Eh, c'est pas encore en retard ! Mais ça se joue à dix minutes, ouf.
Donc Vendredi, et on y va pour le chapitre 14 ! Dans ce chapitre : un vieux contre un jeunot, et une magicienne. Enfin, un peu de magie.
Merci à Mandala7338 qui a corrigé ce chapitre, et tous les autres ! Woop woop.
Bonne lecture !
Chapitre 14
.
Harry Potter versus la magicienne
— Ouah !
Il n'y avait pas grand-chose à ajouter. L'Arena de Wembley était vraiment beau. Beau et grand, gigantesque même. Sa façade blanche reflétait le soleil couchant avec une lumière éblouissante. Les multiples fenêtres qui constituaient la face vitrée et remplissaient les espaces entre les colonnades de style victorien brillaient du feu orangé du couchant mêlé à la lumière verte et crue des néons.
Harry, conformément à leur plan, laissa bien vite ses deux amis se glisser dans la file des invités tandis qu'il contournait le bâtiment, à la recherche de l'entrée des artistes. Il ne vit rien. Un premier tour, puis un deuxième, rien. Il laissa échapper un juron agacé lorsqu'il repassait pour la troisième fois devant la façade de l'Arena. C'est alors qu'il vit un homme habillé d'un t-shirt noir un peu sale et d'un jean troué aux genoux marcher d'un pas rapide sur le côté du bâtiment et disparaître dans l'angle. Il était équipé d'une ceinture d'électricien de laquelle on pouvait voir dépasser plusieurs tournevis et son air pressé ne laissait aucun doute sur son identité : c'était un des techniciens du concert.
Harry se mit à trottiner pour pouvoir le garder à vue. Lorsqu'il passa la façade du bâtiment, il eut juste le temps de voir le technicien se glisser dans une porte fixée au mur, dissimulée par ce qu'il avait pris pour une simple grille d'aération. Il s'approcha.
La porte était peinte de la même couleur que le reste du mur et avait été taillée si précisément qu'elle ne laissait quasiment aucun interstice. Rien qu'il n'aurait pu voir, en tout cas, tandis qu'il passait là à la recherche d'une grande porte marquée « Artistes » et avec un videur à la carrure de gorille devant.
Harry s'approcha encore. Pour parfaire la dissimulation, la porte n'avait pas de poignée à l'extérieur. Il frappa, une fois, deux fois. Quelqu'un vint lui ouvrir. Le grand gorille qui avait dû faire office de videur lors de l'arrivée des groupes était finalement bien là. Harry dut secouer la tête pour arracher son regard à cette brute énorme dont la carrure rappelait plus un titan qu'un humain. L'homme était vraiment imposant.
— Euh… Bonjour, je suis avec les Awaken Zombies.
Le videur lui jeta un regard suspicieux.
— Vous êtes en retard.
— Je sais, je suis désolé. Métro en rade et je ne trouvais pas la porte.
Harry savait que moins il mentait, plus son plan avait de chance de marcher. L'homme sortit une feuille de sa poche qu'il déplia. Il put y voir le logo du concours à côté de celui du Glastonbury Festival. Sans doute la liste des participants.
— Votre nom ?
— Harry Potter, répondit celui-ci avec espoir.
Il lui tendit sa carte d'identité dans un geste qu'il voulut naturel. Le vigile l'observa brièvement puis la lui rendit d'un geste sec.
— Non, annonça-t-il simplement en fermant la porte.
Harry abandonna cette partie du plan. Il avait de toute façon eu peu d'espoir que cela fonctionne si simplement, il se doutait que le changement avait été signalé aux organisateurs. Par contre, il y avait de bonnes chances pour que cet homme soit un simple agent de sécurité à qui on avait filé une liste sans demander de réfléchir plus avant. Harry comptait là-dessus. Si son baratin prenait, le plan était dans la poche et il se payait une visite des coulisses de l'immense salle en prime.
— Hé ! interpella Harry pour l'empêcher de fermer la porte. Excusez-moi monsieur mais vous êtes bien sûr que je ne suis pas sur… Sur votre liste là ? Ça me parait étonnant.
L'homme la parcourut à nouveau avec un soupir puis répondit simplement :
— Vous n'y êtes pas.
— Écoutez, c'est aberrant ! Je suis le bassiste des Awaken Zombies. Comment vont-ils faire sans moi ? Votre liste à un problème. J'ai fait tous les précédents concerts, je connais même très bien votre collègue du Roundhouse ! Marc, c'est ça ? Un type super.
L'homme sembla perdre son air soupçonneux.
— Vous connaissez Marc ? Et alors ?
Harry poussa un cri de victoire intérieurement. Évidemment, connaître son collègue qu'il avait eu l'occasion de côtoyer lors des longues attentes dans les coulisses du Roundhouse n'allait pas être suffisant pour que l'homme le croie, mais il semblait baisser peu à peu sa garde. Son mensonge ne prendrait que mieux.
