Noooo Aime : Tant mieux si je te donne envie de te lancer ! Tu verras, une fois commencé on ne s'arrête plus. On a tout le temps des nouvelles idées qui nous passent par la tête ! Je ne connaissais pas la pub Drill, ça fait un moment que je n'ai plus la télé il faut dire...
J'ai du mal à imaginer Frerin en père de Bilbon, il est mort vachement jeune pour un nain après tout... Et ta remarque sur les films s'applique aussi au fait de viser la tête ! :p
Contente que la préquelle ait plu j'étais certaine que vous alliez toutes me courir après avec des haches... Oui, je crois que Thorin commence enfin à se rendre compte que notre Hobbit a de bonnes qualités !
Je pense qu'on aimerait toutes un câlin de Thorin, pour être honnête ! Et j'étais sûre que certaines phrases de ce chapitre allaient faire ta journée. Et oui, moi aussi j'étais morte de rire, mais surtout au passage de 'la tremper' en fait^^
C'est amusant que le chapitre que tu trouves le plus érotique, soit un des rares à avoir eu un rating K au lieu de T en version originale... Quand je te dis que tu as l'esprit mal placé ! Lol
Il y aura d'autres préquelles, oui. Une, en tout cas, mais dans la partie 2 seulement^^ Tu fais une fixation sur Frodon, toi ! Je ne te dirai rien à ce sujet ! Lol
Par contre j'ai la réponse de l'auteur, au sujet de Ori : tu voulais savoir comment exactement il avait su que Dekir et Rutar s'en prenaient à Bilbon... Réponse : il les a surpris en train de le malmener, les a fait déguerpir, et a obtenu toute l'histoire de Bilbon. Qui lui a fait jurer de garder ça pour lui. Tout simplement !
Justelaura : Bilbon a l'avantage d'avoir voyagé plusieurs mois avec la Compagnie, et de vivre chez les nains, ça aide à retenir les noms de tout le monde ! Et oui, je suis fière de mon coup. D'autant plus qu'en le faisant je n'avais même pas fait attention que ça tomberait le 1er avril... Je n'aurais pas pu le faire au chapitre précédent, puisque c'était le troisième d'une même histoire. Je suis l'ordre chronologique de la saga, moi^^ Tu veux ton chapitre avec Lego/Kili ? Le voici^^ Mais je ne sais pas si tu vas me remercier...
Je dirais que Dwalin a l'esprit aussi mal placé que Noooo Aime (qui va encore râler que je dise ça) c'est le roi des sous-entendus ! Et puis Fili et Kili l'ont bien cherché, pour une fois ! L'arc de Kili serait certainement trop grand pour Bilbon, mais je le vois bien apprendre à se servir d'un arc fait à sa taille, pour être honnête !
En même temps Nori est un voleur, c'est dans l'histoire de base ! Certes il est admis qu'après la quête il devient l'espion de Thorin, mais c'est avant tout un voleur ! Du coup c'est pas un grand pas de l'imaginer aussi tricheur...
Ne t'inquiète pas, tu n'es pas la seule à y avoir vu un sous-entendu. Je pense que c'était involontaire de la part de l'auteur, étant donné le rating de la V.O, mais c'était bien là... Ou alors ils n'ont pas une expression pareille en anglais, c'est possible...
Si tu testes la technique de la noisette, tiens-moi au courant, je suis curieuse de savoir si ça marche ! XD 'un Thorin sauvage apparaît' je reconnais une joueuse de Pokémon à ce genre de phrase ! Le miel, c'est le bien, on est d'accord. C'est la panacée de la nourriture, surtout avec du chocolat ! Contente que la pause t'ait fait plaisir, voici la suite !
Aliena wyvern : N'est-ce pas ? Merci pour ta review !
WARNING Bon, j'espère que vous avez bien profité du fluff de mercredi, que ça vous a reposées des trois chapitres de angst. Parce que là on va replonger dedans, tête la première. Et hum... C'est pas pour vous faire peur, mais vous aurez de l'angst jusqu'au dernier chapitre, maintenant. Qui arrivera dans deux semaines (eh oui, déjà la fin de la partie 1 de LFM) et sera donc suivi de la prochaine grande fic, 'Le sort de beaucoup'. Qui a environ 30 000 mots de moins que Changer le cours de l'avenir.
