Titre : Bel de nuit

Résumé : Se trouvant dans une situation précaire, Harry Potter, jeune homme impétueux au comportement rebelle, se fait vendre contre son gré par sa méprisable famille au célèbre Drago Malfoy, acteur populaire mais farouchement indépendant....UA.

Rating : M, le langage/contexte parfois crus et certaines scènes assez graphiques l'imposent.

Genre : romance, UA, slash, pour ceux qui ont un problème avec l'homosexualité, (on peut se demander ce qu'ils foutent ici…) ils dégagent.

Disclaimer : les personnages appartiennent bien évidemment à la magnifique et unique J.K Rowling.

Spoilers : aucun.

Salut tout le monde. J'espère que vous allez bien malgré le froid ambiant, la pluie ; la joie quoi. Bref, tel un écho à cet hiver pourri, je tiens à vous avertir que ce chapitre n'est pas très joyeux, donc ceux qui ont le cafard et qui s'attendent à de longues déclarations d'amour, turn around !

Je tiens aussi à vous dire que Neville est très vexé de toute la déferlante d'insultes qu'il a reçues au dernier chapitre, c'est vrai que vous vous êtes acharnés ! C'était splendide ! Vous étiez tous très inspirés. J'ai eu le droit à un peu de tout : de "pas très sympatique","nul", "abjecte", "opportuniste", "détestable", "ordure", "infâme", à "gros con", "connard finit","salaud en puissance", "salopard", "enculé", "putain d'enfoiré de merde" en passant par "moi qui l'aimais bien au début" ou encore "j'espère que ça va lui péter à la gueule", sans oublier toutes les menaces de morts. C'était assez impressionant ! Qui a dit que la langue française n'était pas élégante ? (Mais Neville jubile parce qu'il sait que pour ce chapitre, c'est au tour de Drago de payer la facture...Niark.).

Un grand merci à Nessa et à Vif d'or pour leurs conseils et leurs corrections et un énorme patou à Alexiou que j'aimeeee with lots of folieee. ^^

Pour les plus courageux qui seront restés :

Bonne lecture !

Chapitre 14 : mystérieuse retenue

Harry émergea doucement de son sommeil légèrement comateux. Ces temps-ci, il avait fréquemment du mal à s'endormir. Il n'avait pratiquement plus d'argent depuis qu'il avait envoyé une somme raisonnable à ses frères et sœurs qu'ils avaient convenue en échange de leur silence. Il ne souhaitait parler à personne de cet arrangement et certainement pas à Drago, si ce dernier apprenait que sa famille le menaçait, il le prendrait très mal et Harry craignait qu'il le rende responsable. Il avait donc demandé à Neville d'augmenter son salaire mais celui-ci lui en voulait bien trop d'être resté avec Malfoy pour accéder à une telle exigence.

Harry se demandait toujours s'il avait bien fait de rester auprès de lui. Ils se voyaient de moins en moins et Drago continuait à créer des scandales douteux en provoquant des démonstrations de débauche en compagnie de plusieurs filles ensuite relatées à la une de tous les journaux people, pour redorer son image d'hétéro invétéré. Harry supportait ses déboires sans se plaindre bien qu'au fond de lui, il savait qu'un jour il finirait par ne plus accepter cette situation qui le faisait bien trop souffrir.

Depuis la parution des photos de leur couple, Drago était bien plus distant qu'à l'ordinaire. Harry avait à plusieurs reprises, tenté de converser avec lui, de lui expliquer qu'il subissait son attitude de plus en plus inappropriée comme une trahison et une blessure, mais lorsque le blond et lui se voyaient, il n'avait plus le courage de lui reprocher quoi que ce soit. Paradoxalement, il ne voulait courir aucun risque de le perdre.

Harry se leva en grognant et se dirigea vers la salle de bain, se glissa dans sa douche et soupira de bien être en sentant l'eau chaude s'écouler sur sa peau.

Drago lui avait loué un appartement près de là où il travaillait pour pouvoir le voir anonymement sans risquer d'attrouper les paparazzis. Harry n'aimait pas du tout cette idée de se faire entretenir ainsi mais son amant avait insisté, justifiant qu'il était normal qu'il lui paye son logement, l'ayant plus ou moins viré de chez lui.

Alors il passait, plusieurs fois dans la semaine à l'heure du dîner, il restait parfois dormir ou repartait dans la soirée après avoir pris son pied et Harry devait s'en contenter.

Mais voilà maintenant plus de deux semaines que l'acteur ne l'avait pas touché. Ces derniers temps, son comportement était des plus étranges. Il était venu deux fois dormir avec lui, puant l'alcool à plein nez, sans qu'ils n'aient rien fait, justifiant un manque de sommeil important. Harry n'était pas si obsédé que ça mais il sentait depuis quelques jours un manque évident de sexe dans son quotidien. Les caresses et la peau de Drago commençaient à lui manquer sérieusement et son attitude distante le rendait encore plus malheureux.

Frustré comme un drogué en manque, l'adolescent se masturba furieusement avant de sortir de la douche, frais et dispo pour sa journée.

Dans la soirée, il se commanda une pizza qu'il engloutit avant même que Drago ne le rejoigne. Il dissimula bien sa joie et sa surprise de le voir.

Drago, au pas de la porte, avisa le vieux caleçon et tee-shirt de son amant qui lui servait de pyjama en haussant un sourcil moqueur.

-Sexe, commenta-t-il de son habituelle voix trainante.

-Je t'emmerde, se défendit le jeune homme faussement vexé.

Comment était-il censé savoir que le blond allait débarquer si tard ? Il se serait habillé d'une tenue plus décente s'il s'était attendu à le voir arriver.

Drago eut un rictus amusé.

-Ça n'était pas ironique, dit-il tout en pénétrant dans l'appartement.

