Pour répondre à certaines reviews, je tiens à vous dire que Drago et Hermione ne sont PAS (encore) amoureux et que vous le saurez quand l'heure sera venue :).

Voilà;, bonne lecture !

Aurlie : Merci encore !

LONDON123 : Je suis contente que Neville ait pu te surprendre :). Merci encore.

Manon : Merci beaucoup pour ta review, je suis contente de pouvoir de permettre de t'échapper un peu de tes huit heures de philo :).


Chapitre 14

Lettre par lettre.

Onze ans. Cela faisait plus de onze ans qu'Harry Potter n'avait pas été en danger de mort. Qu'il était doux de vivre quand on n'avait pas peur de mourir.

Poussant un profond soupir, il cala son dos contre le dossier de son fauteuil et se permit un sourire heureux. Ce jour-là, c'était la Saint-Valentin et il avait promis à Ginny de rentrer tôt du travail. Il lui avait préparé un merveilleux repas au restaurant, grâce à Hermione qui avait accepté de garder leurs deux enfants à Poudlard pour la soirée, avec l'accord de Minerva McGonagall.

Après toutes ces années, il était bien conscient qu'il devait reconquérir sa femme. Son travail avait un peu pris le pas sur sa vie privée et il s'en mordait les doigts. Ginny et lui se disputaient de plus en plus fréquemment, ces derniers temps. Il voulait la rassurer, lui prouver qu'il l'aimait toujours autant malgré les années, car il savait qu'elle en doutait, et il en était le seul fautif.

Il poussa un profond soupir et ferma les yeux, se fermant un instant du monde extérieur. C'était l'heure de sa pause, mais il n'avait pas envie d'aller boire un café avec ses collègues. Il voulait simplement rester ici et se reposer, pour se préparer mentalement à la soirée qu'il allait affronter. Il devait la reconquérir, sinon il serait malheureux pour le restant de ses jours.

On toqua à sa porte et il ne put retenir un nouveau soupir. Il rouvrit les yeux, fusillant la porte du regard comme si elle avait été à l'origine de tous ses ennuis.

- Entrez, dit-il, assez fort pour que son visiteur puisse l'entendre.

Aussitôt, la porte s'ouvrit dans un léger grincement. Harry se redonna immédiatement une contenance, se tenant droit dans son fauteuil, en voyant Kingsley Shacklebolt entrer, vêtu de son éternelle robe bleue. Il lui adressa un large sourire, mais l'Auror ne semblait pas enclin à ce genre de civilités. Fronçant les sourcils, Harry l'invita à s'asseoir.

- Que se passe-t-il ? demanda-t-il, réellement inquiet.

- Il faut que je te parle de quelque chose, Harry, commença Kingsley. Et je sais que ça ne va pas te plaire.

Le visage du survivant se ferma brutalement, sentant venir la mauvaise nouvelle.

- Je t'écoute.

Il y eut un silence pendant lequel l'homme en face de lui sembla chercher ses mots, avec une moue timide.

- Comme tu le sais, reprit finalement l'ancien Ministre de la Magie, le mandat d'Andrews arrive à son terme et il va falloir lui trouver un successeur…

- Ca ne devrait pas être très compliqué de trouver des prétendants, commenta Harry avec un sourire amusé.

Mais Kingsley ne souriait pas, un pli d'inquiétude barrant son front ridé.

- Là n'est pas le problème. Nous savons de source sûre que Balthazar Vracentue souhaite se présenter.

Harry déglutit difficilement. Balthazar Vracentue était l'exemple parfait de l'ancien Mangemort ayant fait amende honorable. Il se rapprochait un peu de Lucius Malefoy à l'époque où Voldemort n'était pas encore revenu. Il avait environ l'âge de Kingsley, et travaillait au Ministère depuis de longues années.

Le problème n'était pas là. Le problème était qu'il s'agissait d'un homme dangereux aux idées douteuses, se rapprochant gravement de celles du Mage noir défunt. Balthazar était d'autant plus dangereux qu'il mettait en place des stratégies dans l'ombre depuis des années, afin de prendre le pouvoir et remettre au goût du jour ces sombres idées.

