Déjà 4 mois que je publie (champagne !) alors pour un peu marquer le coup, j'aimerais dédicacer ce chapitre à Inlo21 et Barbiemustdie qui me suivent depuis le début et me review toutes leurs impressions, vous savez que j'adooooore vous entendre spéculer sur la suite de l'histoire !

Merci aussi à tous ceux qui s'abonnent, mettent cette fic en Favoris, voir m'ajoutent en Favorite Authors, ça c'est le top du top ! Ça me motive énormément de voir que je suis soutenue/encouragée.

Alors bonne lecture ;)


La troisième semaine de novembre fut largement rythmée par les entraînements de Quidditch en vue du premier match de l'année qui se déroulait le week-end suivant. Gryffondor affrontait Serpentard dans une partie qui s'annonçait déjà difficile depuis que le meilleur attrapeur de Gyffondor, Kemp Findlay, avait quitté l'équipe. Beaucoup de pression reposait donc sur les épaules d'Hugo Weasley, le cousin de James, en troisième année.

James avait été insupportable toute la semaine. Dès qu'il avait retrouvé entièrement l'usage de son bras, il avait forcé ses coéquipiers à s'entraîner tous les soirs, les accablant toujours plus de reproches lorsqu'ils faisaient une faute. William passa beaucoup de temps avec Gayle dont la compagnie nonchalante l'apaisa entre deux crises de nerfs poussées par James, sous le coup d'un stress qu'il ne savait pas contrôler.

Les gradins du stade étaient déjà pleins vingt minutes avant le match. En ce week-end nuageux, les élèves avaient sorti leurs gants, bonnets et écharpes aux couleurs de leur maison. Il brûlait une certaine impatience dans l'air lorsque Gayle alluma sa pipe.

— Ce qu'il faut, c'est jouer sur les buts, déclara Everitt McTighe à leur gauche. Il faut marquer un maximum de point avant qu'Albus n'attrape le vif d'or. Ça nous permettra de limiter la casse.

— Peut-être qu'Hugo arrivera à attraper le vif d'or avant Albus ? relança Melice.

— Non, il n'y arrivera pas, répondit-il. Albus est LE meilleur attrapeur de Poudlard ! Meilleur que Louis, que Kemp ou que Fawkner. Tout le monde le sait.

— J'espère vraiment que ça va aller, s'inquiéta Melice. Avec son bras, James n'a pas eu souvent l'occasion de s'entraîner.

— Il a même failli ne pas jouer du tout ! ajouta Dreeda Fox.

— Notre équipe ne s'est pas suffisamment entraînée, enchaîna Obellia. Jodie me disait que…

Gayle tendit sa pipe à William et il fuma en silence, écoutant d'une oreille distraite les dernières spéculations sur l'équipe de Gryffondor. Tout le monde se leva brusquement lorsque la première équipe entra sur le terrain.

— EEEEEET C'EST PARTI POUR LE PREMIER MATCH DE CETTE SAISON AVEC UN COUP D'ENVOI PLUS QU'ENGAGEANT POUR SERPENTARD ! cria la voix amplifiée d'un élève de Poufsouffle. Je suis Wade Windbag, votre présentateur ! Et quel plaisir de tous vous retrouver ! Je vais vous dire, à Poudlard les mois passent plus vite lorsqu'il y a Quidditch ! Macario Piotr, le capitaine de l'équipe me fait un signe de tête comme pour confirmer. Albus Potter se tient derrière lui. Il a l'air concentré. Il s'inquiète peut-être de remettre en jeu son titre de meilleur attrapeur ? Rappelons tout de même qu'en quatre ans de match, Potter n'a manqué le Vif qu'à seulement deux reprises ! L'équipe de Serpentard a de quoi être fière de son attrapeur !

Quelques bougonnements s'élevèrent dans la tribune de Gryffondor alors que celle de Serpentard était toujours debout, applaudissant et criant à tout rompre.

Les poursuiveurs enchaînent une série de vrilles. On dirait qu'Orian Axy et Scorpius Malfoy cherchent à nous impressionner ! Voilà Anju Wen qui arrive. Les dernières rumeurs disent qu'elle s'est accoquiné d'un Serdaigle… et elle n'a pas l'air heureuse que cela se sache ! Espérons que cela ne la distraira pas pendant le match !

Une sorcière aux traits asiatiques vint se placer aux côtés de Scorpius Malfoy et Orian Axy, tournant le dos à la tribune d'où Wane Windbag commentait le match. Ses longs cheveux jais battaient dans son dos comme le crin d'un cheval noir en plein galop.

Tubbagus Prinz et Herlizio Zayers sont les derniers à entrer sur le terrain. Pas de changement donc pour l'équipe de Serpentard qui, je le rappelle, remet en titre ses huit victoires d'affilée ! Une belle performance qui s'approche du record de la maison de Serdaigle avec onze années de victoires consécutives !

Une vague d'excitation traversa la tribune des Serdaigles. William remarqua Aveline Gritts et Archibald Squidmeash agiter des banderoles trois fois trop grandes pour eux. Par fairplay, l'équipe de Serpentard applaudit leur record, encourageant les autres maisons à en faire de même.

Bel esprit de la part de Serpentard ! Espérons que cela continue ! Ettttt voilà l'équipe de Gryffondor !

William coinça la pipe au coin des lèvres pour applaudir de toutes ses forces. Toute la tribune s'était levée pour encourager leur équipe. Gayle à sa droite siffla si fort qu'il entendit ses oreilles bourdonner pendant plus d'une minute.

