Pov Salieri
J'avais accompagné Wolfgang devant le bureau de Lorenzo, moi-même escorté par Joseph. D'ailleurs, si ce dernier n'avait pas été là je doute que je sois parvenu à laisser Wolfy s'y rendre... mais il me fallait être raisonnable... Wolfgang n'aimait pas la lâcheté, c'était une étape essentielle pour lui de couper cours à cette relation. La porte étant restée entrouverte, je pouvais entendre tout ce qui se disait dans le bureau.
_ Ah ! Je te cherchais l'avorton ! Allez, déshabille-toi je n'ai pas que ça à faire, lui ordonna Lorenzo.
Je m'apprêtais à aller lui régler son compte mais Joseph me plaqua contre le mur en m'intimant le silence. Il voulait savoir comme ça allait évoluer, mais moi je ne voulais pas prendre de risques.
_ Je suis venu t'annoncer que j'arrête, se lança Wolfy d'une voix qu'il voulait assurée. J'ai trouvé mon bonheur ailleurs...
_ Ton bonheur ?répéta le parasite hilare. Mais voyons, le bonheur n'existe pas !
Ça expliquait peut-être pourquoi Wolfgang était devenu si calme... Si Lorenzo lui faisait croire ça, ce n'était pas étonnant qu'il ait perdu goût à la vie... Lorenzo était vraiment un monstre, il savait parfaitement comment manipuler ses victimes...
_ Tu ne l'as peut-être pas trouvé, mais moi oui, rétorqua Wolfgang cassant. Je suis juste venu te dire que c'est fini.
J'étais vraiment fier de Wolfgang. Il ne pliait pas devant les méthodes d'intimidation de Lorenzo.
_ Pour qui te prends-tu ?brailla Lorenzo fou de rage. Je t'ai tout donné petit insolent !
Là par contre c'était en train de déraper... Repoussant Joseph, je pénétrai dans le bureau en feintant la plus grande ignorance de ce qui s'y déroulait. Lorenzo était rouge de colère face à Wolfgang qui refusait de baisser les yeux. D'ailleurs, en parlant de Lorenzo... Léopold ne l'avait pas raté ! Son visage était strié de marques rouges qui cicatrisaient difficilement.
_ Il faut que je te parle Lorenzo, lui annonçais-je.
_ Dégage, siffla-t-il à l'intention de Wolfgang. On en reparlera ce soir.
Ne baissant pas les yeux, Wolfgang pivota et me contourna, ne manquant pas d'effleurer mes doigts au passage. Il ne me restait plus qu'à occuper Lorenzo le temps que Joseph accompagne Wolfy pour qu'il récupère ses affaires chez Lorenzo et le ramène chez moi.
Lorenzo bouillait de rage, arpentant la pièce de long en large en marmonnant des paroles inintelligibles. Il finit tout de même par s'assoir à son bureau, la mâchoire toujours aussi serrée.
_ Est-ce que tu as vu quelqu'un se rapprocher de cet insupportable gamin récemment ?grogna Lorenzo.
A part moi... non. Mais ça il ne devait pas le savoir, évidemment. Wolfgang avait repoussé son père et Joseph, donc je pense avoir été le seul à le fréquenter dernièrement...
_ Non, personne, mentis-je.
_ Il va avoir de mes nouvelles quand je vais rentrer !s'énerva le parasite.
S'il savait... Maintenant que Wolfgang avait prit la bonne décision, il était hors de question de le laisser croiser à nouveau son ancien tortionnaire. J'allais le garder à l'abri le temps de neutraliser Lorenzo, ainsi il n'aurait plus jamais à l'affronter.
_ Je suis venu t'annoncer que je rentre en Italie, au moins pour un bon mois. Je me suis dit que ça t'intéresserait peut-être de m'accompagner. Il y a pas mal d'argent à se faire à Venise, et la période des grandes orgies approche.
Il s'agissait là d'affabulations, sans fondements. C'était juste un discours digne de mériter son intérêt.
_ Et puis ton jouet réalisera qu'il est mieux avec toi quand tu rentreras, ajoutais-je.
_ C'est entendu. Quand dois-t-on partir ?
_ J'attends la confirmation d'un ami pour l'hébergement, mais tiens-toi prêt à partir à tout moment, lui ordonnais-je.
