C'était un jour où je n'avais rien à faire, le matin j'avais vendu trois poupées au magasin de la petite ruelle, l'une d'elle avait des grosses joues rouges vifs et des cheveux crépus bruns foncés, elle riait en saignant au niveau du ventre. La deuxième était disproportionnée, avec une tête minuscule et un large corps gras dans une salopette démodée, et la dernière était plutôt jolie de visage, elle avait aussi une jolie chevelure blonde, mais il lui manquait un bras. Vraiment Kaminari avait de drôles d'idées et le pire c'est que ça intéressait. Nous étions presque à la fin du moi et j'allais bientôt recevoir ma paye, je savais bien qu'elle serait moins conséquente qu'avant, pour cause, je n'étais plus à temps plein. Je n'avais plus besoin d'argent de toute façon, l'armée payait bien, mais je continuais mon petit boulot par sympathie pour mon patron. Je m'étais familiarisé avec son univers. Je rentrai et sur le chemin je vis une petite femme avec des longues mèches vertes et une belle et large robe. C'était Tsuyu et je me proposai pour l'aider à porter les quatre énormes sacs de course qu'elle soulevait difficilement. Elle accepta sans sourire en remerciant poliment et son calme immuable me fit, comme toujours, rougir. J'étais le seul à faire la conversation, je lui parlai du beau temps et du fait que je n'étais pas un voyageur comme elle le pensait mais un soldat à part entière. Ça ne semblait pas l'intéresser mais c'était juste son expression qui voulait ça. Elle avait toujours ses immenses yeux grands ouverts, ses sourcils relevés et sa bouche inexpressive mais on pouvait sentir par la profondeur de son regard ou ses gestes ce qu'elle pensait vraiment. Là, elle avait l'air contente de ne pas avoir à faire le chemin seule. Quinze minutes en montée avec sa tonne d'achat, ça aurait été dur. Je l'accompagnai en cuisine pour ranger avec elle les aliments et partis à d'autres activités à l'instant où elle me demanda de la laisser faire son travail elle même. Nous étions en fin de matinée et je me souvins que j'avais prévu de rejoindre Ochako et Lida qui s'entraînaient au parc le plus proche. Je courus jusqu'à eux profitant d'un air humide et les découvris en plein combat. Uraraka se fit désarmer par son adversaire, malgré tout grâce à une suite de mouvements, elle le désarma à son tour et le fit tomber au sol. Elle lui tendit ensuite la main pour le relever.
« Tu t'y attendais pas haha. Alors, j'ai progressé ? »
« Ce combo était exceptionnel je ne l'ai pas vu venir mais tu dois continuer à t'entraîner à l'épée. Tu manques encore de dextérité mais on ressent quand même du progrès.»
Ils me remarquèrent et j'entamai à mon tour des défis à l'épée ou à main nue. Ils étaient tous les deux très forts mais je battis Ochako à maintes reprises et Lida une fois. Je perdis aussi souvent. On arrêta pour le déjeuner. Je mangeai un plat de pâtes préparé par Asui puis allai me reposer. Je m'endormis.
« Kacchan ? »
« Deku ! »
« Qu'est-ce que tu fais ?
