Chapitre 14 : Cacophonie enclenchée
En parfaite harmonie, leurs visages se rapprochèrent, leurs yeux se fermèrent, leurs lèvres s'effleurèrent…
Le baiser débuta. House prenait soin de ne pas brusquer la jeune femme, essayant d'immortaliser le moment autant pour lui que pour elle. Un moment pensait-il parfait. Il caressa doucement le dos de la jeune femme, tandis qu'elle laissait balader sa main valide sur le torse de l'homme – son homme, le sien, juste en cet instant. Elle évitait à la perfection le plongeon dans ses pensées, préférant se rappeler de chaque mouvement qu'ils entreprenaient. Ils entendirent subitement un bruit, un grincement aigu. Mais rien ne pouvait les arrêter en cet instant même. Mais ce « rien » là n'incluait pas cette voix, signe de la présence d'une personne possédant une voix furieuse et terriblement sonore.
« Allison ? »
Celle-ci se détacha brusquement de l'homme au-dessous d'elle – il était redevenu un homme, plus le sien. Elle se redressa et vit le visage cramoisi de Chase. Ce dernier, choqué par la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux, serrait les poings et fixait House d'un regard presque semblable à celui d'un tueur – mais bien sûr un regard incomparable à celui de House qui, lui aussi, l'observait d'un œil mauvais, bien plus effrayant soi dit au passage. Ils étaient avides de savoir lequel des deux cèderait en premier, par peur du regard de l'autre. House gagna la partie. Il finit par se retourner vers Cameron et la pousser légèrement sur le côté du plus soigneusement qu'il le pouvait, faisant gaffe de ne pas la bousculer. Ce verbe qualifiait parfaitement ce qu'il se passait dans les pensées de Cameron.
« Chase… est revenu. Non, je ne peux pas y croire, pas maintenant… Juste quand je passe un cap avec l'un, l'autre débarque sans crier garde et rompt tout le charme… C'est impossible, je dois être maudite. Ou alors je suis dans un mauvais rêve, quoique pas si mauvais vu que House et moi nous sommes enfin embrassés ! Et puis ma « drogue » maintenant partie, je recommence à avoir mal à la main… Mais dans quel pétrin je me suis encore mise ? Chase ne risque pas de m'aider à comprendre, ni House d'ailleurs… Il suffit que j'arrête de réclamer de l'aide pour que justement, on m'aide… Et si j'arrêtais tout simplement de me plaindre ? Peut-être que les soucis s'arrangeront… C'est bien une méthode à la House ça, mais justement, je ne suis pas House. Malheureusement. »
Elle remarqua à peine que House s'était levé avec pour intention de sortir.
« House, non ! appela-t-elle tout de même, ne voulant pas perdre sa précise mine d'or qui lui apportait tous ces soucis. »
Il s'arrêta mais ne se retourna pas. Sa canne tremblait sous la pression qu'elle devait supporter, un peu comme lui-même.
« Restez… souffla Cameron. »
Finalement, il se retourna. Il passa son regard d'Allison à Chase, mais il fit un bref arrêt sur les yeux de Cameron. Un simple regard leur permis de comprendre les pensées de l'autre. Cameron se leva en un bond.
« Il n'a tout de même pas l'intention de me laisser seule maintenant ? »
Chase barra la route de la jeune femme. Il avait une lueur dans les yeux qui faisait comprendre à cette dernière que ses intentions ne s'arrêteraient pas là.
« Chase, laisse-moi passer veux-tu ? lâcha-t-elle sèchement.
- Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser partir comme ça ? s'exclama-t-il. »
Le visage du chirurgien s'empourprait de colère au fur et à mesure qu'il repassait la scène dans sa tête.
« Et tu ne crois quand même pas que je vais écouter tes ordres simplement parce que tu es enfin là ? finit-elle par dire. »
Elle regretta ses paroles quand elle vit qu'il méditait ses paroles.
« Mince ! Il va penser que je l'attendais, à tous les coups. Encore mieux, il va s'en servir pour mener la vie dure à House… Je m'enfonce de plus en plus dans ma galère, et j'ai entraîné House en plus… pensa-t-elle, le détestant de plus en plus – se détestant elle-même également. »
Elle fit un pas sur le côté mais il l'imita, refusant de la laisser aller plus loin.