Fidèle à ses habitudes, James Potter, effectue un tour du stade, suivit de ses poursuiveurs Jodie Wigge, Fred Weasley et Benny Bluefrog ! Regardez-moi cette accélération ! On dirait que les Gryffondors sont vraiment décidés à prendre leur revanche ! Ils ont fini troisième au classement de l'année dernière, après Serpentard ettttttt Serdaigle !

Une nouvelle salve d'applaudissements agita les tribunes. William expira sa fumée en un gros nuage qui se transforma en un banc de poisson, ensuite balayé par le vent.

Dominique Weasley et Dirk Crossby suivent accompagnés de… est-ce… oui, il s'agit bien d'Hugo Weasley ! Il semblerait que l'équipe de Gryffondor se soit trouvé un nouvel attrapeur ! Certains se demanderont si James Potter a bien fait de prendre dans l'équipe un autre de ses cousins... Mais attendons de voir ce que ce Weasley a sous le pied !

James empêcha Dominique de lancer sa batte au présentateur tandis qu'Hugo prenait place tout en hauteur. Depuis les tribunes, William ne distingua plus qu'un point dans le ciel, dernière lequel battait sa cape écarlate. Il avait les cheveux roux, mi-long, et le visage parsemé de tâches de rousseurs. Jodie et Dirk semblèrent se crier quelque chose à la figure, qui se perdit dans la force du vent. William passa la pipe à Gayle, comme anesthésié de toutes ces rivalités.

Zephira Zanywind, leur arbitre et professeur de vol, arriva au centre du terrain avec les balles. Elle libéra d'abord les cognards qui fusèrent comme des lions en cage, puis le vif d'or qui disparut presque immédiatement. Enfin elle attrapa le Souafle sous le bras et monta sur son balai.

Les deux équipes se faisaient face au milieu du terrain. James serra fermement la main de Macario Piotr. William se douta qu'il avait fait exprès de lui écraser les doigts. Après quelques dernières recommandations, Zanywind lança le Souafle en l'air et tous les joueurs se dispersèrent sur le terrain.

Voilà qui promet ! tonna Wane Windbag, depuis sa tribune. Axy attrape le Souafle, passe à Wen. Elle se rapproche des buts ettttttt bel arrêt de James Potter ! J'ai entendu dire qu'il avait eu quelques problèmes avec son bras mais ça m'a tout l'air d'être réglé !

La tribune cria quelques encouragements à James. William et Gayle sifflèrent pour saluer son arrêt. Indifférent aux clameurs de la foule, celui-ci empoigna fermement la balle pour la remettre en jeu.

Relance à… Attention ! Wow… belle réception de Wigge ! Wen n'était vraiment pas loin. Qui a dit que les filles ne savaient pas jouer au Quidditch ? Passe à Bluefrog etttt… Interception par Malfoy ! Il remonte le terrain. Mais où est la défense de Gryffondor ? Il tire ettttt… c'est le but !

Les Serpentards hurlèrent encore plus forts, ce que William regarda d'un mauvais œil. Dans la foule, il surprit Eraleen et sa cousine, Ivory, agiter des banderoles vert et argent.

On dirait qu'Albus Potter cherche à tester le nouvel attrapeur de Gryffondor. Voilà deux fois qu'il tente la feinte de Wronski et Hugo Weasley se fait avoir à chaque fois ! Le Souafle est à nouveau entre les mains de Serpentard. Axy… Wen… Axy à nouveau etttt… OUTCH ! Crossby vient de lancer un cognard en pleine tête du poursuiveur de Serpentard. Pas très fairplay de la part de Gryffondor. Axy s'écrase au sol. Wigge récupère le Souafle.

Les Serpentards crièrent leur mécontentement alors qu'Orian Axy était déposé sur un brancard, en direction de l'infirmerie. La tribune des Gryffondors retint son souffle alors que Jodie Wigge arrivait devant les buts.

Interception de Piotr ! Il va falloir que les Gryffondor fassent mieux que ça s'ils veulent battre Serpentard ! Bluefrog vient d'éviter un cognard de justesse ! Il perd le Souafle… Malfoy le récupère. Il prend du terrain etttt… les Gryffondors ont l'air à cran ! Voilà que Fred Weasley lui colle au balai ! Les poursuiveurs se cherchent. Malfoy protège le Souafle comme il peut. Dominique lance un cognard pour empêcher Wen de lui venir en aide. Serpentard n'a plus que deux poursuiveurs ! Belle esquive de Malfoy qui échappe à Weasley ettttt… but !

La tribune des Serpentards hurla à nouveau. Dépité, William s'enfonça dans son siège et reprit la pipe aux mains de Gayle.

— C'est fichu. Fichu, fichu, fichu, asséna Everitt.

— On a seulement deux buts de retard et Serpentard joue avec un poursuiveur en moins ! remotiva Melice.

— On n'a aucune chance de gagner ! Notre défense est nulle, notre attaque est nulle et notre attrap…

— ALLEZ GRYFFONDOR ! le coupa Dreeda.

Weasley et Wigge ont pris Wen en charge. Épaules contre épaules. Aucun ne veut lâcher. Mais Wen approche toujours des buts ! Tandis que Malfoy se débat avec un cognard envoyé par Crossby. Prinz répond en renvoyant celui-ci à Crossby qui… OUTCH… c'était moins une…

Dirk se redressa après une vrille durant laquelle il avait failli perdre sa batte. Dominique et lui se crièrent des instructions. Malfoy rattrapa Albus pour échanger quelques tactiques avant de retourner devant les buts.

Je n'ai jamais vu autant de tension dans l'air ! On dirait que les équipes se décident à changer de tactique. Crossby frappe un nouveau cognard. Il a l'air enragé ! Je me demande bien ce que Wen a pu lui faire ! Wigge tente une nouvelle percée. Elle se retrouve seule devant les buts. Elle tire ettttt… but ! Gryffondor vient enfin de marquer !

