Coucou ! Merci comme d'habitude à tous ceux qui suivent Blackout et ceux qui me soutiennent.

Nous voilà enfin à la confrontation Fuji/Ryoma, mais avant ça il se passe d'autres petites choses. J'espère que le début du chapitre sera clair, mais je crois que ça devrait aller. Dans le pire des cas vous me direz !

Disclaimer : Prince of tennis ne m'appartient pas.


Chapitre 14 : Faut-il arrêter de se cacher ?

Ryoma se trouvait sur la propriété de son oncle avec qui il vivait en Amérique, le décor semblait avoir un peu changé, mais cela restait reconnaissable. Il était seul, jusqu'à ce qu'arrive auprès de lui un grand homme blond dont le visage lui était plus que familier : son oncle Ted.

L'Américain lui fit amicalement la conversation tandis qu'ils se baladaient dans le jardin. Leur discussion était tout à fait ordinaire, ils parlaient de l'école, de son fils, ou du tennis… Ryoma n'écoutait pas vraiment, absorbé par le paysage familier.

Quand ils arrivèrent près du garage, Théodore l'invita à monter dans sa voiture, il soutenait qu'il devait l'emmener à son tournoi. Le jeune refusa, il sentait qu'ils ne devaient pas y aller, mais sous l'insistance de l'adulte il finit par embarquer dans le véhicule.

Le trajet ne fut pas exceptionnel. Ryoma ne fut pas marqué par ce qu'il s'y passa. Tout était flou. Il ne se souvenait même plus s'ils repartaient du tournoi ou s'ils n'y étaient pas encore arrivés quand le véhicule s'encastra contre un arbre.

Le garçon n'était pas aussi secoué qu'il aurait dû, il n'était même pas blessé. Quand il se tourna vers son oncle, par contre, il vit avec horreur la tête sanglante de Ted contre le pare-brise.

Plutôt que le visage de l'homme soit caché, il était à découvert. La tête tournée de façon innaturelle vers Ryoma, il le regardait avec des yeux grands ouverts, sans ciller. Il était mort et pourtant son corps semblait assez vivant pour l'accuser de tous ses maux.

Sur la banquette arrière, son cousin – qui n'était pourtant pas monté dans la voiture plus tôt – lui demandait, avec un stoïcisme effrayant, pourquoi son papa était mort.

Ryoma était en plein malaise, il se retourna une énième fois dans son lit. Son sommeil suffisamment léger lui fit prendre conscience qu'il pouvait sortir de cet enfer, il se réveilla. Il était soulagé d'avoir quitté ce cauchemar, mais la vision du corps de son oncle venait encore le hanter.

Qu'était-il allé inventer encore ? Le soir de son accident, il n'avait été conscient de rien, et pourtant ses rêves ne cessaient d'imaginer cette scène pour le torturer. Ce cauchemar n'avait rien à voir avec la réalité, tout était déformé, et pourtant ça faisait tout aussi mal.

La respiration du garçon était lourde, il dut inspirer de grands coups pour arranger ça. Ce genre de rêve se faisait pourtant très rare maintenant, et il y avait en général une raison pour qu'ils ressurgissent. Le garçon se rappela alors l'incident de la veille, avec sa raquette, et tout s'expliqua.

Il souffla pour se détendre. Il fallait qu'il se lève, qu'il fasse quelque chose, qu'il s'occupe. Il sortit de son lit et se dirigea vers le couloir. Ce serait plus facile de se changer les idées en sortant de cette pièce.

C'était sans compter sur la masse qui traînait sur le sol de sa chambre. Il trébucha dessus, heureusement ses bras amortirent la chute quand ils atteignirent le sol.

Il n'avait pas eu mal, mais il était sonné. Rassemblant les informations qu'il avait à portée de main, il reconnut son futon. Quant à la masse qui gisait dedans, il n'était pas difficile de deviner qui pouvait bien y dormir. Ce n'était pas la première fois que quelqu'un venait coucher dans sa chambre sans prévenir, et ce quelqu'un était toujours le même, sa femme le faisait découcher lorsqu'elle se fâchait.

– Oyaji… grommela -t-il.

Il se dégagea sur le côté afin de ne pas écraser l'homme, qui visiblement dormait toujours. Ryoma n'était pas ennuyé par son père comme son ton le laissait croire. En réalité, il était rassuré par cette présence familière qui lui avait permis de sortir de son malaise plus vite qu'il n'y serait arrivé seul. Bien sûr, il n'en montrait rien, mais au lieu de s'en aller comme il l'aurait fait normalement, il resta à côté de l'adulte.

