Disclaimer: Ce manga fantastique n'a pas été dessiné par moi. Sérieusement j'ai deux mains gauches quand je dessine. Et plus que tout, je ne me nomme pas Yana Toboso! Donc non je ne suis pas l'auteur. Je ne fais qu'empruter les personnages pour jouer avec.

Genre: A peu près tous les genres. Slave fic. J'espère être originale. Je vais essayer de ne pas tomber dans le pathos ou le drama total, vous en faites pas. Dans ce chapitre : Drama et Angst.

Personnages de l'histoire: A peu près tous. Bientôt des nouveaux.

Parings: Plusieurs.

Warning for: Dom/Sub, Slave!Fic, Crime, Complot.

Rating: M

Note: Petite publication depuis l'hôtel où je suis en ce moment. Depuis le Danemark.


Chapitre 13: Départ


Les préparatifs allaient bon train, rapides et efficaces. Diederich ne put s'empêcher de remarquer cependant que Vincent faisait une tête bien morose depuis quelques temps. Il tenta de se rappeler ce qu'il avait bien pu faire ou dire pour déclencher cette attitude quelque peu sombre. Avait-il dit ou fait quelque chose? Il ne s'en rappelait pas si tel était le cas. Et puis généralement, c'était le caractère épouvantable (arrogant, rebelle) de l'autre qui en était souvent la cause.

Ou il a juste décidé de me pourrir la vie.

Oui aussi.

Ou alors il est simplement préoccupé.

Lui-même n'avait toujours pas trouvé de traces de Rachel et commençait à se dire que le pire était arrivé ou que le maître qui l'avait acheté, comme lui, n'avait pas voulu laissé de traces à d'éventuels concurrents. Ce qui couperait court à toute possibilités de recherches. Il l'avait dit à son esclave même s'il continuait les recherches. Il ne voulait pas qu'il espère trop, il préférait une agréable surprise après s'être attendu au pire à une amère et terrible douleur après avoir trop espéré.

Il toussota et s'approcha, regardant son esclave qui ne daigna même pas lever les yeux sur lui (l'insolent), puis demanda, d'un ton relativement patient «Quelque chose te préoccupe?»

Autant aller droit au but.

Il fallait bien savoir si il y avait un problème après tout.

L'interpellé grogna «Non. Je vais très bien. Merci.

- Laisses moi en douter, à part quand tu fais ton travail avec mes fils (du très bon travail soit dit en passant) tu passes ton temps à soupirer et à gémir comme si tu souffrais. Tu es ailleurs régulièrement et tu regardes souvent dans le vide.

- Je n'ai pas le droit d'être préoccuper?

- C'est à cause de ton ex-femme. Je sais que je n'ai encore rien trouvé mais...

- Ma femme.» Il y avait comme une menace, un avertissement, dans ces paroles, tandis qu'il levait enfin les yeux sur lui. Tout son corps était tendu et son regard lançait des éclairs, comme un avertissement.

«Théoriquement tu n'es plus considéré comme marié à ..» Il s'interrompit à temps, se traitant mentalement d'idiot et se reprit «..oui tu as raison, ta femme. Je n'ai toujours aucune piste. Mais le pays est grand. Et il peut avoir décider de rester anonyme. Comme quand j'ai acheté tes fils pour ne pas être retrouvé par ceux qui étaient également intéressés.

- Il n'y a aucune moyen? Vraiment ?

- A part si il l'emmène avec lui à un endroit où je me trouve également. Je vois à peu près à quoi elle ressemble d'après ton croquis et ta description. Mais même là il faudrait que l'acheteur ou l'acheteuse accepte de me la revendre, ce qui n'est pas évident. Tout dépend du sceau qui lui aurait été posé. Si c'est le même que toi, je ne pourrais pas.»

Vincent eut l'air encore plus sombre. Et détourna la tête, regardant les pousses qui commençaient à fleurir dans le jardin «Donc nous parton cour. Et tes fils aînés viennent aussi. Ils seront présentés aux autres nobles.

- Oui. Ils ne seront sûrement pas les seuls.

