Disclaimer : Tout l'univers de Saint Seiya que vous reconnaîtrez aisément appartient à Masami Kuramada. Les autres personnages sont à moi et ceux de la mythologie à tout le monde. Je n'ai pas d'informations précises concernant certains personnages de Saint Seiya, j'ai donc mis ce que m'arrangeait.
Genre : Romance/aventure avec de l'humour, enfin j'espère, de l'amour aussi Yaoi, bi, het, groupe. Un peu OOC. Les couples sont classiques.
Rating : M.
Spoiler : Tout le monde est vivant. Un Sanctuaire inconnu va se retrouver mêlé, contre son gré, aux problèmes que va rencontrer celui d'Athéna à cause d'une nouvelle menace non divine.
Laissez vos impressions, positives ou négatives, mais toujours constructives. Ca me fera plaisir et m'encouragera. Je ferai de mon mieux pour répondre à tout le monde. Merci.
Chapitre 14
Sanctuaire d'Athéna, mercredi 15 avril 1998.
Les Amazones avaient regagné leur Sanctuaire Quelques heures après "l'attaque des Berserkers". Elles étaient pas mal secouées. Pour la première fois, elles s'étaient battues avec l'aide de leur cosmoénergie en donnant toute la puissance de leurs attaques. La Reine Lysia avait émis le désir de rentrer pour analyser cet évènement et préparer leur retour lors de la cérémonie où elle prêterait serment.
Pendant les jours qui précédèrent la cérémonie du serment d'allégeance, le Sanctuaire parut bien silencieux sans la présence pétillante des Amazones. En l'espace de quarante-huit heures, elles avaient pris une grande place dans l'esprit et le cœur d'Athéna et de ses Chevaliers.
Tous les Chevaliers avaient regagné le Domaine Sacré pour assister à la cérémonie qui devait avoir lieu le lendemain. Dans certains Temples, on entendait résonner les bruits joyeux des retrouvailles. Dans la Maison de la Vierge, Shaka, Mû, Ikki et Shura discutaient tranquillement, un verre à la main. Le Bélier leur racontait pour la énième fois le combat contre les Berserkers. A part Athéna et les jumeaux, tous croyaient qu'il s'agissait d'une véritable attaque.
- Elles sont donc aussi puissantes que nous, fit Shaka un peu incrédule.
- Oh oui ! répliqua Mû. Un combat avec l'une d'entre elles durerait mille jours, tu peux me croire.
- Ce qui me surprend, poursuivit Shura, c'est qu'on en a jamais entendu parler. Je sais, tu nous as raconté leur histoire, mais quand même…
- Et Athéna est certaine qu'on peut compter sur ses filles ? demanda Ikki, exprimant un doute sur l'opinion de sa Déesse.
- Les deux sceptres sont en résonnance lorsqu'ils sont proches l'un de l'autre, leur rappela le Bélier. On ne peut pas douter. Ce n'est pas un phénomène que l'on peut simuler.
- Je suis vraiment curieux de les rencontrer, fit Ikki avec un certain enthousiasme. Bon, vous j'sais pas, mais moi l'décalage horaire m'a tué. Je vais m'coucher. Bonne nuit les gars, à d'main !
- Je t'accompagne, fit Mû en se levant. A demain vous deux.
Le Phénix et le Bélier sortirent du Temple, laissant seul Shaka et Shura. La Vierge resservit un verre à son ami.
- Tu n'es pas fatigué ?
- Non, l'Espagne c'est pas loin. Et puis les retrouvailles, j'aime ça. C'est bon de revoir tout l'monde. Et toi, l'Inde ?
- Egale à elle-même. Tournée vers l'avenir mais fortement ancrée dans son passé. C'est parfois décourageant de voir qu'il y a tant de bonne volonté pour faire avancer les choses et de constater qu'elles restent dramatiquement statiques.
- N'y penses plus pendant quelques jours, ça te feras du bien.
Le gardien des lieux poussa un soupir de lassitude et ferma les yeux en se laissant aller au fond du canapé. De plus la proximité du Capricorne le troublait. Des sensations dont il croyait s'être affranchi refaisaient surface avec la violence d'un flot retenu trop longtemps par un barrage.
- Oh toi, mon p'tit père, t'as besoin de te détendre, fit la voix de Shura, compatissante. Enlève ta chemise et allonges-toi sur le ventre, je vais te faire un bon massage.
Shaka ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes et dévisagea son ami. Comment allait-il faire pour rester de marbre si l'homme qu'il aimait en secret posait ses mains sur lui. Et si c'était là une occasion de mettre les choses à plat ? Il avait conscience qu'il ne pouvait plus rester comme ça dans l'incertitude, il fallait qu'il sache si, oui ou non, Shura éprouvait quelque chose pour lui. Il y avait pourtant des signes qui lui laissaient penser que le gardien du dixième Temple était attiré par lui. Il ôta sa chemise et s'allongea.
- Mon dos t'appartient…
Shura ne se le fit pas dire deux fois. Enfin il avait une occasion de se rapprocher de l'homme qu'il aimait et désirait plus que tout au monde. Il commença son massage délicatement, sentant sous ses doigts les muscles durs mais noués de Shaka et la peau douce, si douce...
- Ben dis donc, fit-il d'une voix douce et intime, ça fait combien de temps que tu t'es pas entraîner ?
