Bonsoir à tous, voila la suite. Même si certains ont été un peu déçus du peu d'avancée dans les sentiments de notre piti couple, j'espère que ça continuera à vous plaire quand même. Avec leurs journées extra chargées, ils n'ont pas beaucoup de temps à eux… Mais ça va venir ;)

Merci pour vos reviews. Du coup comme je n'y ai pas répondu la dernière fois, je n'ai même pas fêté non plus la barre des 300 qui a été franchie ! Je manque à tous mes devoirs lol donc merci encore pour votre soutien.

Bonne lecture.

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Comme seulement à peine la moitié du jour était passé, ils se dirent qu'ils pouvaient bien aller visiter une autre forêt avant la tombée de la nuit. Les elfes leur avaient conseillé d'aller voir la forêt des fauves dès le lendemain, ils auraient probablement besoin de plus de temps là bas. Ils se dirent donc que la forêt des songes pourrait-être une bonne visite pour achever cette journée.

C'était la forêt des esprits, et de tous ceux souhaitant trouver la paix de l'âme avant le grand voyage.

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Chapitre 14 : Forêt des songes et des fauves

Cette fois ci, ce fut comme s'ils passaient à travers une brume épaisse, et qu'ils se retrouvaient dans un autre monde. La forêt était sombre, et les arbres fantomatiques.

Ils firent quelques pas dans ce décor surnaturel, même pour eux, avant d'être soudainement entourés d'esprits tourbillonnants. C'était comme s'ils étaient sondés, comme si les esprits de ces bois se demandaient ce que venaient faire deux vivants parmi eux. Les êtres encore en vie n'avaient pas leur place sous le couvert de ces arbres. Seuls les âmes tourmentées, ou celles ne souhaitant pas encore quitter ce monde pouvait y rester.

Les vivants qui y entraient ne risquaient que de s'y perdre à jamais.

La sensation était vraiment étrange. Parfois le contact était mortellement glacé et parfaitement maléfique, et l'instant d'après ils se retrouvaient entourés d'une douce chaleur réconfortante. Esprits du bien et du mal, rêves et cauchemars, tous cohabitaient dans le même refuge, car tous cherchaient la même chose : un apaisement avant le grand voyage, qu'il soit vers l'enfer ou le paradis. Cette forêt était comme un passage, une antichambre de la mort.

Tout à fait normal qu'ils ne s'y sentent pas à leur place. Et ce, même si la magie protégeait ce lieu.

Et aussi soudainement que la vague des esprits avait commencée, elle cessa. Tout disparut autour d'eux. Et la sensation de traverser un voile d'ombre épais recommença avant qu'ils ne se retrouvent, ils ne savaient comment, dans la forêt interdite alors que la nuit tombait.

Ils avaient passé près de six heures entourés d'esprits, alors qu'ils avaient l'impression que tout cela n'avait duré que cinq minutes.

« Alors ça c'était bizarre. » Ne put que dire Harry, un peu hébété alors qu'il regardait les étoiles, là où auparavant brillait encore un soleil de début d'après midi.

« Tu as senti quelque chose de particulier avec eux ? » Lui demanda Severus, tout aussi perplexe. « Ils ont… communiqué avec toi ? » Après tout, tout était possible. Même si lui n'avait rien entendu, peut-être que le Séraphin oui.

« Absolument pas. C'est juste comme si… ils avaient regardé notre âme, tout en nous. » Répondit le brun, réfléchissant à ce qu'il avait ressentit. « Je suppose qu'ils ont vu ce qu'ils voulaient puisqu'on est de retour. » Rajouta-t-il en haussant les épaules.

« On ne saura probablement que pendant la bataille si ça a servi à quelque chose. »

Le brun réprima un bâillement avant de reprendre la direction du château avec son compagnon. Il se demandait si les autres forêts seraient aussi étranges et mystérieuse que celle-ci. En tout cas, cet échange plus qu'étrange l'avait épuisé, et à en juger par la mine un peu plus pâle de Severus, il en avait ressenti les mêmes effets.

Ils ne tardèrent donc pas à rentrer dans leur appartement des cachots, le brun se glissant entre les draps sous le regard de Severus, semblant le mettre au défit de lui faire la moindre réflexion. Mais même s'il n'avait pas été tout bonnement épuisé, le maitre des potions n'avait aucune intention de dire quoi que ce soit. Son air suffisant devant l'air de bravade du Griffondor fit pouffer ce dernier.

L'atmosphère était tout de suite plus légère, le potioniste laissant apparaitre un léger sourire sur son visage. Leur complicité croissait jour après jour, même si leur relation intime à proprement parlé stagnait au milieu des non dit et des sentiments refoulés.

Severus ne l'aurait jamais avoué, mais il était heureux que le Séraphin fasse chaque jour un nouveau pas, le laissant lentement s'adapter à chaque nouvelle marque d'affection, plutôt que de lui sauter dessus pour l'inonder de sentiments bien trop puissant pour qu'il sache quoi en faire. Il avait été si longtemps sevré d'amour, et même d'amitié, qu'il lui fallait du temps pour s'y réadapter, et Harry en tenait compte.