— Bien sûr ! Je vous dis, j'ai fait toutes les précédentes étapes du concours. Tenez, regardez !
Il sortit alors les programmes des quarts et demi-finales qu'il avait par hasard encore sur lui et les lui tendit. Sur chacun d'entre eux, son nom figurait en tant que bassiste des Awaken Zombies.
L'homme les regarda, le fixa à nouveau, observa sa liste et le regarda encore.
— Sur ma liste, j'ai un certain Colin Crivey en tant que bassiste.
— En tant que bassiste ? Ça alors ! Ben non, c'est moi la basse. Colin joue de la guitare.
— J'ai Ron Weasley à la guitare et au chant !
— Ah ! Eh bien voilà l'erreur. Ron ne fait que chanter. Colin est à la guitare et j'ai dû être oublié à la basse. Tout s'explique.
Il pria pour que l'homme n'ait pas l'idée de vérifier ses dires sur les programmes qu'il tenait encore en main. Harry fit mine de vouloir rentrer mais le videur lui barra encore la route de sa main.
Harry l'observa avec un air faussement agacé à présent.
— Dites, vous allez me laisser entrer, oui ? Je vous ai donné toutes les preuves que vous vouliez et je suis déjà en retard. J'ai besoin de me concentrer, accorder ma guitare et les autres doivent m'attendre et être morts d'inquiétude…
— Si ce que vous dites est vrai, je suppose que vous ne verrez pas de souci à ce que j'appelle le directeur du concours pour vérifier, grogna l'homme en dégainant son portable.
Harry sentit son estomac tomber quelque part dans ses talons. Le directeur était forcément au courant du changement de programme, jamais il ne validerait ses dires… Tout était perdu si ce type appelait.
— Oh, mais, euh… C'est inutile ! bafouilla Harry. Je… Je suis pressé je vous dis… Ils m'attendent et… Hé, vous m'écoutez ?
Un simple non aurait été la réponse la plus polie. Il ne l'écoutait absolument pas et lui avait même tourné le dos, le portable collé contre son oreille.
Harry attendit en retenant sa respiration, priant pour un miracle. Il se pencha pour observer le couloir qui suivait la porte mais espérer s'y glisser et courir était utopique. Les coursives de la coulisse étaient étroites et encombrées, labyrinthiques, elles ne lui laisseraient aucune chance de fuite. Surtout qu'il allait devoir pouvoir s'y déplacer librement pour espérer rejoindre le public ainsi que Théo et son frère.
Finalement, lorsque Harry fut au bord de l'évanouissement, l'homme se retourna, l'air déçu.
— Impossible à joindre. Personne. Ils doivent tous être assez occupés j'imagine.
— Alors vous allez faire quoi ? Je dois vraiment aller me préparer monsieur…
— Ça va, ça va. Je vous crois. Mais par pitié, si vous êtes un menteur je perds mon job. Donc si vous l'êtes, ne vous faites pas remarquer, je vous en supplie.
L'homme se décala sur la droite pour le laisser passer. Harry n'arrivait pas à en croire sa chance. Ça avait marché !
Il parcourut la coulisse à la recherche d'une entrée vers la salle. Harry aimait bien l'ambiance d'une coulisse. Les coursives étroites formaient un dédale serré dans lequel l'air même semblait vibrer de l'impatience de la scène. C'était dans un tel endroit que les hommes en noir s'activaient, sortaient de nulle part d'un pas pressé et disparaissent là où se trouvaient l'instant d'avant un mur. L'observateur néophyte se sentait bien seul dans les coursives. L'illusion de la scène persistait même en coulisse. Harry y marchait en observant les techniciens fourmiller autour de lui. L'un grimpait une étroite échelle pour aller donner des coups de marteau sur un projecteur, l'autre rampait pour recouvrir un câble blanc d'un large morceau de ruban adhésif noir, un troisième avec un lourd casque audio équipé d'un épais micro murmurait quelque chose à un quelconque interlocuteur caché quelque part dans l'immense salle…
Les coulisses étaient un endroit si spécial…
Harry ne put y traîner trop longtemps. Il avait aperçu la scène et de là n'eut aucun mal à rejoindre le public qui trépignait d'impatience. La salle était gigantesque. Bien plus que tout ce qu'il avait pu imaginer. L'effet de dix mille paires d'yeux braquées sur cet unique plateau de bois était terrifiant… Et aussi incroyablement grisant.
Harry n'avait jamais autant regretté de ne pas pouvoir monter sur scène et jouer avec ses amis.
Une fois perdu dans la foule immense, il dut encore retrouver Théo et Lysander. Instinctivement il essaya de les repérer parmi la foule massée dans la fosse devant la scène mais il ne vit rien. Par ailleurs, vu la foule compacte qui se pressait encore là, il aurait été miraculeux de voir quoi que ce soit.