Au bout de quelques minutes, il se rendit instinctivement compte que quelque chose clochait. Il connaissait bien son père, il l'avait déjà vu et entendu dormir, mais là il avait l'impression que quelque chose était différent. Il n'aurait pas su dire quoi, mais par curiosité il s'approcha de lui.

Il ne trouva pas quel était l'élément à l'origine de cette sensation, et finit par laisser cette interrogation de côté quand il entendit le miaulement de son chat.

L'animal qui venait d'entrer dans la pièce tournait autour de son maître, ronronnant sous ses caresses. Il contourna la masse endormie dans le futon et s'éloigna, ce qui poussa le garçon à se pencher pour continuer ses cajoleries. Il se trouvait maintenant au-dessus de son père, au niveau de sa tête plus exactement, et il y avait quelque chose qui le gênait drôlement…

Ryoma laissa le félin lui échapper. Avec le peu de distance qui le séparait du visage de son père, il pouvait parfaitement sentir son odeur. Seulement, celle-ci était tout sauf celle de son géniteur, il ne la reconnaissait pas. Egaré, le jeune glissa sa main sur le visage de l'endormi, mais il fut plus troublé encore de ne pas sentir la barbe naissante de l'homme.

Bon sang, mais qui était-ce ? Il remonta sa main jusqu'à effleurer les cheveux de l'inconnu, ses doigts passèrent entre les longues mèches qui parsemaient son front. Ces cheveux étaient vraiment doux et agréables au toucher, mais ce n'était définitivement pas ceux de son père qui en était moins fourni.

Alors qu'il redescendait sa main pour mieux inspecter le visage de l'étranger, on lui attrapa soudainement le bras.

– Qu'est-ce que tu fais ?

Ryoma laissa sa bouche s'entrouvrir sous la surprise. Quand il reprit ses esprits, il profita du fait que son assaillant desserrait un peu sa prise pour retirer son bras et se relever.

– Kaidoh-senpai ?

Il eut le temps de se rappeler des bribes de souvenirs de la soirée précédente, ce qui élucida le mystère de la présence de son coéquipier chez lui, dans sa chambre… Expliquer au serpent la raison pour laquelle il était en train de lui caresser le visage n'allait, cependant, pas être une mince affaire.

Heureusement, le deuxième année ne le questionna pas sur son attitude, il préféra lui demander l'heure qu'il était. Son cadet lui indiqua le réveil sur la table de chevet, faute de pouvoir lire l'heure.

Ryoma, encore un peu nerveux, retourna s'asseoir sur son lit auprès de son chat, et posa ses doigts contre la vitre froide de la fenêtre en tendant l'oreille. Les oiseaux ne chantaient pas, le jour ne devait pas être levé encore.

Son invité était toujours assis dans le futon et ne bougeait pas d'un poil, sûrement perdu dans ses pensées. Le plus jeune lui demanda s'il voulait se rendormir. Pas de réponse. Ryoma n'en attendit pas plus et se réinstalla sous ses draps. Il n'entendit que quelques instants plus tard le serpent s'allonger à son tour.

Evidemment, le première année n'allait pas dormir. Pas en sachant son coéquipier à côté. Il s'installa confortablement et songea à la veille.

Traîner dans les rues l'avait fatigué, et tout ce qu'il avait voulu en rentrant, c'était se doucher et se mettre au lit. Il avait été surpris quand sa mère lui avait appris que son senpai restait dormir alors qu'il le croyait déjà parti.

En soi, la présence du serpent ne le dérangeait pas. Il trouvait agréable de le savoir là ce matin. Même si ce n'était pas son père, le plus vieux lui avait permis de chasser son cauchemar et de ne pas se sentir seul alors que tout le monde dormait encore.

Le garçon se demanda si ça gênait le deuxième année d'être resté, car il pouvait deviner que sa mère se cachait derrière tout ça. Elle lui avait sûrement forcé la main. Il se sentait un peu déçu à l'idée que son aîné soit ennuyé d'être ici. Quand il le réalisa, il se retourna et plongea la tête dans son coussin pour étouffer son embarras.