William se leva aussitôt pour pousser un cri de victoire, suivit par plusieurs de ses camarades. Puis il frappa dans ses mains aussi fort que possible. Melice et Dreeda crièrent de joie avec lui tandis qu'Everitt boudait toujours à la rambarde du stade, marmonnant que la victoire était encore loin.

Le score reste serré à trente minutes de match. Serpentard mène à vingt contre dix. Les deux équipes sont au coude à coude, la rage au ventre ! Mais il n'y qu'une place en finale et c'est… OOOOH ! Je crois que Wigge vient de prendre un cognard en plein dans les dents ! Avec une précision pareille, inutile de dire que le cognard de Zayers était purement intentionnel ! Elle essaye de remonter sur son balai… une vraie Gryffondor ! Malheureusement, les règles sont les règles ! Un joueur à terre ne peut pas reprendre le match.

Zanywind força Jodie à laisser son balai au sol et se rendre à l'infirmerie. William la vit cracher rageusement des morceaux de dents, mélangées à du sang avant de s'en aller.

Les deux équipes s'affrontent désormais à égalité avec deux poursuiveurs de chaque côté. Malfoy récupère le Souafle. Passe à Wen… Malfoy… Wen… Bluefrog et Weasley font ce qu'ils peuvent pour les arrêter mais Malfoy et Wen font un excellent duo ! Voilà qui ne va pas plaire à la préfète de Gryffondor !

— Ferme-là Windbag ! s'exclama Rose depuis la tribune.

William et Gayle ricanèrent.

Malfoy et Wen prennent toujours du terrain. Tubbagus vient d'écarter Bluefrog avec un cognard très bien placé ! Weasley est seul pour assurer la défense. Malfoy s'apprête à marquer etttt… OOOOH ! Passe de dernière minute à Wen qui marque !

James poussa un cri rageur avant de plonger récupérer le souaflle qu'il venait de laisser passer. Scorpius Malfoy et Anju Wen l'avait bien eut.

Il faut saluer l'extraordinaire coordination des poursuiveurs de Serpentard ! Malfoy et Wen nous rappellent pourquoi nous sommes tous ici, pour voir du QUIDDITCH ! A cinquante minutes de jeu, l'écart se creuse déjà avec trente contre dix pouuuur Serpentard !

William soupira. Il tira une nouvelle fois sur la pipe de Gayle avant de se rendre compte qu'elle était vide. Il la glissa dans une poche de sa robe, encore un peu plus dépité.

Il semblerait que Dominique Weasley ait quelques différents avec son cousin Albus Potter. Cela ne me semble pas le moment idéal pour… OUTCH ! Malfoy et Wen ont foncé droit vers la batteuse de Gryffondor ! Weasley se débat pour rester sur son balai mais… c'est la chuuuuute !

La tribune des Gryffondor se pencha immédiatement vers la pelouse pour observer là où Dominique venait de s'écraser. Elle leva un bras comme pour assurer qu'elle allait bien. Zanywind vint l'aider à se lever. Elle semblait s'être cassé une côte.

Quel match ! Déjà trois joueurs à terre en une heure de jeu à peine ! On assiste à une brutalité sans précédent ! Dirk Crossby, le dernier batteur de Gryffondor lance un nouveau cognard en direction de Wen…. Etttt elle l'évite dans une remarquable… OUTCH ! Malfoy n'a pas eu la rapidité de sa collègue. Le Souafle est perdu. Je crois qu'il est touché au bras… Son balai tangue… Non ! Il n'a pas l'air décidé de lâcher l'affaire ! Bluefrog récupère le Souafle et effectue une magnifique remontée en chandelle pour semer Wen. Est-ce que Gryffondor va rattraper ses deux buts de retard ?

La tribune des Gryffondor clama de plus en plus fort au fur et à mesure que Benny Bluefrog et Fred Weasley avançaient vers les buts. Le lancer de Fred fut malheureusement arrêté par Macario Piotr et la tension éclata aussitôt comme une bulle.

Le Souafle retourne à Malfoy qui… le lâche ! Je ne sais pas tellement si c'est une bonne idée de continuer de jouer avec un bras cassé ! Heureusement qu'il peut compter sur Wen qui s'en empare aussitôt en donnant un coup d'épaule à Fred Weasley. D'après sa tête, Wen m'a tout l'air d'avoir la force d'un Troll enragé !

Quelques rires fusèrent dans les tribunes.

Wen remonte le terrain tandis que Malfoy fait de son mieux pour la suivre. Les poursuiveurs de Gryffondor sont accablés par les cognards de Prinz et Zayers. Crossby, a dû mal à rivaliser avec leur cadence de tir, d'autant plus qu'il ne peut pas compter sur sa partenaire, Dominique Weasley. Attendez… Crossby pique soudainement vers le sol… il se retourne… OUTCH ! Il tape brutalement dans un cognard qui va droit vers l'attrapeur de Serpentard ! Potter l'évite de justesse en une vrille qui a bien failli lui faire perdre l'équilibre. Il a l'air tout aussi surpris que nous ! On dirait que la tactique de Gryffondor se limite à faire tomber le plus de joueurs de leur balai ! Mais où est passé le fairplay de début de match ?

Wane Windbag se fit huer par toute la tribune de Gryffondor. Il reçut quelques multiplettes dans la figure et dû s'éloigner de la rambarde pour continuer de commenter le match.

