Bonjour !

Je remercie tout d'abord chaleureusement Kingofmetal666, Ehdansgal, PonyoLeChat, FrenchGleek, Laulink pour leurs encouragements, sur FFnet, Mail et FB. La suite c'est pour vous !

Voici donc un petit chapitre transitoire entre l'arc narratif d'avant et le nouveau. J'ai déjà écrit à ce jour jusqu'au chapitre 18, donc j'avance bien. Mais je poste un peu quand j'y pense, j'avoue... Je pense que vous aurez le chapitre 15 dans deux jours, donc jeudi, le temps que j'avance encore dans l'intrigue (sauf si j'ai teeeeeeellement d'encouragements que je le poste avant, niark.)

Je précise pour une personne qui a demandé : Le Soldat Kraven ou Kraken ? Alors, c'est word qui corrige tout seul, ce sal******, donc c'est bien Kraven, pas Kraken (lui c'est un monstre mythologique quand même !).

Et enfin, on me demande dans l'oreillette si la Mulan de mon histoire est inspirée de la princesse Disney, la réponse est oui... et non. Car je dois avouer que si aujourd'hui elle n'a plus grand chose en commun avec la jeune fille fraîche et pleine de vigueur de Mulan, c'est parce que je m'inspire aussi du film Hua Mulan, qui est une tuerie : je vous conseille de le voir ! (enfin, je vous le conseille, parce que je suis gentille, pas parce que c'est nécessaire de le voir pour comprendre).

Dans tous les cas, bonne lecture à tous !


Hissée sur son fier cheval, Hua Mulan observait les grandes montagnes enneigées. L'hiver était bel et bien installé et même la peau de loup lui servant de couverture parvenait à peine à la réchauffer. Ce retour à Arendelle lui faisait le plus grand bien. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, quelque chose lui manquait désormais lorsqu'elle était loin d'ici. Mais ce vide semblait se combler alors qu'elle approchait du palais royal, qui se trouvait à présent à trois heures de cheval.

A ses côté, son Seigneur Commandant reniflait d'un air très digne tout en buvant discrètement à sa gourde d'hydromel. Elle soupira intérieurement et le fixa sans vraiment le vouloir.

« Quoi, c'est de l'eau ! protesta l'homme en voyant le regard de son Capitaine

_Hum. »

C'était tout Mulan, rester stoïque et ne rien dire si ce n'est pas pertinent. Et elle savait pertinemment que ce n'était pas de l'eau. Néanmoins, ils n'étaient plus en guerre, alors qu'il prenne sa goulée d'hydromel s'il le souhaite. En recentrant son regard sur le paysage, elle ne put néanmoins pas s'empêcher de repenser au passé. A l'époque où elle n'était qu'une simple jeune fille à marier et qu'elle avait tout sacrifié pour son père et pour son empereur.


Son père était un officier de l'armée Impériale. Dans son pays, si les femmes sont cantonnées à la maison, destinée à faire le mariage le plus glorieux possible, elles sont malgré tout entraînées à l'art du combat lorsque leur parent est militaire. Elle avait donc tout appris auprès de lui. L'épée, le corps-à-corps, la lance, le cheval... Il utilisait même ces jeux pour lui apprendre la stratégie. Il l'aimait profondément, son père... Et Mulan l'aimait autant, sinon plus. Alors, quand la guerre contre les Ruanruan avait été déclarée et que son père, vieux et diminué par une vilaine blessure, devait reprendre du service, Mulan n'avait pas pu s'empêcher de s'y opposer. Elle se souvenait encore de sa dispute avec son père.

« Père, vous êtes trop vieux ! Et votre jambe, jamais vous ne pourrez tenir à la course ou à cheval ! Vous feriez partie des premiers à mourir sur le champ de bataille !

_Si j'avais eu un fils, j'aurais pu l'envoyer à ma place. Mais tu es ma fille et jamais ils n'accepteraient de femme dans leurs rangs, quand bien même es-tu douée comme un homme. J'irai donc.

_Vous mourrez !

_Je préfère mourir sur le champ de bataille avec les honneurs qu'à l'échafaud comme déserteur.

_L'honneur n'est que pacotille face à la vie humaine. Je ne l'accepterai jamais !

_Je ne t'ai jamais demandé d'accepter ! Tu te tais et tu restes à ta place de femme ! »

Il avait donc clos la dispute sur ces mots, qui heurtèrent sa fille. Il s'était détourné et l'avait laissée dans le couloir, seule.

Elle avait alors volé l'armure et les armes de son père et avait filé avec l'ordre d'enrôlement, se faisant désormais passer pour un homme. Tout s'était tellement bien passé pendant de nombreuses années ! Elle était même passée général. Son père n'avait jamais rien dit, de peur de condamner son unique enfant. Elle ne l'avait plus jamais revu depuis sa fuite.

Malheureusement, durant ces années, elle avait côtoyé un capitaine qu'elle aimait. Il savait la vérité à propos d'elle. Mais il l'avait trahie, elle ne sut jamais pourquoi. Alors qu'on allait l'arrêter, elle était parvenue à fuir. Depuis, elle était recherchée par les soldats impériaux qui l'accusaient de trahison envers l'Empereur. Trahison ! Alors qu'elle avait mené toutes ses troupes à la victoire !