Il se dirigea instinctivement vers le bar.
Quelques instants plus tôt, Théo et Lysander pénétraient la salle. Elle était immense, à tel point que les deux restèrent sans voix à la vue de la foule qui occupait l'endroit.
— On va dans la fosse hein, Théo ? demanda Lysander en sautillant, surexcité.
Son frère parut inquiet :
— Tu es sûr ? Avec ton bras ? Tu sais, c'est un concert de rock hein, pas une chorale d'enfants de chœur. C'est violent, la fosse.
— Oh allez, Théo ! Je ne suis pas un gamin et mon bras ne me fait plus trop mal ces temps.
— Bon, bon. Mais il faut qu'on passe au bar d'abord. On y retrouve du monde.
C'était une sorte de tradition. Avant chaque concert, ceux d'entre eux qui n'étaient pas sur scène se retrouvaient toujours au bar. Cela incluait habituellement Théo, le Jeune Colin, leurs éventuels amis, les frères et sœur Weasley qui avaient fait le déplacement et depuis quelque temps, Draco.
Effectivement, ils furent bientôt en vue d'un joli garçon aux cheveux blonds presque blancs qui sirotait une bière, l'air inquiet. Théo se frappa le front, ayant complètement oublié que Colin serait en coulisse et Ginny aussi, certainement.
Lorsque Draco les aperçut, il eut un petit sourire crispé. Théo lui adressa un signe de la main avant de le rejoindre.
— Salut.
— Bonjour.
Il y eut un silence. La tension était palpable, même si aucun d'eux n'avait quoi que ce soit à reprocher à l'autre… Lysander se mit à piétiner d'un pied à l'autre, mal à l'aise.
— Ah euh. Draco, je te présente Lysander, mon petit frère.
Draco ouvrit de grands yeux, comme s'il venait de remarquer un ancien ami. Il lui serra la main avec un large sourire.
— Enchanté, Lysander, dit celui-ci avec entrain. Désolé, je ne t'avais pas vu…
— Oui, ça le fait à beaucoup de monde…
Draco parut surpris par la répartie, comme s'il ne s'était pas attendu à ce trait d'autodérision. Il eut un petit rire et continua :
— … mais j'ai beaucoup entendu parler de toi.
— Vrai ? Par qui ?
— Oh, ton frère déjà, qui parle souvent de son petit frère sans vraiment le nommer… Mais surtout par Hermione et le Jeune Colin, pour être honnête. Si tu savais, ils ont été ravis d'apprendre que tu es là et que tu viens les voir. Et comme je ne te connaissais pas, ils m'ont tout raconté. Comment tu es un petit génie qui cache bien son jeu et comment ils t'ont tous aidé à te défendre contre les imbéciles, à l'époque…
Lysander se sentit rougir. Ce type le troublait. Il se souvenait, bien entendu, de qui il était. Le petit-ami de Harry avec lequel les choses se passaient mal… Ce qui semblait expliquer l'embarras de Théo à se retrouver seul avec lui. Mais ce Draco avait quelque chose d'étrange qui émanait de lui. Ce n'était pas désagréable, au contraire. Cela donnait au jeune adolescent l'envie de mieux connaître ce garçon et d'où lui venait ce… charme étrange.
En tout cas, il comprit un peu mieux comment Harry avait pu tomber amoureux d'un garçon comme celui-ci. Il semblait en effet parfaitement digne d'un tel amour, en tout point du terme.
— Oh, ce n'est pas grand-chose…
— Et comment tu t'es fait ça, au bras ? demanda Draco sur le ton de la conversation. C'est ton dernier règlement de compte qui a mal tourné ?
Lysander n'était pas au courant des agissements de la Ligue. Théo et Harry avaient préféré ne pas lui avouer qu'il avait été blessé par cette histoire complètement absurde et ils ne lui avaient donc pas dit qui était Chang. Malheureusement, avant que Théo ne puisse l'arrêter, Lysander répliqua :
— Oh, non. On s'est fait agresser à la sortie de la gare en arrivant, par une espèce de ninja folle qui m'a déboîté l'épaule pendant le combat. Elle s'appelait Cho Chang.
Draco, qui venait de prendre une gorgée de bière se mit à suffoquer en recrachant ce qu'il avait dans la bouche. Son sursaut le fit renverser le reste de son verre au sol tandis qu'il était pris d'une quinte de toux violente. Entre deux toux sèches, il articula, les larmes aux yeux :
— C'est… Cho Chang… Qui t'a fait… Ça ?
Lysander hocha simplement la tête, l'air surpris.
— Tu la connais ? demanda-t-il, l'œil soupçonneux.
Alors, Draco, qui reprenait peu à peu ses esprits, pu voir Théo lui faire le signe précipité de se taire et ne rien révéler. Sans spécialement comprendre la raison, Draco obéit :
— Euh… Non, j'ai dû confondre. Je ne connais aucun ninja en fait.
