Il a l'air à la fois soucieux et rassuré. Je le comprend.

De une je suis assises à ces côtés malgré l'interdiction

De deux aucun artifice ne m'entoure

De trois mes capacités magiques ont explosé au nez de tout le corps professoral

La liste est longue mais le top trois est assez inquiétant sans en rajouter.

Le principal est sa santé. Je me moque de la réaction d'Harry, de celle de Dumbledore ou des professeurs. Je veux l'assurance de sa bonne santé.

Madame Pomfresh arrive les mains chargée de fioles. Je les dévisage anxieuse. A t-il vraiment besoin de toutes ses potions ? Elle me jète un regard mécontent. Je ne suis pas censée être là. Mais je lève le menton décidée. Elle hausse les épaules et exerce ses bons soins. Puis elle se tourne vers moi.

« As tu déjà usé de ta magie à cette puissance ? »

Je plisse les yeux méfiante.

« Non. »

« Alors tu as ta place dans cette pièce. » déclara t-elle énigmatique avec de repartir.

Je la suis des yeux, intriguée. Généralement cette femme est plutôt du genre à râler. La situation doit vraiment être étrange pour qu'elle ne se comporte pas comme à son habitude.

Je pose mes yeux sur un Drago endormie. Je soupire, au moins là il est bien. Des bruits de pas m'interpellent. Je balaie la pièce des yeux, sur mes gardes. Mais c'est juste l'infirmière qui revient.

Elle se dirige d'un pas décidé vers moi.

« Mets toi au lit sans rouspéter. »

Son ton est sans appel, je n'aurais pas gain de cause. Je m'installe sur un lit. Elle me tend une fiole et s'assoie à côté.

« Quand un sorcier utilise une grande dose de magie, bien souvent il souffre de courbature post utilisation. Dans ton cas j'ai peur que se soit vraiment douloureux. Grâce à cette potion ton corps va se détendre pour mieux tolérer l'utilisation intensive de magie. »

Étrangement ces propos me rassurent, ils sont cliniques et dépourvu de mensonge. Je bois la potion en grimaçant. Peu de temps après je sens mon corps se détendre. Je soupire d'aise mais lutte contre le sommeil. Il ne faut pas que je dorme, j'ai promis à Drago de toujours protéger ses arrières. Alors je somnole, sursautant à chaque bruit de pas.

Quelques heures après mon arrivé la salle se remplie de professeurs. Je me redresse montrant ainsi que je suis apte à réagir et à répondre aux questions.

Ils me dévisagent tous comme si il me voyait pour la première fois. En un sens c'est vrai, ils ne m'ont jamais connu. Pomfresh leur explique pourquoi je suis là. Ils n'ont pas leur mot à dire, elle est sur son territoire. Je lui jète un regard emplie de reconnaissance. Elle semble avoir compris mon besoin de rester.

Les conversations ont repris, chacun y va de son commentaire. J'assiste à cette scène dépitée. Ils ne débattent pas, ils déchargent juste leur incompréhension alors que le moment est important, voir grave. La porte s'ouvre sur Rogue, le brouhaha diminue puis s'arrête. Ils attendent une explication, un résumé, la moindre information pouvant les aider à comprendre. Mais Rogue fidèle à lui même se tait et avance. Soudain il change de cap et se dirige vers mon lit. Mon visage se durcit. Je suis prête à affronter un interrogatoire. Je ne sais pas si j'aimerais que Dumbledore soit là. Son absence va me forcer à dévoiler mon identité et briser ainsi mon anonymat, or je ne sais pas si c'est le bon moment. Je réfléchis à toute vitesse. D'un côté si les ennemies des deux Serpentards savent que je suis Lana Potter peut être qu'ils feront attention et diminueront leurs attaques envers Drago et Blaise. Mais de l'autre Harry va être furieux et je ne serais plus tranquille pour agir comme bon me semble car les autres feront plus attention à moi. Le choix est cornélien.

« Qui es tu ? »

« Lana Laswell »

« Pouvez vous m'expliquer Mademoiselle Laswell la raison de tous ces sorts de dissimulation ? »

Il me mets devant le fait accomplie.