- Ce serpent ne sera jamais élu, s'indigna Harry. Tout le monde sait qu'il était du côté de Voldemort !

- Justement, souffla Kingsley. Même tapis dans l'ombre, beaucoup de sorciers approuvent encore les idéaux de Jedusor. Tu le sais, Harry. Et si les candidatures au poste de Ministre se multiplient, cela pourrait jouer à son avantage et nous pénaliser. Les gens seront divisés, alors que, de son côté, il n'y aura que lui.

- Alors à quoi songes-tu ? demanda Harry, sentant le piège se refermer autour de lui.

- Eh bien, c'est pour ça que je suis venu te voir… J'ai une idée.

Le visage du brun sembla s'éclairer d'une lueur d'espoir et il l'incita à continuer d'un signe de tête.

- Il y a bien une personne qui surpasse de loin Balthazar et qui saurait mettre tous les opposants d'accord. Quelqu'un qui découragerait d'éventuels candidats peu amènes à détenir le poste de Ministre.

- Ce serait parfait, s'enthousiasma le survivant. Qui ?

- C'est toi, Harry, répondit Kingsley d'une voix grave et qui n'amenait pas forcément à une réponse.

- Quoi ? s'écria l'intéressé, outré. C'est hors de question ! Je ne peux pas faire une chose pareille ! J'ai une vie de famille ! Ginny me tuerait ! Je ne veux pas être ministre de quoique ce soit !

- Harry, tu imagines ce que deviendrait notre pays si Balthazar devient ministre ? Toi seul est assez populaire pour évincer tous les autres candidats et être élu ! Si tu le souhaites, tu nommeras des chefs de départements qui feront le travail à ta place, tu n'auras qu'à signer des papiers et assister à quelques cérémonies officielles mais tu disposeras de tout ton temps libre pour t'occuper de ta famille! Ce ne sera qu'un titre honorifique, qui aura simplement pour but de repousser Vracentue et les autres candidats potentiels ! Personne n'osera se mesurer à toi et tu nous sauverais d'un danger certain !

Harry ne répondit pas tout de suite, cogitant dans son esprit les dernières paroles de Kingsley. Il savait qu'il avait raison, pour avoir rencontré Balthazar Vracentue, il savait qu'il était dangereux. C'était un homme profondément désagréable, au regard froid et aux idées vieilles comme la dynastie Malefoy.

La réflexion se fit si lentement dans son esprit qu'il sentit une goutte de sueur perler sur son front. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été confronté à un choix si difficile. Par Merlin, parfois, il détestait être qui il l'était ! Il ne pouvait pas être Ministre, il avait toujours détesté la politique !

Harry poussa finalement un profond soupir, relevant les yeux vers Kingsley.

- Ginny va me tuer !

Onze ans. Cela faisait plus de onze ans qu'Harry Potter n'avait pas été en danger de mort. Aujourd'hui, il remettait les compteurs à zéro.

.

- Tante Hermione !

La susnommée se retourna, juste à temps pour réceptionner les deux têtes brunes qui se précipitaient vers elle. Elle eut juste le temps de s'y préparer, que James Sirius et Albus Severus lui avaient sauté dessus, la condamnant à heurter le sol. Les fesses sur le sol, elle éclata de rire tandis qu'ils l'aidaient à se relever.

Harry les rejoignit en souriant, sermonnant ses fils pour leur brutalité, plus pour la forme.

Il embrassa tendrement Hermione, tandis que James et Albus s'installaient devant la télévision magique de la professeure, où passait un feuilleton sorcier.

- Il faut que je te parle, soupira Harry en affaissant ses épaules, contrit.

- Oh, moi aussi, Harry, si tu savais, souffla Hermione, comme si elle portait le poids du monde sur ses épaules.

- Vas-y, dit-il, galant.

- Non, non, toi ! Commence ! Moi, ce n'est pas très intéressant !

Aussitôt, Harry lui rapporta sa conversation avec Kingsley et donc sa décision de postuler pour le poste de Ministre de la magie. D'abord complètement figée par la surprise, Hermione finit par le féliciter.

- Ginny va m'assassiner, murmura Harry pour que ses fils n'entendent pas.

