Alors y'en a qui penseront : « Eh beh, aussi vite venu, aussi vite mourru ! » J'avoue, Neal je l'aime pas trop. Mais on est pas à l'abri de le revoir oO'…

Petit chapitre larmoyant à souhait (je déteste écrire ce genre de trucs, mais quand y'a pas l'choix…)

Bonne lecture !


Chapitre 14 – Toutes les larmes de son corps

« Emma arrête ! Tu vas finir par le tuer ! » lui hurlait une voix.

Prise dans sa frénésie, la Sauveuse ne remarqua la paire de bras puissants qui s'enroulait autour de sa taille que lorsque ses coups n'atteignirent plus leur cible, ses pieds battant l'air alors que David l'éloignait de sa victime.

« Bon sang, Emma, calme-toi ! »

« Non ! Lâche-moi, LACHE-MOI ! » vociféra-t-elle, se débattant comme si elle était possédée.

Dans un mouvement brusque, son coude vint s'écraser involontairement sur le nez de son père. Il serra les dents sous la douleur qui succéda le coup, posa sa fille à terre et la maintint fermement par les épaules en fixant son regard dans le sien.

« La vengeance ne te mènera nulle part, Emma ! Regarde-moi ! »

Le ton autoritaire de Charming lui fit reprendre le contrôle de ses émotions. Elle remarqua le filet de sang qui s'écoulait d'une des narines de son père et cligna plusieurs fois des paupières comme si elle se réveillait d'un mauvais rêve. Elle aperçut, derrière le rempart des fortes épaules qui la tenait, le corps inerte du capitaine, son visage gravement tuméfié. Non loin gisait Neal, pâle et sans vie, sa main capturée dans celle de Gold qui pleurait, agenouillé à ses côtés. Les yeux émeraude emplis de larmes s'horrifièrent en détaillant à nouveau les ecchymoses et plaies du pirate. Ne supportant plus ce spectacle macabre, elle se dégagea de la poigne de son père et s'enfuit en courant.

{oOo}

Régina crut s'évanouir quand elle ouvrit la porte de son domicile sur une blonde dans un état désespéré, tremblant de tous ses membres les poings ensanglantés, les yeux encore larmoyants.

« Mon dieu, Emma ! Que vous est-il arrivé ? » s'exclama la mairesse, s'empressant de soutenir la Sheriff, à bout de force.

Les sanglots compulsifs de cette dernière l'empêchèrent de répondre, elle se laissa guider à travers le hall d'entrée jusqu'à la cuisine, où la Reine la fit asseoir sur un petit tabouret de bar. Après s'être munie d'un linge et d'un bol d'eau chaude, Régina entreprit d'éponger le sang maculant les mains et les joues de la Sauveuse.

« Là, ça va aller. Prenez-votre temps mais racontez-moi ce qu'il s'est passé. »

Emma s'efforça de tempérer les soubresauts qui l'agitaient. Le contact doux de la brune lénifiait sa respiration pénible, elle ferma les yeux et tenta d'articuler une explication.

« Je… On est arrivé chez Gold. Crochet… Il a tiré sur Neal. Il est mo... » murmura-t-elle, la fin de sa phrase hachée par un nouveau sanglot.

La mairesse resta sans mot. Un flot de questions lui traversa l'esprit quant au déroulement du drame, elle se garda toutefois de les poser devant la détresse de son amie. Amie ? A cet instant précis, oui, elle voulait endosser le rôle de l'épaule réconfortante.

« Est-ce également Crochet qui vous a blessée ? » demanda-t-elle en tamponnant délicatement les phalanges meurtries à l'aide du tissu humide.

La Sheriff démentit cette accusation en secouant négativement la tête.

« Non, non, il m'a rien fait. C'est moi. Je… Je sais pas, je crois que je l'ai peut-être tué. »

Les yeux bruns dévisagèrent la blonde en larmes, n'osant croire qu'une personne si droite et juste puisse agir impulsivement sous la colère au point de tuer quelqu'un de ses propres mains. A croire que les ténèbres n'épargnent pas les héros, pas plus que les méchants. Elle décela une expression de dégout sur les traits de la Sauveuse, qui venait de faire connaissance avec la part sombre de son âme, un sentiment que Régina ne se rappelait que trop bien. Elle écarta derrière l'oreille les mèches éparses qui cachaient la triste figure de sa protégée et posa une main sur sa joue dans un geste empli de tendresse, son pouce caressant sensiblement la pommette mouillée.

« Ne jugez pas vos actes trop sévèrement. Il nous arrive à tous de perdre le contrôle. L'important est que vous regrettiez votre geste. Croyez-moi, je sais de quoi je parle. »

Un léger sourire étira furtivement les lèvres de la Sauveuse, déclenchant chez la Reine l'envie de les embrasser. Le moment ne s'y prêtant pas, elle lui sourit en retour et s'approcha, proposant ses bras comme soutien. Emma se laissa aller, étanchant sa peine sur l'épaule accueillante.

{oOo}

L'ambulance ferma ses portières sur le capitaine amoché, menotté au brancard qui le supportait. Les pompes funèbres étaient aussi arrivées et emportaient la dépouille de Neal, accompagnée de son père, inconsolable.

David se passa une main sur le visage et poussa un soupir de désolation. Tout en se disant que cette journée était l'une des pires de sa vie, il composa rapidement le numéro de Mary-Margaret en espérant qu'elle décroche.

« Allô, Charming ? » répondit une voix légère et mélodieuse.

Le son familier réchauffa instantanément le cœur de l'ancien berger, qui garda cependant un ton grave aux vues des derniers événements.

