Pendant l'épisode 10

Attaquons nous à THE épisode. Celui dont les dernières minutes m'ont juste fait revoir tous les épisodes avec un point de vue différent...

Bon je ne vais pas revenir directement sur l'échange des bagues hein, la série fait déjà le job très bien toute seule, mais je vais forcement en parler .


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-"Oi Yuri, Tu ne t'en souviens pas ?"

J'avais recraché ma boisson sous l'effet de la surprise et mon cœur avait manqué un battement.

-"Hé ?" Le visage plein d'incompréhension de Yûri suffit à confirmer que non, il ne se souvenait pas.

J'avais participé autant que possible aux explications des autres patineurs sur cette fameuse soirée pour me maintenir dans le flot de l'action sinon je crois que j'aurais craqué sur place. J'avais gardé une apparence tout à fait normal malgré le choc. Merci les années de gestion de stress en compétition pour ça !

...

Les participants au GPF rentraient tous lentement vers l'hôtel après être sortis du restaurant où il avaient mangé ensemble. Yûri et moi fermions la marche dans un silence confortable quand soudain le Japonais murmura :

-"Viktor, pourquoi as-tu dis que c'était des bagues de fiançailles?"

-"Parce que c'est le cas" Ma réponse fut sans hésitation.

Yûri s'arrêta net. Je stoppais à mon tour et fit un pas en arrière pour revenir à son niveau. Les autres continuèrent leur chemin sans se préoccuper de nous.

-"Tu veux dire que... tu étais vraiment sérieux ?"

-"Évidement. Mais je commence à me demander si toi tu l'étais."

-" Je- Je ne me souviens pas avoir dit que c'était des bagues de fiançailles" marmonna-t-il

-" Même si tu ne l'as pas dit avec des mots, c'est tout comme. "

Yûri regardait le sol.

-"Je n'avais pas vraiment réfléchis à ça en les achetant..."

-"Dois-je comprendre que je me suis complètement trompé? Que pour toi, l'échange devant l'église n'a pas eu cette signification? Ne me dit pas que ces bijoux ne sont que de simples porte bonheur en or en forme d'anneaux, Yûri..."

Le brun eu un petit sourire

"...Non, tu ne t'es pas trompé."

-"Je préfère ça"

Je mis mon bras autour de son épaule et nous reprîmes la marche vers l'hôtel.

...

-"Je suis crevé" lança Yûri qui alla s'écraser sans douceur sur le lit de gauche comme pour illustrer ses dires. Son portable bipa une notification.

-"Repose toi un peu je vais prendre ma douche en premier."

-"Okay" répondit-il en tapant paresseusement sur son smartphone.

Dès le verrou de la salle de bain soigneusement fermé derrière moi, je laissais mon dos venir se poser contre la porte. C'est seulement là que je repensais à la révélation de ce soir : Yûri ne se souvenait pas du banquet de l'an dernier.

-"Et merde" soufflais-je doucement.

Par étonnant qu'il n'ai pas compris mon arrivée à Hasetsu! Bon sang, et moi qui suis arrivé avec mes gros sabots, quel idiot! C'était pourtant lui qui m'avait invité à la base, j'étais arrivé en terrain conquit. Enfin c'est ce que j'avais crû car je m'étais vite aperçu que ce n'était pas le cas.

J'avais du m'adapter lentement au fonctionnement de Yûri. De là a imaginer qu'il avait aucun souvenir du banquet...

Ce que j'avais pris pour de la pudeur/honte d'assumer ou encore une différence culturelle n'était en fait qu'une réaction logique due à sa surprise.

Le coup était rude pour moi. Mais il expliquait le comportement de Yûri.

Maintenant c'est moi qui avait honte de m'être imposé à lui de cette façon.

J'eus un sourire ironique: Katsuki Yûri était entré dans ma vie visiblement sans le savoir, comme ça, comme un aperçu de la merveille qu'il pouvait être avant de me laisser sur ma faim.

Ce joyaux -déjà taillé mais imparfait- m'avait demandé de devenir son Coach... En gros de le polir pour briller.