Ce n'était pas normal… Pourquoi était-il heureux que Kaidoh soit chez lui ? Il s'attachait déjà à ses coéquipiers contre son gré, et maintenant il se sentait à l'aise avec le serpent au point d'apprécier sa proximité. Est-ce que ça signifiait qu'il devait lâcher prise et se laisser aller avec ses camarades ? Un poids s'enleva de ses épaules quand il envisagea la possibilité. Il en avait envie, repousser les gens ainsi revenait à s'empêcher de vivre, d'une certaine manière.

Ryoma était fatigué. Fatigué d'être seul et de se battre contre lui-même. Il devait reconnaître que son intégration à Seigaku lui avait fait du bien, il avait retrouvé une certaine liberté, une vraie bouffée d'air comparé à l'époque où il restait cloîtré chez lui. Sa rencontre avec les titulaires l'avait aidé, il ne pouvait plus le nier. Peut-être pouvait-il juste les accepter ? Tant que ça ne l'engageait pas à révéler son secret, ça devrait aller.

Sur cette pensée libératrice, le jeune sortit la tête de son coussin pour respirer convenablement. Il repensa alors à la présence du deuxième année à côté.

Il se rappela de la sensation de ses doigts parcourant son visage et caressant ses cheveux. Il essayait d'imaginer à quoi il ressemblait à partir de ça. Il n'arriva pas à se forger d'images précises, mais il ravivait au maximum le souvenir de la peau de Kaidoh au bout de ses doigts.

Son cœur battait plus fort à cette occasion, mais il ne le releva pas. L'euphorie du moment embrumait l'esprit de Ryoma. Même s'il n'avait pas prévu de se rendormir, ce flot d'émotions finit par l'assoupir.

Sa somnolence ne dura pas bien longtemps, car son réveil vint l'en tirer. Le serpent, plus réactif à la sonnerie que lui, se leva en premier. Le plus jeune le suivit de près et alla fouiller dans son placard.

Il expliqua à Kaidoh qu'il n'avait pas d'habits à sa taille, ce à quoi son aîné lui répondit qu'il mettrait les vêtements de la veille en attendant de retourner chez lui comme leurs parents avaient convenu. Le garçon acquiesça alors et commença à se déshabiller sans se gêner de la présence de l'autre.

La recrue tendit l'oreille quand son invité bougea de nouveau. Ce dernier fouillait dans son sac, sûrement pour chercher ses vêtements, puis il quitta la pièce. Ryoma devina qu'il allait se changer dans la salle de bain et sourit, la pudeur du plus vieux l'amusait.

Quand il eut fini d'enfiler ses vêtements, il alla embêter son senpai, sous prétexte de se rafraîchir le visage. Il arriva néanmoins trop tard, car le serpent ne semblait pas aussi dérangé qu'il aurait dû.

Au final, Rinko les appela pour manger et ils descendirent sans la faire attendre. En l'honneur de l'invité, ils avaient eu le droit au petit déjeuner japonais dont le première année raffolait tant.

Kaidoh fit la connaissance de Nanako, qui remonta son estime de la famille Echizen. Il vit à nouveau Nanjiroh qui lui semblait un peu moins étrange que la veille, avec son journal en main, Karupin sur les genoux, et sans regard suspect cette fois-ci. Le serpent se demanda s'il s'était trop avancé à son sujet.

Dès qu'ils eurent fini de manger, ils préparèrent leurs affaires et Rinko leur proposa de les déposer devant la maison du deuxième année avant d'aller au travail, offre que les garçons acceptèrent.

Quand ils arrivèrent chez le serpent, Ryoma décida d'attendre son aîné dehors tandis qu'il faisait ce qu'il avait à faire. Le plus vieux finit rapidement ses tâches, sûrement plus par souci d'être en retard que de faire attendre son cadet, mais peu importait. La recrue espérait juste qu'ils n'étaient pas trop loin du collège, car marcher dans des rues inconnues de bon matin n'était pas forcément agréable, même s'il se contentait de suivre son aîné.

Ils se mirent en route pour l'école, le première année au pas derrière Kaidoh. Le jeune ne remarquait pas les coups d'œil que le deuxième année lui jetait de temps à autre pour vérifier qu'il le suivait, cependant il faisait attention à calquer son rythme sur son senpai quand ce dernier accélérait.

Arrivé à Seishun, il se permit de marcher aux côtés du serpent. Il ne désirait pas donner l'image du kouhai qui suivait docilement son senpai, ça l'embarrassait.