- Plusieurs semaines, il y a eu de nombreuses inondations et je n'avais pas assez de vingt-quatre heures dans une journée pour aider les victimes.
- Ce retour est une bénédiction alors, demain il y a la cérémonie, mais après-demain, je t'attends dans l'arène.
- Mmm… Shura, t'as des doigts de fée !
Le Capricorne encouragé par le compliment, s'aventura sur toute la surface du dos, alors qu'il ne s'était concentré que sur les épaules. Il ferma les yeux et se laissa envahir par le parfum de la peau de Shaka. Une légère odeur de transpiration suave et virile mêlé à une autre plus sucrée. Il avait tellement envie de poser ses lèvres sur cette peau, il commençait à sentir une certaine tension dans son aine.
Shaka flottait dans un bien-être qu'il avait rarement connu même au plus profond de ses méditations. Il sentait les mains douces et puissantes de son ami dénouer ses muscles, l'un après l'autre. Il était dans une sorte de somnolence béate. Des frissons délicieux parcouraient son corps et il se félicita d'être à plat ventre.
- Mmm… c'est bon… continues…
Shura ne savait plus comment faire pour provoquer une situation qui indiquerait à Shaka ce qu'il ressentait. Il se décida à employer les grands moyens. Ses mains passèrent sur les flancs, plus en caressant qu'en massant, descendirent sur les reins et massèrent le haut des fesses. Shaka eu un frisson de plaisir. S'il avait pu voir Shura, il aurait lu dans ses yeux tout l'Amour qu'il lui portait. Ses mains partaient de la colonne vertébrale pour s'écarter vers les hanches. Shaka avait chaud, il était envahi par des sensations qu'il ne voulait plus réprimer. Il se redressa et plongea ses magnifiques yeux turquoise dans ceux de son ami.
- Ca va pas ? demanda celui-ci. Je m'y prends mal ?
Il redoutait d'avoir choqué la Vierge en lui prodiguant des caresses trop explicitent, peut-être avait-il définitivement perdu l'homme de sa vie. Il était inquiet, regardant le gardien du sixième Temple incapable de déchiffrer son regard.
- Au contraire, chuchota Shaka après quelque secondes, tu t'y prends trop bien !
Shura senti son cœur bondir à ces paroles. Ils se regardèrent un long moment, se disant plus de choses avec les yeux qu'avec des mots. Shaka passa sa main derrière la nuque du Capricorne et l'attira fermement à lui, plaquant ses lèvres sur les siennes, lui arrachant un gémissement. Il ignorait qu'elle serait la réaction de Shura mais à cet instant précis, il s'en foutait royalement. Leurs bouches s'ouvrirent pour un baiser plus profond. Le Capricorne se mit à califourchon sur Shaka sans rompre leur baiser. Ses mains caressaient le torse de la Vierge, se perdaient dans ses longs cheveux blonds soyeux... Il n'arrivait pas à croire ce qui était en train d'arriver. S'il était en train de rêver, il ne voulait plus jamais se réveiller.
Il s'écarta et enleva sa chemise. Il voulait sentir leurs peaux l'une contre l'autre. Ce contact les fit frémir. Le Capricorne descendit le long de la mâchoire et du cou de Shaka goûtant la peau satinée et épicée. Il s'enivrait de ce corps qui agissait sur lui comme un alcool fin et subtil mais terriblement enivrant.
- Si tu savais depuis quand j'attends ce moment… murmura ce dernier la bouche enfin libre.
- Au moins aussi longtemps que moi…
Insensiblement, ils avaient glissé sur le canapé pour se retrouver l'un sur l'autre. Shura embrassait tout ce qui passait à portée de sa bouche tandis que ses mains s'affairaient à débarrasser l'Indien de son pantalon. L'un comme l'autre ressentait l'urgence dans leur désir bridé depuis trop longtemps. Ils étaient pressés de donner du plaisir à l'autre.
Shura put admirer son amant dans toute sa nudité. Il referma une main sur son sexe et le caressa, lentement, amoureusement. Sa langue remplaça sa main, arrachant un cri de plaisir à Shaka lorsqu'il se sentit happer par une bouche gourmande et chaude. Il avait déjà eu des amants mais aucun ne lui avait procuré un tel plaisir. Il avait l'impression de se dissoudre dans un océan d'ivresse des sens.
Dans un sursaut de lucidité dans ce kaléidoscope de délicieuses sensations, il se redressa pour enlever le pantalon de son amant et commença à lui prodiguer la même torture exquise. Ils retrouvèrent tête-bêche, chacun procurant du plaisir à l'autre avec ses mains, sa bouche, sa langue. Leurs gémissements étaient plus forts, le désir devenait impérieux. Shaka avait lentement et amoureusement investi le corps de Shura avec trois doigts le faisant crier de plaisir sous cette caresse. Le Capricorne se leva et chevaucha la Vierge en s'empalant avec une lenteur insupportable pour leurs sens. Il s'immobilisa quelques secondes, le temps de s'habituer à cette merveilleuse présence. Puis il commença à bouger.
Shaka embrassait son torse, pinçant délicatement les pointes brunes de sa poitrine. Il prit la colonne de chair dure et chaude dans sa main la caressant au même rythme. Le plaisir augmentait, les emmenant vers des sommets insoupçonnés en vagues toujours plus puissantes. Leurs cosmos s'enflammèrent et s'unir comme pour Saga et Mikael. Ils atteignirent ensemble le point de non-retour et la jouissance les balaya. Leurs cris se confondirent tandis qu'ils les recueillaient sur la bouche de l'autre. Shura s'effondra sur le torse de Shaka. Ils s'enlacèrent déposant des baisers doux et tendres sur chaque morceau de peau à leur portée.