Évidement, Je n'avais décemment pas pu tout abandonner comme ça sur un coup de tête ce soir là pour une simple demande d'un homme saoul. Qui l'aurait fait?

...

J'allumais la douche après avoir jeté mes vêtements n'importe où dans la salle de bain et me glissait sous les jets d'eau chaude.

Plus le temps passait et plus je prenais conscience des différentes implications de cette révélation.

Cette danse partagée au banquet, cette incroyable demande de devenir son coach... Ce moment qui avait été si important pour moi, qui m'avait hanté pendant des semaines avant que la vidéo de Yûri reproduisant mon programme ne me décide à aller le rejoindre... Tout cela n'était rien pour lui.

Rien.

Cette simple perspective me faisait tourner la tête.

Je n'arrivais pas à croire que ces instants si précieux et marqués au fer rouge dans ma tête et mon corps n'existaient pas pour lui. Il ne se souvenait même pas de m'avoir parlé...

J'avais souvent regardé les photos du banquet en Russie pour me mettre du baume au cœur lorsque la journée avait été difficile.

J'avais commencé à imaginer Eros en pensant à Yûri, cependant je n'arrivais pas à en être satisfait. Je voulais surprendre le public mais il me manquait encore quelque chose, cette petite étincelle qui fait toute la différence.

Ce n'est qu'en le voyant de nouveau en chair et en os que je l'avais trouvé.

Yûri... mon Eros sur patins, mon petit Katsudon...

On frappa à la porte.

-"Viktor, Viktor, est-ce que ça va ? "

La voix de Yûri me tira de mes pensées.

-"Hein ? Oui oui ça va." Je réalisais que j'avais terminé de me laver depuis longtemps, alors je coupais l'eau et enfilais peignoir et sous-vêtement propre. Je sortis de la salle de bain.

-"Qu'il y a-t-il, Yûri ?"

-"Rien, c'est juste que... ça fait presque une heure que tu es sous la douche et... d'habitude tu n'es pas aussi long alors... je... j'ai juste voulu vérifier que tout allait bien."

Un sourire se dessina sur mes lèvres.

-"Je suis désolé de t'avoir inquiété. C'est juste que..." Je soupirais "Je ne pensais vraiment pas que tu ne te souvenais pas du banquet de l'an dernier."

Yûri parut surpris autant que gêné

-"D'après ce que j'ai compris, je me suis super mal comporté. J'aurais aimé que personne ne s'en souvienne haha."

Ce fut trop pour moi. Je pris le brun dans mes bras et enfoui ma tête dans son cou.

-"Ne me dit pas ça."

-"Pourquoi?" Sa voix ne cachait pas son incompréhension.

-"Parce que c'est là que tout a commencé pour moi, même si toi tu ne t'en rappelle pas."

Yûri me saisit par les épaules et me regarda droit dans les yeux.

-"Okay, maintenant raconte moi TOUT sur ce banquet. Ça à l'air plus important que je ne l'aurais crû." Le Japonais semblait déterminé à savoir. Et j'aimais ça.

-"Très bien. Mais je te préviens, tu ne vas pas aimer les photos que tu vas voir" fis-je avec un petit sourire.

Après avoir fait le tour des photos (je les avais toutes récupérées sur mon portable, demandant aux différents patineurs présents de me transmettre leurs photos) c'est un Yûri mortifié qui s'assit sur son lit.

-"Ho purée... ce n'est pas possible. Pas étonnant que Chris ai été si familier après ça!

-" familier?"

-"Comme toi, je connais Chris depuis un moment, on s'est souvent retrouvé dans nos années de Junior. Mais il n'avais jamais...enfin, il ne m'avait jamais touché comme ça avant."

J'eus le sentiment d'avoir manqué quelque chose et je n'aimais pas ça, mais avant que je ne demande plus de précision, Yûri continua :

"Et je comprends mieux Yurio aussi. Quant à toi... " Il marqua une pause "Je suppose que ça explique aussi beaucoup de choses, dont ton idée de devenir mon Coach, même si c'est moi qui te l'ai demandé en fait..."