- Pourquoi moi?

- Tu es leur précepteur. Ce ne sont pas des vacances, ils doivent continuer à étudier.» Il jeta un coup d'œil à son esclave et plissa les yeux «Si tu as peur que tes fils ne supportent pas ton absence, je peux les faire venir également. On en profitera pour rediscuter de ma proposition. En attendant ils seraient les valets des miens.» Il haussa les épaules «C'est ton choix.»

Il crut voir son interlocuteur soupirer de soulagement. Alors c'était bien ce qui le tourmentait? Il ne voulait pas laisser ses enfants? D'un autre côté, Diederich n'aurait pas voulu les laisser seul non plus à sa place. «Et bien tu peux aller préparer leurs affaires. Je vais dire à Tanaka de t'en donner des trop petits pour les miens pour compléter leur trousseau.

- Très bien.» il hésita un court instant puis demanda, hésitant «Il y aura du monde à la cour ?

- Oui. Un véritable gala diplomatique pour la cérémonie de l'héritier. Des nobles venus de plusieurs pays. Pendant une semaine.» Il s'interrompit et reprit «Mais n'espère pas pouvoir parler à des gens que tu connaîtrais des gens de ton pays. Je ne pourrais pas t'y autoriser. C'est la loi et je dois absolument la respecter à la cour pour ne pas éveiller de soupçons à mon égard.» Il soutint le regard noir face à lui et soupira lourdement «Ne me regardes pas comme ça, ce n'est pas ma faute si la loi est ainsi et si je dois maintenir les apparences. Si tu les vois, tu vas vouloir leur parler, ils vont vouloir te ramener ou ramener tes enfants, ils vont faire un scandale et cela va faire des histoires qui vont faire jaser la cour, et fâcher le roi. Et si je cède et que je libère tes enfants, le roi me regardera de travers pour ce geste qu'il percevra comme un acte contre sa politique.»

Vincent plissa les yeux. Mais il ne répliqua pas, se mordant la lèvre, furieux sans le montrer mais comprenant la vision des choses. Il ne voulait pas créer un scandale qui causerait des problèmes à son protecteur. Qui sait ce qui pourrait arriver à ses enfants si cela se produisait? Et, au fond de lui, il ne voulait pas que Diederich ait des ennuis. Mais il se jura qu'il parlerait à des gens qu'il connaîtrait, discrètement, ou ferait passer un message. Sans faire de vagues. «Nous partons quand exactement?

- Dans deux jours. Les routes sont praticables. Le temps a été sec pendant quelques jours. Le voyage durera trois ou quatre jours. Tout dépendra du temps.

- Tu ne vis pas près de la capitale.

- Je n'ai pas de maison dans la capitale. Enfin j'en ai acheté une pour Hermann qui peut donc m'accueillir à l'occasion. Il n'est pas marié, il a donc de la place.» Il haussa les épaules, ajoutant après un temps de silence«Je ne suis pas un politique mais un militaire. Je n'ai pas besoin de jouer les courtisans zélés toute l'année. D'ailleurs je ne suis pas très bon pour ça. Et le roi le sait.»

Vincent haussa un sourcil, il ne voulait pas savoir ce que l'autre sous-entendait par là. Avait-il faire preuve de son charmant caractère avec le souverain? Ou son caractère était-il bien connu? Il se leva, déclarant «Je vais prévenir mes enfants dans ce cas.

- Bonne idée.»

Vincent, une fois retournés dans la chambre, s'appuya à la porte, réfléchissant. Il y aurait sûrement des nobles de son pays à ce gala diplomatique. Peut-être même sa sœur et son beau-frère? Peut-être pourrait-il les voir, leurs faire passer des lettres ? Et si il y avait des nobles qu'il connaissait, pourrait-il aussi leurs transmettre une lettre ? Sans que Diederich le voit ou le sache? Il se tendit, craignant presque la douleur qui pourrait venir de son tatouage mais rien ne vint. Il pouvait penser à se rebeller sans que cela agisse sur le sceau, tant mieux. Soulagé il se laissa tomber sur son lit, réfléchissant. Il n'aurait pas de possibilités (ou peu) d'être seul. Il devrait faire preuve de prudence.