Réconfort de la tempête
Résumé : La sentence est prononcée, les coupables punis. Mais Legolas ressent encore le jugement de sa culpabilité, et Kili ressent encore la rage de l'impuissant.
(-)
On aurait pensé que Legolas se sentirait plus reposé. Dekir et Rutar avaient été condamnés par Bilbon et escortés hors d'Erebor, pour ne jamais revenir l'assassin avait été attrapé et conduit aux cellules d'exécution Bilbon était vivant, tout comme Dernwyn, Tauriel, et le petit Holdred. Kili, aussi, était vivant. C'étaient là des raisons de se réjouir, sinon de se calmer et de prendre une grande inspiration.
Pourtant Legolas n'arrivait pas à se reposer. Il avait l'impression que sa peau était en feu, et ses nerfs étaient perturbés. Bien qu'il sache que ce n'était pas vrai, il avait quand même l'impression que chaque œil dans la montagne était fixé sur lui et le jugeait. Il était un elfe dans une montagne de nains, après tout : il était presque impossible de ne pas penser à de telles choses. Mais il était là depuis trois ans maintenant, et ils l'avaient accepté comme l'un des leurs, ce n'était donc pas sa race qui les poussait à le fixer, l'observer, le juger. Ils ne faisaient probablement rien de tel, et Legolas se montrait juste idiot. C'était juste lui qui ressentait cela.
Qui ressentait la culpabilité qui pesait sur lui.
Il s'arrêta de marcher dans le couloir et s'appuya contre un pilier à proximité, forçant sa respiration à se stabiliser. Il se sentait complètement perdu, malade et misérable et craintif, tellement craintif, de rien et de tout à la fois.
Il aurait dû l'arrêter. Il aurait dû ignorer Kili et rejoindre Bilbon. Même si Bilbon était vivant et l'avait remercié – remercié – il n'en tirait aucun réconfort. Il aurait dû le faire.
C'était sa flèche, après tout.
Legolas frissonna. Il s'en souvenait clairement, du jour où il l'avait offerte à Kili. Il avait observé la joie dans les yeux de son époux tandis qu'il prenait son gage. Il se souvenait de la révérence avec laquelleKili avaittenu la flèche, et de la façon dont elle était toujours dans son carquois, mais rarement pour être utilisée. C'était un trésor, leur trésor. Et c'était sa flèche qui avait frappé Bilbon.
Il sentit son estomac se retourner dans son ventre, et jamais il n'avait ressenti cela avant. Il avait ressenti de la colère, une colère profonde, une colère juste à de nombreuses reprises. Il avait ressenti compassion et gentillesse, son cœur se brisant pour ceux qu'il connaissait comme pour ceux qu'il ne connaissait pas. Il avait ressenti de la joie, tellement de joie, et généralement ses meilleurs souvenirs impliquaient son mari, sa lumière et son espoir, son Kili. Il avait connu la peur, aussi. Il se souvenait de la peur qu'il avait ressentie pour Kili de nombreuses fois, également.
Mais maintenant, maintenant il ressentait tant de culpabilité et de maladie qu'il se sentait perdu, comme s'il allait se mettre à tourner à la façon d'un jouet d'enfant s'il lâchait seulement le pilier. Il savait que c'était ridicule : il se tiendrait aussi droit qu'il le faisait toujours. Pourtant la sensation demeurait. Tout ça à cause de...
« Legolas ? Allez-vous bien ? »
Jamais il n'avait été aussi reconnaissant de voir son ami auparavant.
« Ça viendra, promit-il à Gimli – qui le regardait maintenant avec une inquiétude ouverte. Mais... pas maintenant.
- J'ai vu Kili il y a juste un instant-
- Non, j'ai juste... besoin d'être là un moment. J'irai bien. »
Quitter le pilier n'était pas une option, et l'idée que Kili le trouve comme ça lui tordait l'estomac.
Gimli pinça les lèvres mais ne dit rien. Au bout d'un moment, il vint se placer devant Legolas et s'appuya contre le mur à côté du pilier de façon à être en face de Legolas.