« Ça te regarde pas ! Laisse moi seul. »
« Ça fait longtemps qu'on a pas joué ensemble viens ou va se promener. »
« Je t'ai dis de me lâcher! »
Nous avions tous les deux une dizaine d'années. Puis il y avait eu les flammes. Les flammes sur ses mains d'enfant qui m'avaient émerveillées, puis celle qui avaient dansées dans notre village et m'avaient terrifiées. J'avais fait un lien entre les deux et m'étais empressé d'en parler aux adultes. Je ne savais toujours pas quoi penser de ce que j'avais fait ce jour là. Mais ces scènes revenaient souvent me hanter en rêve. Sûrement parce que, à cause d'elle, je n'avais plus mon meilleur et seul ami de l'époque. On m'avait félicité, beaucoup félicité... J'avais apparemment trouvé la cause de ce terrible incendie et on avait écarté la menace loin de nos terres. Dangereux… Dangereux. « Il était trop dangereux. » C'est ce qu'on m'avait répété sans relâche pour que je comprenne bien l'exil que kacchan avait subit. Les sorciers sont des hommes avec des pouvoirs de monstres, ils sont incontrôlables et surpuissants. Je connaissais cette vérité et celle qui disait que ces profanations ne pouvaient pas cohabiter avec les humains. Tout était clair dans ma tête mais mon cœur avait été profondément blessé. J'avais pleuré pour l'avoir dénoncé et j'avais pleuré pour l'avoir perdu. Mais mon objectif avait écarté la douleur. Je voulais devenir un soldat et me battre pour mon royaume. Ainsi ces créatures étaient et resteraient mes pires ennemis. Je devais abandonner mon passé, l'abandonner lui, et avancer pour devenir ce que je voulais être. J'avais grandi avec ces idées en tête et elles m'avaient finalement permises d'arriver à entrer dans l'armée. Tout était parfait, tout allait bien, mais je me réveillais pourtant en sursaut et en transpirant. Il m'avait dit une chose en partant. Ça me revenait. « Tu vas le payer ! » Je me frottai les tempes pour calmer ma tension. La haine était partout pas besoin de me torturer avec ça. Je sorti me balader sous un ciel nuageux. Il ferait probablement orage ce soir.
Je passai devant l'administration et le général Dabi m'interpella par une fenêtre. Il était penché vers l'extérieur, appuyé sur ses bras. Il me sourit et me proposa de venir le rejoindre pour jouer une partie d'échec. Je tremblais de la proposition. Est-ce que j'avais vraiment le droit de refuser ? Bon tant pis j'y allais. Je pénétrai le bâtiment d'acier et évidemment je toquai à la mauvaise porte. Une générale blonde m'ouvrit.
« C'est pour quoi ? »
« Ah… Euh… C'est que… je... »
Heureusement pour moi Dabi vint en ricanant à ma rescousse.
« C'est un de mes braves soldats, il s'est trompé ne lui en veut pas. »
J'avais la tête baissée et des sueurs froides.
« Qu'il est mignon il est tout gêné ! Hi-hi . Je serais venue l'embêter si je n'avais pas de la paperasse à finir. Hi-hi. »
Elle tourna sur elle même avant de claquer la porte. Je suivis ensuite mon supérieur dans son bureau. On resta concentré durant une demie heure et il déclara échec et mate. Ça avait été serré mais j'avais fait quelques erreurs idiotes.
« Merci de m'avoir occupé le temps de ma pose. »
Il sortit des papiers d'un tiroir et commençait à les lire en relevant des parties sur un petit carnet. Il ne m'avait pas ordonné de sortir et ne m'avait même plus regardé. Il était à présent concentré sur ses obligations et ne semblait pas sentir ma présence. En tout cas il n'y fit plus attention. Je me levai du fauteuil où j'étais pour rejoindre la porte derrière lui mais je ne pus m'empêcher de jeter un coup d'œil sur les feuilles. Sur la première il y avait un tableau de compétence et en haut à droite un dessin croquis d'une personne que je connaissais. Intéressé je me penchai et lis les données chiffrées. Je déglutis en découvrant le zéro en maîtrise de ses émotions. Lida ne m'avait pas du tout paru ainsi. Mais alors que je me tenais le menton le général me tira par le poignet pour que je lui fis fasse. J'avais le bas du dos contre sa table de bureau, lui, il était debout et son genou appuyait contre ma hanche gauche. Il tenait de sa forte poigne mon avant bras droit et me surplombait d'un air offusqué.
« La curiosité est un mauvais défaut, Midoriya Izuku. »
« Je ne recommencerai plus ! Dis-je distinctement.
À cet instant la soldat blonde aux chinons apparues en rigolant.
« Eh Dabi regarde ce que j'ai trouvé ! Oh. »
Nous voir dans cette position la stoppa dans son élan.
« Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ! Ha-ha ! Dabi commence enfin à s'ouvrir au monde de l'amour ! »
Elle était amusée et dansait en tournant sur le parquet. Mon général me lâcha et souffla d'agacement une main sur la nuque.
