Merci pour vos reviews Mlles, plus que deux chapitres ...
La Magie à la Rescousse
Rodney resta un moment immobile, complètement paralysé par la peur. Une image lui vint à l'esprit : celle d'une marée. Les Gardiens formaient une coulée vivante et le bleu vibrant de leur carapace rappelait en effet celle de l'eau. Une marée vivante et … montante.
Ils venaient vers lui et ce fut enfin le déclic. Rodney tourna aussi lentement que possible sur lui-même mais dès qu'il fut face au couloir qu'il venait de quitter, il détala comme un lapin.
Rodney n'avait jamais, mais alors jamais aimé courir. Qui pouvait bien avoir besoin de courir ? Et courir vers quoi ? L'idée même lui avait toujours semblé du plus haut ridicule, sauf depuis qu'il avait rencontré Sheppard. Et pourquoi pensait-il à cet ingrat alors qu'il devrait penser à … courir ? Et vite, s'il fallait en croire les cliquetis et les crissements juste derrière lui. Ah, oui, ici sur la droite, il devrait y en avoir un, vitevitevite …
Rodney plaqua sa main sur la paroi et une porte s'ouvrit, il s'engouffra et frappa la petite encoche comme il avait vu les frères wraiths le faire. La porte se referma laissant les Gardiens derrière elle. Rodney s'écroula par terre. Ses poumons menaçaient de sortir de sa poitrine : jamais, jamais il ne referait ça ! Courir n'était vraiment pas son truc.
Lorsque la porte se rouvrit, Rodney passa la tête dehors. Il était manifestement dans une autre partie du vaisseau. La pièce était immense et baignée d'une lumière bleue. Rodney s'aventura plus avant jusqu'à une balustrade : en bas, quelques chose brillait, la lumière pulsait comme l'aurait fait un cœur.
- Bienvenue, fit une voix juste derrière lui.
- Aaaaaaaaaaaaaaaaah ! Cria Rodney en faisant volte face, main gauche sur la poitrine (cette fois, c'est son cœur qui menaçait d'exploser), la droite serrant la balustrade.
Une femme se tenait là.
Vêtue d'une longue robe blanche dont les larges pans flottaient (sauf qu'il n'y avait pas de vent dans la pièce) et auréolée d'un halo de lumière bleue, elle souriait à Rodney.
- Bienvenue, Libérateur, puissent tes actions être guidées par la sagesse de ton esprit et la clarté de ton âme.
- Gné ? Répondit Rodney (voilà ce que l'on obtenait lorsque l'on courrait, un esprit au ralenti et des mollets en compote et vice versa!).
La femme ouvrit les bras et la lumière augmenta autour d'elle.
- Moi, Oma Desala, Mère de la Nature, de l'Espace et du Temps, je te souhaite la bienvenue.
Rodney avait une très, très grosse envie de répéter sa question précédente mais deux « gné ? » en moins de quelques minutes cela ferait un peu trop pour un génie de son acabit (il avait après tout une réputation à défendre).
- Euh, ok. Merci. Non vraiment, c'est très, euh, gentil, mais bon, je ne peux vraiment pas rester, des tas de choses à faire … ailleurs, pas ici. Loin, très loin d'ici en fait … alors ce sera pour une autre fois, sans rancune ? Et euh, vous pouvez m'indiquer la sortie ?
La femme, Oma, explosa de rire.
- Oooooh oui, Meredith Rodney McKay, tu es bien celui que j'ai appelé de mes vœux toutes ces longues années. Tu es bien celui que j'ai choisi car le courage se cache souvent derrière les façades les plus inattendues.
- Oui, oui, oui, certainement, plein de courage derrière ma façade, pas de problème, comme vous voulez, et donc, la sortie, c'est par … Hey, minute, comment connaissez vous mon nom ?
Oma lui sourit (un peu comme on sourirait à un enfant, ou à quelqu'un de légèrement retardé ce qui ne fit rien pour arranger l'humeur de Rodney).
- Je suis Oma Desala, Mère de la Nature, de l'Espace et du Temps, il n'y a rien que j'ignore.
Rodney leva les yeux au ciel : et voilà, il était avec une des petites copines d'Elisabeth la Rouge (Oma la Blanche ?). Qu'avait-il fait pour mériter ça, hein ?