« Vous devriez vous appuyer contre un mur de pierre – ça vous remettra d'aplomb. Rien d'tel que la pierre ! Enfin, pas pour un elfe, peut-être. Est-ce qu'on peut faire un mur de feuilles ? »
Malgré sa peur et sa culpabilité, Legolas trouva un petit sourire au coin de ses lèvres.
« Normalement, non, mais il y a des arbres contre lesquels s'appuyer dans la forêt. »
Gimli hocha sagement la tête, et les lèvres de Legolas se retournèrent encore plus.
« Vous croyez que vous pourriez atteindre la forêt ? Est-ce que ça aiderait ? »
Legolas commença à répondre, puis s'interrompit, laissant vraiment l'idée s'imprégner. Oui, c'était exactement ce qui aiderait.
« Je crois que oui, Gimli. Voulez-vous le dire aux autres pour moi ?
- Ouais, mais attendez-moi à la porte, je n'en aurai pas pour longtemps. »
Legolas cligna des yeux.
« Gimli, vous n'êtes pas-
- Si vous croyez que je vais vous laisser disparaître dans une forêt sombre, eh bien, je vais devoir vous décevoir. Kili et Tauriel m'arracheraient la tête, pour commencer. »
Gimli marqua une pause.
« Et ce n'est pas ce que font les amis, ajouta-t-il au bout d'un moment, d'une voix moins bruyante que d'habitude. Surtout quand leur ami va mal. »
Le nœud dans son estomac se resserra davantage, assez pour qu'il laisse échapper un léger halètement
« Je... »
Gimli lui adressa un regard. Legolas déglutit.
« Merci, dit-il à la place. »
Le nain hocha brusquement la tête.
« Je vous retrouverai à la porte avec les chevaux. Vous allez devoir me laisser chevaucher avec vous, mon poney ne suivra pas. »
Legolas était certain que Gimli aurait couru à côté du cheval de Legolas si cela avait permis de le suivre.
« Je vous laisserai de la place, dit-il. »
Peut-être avait-il bel et bien besoin de l'air frais, d'une brise fraîche du murmure des arbres pour l'apaiser. Il avait respiré dehors juste la veille, la fenêtre de leurs appartements grande ouverte. Pourtant il avait encore mal et se sentait si éberlué et il n'avait pas compris pourquoi.
Il savait pourquoi. Mais il n'y avait rien qu'il puisse faire à ce sujet. Bien qu'il n'ait pas placé la flèche dans l'arc, bien qu'il ne l'ait pas tirée avec le sien, elle avait failli tuer Bilbon quand même. Elle était souillée maintenant.
Et il ne l'avait pas encore vue dans le carquois de Kili depuis ce jour funeste. C'était peut-être ça le pire de tout.
Il s'éloigna du pilier et se força à se diriger vers les portes, ignorant les gens autour de lui. Il se demanda, s'il tournait la tête, s'il trouverait des nainsen train de le fixer avec dégoût, de murmurer au sujet de l'elfe dont la flèche avait failli tuer le mari du roi.
Il avait besoin de la forêt.
(-)
On aurait pensé que Kili se sentirait plus calme. Il avait son neveu avec qui jouer, un royaume en paix dans lequel vivre, deux oncles qui étaient, Mahal soit loué, vivants et en bonne santé, et un mari qu'il adorait de chaque fibre de son être. Mais non, calme n'était pas exactement un mot avec lequel il pouvait s'associer pour le moment.
Pas quand il se sentait si furieux.
« Tu comptes respirer bientôt ? Ou tu vas encore fusiller le mur du regard toute la journée ? ... Encore ? »
Kili refusait de grogner sur Fili. Ce n'était pas la faute de son frère s'il avait l'impression que des fourmis rampaient sous sa peau. Non, il n'allait pas s'énerver sur lui. Il ne le ferait pas.
« Je crois que regarder Holdred baver est plus amusant que de te regarder toi. »
Sauf quand il disait des choses comme ça.
