en premier, qui venait de son père. La gorge nouée, elle la parcourue des yeux et son cœur se serra.

Ma chérie,

J'espère que tu te plait bien à Poudlard et que tu t'es fait des amis. Le travail qu'on m'a confié à Londres est parfait pour moi, et tu le sais. Si je t'envois cette lettre, c'est pour te demander de revenir à la maison la deuxième semaine des vacances. Tu sais que le 2 janvier, c'est l'anniversaire de mort de ta mère et je ne vois pas comment tu ne pourrais pas être présente. Nous irons au cimetière, toi et moi, ainsi que quelques amis de la famille, pas plus. Encore une fois, je veux que tu viennes.

Sur ce, je te souhaite tout de même un très joyeux noël ma puce

Je t'aime très fort

Papa.

Amy fit un gros effort pour ne pas pleurer à cet instant précis. Le premier anniversaire de mort de sa mère. Une date difficile à passer, et celle qu'Amy ne voulait jamais atteindre. Mais elle se ressaisit, et se dit que sa mère n'aurait pas voulue qu'elle pleure.

Après le cours de métamorphose, Amy alla faire un tour dans le parc enneigé en compagnie de Jamie et de Ginny. Elle ne parla pas beaucoup, préférant écouter Ginny raconter son aventure avec un Pouffsoufle.

- Enfin bref, je l'ai remis à sa place ! termina la rousse en faisant la moue. Heu, Amy ça va ?

- Hein ?

- Amy ! Tu n'écoutes pas ce que je te demande ! s'exaspéra Ginny en levant les yeux au ciel. Tu vas bien ? Tu n'as pas desserré les dents depuis qu'on est sortis de la grande salle …

-Moyen, avoua la brune, en observant les élèves qui se pressaient pour rejoindre le château. Je viens de recevoir une lettre de mon père, qui me rappelait que l'anniversaire de mort de ma mère, c'était dans 2 semaines, et il me demandait de revenir pour quelques jours …

- Oh, je suis désolé d'avoir crié, tu avais tes raisons, s'excusa Ginny en prenant Amy dans ses bras.

- C'est pas grave, tu pouvais pas savoir, répondit Amy avec un petit sourire.

- Amy, intervint Jamie. Tu n'avais pas reçu une autre lettre ce matin ?

- Ah si c'est vrai ! Je l'avais complètement oubliée !

Elle sortit la deuxième lettre, qu'elle avait fourrée dans son sac, sans même penser à l'ouvrir. Elle grimaça quand elle vit que l'enveloppe était d'une curieuse couleur ; jaune verdâtre.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-elle aux autres.

Jamie grimaça et haussa les épaules, ainsi que Ginny.

Amy prit alors l'enveloppe du bout des doigts, et l'ouvrit délicatement. Alors à ce moment là, elle poussa un cri de douleur.

L'enveloppe contenait un liquide jaune et qui empestait le fumier. La mixture avait coulé sur la main d'Amy, la faisant enfler et lui brûlait la peau.

- Beurk ! s'exclama Jamie, avec un haut-le-cœur. C'est quoi ce truc ?

- Je sais ce que c'est, dit Ginny qui examinait l'enveloppe du bout de la plume. C'est du pus de Bubobulb … non dilué ! Pas étonnant que ça fasse mal !

- Super, grogna Amy, en enveloppant sa main enflé et à présent pratiquement brûlée et couverte de furoncles dans son écharpe. Ben ça ne fait pas du bien !

- Mais qui peut t'envoyer ça ? s'étonna Ginny en fronçant les sourcils. Tu as quelqu'un dans ton entourage qui t'en veut à se point ?

L'esprit d'Amy n'eut pas à chercher bien loin pour trouver le coupable.

- Ouais, je connais quelqu'un …

Elle leur raconta les menaces de Cho, dans les toilettes.

- Je suis sûre que c'est elle qui te l'a envoyée cette enveloppe ! décréta Ginny.

- Elle est au moins assez cruelle pour ça ! renchérit Jamie.

- C'est ça, sa vengeance dont elle m'a parlé tu crois ? demanda Amy en faisant la grimace, d'une part parce que sa crainte que Cho puisse attaquer de cette manière si déloyale et surtout aussi rapidement, alors qu'elle n'avait même pas parlé à Harry durant ces deux jours s'était confirmée et parce que sa main lui faisant terriblement mal.

- Je ne sais pas, dit Ginny. Cette fille est capable de toutes les saloperies pour t'éloigner d'Harry …

Durant l'après-midi, la main d'Amy ne fit qu'enfler et de ce couvrir de toujours plus de furoncles et lui faisait si mal, qu'elle n'arrivait plus à tenir sa baguette. Pendant le cours de sortilège, le professeur Flitwick la pria de se rendre à l'infirmerie soigner sa main et la dispensa de devoirs. Il chargea Parvati de l'y conduire.

Amy resta tout le reste de l'après-midi à l'infirmerie. Madame Pomfresh avait laissé sa main un instant tremper dans un bol remplit d'un liquide violet de sa préparation et ensuite lui avait fait un bandage. Elle avait donné à Amy une potion à boire, pour calmer la douleur et l'avait laissé partir. La jeune fille retourna dans la salle commune, où la plupart des élèves terminaient leurs devoirs, ou jouaient à la bataille explosive, ou tout simplement discutait avec animation sur leurs projets de week-end. Elle remarqua Ginny, Jamie, Lavande et Parvati toutes installés sur les fauteuils et canapé devant la cheminée. Elle les rejoingnit.