- C'était quoi ça ? murmura Shura, plus inquiet que surpris.
- On appelle ça l'Union Parfaite, expliqua Shaka qui n'en croyait pas ses yeux avec un sourire béat aux lèvres.
- Et ça veut dire quoi ?
- Que nous avons trouvé notre âme sœur, la moitié qui nous manque pour créer un être parfait. J'en avais entendu parler mais je n'y croyais pas trop.
- Maintenant tu peux y croire. Shaka, je t'aime, je suis fou de toi ! murmura le Capricorne dans un souffle.
- Moi aussi je t'aime, je t'aime si fort et depuis si longtemps… On a des années à rattraper…
- J'ai du mal à croire que tu puisses m'aimer après ce que je t'ai fait. Si tu savais comme j'ai eu mal…
- Chuuut ! C'est vrai que quand je t'ai vu, j'ai cru qu'on me broyait le cœur. Mais après, j'ai su, j'ai compris. Maintenant c'est fini. On oublie tout…
Ils s'embrassèrent et se caressèrent longtemps, se murmurant et se chuchotant leur Amour. Ils s'unirent passionnément encore et encore sur ce canapé, premier témoin de leurs sentiments enfin avoués, avant de finalement gagner la chambre pour s'endormir, blottis dans les bras l'un de l'autre, heureux comme jamais ils ne l'avaient été…
Sanctuaire de Gaïa, mercredi 15 avril 1998.
La Reine Lysia apparut en haut des marches du grand hall de son Palais en compagnie de Kamryl, Belta et Kayla. En bas, les douze Amazones de la Garde Royale se tenaient sur quatre rangs. Leur Commandant en Chef les rejoignit.
- Guerrières Sacrées de Gaïa, commença la souveraine d'une voix solennelle, aujourd'hui nous allons prêter notre Serment d'Allégeance à la Déesse Athéna. Nous ne renions pas Gaïa mais nous nous mettons au service d'une nouvelle Déesse car notre survie en dépend. Je pense qu'il est l'heure d'y aller.
Elle se plaça devant sa sœur en tête du cortège. Elle prit son pendentif et ouvrit un passage qui les mena directement sur l'esplanade devant l'entrée du Palais du Grand Pope. Les gardes qui les attendaient les saluèrent et ouvrirent la porte à double battants. Les Amazones entrèrent.
Dans la grande salle du Palais, Athéna était assise sur son trône vêtue d'un péplos blanc immaculé, son sceptre dans sa main droite. Shion se tenait deux marches plus bas dans sa toge de Grand Pope. Les Chevaliers Divins avaient pris place aux bas des escaliers du trône et les Chevaliers d'Or avaient formé une haie d'honneur de chaque coté de l'allée centrale. Derrière eux se tenaient les Chevaliers d'Argent et de Bronze.
La tête droite, le visage fermé, dans un parfait ensemble, les Amazones s'avancèrent, leurs amures étincelantes les entourant d'une aura dorée. Elles s'arrêtèrent à quelques mètres d'Athéna et mirent un genou à terre. Athéna se leva et descendit les marches jusqu'à la Reine.
- Relevez-vous Amazones et soyez les bienvenues.
Les Guerrières Sacrées se relevèrent, la Reine et la Déesse échangèrent un sourire chaleureux. Kamryl s'avança vers la Déesse et leurs deux sceptres entrèrent en résonnance, brillants d'une lueur dorée.
- Procédons à la cérémonie. Grand Pope ?
Shion s'approcha et souleva le couvercle de l'urne sacrée et la tint devant la Reine.
- Moi, Lysia, souveraine des Amazones, Gardienne du Sanctuaire de Gaïa, au nom de mon peuple et par mon sang, je prête Serment d'Allégeance à la Déesse Athéna. Je jure sur ce sang de défendre ses valeurs et sa vie contre ses ennemis internes ou externes jusqu'à la mort.
Elle enflamma son cosmos et d'un geste vif, elle se trancha les veines du poignet du bout des doigts. Shion récupéra le sang de la Reine dans l'urne.
- Moi, Athéna, j'accepte le Serment qui vient d'être librement fait sans contrainte aucune. Par mon sang, je jure d'accorder protection et aide aux Amazones. Nos deux Sanctuaires sont désormais liés à jamais.
Elle se coupa également le poignet et versa son sang dans l'urne. Une lueur dorée enveloppa le réceptacle du serment et Shion remit le couvercle. Athéna apposa son sceau sur l'urne scellée.
- Hermès ? appela la Déesse.
Une puissante cosmoénergie se fit sentir en même temps qu'apparaissait un jeune homme d'une vingtaine d'année d'une beauté époustouflante. Il s'inclina devant la Déesse et s'approcha.
- Tu es le messager des Dieux et le Garde des Sceaux. Je te confie cette urne que je viens de sceller. Je souhaite que tu dises à Poséidon et à Hadès que j'aimerais les rencontrer après demain.
- Il en sera fait selon tes désirs Athéna.
Il s'inclina à nouveau et disparut. La Déesse se rassit sur son trône.
- Amazones et Chevaliers, enflammez vos cosmos afin de vous connaître et de vous reconnaître.