Théo parut soulagé, bien que Lysander le regardait toujours d'un air un peu suspicieux. La conversation continua cependant, maintenant que la glace était brisée. Quelques minutes plus tard, Théo s'échappa pour aller aux toilettes avant le début du concert.
Lysander joua un peu de ses pieds, mal à l'aise. Il n'appréciait pas se trouver seul avec ce mec de quatre ans son aîné et qui lui donnait à ce point envie de faire des trucs stupides… comme des câlins.
— Alors, euh… Tu sors avec Harry ?
Draco se trémoussa sur sa haute chaise de bar, l'air gêné. Son regard se perdit dans le vague.
— Hem… C'est un peu compliqué en ce moment.
— Je suis au courant.
Alors, Draco fixa sur lui deux yeux d'un gris métallique, ce qui eut le don de le rendre encore plus mal à l'aise. Lysander sentait son cœur battre sous sa main immobilisée, et une étrange chaleur se répandre dans son ventre. Ce mec avait de beaux yeux. De très, très beaux yeux. Et dans ces yeux, il eut l'impression, pendant un vague instant, de pouvoir lire toute la détresse du monde.
Un espèce d'appel au secours. Comme si lui, le geek surdoué de seize ans incapable d'être aimé par une fille de son âge et bizarrement touché par un garçon trop vieux pour lui, comme si lui, le mec socialement inapte à tenir une conversation sans rougir au moindre sous-entendu salace pouvait arranger un truc aussi complexe qu'un couple qui impliquait Harry Potter. Auquel il fallait ajouter ce mec étrange, par-dessus tout.
Alors pourquoi avec tout cela en tête, pourquoi avait-il répondu un truc aussi stupide que :
— Tu sais, tu lui manques vraiment je crois.
Et voilà, il était impliqué désormais… Impliqué et mal à l'aise, car il n'avait aucune idée de ce qui l'avait poussé à dire cela.
Enfin, si, pour être honnête. D'abord il y avait eu cette conversation où Harry lui avait parlé de Draco comme s'il était la chose la plus précieuse de sa petite vie. Puis il y avait eu ces nuits où il s'était laissé réveiller par le brun qui parlait dans son sommeil. Il laissait souvent échapper le nom de Draco, sur divers tons. Dont certains auxquels il ne voulait même pas penser.
— Ah…
— Et vu ta tête, je suis persuadé que c'est réciproque…
Draco posa sur lui un nouveau regard, mais plus sec cette fois-ci. Moins troublant. Comme s'il voulait lui dire de se la fermer, qu'il n'était qu'un gamin. Lysander se sentit rougir, mais il soutint le regard. Le blond n'ajouta rien de plus et soudain, le jeune adolescent se sentit prit d'une envie de s'expliquer :
— Écoute, je sais que tu dois te dire que je suis qu'un imbécile et un gamin, et pleins d'autres trucs. C'est normal. Mais si Hermione et les autres t'ont bien raconté mon histoire, tu dois te douter d'à quel point ma vie était difficile à supporter avant que je rencontre Harry. À la maison, c'était mon frère mon modèle et quand il n'a plus été là, je n'ai eu personne à qui parler. Mes parents sont trop…
Il fit un signe autoritaire, comme pour dessiner un carré dans l'air.
— … et j'ai vraiment cru que je n'allais pas supporter la fin de mon lycée. Les cours étaient chiants, les autres étaient stupides et pire que tout : ils étaient méchants. Stupidement méchants. Alors quand j'ai rencontré Harry, et qu'immédiatement, sans même savoir qui j'étais, il a donné une semaine entière de sa vie pour moi, pour que j'aille mieux, simplement parce que j'étais le petit frère de son meilleur ami, j'ai repris confiance. Il m'a redonné confiance. En moi, déjà, mais aussi en les autres et en l'avenir.
Draco ne disait rien. Il écoutait, les yeux ne fixant rien. Il écoutait, simplement, le récit du jeune garçon.
— Mais mieux que tout : j'ai pu parler avec lui. C'est un excellent confident. Tu sais, j'ai pu parler avec lui de tout ce que je n'osais pas aborder avec mon frère. Genre les filles, et ces trucs. Je lui ai raconté toute ma vie, et il m'a écouté. Il avait dix-huit ans à l'époque. On croirait qu'un mec de dix-huit ans serait saoulé à l'idée de passer ses journées avec un gosse pleurnichard, petit et faible qui avait à peine quatorze ans. Pas Harry. Harry, lui, il passait encore ses soirées à m'écouter. Et j'avais besoin de cela. Ce séjour d'une semaine, j'en suis reparti plus heureux et confiant que jamais. Entièrement grâce à ce gaillard-là.