Wen et Malfoy arrivent devant les buts ! Sans surprise, Malfoy laisse le tir à Wen qui… ça doit faire mal ! James Potter vient d'arrêter le Souafle avec sa tête, ce qui lui vaut un énorme coquard à l'œil droit ou… non… à l'œil gauche ! Il relance le Souafle à Fred Weasley qui… OOOH ! Un cognard de Zayers vient de le frôler ! Le Souafle repasse à Wen. Malfoy a de plus en plus de mal à tenir sur son balai. Les poursuiveurs de Gryffondor prennent en chasse Wen qui peut compter sur Prinz et Zayer pour envoyer des cognards. Mais que fait… OUTCH ! Crossby vient de lancer à cognard sur Macario qui, sous la violence du choc, s'est cogné la tête contre les barres des buts. Il tombe de son balai, complètement inanimé ! Il n'y a plus personne pour garder les buts de Serpentard !

Une excitation grandissante saisit les tribunes de Gryfffondor lorsque Fred Weasley et Benny Bluefrog arrivèrent devant les buts vides de Serpentard. Le Souafle fila droit à travers les anneaux et un gong sonna pour confirmer le but. Mais l'explosion de joie des Gryffondor fut soudainement interrompue par Albus Potter qui monta droit dans les airs en tenant une petite balle en or.

C'est… INCROYABLE ! Potter vient d'attraper le vif d'or après une heure et trente-deux minutes de match ! La victoire revient donc à SSSSSerpentard !

Des cris de joie déchirèrent le ciel nuageux de novembre. Les banderoles aux couleurs vert et argent s'agitèrent avec plus d'ardeur tandis que la tribune de Gryffondors poussait un soupir général. William se laissa tomber sur les bancs durs du stade de Quiddicth alors que ce qu'il restait de l'équipe de Serpentard effectuait quelques tours de piste pour fêter leur victoire.

Mrs Zanywind vient de me confirmer que le but de Weasley a bien été effectué APRÈS la capture du vif d'or par Potter, il est par conséquent annulé ! Le score final s'élève donc à cent quatre-vingt contre dix pouuuur Serpentard !

William regarda James serrer la main de Tubbagus Prinz, qui avait pris la place du capitaine d'équipe étant donné que Macario Piotr était à l'infirmerie. Albus, Wen et Zayers se payèrent le luxe d'effectuer trois loopings d'affilés qui leur valurent quelques exclamations supplémentaires tandis que Scorpius Malfoy venait de tomber par terre en voulant atterrir avec sa main cassée.

Rendez-vous début janvier pour un match qui s'annonce déjà explosif entre Poufsouffle et Serdaigle ! Nous connaîtrons alors les deux premières équipes du classement provisoire ! Passez une bonne journée et pour ceux qui souhaitent profiter de leur après-midi à Pré-au-Lard, faites attention où vous mettez les pieds ! Paraît-il que plusieurs commerces ont dû fermer suite à une invasion de Doxy !

— C'était plutôt une bonne tactique de jouer de façon hostile mais il fallait s'attendre à ce que Serpentard réponde en faisant également tomber nos propres joueurs, commenta Everitt.

— Tu crois vraiment que c'était leur tactique de faire tomber le plus de joueurs ? s'enquit Melice.

— C'est évident ! Les Serpentards ont éliminé directement Jodie parce qu'ils savent qu'elle est notre meilleure buteuse ! Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi Dirk et Dominique se sont acharnés sur Wen et Axy alors qu'ils auraient dû viser directement Piotr pour laisser le champ libre pour les buts ! Ou même Albus pour l'empêcher définitivement d'attraper le vif !

Leurs camarades se relevèrent des gradins et William et Gayle en firent de même, presque sans réfléchir. William était en train de serrer son écharpe autour de son cou lorsque Rose lui écrasa le pied en dévalant les marches pour rejoindre le terrain. Il l'observa se précipiter aux côtés de Scorpius dont le bras était tordu en un angle étrange. Puis il secoua brusquement la tête pour se changer les idées et suivit la foule qui descendait péniblement du stade.

Ils patientèrent moins longtemps que prévu à la sortie des vestiaires. James sortit de ceux-ci en ouvrant la porte d'un grand coup de pied qui manqua de la faire sortir de ses gongs. Il portait encore la moitié de ses protections mais il ne semblait pas vouloir prendre le temps de se changer.

— C'est ça ! Va-t'en sans prendre tes responsabilités ! gronda Dirk depuis la petite pièce, où il ne portait plus qu'un caleçon.

— On avait éliminé le gardien, il n'y avait plus personne devant les buts ! Mais il a fallu qu'Hugo laisse Albus attraper le vif ! s'énerva le capitaine d'équipe. S'il l'avait tenu à distance suffisamment longtemps ou attrapé le vif en premier on aurait gagné !

— C'est pas de la faute d'Hugo mais de la TIENNE ! Je t'avais dit qu'il fallait faire tomber Albus DÈS LE DÉBUT ! Que ce soit ton frère ou pas, j'en avais rien à faire ! C'était notre seule façon de gagner ! Si tout le monde m'avait écouté, on aurait GAGNÉ ! Et on serait en train de fêter notre VICTOIRE !

La porte se referma aussi violemment, étouffant les dernières paroles de Dirk Crossby. William se figea, sentant James au bord de la crise de nerfs. Celui-ci avança d'un pas pressé, tout en tirant rageusement sur ses coudières, qu'il fourra ensuite dans un grand sac en toile contenant toutes ses affaires de Quidditch. Il se retourna brusquement en voyant que William ne le suivait pas.

— Qu'est-ce que tu fous ?! Tu viens ?! épingla-t-il sans aucune maîtrise de soi.