Une multitude de cosmoénergies s'enflammèrent dans le Palais se mêlant les unes aux autres. Un sentiment d'intense communion parcourut l'assemblée. Athéna les enveloppa toutes de la sienne, les baignant d'Amour et de douceur rejointe par Gaïa à travers Kamryl.
- Voilà. C'est fait ! songea Kayla. Notre destin irrémédiablement est lié à Athéna.
La réception qui suivit fut grandiose. Le buffet était copieux et les plats délicieux tout comme les vins et le champagne.
Les Amazones étaient forts sollicitées par les Chevaliers qui voulaient tous faire la connaissance des redoutables et magnifiques Guerrières.
Elles avaient rencontré Aldébaran, Shaka et Shura qui ne se quittaient plus, Aïoros et Aïolia qui furent immédiatement séduit par la fraîcheur et la spontanéité des jeunes femmes.
C'étaient la première fois depuis leur résurrection que tous les Chevaliers d'Athéna se trouvaient réunis avec leurs nouvelles alliées. Athéna et Shion allaient d'un groupe à l'autre accompagné de Lysia et Kamryl. Belta était retournée au Sanctuaire de Gaïa pour ne pas laisser Tyrin seule en cas d'attaque des Abarites.
Chacun avait retiré son armure et c'est dans une ambiance festive que se passa l'après-midi. La plupart des Bronze et des Argent repartirent le soir même pour leurs différents centres d'entraînement. Ils ne restaient plus que les Chevaliers d'Or, les Chevaliers Divins, Marine, Shaina, Orphée, June, Jabu et Ban.
L'ambiance était plus calme. Camus s'approcha de Kayla qui se servait un verre de jus de fruit.
- Alors très chère consœur, fit-il l'air très sérieux mais avec une lueur taquine dans le regard, quel effet ça fait d'être au service d'une nouvelle divinité ?
- Eh bien très cher confrère, répondit-elle sur le même ton, pour l'instant je ne vois aucune différence.
- Au moins on va pouvoir se balader d'un Sanctuaire à l'autre grâce aux pendentifs que vous nous avez offert.
Ils continuèrent à bavarder comme deux vieux amis pendant de longues minutes.
- Et si on terminait la soirée en boite ? proposa Hyoga
Si la proposition ne fit pas l'unanimité, plusieurs Guerrières et Chevaliers furent emballés à cette idée. Parmi les Amazones, on trouvait Kayla, Naralis, Naël, Thémis, Djénia, Jilina et Parésia. Quant aux Chevaliers, Kanon, Milo, Angelo, Aïoros, Saga, Mikael, Ikki, Shun et Hyoga étaient partant.
- On va quand même réserver, on est nombreux, suggéra Mikael.
Lorsque les Chevaliers d'Athéna remontèrent au Palais pour attendre leurs "invitées", vers dix-neuf heures, ils n'étaient pas du tout préparés à ce qu'ils allaient voir. Descendant nonchalamment les escaliers en plaisantant et riant, elles ne virent pas tout de suite neuf mâchoires se fracasser au sol avec neuf paires d'yeux sortant de leurs orbites.
Les neuf hommes regardaient éberlués, sept magnifiques jeunes femmes plus sexy les unes que les autres. En mini-jupes ou en pantalons, en bustier ou chemises, en escarpins à talons aiguilles, elles auraient rendues jalouse Aphrodite elle-même et fait tourner la tête à Eros en personne. Elles étaient tout simplement sublimes. Lorsqu'elles s'aperçurent de la présence de leurs chevaliers servants, elles ne furent pas déçues non plus. Ils avaient revêtus des jeans moulants ou des pantalons en cuir avec des t-shirt sans manches, à résille ou des chemises. Ils étaient rasés de près et sentaient bon l'after-shave.
- Waouw ! Les mecs ! Va falloir qu'on se batte ce soir ! s'exclama Naralys après avoir émis entre ses dents un petit sifflement admiratif très masculin. La première gonzesse qui s'approche de vous, j'l'envoie valser chez Hadès !
- C'est plutôt nous qui allons nous battre, rétorqua Milo en déshabillant la jeune femme du regard.
Camus, en parfait gentleman offrit son bras à Djénia, donnant l'exemple à ses compagnons puis ils se téléportèrent dans une petite ruelle déserte, derrière la discothèque.
Le "Free Love" était un établissement d'Athènes ouvert dix-huit heures sur vingt- quatre. C'était le seul qui accueillait les homosexuels, les bisexuels et les hétérosexuels en couple ou célibataire. Tout y était permis sauf la violence. Des salons privés étaient aménagés pour le confort et le plaisir des clients qui désiraient s'isoler à deux, trois ou plus. Chacun pouvait y trouver son bonheur pour une nuit ou pour la vie, et c'est pour cela que les Chevaliers d'Athéna en avait fait leur terrain de chasse préféré. Ils étaient connus comme le loup blanc et lorsqu'ils arrivèrent, le patron en personne vint les accueillir, soucieux de satisfaire des clients si sympathiques et aux portefeuilles aussi bien remplis.