Se redressant il s'approcha de ses fils qui dessinaient «Les enfants, nous partons tous les trois dans deux jours, avec Diederich et ses fils.

- On part aussi?

- On va voir la capitale et le château ?

- Oui. Il faudra être sage. Vous ne devez pas contrarier notre protecteur, d'accord?

- Oui papa.

- D'accord. Je suis content de partir avec toi, j'aime bien Siegfried et William. Ils sont gentils !»

Vincent était bien d'accord. Ils étaient adorables, travailleurs bien que malicieux. Pleins de vie, ils étaient des vrais boules d'énergie sur pattes. Ils travaillaient avec applications, montrant beaucoup d'intérêt à ce qu'ils apprenaient.

Il rassembla les vêtements déjà offert par son ''maître'', d'anciens vêtements des faux jumeaux sans doute. Les enfants l'aidèrent autant qu'ils pouvaient, maladroitement. Même si depuis qu'ils étaient ici, ils avaient appris certaines choses qu'un noble n'avait normalement pas à savoir sur le ménage de la demeure. On frappa à la porte et Tanaka entra, avec Brad, tenant un coffre qu'ils posèrent sur le sol.

«Il y a des vêtements dedans. Et des chausses. Il faut qu'ils les essaient avant de partir.

- Très bien.» Le majordome s'inclina et sortit avec le cuisinier, laissant la famille ensemble. Cilian approcha du coffre et l'ouvrit «Hooo. Il y a plein de choses dedans. Il y a même des habits neufs.»

Vincent s'approcha. Et sortit ce que contenait les habits. Des manteaux neufs, en parfait état. Un vert et un bleu. Avec des écharpe et des gants assortis. Des chausses, des bottes et des chaussures neuves. Et des vêtements ayant déjà servis. C'était des cadeaux beaucoup trop beau pour des esclaves comme eux. Il rangea l'essentiel, ne conservant que ce que les petits allaient porter dans les deux jours à venir.

«Il est gentil monsieur Diederich.» décréta Cilian, se ressayant sur le lit, serrant son ours en peluche contre lui, tandis que son frère continuait à regarder dans le coffre, curieux de voir ce qu'on leurs avait donné.

Finalement Ciel prit la parole «On va voir beaucoup de gens au château, des gens qu'on connaît peut-être? William a dit que ça serait une grande cérémonie. Pour le prince Edgar. Et que il va y avoir plein de monde à cause de ça.

- Oui il y aura beaucoup de personnes mais nous n'y sommes pas en tant qu'invités nous.» L'idée d'y être en temps qu'esclave le faisait grincer des dents. Ça ne lui plaisait pas du tout. Mais ce n'est pas comme si il avait le choix «Je doute qu'on voit quoique ce soit.

- Mais on pourrait voir des gens qu'on connaît non? Des gens de chez nous? Peut-être Tante Frances ou Oncle Alexis?

- Peut-être. Ils sont proches de la couronne, ils pourraient être là, en tant qu'envoyés diplomatiques.» Il y pensait depuis tellement de temps. Depuis qu'il avait entendu parler de ce voyage. Il y songeait si souvent. Encore et encore, de multiples idées dans la tête pour imaginer une façon d'entrer en contact avec eux sans que son 'maître' le sache, sans que qui que ce soit le sache ou le surprenne. «C'est possible. Il y a de fortes chances qu'ils soient présents.

- On pourrait leurs parler?! On pourra même leurs donner une lettre, discrètement?» s'exclama Cilian, sautant du lit «Ciel et moi on pourrait être discret.»