- Probablement, répondit la brune, peu encline à le réconforter, sachant que ce serait vain.

- Mais je ne pouvais pas refuser ! s'écria le survivant, criant à l'injustice.

- Je sais, le rassura Hermione avec un sourire tendre. Prends simplement le temps de lui expliquer ! Maintenant, vas-y, et offre-lui une soirée de rêve. Tu lui annonceras la nouvelle demain, ne va pas gâcher votre Saint-Valentin pour cela !

Harry hocha la tête et attrapa sa veste, qu'il avait posée sur le canapé.

- Et toi, que voulais-tu me dire ?

Hermione ne répondit pas. Devait-elle lui raconter la façon dont elle continuait de rêver de Drago et elle dans des positions… inquiétantes ? Non, il n'avait pas besoin de savoir. Mais tout cela commençait à lui peser. Elle avait besoin d'en parler à quelqu'un.

- Ce n'est pas important, je suis juste un peu fatiguée. Allez, file !

Il se dirigea vers la porte quand celle-ci s'ouvrit, laissant apparaître Drago. Le blond avait entre les dents une tablette de chocolat, toujours dans son emballage, et dans les bras un gros récipient, avec de la farine, des œufs, du sucre et d'autres ingrédients.

- Hermione, articula-t-il entre ses dents, fermant la porte derrière lui et son fils d'un coup de pied. Je ne suis pas sûr d'avoir tout trouv…

Il s'arrêta net en relevant les yeux et se sentit soudainement particulièrement ridicule, face à Harry, qui le regardait en haussant un sourcil. D'une main, et en faisant attention de ne rien faire tomber, il attrapa la tablette de chocolat dans sa bouche et lui adressa un sourire crispé.

- Salut, Harry.

- Salut, Drago, répondit-il, visiblement très amusé. Tu joues aux cordons bleus ?

Le blond haussa un sourcil, ne comprenant clairement pas l'expression moldue. Harry éclata de rire, bientôt suivi d'Hermione. Le survivant se tut néanmoins en apercevant la tête blonde qui se cachait derrière la jambe de son père, intimidé.

Il s'accroupit à côté de lui et lui adressa un sourire amical.

- Bonjour, tu te souviens de moi ? Je suis Harry Potter.

Il lui tendit la main, tandis que Drago levait les yeux au ciel.

- Scorpius Hyperion Malefoy, répondit le petit garçon d'une voix qui se voulait assurée, mais où pointaient des tremblements témoignant de sa timidité.

Visiblement, il ne se souvenait pas de lui.

- Enchanté de refaire ta connaissance, Scorpius !

Le garçon ne répondit pas, empoignant davantage le tissu du pantalon de son père. Harry se redressa, faisant face à son ancien ennemi.

- Il n'est pas très bavard, commenta-t-il. Si seulement on pouvait en dire autant de toi !

Drago se permit un sourire amusé.

- Qui penses-tu qui l'a élevé ?

Harry ne répondit pas. Il se retourna, embrassa Hermione, posa une main amicale sur l'épaule du blond et secoua affectueusement les cheveux de ses fils, avant de s'éclipser. Il avait une mauvaise nouvelle à annoncer à sa femme, il n'allait pas en plus arriver en retard. Autant y aller la corde au cou !

Une fois la porte fermée, Drago fourra les ingrédients dans les bras d'Hermione.

- Bon, on va le faire ce gâteau au chocolat ?

.

En quelques minutes, James et Albus étaient parvenus à mettre Scorpius à l'aise et ils regardaient désormais tous les trois la télévision magique, les fils d'Harry commentant de temps en temps le match de Quidditch qui passait.

Dans la petite cuisine, Hermione s'affairait à apprendre à Drago comment faire un gâteau au chocolat avec les méthodes moldues. Il avait mis un certain temps à venir le lui demander mais quand il l'avait fait, avec une moue boudeuse, elle avait automatiquement accepté.

Il lui avait avoué faire cela pour faire plaisir à Scorpius. De son côté, elle avait surtout accepté pour pouvoir l'embêter un peu.

Et elle s'amusait beaucoup, à cet instant, de le voir s'extasier devant le chocolat en train de fondre.