Ils suivirent le maître des lieux jusqu'à la table qu'ils avaient réservé. Leur arrivée ne passa pas inaperçue, loin de là. Tous les clients se retournèrent pour apprécier et admirer les nouveaux venus. Ils commandèrent du champagne et portèrent un toast à leur nouvelle alliance. Kayla songea aux jumelles et croisa le regard de Naralis qui pensait comme elle. La musique et la boisson commencèrent à faire leur effet. Thémis, Djénia et Jilina rejoignirent la piste de danse avec Hyoga, Shun, Mikael et Angelo. Le déhanchement de Thémis eu raison des dernières réticences des Amazones encore assises. Les musiques étaient choisies par le DJ de façon à créer une ambiance propice à la sensualité et aux mouvements lascifs. Les filles se laissèrent complètement porter par le son et le rythme sous les regards légèrement allumés des Chevaliers.
- Tout ça va se terminer en partouze géante ! fit la voix légèrement avinée d'Ikki dans l'oreille de Camus qui ne lâchait pas Djénia des yeux.
- Et alors ? Depuis quand ça te gêne ? lui rétorqua le Verseau avec un sourire amusé.
- J'ai jamais dit qu'ça m'gênait ! Je ne fais que prédire l'avenir…
Le reggae fit place au zouk et Milo attrapa Naralys pour une danse torride bientôt rejoint par Angelo qui se plaça derrière l'Amazone. Le trio déclencha des sifflets admiratifs et continua à danser. Aïoros fit de même avec Jilina. Un inconnu s'approcha de Kayla et l'invita pour un tour de piste qu'elle refusa poliment. Malheureusement, l'homme insista un peu trop lourdement et se retrouva face à un regard meurtrier. Kanon l'avait attrapé par le col et le jeta loin de la jeune femme sans ménagement. Il croisa le regard du patron qui avait été témoin de toute la scène et qui lui fit un clin d'œil de compréhension.
- Dommage que les jumelles soient pas là, fit la voix de Naralis dans tête de Kayla.
- En plus au fond de la salle, y a une scène avec tout c'qu'il faut dessus pour se faire un p'tit concert privé.
- Pour de bon ?
- Mouais !
- On a qu'à leur dire de nous rejoindre !
- On risque de tomber au mauvais moment.
- Ca fait quatre heures qu'on est là, elles ont déjà dû…
- Elles sont là !
Naralis se retourna et vit Mursia et Orlyna en compagnie de Shion et Mû qui serrait la main du patron. Les nouveaux venus se joignirent aussitôt à leurs amis. Naralys expliqua aux jumelles ce qu'elles avaient trouvé pendant que Kayla se dirigeait vers le DJ pour lui demander si elle pouvait, avec ses amies, utiliser les instruments. Il lui assura qu'ils étaient là pour ça, que ça arrivait que des clients jouent avec plus ou moins de succès. C'est surexcitée qu'elle entraîna ses amies derrière elle.
Pendant ce temps, les garçons se demandaient ce qu'elles mijotaient et s'approchèrent de la scène pour mieux voir.
- Elles vont jouer un de leur morceau préféré, expliqua Parésia à Ikki.
- C'est quoi ?
- Tu verras, mais tu va aimer.
- Et maintenant cher amis, fit la voix du DJ par-dessus la musique, nous avons la chance d'avoir ce soir des musiciens amateurs, ou devrai-je dire des musiciennes. Mesdemoiselles c'est à vous.
Kayla se félicita d'avoir mis un pantalon. En jupe sur le tabouret de la batterie, elle aurait eu du mal. Les premières notes de "Alive and kicking" de Simple Minds s'élevèrent. Les chevaliers étaient abasourdis et sous le charme des quatre jeunes femmes complètement habitées par la musique. Kanon ne pouvait détacher ses yeux de Kayla qui frappait sur sa batterie avec l'aisance déconcertante de l'habitude, roulant les baguettes entre ses doigts. Son visage, son cou, sa gorge étaient luisants de sueur. Il avait parfois l'impression qu'elle le fixait, ne jouant que pour lui. Elle dégageait une sensualité animale et tous les hommes présents le ressentaient. Kanon sentit une certaine irritabilité monter en lui. Elle s'offrait aux yeux de tous, sans retenue. Elle était méconnaissable, comme lorsqu'il l'avait vu au combat. Il avait perçu chez elle de la sauvagerie et une joie euphorique à l'idée de se battre et de tuer. Là, s'était la même chose.
La plupart des clients avaient recommencé à danser, seuls les membres de leur groupe les regardaient jouer. Elles enchaînèrent avec "The show must go on" de Queen, la voix envoutante de Naralis surprit par sa puissance. Milo était comme hypnotisé et chantait le refrain avec elle.
Elles jouèrent ensuite un vieux tube des années 1980 "I was made for loving you" du groupe Kiss. Orlyna avait délaissé son clavier pour prendre la deuxième guitare. Le solo de Mursia enflamma le public. Shion avait mal aux mains à force d'applaudir. Elles finirent avec "The power of love" de Frankie goes to Hollywood pour calmer un peu les esprits.
- Merci beaucoup ravissantes demoiselles, conclue le DJ de sa cabine de mixage, vous nous avez enchantés ! Revenez quand vous voulez !
Elles regagnèrent leur place sur la banquette en compagnie des autres. Mû et Shion avaient enlacé les jumelles pour un slow, Naralys était toujours coincé entre Angelo et Milo qui se faisaient plus entreprenant et Kanon avait réussi à s'asseoir aux cotés de Kayla.
- Merci Chevalier, lui glissa-t-elle à l'oreille, pour le type de tout à l'heure.
