Chapitre 14
Dean n'avait presque pas quitté son frère depuis l'annonce de la perte de leur père. Il était resté près de lui pour le consoler, s'était occupé de lui. Il avait été là comme il le devait. Et pendant qu'il s'occupait de son frère, il pensait à ce qui allait se passer maintenant. L'enterrement, le testament, l'entreprise. Il continuerait de veiller sur Sammy en prenant en charge le maximum de tâches.
La première chose à laquelle il avait pensé quand on lui avait appris le décès de son père, c'était sa mère. Ses parents allaient être enfin réunis. Puis il pensa au fait qu'il n'avait pas eu le temps de présenter Castiel à son père. Une nouvelle fois le temps leur avait fait défaut.
Il avait appelé immédiatement Castiel en apprenant la nouvelle. Il allait devoir rester près de Sam pour veiller sur lui, il allait devoir tout organiser et il devait gérer l'entreprise, être encore plus présent pour soulager son frère. Mais lui aussi il aurait besoin d'avoir quelqu'un sur qui se reposer et ça ne pouvait être que lui.
Ils avaient dû se rendre dans le centre de soins pour faire les démarches administratives. Quand Dean s'était retrouvé dans la chambre, devant le corps de son père, il avait ressenti le besoin de lui parler. Lui dire ce qu'il n'avait pas eu le temps d'aborder.
Il avait pris sa main dans les siennes et s'était penché à son oreille. Il avait retenu ses sanglots contrairement à ses larmes qu'il sentait couler. Il avait rassuré son père, il serait là pour veiller sur Sam et ne le laisserait pas seul. Puis il l'avait remercié pour ce qu'il leur avait donné avec leur mère. Ces années de bonheur même si ça avait été trop court. Et il l'avait remercié pour sa réaction à l'annonce de son amour pour un homme en lui expliquant qu'il aurait surement aimé Castiel. Puis il lui avait dit adieu en lui demandant d'embrasser sa mère pour lui et de veiller sur eux.
Il avait fini par se redresser, la gorge nouée qui n'avait pu que le laisser chuchoter était maintenant muette. Il se retourna vers son frère. Il s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule, il voulait qu'il sente qu'il serait là pour lui. Sam le regarda les yeux plein de larmes puis regarda leur père avant de s'en approcher à son tour.
Sam avait suivi son frère dans les couloirs, gardant son regard fixe sur un point invisible. Il ne se sentait pas vraiment présent comme si ce qu'il vivait n'était pas la réalité. Ils étaient maintenant dans la chambre de leur père. Il regarda son frère s'approcher du lit et caresser sa main inerte. Dean s'était ensuite assis près de lui et s'était penché pour lui parler à l'oreille. Il le regardait faire sans avoir l'impression de vraiment réaliser. Il ne pouvait pas concevoir ce qui arrivait.
Quand Dean se releva, Sam posa de nouveau son regard sur lui. Des larmes silencieuses coulaient sur ses joues mais il restait droit face à la situation, il lui en était reconnaissant, il savait que son grand frère ferait face pour eux deux. Dean posa une main sur son épaule en regardant leur père. Sam regarda dans la même direction que lui.
Il s'approcha à son tour du lit de son père. Il n'arrivait toujours pas à penser que son père n'était plus. Il ne poserait plus son regard sur eux, ne leur parlerait plus de leur mère, il n'attendrait plus que Sam devienne le dirigeant d'une des grandes sociétés de la région.
Sam avait hésité à se rapprocher trop du corps de leur père. C'était terrible de se retrouver devant un corps sans vie que vous aviez embrassé et étreint quelques jours plus tôt. Il n'osa pas prendre sa main dans la sienne mais s'assit sur le rebord du lit. Il lui promettait de continuer à le rendre fier de lui et de faire tout ce qu'il fallait pour perpétuer le nom des Winchester et entretenir sa valeur.
Debout devant le cercueil de leur père, ils attendaient que le prêtre est fini sa prière. Dean les yeux rougis, incapable de verser encore des larmes, laissait son esprit vagabonder. Il ne pouvait pas faire face à tout ça sans prendre un peu de distance. Il leva la tête et tomba dans le regard de Castiel, celui-ci, à côté de Gabriel, ne le lâchait pas des yeux. Il se trouvait de l'autre côté du cercueil et soutenait Dean du regard sans faillir. Dean lui fit un petit sourire triste pour le remercier et regarda Gabriel. Il jetait de rapides coups d'œil à Sam, il était inquiet pour lui, il pouvait le voir d'ici. Gabriel était toujours amoureux de Sam. Il ne pouvait pas avoir oublié ce qui les liait après seulement quelques jours même avec ce qu'il lui avait fait supporter. Il restait seulement en retrait pour ne plus souffrir.
Dean regarda son frère à côté de lui. Il restait silencieux depuis deux jours, il avait arrêté de pleurer mais il ne le voyait pas aller mieux pour autant. Il avait laissé un peu plus de pouvoir à Michael pour qu'ils aient le temps de souffler un peu avant de reprendre le travail et il s'occupait du reste, il avait libéré Sam de toutes les charges dues à son poste.