« Alors va regarder ton fils, s'énerva Kili. »
Il refusa d'éloigner son regard du mur. La chaleur de la forge à côté d'eux ne fit qu'encourager sa mauvaise humeur et sa fureur.
« Je n'ai pas besoin de compagnie.
- Si, tu en as besoin, rétorqua Fili. Tu t'es écouté dernièrement ? Tu t'es vu ? Tu es comme un ours, Kili. Tu es en colère et tu t'énerves contre chaque petite chose, quand tu parles ! »
Le front de Kili se creusa encore plus jusqu'à ce qu'il soit presque douloureux de fixer le mur. Fili souffla mais continua.
« Aucun de nous ne voulait te laisser tout seul. Je ne sais pas si je t'ai jamais vu aussi en colère auparavant.
- Quoi, tu me suis pour m'éviter de tirer accidentellement sur quelqu'un ? demanda Kili d'un ton mordant. »
Il souhaita que la zone autour de la forge ait des meubles à briser. Quelque chose, n'importe quoi, pour se débarrasser de la colère sous sa peau.
Ou de la peur qui nourrissait sa rage.
Fili soupira.
« Tu sais que ce n'est pas pour ça que je suis là. Tu sais ça. Et c'est exactement de ça que je parle ! Qu'est-ce qui t'arrive ? »
En-dehors du fait qu'il avait presque vu mourir son oncle, avait porté Bilbon comme un poids mort ? En-dehors du fait qu'il avait vu le visage de son autre oncle comme si tout son monde avait péri, quand il lui avait amené Bilbon ? En-dehors du fait qu'il avait failli les perdre tous les deux ce jour-là ?
En-dehors du fait que son mari disait à peine un mot, avait l'air si misérable et que Kili ne savait pas quoi faire à ce sujet ?
« Kee ? »
Il sentit ses épaules se courber pour se cacher, sa colère retombant pour la première fois depuis ce qui semblait des siècles mais n'avait été que quelques jours. Ses muscles devinrent douloureux devant la perte de tension, et il enroula misérablement ses bras autour de lui-même. Il détestait se sentir comme ça, mais il se sentait piégé dans un cercle sans fin, incapable de sortir de la colère et de la peur.
Fili vint se tenir devant lui, ses doigts éloignant des cheveux noirs du visage de Kili comme il l'avait fait un million de fois auparavant.
« Kee, qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il. »
Kili prit une respiration tremblante.
« Je veux arrêter d'échouer. »
Ce n'était pas la réponse que son frère attendait, à en juger par la surprise sur le visage de Fili. Elle se changea immédiatement en compréhension, trop de compréhension, et Kili sentit ses joues brûler d'humiliation.
« Kee-
- J'aurais dû être plus rapide, j'aurais pu, j'aurais pu sauver Oncle Bilbon.
- Il n'est pas mort, Kili. Tu l'as sauvé.
- Tu n'as pas vu Thorin, l'expression sur son visage quand je lui ai amené Bilbon. Et j'aurais pu, j'aurais dû, j'aurais pu... »
Sa voix s'éteignit et il se mordit la lèvre.
« Et Legolas a l'air tellement perdu, et il n'a jamais eu l'air perdu, et je ne peux rien y faire. »
Fili l'attira doucement vers l'avant jusqu'à ce que le front de Kili soit appuyé contre le sien.
« Bilbon et Thorin vont bien, répéta Fili à mi-voix. Tu as réfléchi vite, et je n'arrive pas à croire que je dis ça, mais ça les a sauvé tous les deux. »
La petite plaisanterie ne fit rien pour améliorer l'humeur de Kili, et Fili soupira.
« Ce n'était pas ta faute. Rien de tout cela ne l'était. Ni la tienne ni celle de Legolas, et je crois que mon frère elfe pourrait supporter d'entendre ça un peu plus. Aucun de vous deux ne va bien depuis la condamnation. »
Et il n'y avait rien que Kili ait pu faire pour réparer ça, pas de mots de réconfort qu'il puisse offrir à Legolas quand il n'avait ressenti que la même culpabilité et la même peur lui tordre le ventre. La colère avait été plus facile. Il s'était caché des autres, ne voulant pas qu'ils doivent faire face à sa fureur impuissante, et n'était revenu que pour s'écrouler dans son lit et s'accrocher à son mari toutes les nuits, l'épuisement le plongeant dans un sommeil agité.