Elle l'observait en silence, un sourire au coin des lèvres. Ses cheveux blonds étaient ébouriffés, parce qu'il avait passé son bras à plusieurs reprises dans ses mèches, puisqu'il ne pouvait le faire avec ses doigts remplis de farine. Il avait d'ailleurs un peu de poudre blanche sur la joue mais elle ne lui avait pas dit, considérablement divertie de voir un Drago Malefoy d'ordinaire si soucieux de son apparence, ici totalement négligé.

Ses yeux toujours posés sur lui, elle constata qu'il ne s'était pas rasé, sans doute depuis deux ou trois jours, et elle faillit le lui faire remarquer pour se moquer, mais elle ne le fit pas, réalisant qu'elle trouvait cela plutôt séduisant chez l'homme devant elle.

Elle grimaça et se pinça le bras pour se sortir ce genre d'idées de la tête. L'image de Léa et lui à l'infirmerie avait peu à peu quitté son esprit, le souvenir se faisant trop flou mais cela n'empêchait pas son collègue de venir envahir ses rêves d'une façon agréable… ou non, tout dépendait des points de vue.

Il tourna la tête, se sentant observé et planta son regard orageux dans le sien. Elle détourna immédiatement les yeux et se concentra sur le chocolat fondu, ses joues rosissant légèrement.

- Es-tu en train de rougir ? demanda-t-il, un sourire au coin des lèvres.

- Il fait chaud, répondit-elle en s'empourprant davantage.

Drago ricana doucement mais ne fit pas d'autres commentaires. Elle lui indiqua la suite de la recette et il la suivit consciencieusement, ses sourcils froncés de concentration.

Hermione ne le regarda plus, par peur de se retrouver de nouveau avec des pensées qui ne convenaient pas vraiment à la relation d'amitié qu'ils tentaient d'instaurer.

Depuis que Neville les avait disputés dans la Forêt Interdite, ils avaient tous les deux fait des efforts. Hermione ne l'avait plus réprimandé pour sa façon de traiter la gente féminine et Drago évitait de son mieux de la mettre en rogne, même si l'agacer constituait toujours son passe-temps favori.

Une fois sa pâte prenant une forme parfaitement homogène, il se tourna vers Hermione avec un grand sourire, comme un enfant qui aurait réussi pour la première fois à écrire son prénom, ses yeux brillant de fierté.

Hermione eut un sourire tendre, le même qu'elle avait toujours pour ses amis, et, d'un coup de baguette, le gâteau fut cuit, un délicieux fumée s'en évaporant.

Drago ne réagit pas tout de suite, fronçant les sourcils de surprise. Il l'avait bien vu, ce regard, et il le connaissait. C'était celui qu'elle avait toujours quand elle regardait Harry, Ron, Ginny ou Neville. Malgré lui, il se sentit heureux qu'elle le lui adresse, à lui. Cela signifiait que ses efforts avaient fini par payer. Ils étaient des amis, désormais.

.

Avachis sur le canapé d'Hermione, ils discutaient tranquillement, regardant d'un œil inattentif la télévision. James et Albus étaient couchés dans la chambre de la jeune femme et Scorpius s'était endormi, la tête sur les genoux de son père, qui lui caressait distraitement les cheveux.

- Pourquoi Pansy n'a-t-elle jamais avoué ses sentiments à Théodore ? demanda Hermione, penchant sa tête sur le côté pour le regarder.

Drago haussa les épaules.

- Théo n'a jamais eu de relations sérieuses, répondit-il simplement. Je pense qu'elle a un peu peur, même si elle ne me l'a jamais clairement dit. Je pense qu'elle ne veut pas être une de plus pour lui. Elle veut être spéciale. Et pour le moment, Théo n'est pas apte à le comprendre.

Hermione hocha silencieusement la tête, comme pour acquiescer.

- J'ai une question indiscrète, murmura-t-elle en rougissant de sa propre curiosité.

- Ce ne serait pas la première, rétorqua Drago avec un clin d'œil.

Sa collègue se permit un sourire.

- Qui est le père d'Ambre ?

Drago perdit son sourire et poussa un profond soupir.