Quand la cérémonie fut terminée, ils prirent la direction de chez Bobby. Il avait insisté pour recevoir les personnes chez lui pour rendrai ainsi un dernier hommage à John. Bobby s'était organisé avec Jodie pour préparer à manger et à boire pour tout le monde. Ils accueillirent les frères et leurs collègues.
Dean était arrivé avec son frère, suivi un peu plus loin par Castiel et Gabriel. Bobby les avait pris dans ses bras pour leur montrer son soutien, leur avait donné une tape amicale dans le dos pour cacher sa gêne et les avait invité à entrer. Jodie à son tour les avait embrassé et les avait encouragés à manger. Un acte ordinaire pour faire face à leur douleur morale.
Sam s'était vite isolé, il n'avait pas envie de voir et d'entendre les gens. Il préférait rester seul à ressasser ses souvenirs. Il n'y avait que Dean, et Bobby bien sûr, qui pouvaient l'approcher et lui dire quoi faire. Il avait choisi son costume pour l'enterrement lui-même mais tout le reste avait été géré par Dean. Il se sentait inutile et ne cherchait pas à changer ça. Au contraire, il sentait un certain plaisir à se laisser couler doucement sachant que son frère serait là pour gérer la situation.
Il avait traversé la petite maison de Bobby et se retrouvait maintenant dans le jardin. Il s'était installé à une petite table en bois, isolée au fond du jardin. Il gardait un verre à la main qu'il buvait à petite gorgées. Il sentait l'alcool lui brûler doucement la gorge et l'enivrer petite à petit. Il lui en faudrait plus pour se sentir anesthésié mais il n'était pas pressé. Il savait qu'il pouvait toujours tenter d'oublier entièrement ce qu'il se passait dans sa vie quand il ne pourrait plus supporter la douleur lancinante qui revenait par vague.
Dean avait fait le tour des personnes présentes, il avait reçu les condoléances d'amis de la famille, de collègues. Il faisait ce qu'on attendait de lui. Bobby et Jodie étaient restés près de lui pour accueillir les gens et maintenant il avait besoin de calme. Il s'était retiré dans un coin du salon moins occupé par tous ces gens qu'il n'avait pas envie de voir. Castiel était venu s'assoir à côté de lui sur le canapé, à une distance respectable, et lui parlait doucement.
Dean essayait de se concentrer sur sa voix, ça lui permettait de se focaliser pour occuper son esprit. Il se laissait berçait presque sans faire attention à ses paroles. Il avait envie de se réfugier dans ses bras pour disparaître d'ici. Il se pencha en avant s'accoudant sur ses genoux, serrant ses mains. Il devait se contrôler, il ne voulait pas se donner en spectacle. Il reprit rapidement conscience de ce qu'il se passait autour de lui quand Castiel posa sa main sur les siennes. Il eut un geste de recule et regarda Castiel surpris.
- Cas'?, en jetant un œil vers la porte donnant sur le reste de la maison. On n'est pas seul.
Castiel le regarda dans les yeux et y vit toute la souffrance et le besoin de réconfort dont il avait besoin. Il disait ça pour lui mais son regard se raccrochait à lui sans avoir aucune envie que sa main quitte les siennes.
- Je ne peux pas te donner plus de réconfort que ça mais je peux au moins faire ça. Castiel lui offrit un sourire doux, glissa sa seconde main sur sa nuque avant de déposer un baiser sur son front.
Dean lui rendit son sourire et caressa de son pouce sa main tenant les siennes. Il senti la main de Castiel exercer une pression pour qu'il cale sa tête sur son épaule. Dean ferma les yeux et souffla.
- J'en avais besoin. Il savait qu'il aurait perdu pied sans lui à ses côtés.
Castiel continua de caresser ses cheveux en déposant des baisers dedans. Bobby qui venait voir Dean pour lui apporter à manger, les surpris. Il sourit à Castiel et fit demi-tour en tirant derrière lui la double porte qui les séparait du reste des invités pour leur laisser un peu d'intimité.
Gabriel déambulait dans la maison, en cherchant Sam du regard, il voulait juste s'assurer qu'il allait bien. Il l'avait vu avec un verre à la main et maintenant il n'était plus en vue. Il fit signe à Bobby de loin qui lui rendit un signe de tête. Il vit Dean parler avec un des directeurs et Castiel qui le couvait du regard. Il finit par sortir dans le jardin et à voir Sam assit, penché au-dessus de la table de jardin en bois.
Gabriel s'approcha de lui, il lui prit le verre presque vide des mains et posa une assiette remplie de petits fours devant lui.
- Tu devrais manger un peu.
Sam repoussa l'assiette sur la table sans le regarder et s'accouda sur celle-ci. Gabriel restait debout à côté de la table sans savoir quoi faire.