William retourna un regard vers Gayle qui rejoignait Dirk et le reste de l'équipe dans le vestiaire. Bien qu'il n'apprécia pas du tout le ton qu'avait pris son camarade, il lui emboîta le pas. Il savait qu'en cet instant, James avait besoin de lui à ses côtés.

Un silence pesant s'installa alors qu'ils marchaient jusqu'au château. Ils dépassèrent plusieurs de leurs camarades qui essayèrent de relativiser la défaite d'aujourd'hui mais James ne prit même pas la peine de leur répondre. William le suivit sans rien dire lorsqu'il comprit qu'il faisait un détour par l'infirmerie avant de remonter au dortoir.

La pièce était partagée en deux rangées de lits entre lesquelles ont avait tendu des paravents. L'infirmier avait pris soin d'installer les joueurs de Serpentard d'un côté et les Gryffondors de l'autre. Une poignée de premières années étaient également installés à l'écart et un grand Poufsouffle dormait profondément dans le tout premier lit de la rangée.

Cadoc traversait la pièce avec plusieurs potions calmantes dans les mains lorsqu'ils entrèrent. Il trébucha soudainement dans un drap qui traînait à terre et renversa alors toutes ses fioles. L'infirmier releva ensuite un regard exaspéré dans leur direction.

— Encore ? Mais il va bientôt n'y avoir plus aucun joueur sur le terrain de Quidditch !

— Le match est fini, grogna James.

— K'ui a t'agné ? l'interrogea aussitôt Jodie depuis son lit.

Elle ne lui restait plus qu'une dizaine de molaires dans le fond de la bouche. Ses gencives vides lui firent penser à une gamine ayant perdu toutes ses dents de lait en même temps. William sentit que les Serpentards tendaient l'oreille derrière le paravent. Il croisa le regard mauvais de Macario Piotr qui tenait un énorme sac de glace sur sa tête.

— Serpentard a gagné, lâcha finalement James.

— Quoi ?! Et notre tactique ?! fit Dominique en se tenant les côtes.

— C'était minable de votre part de jouer comme ça ! intervint Macario depuis l'autre côté. Faire tomber le plus de joueurs de leur balai, bravo ! Très fairplay ! Bel exemple ! Je suppose qu'une idée aussi stupide venait de toi, Potter !

— Ça a quand même marché ! On avait le champs libre sur les buts !

— T'est ce qui t'es past'é alors ? s'enquit Jodie.

— Alors, reprit James en reprenant une longue inspiration, Albus a attrapé le vif avant qu'on puisse en profiter.

— Tu pourras féliciter ton frère de notre part, tailla Macario en un sourire goguenard.

James le fusilla du regard.

— T'aurais t'u prendre t'une douche avant de t'venir nous t'voir, railla Jodie en désignant son T-shirt plein de sueur.

James la fixa du regard. Il se demanda si c'était encore une de ses piques cinglantes ou si elle cherchait seulement à faire de l'humour.

— J'en ai assez de tes histoires ! s'énerva-t-il. Tu ne fais aucun effort pour t'intégrer dans l'équipe et ça crée une super mauvaise ambiance ! Alors tu as intérêt à montrer que tu mérites toujours ta place dans cette équipe au prochain match si tu ne veux pas que je te vire !

— T'm'viras pas ! hâcha Jodie. T'sais très bien c'est t'moi la t'eilleure but'euse ! Essayes t'pas t'e rejet'er la t'faute sur t'moi parce que j'y t'peux rien fi t'es un maub'ais t'apitaine !

C'est MOI le capitaine ! C'est MOI qui prends les décisions ! Alors si je dis que t'es l'élément perturbateur dans l'équipe, c'est QUE TU ES L'ÉLÉMENT PERTURBATEUR ! tonna James en dernier recours.

La colère de James laissa un grand silence. Personne n'osa ajouter quoi que ce soit. Avant que celui-ci ne soit rompu par Cadoc qui fit à nouveau tomber des fioles sur le sol de pierre froide de l'infirmerie. James échangea un dernier regard dur avec Jodie avant de quitter la pièce. William roula des yeux avant de pivoter sur lui-même et lui emboîter le pas jusqu'aux dortoirs. Avant même qu'il n'ait y le temps de dire quoi que ça soit, James le coupa dans son élan :

— J'ai pas envie de parler. J'ai envie de faire un truc cool.

Alors que William s'apprêtait à demander à quoi correspondait un "truc cool" selon James Potter, celui-ci se dirigea vers deux sorcières qui remontaient du troisième étage.

— Comment ça tu crois qu'il ne t'aime pas ? interrogea Delfeena à sa collègue. L'amour ça ne vient pas comme ça, Femie ! Enfin… si, y'a le coup de foudre mais… en même temps c'est de ta faute. Tu ne fais rien pour t'arranger. Je ne sais pas pour changer, tu pourrais commencer par essayer de faire la discussion...

James posa agressivement sa main contre la rambarde de l'escalier pour leur barrer le passage.

— Vous euh…, commença-t-il en passant une main dans ses cheveux, vous faites quoi cet après-midi ?

Delfeena sortit son plus beau sourire tandis que Femie rougissait jusqu'à la racine des cheveux.

— On n'avait rien de prévu, répondit-elle en détachant chacun de ses mots comme pour les faire durer plus longtemps dans sa bouche. Qu'est-ce que tu proposes ?

— Allons boire une Bièraubeurre, toi, moi, Will et Femie. Je dois d'abord remonter me doucher et on se retrouve dans vingt minutes au Cromlesh, ok ?

Delfeena hocha de la tête avant de lui déposer un baiser sur la joue mais James lui empoigna le menton et l'embrasa à pleine bouche. William détourna les yeux, se sentant soudainement de trop. Il croisa le regard de Femie et il se demanda s'il était vraiment approprié de lui sourire alors que James et Delfeena s'embrassaient juste à leur droite.