« Blanche, quelque chose d'horrible est arrivé. A la boutique de Gold, Crochet a tiré sur l'homme qui s'avère être le fils de Rumplestiltskin. »

« Oh non, Neal ? Je l'ai rencontré chez Granny ce midi. » déplora sa correspondante, apparemment bouleversée.

« Il n'a pas survécu, Blanche. Emma… Elle était là, elle a failli tuer Crochet à mains nues. Je ne l'ai jamais vue dans une telle rage. »

« Où est-elle maintenant ? » demanda la mère de la Sauveuse, d'autant plus inquiète de savoir que sa fille était témoin du drame.

« J'en ai aucune idée, elle s'est enfuie. Je m'inquiète pour elle. Autant de violence, ça ne lui ressemble pas. » renchérit David, encore traumatisé par le craquement des os du pirate à chaque impact.

Un silence, Mary-Margaret réfléchissait à toute vitesse sur les options s'offrant à elle.

« Emma peut être n'importe où. Une seule personne a la possibilité de la trouver. » conclut-elle avant de raccrocher.

{oOo}

En entendant quelqu'un toquer à sa porte pour la deuxième fois de l'après-midi, Régina était quasi certaine de tomber sur la mine angoissée de Mary-Margaret. Aussi fut-elle légèrement surprise en découvrant qu'elle ne s'était pas trompée, à l'exception que cette dernière était accompagnée d'Henry.

« Maman ! » s'écria le garçon en enlaçant sa mère.

La mairesse posa sa main sur la petite tête, tout en dévisageant d'un air incompréhensif l'institutrice.

« J'ai annulé ma classe et pris Henry. Je ne lui ai presque rien dit mais quelque chose de grave est arrivé et Emma a disparu. » informa la brunette, son attitude attestant de la tragédie qui avait frappé leur famille.

« Oui je sais. Elle est ici, sa condition est alarmante, elle ne parle pas beaucoup. » expliqua la Reine.

Son fils relâcha son étreinte en l'interrogeant du regard. Sa mère contempla son air perplexe et s'accroupit légèrement pour être à sa hauteur.

« C'est une histoire très longue à expliquer et je te promets que nous te dirons toute la vérité. Mais pour l'instant, Emma a besoin de toi, elle se repose dans la chambre d'ami. Tu devrais lui préparer un chocolat chaud, ça lui ferait du bien. »

Obéissant, Henry fusa vers la cuisine, décidé à suivre les recommandations maternelles.

Régina se redressa et invita Blanche à entrer.

« C'est étrange qu'elle soit venue directement chez vous. D'ailleurs comptiez-vous me prévenir de sa présence ici ? » s'enquit l'institutrice sur le ton du reproche.

La Reine soupira de lassitude en indiquant à son invitée de la suivre jusqu'au salon.

« Evidemment, je vous aurai appelée. J'ai paré au plus urgent, c'est-à-dire, panser ses blessures et calmer son affolement. Pardon de m'être occupée de votre fille. » dit-elle froidement, anéantissant toute objurgation supplémentaire.

Blanche pinça les lèvres, la pique la rappelant à l'ordre quant au caractère parfois véhément de son hôtesse.

« Je ne voulais pas vous blâmer, Régina. » s'excusa-t-elle. « Merci d'avoir pris soin d'elle. »

Le pardon fut accordé par un petit sourire entendu et les deux jeunes femmes s'installèrent sur le sofa, partageant les informations qu'elles avaient collectées sur l'épisode malheureux de l'après-midi.

{oOo}

Emma, étendue sur les draps en coton, fermait les yeux. Une douche chaude avait achevé ses dernières tensions, seule restait la douleur d'avoir perdu un être cher… et la douleur de ses poings abimés, souvenirs lancinants de son black out meurtrier.

Rattrapée par la fatigue émotionnelle, elle était à moitié endormie quand de petits doigts curieux chatouillèrent son front. Elle fronça les sourcils et reconnut Henry dans l'effort que lui demandèrent ses paupières pour s'ouvrir. Son visage juvénile exprimait deux émotions, l'amour et l'inquiétude.

« Salut Emma. Je t'ai préparé un chocolat chaud. » chuchota-t-il pour ne pas la brusquer.

La Sheriff poussa une sorte de petit grognement et se déplaça de quelques centimètres, libérant une place à ses côtés. Le garçon comprit la demande muette de sa mère biologique et combla l'espace ainsi dispensé, l'entourant de son petit bras d'un air protecteur. Les rôles inversés, la Sauveuse ne releva pas le côté facétieux de leur position, la mère requérant l'apaisement dans l'étreinte du fils qu'elle avait abandonné onze ans plus tôt et dont le père venait de mourir.

A cette pensée, son dos fut secoué d'un sanglot qu'elle tenta de réprimer tant bien que mal.

« Qu'est-ce que tu as, Emma ? Pourquoi tu pleures ? » s'enquit le petit, soucieux de sentir la blonde prise de spasmes.

Elle cacha ses larmes dans le pull de l'adolescent, évitant de cette manière ses yeux inquisiteurs.

« J'ai… J'ai fait quelque chose de mal, Henry. J'aurai tellement aimé te le présenter mais c'est impossible. Je te demande pardon. » pleura-t-elle, le visage toujours enfoui dans le buste du garçon.

Celui-ci sentit son cœur se serrer devant le chagrin de sa mère. Il ne comprenait pas ce qu'il devait lui pardonner et de qui elle parlait. Il se contenta de l'étreindre de toutes ses forces, sans poser d'autre question.

TBC