Sa longue fuite avait alors débuté. Elle avait traversé tout le continent d'Akavir... Vivotant de menus travaux, de la générosité... Toujours sous les traits d'un homme. C'était lors d'une guerre entre son ancien peuple et Auria qu'elle fit la connaissance d'Emrich.

Elle se battait férocement avec des hommes ayant compris qu'elle était une femme. Elle se battait d'autant plus fort qu'elle savait pertinemment que la luxure dans leurs yeux ne lui occasionnerait pas seulement un massage d'épaule. Il s'agissait de soldats originaire de chez elle et il n'était pas exclu qu'ils l'aient reconnue. Lorsqu'elle les avait tous tués, des applaudissements avaient retenti derrière elle. Elle avait alors pivoté et tenté d'attaquer l'homme.

« Hé, du calme ! »

Mais Emrich pouvait l'appeler au calme autant qu'il voulait, la barrière de la langue était trop grande pour que le message passe. Il aurait pu la traiter de tous les noms qu'elle aurait le même niveau de rage. Alors, il préféra se battre sans la blesser pour ensuite l'assommer.

Et il finit bien par l'assommer.

Quand Mulan se réveilla plusieurs heures plus tard dans un lit, les mains liées aux barreaux, elle avait frémi de terreur. Elle n'était pas nue mais elle priait tous les dieux que personne ne lui était passé dessus. Lorsqu'elle vit à nouveau l'homme qu'elle avait attaqué, elle sursauta, cria et se recroquevilla autant qu'elle put. Il avait le regard sérieux et interrogateur. Il avait alors parlé au médecin qui était proche de là.

« Alors, c'est une femme, hein ?

_Ouais, et une femme dans un sale état. Mal nourrie, épuisée et pleine de cicatrices. Certaines blessures étaient guéries depuis longtemps. Visiblement des marques de guerre, ou je ne suis pas médecin militaire... Et comme elle se battait contre son propre peuple... Il se peut que je sache qui c'est.

_Comment ça ?

_Vous savez, nous avons souvent dans nos cellules quelques prisonniers qui parlent. Et cette histoire revient souvent, l'histoire d'une femme qui s'est enrôlée à la place de son père vieux et malade. Elle n'a pas été chopée pendant des années et un jour un capitaine qui voulait sa place l'a dénoncée. Depuis elle est recherchée pour trahison envers l'Empereur.

_Mais comment savoir si c'est vraiment elle ?

_Hé bien, je ne sais pas si vous avez vu son épée, mais elle est très finalement taillée, si ce n'est pas celle d'un général de l'armée ennemie, je ne sais pas d'où elle vient... Et puis au pire... Appelez-la par son nom, on verra bien. proposa le médecin

_C'est quoi ? »

Le médecin chuchota le nom à l'oreille d'Emrich puis s'en alla. Alors, le jeune Seigneur Commandant observa la femme, qui semblait rassurée de ne pas être attaquée, et demanda :

« Hua Mulan ? »

Mulan avait alors sursauté et commencé à paniquer. En essayant de nier, elle ne fit que confirmer son identité. Elle ressentait une terreur folle à l'idée d'être vendue à l'Empereur. En temps de guerre, le pire dans l'homme pouvait se révéler. Pourtant, cet homme-là n'allait pas la vendre. Au contraire. Il s'était assis à ses côtés et avait prononcé son propre nom :

« Emrich Whitewolf. »

Pour qu'elle comprenne, il la pointa :

« Hua Mulan. »

Puis se pointa lui-même.

« Emrich Whitewolf. »


Revenant brusquement à la réalité, Mulan se fustigea d'être aussi sentimentale d'un coup. Elle jeta un regard en biais à son supérieur. Avec son regard, n'importe qui se sentirait fusillé, voire même haï. Mais pas Emrich. La connaissant presque par cœur, il arrivait à comprendre ses regards, ses silences. Il sortit à nouveau sa gourde d'hydromel, l'ouvrit puis la passa à son Capitaine. Qui la prit et avala une bonne goulée de l'alcool. Et le rendit à son propriétaire en disant :

« Toujours aussi dégueulasse.

_Et toi toujours aussi nostalgique. A force de te plonger dans le passé ainsi, tu finiras coincée dedans. Et puis, si t'aimes pas l'hydromel, le boit pas.

_Alors, arrêtez de me le proposer. »

Mais Mulan ne put s'empêcher d'avoir un petit sourire d'affection, très mince, mais bien présent. Si elle se laissait aller, elle serait capable de pleurer de reconnaissance. Cet homme lui avait sauvé la vie, lui avait offert une place dans son armée, une reconnaissance, au-delà du fait qu'elle soit une femme, ou même qu'elle vienne d'Akavir, cet ennemi naturel d'Auria. Il a vu en elle un bon soldat, mieux, un humain.