James remonta jusqu'à la tour de Gryffondor un peu plus léger. William l'entendit même siffler sous la douche. Il patienta en observant les points de ses camarades s'agiter sur la carte des maraudeurs. La majorité des élèves avait décidé de profiter de leur après-midi à Pré-au-Lard. William fut surprit de voir le point d'Everitt McTighe sortir du château plutôt qu'à la bibliothèque. Il était accompagné de son habituelle bande composée de Melice Brewster, Obellia Biguily et Dreeda Fox.

Ils retrouvèrent Delfeena et Femie quelques minutes plus tard. Ils coupèrent par la Cabane d'Hagrid pour rejoindre Pré-au-Lard tandis que Delfeena se chargeait de faire la discussion pour quatre. Puis ils passèrent sous le portail surmonté de cochons ailés et rejoignirent bientôt les rues pavées et les nombreuses enseignes du village.

Les filles voulurent lécher quelques vitrines avant de s'installer au Trois Balais, aussi, William et James les abandonnèrent pour faire le plein de bonbons chez Honeydukes. Dès l'entrée, la sonnette au-dessus de la porte tinta comme pour les faire retourner en enfance. L'odeur chaude et capiteuse du chocolat leur chatouilla les narines alors qu'ils passaient un rayon rempli de Chocogrenouilles. James en prit une dizaine, qu'il choisit avec soin afin « d'avoir les meilleures cartes ». Les étagères suivantes étaient remplies de pâtes de fruits, de nougats moelleux et de caramels mous à l'aspect doré auquel William ne put pas résister.

Un peu plus loin, des tonneaux entiers étaient remplis de Dragées surprises de Bertie Crochue, de Fizwizbiz et de gommes aux différents goûts –dont ceux à la Mandragore. James en prit trois paquets, lui faisant « c'est pas si mauvais que ça, finalement ». Enfin, le mur du fond face à la caisse, était réservé aux bulles baveuses, fils dentaires à la menthe, Gnomes au poivre, Souris glacées, crapauds à la menthe, plumes en sucre, bonbons explosifs et aux délicieuses Suçacides dont William se servit trois fois.

Alors qu'ils faisaient la queue à la caisse, William se laissa tenter par quelques Patacitrouilles. Ils ressortirent chacun avec un gros sachet de friandises dans lequel ils piochèrent allègrement, tout en se dirigeant vers Weasley, Farces pour sorciers facétieux.

La façade de la boutique attirait l'œil comme un feu d'artifice. La vitrine de gauche était remplie d'objets qui éclataient, clignotaient, bondissaient et hurlaient. Celle de droite portait une immense affiche comportant le message suivant : « Claque-bulles du Dr Pophop : Mâchez, éclatez et découvrez ce que vous avez gagné ! »

— C'est trop génial, commenta James en s'en servant une poignée, mon cousin Fred m'a dit qu'il avait eu un Galion une fois !

L'intérieur était encombré d'innombrables étagères débordant d'objets en tout genre depuis les Chapeaux Boucliers jusqu'aux célèbres Boîtes à Flemme. A l'entrée était déposée une dizaine de cages contenant des Rhinogrades, de petits rongeurs au pelage brun avec une trompe, qui produisaient de drôle de bruits de klaxons. William pensa vaguement à Aveline, la demie-sœur d'Everitt avant que James ne le traîne un peu plus loin. Celui-ci se servit de quelques Leurres Explosifs, Feuxfous Fuseboum, Pousse-Rikiki et Bombes hurlantes. En le voyant ainsi chargé, une sorcière aux cheveux blonds coupés courts lui proposa de le débarrasser.

— Oh ! James ! Excuse-moi, je ne t'avais pas reconnu, s'exclama-t-elle quelques secondes plus tard. Comment vas-tu ?

— Bien, bien…

— Hey James !

Un sorcier à la carrure plutôt carrée, aux cheveux roux et à qui il manquait une oreille fit irruption de derrière un pan de mur qui devait cacher l'arrière-boutique. William reconnut aussitôt l'oncle de James, George Weasley, qui était aussi le propriétaire du magasin.

— Tu viens préparer tes prochaines retenues ? railla George.

— J'ai des comptes à régler avec deux-trois personnes.

— Dans ce cas j'ai ce qu'il te faut.

George fit glisser un pan de rideau et leur fit signe d'entrer dans la réserve. C'était un endroit vide et terne, comparé au reste du magasin. Le sorcier fouilla quelques cartons avant de tendre à James une petite balle à la couleur peu ragoûtante.

— Je vais appeler ça des boules-putois.

— Des boules-putois ? répéta James.

— Il te suffit de les lancer sur quelqu'un. Je pourrais te montrer mais l'odeur met des semaines avant de partir.

— Ça a l'air drôle. Combien ça coûte ?

— Oh, pour toi c'est gratuit.

James échangea un sourire mutin avec son oncle avant de le remercier. La sorcière blonde les fit passer en caisse avant tout le monde. William fixa un moment ses semelles tout en pensant qu'il n'avait droit à ce genre de privilège que parce qu'il traînait avec James Potter.

Ils retrouvèrent Delfeena et Femie qui les attendaient devant l'entrée des Trois Balais. Comme d'habitude, le pub était bondé de monde. William reconnut Boyd Blackbird, son professeur de métamorphose et Querida Quencholedge, son professeur de potion, en train de boire deux rhums groseilles, attablés au bar.