- C'était une belle cérémonie, reprit-il.
Sam hocha la tête, toujours sans répondre. Il aurait tellement voulu lui parler mais il n'y arrivait pas. Le sentir si proche de lui le perturbait et il n'avait pas besoin de ça en ce moment.
Gabriel s'assit à ses côtés sur le banc, restant dos à la table. Sam tourna la tête vers le reste du jardin, détournant son regard de Gabriel, et vit une voiture noire garée de l'autre côté de la rue. Le jeune homme qu'il avait vu avec Gabriel avant la cérémonie assis sur le capot de la berline noire.
- Ton chauffeur t'attend ?
Gabriel se pencha en avant pour voir derrière Sam et vit Samandriel dans la rue, la tête penchée sur son portable.
- C'est la nouvelle recrue de Bobby dont il a voulu que je m'occupe. Un gentil garçon.
Sam sentit un premier frémissement de jalousie à ces mots qu'il refoula immédiatement. Gabriel s'adossa de nouveau à la table avant de reprendre.
- Je voulais te dire que j'étais désolé pour John.
- Je crois…que je ne réalise pas vraiment encore...
Sa voix se brisa sans qu'il s'y attende. Et Gabriel le regarda surprit. Il posa sa main doucement sur son épaule, en hésitant. Puis caressa son dos pour le consoler et à ce geste, Sam sa réfugia dans ses bras. Il avait besoin d'une épaule et le ciel lui envoyait Gabriel. Il cacha son visage dans son cou, tentant de retenir ses larmes. Gabriel resserra son bras sur ses épaules et le berça doucement.
- Tu t'y habitueras, en murmurant. Ça prendra peut-être un peu de temps mais ce vide que tu ressens sera moins présent au fil des jours. Et un matin, quand tu te lèveras, tu ne ressentiras plus ce manque.
Il savait que ce qu'il disait valait autant pour son père que pour lui et Gabriel. Sam inspira pour se calmer, releva la tête et ses lèvres frôlèrent sa joue. Son souffle se suspendit et sa peine s'apaisa un instant, Gabriel occupant de nouveau son esprit. Il tourna la tête pour frôler ses lèvres quand il senti les mains de Gabriel prendre son visage en coupe pour le repousser doucement mais fermement.
Sam fini par se reculer, sans regarder Gabriel dans les yeux. Il avait envie de lui demander si c'est à cause de lui ?, à cause de Samandriel ? Mais il garda le silence.
- Je vais y aller.
Sam hocha la tête et Gabriel fini par détacher la main de Sam qui tenait encore le revers de sa veste.
- Je suis désolé Sam mais...
- Non c'est moi. Ne t'excuses pas, en secouant la tête, honteux de ce qu'il venait de se passer. Il avait besoin de Gabriel mais il n'avait pas le droit de lui demander d'être là pour lui. Pas comme ça en tout cas.
- Je veux bien parler si tu veux mais...
Sam secoua la tête et s'excusa. Gabriel le regardait, il lui faisait tellement de peine, il voulait être là pour lui mais pas comme Sam le voulait. Il se leva et s'éloigna de lui alors que Dean arrivait. Il lui fit un petit signe de tête et lui expliqua qu'il partait. Dean jeta un regard à son frère en s'inquiétant de ce qu'il avait pu lui dire.
- Il n'est pas dans son état normal tu sais, en se retournant vers Gabriel.
- Non, ce n'est pas à cause de Sam. Je pense qu'il vaut mieux que je parte c'est tout.
Gabriel s'éloigna et Dean vint s'assoir à côté de son frère.
- Tu as parlé avec Gabriel ?, il posa la question sans savoir s'il avait encore le droit de se mêler de ça.
- Oui. Sam inspira longuement pour se libérer du poids qu'il ressentait et en redressant son dos, levant la tête les yeux fermés.
- Et ça a été ?
- Il n'y a pas eu d'éclats de voix et on ne s'est pas frappé, on peut dire que ça s'est bien passé.
Il laissa échapper un rire triste avant de serrer les mâchoires. Il se sentait tellement mal et il n'avait rien pour l'apaiser. Il n'avait pas envie que Dean vienne lui demander comment il allait à chaque fois qu'il croisait Gabriel. Il avait eu besoin de lui, il avait été là, mais maintenant ça suffisait.
- Tu peux arrêter de me surveiller, reprit Sam en soufflant de lassitude, un agacement naissant en lui.
- Ok. Dean hocha la tête, il lui disait ce qu'il avait envie d'entendre mais il ne le laisserait pas complètement sans surveillance.
Le lendemain de l'enterrement de leur père, les frères étaient de retour au travail. Sam était passé par son bureau avant d'aller au garage pour voir Bobby. Quand il était arrivé au milieu des voitures, il avait senti un nœud à l'estomac en entendant la voix de Gabriel. Il regarda au fond et le vit discuter avec Samandriel. Il senti son cœur se serrer et fit comme si de rien été, baissant la tête et poursuivant son chemin.