-"Je suis désolé de m'être présenté à toi comme je l'ai fait à Hasetsu. Je ne voulais pas te faire peur, mais je n'avais aucune idée que tu ne te souvenais pas..."

Une lueur dorée attira mon regard et je vis la bague briller au doigt de Yûri. J'eus enfin un vrai sourire.

"-J'ai finis par apprendre à ne pas me focaliser sur le Yûri du banquet qui m'avait tellement marqué. J'ai ainsi pu découvrir le vrai 'toi'. Et c'est tellement mieux car maintenant j'ai le droit à un Yûri à plusieurs facettes! Et j'aime autant celui que j'ai devant moi que celui qui m'a charmé l'an dernier..."

Je saisis son menton entre mes doigts pour approcher doucement son visage du mien.

Yûri se mit à rougir. Dieu qu'il était beau.

Doucement je lui volais un baiser. Enfin voler est un bien grand mot car depuis mon fameux baiser après sa performance sur glace devant tout le public, ils y en avaient eu d'autres, toujours chastes, derrières les portes closes.

-"Maintenant tu sais exactement pourquoi je savais que tu avais l'Eros en toi. J'avoue que je désirais désespérément -j'insistais sur ce mot- te voir patiner ce programme. Après tout cette chorégraphie ne parle que de toi."

Je décidais de tenter ma chance et poussais le torse de Yûri qui bascula sur le matelas avec un petit cri de surprise. Visage presque collé contre le sien, je murmurais :

-"Je t'ai vraiment remarqué quand tu as refusé la photo que je te proposais. Bien-sûr j'avais noté ton patin, mais personne ne m'avais jamais dit "non" comme ça. Pendant des jours tout n'a été que "non" avec toi."

Mes lèvres frôlaient les siennes. J'étais à présent presque allongé sur lui.

"-Mais je suis patient quand je veux quelque chose. Et c'est toi que je voulais, que je veux toujours. Je n'avais jamais voulu connaître quelqu'un comme j'ai eu besoin de te connaître toi, Yûri. Quand je me suis rendu compte que tu avais eu un impact aussi grand sur moi, c'était déjà trop tard. Je n'avais déjà plus aucune chance de te résister."

Je l'embrassais, cette fois à pleine bouche, et à ma grande surprise c'est sa langue qui chercha la mienne. Sa main se posa derrière ma nuque puis remonta lentement jusqu'à se glisser entièrement dans mes cheveux. Il s'y agrippa comme si sa vie en dépendait, notre baiser se faisant plus intense. J'étais complètement perdu dans sa chaleur, son goût, son odeur enivrante, n'entendant plus que nos respirations devenir erratiques. Plus rien au monde n'existait que ce moment partagé entre nous.

A court d'air, je séparais nos lèvres à contre-cœur.

Les yeux de Yûri étaient encore mi-clos et son visage était plus coloré qu'à l'habitude. Je faisais tout mon possible pour ne pas lui sauter littéralement dessus. Plus il me laissais le toucher, et plus c'était difficile de résister à l'envie d'en vouloir plus...

J'avais conscience qu'il était probablement vierge, il me semblait préférable de ne pas le brusquer.

Yûri tenta de se relever, je m'écartais pour le laisser faire.

Dans le mouvement global pour remettre un peu d'espace entre nos corps, je sentis brièvement nos entrejambes frotter l'une contre l'autre. Ce fut comme un électrochoc. Je n'avais pas pensé devenir aussi...'dur' en bas en si peu de temps. Je n'avais surtout pas pensé que Yûri serait déjà dans cet 'état' également.

Cette fois nous piquâmes tous les deux un phare monumentale.

Yûri se mit debout d'un bond et me tourna le dos, sans doute pour cacher ce que j'avais définitivement senti à travers nos pantalons.

-"Ce... C'est effrayant de donner autant de pouvoir à quelqu'un." La voix du Japonais était mal assurée.

-"Tu m'enlève les mots de la bouche. Tu es terrifiant pour moi Yûri, pourtant je suis heureux que ça soit toi qui ai ce pouvoir."

-"La douche...C'est mon tour." fut la seule réponse que j'obtins avant qu'il ne rentre dans la salle de bain.

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