Edward POV
J'avais résisté à appeler Bella, je devais la laisser avec son père. Je ne devais pas trop la coller… La laisser respirer.
Mais passer toute une journée sans la voir fut une torture.
Pour me changer les idées, je décidais de me rendre chez ma mère. Elle devait sans doute m'en vouloir à cause de mon départ précipité. D'autant plus que je ne l'avais pas appelé le jour de Noël… Elle qui tenait tellement aux traditions…
Ce fut papa qui m'ouvrit.
-Ed ! Tu es rentré !
Il me fit une accolade et me permit d'entrer.
-Salut. Je te souhaite un joyeux Noël… Malgré le retard...
-Alice m'a appelé pour me dire que tu viendrais sûrement nous voir après être parti comme un voleur.
-Maman…
-Elle est dans tous ses états ! Je pense que cette fois, tu vas avoir du mal à te faire pardonner.
-Je suis parti pour une bonne raison. Lui expliquais je.
-Je sais, Charlie m'a parlé de ce qui est arrivé à sa fille. Comment va-t-elle ?
-Mieux… Enfin, physiquement, parce que moralement…
Je soupirais.
-Qui est ce que j'entends ? Ne serait ce pas mon fils indigne ?
Esmée entra dans le salon, avec une expression sévère.
-Maman… Joyeux Noël…
-Noël c'était avant hier je te rappelle. Et je n'ai eu aucun coup de fil de ta part.
Je me levais, et la pris dans mes bas.
-Excuse moi, je n'ai pas eu le temps…
Lorsque je me séparais, son visage s'était adoucit.
-Je sais… Ton père m'a tout dit. Même si j'avoue que je suis fière de toi… J'ai du mal à comprendre… Tu connaissais Bella ?
-Oui. Je… J'ai eu une relation avec elle il y a quelques temps. Leur avouais je.
Elle haussa les sourcils.
-Il y a quelques temps ? Mais… C'est encore une enfant !
-Maman, elle est majeure et vaccinée.
Elle s'assit dans son fauteuil.
-Tu l'aimes, c'est ça.
Lâcha t-elle, fataliste.
-Oui ! Et je ne vois pas pourquoi tu te mets dans cet état !
-Mais tu te rends compte que par sa faute, tu risques d'aller en prison ?
Elle se releva, et prit mon visage entre ses mains.
-Je ne veux pas que tu ailles en prison.
-Moi non plus. Mais si je dois y aller, j'irais. De toute façon, je ne regrette rien de ce que j'ai fait. Si j'avais eu le courage, j'aurais tué ce monstre.
-Edward… Ce que tu dis est grave. Fit papa. Je les regardais tour à tour.
-Qu'est ce qui vous prend ? J'aurais pensé que vous auriez été heureux d'apprendre que j'ai trouvé la femme de ma vie.
-C'est une adolescente qui s'est fait violée ! Tu crois que c'est un bon choix ?
-C'est une femme qui a besoin de mon aide maman. Elle a besoin de mon amour.
-Mais que peut elle te donner en échange ?
Je soupirais.
-Maman, je ne suis pas venu me disputer avec toi. Si tu n'as rien d'autre à me dire, je pense que je vais y aller.
-Reste encore un peu. Insista papa.
-Excuse moi Edward, fit Esmée. Je suis juste préoccupée. Mets toi à ma place ! Tu disparais presque à la veille de Noël pour sauver une inconnue et tu reviens sous la surveillance de la police, attendant ton procès ! Chéri, je ne t'ai pas élevé pour ça… Tu es un brillant chirurgien… Avec cette affaire... Tu risques de tout perdre…
-Je risque de perdre mon travail papa ?
Il secoua la tête.
-Non. Enfin… Peut être… L'hôpital a une certaine notoriété et…
-Eh ben ! Vous trouvez que je ne suis plus assez bon médecin.
-Je n'ai jamais dit ça !
-C'est génial. Je trouve que je peux compter sur le soutien et ma belle et merveilleuse famille pour affronter les coups durs.
Fis je, sarcastique.
-Edward… Arrête de dire des idioties Nous te soutenons ! Esmée me regardait avec des yeux implorants. Tu dois juste nous donner un coup de main, arrête de voir cette fille. Reprends toi…
-Maman, il est hors de question que j'arrête de voir Bella. Je ne suis plus un gamin à qui tu a le droit d'interdire des choses ! Je suis désolé, mais je préférerais tout perdre plutôt que de devoir arrêter de la voir.
-Y compris moi ?
Je la regardais dans les yeux.
Elle était ma mère. Je l'aimais de tout mon cœur. Mais depuis le jour où elle s'était mise en tête de me marier avec sa Tanya qu'elle trouvait parfaite, elle avait changée. Elle rêvait de me voir casé, d'autant plus que ma petite soeur l'était déjà. Mais apparemment elle trouvait que je n'avais pas fait le bon choix.
-Y compris toi.
Lui dis je avant de sortir.
Carlisle courra après moi.