Il toqua à la porte de Bobby et entra. Celui-ci était penché sur des bons de commande et leva la tête. Il lui sourit doucement et se leva pour le prendre dans ses bras. Il lui demanda de ses nouvelles et Sam haussa les épaules, il ne voulait pas dire qu'il allait mal mais il ne voulait pas non plus mentir à Bobby. Il s'assit face à lui en se forçant pour ne pas regarder à travers les vitres donnant sur le garage. Il avait voulu venir le remercier pour les avoir accueilli après l'enterrement, et sans vraiment se l'avouer, il avait espéré pouvoir voir Gabriel de loin. Il resta finalement un petit moment à discuter avec Bobby, celui-ci lui relatant des souvenirs qu'il avait avec John. Sam avait ri sur certaines anecdotes en se sentant chanceux d'avoir pu voir son père peu de temps avant qu'il ne décède.
Quand la conversation prit fin, Sam osa lui parler de Samandriel.
- Il paraît que tu as un nouvel employé?
Bobby le regarda surpris.
- C'est Gabriel qui m'en a parlé, en lui souriant. Il devait lui montrer qu'il gérait bien la situation.
- Oui, Samandriel. C'est un gentil garçon.
Sam eu envie de lever les yeux au ciel mais n'en fit rien. Ils n'avaient que ce mot à la bouche, un gentil garçon.
- Et j'ai demandé à Gabriel de le former parce qu'il avait besoin de se changer les idées, précisa-t-il pour rappeler à Sam la raison de leur rencontre.
Bobby continuait de l'observer, cherchant à savoir si cet intérêt pour Samandriel était positif ou non. Sam lui sourit et hocha la tête en ravalant sa susceptibilité.
Quand il sorti enfin du bureau de Bobby, il ne put s'empêcher de regarder de nouveau en direction de Gabriel qu'il vit rire avec le jeune homme. Il baissa la tête, serra les dents et sorti sans perdre de temps. Quelque chose au fond de son ventre commençait à remuer et il n'aimait pas ça. Il savait qu'il n'avait plus aucun droit de ressentir ce sentiment et encore moins de lui faire une scène jalousie.
Dean avait pris en charge un peu plus de responsabilités et Sam n'avait rien trouvé à redire. Au contraire, pour une fois il laissait Dean gérer et il laissait venir les choses. Il lui avait même demandé de le remplacer pour une réunion importante, il ne voulait pas affronter le regard des autres et ne se sentait pas de devoir parler chiffres et rentabilité. A la place, il avait pris un verre pour se détendre et Dean lui avait fait le compte rendu. Un matin, il s'était levé, s'était mis à penser à sa vie et s'était servi un verre pour se donner du courage.
Il voyait que Dean s'en sortait bien et il eut de moins en moins de scrupules à lui demander de le remplacer. Il l'avait fait pour lui faciliter la tâche, il savait qu'il ferait tout pour lui et il avait une bonne excuse. Mais au fil des jours Dean avait fini par le secouer et à le pousser pour qu'il reprenne les rênes qu'il lui avait si gentiment passées, pour le trouver finalement un jour, saoul en fin de matinée, incapable de rester debout.
Il n'avait trouvé que ce moyen pour ne plus rien ressentir, pour se donner l'impression que tout lui était égal. Mais ce n'était qu'un leurre. Il croyait pouvoir oublier son désir mais même ivre mort, il pensait encore à lui. Il avait perdu son compagnon et sa référence autant dire qui ne lui restait rien.
Ils avaient fini par se disputer sérieusement, Dean lui avait reproché de se laisser aller. Sam s'était défendu, il venait de perdre son père, il pouvait le comprendre. Et c'était trop dur de devoir vivre avec Gabriel si près de lui. Dean s'était énervé encore plus, bien sûr que c'était une mauvaise idée et Sam s'était énervé à son tour, il avait besoin de temps et il ne lui laissait pas. Dean admis qu'il avait besoin de temps mais il n'avait pas besoin d'alcool.
Quand ils eurent arrêté de crier, Dean l'averti qu'il allait demander à Gabriel de partir, qu'il ne pouvait pas le regarder s'enfoncer de la sorte. Sam avait eu peur et avait supplié son frère, il allait arrêter de boire, il reprendrait le contrôle mais il ne demanderait pas à Gabriel de partir.
S'il faisait ça, il était persuadé qu'il perdrait sa trace et qu'il ne le reverrait plus. Il avait toujours espoir que le temps fasse oublier à Gabriel son comportement et qu'ils pourraient peut-être se retrouver.
Pour sortir un peu des prises de bec avec son frère et des responsabilités qui commençaient à l'étouffer, Dean était parti faire un tour au self et il eut la bonne surprise de trouver Castiel et Garth attablés en train de discuter. Il s'approcha dans le dos de Castiel et celui-ci se retourna vers lui quand Garth sourit à Dean pour le saluer. Dean s'assit à côté de Castiel, leur demanda comment ils allaient et Garth raconta immédiatement qu'ils parlaient de la thèse de son professeur.