« Des complexes ? »

Ma réponse, certes stupide, semble le déstabilisé. J'ose à peine y croire, Monsieur le Maitre des Potions est perdu. L'ensemble de cette histoire le dépasse. Cet homme hyper-controlé n'a pas vu venir les évènements de l'après-midi. Ses propres élèves ont attaqué deux des leurs sans sommation , la discorde est à son apogée dans sa maison et tout lui tombe sur le coin de la bouche sans qu'il est vu le plat arrivé. Ma réponse n'a rien arrangé. Pendant qu'il tergiverse je tente d'élaborer un plan. Voyons voir... Je suis une élève moyenne et le regard des garçons me gêne et met en péril ma scolarité ? Non, ça n'explique pas mes exploits magiques. Je n'ai aucune idée.

Rogue semble s'être repris.

« L'heure n'est pas à l'humour. Vous avez dévasté un couloir, c'est passible de renvoie. »

« Vous allez renvoyer tout les élèves impliqués ? »

Un tic commence à agiter le coin de sa bouche. Je jubile. J'arrive un retarder les aveux. Mon choix est fais, je veux continuer à œuvrer dans l'ombre pour aider Blaise et Drago. Ils méritent d'être soutenus.

« Mademoiselle Laswell je vous conseille de répondre à mes questions sans impertinence. »

Son ton menaçant renforce juste ma position. Je ne dévoilerais rien. Étrangement je me sens emplie d'une nouvelle confiance. Les cartes sont entre mes mains. Je n'ai plus besoin de me cacher puisque tout le monde m'a vue mais je ne suis en rien obligée de tout dire.

« Je souhaite juste connaître le sort de mes agresseurs. »

J'adopte le ton plaintif de la pauvre petite fille victime d'injustice.

Rogue ouvre la bouche mais l'arrivé de Dumbledore le coupe en pleine investigation. Je soupire comme libérée d'un poids.

« Severus, laissez cette jeune fille, elle n'y est pour rien. »

« Le couloir est condamné Monsieur. » lui rappela le professeur

« J'en reviens juste et condamné est un bien grand mot. »

Je suis sortie d'affaire, le reste ne m'intéresse pas. Je me fiche de comment le directeur va expliquer mon nouveau physique, la déflagration de magie et le reste. De toute manière ces mots ne sont que mensonges. Je m'allonge et regarde le corps professoral se faire manipulé par Dumbledore. Quand je pense que j'étais pareil. Je secoue la tête, ce temps là est terminé, grâce à Drago. Plus les explications du directeur coulent, plus je prend conscience de mon évolution. Je peux en être fière.

Après moult explications ils ont complétement oublié mon déguisement et ils ont pleinement pris conscience de la gravité de la situation. Aucun doute n'est permis, Voldemort va bientôt attaquer publiquement, il ne se cachera plus, cet incident est un avertissement. Les parents vont être mis au courant afin de choisir si ils désirent laisser leur enfant à l'école ou les ramener chez eux. Les espoirs placés en mon frère vont s'accroitre et il doit être préparer à cette pression. Dumbledore en fin politicien a réussi à amener la conversation où il voulait. Mais je remarque qu'il ne tente pas de cacher uniquement mon identité, il y a autre chose. Je fronce les sourcils. A présent je vais devoir le surveiller et tenter d'en apprendre plus sur la situation globale.

L'infirmerie se vide. Je commence à m'endormir quand j'entends Rogue demander à Dumbledore

« Alors vous les avez trouvé ? »

« Cette mission nécessite beaucoup de patience »

« Cessez d'éviter mes questions. Si vous aviez accepté mon aide je ne vous demanderais pas. »

« Vous savez que vous auriez pris trop de risque en m'aidant. »

« Je ne suis pas un enfant. »

Sur ces bonnes paroles le professeur fit voler sa robe et sortie, suivi par le directeur.

Je me demande de quoi ils parlaient. Je viens d'assister à quelque chose d'important sinon Rogue n'aurait pas tenu tête à Dumbledore. Mon cerveau tourne à toute vitesse cherchant la signification de cette conversation. Vraisemblablement ils cherchent plusieurs objets ou personnes difficiles à trouver et le directeur est le seul à s'en occuper. Apparemment l'affaire presse, ce doit être un élément clés pour contrer le Régénat. Les autre professeurs ignorent tout de ses recherches sauf Rogue donc c'est forcément une arme. Mais est-elle à double tranchant ou peut-elle juste aider la résistance ? Je ne saurais le dire. Par contre je peux aisément conclure que le maitre des potions joue un double jeux. Son statut est important pour Dumbledore, a moins qu'il souhaite être le seul à se procurer l'arme. Dans ce cas elle doit être liée d'une quelconque façon à Harry. Mon esprit s'échauffe, je vais surement trop loin. Je me calme et glisse dans un sommeil bien mérité. Je dois me préparer à la journée de demain.