Lorenzo hocha la tête et commença à me parler de tout ce qu'il comptait faire à Venise. Je ne l'écoutais que d'une oreille distraite, regardant ma montre régulièrement. Il dû s'écouler une bonne demi-heure avant que des coups se fassent entendre contre la porte du bureau de mon compatriote. Joseph n'attendit pas la permission du parasite avant d'entrer.
_ Pardonnez-moi Maestro Salieri, j'ai vraiment besoin de vous parler de toute urgence, prétexta Joseph.
Je hochai la tête et me levais en redressant ma veste.
_ Tu m'excuseras Lorenzo, j'ai à faire. Je viendrais te voir dès que j'aurais la date de départ, mais tiens-
toi prêt en attendant.
N'attendant pas sa réponse, je rejoignais Joseph et fermai la porte derrière moi. A son sourire je su immédiatement que ça s'était bien passé. En silence, nous nous dirigeâmes vers mon bureau pour que je puisse récupérer ma sacoche. Ce ne fut que lorsque nous eûmes quitté le palais que Joseph daigna m'en
dire plus.
_ Les domestiques n'ont pas fait de vagues, ils ont vraiment de l'affection pour Wolfgang et ne diront pas avec qui il est parti.
_ Wolfgang n'a pas fait de caprices ?m'assurais-je.
_ Si peu, ricana-t-il. Il m'a juste spécifié que : je n'ai pas le droit de le toucher, je n'ai pas le droit de toucher à ses affaires, je n'ai pas le droit de te toucher, et pour finir je n'ai pas le droit de toucher à tes affaires.
Joseph riait de bon cœur mais j'étais embarrassé par les fantaisies de Wolfgang. Encore heureux qu'il l'ait bien prit...
_ Il faut l'excuser... Ces temps-ci il n'est pas vraiment très sociable...
_ Pas sociable ? Wolfgang n'est sociable qu'avec toi plutôt !s'esclaffa Joseph.
_ Evite de lui répéter ça si tu ne veux pas t'attirer encore plus ses foudres, me moquais-je en lui frappant gentiment le bras.
Nous avions tous deux le sourire aux lèvres lorsque nous arrivâmes devant chez moi, mais Wolfgang n'était pas aussi joyeux. Offrant à Joseph son plus beau regard noir, il se jeta dans mes bras et me serra de toutes ses forces, me coupant le souffle. Joseph dû se mordre la langue pour taire le rire qui le démangeait.
_ Je suis fier de toi Wolfgang, le félicitais-je en lui caressant doucement les cheveux. Tu t'es montré courageux, tu rendrais vraiment ton père très fier.
Un sourire ravi étira ses lèvres alors qu'il collait son oreille à mon torse, déjà plus détendu. Je perdis la notion du temps en caressant ses cheveux, occultant totalement Joseph qui était toujours en train de nous observer.
_ Ces messieurs vont prendre froid, nous rappela Sophie depuis le pallier.
Sortant de sa bulle de rêveries, Wolfy attrapa ma main et me tira à l'intérieur, claquant la porte au nez de Joseph alors qu'il se dirigeait vers les cuisines. Affichant un sourire résigné, j'ouvris la porte pour inviter Joseph à entrer et m'attirai par la même occasion les foudres de mon petit génie.
_ Qu'est-ce qu'il fait encore là ?râla-t-il. Il a une maison, non ?
_ Ne fais pas l'enfant Wolfy. Nous avons encore à parler, le raisonnais-je en caressant sa joue.
* Mon ami d'enfance se renfrogna et me tourna puérilement le dos. Je laissai passer un moment, juste le temps de débarrasser Joseph de sa veste et d'accrocher la mienne à l'entrée, et m'approchai de lui par derrière pour l'enlacer et déposer un baiser sur sa mâchoire.
_ Tu m'en veux ?chuchotais-je à son oreille.
_ Moui, geignit Wolfy en entrelaçant ses doigts aux miens qui reposaient sur son ventre. J'ai l'impression que tu tiens plus à lui qu'à moi...
_ C'est faux, tu sais très bien que c'est toi que je préfère, le détrompais-je dans un murmure.