Dean regarda Castiel avec un sourire fier.
- Tu as une thèse ?
- Non, le corrigea Garth, il est en train de l'écrire, il doit la soutenir bientôt.
Dean ne l'avait pas quitté des yeux et Castiel vit l'éclat de fierté se changer en incompréhension avant qu'un sourire forcé ne réapparaisse sur ses lèvres. Il se tourna vers Garth.
- C'est impressionnant, un sacré travail. Il jeta un coup d'œil à sa montre. Je m'excuse je dois y aller.
Il se leva sans attendre, perdant son sourire une fois de dos et reprit la direction de son bureau. Il n'avait pas voulu parler devant Garth, mais il se sentait trahi d'apprendre encore des choses sur Castiel alors qu'il en parlait avec un de ses élèves. Il tentait de se raisonner mais il ne voyait que le fait que Castiel parlait de quelque chose d'important pour lui avec un élève et pas avec lui.
Une fois arrivé dans son bureau, il ne fallut pas cinq minutes pour que Castiel arrive. Il entra sans rien dire pour juger de l'état de Dean. Il avait vu la déception dans son regard et il craignait sa réaction. Allait-il lui crier après ou au contraire l'ignorer, blessé dans sa fierté d'apprendre des choses sur lui de cette manière ?
Il se racla la gorge, Dean gardait le silence et l'ignorait. Ça sera plus facile pour lui expliquer pensa-t-il mais au moment où il ouvrait la bouche pour lui parler il senti que ça n'allait pas être aussi simple pour lui. Il devait lui parler maintenant, ça faisait trop longtemps qu'il repoussait l'échéance, il avait voulu attendre le meilleur moment mais celui-ci n'existait pas. C'était l'occasion de tout lui dire.
- Comparaison des modèles sociétaux passés, présents et futurs. C'est le titre de ma thèse, expliqua-t-il après une pause.
Dean continuait de garder le silence. Castiel se senti en danger, il n'allait peut-être pas l'écouter aussi facilement. Il avait l'impression de revivre ces moments où Roman le faisait se sentir fautif. Il se raisonna, Dean n'était pas comme lui.
- Je suis désolée que tu l'aies appris comme ça, reprit-il.
- Tu comptais me le dire un jour ? Ce n'est pas quelque chose de difficile à avouer. Il était en colère et tentait de se contenir. Je fais une thèse. Tu vois c'est facile.
Dean ne le regardait pas, il ne voulait pas se battre avec Castiel mais en ce moment la moindre contrariété prenait des proportions déraisonnées. Il faisait front pour gérer l'entreprise et son petit frère et il pensait qu'il pouvait compter sur Castiel. Mais le fait d'apprendre des choses sur lui de cette façon lui faisait penser qu'il ne lui faisait pas confiance et que ses sentiments n'étaient toujours pas réciproques. Il serra les mâchoires pour se calmer, il savait qu'il n'était pas dans son état normal et il devait faire attention.
- Je dois te parler de plusieurs choses et je pense que c'est l'occasion.
Dean fini par lever la tête, il avait réussi à capter son attention et à calmer la colère qu'il pouvait ressentir.
- Ça fait partie d'un des événements de mon passé, la voix peu assurée.
Il baissa la tête, le regard de Dean braqué sur lui le mettant mal à l'aise. Il se tenait toujours éloigné du bureau et n'osait pas avancer.
Dean se recula dans son fauteuil, il sentait maintenant en plus du reste une culpabilité. Ce n'était donc pas une petite chose pour Castiel et il ne lui cachait pas ça sans raison. C'était un de ces aspects de sa vie passée qu'il ne connaissait pas.
- Pourquoi tu en parles avec Garth et pas avec moi ?, lui demanda-t-il d'un ton brusque. Dean s'en voulu immédiatement et il nota le sursaut de Castiel au ton employé.
- Parce qu'on n'a pas les mêmes rapports. C'est mon élève alors que toi tu as une place bien plus grande dans ma vie. Et tes réactions ont plus d'importance pour moi, ton avis est plus important.
Castiel allait prendre la parole de nouveau quand la porte du bureau de Dean s'ouvrit brusquement laissant apparaitre Michael. Celui-ci s'excusa immédiatement de les interrompre avant d'expliquer que c'était urgent. Puis il se tourna vers Castiel en précisant que c'était confidentiel. Celui-ci tourna la tête vers Dean qui le rassura en lui disant qu'ils reprendraient cette conversation plus tard. Castiel hocha la tête et sorti sans attendre. Quand il se retrouva dans le couloir, il se permit de respirer à nouveau, il allait le faire. Il allait enfin parler de Roman et Dean le connaitrait entièrement.
Une fois la porte refermée, Dean se réinstalla dans son fauteuil et fit signe à Michael de prendre la parole. Celui-ci lui expliqua que des informations avaient été vendues à leurs concurrents. Dean resta surpris quelques secondes. Comment ça pouvait être possible ? Leurs équipes étaient composées de personnes fiables.