James leur dénicha une table près de la fenêtre et William s'assit tout naturellement face à son camarade. Delfeena prit un air pincé et avant qu'elle n'ait le temps de dire quoique ça soit, il se décala sur la gauche et s'assit face à Femie.

— Alors qu'est-ce que vous avez trouvé d'intéressant ? interrogea Delfeena.

— Oncle George m'a montré son tout dernier produit, se vanta-t-il. Ça s'appelle des bombes-putois. Paraît que l'odeur dure pendant des semaines, peut-être même des mois ! Il va falloir qu'on réfléchisse à notre prochaine cible, hein Will ?

William hocha faiblement de la tête. Madame Rosmerta arriva à leur table en saluant James chaleureusement et lui demandant quelques nouvelles de sa famille. William tourna la tête vers la fenêtre d'où il vit passer Calixte Pandlebee accompagnée de Philemone Fuss, toutes les deux emmitouflées dans des écharpes aux couleurs de Serdaigle.

— Will !

— Quoi ? brailla-t-il.

— Tu veux une Bièraubeurre ? C'est moi qui paye, déclara James.

Quelques minutes plus tard, ils trinquèrent avant de tremper leurs lèvres dans la mousse. La fraîcheur de la boisson lui tira quelques frissons avant de le réchauffer. William avala plusieurs gorgées pour cacher son ennui.

— Qu'est-ce que vous avez de prévu pour la St-Valentin ? questionna Delfeena pour relancer la discussion.

— Pas grand-chose, répondit James avec nonchalance.

— Dom nous avait proposé d'aller jeter des bombes hurlantes dans le salon de Madame Pieddodu, ajouta-t-il.

Son camarade hocha pensivement de la tête, visiblement peu inspiré par cette perspective.

— Vous avez peut-être raison. C'est vraiment de mauvais goût, même pour la St-Valentin. Quand je pense que Tubbagus à l'intention d'y inviter Era… en plus la propriétaire est tellement insupportable !

— Attends… quoi ? Comment ça ? intervint William en sortant soudainement d'un profond ennui.

— Oui, tu sais… Madame Pieddodu, la patronne du salon.

— Era ressort avec Prinz ?

— Ça t'étonne ?

William prit le temps d'avaler une gorgée. Il ne voulait pas paraître trop alarmé.

— Pas du tout. Ils se tournaient autour depuis le début de l'année. A croire que Prinz attendait que je la quitte pour sortir avec, fit-il amer.

Il avala trois gorgées de plus pour reprendre contenance.

— Tu as le droit de dire que tu digères mal ta rupture, tu sais.

William déposa son verre un peu trop précipitamment, ce qui renversa un peu de mousse sur la table de bois brut. Non, il ne pouvait pas. De quel droit Delfeena, une petite écervelée qui ne savait que papillonner entre James et Dirk, se permettait-elle de lui donner des conseils ? Pour une sorcière, c'était normal de ne pas se remettre d'une rupture, mais pas pour un sorcier ! Il ne pouvait dire qu'il pensait toujours à Era parce que cela reviendrait à s'avouer vaincu. Era savait l'influence qu'elle avait sur lui et elle ne se gênait pas pour en profiter. William en avait assez qu'elle joue avec ses sentiments. Il ne devait plus rien laisser paraître pour qu'on ne puisse plus l'atteindre.

— Je digère très bien ma rupture, affirma-t-il, Femie est quelqu'un de bien. Elle mérite cent fois plus mon attention que ne l'a jamais mérité Era.

L'intéressée baissa aussitôt les yeux vers son verre, rougissant jusqu'à la racine des cheveux. Pour appuyer ses propos, William posa sa main sur la sienne, ce qui fit sursauter la sorcière.

Le soir tomba dès dix-sept heures et alors que les magasins de Pré-au-Lard se fermaient les uns après les autres, James lui fit un signe de l'œil pour lui indiquer qu'il voulait rester seul avec Delfeena. William prétexta avoir « un truc à faire » lorsque Delfeena lui fourra Femie dans les pattes, ajoutant qu'ils « avaient sûrement beaucoup de choses à se dire ».

William regagna le château les mains dans les poches, sans trop savoir quoi dire. Il grimpait machinalement les étages jusqu'à son dortoir quand il s'aperçut que Femie le suivait toujours docilement sans poser de questions.

Il s'arrêta brusquement au troisième étage pour attendre que Femie le rejoigne. Elle avançait à petits pas et William ne sut trop dire si elle traînait les pieds ou si c'était encore une technique de sorcière pour mieux se faire désirer.

— Comment tu te sens ? demanda-t-il.

— Bien. Et toi ?

— Bien.

William hocha de la tête d'un air entendu puis il s'engouffra dans les couloirs du troisième étage tout en cherchant un nouveau sujet de conversation.

— Pas trop déçu de votre match ? relança subitement Femie.

— Oh si. Très déçu. Mais je pense que c'était perdu d'avance.

— Pourquoi tu dis ça ?

— Il faut se rendre à l'évidence. Les Serpentards ont un meilleur attrapeur et de meilleurs buteurs que nous.

— Pourtant vous êtes meilleurs en défense.

— Pas assez, visiblement.

Il s'arrêta dans un couloir dont le mur de droite était recouvert de fenêtres donnant sur le Lac Noir. Malgré la pénombre du soir qui tombait de plus en plus tôt, on pouvait y distinguer les environs du Parc, la gare de Pré-au-Lard un peu plus loin ainsi que la Lune dans un premier croissant, éclairer les clapotis de l'eau sombre qui reflétait même quelques étoiles.

— C'est sympa, hein ? fit-il bien content de son effet.