Même s'il faisait de son mieux pour le retenir, un petit sourire étira ses lèvres. On aurait put croire voir un enfant. Ça me rappelait notre premier désaccord. Je devais avoir 15 ou 16 ans à l'époque, je ne sais plus trop... En tout cas, je me rappelle quel était le problème : j'avais eu le malheur de refuser à Wolfgang de passer la nuit chez lui. Ça aurait été une première et je... enfin... j'avais un peu peur du résultat... Sentant une rupture des relations franchement fraternelles, Gassmann avait multiplié ses visites chez les Mozart, m'y trainant par la même occasion, de sorte que je n'avais pas supporté très longtemps de voir la bouille toute triste de mon ami. Etant un grand opportuniste, ce que j'ignorais à l'époque, Wolfgang en avait profité pour me faire faire toutes sortes de compromis, usant de ses yeux éplorés quand je ne cédais pas assez vite à son goût. Son mutisme avait prit fin quand il avait affiché ce petit sourire à la fois adorable et espiègle. Finalement, ce n'était pas juste une nuit, mais toute une semaine que je passai là-bas pour « réparer le préjudice » comme le disait Wolfy.
_ Et toi tu es le préféré de tous mes préférés, me répondit Wolfy en se retournant pour me prendre dans ses bras. Tu es mon préféré à moi, et à personne d'autre.*
Sa jalousie compulsive m'amusait, mais je me contentais de répondre à son étreinte pour ne pas risquer de le vexer encore une fois. Je m'en tirai bien pour cette fois, alors autant en rester là et profiter de cette chance. Voyant que Joseph attendait gentiment dans le salon –pour nous laisser de l'intimité-, j'écourtais à regret cet instant agréable.
_ Allez viens, l'invitais-je doucement. Joseph nous attend.
Wolfy râla quelques peu mais attrapa ma main, me suivant en bougonnant. Devant notre invité, il eut la décence de s'assoir à ma droite au lieu de préférer mes genoux.
_ Alors... que prévois-tu ?me questionna Joseph sérieux comme la mort.
Je respirai un grand coup, sachant qu'en plus d'être périlleux, ce plan ne serait pas approuvé par Wolfgang. Même moi je doutais de trouver la détermination pour l'exécuter jusqu'au bout...
_ Dès que j'aurais la confirmation que tout est prêt sur place, je partirais avec Lorenzo en Italie. La réponse ne devrait plus trop tarder. Je ne sais pas combien de temps ça prendra une fois sur place... je sais juste que Lorenzo n'en reviendra jamais...
_ Mais... mais..., bafouilla Wolfy les yeux remplis de larmes. Tu vas partir...
_ Je reviendrais Wolfgang, je te le promets.
Au lieu de l'apaiser, cette promesse le fit fondre en larmes. Désespéré, il se jeta dans mes bras en sanglotant violemment, me serrant de toutes ses forces alors qu'il répétait inlassablement « Ne pars pas, je t'en prie reste avec moi ! ». Le voir si mal me brisait le cœur, et des larmes commencèrent à dévaler silencieusement mes joues. Ma volonté de le laisser ici était déjà minime, alors le voir ainsi l'affaiblissait grandement...
_ Joseph restera avec toi pendant mon absence, lui promis-je en caressant ses cheveux.
_ Mais j'en veux pas !s'écria Wolfy limite hystérique. Pourquoi ce n'est pas lui qui part ?
J'essuyais ses larmes avec patience, faisant de mon mieux pour me montrer fort même si mes joues étaient elles aussi humides.
_ Je te reviendrais Wolfgang, je te le promets, chuchotais-je.
Les sanglots de Wolfy ne cessèrent pas pour autant. Il s'accrocha à moi comme si j'étais son oxygène et enfouit son visage dans mon cou alors qu'il s'installait à califourchon sur mes cuisses pour pouvoir se blottir au plus près de mon torse. Voyant qu'il ne ferait qu'empirer la situation par une intervention malvenue, Joseph se retira silencieusement.
Je passai la demi-heure suivante à essayer de calmer mon ami d'enfance, mais il fallait croire qu'il était inconsolable. Ses larmes ne tarirent que lorsque Morphée me vint en aide en l'emportant dans son royaume, ses pleurs l'ayant épuisé, et même alors je ne le sentais pas très serein. Je caressai machinalement ses cheveux dorés en pensant aux rares fois où je l'avais vu se mettre dans un état
pareil...