C'est pourquoi il se glissa lui aussi dans le lit, répondant à l'invitation muette de son compagnon. Et même mieux, il s'en rapprocha légèrement, ne laissant que quelques centimètres entre leurs deux corps, prenant l'initiative d'un premier rapprochement. C'est ainsi qu'il s'endormir, à nouveau plus proches que la veille, et apaisés ensembles.

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Comme prévu, ils prirent nouveau la direction des hauts arbres le dimanche pour tenter d'aller vers la forêt des fauves, comme le leur avaient conseillé les elfes. D'après eux, les créatures vivant là-bas formaient des peuples dangereux, mais d'honneur. Ils ne craignaient pas de faire couler le sang pour la survie de leur race et sa protection.

A peine avaient-ils passé le seuil du passage, qu'ils aperçurent sous leurs yeux, deux enfants vêtus de fourrures, courant l'un après l'autre, jouant de toute évidence.

Tout se passa très vite. Une forme sombre traversa leur champ de vision, prenant les deux enfants sous ses bras avant de disparaitre dans les ombres des arbres, alors qu'une autre stoppait face à eux. Il y avait à quelques mètre devant l'endroit où ils se trouvaient, un homme, grand, musclé, lui aussi vêtu de fourrures, et chose un peu moins courante déjà : des crocs et des griffes parfaitement aiguisées. Deux immenses félins qui ressemblaient à des jaguars, avec quelques kilos de muscles en plus, se positionnèrent en formation de combat au côté de l'humanoïde. Ces derniers grondaient en les fixant, semblant hésiter à leur bondir immédiatement dessus pour les déchiqueter.

Sans un mot, Harry laissa ses ailes sortir, pensant que ce serait plus simple de leur faire comprendre rapidement qu'il ne représentait aucun danger ainsi. Et cela marcha. Il se reproduisit à peu de choses près la même chose que face à Remus la nuit de pleine lune. Au détail prêt que les être face à eux ne semblaient pas perdus, mais comprendre parfaitement ce que ce changement d'instinct signifiait.

Les deux imposants jaguars prirent forme humaine sous les yeux ébahis des deux sorciers. Les félins garous étaient sensés avoir disparus depuis des siècles. Contrairement à leurs cousins loups, ils pouvaient changer de formes autant qu'ils le voulaient le jour, étaient félins la nuit, et strictement humains à la nouvelle lune. Et ils gardaient leur conscience à tout moment, même si elle n'était jamais totalement humaine, mais parfaitement à mis chemin entre leur deux natures.

Les trois qui leur faisaient face les regardaient bizarrement. Les deux humains face à eux ne représentaient aucun danger, ils n'étaient d'ailleurs pas tout à fait humains. Mais ils hésitaient malgré tout à les ramener à leur village alors que c'était la saison des naissances, c'était d'ailleurs pour ça qu'ils s'étaient montré d'emblée aussi belliqueux.

Harry et Snape pendant ce temps attendaient patiemment. Ils avaient bien vu que toutes les intentions menaçantes s'étaient envolées, mais pourtant les trois garous semblaient indécis. Ils les laissaient donc réfléchir, pensant avec raison que les brusquer ferait plus de mal que de bien. Ils en profitaient pour détailler les humanoïdes.

Le premier qu'ils avaient vu était pourvu d'une abondante crinière de cheveux noirs, alors que les deux jaguars les avaient courts et châtain clair. Ils avaient par contre, la même musculature impressionnante, qui ne laisserait aucune chance à un ennemi en combat rapproché. Même si leur allure générale était humaine, ils portaient griffes et crocs, et si les sorciers en jugeaient par leur pieds nus sur les pierres effilées, ils devaient avoir soit une voute plantaire très épaisse, soit des coussinets à l'instar de leur forme animale.

Finalement, les garous semblèrent trouver un compromis. Les deux jaguars reprirent leur forme féline et filèrent dans les bois, alors que l'autre leur faisait signe de le suivre. Ils mirent un peu plus d'une demi-heure avant d'arriver en terrain découvert, qui était sans nul doute l'entrée du village. Un enchevêtrement de lianes en marquait le contour en hauteur, mêlés à des buissons savamment disposés pour empêcher quiconque de s'introduire dans ce territoire sans se faire remarquer. A chaque zone qui aurait pu être une faiblesse, soit par son ouverture, son orientation etc. un félin montait la garde, discrètement posté sur une branche, ou dans l'ombre au sol. Severus admirait tout cela. Dans un décor parfaitement naturel, ils avaient une sécurité à faire pâlir les humains et leurs grandes demeures sophistiquées.

En pénétrant à l'intérieur, les deux jaguars réapparurent et les encadrèrent, quelques mètres en arrière, alors que celui à la crinière sombre dont ils n'avaient pas encore vu la forme animale, s'approchaient d'une femme élancée et d'un homme. Celui-ci avait de long cheveux gris/blanc, mais ce n'avait pas l'air d'être une marque d'âge. C'était sans aucun doute lié à la couleur de sa robe féline. Sa compagne les avait ocre clair. Tout deux avaient une allure royale.