Vincent cligna des yeux. Mais oui, les jumeaux n'avaient reçus aucun ordre, eux. Ils pourraient se diriger dans le palais avec ses indications, donner une lettre à un serviteur pour un noble en particulier, prétendant un ordre. Ou directement à un noble qu'il leurs aurait désigné. Il ne désobéirait pas à son ''maître'' comme ça et pourrait le regarder dans les yeux en lui disant sans mentir qu'il n'avait rien fait lui-même pour entrer en contact avec des personnes qu'il connaissait, puisque ça serait les jumeaux qui le ferait. «Vous pourriez transmettre des messages, en effet. Mais il faudra garder ça secret. Et ne le dire ni à Diederich, ni à William ou Siegfried.»

Ils hochèrent la tête, ravis de la confiance de leur père. C'était la première fois qu'il allait leur faire confiance pour quelque chose de secret. Qu'ils allaient faire quelque chose d'important.

«Très bien, préparez vos affaires.»

L'espoir enfla en lui.

Il avait une chance. Une petite chance de pouvoir parler ou entrer en contact avec sa famille.

Il n'allait pas la laisser passer.


Diederich repoussa ses papiers, enfin terminés, et s'étira longuement, soulagé. Tout était prêt pour partir à la cour. Il avait donné des ordres précis pour son absence (qui ne serait pas si longue). Et il allait passer du temps avec son plus jeune fils et sa fille pendant ces 48 heures, avant son départ. Ils étaient déjà tristes de ne pas le voir pendant un moment, même si cette absence allait durer moins d'un mois. C'était déjà long pour des enfants si jeunes. Il ne s'absentait pourtant plus aussi souvent qu'avant, le prince étant adulte et le pays en paix. Il participait juste à quelques manœuvres de temps en temps, ainsi qu'à quelques voyages diplomatiques, allant rarement à la cour. Et il avait régulièrement une montagne de paperasses à remplir. Ces temps-ci, c'était plutôt calme en fait, à son grand soulagement. Il avait eu assez de soucis comme ça. Et ce voyage allait agréablement lui changer les idées, et lui permettre de faire un peu avancer les choses.

Il se passa la main dans les cheveux, soupirant «J'espère que Vincent ne va pas me causer des problè à contacter des personnes de chez lui, même si je comprends le sentiment. Je ne peux pas l'en blâmer mais je ne peux pas le laisser faire. Si il s'obstine et me désobéit, si il tente quand même de faire passer une lettre, un message ou si il tente de parler à des gens qu'il connaît, malgré mes avertissements...»

Il détesterait être réduit à donner un ordre direct. C'est à dire un ordre provisoire auquel son esclave ne pourrait désobéir. Le sceau ne l'autoriserait pas à ignorer cet ordre et le punirait si il tentait de s'y soustraire. C'était horrible et l'autre le haïrait pour ce geste. Il s'en voudrait lui-même bien assez comme ça. Mais si il ne lui laissait pas le choix...si il faisait trop sa tête de mule...même si cela lui déplaisait il serait forcé d'agir.

Se laissant aller dans son fauteuil, jetant un coup d'œil satisfait à ses papiers impeccablement classés, il soupira à nouveau «Il est du genre à ne pas écouter les conseils.» Il se leva et alla se servir un verre d'alcool, se laissant tomber dans un autre fauteuil, pensif. Lui donner un ordre direct l'empêcherait de désobéir, le sceau l'y forcerait. Mais c'était si...il détesterait le faire, c'était si réducteur, si ...mal quelque part.. Il soupira une nouvelle fois. «Et rester coincé dans la suite au château pendant dix jours va déjà le rendre de mauvaise humeur» Et ce serait un problème. Il était déjà pénible en pleine forme. Il eut un sourire torve «Je pourrais lui donner des ordres pour le distraire mais il serait capable de tout faire rater pour me rendre fou!»

Penser à tout cela, en fait...réduisait considérablement son enjouement à faire ce voyage.

Il se massa les tempes, fermant un court instant les yeux. Puis but une gorgée d'alcool. Avant de murmurer «Bon sang je me passerais bien de ce voyage finalement. Et de ce gala. De cette cérémonie.» Mais voilà c'était la désignation de l'héritier et il ne pouvait être absent, en temps qu'ex-tuteur du prince. Cela ferait mauvais genre de ne pas être présent. Et ses fils devaient faire leur entrée dans le monde du haut de leurs huit années. Que de choses à faire. Et il allait parler du complot avec Edgar et ses amis, discrètement. Bref ce serait délicat comme visite et il aurait à parler, à manipuler, à feindre et à agir correctement, dans le bon sens. Bref ce serait fatiguant.