-Edward ! Arrête !
-Papa, inutile d'insister.
-Edward ! Ta mère ne mérite pas à ça !
-C'est elle qui l'a voulu !
-Non ! Elle ne veut que ton bien !
-Papa, sincèrement, que penses tu de ce que j'ai fait et de Bella.
Je me tournais pour l'avoir en face de moi.
-Mon fils, je te trouve courageux. Si un homme aurait touché ma femme… Je n'aurais pas pu avoir assez de sang froid pour le garder en vie. Mais ta mère n'a pas totalement tort. Bella est détruite. Elle ne se reconstruira peut être jamais… Et toi… Tu… Je refuse de te voir foutre ta vie en l'air pour elle.
Je secouais la tête, déçu de son raisonnement.
-Pour quelle raison l'hôpital devrait me renvoyer si je continue à la voir ? Elle est majeure, nous ne faisons rien de mal ! Et ce que j'ai fait…
-Ca n'a rien à voir avec elle, du moins, personnellement. Edward, tu as mis cet homme dans un état végétatif ! Ca montre que tu es capable d'être extrêmement violent, on s'interrogera sur tes capacités à garder ton calme, rappelle toi qu'avant de prendre ton congés, tu avais déjà certaines difficultés…
-J'étais suremené, tu l'as dit toi même.
-Je suis ton père ! Mon avis ne comptera pas !
-Okay… Et bien si on me renvoie, alors tant pis.
J'ouvrais la portière de ma voiture.
-Il va falloir que tu parles à ta mère…
-Une autre fois, peut être.
Pour l'instant, je n'en avais pas du tout envie. Je m'empressais de rentrer chez moi. Avant de partir, j'avais laissé l'appartement dans un désordre pas possible. Je profitais du temps qui me restait pour ranger. Les paroles de ma mère résonnaient toujours dans ma tête. J'avais tellement de mal à la reconnaître… Elle était quelqu'un de tellement agréable à vivre et de tolérant…
Bella n'avait pas besoin d'avoir affaire à ce genre de personnes. Bella avait besoin de moi.
Alors que je m'apprêtais à me coucher, je n'y tins plus. Je composai le numéro du portable que je lui avais donné.
Elle décrocha à la première sonnerie.
-Edward ?
Je souris en entendant sa petite voix.
-Hey… Ca va ?
-Oui… J'allais justement t'appeler.
-Comment ça se passe avec Charlie ?
-Bien… Nous… Je lui ai parlé. Je lui ai tout dit. Et… Je dois avouer que je me sens mieux.
-C'est bien. Il ne fallait pas que tu gardes tout ça pour toi.
-Et toi ? Qu'est ce que tu as fait ?
-J'ai rendu visite à mes parents.
-Comment vont-ils ?
-Bien, Alice est toujours chez toi ?
-Non. Elle est rentrée chez elle. Rose et papa sont déjà allé se coucher…
-Déjà ?
-Oui.
-Et toi ?
-J'allais essayer de dormir. Et toi ?
-Moi aussi.
Nous gardions un instant le silence.
-Bon…
Commencions nous en même temps.
-Qu'est ce que tu voulais dire ? Lui demandais je rapidement.
-J'allais te souhaiter une bonne nuit. Et toi ?
-La même chose.
Nous riions bêtement.
-J'espère que je ne ferais pas de cauchemars. Me dit elle.
-Tu…
J'hésitais…
-Tu veux que je vienne ?
-Oh… Non… Tu as besoin de te reposer.
-Je ne crois pas pouvoir si je suis loin de toi.
-C'est vrai ?
-Oui… Tu m'as manqué aujourd'hui.
Je l'entendis sourire de l'autre coté de la ligne.
-Toi aussi tu m'as manqué. Mais papa te tuerais s'il te trouvait dans ma chambre.
-Tu penses que le fait d'avoir pu te sauver la vie ne jouera pas en ma faveur ?
-Je ne pense pas... Franchement, une fois Emmet était entré dans ma chambre pour me déposer un CD et papa l'avait défendu d'entrer à la maison pendant au moins 6 mois. Alors…
-6 mois de plus sans toi me serait invivable.
-On pourrait se voir ailleurs. Me dit elle.
-Tu veux un rencard ?
Elle ne répondit pas.
-Tu trouves que c'est trop tôt ?
-Ce n'est pas ça... Je me demandais juste comment tu avais deviné ?
Je ne pus éviter de lâcher un petit rire.
-Je lis dans les pensés.
-Oh… Alors je serais d'accord pour qu'on se voie demain ?
-Je ne sais pas… Papa a prit sa journée pour être avec moi.
-Après demain alors…
-D'accord.
-Je passerais te chercher pour aller déjeuner.
-D'accord. Il me tarde d'être à après demain.
-Si tu dors ça passera vite, tu verras.
-Si je dors… Oui. Bon…
Elle soupira.
-Bye.
-Dors bien.