« Chase, ne fais pas l'enfant et laisse-moi passer ! Je n'ai pas envie d'y passer des heures…
- Je refuse de me dire que tu as osé aller voir House !
- Je fais ce que je veux, quand je veux et où je veux ! Et surtout avec qui je veux – du moment que ce n'est pas du harcèlement – et tu n'es pas là pour te mêler de ma vie privée !
- Je fais parti de ta vie privée, mais il semble que ta mémoire soit réduite à la dernière cajolerie de House ?
- Tu es censé faire parti de ma vie privée, ce qui totalement différent. Si tu avais le moindre respect pour moi, tu ne partirai du jour au lendemain sans aucune explication ! La franchise, ça existe.
- Je suis là pour quoi à ton avis ?
- Aucune idée ! Tu comptais peut-être faire foirer mes plans, ou alors tu pensais effectivement que j'avais oublié que tu étais parti ?
- Je suis revenu dans cette maison, auprès de toi. »
Allison lança un furtif regard à House. Il observait la scène depuis son début, guettait les moindres mouvements de Cameron pour voir si elle tenait le coup. Elle était sur le point de craquer, elle n'arrivait jamais à dire « non » à quelqu'un qui l'avait aidé dans sa vie. Elle voulait de l'aide, un peu d'aide. Mais la seule personne capable de lui fournir cette aide était House, mais il ne fallait pas compter sur ses intensions.
« Tu n'aurais quand même pas l'audace de me virer d'ici ? dit Chase d'une voix doucereuse, ou plutôt suppliante. Rien à voir avec le charme de House. »
Elle trembla à cette phrase. Il n'avait plus d'appartement, et elle n'aurait pas le cœur à le laisser dehors. Elle se sentit soudainement dans la même situation qu'avec House. Elle devait faire un choix, qui pouvait lui coûtait cher, certes, mais elle devait. Sauf qu'elle ne pouvait pas vivre avec deux hommes dont un qui l'aimait et croyait que c'était réciproque, et l'autre elle ne savait pas précisément ce qu'elle ressentait pour lui. Elle lança un autre coup d'œil à House, il n'avait pas bougé d'un pouce mis à part le fait qu'il la fixer plus intensément encore. Ce regard la mit mal à l'aise et elle en oublia presque la question.
« Allison ? appela Chase du même timbre.
- Tu… t'es débrouillé pendant quatre jours. Ce… ne serait pas cruel de ma part de te mettre à la porte, si ?
- Parce que tu crois que c'est pas cruel de me montrer un… un… »
La fureur qu'il exprimait l'empêcha de terminer sa phrase, bien qu'elle comprit aussitôt à quel épisode il faisait référence. Elle ne mettrait jamais ses problèmes sur le compte du baiser qu'elle avait échangé avec House, d'une part parce qu'elle n'en avait pas le courage, d'autre part parce qu'elle avait trop aimé ce moment pour le faire finir aussi sinistrement.
« Tu pars, à l'improviste, du jour au lendemain. J'apprends que tu es bien plus qu'un ami avec Treize. Tu crois que je vais réagir comment ? répondit-elle, agacée.
- Je ne pensais pas que tu serais aussi lâche pour aller voir ce crétin de drogué.
- Apparemment il n'y a pas de grandes différences entre un drogué face à la drogue et un koala face à du bambou ou je ne sais quoi d'autre.
- Tu m'insultes ? Je n'y crois pas. Je savais que tu pleurais dans ton coin, je viens te consoler, et comment je repars ? »
Elle lâcha prise à cet instant. Elle tomba dans le doute : devait-elle vraiment le virer ? Entre House et Chase, le choix était vite fait mais ce serait cruel dans n'importe quelle situation. House considéra un peu mieux la phrase qu'avait prononcée Chase :
« Alors comme ça il savait qu'elle pleurait dans son coin ? Et comment le savait-il ? Sûrement parce que Treize le lui avait dit, puisque c'est justement Treize qui a fait pleurer Cameron. Je ressens de plus en plus de haine envers ce koala – merci à Cameron d'avoir repris cette bonne expression – et pourtant je ne sais toujours pas pourquoi. Enfin, si, je sais pourquoi. Je veux seulement conserver ma place dans cette maison ! Eh oui c'est important de dormir bien confortablement, surtout quand je suis si bien hébergé par une jolie femme qui s'occupe de la cuisine, du ménage, et tout et tout… Une jolie femme qui raffole de moi, quoi. Chase ne s'en sortira pas comme ça…
- Va-t-en, on remettra cette question à plus tard, conclut-elle. »
Préférant ne pas insister, il sortit. Elle fut soulagée de ce retrait. D'une certaine manière, elle menait la « partie » pour le moment. Elle se plaqua une main sur le front. Sa galère lui paraissait tellement immense qu'elle avait l'impression que sa tête allait exploser.
