2 mai 2000
Hermione,
J'ai longuement hésité avant de te répondre. Pour la première fois depuis bien longtemps, je ne sais quoi te dire. Il est évident que je suis heureux pour toi, cette proposition est exceptionnelle, et je souhaite que tu gardes cela à l'esprit dans la suite de cette lettre, que tu risques de trouver déplaisante.
Réfléchis Hermione, avant d'accepter, car malgré toutes tes qualités, il pourrait s'agir là d'une stratégie digne du plus perfide Serpentard. Concernant l'idée que tu proposes, elle me touche bien plus que tu ne peux l'imaginer mais il est hors de question que je redevienne professeur là-bas. Tu t'es sans doute aperçue que je n'exerçais pas cette profession par vocation. Y revenir après la guerre fut extrêmement difficile pour moi, et je ne me sens pas la force d'y retourner une fois de plus. Comprends-moi, j'y ai passé plus de vingt ans et certains des plus douloureux moments de ma vie. Poudlard a détruit tous mes rêves. Y retourner, même si c'est pour te retrouver, serait un échec de plus à mes yeux.
Cela doit te paraitre égoïste, car je veux te retrouver, mais le prix à payer me parait trop élevé. Si tu acceptes ce poste, tu devras aller vivre quasiment définitivement à Poudlard, et je ne pense pas être capable de faire ce sacrifice. Pourquoi te proposent-ils ce poste, alors qu'ils savent que cela sera très difficile pour toi ? Tu n'es pas sans savoir que Minerva ne prend pas la moindre décision sans en avoir préalablement parlé avec le portrait de Dumbledore (si ce n'est pas lui qui lui a suggéré tout simplement l'idée), et s'il l'a acceptée c'est qu'ils ont une bonne raison pour le faire. Ne veulent-ils pas simplement s'assurer de nous séparer définitivement ? Qu'en penses-tu ?
Je déteste l'idée d'influencer ton choix, mais tu dois avoir toutes les cartes en mains pour prendre ta décision. J'entends par là, la décision que tu ne regretteras pas, même dans 20 ou même 50 ans. Tu es jeune, Hermione, et une vie pleine et épanouissante s'offre à toi. Toi qui, plus que beaucoup d'autres, t'es battue pour vivre dans un monde libre, tu as maintenant le choix. Quelle qu'elle soit, je sais que ce sera le bon, car tu y auras longuement réfléchi.
Aujourd'hui, plus que jamais, je t'aime,
Ton Abélard (qui doute de t'avoir donné les bons conseils)
PS : Bien sûr que je connais la littérature moldue, mais je suis surpris que tu ne connaisses pas aussi ce livre par cœur, en bonne Gryffondor je-sais-tout fleur-bleue que tu es.