« Qu'est-ce que tu fais en bas, de toute façon ? »
Cela aurait été une raison suffisante pour sourire, s'il avait eu assez d'énergie pour le faire.
« Je fais faire une nouvelle pointe de flèche, dit Kili. Pour la flèche de Legolas. »
Il avait fallu un moment à l'artisan pour dupliquer la pointe de flèche et encore plus pour y graver leurs noms. Plus jamais la flèche ne servirait d'arme contre eux. Pas avec leurs deux noms dessus. Il espérait la donner à Legolas ce soir-là. Il espérait que cela ferait revenir une étincelle de vie dans les yeux de son mari.
Parce que faire face à Legolas, après que Kili ait échoué à arrêter l'attaque et laissé la flèche derrière lui où elle avait été ramassée par l'assassin, c'était plus qu'il ne pouvait supporter.
Comme si ses paroles avaient été la touche finale, un nain de la forge sortit.
« Je l'ai rattachée, dit-il aimablement, tendant la flèche avec une révérence. Est-ce que cela vous convient, mon seigneur ? »
La flèche elle-même était encore en excellent condition, et la pointe brillait comme une gemme. En Khuzdul et en Sindarin se trouvaient leurs noms, gravés dans des lettres et des runes si petites qu'elles rentraient le long des bords de la pointe. Kili fit courir son doigt dessus et les sentit sous sa peau.
« Très bien, dit-il. »
Les premiers fils d'espoir emplirent sa poitrine. Peut-être, peut-être, que ça suffirait à les faire repartir du bon pied.
« Je vous dois toute ma gratitude. Merci infiniment. »
Le nain rougit et leur adressa à tous deux une révérence formelle, avant de retourner à sa forge.
« Est-ce que ça va ? demanda Fili à mi-voix. »
Kili baissa les yeux vers la flèche.
« Je l'espère, dit-il doucement. »
Mahal, il l'espérait vraiment.
« Excusez-moi, mon seigneur ?
Kili comme Fili se retournèrent vers le nain à leur droite. L'un des gardes aux ordres de Dwalin, pensa Kili, mais toute autre idée s'évanouit dans le néant quand le nain continua :
« Mon seigneur, votre époux a quitté la montagne avec Gimli, fils de Gloin. Ils se dirigent vers la forêt. Tauriel vous attend aux portes. »
Kili sentit tout son sang quitter son visage. Ça ne faisait que trois jours depuis la condamnation, cinq jours depuis que tout avait mal tourné, depuis que Kili avait tout gâché-
« Tu arrêtes ça tout de suite, dit fermement Fili. »
Il tira sur les cheveux de Kili pour attirer son attention. Le garde était parti.
« Je connais cette expression sur ton visage. Où irait un elfe s'il était bouleversé ?
- Il ne devrait pas être bouleversé, argumenta Kili d'une voix étranglée par la peur. J'aurais dû dire quelque chose-
- Quelqu'un qui est malade ne devrait pas s'occuper de quelqu'un d'autre qui est souffrant, fit remarquer Fili. »
Il ressemblait et parlait tellement comme Oncle Thorin que l'espace d'un instant, Kili fut certain que ce dernier les avait rejoint. Puis l'image disparut, et il ne restait que Fee devant lui, lui tordant le nez. Kili chassa sa main d'une tape et se frotta le bout du nez avec un regard noir.
« Tu n'aurais pas pu l'aider, Kee. Mais maintenant je crois que tu peux. Vas-y : je dirai à Oncle Thorin où tu es allé. »
A travers le malaise dans son ventre, à travers la colère qui se changeait en peur et l'urgence de trouver Legolas le trouver maintenant, il y eut encore un élan d'amour pour le seul ami sur lequel Kili avait toujours pu compter. Il donna un câlin rapide à son frère et Fili le serra fort dans ses bras. Puis ils se précipitaient à travers les couloirs, Fili vers Thorin, Kili droit vers les portes. Thorin comprendrait. Il avait pris la journée après la condamnation pour lui-même, et personne n'avait vu le roi ou Bilbon de la journée. Ils avaient guéri.