« Ecoutez, je… »
Elle leva la main et House s'interrompit. Il attendit, elle aussi. Mais ils ne savaient pas vraiment quoi. Le portable de House sonna, mettant fin à cette attente. Voyant qu'il s'agissait du numéro de l'hôpital, il hésita.
« Le moment n'est pas le bon… Mais en même temps, ça romprait le silence, songea-t-il. »
Finalement, il décrocha. Il émit un grognement pour le faire signaler, et il n'eut pas besoin de plus.
« House !, s'exclama la voix de Foreman.
- Qu'est-ce que vous me voulez ?
- Le patient a vomis du sang, répondit Kutner. »
House comprit qu'ils avaient mit le téléphone en haut-parleur. Il s'éloigna de Cameron pour ne pas qu'ils découvrent qu'il était en sa présence.
« Combien de temps pour stopper l'hémorragie ? demanda House une fois dans la chambre.
- Environ un quart d'heure.
Fièvre, éruption cutanée, diarrhée, hémorragie… se rappela House.
- Sa fréquence cardiaque est à combien ?
- A peine plus élevée que la normale… Quatre-vingts sept, répondit Treize, mais son pouls est régulier.
- Quel âge a-t-il ?
- Vingt-cinq ans. Nous avons cherché des virus, qui… Qu'est-ce que tu fais-là ? »
House comprit que la question n'était pas pour lui, mais pour une personne qui venait de rentrer.
« House n'est pas là ? fit une voix de l'autre côté du téléphone.
Chase ! Bon sang ! pensa House.
- House vous êtes là ? appela Treize. »
Bip bip bip. House lui avait raccroché au nez. Il enfila rapidement son manteau et alla dans le salon. Cameron se trouvait sur le canapé, allongée, dénuée de tout sentiment. En réalité, elle était plongée dans ses pensées, à chercher une solution. Elle entendit House arriver, mais ne broncha pas.
« Cameron ? »
Elle répondit à l'aide d'un soupir. Il se plaça devant elle pour l'obliger à le regarder, puis il attendit qu'elle sorte de sa « transe ». Une fois fait, elle plongea dans ses yeux bleus, inconsciente que le temps courait à vive allure. House détourna le regard rapidement, malgré lui.
« Cameron, c'est Chase, il… tenta-t-il. »
Le nom « Chase » la fit réagir. Elle s'assit sur le fauteuil et ne cacha pas son anxiété.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il a encore fait ? s'exclama-t-elle.
- Il est arrivé à l'hôpital, il est dans mon bureau, et… »
Elle ne le lui laissa pas le temps de terminer sa phrase qu'elle s'était déjà levée. Elle mit rapidement sa veste tandis que House la regardait faire, impuissant. Elle s'apprêta à sortir quand il se décida enfin.
« Non, j'y vais, lui dit-il. »
Elle fit volte-face et le regarda avec peine.
« House. Je suis responsable, pas vous. Je n'avais qu'à être plus prévenante, souffla-t-elle – un côté masochiste ressortant subitement.
- Et qu'est-ce que vous allez lui dire ? Qu'il revienne ? Dans tous les cas vous êtes perdante, car non seulement ils seront tous au courant de notre cohabitation, mais en plus vous devrez vous coltiner Chase !
- Ce sont mes problèmes. J'improviserai, ça ira. Hors de question que vous y allez, ou même que vous m'accompagnez. Restez ici.
- Je vous accompagne si je le souhaite. J'ai ma moto, vous avez votre voiture. Où est le problème ?
- Le problème c'est que si on arrive tous les deux, ça fera encore plus louche ! Et si vous allez le voir, ils chercheront à savoir pourquoi vous expliquez les choses à ma place !
- J'improviserai.