Severus et Harry apprirent peu de temps après qu'ils étaient deux lions-garous, et qu'ils faisaient partie des chefs de ce peuple. En effet, tous les félins garous étaient réunis dans cette partie de la forêt, et vivaient ensemble, sous la direction d'un conseil représenté par des chefs de chacune des races présentes. Les plus importantes étaient les lions, les tigres et les jaguars. Venaient ensuite les léopards et les guépards. Ceux-ci avaient une place permanente au conseil. Il y avait également onces, ocelots, reconnaissables en humain à leur petite taille, chats sauvages, et bien d'autres races moins connues des hommes. Ces dernières se relayaient pour participer aux décisions, élisant à chaque fois un seul chef pour représenter plusieurs d'entre elles.

Le brun était fasciné par une telle organisation. Et une autre chose le fascina bientôt bien plus. Le village était plein de tous jeunes félins. Bien sur, les nouveaux nés étaient bien à l'abri du regard des étrangers, et même de leurs semblables, protégés par l'instinct maternel de leur mère. Mais dès que les jeunes étaient capables de voir, d'entendre, et de sentir, ils étaient présentés au reste du clan et élevés à l'air libre.

Le plus incroyable était qu'il y en avait aussi bien en train de téter sous forme féline, que des bébés à l'allure humaine avec leur mère tout aussi humaine. Leurs guides leur expliquèrent qu'avant leurs six mois-un an, les enfants n'étaient pas en mesure de contrôler leurs transformation. C'était donc à leur mère de s'adapter pour les nourrir.

Le couple de lions-garous leur fit visiter presque l'ensemble du village avant qu'ils ne s'installent et qu'une collation ne leur fut proposée. S'ils prirent peur devant les plats de viande crue que d'autres garous servirent à leurs chefs, ils furent soulagés par les fruits qu'ils leurs amenèrent à eux.

Ils discutèrent un bon moment, avant que le lion ne les assure de leur aide. Au vu de la saison, seuls leurs guerriers males pourraient aider, et pas tous afin de protéger le clan, mais ils répondraient à l'appel du Séraphin. Fidèle à sa nature, ce dernier les avait écoutés, sans juger, fasciné même par leur mode de vie, ils en étaient satisfaits. Eux aussi seraient fidèles à leur nature et l'aideraient.

L'heure de midi était dépassée, et les félins garous leur conseillèrent de passer voir les autres peuples de la forêt. Bien sur, ils pourraient leurs demander en tant que garous, mais ce serait plus efficace s'ils voyaient le Séraphin de leur propre yeux, et surtout s'ils pouvaient sentir sa magie. Des émissaires les préviendrait de sa venue, ainsi il n'aurait pas à passer autant de temps avec eux qu'il ne l'avait fait dans leur village.

« Ca ne les vexera pas ? » Demanda alors le maitre de potion, n'ayant pas vraiment envie de risquer leur mission à cause de quelques orgueils froissés.

« Ne vous inquiétez pas pour ça. » Leur répondit la lionne, un sourire aux lèvres.

« Ce serait que vous ne vous montriez pas qui pourrait les vexer. » Rajouta son compagnon. « Tous ici savent que nous sommes les plus proches de la porte de passage, et que nous y patrouillons régulièrement. Nos enfant ont leur terrains de jeu non loin, c'est donc forcément sur nous que quiconque doit d'abord tomber. »

Les deux sorciers hochèrent la tête. S'ils devaient passer autant de temps avec chaque peuple de cette forêt, ils en avaient pour des jours. Cela les arrangeait donc parfaitement qu'une simple visite soit suffisante.

Ils rencontrèrent ainsi des loups, non garous, mais tout aussi intelligents que les humanoïdes, et pouvant communiquer entre eux par la pensée.

Il y avait également un clan de chimères, que Harry surpris agréablement en réussissant à se taper la causette avec leur extrémité reptilienne. Ces dernières avaient en effet un corps de lion, une queue faite de plus ou moins de serpents, et parfois des ailes membraneuses telles des chauves-souris. Les chimères faisaient partie des créatures les plus dangereuses qui soient, proches cousines des manticores, elles pouvaient être mortelles quelque soit l'extrémité par laquelle on les prenait, et elles possédaient une intelligence redoutable.

Des loups ailés de sagesse habitaient la zone la plus lumineuse des bois, alors que des canidés d'ombres, capables de s'y déplacer, étaient les maitres de la partie la plus profonde. Des ours en armure en gardaient la frontière, et des guerriers de presque chacun de ces peuples s'étaient portés volontaires pour intervenir dans la bataille finale, tant que leurs femelles et leurs jeunes étaient à l'abris des combats. Les ours, trop peu nombreux n'interviendraient pas, et de même, seuls trois ou quatre loups ailés avaient assuré leur aide, leurs louveteaux passant avant tout.

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Et voilà encore un chapitre de plus. La fin approche de plus en plus même si toutes les forêts n'ont pas encore été visitées.