Kili devait juste trouver Legolas pour qu'ils puissent en faire autant.
Tauriel l'attendait en effet, déjà juchée sur son cheval. Le cheval de Kili se tenait à côté du sien.
« Il vous faut quelque chose avant de partir ? demanda le palefrenier.
- Mon mari, dit Kili en serrant les dents. »
Quelques instants plus tard, ils étaient tous les deux partis, descendant les plaines et se dirigeant vers la Forêt Noire.
(-)
Les bois étaient silencieux, ici, si près des restes de la cité Elfique. Legolas avait pensé à entrer, avait envisagé d'arpenter les chemins sur lesquels il avait grandi, mais il y avait un souvenir de peine et de perte ici, et il n'avait besoin ni de l'un ni de l'autre. Il avait besoin de paix et d'un sanctuaire.
Aussi avait-il tiré son cheval plus au sud, empruntant un chemin caché dans la forêt. Gimli et lui avait chevauché un certain temps avant que la végétation ne devienne trop importante pour le cheval. Alors seulement il était descendu, aidant Gimli à en faire autant.
« Bel endroit pour se détendre, pour astiquer une lame, dit Gimli. Peut-être l'affûter un peu. Ça ne vous dérange pas, j'espère ? »
L'option de s'asseoir avec de la compagnie ou dans la solitude était évidente. Legolas sourit chaleureusement.
« Pas du tout, non. Je ne serai qu'un peu plus loin moi-même. »
Gimli était déjà assis sur une branche épaisse près du cheval.
« Allez-y, acquiesça Gimli. »
Legolas se retourna et partit.
Les forêts étaient loin d'être aussi sombres qu'elles l'avaient été, quelques années plus tôt. Il avait l'impression que c'était hier que Tauriel, Gimli, Kili et lui, étaient passés à travers la forêt, tuant des araignées et un orque de temps en temps. C'était quelques heures plus tôt, semblait-il, qu'il avait pris la main de Kili dans la sienne et l'avait épousé dans la lumière du soleil. Lui avait présenté un gage.
Legolas se laissa errer à travers les arbres sans véritable but, tant il était perdu dans ses pensées. Le temps passait différemment maintenant, en vivant avec des êtres dont l'espérance de vie était plus courte que la sienne. Chaque jour qui autrefois passait comme un seul instant était désormais vécu pleinement du lever au coucher du soleil, et chaque minute était comptée. Il se surprenait à se souvenir de plus de choses tandis qu'elles arrivaient, se gravant pour toujours dans sa mémoire. Cela incluait aussi les tragédies, cependant. Y compris la tragédie avec sa flèche.
Il réalisa à peine qu'il avait trouvé son bosquet jusqu'à ce qu'il y entre. Il n'y avait presque pas de soleil maintenant : les cieux gris semblaient promettre une pluie plus tard, peut-être. La brise n'en parlait pas, mais le ruisseau babillait déjà sur l'eau qu'il porterait bientôt. Le ruisseau n'avait jamais été capable de garder un secret. Il alla s'asseoir à côté du courant sur une pierre couverte de mousse. Alors seulement il laissa échapper un profond soupir venant droit de son âme.
Il laissa le monde l'entourer. Il voyait des cieux nuageux au-dessus de lui à travers l'espace entre les arbres, observa le doux balancement des branches et des feuilles, entendit le ruisseau qui murmurait et gloussait à côté de lui, sentit la chaleur de la mousse sous lui. Il s'allongea sur la longue pierre et ferma les yeux. Ses doigts caressèrent l'herbe qu'il pouvait atteindre sans bouger. C'était familier, réconfortant. C'était comme être chez lui.
Et il se permit seulement d'avouer qu'il ne se sentait pas plus en paix après que la brise ait soufflé, confirmant enfin la tempête à venir.