«J'espère qu'il ne va me poser aucun problème. Je risque de ne pas être aussi patient dans un moment aussi important.»

Vraiment. Poser une main sur le sceau et donner l'ordre serait rabaissant mais si il le poussait à bout et refusait d'obtempérer, il n'aurait pas le choix! Il n'avait pas le droit à l'erreur au cœur même du pouvoir.

Ce serait uniquement pour son bien.

Il se ferait du mal à chercher à entrer en contact.

Ça ne ferait que le blesser au final.

Sa vie ne serait plus jamais comme avant. Ni la sienne. Ni celle de ses fils.


Le fiacre s'élança sur la route, suivit par un second qui transportait les bagages et les cadeaux pour l'héritier et le roi, comme le voulait la tradition, surtout dans le cas de Diederich qui avait été le tuteur du prince pendant des années. Dans la voiture, il était d'un côté avec ses fils et Vincent de l'autre avec les siens. Ciel regardait par la fenêtre, joyeux et et frère lisait, agitant sagement ses jambes. Le maître de la maison faisait de même, consultant de papiers tirés d'un pochette. Ses fils regardaient par les fenêtres également.

Vincent fixait l'homme, se demandant comment le tromper pour faire passer un message, sans qu'il ne s'en rende compte, sans que personne ne s'en aperçoive (même si il y aurait sûrement une réaction à un moment ou à un autre, fatalement.) Il ne voulait pas se faire voir, et en même temps ne pas lui attirer de problèmes, donc agir derrière son dos serait la meilleure chose à faire. Il ne se ferait pas prendre et tout irait bien. Sa famille serait prévenue qu'il était vivant. Mais devait-il dire où il était? L'homme lui avait bien dit qu'il ne pouvait pas le libérer pour le moment, lui avait même avoué qu'il ne savait pas si on pouvait retirer ce sceau un jour.

Mais une simple visite...pouvoir leurs parler, serrer dans ses bras sa...

«Vincent?

- Quoi?» Il avait été légèrement surpris, tiré brusquement de ses pensées par le brun qui le fixait,un sourcil levé.

Diederich plissa les yeux «Tu as l'air ailleurs, tout va bien?

- Oui.» murmura-t-il, détournant les yeux. Il préféra ne plus penser à ses futures actions, regardant la route. Il faudrait qu'il trouve une solution avant d'arriver au château, il faudrait qu'il trouve un moment pour envoyer les enfants remettre un papier, et surtout qu'il voit s'il connaissait quelqu'un. Si il n'y avait personne de sa connaissance, cela poserait un problème. Et il n'avait pas vraiment écrit de lettres pour le moment, préférant attendre d'être arrivé au château, craignant que l'homme tombe dessus. Ce serait aussi un problème.

«N'oublie pas. Tu devras être irréprochable au palais.

- Je sais.

- J'admets tes insolences, tes moqueries et ton caractère chez moi. Mais là-bas, nous serrons devant les personnes les plus importantes du pays et je devrais jouer le jeu pour ne pas attirer l'attention sur moi. Comprends-tu? Je ne plaisante pas. Je ne serais pas aussi patient et compréhensif, d'être trop aimable avec toi si tu vas trop loin.

- Oui. Je ne parles pas sans qu'on m'y invite. Je ne croise pas les regards. J'obéis.» Il prit un ton moqueur. «Dois-je faire des courbettes également?

- C'est ça, moques-toi. Je crois que durant le gala diplomatique, je vais te consigner dans la suite qui m'est assigné. Ça limitera les risques.

- C'est ça, enfermes-moi. Je ne te dirais rien.

- J'en doute, tu ne sais pas du tout te taire.» railla son ''maître'', posant ses papiers sur ses genoux pour fixer son interlocuteur. «Sérieusement, ne me forces pas à en arriver à certaines extrémités.