-Et mon cul c'est du poulet ? Si j'étais si sexe que ça, tu me baiserais peut-être plus souvent ! cingla l'adolescent avec agressivité.

Drago cessa de marcher et se tourna vers lui en fronçant les sourcils.

-Ok, j'ai compris, je me tire. Je ne suis pas venu ici pour me faire agresser. Bye ! rabroua le blond en prenant la direction de la sortie.

Harry le saisit par le bras et le colla contre le mur le plus proche pour ensuite s'emparer de ses lèvres avec ardeur. Drago tenta vainement de le repousser toujours mécontent d'avoir été si mal accueilli mais l'adolescent tint bon et le blond se laissa emporter par ce tourbillon de sensations exquises. Il entoura ses mains de manière possessive autour de la taille de son amant pendant que celui-ci enroulait machinalement ses bras autour de son cou tout en accentuant la délicieuse pression de ses lèvres sur les siennes.

Quelques minutes de passion intense plus tard, ils se reculèrent légèrement l'un de l'autre afin de reprendre leur respiration haletante.

Harry sentit à nouveau une étrange odeur d'alcool émaner de son amant pourtant elle ne semblait toujours pas provenir de son haleine, uniquement de ses vêtements, comme si l'acteur c'était pris une cuite le soir précédent et qu'il ne s'était pas changé depuis. Cela faisait plusieurs fois qu'il se faisait cette remarque depuis ces deux semaines. Il préféra néanmoins ne pas s'attarder sur cette constatation, il avait d'autres chats à fouetter.

-Reste, souffla finalement Harry sans pour autant oublier la rancœur qu'il éprouvait contre l'acteur.

Drago acquiesça en se dégageant. Il gagna la cuisine où le dernier bout de pizza attira son attention.

-Je vois que tu m'as attendu.

-Tu crois que je bouffe à onze heures du soir ? répliqua l'adolescent du tac au tac.

Drago haussa les épaule et se coupa un morceau qu'il engloutit en deux bouchés, mourant de faim, vraisemblablement. Harry le regarda manger en restant debout, se sentant étrangement stupide.

Drago se servit un verre d'eau puis se dirigea vers la chambre comme s'il avait été chez lui -ce qui n'était pas complètement incontestable. Il se laissa tomber sur le grand lit pour s'y étaler en soupirant d'aise. Harry ne mit pas longtemps à le rejoindre mais resta à distance toujours planté sur ses pieds.

-Je suis crevé, lâcha l'acteur dans un énième soupir las.

Harry sentit sa colère et sa frustration refaire surface à ces mots.

-J'en déduis qu'on va encore jouer les époux claqués et blasés ce soir ? railla Harry, sur un ton amer.

Malfoy se redressa en fronçant les sourcils, n'appréciant guère cette insinuation douteuse.

-Potter...

-Je peux au moins savoir pourquoi tu t'obstines à venir si c'est juste pour pioncer ?

-Pour profiter de tes plats raffinés et de ton lit moelleux qui est au goût de mon cul, ironisa l'acteur sur un ton dur.

-Je ne suis PAS ta femme ! hurla Harry dans un excès de rage qui fit sursauter le blond.

Ce dernier se leva du lit et vint se mettre en face de lui.

-Qu'est-ce que tu as ?

-J'en ai assez que tu joues les types mariés : tu viens, tu bouffes, tu dors, tu te casses.

-Très bien, cette fois-ci je me barre, j'en ai assez de tes crises d'ados en manque.

Harry, outré, l'empêcha de bouger en le retenant fermement par le bras.

-Mais arrête de fuir ! Tu ne m'as pas touché depuis deux semaines ! Qu'est-ce que t'as, t'arrive plus à bander ?

-T'es con...

-Tes pouffiasses te suffisent c'est ça ?

Drago le darda un instant avec fureur puis lâcha sur un ton provoquant :

-Tu as tout compris chéri.

Harry mit un temps avant de réagir puis lui envoya un coup de point phénoménal incontrôlé, en pleine figure sans ménager sa force. Il en avait réellement assez qu'il le prenne pour un sombre abruti. Sous la violence du coup, Drago tomba à terre, à la fois furieux de s'être si facilement fait avoir et surpris qu'Harry ait osé le frapper.

Ne regrettant pas son geste, Harry s'abaissa et se retrouva sur lui.

-J'en ai marre de jouer, Drago, fit-il, haineux.

L'acteur esquissa un sourire mauvais, tentant de rester digne après cette humiliante attaque. Il lui attrapa les épaules et le retourna sans ménagement contre le sol, se retrouvant à son tour en position de dominateur et s'installa tranquillement à califourchon sur son bassin. Harry, ne s'étant pas attendu à un tel revirement de situation, se mit à se débattre stupidement sachant pertinemment qu'il ne faisait pas le poids face à son amant.

-Arrête de jouer les vierges effarouchées, tu as toujours adoré être soumis, ricana-t-il férocement.

-Va crever !

Drago meut alors sensuellement du bassin de manière suggestive ce qui fit réagir instantanément l'adolescent bien malgré lui.

-Tout de suite quand je ne suis pas bourré, tu as beaucoup moins peur, fit remarquer l'acteur, méprisant, au contraire tu bandes comme un malade.

Harry se sentit de plus en plus honteux : comment osait-il lui remémorer ce moment de terreur qu'il avait ressenti lorsque Drago avait failli abusé de lui complètement ivre.

-Laisse-moi tranquille ! tonna le brun en sentant son sexe durcir sous les frottements insistants qu'exerçait son amant contre son boxer.

Drago attrapa les poignets du brun qui continuait à se débattre comme un beau diable malgré son état d'excitation, et les coinça au dessus de sa tête afin qu'il puisse l'embrasser sans être gêné par ses protestations vaines. Harry ne se laissa pas faire et mordit furieusement ces lèvres accaparantes qui s'efforçaient tant bien que mal de se frayer un chemin jusqu'à la langue d'un Harry plus que contestataire.