Mais par tous les Dieux, jamais elle ne pleurerait devant lui. Ni même ne dirait quoi que ce soit.

Emrich Whitewolf venait de reprocher à sa Capitaine de se plonger dans le passé mais il n'était guère mieux. Il se souvint de sa rencontre avec Mulan. Elle était si sauvage, indomptable ! Il se souvint de ses nombreuses blessures lorsqu'il avait tenté de l'apprivoiser. Une véritable louve. Peut-être était-ce cela qui l'avait intrigué ? En tout cas, il avait tenté, sur son temps libre, de lui apprendre sa langue.

Il se souvenait même de la première chose qu'elle avait dite lorsque son vocabulaire fut assez étendu.


« Lisse-moi me bottre.

_Comment ?

_LISSE-MOI ME BOTTRE ! »

Bon, d'accord, elle avait du vocabulaire, mais elle n'avait pas vraiment la bonne prononciation. Emrich avait mis quelques secondes à comprendre. Puis il avait enfin tilté.

« Ahh ! Laisse-moi me battre !

_Oui !

_Répète après moi : Laisse-moi me battre.

_NON ! Je pas suis une idiote ! Laisse-moi me battre contre Akavir ! »

Hésitant entre le fou rire et le sérieux, Emrich réfléchit, puis lui donna son assentiment. Alors, Mulan s'était levée, encore en simple chemise et pantalon de cuir, et s'était dirigée vers son armure et ses armes.

« Quoi, maintenant ?! Mais attend, il est trois heures du matin, ils roupillent, en face !

_Exatement ! Vous es idiot ? A l'attaque ! »

Après un fou rire qu'il ne put réprimer, il pensa qu'elle n'avait pas tort. Ils étaient donc partis, comme elle disait, à l'attaque. Après tout, ils étaient en guerre, ils n'allaient pas non plus respecter le sommeil des ennemis, et puis quoi encore ? Même si ça voulait dire qu'ils ne respectaient pas le sommeil de leurs soldats...


Emrich se souvenait aussi lorsqu'il avait présenté Mulan à son Roi, Dalgof Lavarld. Ou L'invincible. Ou bien L'Homme-Qui-Aime-Donner-Des-Surnoms. Il avait toujours imaginé la rencontre entre Mulan, sa protégée qui n'avait pas tant besoin de protection, et Dalgof, son Roi et ami qui était assez exubérant et aimait les nouveautés et énigmes. Il avait aussi parfaitement imaginé son Roi décider de donner un surnom parfaitement adapté à Mulan. Si les habitants du Nord appréciaient donner des surnoms, le Roi en avait fait sa passion.

Mulan avait déjà gagné en maîtrise d'elle-même depuis leur rencontre. Elle intériorisait tous ses sentiments afin de se protéger contre le racisme de certains soldats qui n'arrivaient pas à la dissocier de leurs ennemis, quand bien même elle en tuait à la pelle. Ayant aussi une meilleure connaissance de la langue d'Auria, elle se sentait plus en confiance et usait désormais des mots avec parcimonie. Cependant, même si elle reniait son pays, elle avait toujours ses réflexes dus à son éducation. Tous avaient sursauté en la voyant s'agenouiller à peine ayant franchi la porte et, surtout, lorsqu'ils la virent poser le front au sol.

Après une incompréhension générale, Emrich avait dit à Mulan de se relever, qu'ici, personne ne s'inclinait aussi bas pour le Roi. Une révérence suffisait. Le Roi lui-même s'était fendu d'un rire foudroyant. Puis il l'avait conviée à sa table et ils avaient discutés des faits d'arme de la jeune femme. En deux heures de temps, Dalgof lui avait trouvé un surnom. Mulan avait dit le détester viscéralement.


Emrich, revenu lui aussi à la réalité, éclata de rire sous le regard surpris de Mulan. Une fois calmé, il dit :

« Tu te souviens du surnom que t'avais donné notre bon Roi ? Mulan l'Eclair Frappant ! Tout ça autant pour tes faits d'armes que pour la surprise que tu crées dès que tu ouvres la bouche.

_Et vous me disiez de ne pas me perdre dans le passé ?! »

La voix de Mulan avait été cinglante, mais Emrich garda son sourire. Il savait qu'intérieurement, son Capitaine était affreusement fière du surnom que lui avait donné son nouveau Roi. Après tout, si elle détestait réellement ce surnom, elle l'aurait frappé à peine l'aurait-il prononcé...

« Cela me fait penser... Tu es drôlement sentimentale aujourd'hui. Est-ce parce que l'on s'approche d'Arendelle ? Est-ce que quelqu'un t'attend là-bas ? Ou bien est-ce un soupir secret ?

_On va dire ça, Seigneur Commandant. On va dire ça. »

Le regard de Mulan se perdit alors encore une fois dans le vide. Emrich ne put s'empêcher de sourire, bien qu'inquiet pour le cœur de Mulan, peut être endurci, mais toujours aussi meurtri.


Et pour citer Ehdansgal, voici le début de l'arc de la Mignonitude ! (Bon, dès que j'aurai posté le chapitre 15 hein, soyez patient)