- Ce fut un plaisir, princesse, lui rétorqua-t-il avec un sourire à tomber par terre. Kayla sentait son sang bouillir dans ses veines et se servit une coupe de champagne pour cacher son trouble.
Shun et Hyoga avait disparu avec deux jolies jeunes femmes, Ikki embrassait Parésia et Camus songea à la nuit qu'il avait passé avec Kayla en se disant que le Phénix risquait de se brûler les ailes. De son coté, le Verseau draguait Djénia. Thémis avait jeté son dévolu sur un homme très séduisant, ravi de voir cette magnifique femme s'intéresser à lui. Il faisait des jaloux, à n'en pas douter. Jilina et Aïoros opéraient un rapprochement stratégique sans aucun détour à en croire par le baiser torride qu'ils étaient en train d'échanger.
La série de slows propice au rapprochement des corps n'en finissait pas. Kayla pris son courage à deux mains et se pencha à l'oreille de Kanon.
- Tu m'invites à danser ?
- Bien sur, viens !
Il lui prit la main et l'entraîna sur la piste. Elle croisa le regard de Camus qui lui fit un clin d'œil complice.
Elle se retrouva dans les bras du beau Marinas. Il la serra contre lui bien plus quelle ne s'y attendait. Elle sentait ses mains dans le creux de ses reins et sur son dos. Passant ses bras autour de sa nuque, elle avait le visage à hauteur de son cou. Le parfum qu'il dégageait derrière celui de l'eau de toilette lui rappela l'épisode de la clinique. Elle percevait l'odeur de sa transpiration, une odeur virile et légèrement iodée. Ses doigts reconnaissaient la douceur soyeuse de ses cheveux. Un tremblement la parcourut. Elle respira à plein poumons, s'emplit les sens de cette présence si mâle et si désirable.
Kanon n'hésita pas une seconde à la serrer contre lui. Il la sentit se cambrer souplement contre son corps. Le parfum qu'elle portait affolait son odorat. Ses seins contre sa poitrine étaient une provocation, ses hanches ondulaient contre son ventre en feu au rythme de la musique. Il sentait son souffle chaud dans son cou.
- Où est ta Ceinture ? demanda-t-il pour briser ce silence qui devenait gênant.
- Je l'ai. Elle est dans les passants de mon pantalon.
- C'est pour ça que je ne la sentais pas sur ta taille.
- Elle sait être docile quand il le faut.
- Vous êtes vraiment douées toutes les quatre, vous jouez vraiment bien.
- Merci. On adore ça ! On joue depuis huit ans ensemble.
- Huit ans ! On sent qu'il y a une unité entre vous.
- C'est vrai qu'on s'entend bien sur de nombreux points.
- Et quand vous…
- Chevaliers, Amazones, rentrez au Sanctuaire ! Vite !
La voix d'Athéna avait surgit dans leur tête au pire moment. Ils se regroupèrent autour de leur table, et virent Shun et Hyoga arriver en courant.
- J'espère que c'est pas une blague ! ronchonna le Cygne en finissant de fermer son pantalon.
- On retourne derrière la boite et on se téléporte en vitesse, fit Shion qui s'en voulait d'avoir laissé Athéna et Lysia. Il y avait les autres Chevaliers mais s'était à lui de veiller sur la Déesse comme dernier rempart.
Ils arrivèrent directement dans la salle du conseil ou les attendaient les autres Chevaliers d'Or
- Qu'est-ce qu'y a ! demanda Kayla à peine matérialisée devant sa sœur.
- Une attaque en force des Abarites, on rentre.
- Qui t'a prévenue ? s'enquit-elle tout en revêtant son armure.
- Tyrin a fait un saut pour me prévenir.
- Les filles on y va !
Le Commandant Suprême avait remplacé la jeune femme insouciante qui dansait un slow quelques minutes plus tôt. Elles mirent leurs armures à la grande surprise des Chevaliers qui n'avaient jamais remarqué qu'elles les portaient en permanence dans leur pendentif.
- Athéna, on peut les accompagner ? demanda Shura.
- Je veux que quatre Chevaliers d'Or restent au Sanctuaire avec les Chevaliers Divins. Les autres allez-y ! ordonna Shion.
Shura, Shaka, Fabio et Aïolia étaient déjà en armure. Kanon appela ses écailles du Dragon des Mers tandis qu'Aïoros, Milo et Angelo mettaient leurs armures.
- Dernier détail Chevaliers, fit Kayla en se tournant vers eux le regard dur, vous êtes sous mes ordres. Pas d'initiatives inconsidérées, ne jouez pas les héros. Vous allez combattre sans cosmos !
Tous confirmèrent qu'ils avaient bien compris. Kayla ouvrit le passage et tous s'engouffrèrent derrière elle.
Ils arrivèrent devant les écuries. Les Amazones sautèrent en selle et passèrent à l'armurerie prendre leurs arcs et leurs carquois.
Thémis distribua des épées aux Chevaliers un peu décontenancés à l'idée de devoir combattre sans leur cosmos. L'Excalibur de Shura ne lui serait d'aucune utilité même si c'était aussi une épée.
Ils rejoignirent la Garde Royale en haut d'une colline qui donnait sur une immense plaine. Au loin, une forêt dense servait de camouflage aux Abarites.
- Ils vont attaquer de front comme d'habitude, fit Kayla. Naël, Naralis prenez vos escadrons et placez-vous au nord et au sud. Vite ! Milo, Angelo allez avec Naralis. Shura, Aïolia avec Naël.