Drago maintint ses efforts et l'adolescent finit par céder à ses assauts brûlants commençant à lui rendre chaque baiser avec une passion non feinte. Lorsque l'acteur constata qu'il avait gagné la partie et qu'il fut absolument persuadé que son amant le laisserait abuser de son corps à sa guise, il se redressa brusquement sous les gémissements frustrés du jeune homme.

-Il vaut mieux que tu ailles te coucher, mon ange, tu as école demain, déclara-t-il narquoisement, avant de sortir de la pièce sur un pas trainant.

Harry, resta à terre, interdit. Lorsqu'il entendit la porte de l'entrée claquer, il se mit à hurler de rage, furieux de rester ainsi si impuissant.

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-Qu'est-ce que tu as ? Tu as l'air...frustré.

Harry décrocha son regard de l'écran d'ordinateur sur lequel il travaillait depuis déjà plusieurs heures pour se tourner vers Neville avec colère :

-Parce qu'en plus, c'est écrit sur ma gueule !

Neville soupira, laissa tomber ce qu'il était en train de traficoter et s'assit en face de l'adolescent en prenant un air impliqué.

-Très bien, donc tu es frustré ?

-J'ai pas baisé depuis au moins quinze jours et...

-Et pour un ado comme toi, c'est carrément l'horreur.

Un ado comme lui ?

-Ça va ! Je peux me passer de sexe pendant autant de temps, ce qui me frustre, c'est que Drago soit là et qu'il ne veuille pas me toucher...

-Mr Parfait-Je-Le-Sais-Et-J-Emmerde-Tout-Le-Monde aurait-il un problème avec son engin ? ricana Neville d'un air mauvais.

-Lui dit que non.

-Comme s'il allait venir te raconter les petites merdes qu'il a à la queue...

Harry fronça les sourcils, la vulgarité sonnait vraiment méprisante dans la bouche de Neville.

-Peut-être que ça n'a aucun rapport et que c'est moi.

-Non je ne pense pas, il me semble que tu es très qualifié dans ce genre de domaine.

Harry afficha un grand sourire.

-Tu as pu le constater l'autre fois dans ton entrée.

Neville évita son regard, soudainement embarrassé. En effet, quelques semaines auparavant, Harry avait masturbé Drago avec ardeur dans l'appartement même du photographe.

-Oh c'est bon, Neville, je sais très bien que tu t'es branlé toute la nuit après ça, se moqua Harry, normal on était bandant.

Le photographe préféra ne pas répondre à ce genre de provocation sachant très bien qu'il n'en ressortirait pas vainqueur.

-Dans tous les cas, si tu as besoin d'apaiser ta frustration, je peux très bien faire l'affaire, se contenta-t-il de répondre, enjôleur.

Harry continua à sourire de toutes ses dents, se rapprocha lentement de son patron qui crut un instant que l'adolescent allait l'embrasser mais qui finit par simplement lui murmurer de sa délicieuse voix veloutée :

-Même pas dans tes rêves...

Neville ne laissa pas paraitre sa déception un seul instant ; inébranlable, il haussa les épaules en jouant l'indifférent. Harry se remit alors à parler de Drago et Neville eut l'envie soudaine de lui envoyer un coup de poing dans la figure. L'adolescent savait pertinemment que lorsqu'il abordait le sujet, il le faisait souffrir mais il voyait bien qu'il s'en fichait comme de sa dernière chaussette, du moment que lui y trouvait son compte. Il était son boulet, sa roue de secours dont il se servait lorsqu'il en avait besoin. Bien qu'il en voulait atrocement à Harry de lui faire subir ça, il s'en voulait également à lui-même ; s'il le souhaitait, il pouvait mettre fin à tout ça en claquant des doigts mais sortir Harry de sa vie était bien plus dur encore que tout ce que celui-ci lui faisait endurer.

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Harry mit au moins dix minutes à convaincre les vigiles de l'entrée de la villa de Drago afin de le laisser entrer. Cela faisait plusieurs semaines que l'adolescent n'y avait plus mis les pieds mais la situation s'imposait. Drago était injoignable et Harry devait absolument lui parler. Il avait été discret et avait fait en sorte qu'aucun photographe ou autre sorte de parasite du genre ne le suive. Il avait attendu toute la soirée que son amant se pointe mais celui-ci ne s'était pas montré. Harry, agacé, décida alors, étant donné l'heure tardive, de faire comme s'il était chez lui, -Drago ne se privant pas de son côté- et s'endormit dans le lit de l'acteur en espérant que peut-être il finirait par arriver.

Lorsque Drago pénétra dans sa chambre à une heure très avancée de la nuit, il ne fit pas tout de suite attention à l'individu affalé dans ses draps ayant (à nouveau) un peu trop bu durant la soirée. Éreinté, le jeune homme se déshabilla en soupirant et sursauta presque en apercevant l'adolescent allongé de tout son corps sur les couvertures ocre de son lit. Il resta alors planté sur ses jambes plusieurs minutes à l'observer dormir et à s'émerveiller face aux traits si parfaits du garçon qui, endormit, respirait d'une sérénité apaisante qu'il ne possédait pas éveillé.