Il eut un pincement au cœur en se rappelant que c'était ici qu'il avait embrassé Era pour la première fois. Selon James, c'était le meilleur endroit pour peloter les filles parce que le couloir était généralement peu fréquenté et qu'en plus de ça, la vue était tellement imprenable qu'elle suffisait à elle seule pour ce mettre toutes les sorcières du château dans la poche.

William échappa un long soupir tant par dépit que pour se redonner du courage. Il attrapa Femie par les mains puis colla son front contre le sien. Il ferma les yeux. D'ici, il entendait presque le cœur de sa camarade battre plus fort. Il plaça les mains de Femie dans son dos, comme s'il ne s'agissait que d'une vulgaire poupée de chiffon, puis déposa un baiser sur ses lèvres. Elle n'y répondit même pas. William caressa son visage du bout de nez, inspirant son parfum à plein poumon. Elle resta parfaitement immobile, ce qui en même temps de l'agacer, le rendait fou.

Il céda à ses pulsions et l'embrassa à pleine bouche. Elle répondit faiblement à son baiser. Il sentit alors son cœur s'emballer et lui attrapa les hanches pour mieux la serrer contre lui. Il voulait l'avoir pour lui. Il voulait l'enserrer dans ses bras le plus fort possible pour se consoler à la chaleur de son corps, au battement de ses cils contre ses joues et à ceux de leurs cœurs qui battaient tels des muscles fatigués d'avoir mal.

— Non, geignit-elle en le repoussant.

— Ok.

William se retira immédiatement. Il fixa un instant ses chaussures pour masquer sa gêne avant de relever les yeux vers sa camarade.

— Qu'est-ce que tu veux faire alors ?

Elle rougit une nouvelle fois jusqu'à la racine des cheveux.

— Je ne sais pas, qu'est-ce que t…

— Eh bah préviens-moi quand tu sauras, coupa brusquement William.

Là-dessus, il fourra les mains dans ses poches et regagna son dortoir à grandes enjambées. Il fulmina contre l'intégralité du sexe féminin pendant tout le trajet jusqu'à son dortoir. Il était tellement énervé qu'il ne parvint pas à trouver le sommeil avant minuit. Il rêva longtemps d'être le seul remplaçant de l'équipe de Quidditch et de devoir prendre la place de James pour un match décisif. Son camarade s'était évanouit en lui lâchant un faible "rend-moi fier" qui l'avait d'abord motivé à grimper sur un balais. Rapidement, le rêve vira au cauchemar et sous les violents assauts des cognards, la course effrénée des poursuiveurs, William tomba maintes et maintes fois de son balai, se réveillant en sursaut et le cœur battant, à chaque nouvelle chute.

Le lendemain matin, il profita d'une grasse matinée pour récupérer de son sommeil agité. Puis il fut réveillé par ses camarades de dortoir qui descendirent bruyamment petit-déjeuner. William avala ses œufs brouillés aux côtés d'Everitt et Melice qui parlaient encore de leur défaite au Quidditch. Puis Dominique sortit de l'infirmerie, malgré quelques douleurs restantes aux côtes. Elle lui proposa une Bataille Explosive et il accepta volontiers. Ils s'installèrent dans la salle commune où les quelques sorcières de troisième année feuilletaient le dernier Sorcière Hebdo en gloussant. Un groupe de cinquièmes années avait pris place sur les canapés écarlates face à la cheminée et s'amusait à lancer des Berties Crochus dans la bouche de leurs camarades.

Dominique déposa une Dame qui la fit gagner contre le cinq de trèfle qu'il avait placé devant lui. Son paquet de carte lui explosa au visage et William agita sa main pour faire partir l'odeur de brûlé qui flotta dans l'air. Dominique empocha alors une douzaine de ses cartes.

— T'es vraiment trop nul, écrasa-t-elle un sourire aux lèvres.

Il s'apprêtait à répliquer lorsque James arriva en tombe. Il avait les cheveux encore plus ébouriffés que d'habitude, les joues rouges et les vêtements tout froissés, ce qui laissant clairement deviner qu'il avait passé la nuit dans le dortoir des Poufsouffles. William tira un sourire mutin avant que celui-ci ne l'alpague :

— Tu as fait pleurer Femie ?

— T'es encore avec cette greluche ? se moqua Dominique.

— Non, je pensais cass…, commença-t-il mais la fin de sa phrase se perdit lorsque son paquet lui explosa de nouveau à la figure.

— Tu ne peux pas la quitter ! On devait aller en double-date tous les quatre pour la Saint-Valentin !

— J'en ai rien à faire de tes double-date, s'agaça William. Si tu t'ennuies en rencard avec Débila Reddoch alors c'est peut-être toi qui a besoin d'une autre copine.

— T'es vraiment un sale type.

— Tu peux parler. Tu te sers d'elle comme d'une plume de rechange.

— Pourquoi tu ne fais pas la même chose avec Femie ?

Il se prit une nouvelle explosion dans la face. Il avait désormais le teint noir de suie. Il cligna plusieurs fois des yeux avant de répondre :

— Ouais… sauf que ça n'a pas d'intérêt si elle ne veut pas coucher avec moi.

— Ah. Ouais, lâcha James sans même essayer de paraître désolé.

William posa sa dernière carte, donnant comme d'habitude, la victoire à Dominique. James les observa un moment avant de faire volte-face.

— Où tu vas ?

— Eh bien… contrairement à vous, j'ai quelqu'un et il se trouve que cette personne veut bien coucher avec moi…

— C'est ça, dépêches-toi, tu seras peut-être pas le seul de la journée, tailla William, mauvais.

— Tu devrais essayer toi aussi, ça te détendrait, répliqua James avant de s'engouffrer dans le trou du portrait.


A vendredi prochain ;)