- Eh Amy, tu vas mieux ? s'informa Jamie.

- Oui ça mieux, merci, remercia Amy en leur faisant un grand sourire. Mme Pomfresh fait des miracles.

- C'est vrai ça, approuva Parvati. Ça me rappelle …

La discussion dériva sur divers sujets, plus ou moins intéressants. Amy sombrait peu à peu dans la somnolence. Elle s'assoupit et se réveilla une heure plus tard. Lavande était remonté dans son dortoir, Jamie lisait dans le même fauteuil dans lequel elle était il y a une demi-heure et Parvati – selon Ginny- était allé voir Anthony. Quand Amy bougea, Ginny releva la tête de son devoir de potions et lui adressa un petit sourire. Ses cheveux roux flamboyaient à la lueur des flammes de la cheminée.

- Eh ben dis donc, je te savais pas si marmotte ! plaisanta-t-elle.

- Ben voilà, maintenant tu sais ! répondit Amy en s'étirant.

A ce moment précis, Lavande descendit l'escalier du dortoir.

- Enfin réveillée ? Remarqua-t-elle à la jeune brune.

- Ben oui, voila.

- Ok.

- Heu … Amy ?

La jeune Griffondor se retourna pour se voir son interlocuteur.

- Salut Ron ! Heu … Qu'est-ce que tu veux ?

… Je … je veux juste t-te p-parler … enfin … si ça t-te dérange pas t-trop , bégaya le grand roux, évidement rouge écrevisse.

- Ah heu oui bien sûr, répondit Amy avec un petit sourire, en se levant du canapé et en remettant ses cheveux derrière son oreille. Viens on va là-bas, on sera plus tranquille …

Ils se dirigèrent vers le coin de la pièce inoccupé, à côté d'une grande fenêtre, ou l'ont voyait une grande partie du Lac et du Parc.

- Heu A-Amy … je … je …

- Oui ?

- Heu … Teuvniaubalecmoi [ n.a. : aahh ces mecs … ça vous rappelles pas qqun ? ;)

- Pardon ? dit Amy, interloquée. Tu peux répéter je n'ai … rien comprit du tout.

Ah ce moment, elle crut que Ron allait complètement s'évanouir. Mais non, il resta là, plus rouge et plus embarrassé que jamais.

- Heu … Tu veux …venir au … Bal de Noël avec ... moi ? parvint-il à articuler enfin.

Amy était saisie de surprise, comme son esprit, qu'elle avait l'impression qu'il ne fonctionnait plus. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Mais il lui fallait trouver une réponse vite … très vite …

- Ah heu … oui …c'est… c'est d'accord ! répondit-elle finalement.

Ron parut profondément soulagé, comme si on le libèrait d'un poids énorme.

- Bon … heu ben ok, a… à plus Amy, dit-il pour cacher la rougeur de son visage à la jeune fille.

- Oui, c'est ça, bye ! dit Amy en souriant au garçon.

Le jeune Weasley se dépêcha de foncer tête baissé dans son dortoir. Amy, l'esprit tourmentée revint s'asseoir avec les filles au coin du feu, le regard vague.

- Qu'est-ce qu'il te voulait mon cher frère ? s'informa Ginny.

- Il … est venu pour m'inviter au Bal de Noël, lâcha Amy, toute désorientée.

- Quoi ? c'est pas vrai ! s'exclama Ginny.

- Ben … heu oui … Pourquoi ça t'étonne tellement ?

- Pour la simple et bonne raison que mon frère n'a jamais invité une fille de sa vie entière !

- Tu oublie Fleur Delacour, intervint Jamie en pouffant de rire.

- Oui bon elle, ça ne compte pas. On va dire qu'il n'était pas … dans son état normal. Mais c'est cool Amy !

- Ouais super cool ! renchérit Jamie qui avait écouté.

- Ouais, c'est cool, dit Amy du bout des lèvres.

- Amy, dit Lavande. Tu viens de te faire inviter par un garçon au Bal de Noël, donc à priori une bonne nouvelle. Alors, tu peux m'expliquer pourquoi tu fais une tête d'enterrement ?

Amy baissa les yeux. Une boule s'était formée dans son estomac depuis plusieurs minutes et semblait avoir prit ses quartiers définitifs.

- Je sais pas …

- Ecoute Amy, dit Ginny en se rapprochant de la jeune fille. Je sais à quoi tu penses … Mais … Harry sort avec Cho, il faut essayer de l'oublier …

- On est toutes avec toi ma puce, déclara Jamie, en passant ses bras autour des épaules d'Amy.

La jeune fille les remercia d'un regard. En ce moment, elle s'imaginait une scène dans sa tête. Elle allait au Bal au bras de Harry Potter, et elle passait la meilleure soirée de toute son existence … Elle la chassa bien vite et elle se dit pour elle :

« Après tout, … Ron ou un autre … »

Mais une petite voix dans sa tête lui soufflait le contraire.