Draco avait un petit sourire aux lèvres à présent. Il se souvint alors, toutes les nuits qu'ils avaient passé à parler, simplement parler, lorsque Harry refusait encore de se laisser aller dans son lit…
— Quand je l'ai revu, la fois d'après, c'était pendant sa grande dépression. Après la rupture avec Lavande. Il était… Il était terrible à voir. Dévasté. Je crois que je n'avais jamais rien vu d'aussi triste. Tu sais, c'était comme de voir quelqu'un que tu as aimé s'éteindre à petit feu. C'est infiniment triste et tu ne peux rien y faire. Il ne parlait presque pas, il était amorphe, l'œil vide et éteint. J'ai essayé de lui redonner le moral, comme il l'avait fait pour moi mais il était déjà perdu si loin… Avec le recul, il était tombé droit dans la fosse de laquelle il m'avait sauvé quelques mois avant. En partant, à la fin de la semaine, j'avais envie de pleurer tellement ce spectacle avait été pitoyable. Pire que tout avait été de voir mon frère s'acharner à essayer de l'aider, sans que rien n'y fasse.
Le blond avait perdu son sourire. Il fronçait les sourcils, comme s'il pouvait ressentir ce que Lysander racontait.
— Je l'ai revu une seule autre fois, depuis. Il allait bien mieux. Et il m'a dit que c'était aussi grâce à moi. Que même s'il ne disait rien pendant sa dépression, il n'aurait sans doute pas réussi à s'en sortir sans la présence quotidienne de Théo à ses côtés et mon sourire pendant cette semaine. C'est ce qu'il m'a dit, en tout cas. Et il s'est excusé d'avoir été si horrible quand j'ai été là… Et maintenant, voilà que je suis ici pour trois semaines, et je le retrouve dépité, pris entre deux feux, alternant entre joie et tristesse… Parfois il a les larmes aux yeux, le matin, quand il se lève pour aller au travail. D'autre fois, il rentre avec un immense sourire. Je ne sais pas ce qui cloche, mais j'ai ma petite idée. Car je sais un seul truc : j'étais comme ça aussi quand je me faisais emmerder au lycée. Au bord du gouffre. Je sais qu'il est au bord du gouffre, même s'il essaye de le cacher derrière ses sourires. Je le sais : je faisais pareil.
— Et quoi, que veux-tu que je fasse ? grogna Draco avec ressentiment.
Il semblait presque en colère, comme si le récit venait de déclencher en lui une tempête de sentiments et émotions qui ne pouvait s'extérioriser autrement.
— Je ne sais pas. Mais avec toute cette histoire, je ne voulais que dire ceci : Harry est quelqu'un de bien. Il n'est vraiment pas mauvais. Je le demande à toi, parce que je sais ce qu'il ressent pour toi. Ne lui faites pas de mal, s'il vous plaît. Toi et les autres. Lavande était une infinie salope qu'il a réussi à oublier, mais toi, tu n'es pas comme elle…
— Eh ben, je te remercie, grinça Draco, un peu agacé par ce gosse et ses mots qui l'atteignaient si précisément.
— Tu sais ce que je veux dire, Draco Malfoy. Harry m'a sauvé alors que rien ne l'y obligeait. Il est le seul exemple que j'ai d'un mec foncièrement bon et désintéressé. Il est juste… Il est juste lui. Et être lui, ça veut dire être quelqu'un de si attentionné qu'il s'en oublie lui-même. Je ne veux pas qu'il subisse tout un tas de choses qu'il n'a pas mérité, seulement parce que, pour une fois, il se faisait passer avant les autres… Même s'il l'a fait comme un imbécile.
— Oui, on peut dire ça, oui.
Lysander hocha la tête.
— Ça prouve bien qu'il n'a pas l'habitude.
Draco eut un petit rire. À nouveau, il plongea le regard dans les deux yeux bruns du jeune garçon.
— Tu es un gosse tout à fait singulier, Lysander Nott. Quand je pense que toi et le Jeune Colin avez le même âge… Je comprends son surnom désormais.
Lysander aimait bien Colin, tout de même. Il lui était sympathique et tous deux appréciaient d'avoir quelqu'un de leur âge avec qui discuter, de temps en temps. Théo revint enfin des toilettes en pestant après les cohues, mais il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que Draco disparaissait dans la foule, vers la scène.
— Eh ben ?
Comme pour répondre à sa question, Harry apparut, l'air essoufflé.
— Je me doutais bien que vous étiez là, salua-t-il en hochant la tête. Je viens de voir Draco décarrer comme s'il avait le diable aux trousses. Juste quand il me voit… Je suis sûr qu'il l'a fait exprès. Pff, c'est pas gagné, soupira-t-il.
— Le vigile t'a laissé passer ?
— Ouais. Je l'ai embrouillé. Mais j'ai eu de la chance.