Il resserra ses yeux déjà fermés, essayant de se concentrer sur le monde autour de lui. Mais bien que les arbres, le ruisseau, la brise et le ciel soient ses amis, aucun ne pouvait lui offrir de consolation pour la culpabilité qui le tordait de l'intérieur. Il ressentit presque une panique, tant il était anxieux d'en avoir juste fini avec ce terrible sentiment en lui, et la panique venait de la réalisation possible qu'il n'en serait jamais libre. Il ressentirait toujours cela, à jamais.
Bien que son esprit ait entendu les pas, il ne les avait pas vraiment enregistrés comme appartenant à un autre être jusqu'à ce que des doigts hésitants entourent le côté de son visage. Son anxiété s'apaisa, et la respiration qu'il laissa échapper ensuite sembla le débarrasser des sentiments empoisonnés. La main était chaleureuse, plus encore quand l'hésitation disparut et qu'elle appuya plus fermement contre sa peau. Avant même qu'il ne sente les cals, avant même que le pouce ne caresse son oreille d'une manière familière, il sut exactement qui c'était. Il sut exactement qui était venu à lui.
Quand il ouvrit les yeux, Kili était là devant lui, à genoux dans l'herbe à côté de la pierre.
« Salut, murmura Kili.
- Salut, répondit Legolas sur le même ton. »
Pendant un long moment après cela, aucun ne parla.
« Tu es parti, dit enfin Kili. »
Et il n'y avait aucune condamnation ou même blessure. Il y avait simplement une peine qu'il semblait désespéré d'empêcher de sortir, et Legolas sentit une touche de culpabilité à ce sujet. Kili la retenait pour empêcher Legolas d'en deviner la source, mais Legolas savait.
« J'étais obligé. Je ne pouvais pas... supporter de te faire face, perdu comme j'étais.
- Tu n'as pas à te sentir comme ça, insista Kili, les mots volant l'un par-dessus l'autre. Je suis perdu, aussi, et je le suis depuis des jours, et c'est ma faute. Je suis tellement désolé.
- Ce n'était pas ta faute, dit fermement Legolas en s'asseyant enfin. »
Kili semblait aussi misérable que Legolas s'était senti plus tôt, mais quand l'elfe leva la main pour éloigner des cheveux du visage de son mari, une mesure de cette misère fut perdue. C'était bon à voir.
« On était tous les deux désespérés. Je ne pouvais simplement pas... rester. Dans les couloirs. »
Là où sa flèche avait failli prendre la vie de Bilbon.
« Je sais, et je ne t'en veux pas. Je ne voudrais pas rester, non plus. Mais tu vas... revenir, n'est-ce pas ? Je te promets de ne pas te faire défaut cette fois. Je serai là-
- Je n'ai jamais eu l'intention de rester parti plus de quelques heures, Kili, dit Legolas. »
Kili redevint silencieux mais continua d'être agité, ses doigts tressautant anxieusement à ses côtés. Legolas fronça les sourcils.
« Kili, de quoi parles-tu ?
- J'aurais dû arrêter ça, dit Kili. »
Une fois que les mots commencèrent à se déverser, il devint impossible de les arrêter.
« J'aurais dû courir dehors, j'aurais dû trouver de meilleurs mots à dire, j'aurais dû prendre ta flèche avec moi. Et j'ai tout gâché, et ensuite tu es parti. »
Oh, comme il souhaitait que ces derniers jours, ils aient parlé l'un avec l'autre.Malgrél'élan de culpabilité qui menaça de l'envahir quand il réalisa que Kili s'était senti abandonné, avec lui vint une immense sensation d'espoir.
« Je ne suis pas parti à cause de toi, dit Legolas. Et je ne le ferai jamais. Je suis parti parce que je ne pouvais pas supporter d'être là, à l'endroit où j'ai échoué. Où ma flèche a été utilisée pour tuer Bilbon. Ce qui n'était également pas ta faute, dit-il rapidement pour surmonter la protestation de Kili. Tu as laissé des flèches auparavant entoute sécurité. C'était un accident, Kili. Tu as fait tout ce que tu pouvais. On l'a fait tous les deux. »
Le recul valait mieux que la prévoyance, son père avait l'habitude de dire. Legolas pouvait comprendre la sagesse de ces mots, maintenant on ne pouvait pas avancer avant d'avoir compris le passé pour s'améliorer. Il attira Kili vers lui pour déposer un baiser sur son front.