Ce fut Sophie qui interrompit mes sombres pensées en entrant discrètement dans la pièce. Visiblement le repas avait été préparé mais elle ignorait si elle devait le servir puisque mon petit génie s'était assoupi. Je lui fis signe que j'allais m'en charger puis elle sortit sans bruit.
Réveiller Wolfgang après cette crise de larmes ne me rassurait pas tellement... mais en même
temps, si j'essayais de me défaire de son emprise je risquai de le sortir trop brutalement de son sommeil et le résultat ne serait pas beau à voir... Même en partant de l'hypothèse que j'arriverais à le coucher sur le canapé pour qu'il dorme, son réveil engendrerait inévitablement une crise de panique et ce n'était pas souhaitable...
_ Wolfy, l'appelais-je doucement en lui caressant la joue. Wolfy réveille-toi...
Après avoir légèrement grogné, mon ami d'enfance ouvrit ses yeux toujours rougis par les larmes qu'il avait versées. Le laissant émerger à son rythme, j'essuyais les sillons salés qui lacéraient sa peau douce et massai l'arrière de son crâne.
_ Tu veux manger un peu ou tu préfères aller te coucher ?murmurais-je en le cajolant.
_ Tu vas faire quoi toi ?marmonna Wolfgang.
_ Je vais aller manger un peu et je monterais lire dans ma chambre, réfléchis-je désarçonné.
_ Alors je viens manger, décréta mon petit génie d'une voix endormie.
Je lui caressai une dernière fois la joue avant de céder à la tentation de venir y déposer un baiser. Wolfy m'adressa un sourire lointain et se leva, se tenant à moi pour marcher correctement. Nous voyant arriver, Sophie fit rapidement mettre la table et je n'eu qu'à tirer la chaise de mon mélomane préféré pour qu'il s'y installe. Comme à mon habitude, je m'assis en face de lui, le regardant somnoler avec amusement. Il était tellement mignon ainsi –si on mettait de côté les yeux rougis des larmes qui en avaient coulé-...
_ Tu tombes de fatigue Wolfy, constatais-je d'une voix douce. Tu ne préfères pas monter te coucher ?
Sans répondre quoi que ce soit, Wolfgang repoussa bruyamment sa chaise et fit le tour de la table. Je m'attendais à ce qu'il rejoigne le lit mais il s'installa sur mes genoux, collant sa tempe à ma joue. L'entourant de mes bras, je l'étreignais tendrement et déposai un baiser sur le haut de son crâne avant de servir les plats qu'il préférait dans mon assiette. Il me fallut donner à manger à Wolfgang qui sommeillait dans mes bras, ce dernier ne trouvant que la force d'ouvrir la bouche et de mâcher ce que j'y portais avec ma fourchette.
Mon petit protégé se laissa faire très docilement, repoussant tout de même ma main par moment pour me rappeler que moi aussi j'avais besoin de manger. Nous ne prîmes pas la peine de nous attarder sur le dessert, gardant ce dernier pour plus tard puisque Wolfgang tombait de fatigue, et j'aidais une fois de plus Wolfgang à monter les marches qui le séparaient du lit. Dès que j'arrivais dans ma chambre, je dirigeai mon ami d'enfance vers le lit dont je pris soin de tirer les couvertures pour qu'il puisse s'y installer. Morphée me l'ayant presque enlevé, je lui enlevais moi-même sa chemise et son bas, le laissant en sous-vêtement puisque je savais qu'il aimait dormir ainsi.
Après l'avoir consciencieusement bordé, je m'approchais des fenêtres pour tirer les rideaux opaques et ainsi bannir le soleil de la pièce. J'allumais juste un feu dans la cheminée avant de plonger la pièce dans le noir, parfaitement conscient que Wolfgang aimait cette douce lumière mais aussi le crépitement apaisant et la chaleur qu'elle irradiait. Estimant mon travail achevé, je m'apprêtais à me retirer sans bruit pour laisser Wolfy se reposer mais sa voix m'interrompit lorsque ma main se posa sur la poignée de la porte.
_ Antonio, ne me laisse pas... ne m'abandonne pas déjà... ne me quitte pas, je t'en prie..., geignit mon Wolfy.