- Ce sont mes problèmes, pas les vôtres. J'en ai déjà assez mit sur votre dos pour le moment, à Chase et à Treize aussi, d'ailleurs. »
Vu qu'il ne semblait pas céder, elle s'approcha de lui et l'étreignit. Elle ne savait pas si cette façon la mènerait à ses fins. Elle sentit les mains de House se poser sur ses hanches, mais il ne semblait pas être résolu à aller plus loin. House n'était pas dupe, il comprit rapidement son petit jeu. Il rapprocha sa bouche de l'oreille d'Allison.
« Hum… Je devrais céder ou en demander encore ? souffla-t-il.
- En demander encore serait beaucoup trop long…
- Donc vous n'auriez pas dit non ? dit-il en s'écartant un peu d'elle.
- Ce n'est pas le moment, House… répondit-elle avec un regard qui faisait clairement comprendre qu'il voyait juste. »
Elle vit le sourire qu'il lui adressait. Elle sentit qu'elle pouvait y aller. Elle tourna donc les talons et décampa rapidement. Il la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle soit hors de vu, mais il alla tout de même à la fenêtre pour s'assurer qu'elle partait bien.
« C'est ridicule… M'assurer que tout va bien, ça ne me ressemble pas… Je suppose que son « restez ici » était un de ses ordres… Dû à une de ces fichues bêtises… Inutile de me répéter pourquoi j'ai agit comme ça ! »
Il observa la voiture s'éloigner avant de rejoindre le fauteuil et d'allumer la télé. L'horloge annonçait l'heure de son soap ! Une manière pour lui de se décontracter, d'enlever un peu ses soucis. Mais il ne s'agissait justement pas de ses soucis.
« Il faut absolument que j'arrête de me mêler de ses affaires… si je veux que rien ne me retombe dessus. Et si je veux protéger mon égo. »
Il reporta son attention sur le soap. Au bout d'à peine quelques minutes, il se lassa.
« Je l'ai déjà vu… C'est vrai qu'il y a des rediffusions de temps en temps… »
Il aperçut ensuite un livre, posé sur une table à environ un mètre plus loin. Il ne s'y trouvait pas, quand il était parti.
« Probablement celui qu'elle lisait… »
Il se rappela quelques instants sa « trahison ». Il avait mal agi, mais il ne pouvait faire autrement. Il ne regrettait pas ce qu'il avait fait, mais ne voulait seulement pas qu'elle devienne malheureuse, qu'elle pleure, et qu'il perde la tête pour une énième fois. Il s'interrogea quelques minutes sur le pourquoi du comment avant de décider qu'il fallait passer à autre chose. Il alla dans la chambre de Cameron. Il trouva des piles de feuilles au-dessus de l'armoire – il se souvenait en avoir prit quelques unes au passage, lors de sa recherche – et s'en empara d'une. Il retourna dans le salon et nota les symptômes du patient : fièvre, éruption cutanée, diarrhées, déshydratation, hémorragie. Il songea quelques instants à un cancer, ne sachant pas lequel.
« Si j'appelle Wilson, je me ferai passé un sacré savon… Déjà que la dernière fois il m'a renvoyé ici pour que j'aille voir Cameron. S'il apprend que j'ai laissé Cameron partir, je risque de subir son courroux… »
Renonçant finalement à l'idée d'appeler son « ami », il pensa qu'il était temps de se reposer un peu. Histoire de se remettre de toutes ces émotions. Il s'allongea sur le divan et, après une brève pensée pour Cameron, il s'endormit.
Il se sentit rapidement très engourdi. Il ne saurait expliquer précisément cette sensation, mais il savait qu'il s'agissait d'un rêve.