« Tu peux y aller... »
Je retournai à l'auberge avec une expression d'incompréhension sur le visage. Mes supérieurs faisaient peur. Vraiment ils étaient complètement hors normes et terrifiants. La prochaine fois ça valait mieux pour moi de refuser une partie d'échec. Ne pas les approcher serait plus prudent. Je me douchai puis je dînai et bus modérément avec des clients de l'auberge. Ils m'incitaient toujours à rester discuter avec eux mais je me retrouvais à ne plus pouvoir ouvrir la bouche et à tanguer de tous les cotés. Leurs voix étaient dans ses moments là des faibles échos incompréhensibles et je les abandonnais pour m'endormir sur le comptoir. Asui devait me ramener à ma loge avec l'aide d'un de ses fans et je me réveillais à chaque fois nu sous mes draps sans comprendre ce qui m'était arrivé. Ce jour là n'échappa pas à la règle je m'empourprai en me rendant compte de ma nudité. Tsuyu m'avait deshabillé.
XXX
Bakugou et Kirishima avaient passé la journée à marcher. Le temps humide les avait aidé à supporter la chaleur. Ils avaient courus une heure pour aller plus vite mais avaient finalement décidés de ne pas se presser. À quoi bon après tout ? Ils étaient biens à l'extérieur, libres de faire tout ce qu'ils voulaient, de tuer ce qu'ils voulaient quand ils le voulaient. Ils pouvaient profiter de la végétation et sentir leurs instincts primaires refaire surface. C'était agréable. Ils chassèrent malgré leurs réserves et s'empiffrèrent au gré de leurs désirs. Le soir tombé avait apporté l'orage et la pluie. Ils avaient eu la chance de trouver une grotte sur une façade de montagne. Les pierres y étaient mouillées mais ils réussirent à allumer un feu pour se réchauffer.
« Ça fait du bien. »
Le roux avaient les mains près des flammes et un large sourire.
« Fais attention, il faut pas qu'il s'éteigne. »
« T'inquiète je gère. »
Bakugou enleva ses habits mouillés et les laissa sécher parterre. Il se couvrit d'un draps épais et s'assit contre la roche pour se reposer. Il était dans la pénombre et regardait son ami dont la peau était rosée par la chaleur et brillait dans la lumière.
« Tu es loin tu risques d'attraper froid. »
« C'est toi qui va chopper la crève en gardant des vêtements humides ! »
Kirishima retira son haut et ses chaussures. C'est vrai que le tissu collé c'était pas très agréable comme sensation. Il rejoint son camarade rabat joie qui posa sa tête sur son épaule et s'endormit sans un mot. Le rouquin le fit glisser jusqu'à sa cuisse pour pouvoir tranquillement rejoindre Morphée à son tour. Quant le loup fut réveillé en plein milieu de la nuit par un tonnerre grondant il s'énerva de voir son allié dormir dans une position aussi peu confortable, à moitié assis et à moitié allongé. Il le coucha et s'allongea tout près. Il resta à l'observer pendant une heure avec une grimace d'embarras et de frustration. Il ne savais pas comment réagir quand son cœur battait la chamade et ça le soûlait énormément. Finalement il donna un coup sur le crane de Eijirou pour se détendre. Ce dernier n'eut aucune réaction. Un couli de bave longeait sa joue. Katsuki l'essuya avant d'approcher doucement ses lèvres des siennes. Mais au denier moment il recula d'une traite en comprenant ce qu'il avait eu l'intention de faire. Rouge et le regard fuyant il ne pouvait plus rester en place. Il se leva pour avancer jusqu'au fond de la grotte et revenir. Puis il s'accroupit lourdement en serrant les dents. À quoi bon s'en empêcher ? Après tout il n'y avait personne pour le voir. Il se pencha et embrassa Kirishima. Il décida ensuite de s'aventurer hors de la grotte. Il ne pleuvait plus et il avait besoin de s'aérer l'esprit. Il s'était essuyé la bouche comme pour effacer toute trace de son baiser.