- Je n'en sais rien.

Hermione ouvrit de grands yeux, la surprise se lisant clairement sur son visage. Drago tourna la tête pour planter son regard dans le sien et elle put y lire qu'il était amusé de sa réaction.

- Pansy n'a jamais voulu me le dire.

- Et si c'était toi ? ne put-elle s'empêcher de dire.

En temps normal, il aurait éclaté de rire mais, afin de ne pas réveiller son fils, il se contenta d'un léger ricanement. Il se pencha vers Hermione pour scruter son visage et lui ébouriffa gentiment les cheveux. Elle protesta en frappant sa main et il rit de plus belle.

- Granger, la jalousie ne te sied pas.

- Je ne suis pas jalouse ! s'indigna la brune, outrée.

Il rit de plus belle, peinant à rester silencieux.

- Je pensais que tu l'avais compris, souffla-t-il. Il n'y a jamais rien eu entre Pansy et moi.

- J'ai du mal à croire que tu peux être sincèrement ami avec une femme.

- Ai-je déjà tenté quoique ce soit avec toi ? murmura Drago en la sondant du regard.

Elle rougit violemment, et voulut presque répondre « Dans mes rêves, tu fais plus que tenter… » mais s'abstint.

- Non, avoua-t-elle. Quoique si ! Lors de notre première soirée à Pré-au-Lard, tu as cru que je t'emmenais dans les toilettes pour faire… ça !

Drago eut un sourire mutin.

- Oui, mais je n'ai rien tenté. C'est toi qui m'as trainé dans les toilettes, Granger, c'est donc toi qui aurais hypothétiquement tenté quelque chose !

- Hypothétiquement, appuya Hermione.

Il confirma en hochant la tête et elle lui sourit.

- Donc tu n'en as aucune idée ? Même pas une toute petite ? Un doute ? Une hypothèse ?

Drago rit à nouveau et se tourna vers elle.

- Mes doutes ne sont en aucun cas fondés, donc je ne te dirais rien, de peur que tu ailles répéter tout cela à Ginny alors que c'est totalement faux.

Hermione ne répondit pas, fronçant les sourcils en une moue boudeuse. Elle allait répondre, quand un bruit vif les fit sursauter tous les deux. Ils se tournèrent vers la fenêtre, où patientait un hibou, qui cognait son bec contre la vitre. Hermione alla vivement lui ouvrir et, aussitôt qu'elle eut pris la lettre, l'oiseau s'envola.

Elle ouvrit le parchemin et sourit en reconnaissant l'écriture de Ginny.

« TU PASSES LA SAINT-VALENTIN AVEC DRAGO MALEFOY ET JE NE SUIS PAS AU COURANT ? J'ESPERE QUE C'EST UNE BLAGUE OU TU RISQUES D'AVOIR AFFAIRE A MOI !

Ps : Je t'embrasse. »

- Quelque chose de grave ? souffla la voix de Drago depuis le canapé.

Elle sursauta et se retourna vers lui, affichant un sourire crispé.

- Non, pas du tout. Juste Ginny.

Elle prit une plume et lui expliqua rapidement que cela n'avait rien d'un rendez-vous mais plutôt d'une réunion amicale entre collègues. Elle renvoya son propre hibou et revint s'asseoir à côté du collègue en question.

Il la regardait en silence, ses doigts caressant toujours les cheveux de l'ange blond endormi.

- Quoi ? murmura-t-elle, gênée.

Il détourna les yeux pour les reporter sur la télévision.

- Des nouvelles de McLaggen ? lâcha-t-il comme s'il avait commenté la météo.

- Non, soupira Hermione.

- Même pas des fleurs ? s'étonna Drago.

- Non, répéta-t-elle.

Il leva les yeux au ciel et elle le frappa gentiment à l'épaule.

- Ca ne te regarde pas, de toute façon !

- Non mais, franchement, répondit-il, un air grave sur le visage. J'ai parfois du mal à comprendre ce que tu fais avec cet abruti. Ok, d'après Pansy, il est plutôt bel homme, mais qu'a-t-il réellement qui fait que tu deviens si idiote quand il est dans les parages ?