Ce ne fut qu'une fois après que l'on ait accroché que je me rendis compte que nous avions oublié quelque chose…
Je voulus la rappeler, mais finalement j'y renonçais. Je m'allongeais sur mon lit. Tachant de trouver le sommeil.
Mais au bout de trois longues heures, je me levais.
J'avais besoin de la voir.
Juste pour me rassurer qu'elle aille bien.
J'arrêtais la voiture juste devant chez elle.
Tout était éteint. Tout était calme. Elle devait sûrement dormir. J'allais repartir lorsque je vis qu'on venait d'allumer la lumière d'une chambre à l'étage. J'hésitai un moment, puis décidais d'y aller.
Une fois devant a porte je me demandais quelle démarche suivre…
Frapper à la porte… Ca réveillerait tout le monde.
Je fis donc le tour et me postais devant la fenêtre d'où je voyais la lumière. Et téléphonais. Au bout de la troisième sonnerie, elle décrocha :
-Oui ?
-Tu dors ?
-Non. Je n'y arrive pas. Toi non plus ?
-Non. J'ai besoin de te voir.
-Essaie de passer demain.
-Je regardais ma montre. Il était minuit passé.
-Théoriquement, nous sommes déjà, demain. Et… Figure toi, que je suis devant chez toi.
-Quoi ?
-Et il fait un froid de canard !
Ajoutais je.
Je la vis se pencher par la fenêtre et je lui fis signe de la main.
-Attends, je vais t'ouvrir, fais le tour, je t'ouvre par derrière.
Je m'empressais de me rendre là où elle m'avait indiquée.
Elle portait un pyjama et un grand peignoir par dessus.
-Salut.
-Hey…
-Je peux entrer ?
-Oh… Heu… Oui.
Nous nous souriions, un peu gêné.
-Tu veux du café ? Me demanda t-elle.
-Non. En fait… Si tu veux… On pourrait aller dans ta chambre.
Elle écarquilla les yeux. Je lui souris.
-Ne t'inquiète pas, je ne vais rien te faire. Je voudrais juste arriver à effacer ces vilains cernes de tes petits yeux.
Lui dis je, les touchant du bout des doigts.
-Je ne sais pas…
-Allé, tu as peut être besoin d'être avec quelqu'un pour bien dormir. Tu dois sûrement avoir une petite chaise.
Elle me sourit.
-Ma chambre est en désordre.
Sur l'instant, je ne la cru pas, mais en entrant, je m'aperçu que « désordre », était un euphémisme.
-Qu'est ce que tu as fait ?
-Pétage de plombs.
-Je comprends…
Elle s'assit sur son lit.
-Tu… Tu pourrais peut être… T'allonger près de moi.
-Tu en es sure ?
Elle hocha la tête.
Je m'allongeais donc, essayant de m'éloigner un maximum d'elle.
-J'ai pu parler à papa.
-Je sais, tu me l'as déjà dis. Tu veux le faire avec moi ?
-Non…
Elle bailla.
-J'ai sommeil.
-Tu sais ce qu'on a oublié tout à l'heure ?
-Quoi ?
-Je ne t'ai pas dit que je t'aimais.
-Edward… Moi aussi je t'aime. Tu le sais bien.
Nous gardions à nouveau le silence et ou bout d'un moment, je me mis à lui susurrer une mélodie…
-C'est beau…
Chuchota t-elle.
-Elle est de toi. Tu ne t'en souviens pas ?
Elle secoua la tête, ses yeux étaient fermés. Un léger sourire flottait sur son visage. Je le lui caressais tendrement. Ma Bella avait tellement souffert. J'effleurais la petite cicatrice sur son front… En ne pus éviter de soupirer. Sa respiration calme et soutenue m'indiqua qu'elle s'était endormie. Je me tournais et me perdis dans ma contemplation jusqu'à ce que moi aussi je m'endorme dans un profond sommeil.
-Hey…
Je grognais en sentant une main chaude me secouer.
-Edward !
J'ouvrais un oeil, ce n'était pas Bella…
-Rose ?
-Salut ! Je ne te demande pas ce que tu fais là.
J'allais m'asseoir, mais je dus auparavant écarter doucement la tête de Bella sur mon ventre.
-Rose me sourit.
-Je te conseille de déguerpir avant que Charlie ne se réveille.
-Quelle heure est il ?
-6 heures du matin.
-Okay…
Je me levais et regardais Bella, toujours endormie.
-Dis lui que…
-Je sais. Je le lui drais.
Je descendis à pas de chat des escaliers.
-Charlie ne m'avait ni vu, ni entendu. J'avais eu de la chance cette fois ci…
Et voilà ! Les choses vont commencer à aller mieux pour Bee… Mais pas trop pour Edward… Enfin, c'est ça la vie, on ne peut pas tout avoir. Tenez, vous par exemple, mes très chères lectrices A DO REES, sans qui je ne serais rien du tout… Je suis sure que vous voudriez avoir la suite tout de suite… Mais non ! Il va vous falloir attendre demain !
On se lit avec toujours le même plaisir !
BisouXoXo !!