Ils ne purent poursuivre leur conversation. Un énorme roulement de tambour emplit la salle qui, en un instant, fut plongée dans le noir. Les projecteurs se braquèrent sur le plateau tandis qu'une musique d'ouverture plutôt rock annonçait le spectacle.
Sur les côtés de la scène, deux écrans monumentaux venaient de s'éclairer et diffusaient une animation du logo du festival.
— Mesdames, messieurs, annonça une voix entraînante sortie de nulle part. Bienvenue à la finale de la septième édition de l'Emerging Talent Competition du Glastonbury !
Il y eut un tonnerre d'applaudissements.
— Mes amis, ce soir, l'apothéose de l'unique concours de talents dont vous êtes l'unique juge ! Ce soir verra s'affronter les deux meilleurs étoiles montantes de toute l'Angleterre. Mesdames et messieurs, merci d'accueillir les outsiders… LES AWAKEN ZOMBIES !
Il y eut une nouvelle salve d'applaudissements. Au même moment, les écrans s'allumèrent du logo de leur groupe ainsi que d'un vieux visuel un peu ringard. Harry eut une grimace. Ils avaient fait ce logo et ces photos d'eux-mêmes il y a plusieurs années et n'avaient jamais eu l'occasion de les renouveler. Mais le son de douze mille personnes qui tapaient dans leurs mains au même moment donna des frissons dans tout son corps et sa gêne fut bien vite oubliée. Qu'est-ce qu'il aurait aimé être en scène à cet instant, peu importe avec quel logo…
— Face à eux nous retrouverons les mythiques… DIRTY PRETTY BOMBS.
Les applaudissements furent plus longs et plus puissants encore. Même Harry se surprit à frapper furieusement dans ses mains. Pourtant, il était partagé entre la joie et l'angoisse. Les Dirty Pretty Bombs étaient encore plus connus qu'Anal Retirement, le groupe de Lavande Brown. C'était des adversaires sérieux, et bien qu'il fut ravi d'avoir une chance d'assister à un de leur concert, il ne pouvait s'empêcher de craindre pour leur victoire. Le Glastonbury, le plus grand festival d'Angleterre, et un contrat avec Greengrass Records… Tout cela semblait si proche désormais… Mais ils avaient été capables de battre Lavande Brown. Pourquoi pas ces types ?
Apparemment, les Awaken Zombies allaient ouvrir le bal. Harry, malgré toute sa rancœur et son regret de ne pas être sur scène avec eux ne put s'empêcher de taper des mains, trépigner et crier furieusement lorsqu'il vit ses amis monter sur scène.
Ron avait un regard déterminé. Il eut un petit salut pour la foule puis brancha immédiatement sa guitare à l'ampli qu'on avait préparé. À son pied sa pédale à effet, face à lui le micro. Il semblait plus prêt et plus confiant qu'il ne l'avait jamais été. Cela était sans doute un des effets positifs du remplacement de Harry. Hermione gardait son habituel visage fermé, encore que ses lèvres semblassent plus pincées que d'ordinaire. Comme si elle menaçait de laisser échapper un flot de jurons bien sentis si elle venait à se relâcher.
Mais le pire était le visage du Jeune Colin. Il semblait absolument terrifié. Harry le comprenait, malgré qu'il ait espéré qu'il en soit autrement. Il avait vu la salle pleine depuis la scène et le résultat était terrible. Colin paraissait horriblement pâle et même un peu nauséeux. Il avait les lèvres serrées, ses yeux faisaient tout pour éviter de voir le public – ce qui était purement impossible à moins de lui tourner le dos. Il avait une très jolie guitare basse à la main, que Harry ne put identifier de si loin, même avec ses lunettes. Malgré son air nauséeux, il paraissait déterminer à faire ses preuves.
— Oh, Théo ! On peut aller dans la fosse ? S'te plaît, s'te plaît ! Je me ferais pas mal, promis ! C'est nul vu depuis le bar !
Harry détourna le regard. Ils étaient en effet toujours au bar avec Théo, qui semblait inquiet et Lysander qui paraissait frétiller de joie. Ou de frustration due à son incapacité à applaudir ou à sa position dans la salle.
Son regard fut attiré par une étrange fille au visage plutôt joli mais dont les vêtements semblaient complètement incongrus : une veste noire à queue de pie sur une sorte de chemise largement rayée verticalement de blanc et de noir. Un chapeau très haut-de-forme ornait sa tête et ses cheveux étaient tirés en une longue queue de cheval. Lorsque Harry vit ses deux gants blancs manipuler un paquet de cartes à jouer, il comprit que ce devait être une sorte de magicienne pour amuser la galerie.
— ON EST LES AWAKEN ZOMBIES ! ET ON EST LA POUR DEVENIR CONNU, NOUS VENDRE ET AVOIR DU POGNON ! UN, DEUX, TROIS, QUATRE !