« J'avais... craint que tu sois en colère contre moi, admit-il à mi-voix. Quand je n'ai pas revu la flèche dans ton carquois. »
Kili tendit la main vers le carquois dont Legolas venait de parler et en tira la flèche en question.
« J'y ai fait mettre une nouvelle tête, dit-il. Je voulais que ce soit une surprise. Nos noms, ensemble jamais elle ne pourra être prise ou mal utilisée à nouveau. »
Il tendit la flèche à Legolas, et ses yeux aperçurent immédiatement leurs noms écrits le long de la pointe. Il avait sûrement fallu des jours à un artisan pour créer une si belle chose.
Une main se posa sur sa jambe.
« Je me sens mieux maintenant, dit Kili, l'air presque surpris. Je me suis senti tellement terrifié et malade et maintenant... »
Maintenant il avait l'impression que le monde s'était enfin redressé.
« Moi aussi, murmura Legolas. »
Il rendit la flèche à Kili, et elle fut soigneusement replacée dans son carquois. Exactement à sa place.
« Je suis venu essayer de trouver du réconfort, de me donner un équilibre. Mais je ne l'ai pas trouvé jusqu'à ce que tu arrives. »
Le visage de Kili s'illumina d'espoir.
« Vraiment ?
- Vraiment, dit Legolas. »
Kili l'attira dans une longue étreinte, et ce fut comme si le reste de la maladie et de la culpabilité que Legolas avait dans son âme disparaissaient. Ce serait toujours de là qu'il tirerait du réconfort. Ce serait toujours ici chez lui : dans les bras de Kili.
« Je suis- »
Les paroles de Kili se changèrent immédiatement en cri tandis que la pluie tombait soudain. Non loin de là, Legolas entendit le cri de surprise venant de Gimli et le doux souffle agacé de Tauriel. Il laissa échapper un rire qui résonna librement dans l'air. Le ruisseau semblait babiller sans interruption tandis qu'il coulait rapidement avec de l'eau neuve.
« Viens ! cria Kili. »
Il tira Legolas jusque sous le sanctuaire des arbres à proximité. Les branches et feuilles épaisses formaient un endroit sec et confortable, et Legolas serra son mari dans ses bras tandis que la pluie descendait.
« Qu'est-ce que tu allais dire ? demanda Legolas quand Kili appuya ses cheveux mouillés contre lui. »
Kili eut un grand sourire, et c'était le premier vrai sourire qu'il voyait chez son mari depuis des jours. C'était comme si le soleil venait enfin de revenir après une semaine de tempêtes, et c'était comme une bénédiction et une promesse.
« J'allais dire, 'je suis tellement heureux de t'avoir épousé'. »
Malgré l'air froid et les gouttes de pluie encore plus froides qui tombaient, Legolas se sentit chaud.
« Et moi, toi, murmura-t-il. »
Ils retourneraient à Erebor plus tard, quand la pluie aurait cessé. Ce serait une brève tempête, promit la brise. À leur retour Legolas conduirait Kili aux cuisines pour un petit festin de quelque chose, n'importe quoi, et après avoir trouvé un petit coin loin de tout le monde, il prendrait le temps de simplement parler et écouter. Il allait juste être avec Kili. Ils avaient été aussi blessés par les nains traîtres que Bilbon et Thorin, dans une certaine mesure, et ils avaient tous les deux besoin de guérir. Ils avaient essayé de le faire séparément, et ils avaient échoué.
Ils avaient besoin l'un de l'autre. Et ils prendraient le temps d'être l'un avec l'autre.
Mais pour l'instant, Legolas se contenta de passer le temps sous la pluie avec son mari, son réconfort, son espoir, et d'écouter les gouttes de pluie tomber au-dessus d'eux.
(-)
Allez, petit jeu ! Le prochain chapitre introduit le deuxième enfant de Fili et Dernwyn (encore un bond dans le temps, je précise, on sera 7 ou 8 ans après la destruction de l'Anneau) donc à vous de deviner : garçon ou fille ? Celles qui auront vu juste gagneront au choix une question gratuite ou un extrait du chapitre 16.