Le rire cristallin d'Oma résonna à ses côtés.
- Mais bien entendu que tu mérites d'être ici, Meredith Rodney McKay ? Comment peux tu encore en douter !
Oho. Ce n'était pas possible, il avait du parler tout haut. Elle ne pouvait pas avoir entendu ce qu'il --
- Ce que tu penses ? Mais bien sûr que oui ! Je suis Oma Desala, Mère de la nature, de l'Espace et du Temps !
Rodney réprima un juron bien senti.
- Et bien si vous savez tout, grinça t-il, serait-ce trop vous demander que de m'indiquer la sortie ?
Et encore un éclat de rire de la Mère des emmerdeu--ok, il devait se calmer. Se calmer ou bien cette fol--euh, cette charmante femme ne lui dirait pas comment sortir et d'ailleurs, maintenant qu'il y pensait (encore un bug de son pauvre cerveau à mettre sur le dos de cette course effrénée : courir tue les cellules grises qu'on se le dise) comment était-elle entrée ? Bien sûr, elle répondit sans qu'il ait à poser à voix haute la question.
- Je suis ici depuis toujours Meredith Rodney McKay, depuis aussi longtemps que les Wraiths Blancs car notre destin est lié.
Le sourire d'Oma s'élargit.
- Oui, lié, tout comme le tien : tu es celui qui me libérera de cette prison, celui qui libérera ce monde !
Rodney avait ouvert la bouche pour demander des explications mais ses lèvres restèrent en position ouverte lorsqu'un bruit qu'il ne connaissait que trop bien parvint à ses oreilles :
Criccccccccccclickkkkkkcrrrrrrricccccclkkk
Rodney tourna la tête et son regard croisa celui d'un Gardien. En fait, la chose était si près de lui que Rodney se reflétait sans peine dans la multitude de facettes de ses yeux.
oOo
John soupira. Il leva les yeux vers le miroir qui se trouvait accroché sur le pan de sa tente juste au dessus de la petite fontaine réservée à ses ablutions matinales. Le visage qu'il voyait là ne ressemblait pas à grand-chose : cernes noires, peau trop pâle presque grise, témoignages de son manque de sommeil.
Témoignage de sa culpabilité aussi : il avait été incapable d'éviter que la personne qu'il aimait ne se sacrifie. Il réprima un ricanement : comment diable Elisabeth la Rouge pouvait-elle penser que John allait sauver le monde alors qu'il était incapable de sauver une seule personne ? Cette histoire de Prophétie était une belle fumisterie ! John sourit à son reflet : cette exclamation aurait fort bien pu venir de Rodney.
En bon scientifique qu'il était, tout ce qui touchait au Divinatoire et à la Magie le révulsait, et il le faisait généralement savoir haut et fort. Et c'était cela que John aimait, pas seulement les yeux bleus encadrés de cils dont n'importe quelle femme aurait été jalouse, pas non plus les larges épaules, les petites fesses rebondies (quoique …) mais c'était aussi le Rodney intérieur qui fascinait John, celui qui se plaignait de la chaleur, du froid, du manque de commodité mais qui ne cachait rien de ses sentiments et de ses pensées, celui qui était, comme il l'avait prouvé, capable de donner sa vie pour les autres.
- John ? Nous sommes prêts.
John se tourna vers Teyla qui se tenait à l'embrasure de la tente et hocha la tête.
- Bien. Alors allons y.
oOo
L'homme entra en trombe dans le bureau.
- Commandeur, nous sommes attaqués !
Acastus Kolya leva lentement les yeux vers l'homme qui venait fort cavalièrement le déranger dans la tranquillité de ses quartiers. Ses yeux froids dévisagèrent un long moment le soldat. Le manteau de ce dernier était couvert de poussière, signe qu'il devait avoir parcouru un long chemin vraisemblablement à cheval. Toujours silencieux, il fit un signe de la main au cavalier. L'homme avança dans la pièce.