Ils ne parlèrent pas, et personne ne sembla relever qu'ils étaient arrivés ensemble. Après s'être changé, le première année se dirigea vers les courts et commença à s'étirer seul.

Bientôt, quelqu'un s'approcha de lui, il ne put l'identifier que lorsque cette personne lui parla.

– C'est une belle journée, n'est-ce pas ?

Le garçon fit mine de lancer un regard à Fuji, pour signaler qu'il l'écoutait, mais il ne répondit pas.

– On n'a pas souvent de ciel aussi bleu que celui-ci, dernièrement.

La recrue se redressa après avoir fini de s'étirer. Son senpai n'avait donc rien de mieux à faire que de lui parler du beau temps ? Il s'approcha de son sac pour chercher une raquette, Fuji en profita pour poser une main sur son épaule et se pencher vers lui.

– J'ai menti, confia-t-il à voix basse.

Ryoma lui lança un regard interrogateur pour lui demander ce qu'il signifiait. Il était assez confus, et ne pouvait que craindre le ton confiant et prédateur du troisième année. Le génie de Seigaku était un peu trop mystérieux à son goût, et il semblait l'avoir dans le collimateur. Si son aîné paraissait s'amuser, le jeune n'avait pas l'intention de jouer avec lui.

– Le ciel, il n'est pas bleu. Il est plutôt nuageux en fait, il pourrait presque pleuvoir.

Ca sentait mauvais, très mauvais. Si Fuji disait ça, cela impliquait sûrement que…

– Au fait, il serait bien de savoir que l'uniforme de Seigaku est bleu, ça pourrait être utile à l'avenir, au cas où un senpai un peu trop curieux déciderait de te piéger.

Cela prit un moment pour que Ryoma percute l'information et comprenne ce qui l'avait trahi. Fichues couleurs, même en dehors des entraînements elles venaient lui poser problème.

Le troisième année lui ayant dit tout ce qu'il avait à dire, il commençait à s'éloigner, mais le garçon ne pouvait pas se résoudre à le laisser faire. Il parvint à attraper son tee-shirt malgré son imparfaite notion de l'espace. Il devait s'assurer d'une chose.

Fuji gloussa doucement quand il sentit cette main le retenir d'une façon qu'il aurait très bien pu qualifier d'enfantine.

– Qu'est-ce que c'est mignon, le taquina-t-il.

Le génie pouvait voir l'irritation de son kouhai, ce qui ne le faisait sourire que davantage. Il lui demanda de sa voix doucereuse :

– Qu'est-ce qu'il y a ?

Son ton laissait tout à fait comprendre qu'il était maître de la situation, et que le première année n'avait que peu de cartes en main. Le jeune garçon fulminait, et c'était tout à fait adorable à voir.

– Qu'est-ce qu'il te faut pour que tu gardes silence ? questionna-t-il à voix basse.

Sa discrétion laissait Fuji se demander si son cadet avait peur qu'on le surprenne à marchander, ou si c'était juste sa fierté qui en prenait un coup.

– Hum, je me demande… Ce serait si amusant de voir la réaction des autres.

Le troisième année ne pensait qu'à s'amuser, il aimait les réactions de son mignon petit kouhai. Cependant, Echizen agit d'une façon inattendue cette fois-ci. Il serra davantage son emprise sur son haut et semblait encore plus désemparé.

– S'il te plait…

Même si la sa voix du première année se voulait toujours pleine d'assurance, elle n'était pas crédible. Fuji comprit qu'il poussait la plaisanterie trop loin. Dès le départ il n'avait aucune intention de répéter sa découverte aux autres. C'était le choix du garçon, et puis la situation l'amusait déjà bien ainsi. Il s'avoua vaincu face à la recrue.

– Il y a bien quelque chose que tu peux faire…

– Quoi ? demanda son cadet avec plus d'aplomb.

– J'ai quelques questions à te poser pour assouvir ma curiosité, proposa-t-il.

Le première année, à l'entente de cette requête, finit par hocher la tête. Il gardait la casquette suffisamment baisée pour qu'on ne puisse pas voir son visage. Le génie avait l'impression de le forcer, et ça lui déplaisait…

– Echizen, regarde-moi.

Le concerné émit un petit ricanement ironique, un brin amer. Il releva la tête et tenta de regarder là où il supposait être le visage de son aîné.