- D'où vient cette info ?, lui demanda-t-il immédiatement.
- Nous nous sommes aperçus que plusieurs contrats avaient étés abandonné. Pour pouvoir améliorer la prise en charge et le suivi des dossiers, j'ai demandé à une partir de mon équipe de les éplucher. Et pour les cinq que nous avons passés en revue, les contrats ont été finalement décrochés par Crowley.
Dean grimaça en entendant ce nom. Leur plus gros concurrent et le plus vil. Il ne reculait jamais devant rien pour obtenir ce qu'il voulait.
- Vous êtes sûr que ça vient de lui ?
Michael hocha la tête avant de reprendre.
- Et il semblerait qu'il y ait quelqu'un à l'intérieur qui lui vende des informations.
Dean se figea. Il ne pouvait pas être vendu par un des leurs. Il avait mis longtemps mais maintenant il croyait en cette entreprise, son frère avait passé assez de temps et d'énergie pour la reprendre et la développer après son père.
- Vous en avez parlé à mon frère.
- Non, comme vous avez dit que vous repreniez en quelque sorte la direction, je suis venu vous voir directement.
- Vous savez déjà qui a pu fournir ces informations ?
- Oui, il s'agit d'un stagiaire. Garth Fitzgerald.
- Non, ce n'est pas possible. Dean avait froncé les sourcils et essayait de concevoir Garth en train de faire ça.
- Si monsieur. Nous avons étudié ses déplacements à l'aide de son badge. Il s'est rendu dans mon service alors qu'il n'avait plus rien à y faire. Et ça plusieurs fois.
- Vous êtes sûr de vous ? Garth ne semble pas…
- Je suis désolé de vous contredire mais c'est un étudiant que nous ne connaissons pas.
Dean hocha la tête.
- J'aimerais lui parler. Pouvez-vous le convoquer avec son tuteur ?
Michael acquiesça et fit demi-tour pour partir.
- Et demandez à monsieur Novak d'entrer.
Ça faisait beaucoup trop de problèmes en même temps, il devait compartimenter et gérer les urgences avant le reste. Quand Castiel entra, il garda le silence, Dean avait l'air soucieux.
- Ça va ?, lui demanda-t-il même s'il connaissait déjà la réponse.
- On a un souci.
- Grave ?
- Un souci qui semble lié à un de tes élèves.
Castiel fronça les sourcils. Ses élèves étaient correctes et il les avait bien surveillés. Il ne pouvait avoir un doute que sur Gordon mais ne dit rien.
- Qui ?
- Garth.
- Garth ? Ce n'est pas possible… Il vit Dean se passer les mains sur le visage, il était tendu et c'était un nouveau problème à gérer. Qu'est-ce qu'il a bien pu faire ?, lui demanda-t-il finalement.
Dean se mordilla la lèvre une seconde avant de regarder de nouveau Castiel.
- Il semblerait qu'il ait vendu des informations de la société.
Castiel eu envie de rire devant l'invraisemblance de la situation.
- Garth ? Il ne ferait jamais ça. Tu as dû te tromper.
Dean se senti piquer au vif par cette réflexion et par le ton amusé employé.
- Je l'ai convoqué avec son tuteur pour qu'on puisse en parler calmement. Son regard était devenu sérieux. Il n'était plus son petit ami mais le président de la société.
- C'est déjà tout vu. Garth n'est pas responsable. Et l'autre jour j'ai vu...
Castiel était sur la défensive. Il ne pouvait pas accuser son élève aussi facilement et sans preuve. Il connaissait Garth, il savait qu'il n'avait rien fait et ne laisserait pas Dean l'accuser à tort.
- Ecoute on va faire les choses à ma manière, en l'interrompant.
Il avait pris un ton qu'il n'avait jamais utilisé jusque-là avec lui et Castiel senti son ventre se nouer.
- Jusqu'à preuve du contraire je suis le président de cette société et toi et tes élèves, êtes accueillis gracieusement, reprit-il en le regardant durement. Il avait posé ses mains sur le bureau pour se lever. Son visage était maintenant fermé et sa colère était montée d'un cran.
- Tu es seulement un des présidents de la société, sans détourner la tête, son regard fiché dans le sien.
Castiel n'avait aucune raison d'ergoter sur un si petit détail qui n'avait aucune importance ici mais se sentir attaquer à travers ses élèves, il ne le supportait pas. Dean se redressa entièrement, un sourire mauvais sur les lèvres.
- Et je veux assister à l'entretien. Je ne laisserais pas Garth seul, en avançant d'un pas pour insister.
Dean serra les dents et hocha la tête. Il sentait qu'il ne faudrait pas grand-chose pour que la situation leur échappe. Il préférait éviter de parler plutôt que de dire des choses qui dépasseraient sa pensée et ne feraient qu'envenimer la situation.