Un coup d'œil en sa direction confirma mes doutes : il était terrorisé. C'était pourtant une pièce qui lui était familière, et il savait qu'il était en sécurité chez moi, mais ça ne l'empêchait pas d'avoir peur... Rendant les armes devant son regard terrifié, je me dévêtis de sorte à me mettre au niveau de Wolfgang et me faufilai sous les draps. Wolfy vint se coller à moi dans la seconde, s'installant directement sur mon bassin et se servant de mon torse comme oreiller. Cette étreinte était à la fois affective et possessive puisqu'il en profita pour emmêler ses jambes aux miennes, avortant toute possibilité de fuite.
_ Je reste là, je veille sur ton sommeil, lui promis-je en caressant sa joue.
Wolfy me regarda avec ses petits yeux de garçons effrayé mais se laissa aller à mes caresses et finit
par céder à Morphée une nouvelle fois. Le voir dormir autant me pousser à me questionner sur la quantité de sommeil à laquelle il avait eu droit ces deux dernières semaines... Je savais que c'était un sujet qui resterait sans réponse, connaissant assez Wolfgang pour savoir qu'il me tairait la vérité, mais je ne pouvais pas m'empêcher d'y réfléchir...
Sans vraiment y faire attention, je sombrais dans un sommeil profond, apaisé par le corps qui pesait sur ma poitrine et que je tenais serré dans mes bras même depuis le royaume de Morphée.
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Je me réveillais en sentant quelqu'un jouer avec mes cheveux. Sans ouvrir les yeux, je devinais que Wolfgang avait été plus prompt que moi à quitter le monde des rêves et s'était mit en tête de remettre correctement ma mèche qui me retombait comme toujours sur les yeux.
J'ouvris doucement les yeux, posant mon regard sur le visage angélique de mon ami d'enfance qui me souriait. Lui rendant son sourire, bien qu'un peu endormi de mon côté, je caressai l'arrête de son nez, ce qui le fit rougir. J'aimais son visage. Ses traits étaient si beaux qu'on aurait pu les croire sculptés par les Dieux eux-mêmes.
_ Pourquoi tu me regardes comme ça ?me questionna mon Wolfy rougissant.
_ Ce n'est pas de ma faute si tu es beau, souris-je.
_ Je ne suis pas beau. Toi tu es beau, moi je suis tout juste correct...
_ Arrête tes sottises, tu es magnifique Wolfgang, le détrompais-je en caressant sa joue.
Toujours rouge d'embarras, Wolfgang vint lover sa tête contre mon épaule, affichant un petit sourire rêveur qui ne faisait qu'accroitre son charme naturel. Je le laissai nager dans ses rêveries douces, jouant avec ses cheveux dont je tortillais les mèches. Wolfy finit par se redresser pour déposer un baiser à la commissure de mes lèvres. Mon cœur s'emballa rapidement, même si j'ignorais si ce geste était accidentel. Mes yeux se plongèrent dans ceux caramel de mon ami de toujours. Je me perdis dans la profondeur de son regard, nos souffles se mélangeant à cause de notre proximité... J'étais totalement envouté et je n'avais que faire de la distance séparant nos visages qui s'amenuisait rapidement. Wolfy posa sa main sur ma joue, la caressant de son pouce, et...
Toc toc toc
Cette interruption m'avait fait sursauter. Je n'arrivais pas à croire que j'avais failli embrasser Wolfgang... Quel piètre ami je faisais ! Wolfy sortait tout juste de la pire relation imaginable et je me permettais de me laisser aller totalement dans ses bras, sous prétexte que je m'y sentais bien ! Je n'ose même pas imaginer ce qui se serait produit si ce baiser avait eu lieu ! Et pourtant... pourtant j'étais frustré qu'il ait été empêché... Le seul baiser que j'avais offert à Wolfgang avait laissé une délicieuse brûlure sur mes lèvres...
J'autorisai la personne à entrer alors que Wolfgang grommelait des paroles inintelligibles. Ce n'était que Sophie qui venait nous annoncer que j'avais reçu un paquet. En entendant cela Wolfy se tendit et ses yeux se remplirent de larmes. Il savait très bien ce que ça signifiait...