« Chouette ! Ça me fera passer le temps ! »
Il préféra donc laisser le rêve aller plutôt que de l'interrompre. Il ne comprit pas tout d'abord la signification de cette rêverie : une sorte de territoire désert. Des arbres asséchés, de la roche un peu partout et quelques personnes qui défilaient. Il se rendit compte après plusieurs minutes qu'il n'y avait que des femmes. Seulement des femmes. Il ne comprit pas pourquoi, mais il s'en fichait bel et bien. Du moment que son cerveau travaillait, il demeurait comblé. Il rêva qu'il marchait, sans aucun but ni ambition, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Il s'interrogea plus profondément : pourquoi est-ce qu'il s'imaginait ça ? Il continuait d'avancer, et remarqua ensuite qu'il ne boitait pas. Une chose qui n'était pas bien étonnante dans un rêve. Il remarqua ensuite un endroit un peu plus ensoleillé qu'un autre. Il n'eut pas le temps de réfléchir que ses jambes le menaient à cet endroit, une manière de lui dire qu'il s'agissait de sa destinée. Au fur et à mesure qu'il errait dans ce lieu étrange, il vit de plus en plus de personnes. Mais au milieu de l'étrange clairière, il n'y avait rien. Il s'approcha, sans en avoir prit pour autant la décision. Il se retrouva au milieu de la lumière, ne sachant que faire. Il vit une silhouette se former, près de lui. Une femme, sûrement, songea-t-il. La femme en question semblait plutôt mince, et la lumière la rendait pâle. Il ne pouvait voir mieux, la lumière l'éblouissait. Il obtint seulement à cet instant les réponses à ses questions.
En sursaut il se réveilla. De la sueur coulait sur son front, il l'essuya rapidement. Il regarda la pendule qui affichait seize heures.
« J'ai dormi une heure ? »
Il fut étonné de la longueur de son sommeil. Tout s'était déroulé lentement, mais les événements passaient si rapidement… Il secoua la tête pour ne pas plus réfléchir. Il fallait qu'il change la situation, s'il ne voulait pas perdre ses beaux principes.
Il prit sa canne et fit les cent pas dans l'appartement. Sa jambe le harcelait, lui demandait un réconfort, mais une panne soudaine de Vicodine l'empêchait de soulager cette douleur. Marcher en rond dans l'appartement n'arrangeait pas sa douleur, mais l'aidait à mieux réfléchir. Il voulait réfléchir. Il s'inquiéta soudainement pour Cameron.
« Est-ce qu'elle s'en est sortie avec Chase ? Est-ce que Treize ne la pas étranglée ? Est-ce qu'ils savent que je suis chez elle ? Est-ce que Chase a reçu une bonne leçon ? »
Trop curieux de savoir ce qui se déroulait à l'hôpital, il sortit du domicile.
Une fois dehors il se rendit compte qu'il avait dormi avec sa veste.
« Plus rien ne m'étonne. Je suis sûr qu'ils savent déjà tout, à cause de Chase bien évidemment. Mais qu'est-ce qu'il peut bien avoir en tête ? Il veut vraiment faire foirer les plans de Cameron et non seulement « les miens » bien que je n'ai pas de but précis si ce n'est de rester sous un toit ? Ou alors il compte seulement me faire virer pour qu'il prenne ma place – même si c'est plutôt moi qui ai pris la sienne – mais Cameron ne le laissera pas faire… »
Il s'installa sur sa moto et démarra. Le bruit l'assourdissait plus que d'habitude. Il devra passer chez le garagiste au retour, sûrement. Il partit sur la route et effectua le trajet menant à l'hôpital.
***
Une fois sa moto garée sur le parking, il rentra dans le bâtiment. Il remarqua tout de suite la cacophonie qui y régnait. Ou plutôt, les cris de Cuddy résonnaient dans le hall. La victime était Chase. House ne pu s'empêcher de ressentir une certaine compassion pour le jeune chirurgien, mais cette compassion s'envola aussi rapidement que de nouvelles pensées obscures faisaient surface.
« Il mérite seulement ce qu'il a, et même Treize, il ne la mérite pas. »
Il s'approcha donc et vit le visage pourpre de Cuddy.
« Que puis-je faire pour vous, m'dame ? dit-il comme si de rien n'était.
- J'aimerais finir ce que je suis entrain de faire ! Votre mère ne vous a jamais appris à ne pas vous incruster de la sorte ? morigéna-t-elle.
- Ma mère m'a apprit qu'il fallait toujours demander aux bonnes personnes les bonnes choses. Vous êtes la bonne personne et Cameron la bonne chose. »
La directrice lança un regard en biais à Chase, qui tenta de se faire tout petit. Il se sentait coupable, ou du moins c'était ce que House pouvait percevoir dans son expression. Il se retourna vers Cuddy, qui semblait bien gênée de la situation – encore une fois une analyse de House. Elle se racla la gorge et se décida enfin à répondre à sa demande.
« Elle est en larme sur le toit. »