De quoi rêvait-il ? Un sourire infime ombrait sa joue ; ses cils fuligineux grésillèrent en se frottant légèrement, fugitivement, une rangée contre l'autre, si longs… Leur ombre coulait sur ses lignes, sur son visage clair comme l'eau. Il se recroquevilla imperceptiblement, se pelotonna sur lui-même, en position fœtale. L'onirisme l'avait-il reconduit entre les entrailles chaudes de sa mère ? Peut-être… Avidement, il se saisit de l'image de plénitude innocente que diffusait l'adolescent. Sa peau translucide, nette, livide, tranchait avec ses cheveux obscurs et épars qui se répandaient en mèches irrégulières sur l'oreiller ; sa bouche carmine abandonnait ses moues dans le sommeil – et ses lèvres reposaient, entrouvertes, paisiblement souriantes, dans une beauté absolue. Il ne paraissait rien de plus exquis que les arabesques que traçaient ses veines sur ses paupières abaissées. Drago les aurait baisées sans fin, sans même songer à des désirs autres, plus poussés – car la caresse se devait d'être, selon une pensée embrouillée qui lui parvint, aussi chaste qu'en était l'objet à cet instant précis

De longues minutes de contemplation intense passèrent avant que Drago ne se décide à se coucher à son tour. Malgré la dispute qu'ils avaient eue la nuit précédente, la présence de son amant le fit se sentir mieux.

Harry se sentit émerger quelques instants lorsque Drago s'allongea près de lui. Il était dans un sommeil encore bien trop comateux pour lui dire quoi que ce soit et crut un temps que le blond allait le réveiller pour le virer de chez lui mais il n'en fit rien et se contenta de passer un bras sous son dos, l'autre autour de sa taille pour le rapprocher de lui et le serrer contre son torse chaud. Il sentit à nouveau une odeur d'alcool nauséabonde provenir de son amant, il en déduisit avec amertume qu'il avait dû bien se marrer cette nuit. Quelques instants passèrent avant qu'il ne le sente s'endormir dans son cou. Harry décida qu'ils auraient tout le temps de parler plus tard.

Hélas pour lui, lorsqu'il émergea le lendemain matin, l'acteur semblait avoir déserté depuis un moment. Harry pensa qu'il aurait pu rêver sa présence d'hier soir. Il se doucha en toute hâte et descendit aux cuisines en espérant l'y trouver encore mais à son plus grand désagrément, il ne s'y trouvait que Tom Jedusor.

Toujours là, lui !

-J'ai l'impression qu'à chaque fois qu'on se croise, c'est pour que quelqu'un me présente à vous ou pour vous regarder bouffer, lança l'adolescent en guise de salutations.

Tom Jedusor, le teint toujours aussi livide et les yeux toujours aussi étrangement dilatés, lui lança son habituel regard impénétrable affichant clairement sa non satisfaction à le revoir à nouveau.

-Vous préfériez me trouver en train de me faire Drago ? Moi aussi j'adorerais que nos rencontres soient plus affriolantes, répliqua-t-il placidement en se servant du café.

Harry resta quelque peu décontenancé face à cette réplique à laquelle il ne s'était absolument pas préparé à recevoir dans la figure. Venant de cet homme en particulier, il s'était attendu à quelque chose de plus classe et d'un peu moins cru mais décida de s'en moquer.

-Ménagez-vous, votre langage laisse à désirer, Drago a une mauvaise influence sur vous.

Tom afficha un sourire fourbe.

-Et c'est vous qui me dîtes ça, je crois rêver.

-Moi je suis jeune, rétorqua l'adolescent en accentuant sur le dernier mot.

-Oui j'avais cru comprendre que Drago préférait les minets pré-pubères.

Constamment indigné lorsqu'on se référait à son âge, Harry attaqua vivement :

-Vraiment ? Pourtant la dernière fois que je vous ai vu, si je me souviens bien, vous lui faisiez pleins d'éloges. Qu'a-t-il bien pu faire pour descendre aussi vite dans votre estime ? se moqua-t-il en prenant un faux air de quelqu'un qui cherche à comprendre l'inexplicable.

L'homme eut du mal à contenir son irritation :

-Tu commences à me les casser sérieusement, alors je te conseille de la fermer si tu ne veux pas te retrouver avec une dent en moins pour ta prochaine séance photo, menaça Tom d'une voix froide et sèche.

-Oh non, s'écria Harry en prenant une voix d'enfant innocent, vous ne pouvez pas faire ça ! J'ai dû porter un appareil dentaire pendant deux ans, ça été l'épreuve la plus terrible de ma vie, tout ce travail que vous allez gâcher...

Jedusor cligna des yeux : comment ce gamin osait-il railler ses avertissements ! Jamais personne ne le mettait au défi d'exécuter ses menaces.

-Dis-moi, comment as-tu fait pour ensorceler Drago avec tes pauvres réflexions puériles de mômes ? Ecstasy ? Cocaïne ? Je me demande vraiment...

Harry fronça les sourcils, à présent agacé. Comment osait-il lui balancer ce que ces sales journalistes avaient écrit sur lui ?

-Neville m'a dit que je vous faisais beaucoup d'effet, se contenta-t-il de répondre en passant outre sa question.

Tom blêmit considérablement et afficha un teint terriblement blafard si c'était encore possible. Harry se prit à le trouver assez terrifiant mais il ne lui montrerait sous aucun prétexte.

-Il..., tenta l'adulte ne trouvant plus ses mots.

Le jeune homme jouit pleinement de la tête presque affolée de cet homme qui avait toujours réussi à contenir ses émotions et à toujours rester aussi impénétrable qu'une pierre.

-Oh ne soyez pas timide, vous n'êtes pas le seul vous savez, railla Harry amusé par ce revirement de situation plus qu'inattendu, d'ailleurs il me semble ne jamais vous avoir donné de coke à vous, serait-ce à cause de mon charme naturel ?

-Tu...

-Allez remettez vous, je promets de ne pas me promener avec vous à Paris, personne ne sera au courant ! lança le jeune homme joyeusement.

Il vit Tom fulminer de rage sur place et décida de partir, ne souhaitant que très peu risquer de se faire casser la gueule dans la minute à venir. Cet échange le fit oublier Drago quelques temps et le mit de bonne humeur pendant au moins deux bonnes heures ce qui constituait un record ces temps-ci.

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-J'ai rêvé que Drago me serrait dans ses bras cette nuit, raconta Harry sur un ton maussade ; il n'avait toujours pas décidé si son soi disant rêve en était un ou non.