– Je ne peux pas faire mieux, signala-t-il en cas d'erreur.

Fuji ne voulait pas que les choses se fassent comme ça. Il comprenait dans son attitude que le garçon n'était pas encore prêt, il était sur la défensive. Même si son regard était agressif, il donnait l'impression d'être mené à l'échafaud.

Le génie décida d'attendre. Les réponses viendraient d'elles-mêmes, il ne manquait pas de patience.

– C'est bon, t'observer est bien assez amusant pour l'instant. On verra plus tard pour les questions.

Ryoma exprima son agacement par un regard, et s'en alla au plus loin possible de son aîné.

Il avait clairement besoin de se calmer pour réfléchir à ce qu'impliquait la découverte de son secret par Fuji. Il n'arrivait pas à s'apaiser, pris par l'envie de s'entraîner, de s'épuiser, suffisamment pour ne plus avoir la force de fulminer.

Il n'eut pas le temps de ruminer beaucoup, car bientôt ils furent appelés par la coach. Alors qu'il se rendait au point de rassemblement habituel, il croisa Inui qui lui demanda s'il était venu avec Kaidoh ce matin. La recrue ne répondit pas. En temps normal il y aurait porté pas mal d'attention, mais là il avait vraiment d'autres préoccupations. De toute façon la question du probabiliste était rhétorique.

Ryoma marcha sur des œufs pendant tout l'entraînement qui suivit, mal à l'aise à l'idée que Fuji puisse l'observer à son insu, ou que quelqu'un d'autre ne le perce à jour.

Après la pratique, la coach le fit appeler pour lui parler, et ils allèrent loin des potentielles oreilles indiscrètes. Le première année se demandait ce qu'elle lui voulait, mais l'entraîneur répondit bien vite à son interrogation.

– Echizen, je pense que tu devrais songer à informer Inui de ta cécité. Il pourrait te concevoir un menu d'entraînement plus adapté qui te serait très utile.

L'idée n'emballait pas le garçon. Une seule personne au courant était déjà bien trop pour lui, alors devoir mettre une deuxième dans la confidence ne lui plaisait vraiment pas.

– Tu sais, il se doute déjà de quelque chose. Tu as beau penser que ton camouflage est efficace, certains finiront tôt ou tard par s'en rendre compte. J'en connais quelques-uns qui se posent déjà des questions. Prendre les devants et le leur annoncer pourrait ne pas être plus mal, qu'en penses-tu ?

Si la coach songeait vraiment à ce qu'il révèle son secret au grand jour, elle pourrait attendre encore longtemps. Il le lui rappela. Cependant, quand elle insista pour qu'il mette ne serait-ce que le probabiliste au courant, il savait qu'elle n'accepterait pas facilement de refus, et lui assura juste qu'il y réfléchirait. Après quoi, il alla se changer et se rendit en classe. La journée promettait d'être très fatigante…

Il eut du mal à se concentrer sur ses cours. Le jeune n'avait qu'une envie : rentrer chez lui et décompresser. Malheureusement, il avait encore l'entraînement de l'après-midi auquel il n'avait pas hâte de participer.

Pendant toute la pratique, Ryoma craignit qu'il se passe quelque chose, mais Fuji ne semblait pas avoir parlé et Inui ne devait pas avoir encore découvert son secret. Lorsque le probabiliste l'aborda pour lui donner des conseils pour son jeu de jambes, il agissait comme d'habitude.

Au fur et à mesure, ses inquiétudes se dissipaient.


Dans son bureau, la coach restait sans mot face à la demande du capitaine de Seigaku. Il était rare de voir l'adolescent faire une requête qui paraissait si insouciante. Tezuka devait sûrement y avoir longuement réfléchi, mais elle ne comprenait pas où il voulait en venir avec ça.

Pourquoi voulait-il affronter Echizen dans un match sérieux ? Ca ne présageait rien de bon, autant pour le première année que pour le capitaine qui semblait prêt à sacrifier son bras. Parce qu'un match contre la recrue nécessiterait sûrement des efforts qui pèseraient sur son ancienne blessure, elle n'en doutait pas.

– Tu dois me donner une bonne raison pour ce match, exigea-t-elle

Le troisième année expliqua que le tennis que jouait Echizen actuellement n'était qu'une copie du style de Nanjiroh, et que ses capacités, bien que supérieures à la moyenne, ne lui permettraient pas de s'épanouir si ça continuait ainsi. Il ne resterait qu'une simple copie.