Harry se surprit à rire jaune de la débile phrase d'ouverture de Hermione. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir ce pincement au cœur dans sa poitrine. Cette manière d'annoncer leurs concerts était venue au fil du temps et c'était le petit plaisir de leur batteuse de choisir un truc débile à crier. Il reconnut avec un autre pincement au cœur les premiers accords de « Flagada Jones », leur chanson originale favorite avec laquelle ils ouvraient presque tous leurs concerts.
Pourtant, encore une fois, il oublia plutôt rapidement ses regrets et sa rancœur pour se laisser aller à la musique. Il fredonnait les paroles en même temps que Ron et ses doigts mimaient les déplacements sur les frets d'une guitare basse invisible. Il était étonnement surpris par la qualité du jeu de scène de Colin, qui avait perdu toute trace de trac. Il souriait, jouait en prenant des poses de rocker et se laissait lui aussi aller au rythme de la musique.
Plusieurs chansons passaient ainsi et Harry trouvait le résultat général très satisfaisant. Colin assurait sa place avec un panache sans pareil et Ron mettait dans sa voix une foule de choses qu'il ne lui avait jamais connue. C'était impressionnant et vraiment bon.
Pourtant, le public ne semblait pas aussi enthousiaste que lui. La foule dans la fosse ne s'agitait pas comme elle le devrait pour un concert de rock classique. Les applaudissements étaient bien moins nourris à présent et beaucoup de personnes se détournaient du concert pour rejoindre le bar. Harry se sentit désemparé. Qu'est-ce qui pouvait bien aller mal ? Lui-même, s'il avait été sur scène en cet instant, aurait été incapable de l'expliquer.
C'est alors que la fille au chapeau arriva à leurs tables. Elle avait un visage volontairement mal maquillé, avec un rouge à lèvre qui avait débordé de partout et du fond de teint rose sur le nez et les pommettes. Elle avait un grand sourire et semblait autant assumer sa fonction de clown que de magicienne.
— Hé les gars ! Salut, ça va ?
Sans même leur laisser le temps de répondre, elle ouvrit grand la bouche dans une grimace grotesque et en sortit un paquet de carte. Ou plutôt, elle fit semblant d'en sortir un paquet de carte, bien que l'illusion était parfaite. En plus de cela, Harry n'avait aucune idée d'où sortaient ces cartes car elle avait bien pris soin de remonter ses manches.
Harry et Théo eurent un sourire tandis que Lysander rigolait. Il avait cessé d'écouter le concert lorsque cette fille les avait abordés et paraissait à présent bien plus absorbé par les tours de magie.
— Toi, beau brun ! Choisis une carte !
Harry s'exécuta de bon cœur bien qu'il aurait préféré voir le concert de ses amis. Mais les tours de magie étaient amusants et le visage jovial de cette fille lui donnait envie d'assister à son petit show. Le concert durerait suffisamment longtemps quoi qu'il arrive.
Il piocha une dame de pique.
La magicienne lui fit signer la carte à l'aide d'un marqueur puis, sans la regarder, la glissa de nouveau dans le paquet, suivant les ordres.
— À présent, messieurs, hop ! Ce n'est pas cette carte ! Ce n'est pas cette carte !
Tandis qu'elle parlait, elle jetait une à une des cartes qu'elle prenait au hasard dans son paquet, sans qu'aucune d'elles ne porte la signature de Harry.
— Ce n'est même aucune de celles-ci car c'est… CELLE-CI !
Elle jeta alors son paquet de carte en l'air, toujours avec un grand sourire volontairement un peu niais, de telle manière que, dans sa main gantée, ne se trouvait plus qu'une seule carte. Elle la retourna et la pointa sous le nez de Harry.
Il dut se reculer pour bien voir la carte. Ce n'était pas sa dame de pique. Ce n'était même pas une vraie carte. Au lieu de multiples symboles ou d'une figure, on pouvait distinguer une étrange inscription rouge.
Celle-ci était presque entièrement recouverte par du marqueur noir : sa signature. C'était le plus étrange : Harry n'avait pas signé cette carte. Pourtant sa signature s'y retrouvait de la même taille et dans la même position, exactement comme il l'avait faite sur une dame de pique.
— Oh, mais comment…
Il parvint alors soudainement, à la faveur d'un projecteur en mouvement, à distinguer l'inscription en rouge de la carte sous sa signature. Il était écrit en grosses lettres capitales rouges : « VA TE FAIRE FOUTRE, HARRY POTTER. »
— Mais qu'est-ce que…
Il n'eut pas le temps d'en dire plus qu'il se prit un gros poing en pleine face. Lysander eut un petit cri horrifié tandis que Théo sursautait sous la violence du coup. Harry bascula par-dessus sa chaise de bar et s'effondra au sol comme un pantin désarticulé, sa tête heurtant le plancher avec un bruit sourd.