Neville ferma les yeux un moment pour s'habituer à l'idée que les prochaines minutes à suivre allaient être déplaisantes si le jeune homme décidait encore de lui parler de son amant. Il ne devait surtout pas craquer.

-Vraiment ? dit-il quelques instants plus tard d'une voix neutre et sagement contrôlée.

Harry acquiesça en regardant dans le vide.

-On s'est encore disputé.

-À quel sujet ? demanda le photographe bien qu'il ne voulait absolument rien savoir.

-Je lui ai dit que j'étais frustré, je crois que ça l'a vexé et il s'est barré, résuma Harry qui voulait éviter de raconter la séquence humiliation.

-Ah, se contenta de répondre Neville qui ne pouvait vraiment pas commenter plus.

Harry émit un énième soupir las puis, prit d'une pulsion insensée, il se leva d'un bon en tonnant "j'ai envie de BAISER !!" Neville sursauta face à ce détournement de situation plus qu'inattendue.

-Drago ! Je veux que tu me baises ! clama Harry dans le vide en se dandinant de façon hystérique.

-Tais-toi Harry ! gronda sèchement Neville soudain prit d'une colère violente.

L'adolescent se tourna vers lui avec un sourire dur.

-Pourquoi ? demanda-t-il sur un ton provocateur.

-Parce que mon prochain client peut t'entendre et que je tiens à ma réputation alors ferme ta gueule !

-Tu m'as dit qu'il ne serait pas là avant deux heures..., répliqua le garçon avec son même sourire mauvais.

-Et alors ? Ce n'est pas une raison ! Contrôle-toi, toi et tes putain d'hormones !

Harry éclata d'un rire complètement frénétique.

-Je ne peux pas ! Ce connard me traite comme de la merde et je continue à l'aimer comme un fou, mon Dieu, je suis pathétique, débita-t-ilen continuant à rire et se déchaîner dans tous les sens comme un forcené.

Neville ne réussit pas à prononcer un mot, ses paroles restèrent bloquées au fond de sa gorge.

-Et le pire, c'est qu'il veut même plus me baiser, ahaha, je suis vraiment le roi des boulets ! fit-il avec cette même hilarité des plus alarmantes.

-Harry...Tu es complètement dépressif...Ce type te rend cinglé ! laissa échapper le photographe à moitié désespéré.

Harry rit de plus belle à l'entente de cette déclaration. Il se mit à se frotter lascivement contre le mur le plus proche en gémissant de façon indécente. (Nda : tel le chat en chaleur de Nessa, mister Cachou...xD).

Neville tenta de se contrôler du mieux qu'il put devant ce spectacle des plus attrayants que lui offrait le garçon.

-Je suis trop en manque de lui...

-Harry arrête ! s'écria Neville en essayant désespérant de garder le côté sérieux de la situation.

Il ne pouvait décemment pas le mater indéfiniment sans rien faire alors qu'il était clairement en pleine dépression.

-JE LE VEUX ! répliqua l'adolescent en continuant à se frotter sensuellement contre le mur comme il l'aurait fait contre Drago pendant un de leur ébat les plus brûlants.

-Harry...Tu es malade...Je crois que tu devrais aller voir quelqu'un, tu as besoin...

-TA GUEULE ! Te prends pas pour ma mère ! Je te signal qu'elle est morte ! s'exclama soudainement le brun d'une voix sèche.

Neville déglutit difficilement ignorant comment réagir. Il sentit son cœur accélérer un peu plus lorsqu'il constata qu'Harry était entrain de se déshabiller.

-Qu'est-ce que tu fais ?! s'alarma-t-il, affolé.

Harry retira voluptueusement son tee-shirt sans cesser de fixer son patron avec un regard de prédateur. Il retira ensuite son jean puis son boxer en affichant fièrement son pénis tendu à l'extrême. Le photographe contempla l'adolescent avec fascination, jamais il n'avait vu un homme aussi beau à cet instant. Harry avait un corps magnifique, parfaitement proportionné et finement musclé, il était encore plus beau que dans ses rêves les plus fous et eut une envie violente que ce corps si parfait lui appartienne à lui seul.

Il s'abreuva de chaque petit détail, de la constellation regroupant trois grains de beauté disparates sur le bas de sa hanche blanche, à la toute petite cicatrice rosâtre qui s'étirait sur l'épaule opposée à son aine stellaire. Il nota que Harry était imberbe d'un point à l'autre de ses membres, exception faite des abords de son phallus, et du duvet fin et clair qui parsemait ses longues jambes. Il avait hérité de l'épiderme nacré qui faisait la spécificité de la communauté rousse, dont avait naguère fait partie sa mère. Sans doute était-il un peu maigre, de l'avis du photographe, avec son buste étroit et ses bras fluets. Cependant, même cette chétivité semblait puisée dans l'essence de la séduction.

Mais au-delà de cet aspect esthétique, il y avait quelque chose d'insaisissable qui caractérisait son apparence physique. Une appréhension tout à fait personnelle du monde extérieure, unique à cet adolescent qui fut mûr avant l'heure, et qui se manifestait, par exemple, dans cette façon singulière d'incliner la tête de côté – toujours le gauche - en fronçant les sourcils, comme à présent, et donner ainsi à ses yeux le flamboiement d'un brasier. Ou ses mains, splendides pour un homme, et adoucies par des contours effacés, qui s'emparaient des objets convoités avec le même mouvement preste et insouciant qu'ont les enfants, et les rejetaient avec une égale désinvolture. Neville voulait tout cela aussi.

Drago, cet homme prosaïque, s'était-il jamais aperçu de cela ? Avait-il jamais deviné le trésor, la poésie que recelait le corps d'Harry Potter ?

-Je veux que tu me prennes en photo, annonça Harry après avoir défié Neville du regard de lui dire quoi que ce soit.