- Ils sont toute une armée ! Ils arrivent de partout. De l'Est, près de 5000 hommes, menés par le Reine Flora ; de la Grande Ile de Colorado Spring, un millier d'hommes et nos espions Canadain, nous indiquent des mouvements armés aux frontières. Ils renforcent leurs lignes de défense et --
Kolya coupa la parole au cavalier d'un geste brusque de la main. Il se leva et se tourna vers la large baie vitrée du bureau. C'était une belle journée de printemps, une journée paisible. Il sourit. Oui, rien n'indiquait dans ce paysage pastoral, l'arrivée prochaine de la tourmente, mais n'en était il pas ainsi de toutes les veilles de guerre ?
oOo
Rodney n'en revenait pas : comment pouvait-il avoir une telle poisse ? Réussir à échapper aux Gardiens n'était généralement pas un exploit que l'on renouvelait deux fois. Il fixait donc sa mort en face, une mort crissant et cliquetant, une mort certainement horrible. Il ferma les yeux …
- QUE FAITES VOUS ICI ! Cria une voix.
Rodney rouvrit les yeux. Devant lui, entouré des Gardiens désormais silencieux, se tenait l'un des frères Wraiths, Michael. Le Wraith fut sur lui en un instant. Il lui saisit les épaules et se mit à le secouer.
- ET BIEN REPONDEZ ! Que faites vous ici ?
Rodney trouva que la seule réponse possible était de se conduire comme toute Princesse (blonde …) digne de ce nom, clignant des yeux et balbutiant des inepties.
- Je … je ne sais pas, je veux dire, je sais comment je suis arrivé jusqu'ici mais je ne sais pas --
- IL SUFFIT ! Cria Michael qui fixait la rambarde comme si un monstre allait surgir des profondeurs qui se trouvait en dessous.
Le Wraith fit le tour de la salle du regard et poussa ce qui ressemblait fort à un soupir de soulagement lorsqu'il constata qu'ils y étaient seuls, les Gardiens, Rodney et lui. Bien entendu toute Princesse (toujours blonde …) qu'il soit, Rodney jugea préférable de ne pas mentionner qu'il avait eu une étrange discussion avec une non moins étrange femme.
- Venez, dit soudain Michael. Il est temps de vous trouver une utilité.
Et franchement, blonde ou pas, n'importe quelle Princesse aurait frissonné au regard que lui lança le Wraith en prononçant ses mots.
oOo
John avait toujours été apprécié de ses subordonnés. Il n'était pas à proprement parler un grand leader, son penchant pour la rébellion ayant toujours été un problème, mais il essayait toujours d'être juste et de donner à chacun les moyens de donner le meilleur de lui-même. Généralement, commander lui pesait, il était un solitaire dans l'âme … et voilà qu'il se retrouvait à la tête de la coalition la plus importante de l'Histoire : près de 10 000 hommes !
Dès qu'ils seraient arrivés au point de ralliement, le Pont Midway, John prendrait le commandement de toutes les troupes de leurs alliés. John espérait juste que l'Histoire ne retiendrait pas que le leader de New Lantean était celui qui avait mené 10 000 hommes à la mort …
oOo
- Allongez vous, dit Michael, dès qu'ils furent entrés dans le laboratoire de ce dernier.
Rodney fixait la table que lui indiquait le Wraith. Une table avec des sangles … Il recula instinctivement jusqu'à la porte, jusqu'au moment où il entendit le petit cliquetis de l'un des Gardiens derrière lui.
- Il n'y aura qu'un seul avertissement, humain, annonça Michael sans même regarder Rodney.
Rodney frissonna mais s'exécuta. Il monta sur la table, ses gestes lents et maladroits, puis s'allongea. Michael ferma les sangles puis tapota sur le clavier d'une espèce de pupitre et la table se mit à bouger. Rodney poussa un petit cri de surprise et il se retrouva en quelque sorte debout tout en étant allongé sur la table.
- Mon frère est un idiot, dit soudain Michael qui tapotait toujours. Comme si un humain pouvait nous aider ! Notre technologie est en avance sur la votre de plusieurs millénaires et même votre intelligence ne peut rattraper un tel retard. Non. Vous ne pouvez nous être d'aucune aide sauf …
Le Wraith se mit à marmonner, tapota furieusement sur le pupitre puis sortit de la pièce sans un mot pour réapparaître quelques minutes plus tard … une seringue à la main.
oOo
- Et bien Commandeur, j'ai entendu dire que nous faisions face à un petit problème ? Pouvez vous me dire comment vous compter nous débarrasser de cette minable Jacquerie ?