Hermione piqua un fard et le fusilla du regard.

- Tu ne peux pas comprendre, rétorqua-t-elle un peu sèchement. Tu n'as jamais été amoureux, toi !

Drago ne répondit pas tout de suite. Il l'observa en silence, impassible. Pourtant, elle vit parfaitement le voile de tristesse qui couvrit un instant son regard métallique. Un si court instant qu'elle ne fut même pas sûre de l'avoir vu.

Peut-être son imagination lui jouait-elle des tours.

- Qu'en sais-tu ? répondit-il finalement d'une voix où perçait un mélange d'arrogance et d'amertume.

Elle ne répondit pas tout de suite, sa gorge se serrant et ses yeux s'écarquillant de surprise. Elle avança lentement sa main vers lui et la posa sur son épaule, le pinçant doucement. Elle avait pris l'habitude de faire ça quand il se moquait d'elle. Elle le pinçait pour faire passer sa colère ou sa frustration de ne pas savoir quoi répondre. Là, c'était pour les deux raisons à la fois.

- Quoi ? soupira Drago.

- Tu es en train de me dire que toi, Drago Malefoy, l'abruti qui joue avec les femmes et les jette le lendemain –elle ignora son soupir consterné-, tu as déjà été amoureux ?

- Je n'ai rien dit de tel, tu l'as conclu toi-même.

- C'était qui ? demanda-t-elle, criant à moitié.

La curiosité s'était insinuée dans tout son corps. Elle avait même fait un bond sur le canapé, se retrouvant à genoux sur le divan, toute proche de lui, le regardant avec de grands yeux.

Il eut un petit rire et la poussa gentiment pour qu'elle s'éloigne.

- Tu deviens indiscrète.

- Tu ne peux pas me le reprocher ! s'exclama Hermione. Toi, tu as été amoureux. Je n'arrive pas à y croire ! Je ne peux pas croire que tu sois capable de ce genre de sentiments, alors tu dois me dire de qui il s'agit ! Je vais t'harceler toute la soirée si tu ne me le dis pas !

Si elle avait été moins excitée par cette surprenante nouvelle, elle aurait vu le voile de nostalgie qui s'était installé dans le regard orageux de son ami, elle aurait vu ses doigts qui s'étaient délicatement crispés et avaient lâché les cheveux de son fils, elle aurait vu sa mâchoire se contracter et sa respiration se couper momentanément pour reprendre, saccadée. Mais elle n'en vit rien, la curiosité ayant engourdi tous ses sens.

Il poussa un profond soupir et se tourna vers elle, plantant ses yeux dans les siens. Il allait répondre quand un bruit sec retentit à la vitre. C'était son hibou qui revenait.

Elle se leva d'un bond, lui intimant d'un regard de ne pas perdre de vue la teneur de leur conversation, et se précipita vers la fenêtre.

Elle ouvrit rapidement le parchemin.

« JUSTE DES COLLEGUES ? ON EST LE JOUR DE LA SAINT-VALENTIN, BON SANG ! ON N'EST JAMAIS DE SIMPLES COLLEGUES LE JOUR DE LA SAINT-VALENTIN !

Comment c'est arrivé ? Il t'a embrassée ? Il embrasse bien ? Ca risque d'être un peu gênant lors de nos soirées à Pré-au-Lard, non ?

Bon, je dois te laisser, Harry râle !

Bises.

Ps : C'est Harry. Désolé d'avoir dit à Ginny que tu passais la soirée avec Malefoy, c'est juste que j'ai été surpris de le voir débarquer chez toi. C'est Ginny qui en a directement conclu que c'était pour la Saint-Valentin ! Mais si jamais cette « réunion » était plus qu'amicale, ne te laisse pas avoir par lui, Hermione, je sais que tu mérites mieux (et par mieux, je ne veux pas dire Cormac !). Je viendrais chercher James et Albus en fin de matinée demain. Je t'aime. »

Elle hésitait entre rire, rougir et lever les yeux au ciel, alors elle fit les trois. Elle leur répondit succinctement, en insistant particulièrement sur le fait qu'elle et Drago n'étaient que de simples amis et qu'il n'y avait rien (ABSOLUMENT RIEN, avait-elle écrit) entre eux. Satisfaite, elle renvoya son hibou et se retourna vers Drago.