-Que...quoi ?

-Je veux que tu me prennes en photo, répéta le jeune homme comme un ordre.

Craignant qu'il revienne sur sa décision, Neville se précipita sur son appareil photo et bombarda Harry à coup de flash par centaines, l'occasion étant trop belle pour immortaliser cet instant unique. Le jeune homme se prit au jeu et commença à prendre des pauses affolantes d'un érotisme achevé qui éveillèrent les sens du photographe comme jamais auparavant on n'avait pu l'exciter. Il ne savait pas ce qui se passait dans la tête du jeune homme pour agir ainsi mais sur le moment, il n'avait aucune envie de le savoir, il voulait que ce moment magique ne finisse jamais, pouvoir contempler l'objet de ses fantasmes indéfiniment et ne plus jamais avoir à détourner les yeux de ce corps ensorcelant. Ces photos étaient à lui et pour lui.

Après avoir photographié Harry sous toutes ses formes et sous tous ses angles, il se mit à zoomer sur chaque partie de son corps en s'attardant plus longuement sur son sexe toujours aussi gorgé de sang. Poser ainsi pour lui faisait bander Harry, cette idée galvanisait Neville à tel point qu'il aurait pu en jouir dans son pantalon si ça n'était pas déjà fait.

Ce fut Harry qui décida que la séance photo s'arrêtait là. Il se rhabilla très sèchement et s'en alla sans un mot.

Neville ne dormit pas de la nuit, il se masturba sur ses propres photos pendant de longues heures en songeant à l'adolescent et à son comportement des plus inquiétants. Il cessa de s'astiquer lorsque sa conscience le rattrapa et qu'il se rendit compte qu'il avait bien trop profité de la situation. Il avait agit comme un égoïste libidineux alors qu'Harry avait de toute évidence, besoin d'aide. Drago le rendait complètement fou. Il savait que la seule façon de le guérir était de l'éloigner de cet être endiablé mais si cette suggestion venait de lui, Harry ferait tout pour rester avec Drago uniquement par provocation ou pour encore jouer avec ses sentiments et lui faire du mal. Et il connaissait assez bien l'adolescent maintenant pour savoir que jamais il ne se résignerait à aller voir un psy ou encore admettre avoir un problème.

Il décida alors d'en parler à la seule personne qui pourrait mettre un terme à tout cela.

-Qu'est-ce que tu veux ? raisonna la voix froide de Drago dans le combiné.

-Ne raccroche pas, je ne t'ai pas appelé pour me disputer mais pour Lui.

-Qu'est-ce qu'il a ?

-Tu le saurais si tu le voyais plus souvent !

-Mêle toi de ton cul, assena froidement l'acteur qui n'était pas d'humeur à recevoir des sermons.

-Il va mal. Tu lui fais mal. Et je crois qu'il est en train de craquer.

-Je ne vois vraiment pas de quoi tu veux parler !

-Il ne comprend pas pourquoi tu ne veux plus le toucher, pourquoi tu ne...

-Ça ne regarde que moi. Maintenant t'as fini ? Je peux aller pioncer ?

-Quitte le, lâcha Neville de but en blanc.

Il entendit l'acteur ricaner méchamment.

-Ça te ferait tellement plaisir hein ?

-Quitte-le pour lui ! Je sais qu'il est beau comme un Dieu, qu'il est intelligent et que son audace t'as toujours beaucoup séduit mais tu en trouveras d'autres, laisse le partir maintenant, tu l'as assez fait souffrir comme ça !

Drago mit un temps avant de répondre d'une voix des plus glaciales :

-Tu as vraiment failli me faire pleurer tu sais ? Maintenant je n'ai qu'une chose à te dire pauvre type : va te faire foutre ! Je sais que tu es éperdument amoureux de lui et tu vas me faire croire que c'est pour lui que tu souhaites me voir le quitter ? Tu me prends vraiment pour le dernier des cons ! Maintenant sache que pour l'instant il m'appartient et que tu vas devoir continuer à lui courir après pathétiquement encore longtemps.

L'acteur se sentait plus furieux que jamais ! Comment osait-il le sermoner après ce qu'il lui avait fait sans même un quelconque remord ? Il le haïssait tellement !

-Tu n'es qu'un...

-Ne t'avise plus de m'appeler et de le manipuler sinon je te le ferai payer à un degré dont tu n'as même pas idée.

L'acteur raccrocha sans que Neville n'ait pu ajouter quoi que ce soit.

Il continuerait donc à haïr son ancien ami un peu plus.

Lorsqu'Harry arriva le lendemain matin pour travailler, il n'avait plus rien à voir avec l'adolescent excité et complètement tumultueux du soir précédent. Il afficha une mine froide toute la journée, ne parla que lorsque cela lui était vraiment nécessaire et ne mentionna à aucun moment ce qui s'était produit. Il ne parla de la séance photo qu'à la fin de la journée au moment où il s'apprêtait à partir :

-Au fait pour les photos d'hier soir...

-Oui, tu veux les voir ? Elles sont toutes sur mon ordinateur.

-Je ne veux pas les voir, dit-il catégorique.

-T'es sûr ? Elles sont vraiment très belles, tu aurais vraiment dû faire mannequin, ces photos peuvent valoir des...

-Je suis sûr, coupa-t-il d'une voix sèche et sans retour, et surprime les.

-Mais...

-C'est de mon corps dont il s'agit, alors obéis, je ne veux plus jamais en entendre parler, ni en voir aucune trace.

Neville acquiesça mais sut que jamais il ne capitulerait. Il garderait ces photos pour lui.

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-Salut.

Harry cligna des yeux pour s'assurer que le grand blondinet qui demeurait au pas de la porte était bel et bien Drago. Il fit son possible pour ne pas paraître trop satisfait et se contenta de sourire poliment bien qu'au fond de lui, son corps tout entier manifestait sa joie de le voir.