Ils attendirent un instant, Dean se rassit à son bureau et Castiel fit quelques pas en regardant la vue.
- Sam va bien ? Il était en colère contre Dean à cet instant mais il savait que ça ne durerait pas. Il préférait parler d'autre chose.
- Ça ne va pas mais ça ira mieux. Ça lui a fait beaucoup à gérer d'un coup.
Le silence se fit de nouveau dans le bureau. Castiel était tendu, il ne pouvait pas réellement croire que Garth ait pu faire une chose pareille. Tout était plus compliqué car Dean était dans une mauvaise passe qui ne lui permettait pas de réfléchir correctement.
- Garth n'a pas fait ça. Il parlait pour lui-même mais Dean réagit.
- On va d'abord lui demander ce qu'il a à dire.
Castiel allait répondre quand on frappa à la porte.
Zacharie entra suivi de Garth. Celui-ci paraissait encore plus chétif. Il se triturait les mains et lançait des regards effrayés à Dean et à son professeur. Dean les invita à s'assoir et Castiel prit place à côté de son élève.
- Garth, nous avons été mis au courant d'un problème dans la société. Il marqua une pause pour juger de la réaction du jeune homme. Celui-ci attendait la suite. Dean se tourna vers Zacharie avant de reprendre.
- Il semblerait que des informations confidentielles aient été vendues à des concurrents.
- Quoi ?, réagit immédiatement Zacharie.
Garth regarda les trois adultes les uns après les autres, ne comprenant pas où le président voulait en venir. Dean regarda de nouveau Garth. Il cherchait du soutien auprès de son professeur qui lui offrait un regard confiant.
- Est-ce que tu as quelque chose à nous dire concernant ce problème ?
Garth tourna vivement la tête vers lui en fronçant les sourcils.
- Non, en secouant la tête. Pourquoi je saurai…Et la compréhension illumina le visage de Garth. Je n'ai rien fait, ce n'est pas moi, se défendit-il en écarquillant les yeux, apeuré tout à coup.
Dean fit un geste de la main pour le calmer et pouvoir reprendre la parole.
- On a des preuves. Quand tu utilises ton badge, tu laisses des traces et tu as été dans le service financier alors que tu n'étais pas dans ce service à ce moment.
- Non, il faut me croire, en se tournant vers Castiel. Je ne suis jamais retourné dans le service.
Dean allait reprendre la parole. Il n'aimait pas se faire prendre pour un idiot encore moins par quelqu'un en qui il avait placé sa confiance, à qui il avait donné une opportunité et qu'il avait voulu aider.
Castiel fit signe à Dean de se taire et ce geste augmenta l'irritation qui ne l'avait pas quitté depuis qu'il s'était attrapé avec lui.
- Garth, est-ce que tu t'es rendu compte de quelque chose de bizarre ?, lui demanda Castiel.
Il secouait la tête, les larmes au bord des yeux.
- Prend le temps de réfléchir. C'est important, reprit son professeur en se penchant vers lui.
- Non, je ne sais pas.
- Ecoute Garth, je ne veux pas mêler la police à cette affaire. Je préfère que tu nous parles.
Quand Dean évoqua la police, Castiel et Garth le regardèrent surpris.
- Dean attend, tenta de tempérer Castiel d'une voix inquiète.
Celui-ci tourna la tête vers Castiel retenant difficilement son exaspération puis reporta son attention sur Garth.
- Ecoute, on va suspendre ton stage le temps d'avoir plus d'informations.
Garth hocha la tête. Dean lui fit signe qu'il pouvait partir, il se leva suivit de Zacharie.
- Je suis désolé monsieur de ne pas avoir vu ce qui se passait, lui dit Zacharie.
Castiel lui jeta un regard meurtrier avant qu'il ne se retourne et qu'il suive Garth.
Dean laissa sortir Zacharie avant de souffler. Castiel recommença son discours comme quoi Garth était incapable de faire ce dont il l'accusait. Il sentait son irritation augmenter, Castiel lui tapait sur les nerfs. Il ne voulait pas l'entendre, ne tenait pas compte de ses craintes et surtout des indices.
- Je suis désolé mais je ne fais pas confiance à ton directeur, je l'ai vu discuter avec Gordon...
- Ça suffit, en l'interrompant d'une voix dure. Castiel s'était tu d'un coup.
Il secoua la tête, il n'était pas en état de gérer cette situation. Il venait de perdre son père, il tentait de tenir à bout de bras son frère qui se laissait couler et il n'avait pas pu voir Castiel depuis plusieurs jours et il lui avait manqué cruellement. Et maintenant qu'il pouvait le voir, ils se prenaient la tête.
Pourquoi il ne pouvait pas être juste là pour lui, le soutenir, lui dire que tout irait bien. Il avait été patient, l'avait rassuré et Castiel n'était même pas capable de comprendre qu'il avait besoin de ça à son tour. Dean était resté assit à sa place. Son poing fermé sur le bureau tremblait. Il avait la tête baissé et il ne parvenait pas à voir l'expression de son visage.