Mais il n'était plus là. La place sur le canapé était vide. Il était parti, emmenant Scorpius avec lui.

Elle leva les yeux au ciel. Décidément, les Serpentard étaient vraiment des lâches.

Quand son hibou revint, avec les salutations de ses amis, elle attrapa un nouveau parchemin et écrivit soigneusement quelques mots.

« Si tu n'avais pas envie d'en parler, il suffisait de me le dire, espèce de lâche ! »

Son hibou s'envola par la fenêtre dans un hululement strident, puis revint à peine quelques minutes plus tard.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. (Je t'imagine très bien, en ce moment, en train de lever les yeux au ciel et chiffonner ce parchemin en imaginant que c'est ma tête, mais cesse donc toute cette violence, Granger ! »

Elle eut un sourire amusé, puisqu'elle avait en effet entrepris de déchiqueter le papier quand elle avait lu la première phrase.

« Tu sais bien que je suis une pacifiste, même si l'idée en elle-même est tentante. Alors, tu ne veux pas me répondre ? »

« Non. »

« Je t'ai connu plus loquace. »

« Et moi, je t'ai connu moins emmerdante ! »

« Quelle vulgarité ! »

« Tu n'as encore rien vu. Bon, puis-je aller dormir à présent ? »

« Ca dépend. Es-tu prêt à m'avouer qui est l'heureuse élue ? »

« Non. »

« Alors non. »

« Granger, tu es tout bonnement insupportable. »

« C'est qui ? »

« Qu'est-ce que tu portes, Hermione ? »

« Malefoy ! »

« Bah quoi ? Tu es une femme et tu veux me tenir éveillé, n'est-ce pas ? Je ne connais qu'une seule méthode pour ça. »

« Tu me fatigues, Drago. »

« Alors, va dormir ! »

Cette fois, Hermione rit franchement.

« Tu as cru que tu m'aurais si facilement ? Je ne suis pas née de la dernière pluie ! »

« Née de la dernière pluie ? »

« Expression moldue. »

« Fausse sorcière ! »

« Serpent prétentieux. »

« Lionne enragée »

« Ego sur pattes »

« Encyclopédie parlante ! »

« Oh bravo Malefoy ! Tu aurais pu trouver mieux ! On retourne à nos années Poudlard ? »

« Pardon ? C'est toi qui viens de m'appeler Ego sur pattes je te signale ! Alors, ne joue pas trop les donneuses de leçons ! »

« Tu es insupportable ! Bon, qui c'est ? »

« Comment ça va avec Cormac ? »

« Ca ne te regarde pas ! »

« Tu vois, tu viens de répondre toute seule à ta propre question… »

« Bon d'accord, je te laisse tranquille ! »

« Merlin soit loué ! »

« Bonne nuit, Malefoy. »

« Bonne nuit, Hermione. Ne rêve pas trop de moi. »

- Crétin, marmonna la jeune femme.

Hermione reposa sa plume en rougissant. Il n'imaginait pas à quel point ses derniers propos pouvaient s'avérer vrais. Elle passa une main sur son visage fatigué. Elle dormait peu, ces derniers temps, par peur de ses rêves qui la hantaient.

Elle alla vérifier que James et Albus dormaient bien puis, s'en étant assurée, s'installa sur son canapé avec une couverture.

C'est à cet instant qu'elle vit la rose blanche qui était posée sur la table, avec un petit morceau de parchemin. Elle reconnut immédiatement l'écriture qu'elle venait de quitter.

« Toutes les femmes devraient recevoir des fleurs à la Saint-Valentin. »

Elle eut un sourire un peu niais et huma avec délectation le parfum de la fleur. Une rose blanche, c'était un symbole d'amitié et elle ne put s'empêcher de penser qu'elle s'était trouvée un bon ami en ce serpent prétentieux.


Merci d'avoir pris le temps de lire et merci à toutes celles qui prennent la peine de laisser un commentaire à chaque chapitre !

Prochain chapitre : "Vapeur & sommeil profond", en ligne lundi!

Bises,
L.