-Salut.

Il s'effaça pour le laisser entrer. L'acteur enleva son manteau, gagna la cuisine pour se servir quelque chose à boire puis revint vers Harry qui s'était installé dans le salon en attendant la suite des évènements se demandant le motif de sa visite. Allait-il l'engueuler ? Le baiser ? Simplement profiter de son lit ? Lui demander des excuses ? Bien que sa dernière suggestion lui sembla tout à fait hypothétique, il gardait toujours ces petites espérances qui lui permettaient de tenir bon. Il évita tant bien que mal d'afficher son agacement lorsqu'il constata que Drago s'était encore servi avec désinvolture sans même son approbation. Il ne fit néanmoins aucun commentaire.

-Alors ? lança le blond, désinvolte.

Harry fronça les sourcils, se demandant si dans ses réflexions, il n'avait pas entendu la première partie de l'histoire.

-Alors quoi ?

-Pourquoi es-tu venu chez moi l'autre soir ? demanda Drago sans plus de cérémonies.

Harry sourit intérieurement en s'apercevant qu'il n'avait fait aucun rêve, tout cela avait été réel. Il ne détecta aucune once de reproche dans sa demande, juste une envie de savoir.

-Pour te parler.

-De quoi ?

Harry soupira quelque peu irrité. Drago réagissait encore comme si tout allait bien entre eux, comme s'il n'y avait aucun besoin de discuter alors qu'ils savaient pertinemment tous les deux qu'un réel problème se posait. L'adolescent en avait assez d'avancer tout seul : ils étaient deux dans cette histoire.

-Laisse tomber. J'avais juste envie de te voir, lâcha-t-il en reconnaissant pour lui-même sa défaite ; il ne voulait plus se battre.

L'acteur le regarda fixement un court instant comme pour deviner ses pensées et lire en lui mais n'ajouta rien de plus.

-Je voulais aussi m'excuser de t'avoir frappé...

Drago se contenta d'accepter ses excuses en silence. L'adolescent ricana pour lui-même, lui qui s'était attendu à ce que l'acteur s'excuse à son tour, il pouvait toujours rêver, et bien profondément. Néanmoins lorsqu'il vit une légère trace bleuâtre au niveau de sa pommette qui lui était restée de leur dernière confrontation, son amertume disparut pour laisser place à une profonde culpabilité. Comment avait-il pu abîmer ce si beau visage ? Il fit deux enjambés et se retrouva contre lui à caresser l'hématome dont il était la cause.

-Excuse moi...

Drago ferma les yeux sous la caresse puis se recula rapidement, très mal à l'aise.

L'adolescent, piqué d'être à nouveau repoussé, sentit sa colère refaire surface.

-Je suppose que tu viens pour profiter de mon lit moelleux, déduisit Harry sur un ton amer.

-Bingo.

Drago se dirigea alors jusqu'à la chambre, se déshabilla en un rien de temps et se laissa tomber dans le lit. Harry constata avec aigreur que leur dernière dispute n'avait strictement servie à rien. Il le rejoignit en contrôlant du mieux qu'il put sa colère et sa frustration plus présentes que jamais, pourtant il n'était pas question qu'il commence à se plaindre, il ne souhaitait pour rien au monde que son amant s'énerve à nouveau et lui fasse subir une autre humiliation cuisante.

Pourtant lorsqu'il fut installé à côté de l'acteur, ses résolutions de non défense se dissipèrent peu à peu : en effet, Drago l'ignorait encore plus impunément qu'à l'accoutumé. Il lisait avidement un article de journal en estimant qu'Harry n'existait pas. Le garçon se sentit alors comme la chose la plus pitoyable du monde. Une question lui taraudait l'esprit en continue : mais qu'avait-il bien pu lui faire pour être traiter ainsi ?

Il réfléchit alors à ce qu'il pourrait dire pour capter son attention.

-Neville m'a prit en photo l'autre jour, annonça-t-il après un long silence oppressant.

Drago continua à poursuivre sa lecture sans aucune sorte de réaction, jouant à nouveau sur son incapacité auditive.

-Complètement nu...

Il eut une sorte de blanc tendu puis l'acteur commença enfin à réagir en se redressant légèrement à cette annonce des plus inattendues. Il fronça les sourcils, l'air plus mécontent que jamais et se tourna lentement vers l'adolescent qui était ravi d'avoir enfin trouvé un sujet qui pouvait attirer son attention.

-Bordel ! réprimanda le blond visiblement courroucé, c'est quoi ton problème ? Ce con te donne pas assez de frics, faut en plus que t'ailles jouer les pétasses dans les magazines ? T'en a pas eu assez déjà ?

-Mais il ne va pas me payer, ni les publier ! riposta Harry, outré.

-Et si par hasard elles l'étaient, ils me relieraient automatiquement à toi et mon image en prendrait un très gros coup ! À nouveau !

Harry poussa un gémissement furieux :

-Il n'y a donc que ça qui te préoccupe ! Ta putain de popularité ! Et bien rassure-toi, ces photos ont été supprimées, plus rien ne pourra nuire à ta carrière ! tonna-t-il en hurlant presque.

Drago détourna vivement son regard du garçon pour ne pas percevoir son regard accusateur.

-Tant mieux, se contenta-t-il de répondre, un peu rassuré.

Harry fulminait sur place. Constatant que son amant se comportait comme le dernier des connards, il décida d'aller plus loin cette fois-ci :

-Il avait envie de me baiser.

Drago se figea un instant mais resta imperturbable.

-Quoi ?

-Il avait envie de mon corps ! lança Harry, révolté par tant d'indifférence et de manque de réaction.

Drago changea nerveusement de position en tentant de paraître le plus impassible possible.