Le lendemain, je me prépare pour la reprise. Drago me souhaite bon courage, Pomfresh souhaite les garder encore pour une journée. Je comprend son choix car si ils doivent faire face à la colère des leurs et ils vont avoir besoin de toute leur énergie. Des mesures vont être prises, ils seront placés dans une autre maison provisoirement afin d'éviter toute anicroche. L'école est déjà à fleur de peau.

Je sors de la salle pour me rendre à mon premier cours de la journée, Histoire de la Magie. Je me sens nue à marcher dans les couloirs sans déguisement. Mes cheveux longs et bruns se balancent dans mon dos, mes yeux violets surveillent le moindre mouvements suspect et mes kilos en trop ne pèsent plus sur mes hanches, je me sens légère et écrasée à la fois. Les élèves me dévisagent en chuchotant. Mon physique semble intriguer tout le monde. La fille bouboule aux cheveux et au yeux marrons ternes n'est plus. Je redoute l'arrivé en classe. Mes nouvelles camarades vont se méfier, m'accuser, me critiquer. Mon envie d'effectuer une rentrée entourée d'amies fond à chacun de mes pas. Je tourne à droite et me retrouve nez à nez avec les élèves de ma classe. Mes yeux se baissent, leurs regards me brulent.

« Salut, je suis contente que tu ailles bien ! » se réjouit Samia

J'ose à peine y croire pourtant elle se tient face à moi un sourire sincère aux lèvres. Son attitude encourage les autres à venir me parler, les questions fusent, les compliments aussi, je suis déboussolée. Au lieux de commencer la journée dans une ambiance froide comme je redoutais, je me retrouve au centre de l'attention et je me débrouille pas trop mal. Une fois assise sur ma chaise à côté de Samia, je souffle, un peu d'air et pas de question. Il va falloir que je trouve des réponses à leur donner, mais sans trop leur mentir. Les professeurs risquent eux aussi d'être trop curieux, les belles paroles de Dumbledore ne raisonneront pas indéfiniment dans leur têtes.

Une fois le cours terminé, on se dirige vers la Grande Salle. Je commence à me servir dans les plats quand Samia me demande :

« Et dis tu nous réserves d'autres surprises ? »

Etonné par sa spontanéité, je reste un moment sans parler.

« La situation est compliquée, je ne peux pas en parler mais je ne vous mentirais pas. »

Elle hocha la tête, se compromis avais l'air de lui convenir. Je tournais la tête avec anxiété vers le reste du groupe attendant leur réaction. Les filles se consultèrent du regard puis acquiescèrent.

« Par contre si tu risques d'avoir des problèmes comme hier par exemple, préviens nous. On se parle depuis peu mais je t'aime bien et ça me dérange d'aider à mettre une raclée à des apprentis Mangemort. » objecta Olivia

« Bien d'accord ! » approuva Beverly

« J'adhère ! » salua Kathy

Leur entrain me ais chaud au cœur j'aimerais qu'elles ne se mêlent pas de cette histoire mais chacun des élèves présents devra faire ses choix, le leur est pris et ça me touche vraiment. Pour la deuxième fois de ma vie je me sens entourée, les choses vont enfin changer. Notre pays cours au devant de la guerre, les véritables mentalités des personnes vont éclater en plein jour, pourtant j'ai bonne espoir car si des ados arrivent à prendre position avec autant de motivation rien n'est perdu. Je retrouve la foi en les gens, je commence à y croire et j'aime ce sentiment.

Le repas englouti nous marchons dans le château en discutant potin. Ces discussions me paraissent au début inutile, stérile et bien insignifiante à côté de ce qui se passe. Mais au fils de nos pas je me rends compte de leurs vertus apaisante. En réalité se concentrer les problèmes des autres permet de complétement oublier les siens. Je me perds donc avec plaisir dans des blablatages.

Or toutes bonne choses a une fin. Harry vient de me le rappeler en surgissant devant nous afin de me demander de venir avec lui. Le choc de sa demande provoque l'engourdissement de mes jambes, je ne sais comment me comporter. Les filles me dévisagent étonnées puis l'une d'elles gloussent pensant surement à une futur mise en couple. Leur réaction me rappelle leur présence, je dois garder la face alors un sourire j'accepte. Pourtant j'ai comme le pressentiment que je vais passer un mauvais moment.