- Bons sang, qu'est-ce qui z'attendent ? gronda Mursia
- Que le soleil se lève, fit Kanon. On va l'avoir en pleine gueule !
- Exact, confirma Kayla. Que les archers se placent derrière les épées. A mon commandement seulement !
Ils attendirent encore de longues minutes que l'astre du jour veuille bien faire son apparition. Les Chevaliers regardaient Kayla, impressionnés par son calme et son assurance.
- Tyrin, tu es sûre qu'ils sont aussi nombreux, s'inquiéta Kayla.
- Je les ai vus juste avant qu'ils ne replongent dans la forêt.
- C'est toujours dans cette plaine que vous les affrontez ? demanda Fabio.
- Non, ils attaquent un peu partout sur nos frontières. Mais c'est vrai que c'est ici qu'on les combat le plus souvent.
- C'est dans leurs habitudes de venir se montrer et de repartir comme ça ? s'enquit Shaka désireux de se faire une idée la plus juste possible de l'adversaire.
- C'est pas systématique mais ça leur arrive, répondit Tyrin sans quitter la plaine des yeux.
- Ils connaissent nos habitudes. Ils attaquent souvent en fin de nuit en espérant que nombre d'entre nous seront hors du Sanctuaire.
- Et vous gagnez toujours ?
- Quand tu les verras combattre et quand tu nous verras combattre, Kanon, tu comprendras que même inférieures en nombre nous ne pouvons que gagner ! lui répondit le Commandant Suprême. La plus jeune de nos Guerrières vaut au moins cinq Abarites.
- Le soleil se lève, murmura Shaka.
- Chevaliers, fit Kayla par télépathie avant que l'attaque des Abarites ne bride les cosmos, n'ayez aucune hésitation. Frappez pour tuer !
Le soleil inonda de sa lumière naissante la plaine qui serait bientôt jonchée de cadavres. Dans la forêt, des mouvements furtifs annonçaient l'imminence de l'attaque. Un silence oppressant régnait. Shaka regarda d'un coup d'œil circulaire les jeunes Amazones derrière lui. Certaines n'avaient pas plus de quinze ans pourtant dans leurs yeux il n'y avait ni peur, ni angoisse. La férocité qu'il lut dans leurs regards lui fit presque peur. Si jeunes, elles avaient déjà connu l'horreur de la guerre. Mais après tout, lui-même et ses compagnons n'étaient pas beaucoup plus âgés lorsqu'ils avaient combattus les Chevaliers de Bronze lors de la bataille du Sanctuaire. Shura n'avait que onze ans quand il reçut l'ordre de poursuivre et de tuer Aïoros qui s'était enfui avec Athéna bébé en 1973. Il croisa le regard de Fabio et comprit qu'il s'était fait les mêmes réflexions que lui.
Les Abarites sortirent enfin de la forêt, estimant le soleil assez haut pour éblouir les Amazones. Ils s'avancèrent lentement, à terrain découvert. Ils devaient être environ deux cent cinquante. Et brutalement, tous sentirent décroître et disparaître leurs cosmos. Le cheval de Kayla piaffa en sentant l'odeur de l'ennemi qu'un souffle d'air apporta jusqu'à ses naseaux. Elle flatta son encolure pour le calmer. Les Abarites étaient tous sortis de l'abri des arbres et commencèrent à courir en criant. Ils étaient presque arrivés au milieu de la plaine.
- Un vrai troupeau de bœufs qui vont à l'abattoir ! fit une voix moqueuse derrière eux.
- Archers ! hurla Kayla ! Tirez !
Des dizaines de flèches s'élevèrent en arc de cercle dans le ciel matinal pour retomber au hasard dans la masse de l'ennemi. Beaucoup d'Abarites tombèrent. Mais ils avançaient toujours.
- Archers ! Tirez !
Le même scénario encore. A quatre reprises Kayla donna le même ordre. Les Abarites avaient perdu presque un tiers de leur effectif quand ils virent fondre sur eux venant du nord et du sud la cavalerie de Naël et Naralis. Kayla hurla :
- Archers, tir à vue ! Amazones ! En avant !
Dans un bruit assourdissant de sabots, les Guerrières se ruèrent sur les Abarites. Attachant les rennes de leur monture à la selle, elles sortirent les deux épées dorsales de leurs fourreaux. La puissance que leur donnaient leurs montures n'avait aucun équivalent en face. Les Abarites tombaient aussi bien sous leurs lames aiguisées que sous les sabots meurtriers des chevaux. Au milieu du champ de bataille, Kayla fut rejointe par Naralys et les jumelles. Les Chevaliers comprirent pourquoi elles étaient surnommées les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse.
Maniant leurs épées avec une incroyable dextérité, elles tranchaient, coupaient, décapitaient, perforaient, déchiraient, des bras, des têtes, des jambes, des ventres. Elles sautèrent à terre. Se tournant, Mursia aperçu un Abarite qui allait frapper sa sœur par derrière. Elle prit un poignard de sa ceinture et le lança, lui transperçant la gorge. Kayla vit le regard agrandit de peur de Naralys, elle retourna son épée et frappa derrière elle sans se retourner, embrochant un homme qui poussa un hurlement de douleur. Elles étaient déchaînées. L'excitation du combat déchargeait des flots d'adrénaline dans leurs veines, décuplant leurs forces. On pouvait même parfois entrevoir furtivement une lueur de sauvagerie effrayante dans leurs yeux.