Évidemment, autour d'eux, personne ne réagit. Les combats contre la Ligue passaient presque toujours inaperçus au milieu des foules immenses. C'était à se demander si ces personnes avaient vu ce qu'il s'était passé et le coup gratuit qu'il venait de se prendre. Pourtant, il était impossible que personne ne l'ait vu : il était au milieu de la foule du bar !
Lorsqu'il releva les yeux, il vit que la magicienne n'avait plus son chapeau, ni son air amusant. Au lieu de cela, elle paraissait à présent complètement folle, avec son maquillage de clown. Les yeux exorbités, elle écumait de rage. Le changement était effrayant.
— HARRY POTTER ! cria-t-elle au milieu de la foule.
Les gens semblaient particulièrement décidés à les ignorer. Théo s'était placé devant Lysander, les poings levés en position de défense. Il semblait déterminer à ce que son petit frère ne subisse plus les effets secondaires des attaques des ex. Enfin, s'il s'agissait bien de cela. Elle semblait en être une, en tout cas.
— Je suis Katie Bell, et je suis le huitième membre de la Ligue des Ex Maléfiques de Draco Malfoy. Considère-moi comme le boss final ! YAAAH !
Harry roula sur lui-même pour esquiver le coup de pied. Il se releva et répondit :
— Boss final ? Et Astoria alors ? Après tout ce que j'ai subi à cause d'elle, crois-moi, j'ai particulièrement envie de lui faire bouffer son dentier.
La fille lui jeta un regard méprisant.
— Astoria n'aura pas à bouger de là où elle est. Puisque je vais te tuer ! Yaaaaah !
Il y eut une nouvelle attaque du pied, que Harry esquiva à nouveau assez facilement.
Cette fille n'était pas aussi subtile dans ses attaques que les trois précédents. Cela lui paraissait même plutôt étrange, car Harry avait été habitué à subir des choses bien plus compliquées depuis qu'il avait battu Parkinson. Il avait eu l'impression, au fil des combats, que la difficulté s'accentuait chaque fois, culminant avec Cho Chang et les cris terribles de Lysander. Or, niveau difficulté, cette fille se plaçait quelque part entre Parvati Patil et Pansy Parkinson. C'était étrange.
Tous les deux se fixaient comme deux boxeurs qui essayeraient de se mettre KO du regard plutôt que des poings. Soudain, Katie Bell rompit leur puérile bataille, tourna les talons et s'enfonça avec précipitation dans le public, en direction de la fosse.
Harry se mit immédiatement à lui courir après mais Théo l'interpella :
— Harry ! Tu sais très bien ce qu'elle veut. Pas pendant le concert, je t'en prie ! Ça ne peut qu'aggraver les choses.
Il réfléchit à toute allure. Théo avait raison, ces combats pendant les deux derniers concerts avaient à chaque fois été la cause d'une nouvelle engueulade. Pourtant, lors de la demi-finale, cela avait aussi été ce combat qui leur avait permis de gagner le concours. Leur rage destructrice avait alors eu l'effet d'un électrochoc sur le public.
Il ne ressentait plus cette rage, mais il avait envie de faire quelque chose pour ses amis. Et soudainement, avec un petit sourire en coin, il eut une idée. Peut-être bien arriverait-il, s'il se débrouillait convenablement, à résoudre deux soucis d'un coup. Il se tourna vers Théo et lui répéta :
— Tu sais bien que je ne frappe pas les filles. Fais-moi confiance. De toute façon, les choses ne peuvent plus empirer, désormais.
— Tu ne devrais pas, Harry, soupira Théo. Mais je sais que tu peux faire beaucoup de bonnes choses quand tu es dans cet état. À toi de voir, conclut-il.
Harry tourna les talons et disparut à son tour dans la foule.
— Bon sang, Théo ! Qu'est-ce qu'il se passe à la fin ? Qu'est-ce qu'il y a de si dangereux ? Et pourquoi ces gens nous agressent sans raison ?
Théo soupira à nouveau.
— Écoute, Lysander, pas maintenant. Les choses sont plus graves qu'elles n'y paraissent.
— Et je suis trop con pour comprendre ?
— Je n'ai pas dit ça, bordel ! se défendit Théo avec véhémence.
— Alors quoi ? gronda l'adolescent avec colère. Trop jeune ? Trop fragile ? J'en ai marre d'être spectateur de tout. Je ne laisserais pas mon ami se faire tabasser.
Il sauta sur le côté d'un seul coup pour échapper au protectorat de son frère, puis il courut à son tour en direction de la fosse et de la foule du concert, trottinant avec son bras en écharpe.
— LYSANDER ! NON !
Trop tard. Il avait disparu dans la foule.
Merci de m'avoir lu. J'espère que ça vous a plu !
La suite la semaine prochaine, n'hésitez pas à laisser un petit message !
Cheers,
Vince.