Kolya était agenouillé devant le Roi Cowen.
- N'ayez crainte mon Roi, avant ce soir, je vous aurais apporté la tête de Sheppard sur une pique.
Il releva la tête et continua d'une voix glaciale.
- Avant ce soir, le Royaume de Canadain sera à nous.
Cowen fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour demander comment son subordonné comptait réaliser un tel miracle puis il se ravisa : Kolya ne l'avait jamais déçu. Et puis, les Genii était une puissance invulnérable, n'est-ce pas ? Il fit cingler la longue cravache qu'il tenait à la main contre sa botte et congédia le commandeur d'un geste sec.
- Bien mon ami, rendez vous est donc pris : à ce soir, n'est-ce pas ? Son ton laissait clairement entendre que si Kolya échouait, ce serait sa tête qui se retrouverait sur une pique.
oOo
John fixait les tours noires de la Forteresse de Landry avec une pointe de nostalgie. Il y avait fait tout son entraînement dans la garde royale, l'USAF comme tout le monde les appelait : l'Unité pour la Sauvegarde d'une Armée Fière. Un surnom un peu stupide mais qui n'était pas si éloigné que cela de la vérité. Ils étaient les gardiens des gardiens en quelque sorte, ou une police des police comme lui avait expliqué le Roi Hammond le jour où il lui avait proposé de faire partie ce cette unité :
« L'armée doit toujours être un moyen de défendre le peuple et non de le soumettre. Trop souvent, l'armée devient un moyen d'asservir ceux qu'elle doit protéger. L'USAF est là pour veiller à ce que cela n'arrive pas John. »
Cowen n'avait pas dissout l'USAF mais de curieux « accidents » étaient survenus à la plupart de ses membres peu de temps après son arrivée au pouvoir, d'autres avaient « choisi » de démissionner …
John était fier d'avoir appartenu à l'USAF, fier d'être là aujourd'hui avec ses anciens camarades. Fier de pouvoir dire : c'est fini, aujourd'hui, nous réclamons justice.
- John Sheppard.
John fronça les sourcils et réprima un juron. Elisabeth la Rouge se tenait devant lui, appuyée avec dignité sur son bâton de Sorcière de Weir. Elle souriait ce qui ne lui disait rien qui vaille.
- John Sheppard, répéta Elisabeth la Rouge, comment comptes tu entrer dans la Forteresse ?
John serra la mâchoire. C'était en effet un petit problème : il avait tous les hommes dont il avait besoin pour mener une offensive mais il devait se rendre à l'évidence. Il allait devoir mener un siège pour faire tomber la Forteresse. Il avait l'avantage de connaître les faiblesses de l'ennemi mais cet avantage ne jouerait qu'une fois qu'ils seraient entrés.
- Et bien ? demanda Elisabeth la Rouge. Pas d'idée, je vois ? Son sourire s'élargit. Dans ce cas, je crois qu'il est temps que la Magie te donne un petit coup de main, non ? Elle lui fit un petit clin d'œil et leva son bâton.
oOo
Michael parlait, parlait, parlait mais Rodney n'avait d'yeux que pour cette foutue seringue. Il fixait la longue (très longue) aiguille et le contenu de la seringue, un liquide vert.
- … que j'ai créé l'Iratus Bug ! Vous les appelez « Gardiens », je crois, et vous avez raison, car c'est une fonction qu'ils remplissent à merveille. Mais ce qui me fascine vraiment, ce sont les humains. Votre métabolisme est …
La seringue virevoltait devant les yeux de Rodney. Michael faisait de grands gestes, emporté par la passion de son discours. Le liquide vert semblait légèrement visqueux, adhérant à la paroi du tube.
- … bien évidemment. Mais vous allez m'aider à régler ce petit problème. Oui, je sens que vous êtes différent des autres. Avec vous, je vais enfin réaliser ma grande Œuvre !
La seringue cessa brusquement de bouger et le silence qui régnait dans la pièce captura l'attention de Rodney. Il tourna les yeux vers le Wraith. Michael le fixait comme s'il était la 8ème merveille du monde.
La seringue reprit son ballet, descendant lentement vers le bras de Rodney …
A suivre …