La coach pensait que la détermination de vouloir battre son père suffirait à l'enfant, mais le capitaine ne semblait pas d'accord avec elle.

Ryuzaki avait foi en Tezuka et en les décisions qu'il prenait habituellement, mais là il y avait quelque chose qui la gênait.

Son élève avait beau penser au mieux, il n'avait pas toutes les cartes en main. Comment expliquer au capitaine qu'il y avait une chose autre que son père qui faisait stagner la nouvelle recrue ? Quelque chose qui peut-être serait un obstacle dans sa futur domination du monde du tennis qu'ils ambitionnaient…

Elle ne pouvait trahir le secret du première année, mais elle craignait que l'issue de ce match ne fasse plus de mal que de bien.

– Tezuka, je pense que ce garçon est quand même au courant de ses limites. Il ne cherche pas à se reposer sur ses acquis, son style propre finira bien par naître, même si cela prendra du temps.

– Ce match sera un coup de pouce pour lui montrer la voie, insista-t-il alors.

– Tu ne changeras pas d'avis, n'est-ce pas ?

Cette question n'attendait aucune réponse. La coach abandonna, et lui demanda seulement de ne pas en faire trop. Elle comprenait les intentions de Tezuka, et n'aurait pas autant insisté en temps normal. Le problème était que la situation dans laquelle se trouvait le jeune Echizen était plus complexe que le capitaine le pensait.

Quand le troisième année quitta la pièce, elle se demanda comment la recrue réagirait à l'issue de ce match.

Elle regarda par la fenêtre, en pleine réflexion, et se résigna en voyant Tezuka s'approcher du première année qui s'occupait des terrains avec les autres. Echizen était un garçon fort, suffisamment pour dissimuler sa cécité aux yeux de tous, et il était parfois étonnant dans sa façon de réagir, elle-même ne le cernait pas encore... Elle se faisait sûrement du souci pour rien, mieux valait les laisser faire.


– Connais-tu le court de terre battue près de l'université Haruno ?

Ryoma se demandait pourquoi le capitaine l'avait appelé. Sa requête directe ne faisait aucun doute, le plus vieux savait exactement ce qu'il voulait. Le garçon, soulagé de constater que le capitaine ne voulait pas le voir au sujet d'un certain secret qu'il cachait à l'équipe, répondit :

– Pas vraiment. Pourquoi ?

Il connaissait l'université de nom, étant donné que sa cousine y étudiait, mais il ne se rappelait pas y être allé depuis longtemps, il ne se souvenait pas des lieux.

– Tu saurais t'y rendre ?

Cela prit un moment de réflexion au première année avant de hocher la tête. Dans le pire des cas, il pouvait toujours demander à Nanako de l'y conduire.

Après son acquiescement, le plus vieux lui lança une balle qu'il attrapa de justesse, son réflexe auditif lui ayant fait défaut.

– Je t'y attendrais dans trois jours, à 15 h. Viens seul. J'apporterais les balles.

Le capitaine n'ajouta rien de plus et le laissa. Le garçon était encore surpris de cette demande inattendue. Ca n'allait pas être facile pour se rendre au point de rendez-vous, mais il devrait pouvoir s'arranger avec sa cousine. Il allait aussi devoir prévenir sa mère qu'il manquerait les cours ce jour-là.

Ryoma avait bien envie de jouer contre Tezuka. Il savait que son capitaine était fort, grâce aux entraînements, il savait aussi qu'il ne déployait pas toutes ses forces pour ces dernieers. Il était donc très intrigué par le réel niveau du troisième année.

Il croisa la coach alors qu'il s'apprêtait à rentrer. Une flamme s'attisa dans son regard alors qu'elle l'avisa que le capitaine serait sérieux lors de ce match, puis lorsqu'elle compara son niveau à celui de son père.

Il était sûr de deux choses : ce match serait définitivement intéressant, et il avait bien l'intention de l'emporter.


Voilà ! J'ai beaucoup aimé écrire le réveil de Ryoma, et la révélation de Fuji. Enfin, maintenant que Ryo sait que Fuji l'a découvert, et avec le match qui se prépare, l'histoire devrait entrer dans un tournant.

Je suis désolée, mais la semaine prochaine je ne pourrais pas publier. Néanmoins, le chapitre suivant sera là dans deux semaines, le samedi, sans faute ! A la prochaine !