- Comme quoi? M'attacher? Me droguer?

- Certains pourraient le faire. Pas moi. Je pourrais faire autre chose.

- C'est-à-dire?

- Ho. Tu ne veux pas savoir. Ce n'est pas agréable pour toi. C'est provisoire mais je pense que tu détesterais profondément. Ne me forces pas à en arriver là. Fais illusion, c'est tout ce que je te demande.»


Le premier arrêt fut dans une auberge assez spacieuse. Ils furent installé dans la chambre la plus confortable et la plus grande. Les enfants s'amusèrent à tester les lits, babillant joyeusement entre eux. Diederich se laissa tomber dans un fauteuil prêt d'une cheminée. «Sois gentil, va chercher à boire, tu sais ce que je veux et je te laisses choisir pour les enfants. Et dire de nous servir le repas dans une heure.» Il reprit ses papiers, lisant tranquillement les lignes qui se détachaient sur la blancheur du papier.

Vincent lui lança un regard peu amène mais obtempéra, sortant de la chambre pour descendre vers les cuisines. Il regarda avec curiosité la grande salle où plusieurs personnes buvaient, parlaient et même mangeaient pour certaines. De délicieuses odeurs de nourriture flottaient. Il y avait beaucoup de personnes différentes. Et il ne put s'empêcher de remarquer des esclaves, personnes silencieuses débout derrière leurs maîtres. Il porta la main à son collier presque instinctivement. Un sentiment de malaise l'envahit mais il détourna la tête et marcha vers les portes menant aux cuisines.

«Espèce de maladroit.»

Il se figea en entendant cet éclat de voix venant de derrière et jeta un coup d'œil par dessus son épaule. Un homme se dressait devant un esclave, qui balbutiait des excuses, et s'emportait contre lui «Ne pouvais-tu pas faire attention!?» Il sortit un cravache de sa veste et l'abattit sur le visage du jeune homme qui gémit de douleur, levant un bras pour se protéger.

Vincent se détourna, le ventre noué.Il avait mal au cœur. Il aurait pu être à la place de cet homme, battu pour un rien. Il avait eu de la chance dans son malheur. Devait-il pousser la chance? Secouant la tête, il se reprit. Non. Il voulait contacter sa famille ou des amis. Rien ne l'en empêcherait. Si Diederich le prenait mal, tant pis pour lui. Il ne le punirait pas aussi brutalement. Il ne le frapperait pas avec une cravache ou un fouet.

Il entra dans la cuisine et transmit le message. Il patienta, regardant l'agitation autour de lui. Il attendit, sentant la faim qui commençait à venir. Il tendit les mains pour prendre le plateau et retourna lentement vers la chambre. Il le posa sur la table, et donna le verre à son ''maître'', sans un mot, avant de s'occuper des enfants qui avaient accourus, assoiffés.

«Merci.

- Que lis-tu avec autant d'assiduité?

- Quelque chose en rapport avec la cérémonie.

- Quoi, tu vas faire un discours?

- Tu as l'air septique. Me crois-tu incapable de le faire?

- Es-tu si important pour...

- Ancien tuteur du prince. Donc oui je pense l'être.» Il reposa le verre à moitié vide, ainsi que ses papiers et se passa une main dans les cheveux.

Vincent décida de tester sa chance et la patience de l'autre homme. Tendant la main, il attrapa le verre, croisant le regard surpris du brun et but, lentement et sensuellement, se léchant les lèvres d'un geste à la fois insolent et provoquant. L'autre fronça les sourcils et ouvrit la bouche, avant de lâcher, d'un ton détaché «Il fallait le dire que tu avais soif.»

C'était tout?

Donc il était réellement patient, quelque soit la situation.

Parfait. Ses dernière réserves pour tenter de contacter son pays venaient de disparaître. Il allait le faire, avec l'aide de ses fils ou non, mais il allait le faire. Et tant pis si Diederich n'appréciait pas. Apparemment il ne le punirait pas.


A Suivre