-Tu n'as jamais eu besoin de te foutre à poil pour que ce connard ait envie de te sauter, lâcha-t-il sèchement sans détourner le regard de son journal, et puis si ça te chante, va baiser avec lui, je me fous complètement de ce que tu fous de ton cul.

Harry ferma les yeux, accusant le coup douloureusement puis se rapprocha du blond et se retint vivement de lui dire qu'il ne le croyait pas une seconde.

Il décida de jouer le tout pour le tout en utilisant les sentiments plutôt que les insultes qui jusque là le laissaient insensibles et ne s'étaient pas révélées d'une grande efficacité.

-Je me fiche de lui, c'est toi que je veux, souffla-t-il aguicheur, à son oreille.

Drago frissonna doucement, surpris de son rapprochement soudain.

-Pas ce soir Potter, je suis crevé.

-Et moi j'ai envie maintenant ! assena durement l'adolescent.

Drago ne répondit rien bien que voilà déjà un moment qu'il avait perdu le cours de sa lecture et ne comprenait plus rien à la phrase qu'il avait déjà relue douze fois, Harry étant bien trop près de lui pour qu'il puisse avoir un minimum d'attention.

-J'ai envie que tu me fasses l'amour..., prononça-t-il dans une litanie sensuelle.

Drago ferma les yeux pour se retenir de lui sauter dessus furieusement. Il ne devait pas...

-Tais-toi, fit l'acteur d'une voix ferme.

Pourtant Harry pouvait sentir que son amant en avait autant envie que lui, qu'il était tout autant frustré et il ne comprenait pas ce qui le retenait, ce qui le bloquait.

-Fais-moi l'amour, Drago.

Brusquement, le blond plaqua le jeune homme qui sursauta violemment, contre le lit et planta son regard argenté dans celui émeraude et lumineux de son amant.

Et pour la première fois depuis qu'il fréquentait Drago, il eut peur de lui...Il n'avait jamais vu ses yeux aussi débordant de colère et de souffrance, aussi prêt à le frapper, qu'en cet instant.

-Il n'y a pas d'amour, Potter ! Il n'y a que du sexe ! cracha Drago plus furieux que jamais.

Harry secoua la tête. Il ne voulait pas croire à ça ! Il n'osa néanmoins pas ajouter quoi que ce soit. Les mains de Drago le retenaient fermement par les poignets avec une telle ardeur qu'ils commençaient déjà à le brûler douloureusement.

Drago ne comprit pas son air affolé...

-Pourquoi je vois de la peur dans tes yeux, Harry ? Tu sais bien que je ne pourrais jamais te faire de mal.

Harry aurait voulu lui crier que ce genre de paroles en l'air n'était qu'un tissu de mensonges, qu'il le faisait souffrir depuis leur première rencontre et qu'il n'avait absolument rien fait pour arranger les choses. Si Drago n'avait pas voulu lui faire du mal, il aurait dû assumer sa relation avec lui auprès des journalistes depuis longtemps et ne pas le garder cacher au reste du monde.

-Je t'aime, lâcha Harry dans un souffle.

Il voulait qu'il comprenne...

-Putain, arrête de dire ça ! Tu ne sais pas de quoi tu parles...

-Je t'aime ! répéta le jeune homme en défiant son amant de le contredire à nouveau.

Mais l'acteur ne répondit rien cette fois et Harry en profita pour l'embrasser avec une tendresse qui lui était jusqu'alors inconnue. Drago resta stoïque mais libéra ses poignets et Harry en profita pour s'agripper à lui afin d'accentuer son baiser sur ses lèvres inertes qui réagirent tout de même au bout d'un temps à ce contact brûlant. Drago n'avait jamais pu résister à ses baisers, il n'arrivait plus à contrôler les réactions de son corps lorsqu'Harry se mettait à l'embrasser aussi ardemment. Sentant toute la frustration de ces dernières semaines monter en lui en à peine quelques secondes, brusquement, il retira le caleçon du garçon, puis le sien tout en continuant à l'embrasser comme si sa vie en dépendait. Harry sourit victorieusement contre ses lèvres et lorsqu'il sentit les mains de son amant lui écarter les cuisses, il frissonna très violemment d'anticipation.

Drago le pénétra sans même le préparer, trop pressé dans son propre plaisir. Harry ressentit une douleur lancinante après cette brusque intrusion mais qui fut bien vite remplacée par une jouissance sans nom. L'acteur, qui avait gardé les yeux fermés afin de mieux ressentir ces sensations si uniques lorsqu'il faisait l'amour à cet homme, débuta ses coups de reins puis se résolut enfin à regarder Harry et la vision angélique du visage de l'adolescent se contorsionnant de plaisir finit de l'achever dans sa jouissance, pourtant, avant même de jouir, il se retira du corps de son amant sans prévenir.

Harry gémit de frustration, ne comprenant pas pourquoi un tel revirement de situation. Son amant se mit à se rhabiller comme s'il avait le diable aux trousses, tremblant toujours. L'adolescent aurait voulu le retenir, l'empêcher de partir mais pour une raison inconnue, il resta figé, se contentant de le supplier du regard, les mains serrant les draps à sans faire éclater les phalanges, incapable de prononcer le moindre mot.

Une fois habillé, Drago laissa simplement échapper :

-J'peux pas.

Et il partit.

À nouveau.

Lorsque la porte claqua, Harry, plus mal que jamais, se demanda si cette scène était la dernière, si elle venait de mettre un terme à tout ce qu'ils avaient vécu. Il se recroquevilla dans ses couvertures qui à son grand malheur, sentaient encore l'odeur veloutée de son amant, qui pour une fois, était dénuée de toute effluve d'alcool.

À suivre !

Je dois reconnaitre que c'est de pire en pire entre ces deux là, mais promis, le meilleur est à venir et ne serait tarder (phrase à méditer...:p). J'espère néanmoins que ça vous a plu (un peu...?). Merci de m'avoir lu.

Bisoux,

Margue.