Castiel continuait de lui cacher des choses. Ce n'était pas nouveau mais il avait du mal à supporter cette idée en ce moment. Il avait besoin de soutien, soutien qu'il pensait pouvoir trouver auprès de Castiel mais vu ce qu'il venait de se passer il comprenait que ce n'était pas le cas. Encore une mauvaise nouvelle lui tombait dessus et Castiel lui tenait tête sans essayer de l'écouter et de comprendre son rôle de président. Il ne pouvait pas laisser Garth sans sanctions. Il avait fait quelque chose de très grave et il ne pouvait pas s'en sortir impunément. Mais Castiel semblait ne pas vouloir le comprendre. Il lui tenait tête, lui soutenait que Garth n'avait rien à voir dans cette histoire alors qu'il y avait des preuves qui l'incriminaient.
Il sentait qu'il allait craquer, tout ça lui tomber sur le coin de la figure et Castiel s'éloignait de lui. Il se leva tentant toujours de contrôler la mauvaise humeur qui bouillonnait en lui. Il était en colère et ça ne se calmait pas, en entendant Castiel continuer de défendre Garth sans tenir compte de ce que lui, lui disait.
Il s'était levé ne lâchant pas Castiel du regard. Il l'observait devant la baie vitrée, il s'énervait lui aussi, il le trouvait têtu et complètement aveugle de ne pas vouloir se rendre compte que Garth était incapable de faire ce genre de chose.
Il se rapprochait de lui alors qu'il continuait de parler, d'agiter les bras, de secouer la tête. Dean ne l'écoutait plus, il était rempli de colère et il était subjugué par celle de Castiel. Ce n'était pas la première fois qu'il le voyait dans cet état mais cette fois-ci, il avait envie de lui.
Il s'approcha et fondit sur ses lèvres. Toutes leurs tensions se concentrèrent un instant avant de se libérer dans leur baiser et leur colère se transforma en désir brut. Dean ne le laissa pas respirer et le plaqua contre le mur. Castiel le retenait fermement contre lui, même s'il sentait que Dean n'avait aucune envie de s'éloigner. Dean avait besoin de libérer sa frustration et sa colère, tout comme lui.
Les mains de Castiel s'étaient déjà attaquées à la ceinture de Dean quand celui-ci attrapa sa main gauche qu'il plaqua au mur. Il n'en pouvait plus, il avait besoin de sentir son homme contre lui. Ça faisait plusieurs jours qu'ils n'avaient pas pu être proches et son envie était dévorante. Il avait besoin de lui. Il finit par relâcher sa main pour le prendre par les épaules et le retourner contre le mur.
Castiel sentait Dean contre son dos. Il se tendit alors que ses mains caressaient son torse. Il sentait le souffle erratique de son amant dans son cou et ses lèvres déposaient des baisers alors que ses dents glissaient sur sa peau. Dean murmura un « Cas » interrogatif alors que ses caresses s'étaient arrêtées et il comprit immédiatement. Il était suspendu à sa réponse. Il inspira, prit sa décision et hocha la tête. Il retint un gémissement en sentant les hanches de Dean se coller à lui. Celui-ci se laissa aller et un gémissement lascif traversa ses lèvres.
Castiel inspira de nouveau profondément pour se détendre, il en avait envie autant que Dean. Il senti les mains de son amant s'attaquer cette fois à sa ceinture et ferma les yeux. Une voix murmurait à son oreille, une voix cassante qu'il n'avait aucun mal à reconnaitre. La voix que Roman prenait quand il le rabaissait, quand il lui faisait endosser la responsabilité de tous ses problèmes. Castiel ferma plus fortement les yeux et se concentra sur les mains de Dean, il hoqueta en le sentant plus fortement contre lui. Il inspira et eu l'impression de retrouver le parfum de Roman. Il sentait presque cette culpabilité noire et visqueuse qu'il avait entretenu pendant tellement longtemps et qui s'insinuait de nouveau en lui. Il ouvrit brusquement les yeux.
- Arrête. Il inspira pour se forcer à calmer les battements de son cœur. Arrête, répéta-t-il plus fort.
Dean se recula immédiatement sans le lâcher complètement. Il n'eut pas le temps de plus s'écarter que Castiel faisait volte-face et le bousculait pour s'éloigner. Dean fut déstabilisé et se rattrapa à son bureau. Le temps qu'il retrouve son équilibre et recherche son regard, il était déjà à la porte et celle-ci se refermait sur lui.
Dean resta immobile un instant, se demandant ce qu'il venait de se produire. Il se rhabilla convenablement et sorti dans le couloir. Castiel n'était pas en vue et il devait déjà avoir pris la direction de la sortie. Il entra dans son bureau, referma la porte sur laquelle il s'adossa. Il souffla en se passant une main sur le visage. Putain, qu'est-ce qu'il venait de se passer ?
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