Les Chevaliers d'Athéna n'étaient pas en reste. D'abord surpris de ne pouvoir faire appel à leur cosmos, ils prirent vite le coup du combat au corps à corps à l'arme blanche. Heureusement que les combats qu'ils avaient mené les avaient habitué à la mort et au sang. Mais jamais ils n'avaient vu pareille boucherie. C'était un vrai carnage !
Lentement, les cris diminuèrent puis cessèrent totalement. La plaine retrouva son silence. Le soleil brillait haut dans le ciel. Environ deux cent cinquante Abarites étaient morts ce matin. Les Amazones achevèrent les blessés, elles ne faisaient pas de prisonniers. Elles récupérèrent leurs chevaux et prirent le chemin du retour en silence.
Les Chevaliers rendirent les armes qui leur avaient été prêtées et les chevaux rentrèrent à l'écurie. La Garde Royale suivit des Chevaliers d'Or se dirigea vers le mess des officiers dans le Palais. En chemin tous se débarrassèrent de leurs amures ruisselantes de sang. Si les Amazones avaient l'habitude, les Chevaliers eux, étaient franchement accablés par tant de barbarie. Eux aussi donnaient la mort, mais pas de cette façon. Les règles de la Chevalerie qui imposait le combat à un contre un sans arme étaient moins bestiales que ce à quoi il venait d'assister et de participer.
- Kayla, appela Kanon. La jeune femme se retourna et posa un regard brillant sur lui. Comment faites-vous pour supporter ça ? C'est tellement…
- … cruel, barbare, sanglant, violent, inhumain ? le coupa-t-elle sachant à l'avance ce qu'il allait dire. C'est ainsi depuis que nous existons. Nous ne connaissons rien d'autre.
- Et tu n'en as jamais assez de tout ça ?
- Kanon, même si je connais les Lois de la Chevalerie en matière de combat, je n'ai jamais eu l'occasion de les appliquer puisque nous n'avons jamais pris part à une Guerre Sainte. Toi c'est le contraire. Tu ne connais que les Lois de la Chevalerie. Ce genre de bataille tu y participe pour la première fois. C'est ton devoir de défendre ta Déesse tout comme c'est le mien de défendre Gaïa. Mais nos façons de faire sont différentes. Ici il n'y a pas un seul Abarites qui connaisse le combat à un contre un. Ils se ruent à l'attaque de manière complètement désordonnée. Ils ne chercheront pas un adversaire, ils vont taper sur tout ce qui bouge. C'est ainsi, on n'y peu rien. Vous, les Chevaliers, vous combattez avec beaucoup plus d'honneur. Il n'y a aucun honneur à massacrer comme nous venons de le faire. Mais c'est à ce prix que nous protégeons Gaïa et notre Sanctuaire. C'est vrai que la guerre coule dans nos veines et que nous aimons nous battre. J'ai pris un plaisir fou à être sur le champ de bataille même si je n'en retire aucune fierté ni aucun honneur. C'est à Apollon qu'il faut dire merci pour ça !
Elle le regarda encore un moment, lisant une grande tristesse dans ses yeux. Oui même lui, qui était à l'origine de millions de morts, ne les avait pas tués de ses propres mains. Il avait eu tant de mal à faire accepter sa repentance à ses compagnons et lui-même à croire qu'ils l'avaient pardonné, qu'il n'arrivait pas à concevoir que les Amazones n'éprouvaient aucun remord face à cette tuerie qui durait depuis des temps immémoriaux.
- Vous devriez rentrer au Sanctuaire d'Athéna. Elle doit vous attendre.
Disant cela elle ouvrit un passage.
- Merci de nous avoir aidés.
- Je suis sûr que vous vous en seriez sorties sans difficulté, fit Aïolia avec un sourire un peu forcé.
- Probablement, mais nous avons apprécié votre présence à nos cotés, vraiment.
Ils empruntèrent un par un le passage qui les ramenait chez eux.
- Kanon, appela Kayla avant qu'il ne s'engage à son tour. Elle s'approcha de lui et planta son regard émeraude dans les yeux du Marinas.
- J'ai beaucoup aimé le "Free Love". Tu m'y emmèneras encore ?
- Avec plaisir, princesse. Quand tu veux…
Elle s'approcha de lui et se hissant sur la pointe des pieds, elle déposa un baiser sur sa joue. Elle allait partir quand une main saisie son bras, l'obligeant à se retourner alors qu'une autre enlaçait sa taille. Dans un reflex incontrôlé, Kanon la plaqua contre lui. Il l'embrassa. Un baiser rude et sensuel à la fois. Elle sentit une langue qui voulait se frayer un chemin à la recherche de la sienne. Elle ne résista pas. Ses mains s'accrochèrent aux épaules puissantes du Marinas, l'attirant à elle. Ce seul baiser alluma un véritable brasier dans leur corps. Elle perdit ses mains dans cette magnifique chevelure bleue turquoise, le laissant dévorer sa bouche.
Et aussi soudainement qu'il l'avait attrapée, il la lâcha, sans un mot, sans un regard et traversa le passage qui se referma sur lui.
La jeune femme resta pantelante, frustrée et brulante de désir. Tout son corps tremblait. Elle sentit une tape sur son épaule
- T'inquiètes, tu vas l'revoir, fit doucement Naralys.
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