Salut tout le monde !
Je m'excuse pour l'attente que je vous ai infligée entre ces deux chapitres, mais j'ai eu quelques soucis de santé qui ont pas mal perturbé mon emploi du temps. Sans parler du travail en retard que cela a engendré ! Voilà donc le dernier chapitre en date. J'espère qu'il vous plaira, et n'hésitez pas à me laisser vos commentaires, c'est toujours très motivant et très encourageant !
Bonne lecture !
Chapitre 14
Lorsque nous arrivâmes devant chez moi, la voiture de Charly était garée devant l'entrée. Je lançai un regard désespéré à Alice avant de traduire le fond de ma pensée :
- Tu peux venir quand même ? S'il te plait !
A vrai dire, j'étais surtout frustrée que la présence de Charly ne nous permette pas de nous embrasser aussitôt la porte franchie. J'avais pensé aux lèvres, aux mains, à la peau, aux seins d'Alice tout le trajet, et je ne savais pas comment il serait possible que je résiste à l'envie de mettre à exécution tous mes projets.
Elle eut l'air amusée et me répondit :
- Oui, je viens avec toi si tu en as envie.
- Bien sûr !
Et je me jetai sur ses lèvres, pour l'embrasser fougueusement. Elle répondit à mon étreinte et passa sa main dans mes cheveux, me soutirant un gémissement de plaisir. Elle sourit puis rompit notre échange :
- Ton père va se demander (à juste titre) ce que nous faisons dans la voiture.
Après avoir embrassé Charly et lui avoir demandé l'autorisation de me rendre à la soirée, ce qu'il accepta sans hésitation après qu'Alice lui ait dit avec son sourire le plus charmeur qu'elle me surveillerait, nous montâmes dans ma chambre. Lorsque j'eus fermé la porte, Alice se précipita sur moi et m'embrassa avec une telle passion que je faillis perdre pied dans ses bras. Son amour pour moi était un concept que j'avais du mal à appréhender, et la manière qu'elle avait de me le prouver me laissait complètement ébahie. Elle avait le pouvoir de me rendre folle. Folle d'amour pour elle, folle de désir, folle de ne pas savoir quoi faire pour lui exprimer tout ce qu'elle me faisait ressentir. J'étais complètement à sa merci, et j'avais une confiance aveugle en elle. Je lui avais confié mon cœur, ma vie, mon âme et j'embrassais ma condition avec un plaisir immense. J'étais complètement perdue aux yeux du monde.
Lorsqu'elle se recula, je frissonnai et regrettai immédiatement le contact de son corps contre le mien. Je fronçai les sourcils, tentant de redescendre sur terre. Elle rit doucement et dit :
- Je suis désolée, j'aimerais poursuivre aussi, mais ton père est en bas, et je ne voudrais pas franchir la ligne de non retour... dont je ne suis pas très loin...
Elle se mit à rire de plus belle et attrapa ma main pour me conduire jusqu'à mon armoire. Elle se mit à farfouiller dans mes piles de vêtements pour me trouver une tenue appropriée. Je n'avais pas encore récupéré toutes mes fonctions mentales et j'observais sans vergogne son postérieur alors qu'elle était penchée dans mes vêtements. Cela ne m'aidait pas vraiment à retrouver mes esprits.
Elle se racla la gorge et je sursautai, rougissant furieusement d'avoir été prise sur le fait. Elle me regarda avec un air mi-choqué, mi-flatté et lança malicieusement :
- Tu aimes ce que tu vois ?
Je lui tirai la langue pour toute réponse et me laissai tomber sur le lit. Elle rit et me lança les vêtements qu'elle avait sélectionnés, avant de me rejoindre sur le lit :
- Je te conseille d'aller te changer dans la salle de bain si tu ne veux pas que j'arrache tous tes vêtements moi-même.
J'eus le souffle coupé par cette réplique. Bien sûr que si je voulais qu'elle m'arrache tous mes vêtements elle-même... Mon cœur manqua un battement et je restai bloquée à la regarder probablement stupidement. Elle me sourit tendrement, passa sa main sur ma joue et m'aida à me relever. Comme je ne bougeai toujours pas, elle me fourra les vêtements dans les mains et me poussa vers la porte en riant :
- La terre à Bella ?
Je finis par reprendre mes esprits et entrai dans la salle de bain. Aussitôt la porte refermée, je m'appuyai de tout mon poids contre le battant et me pris la tête dans les mains. Je n'arrivais plus à penser très clairement. Toutes mes pensées se rapportaient à Alice. Je la désirais comme je n'avais jamais désiré personne auparavant. L'attraction que j'avais pour elle aurait été capable de soulever des montagnes et son intensité me faisait perdre les pédales. Chaque geste qu'elle faisait, chaque mot qu'elle disait, chaque regard, absolument tout en Alice m'attirait. C'était à la fois troublant et délicieux en même temps. J'avais totalement perdu le contrôle de mes hormones. La soirée chez Ben risquait d'être... compliquée. Perdue dans mes pensées, j'entrais dans la douche et tentai de me calmer avant de retourner dans le champ d'attraction d'Alice.
Lorsque j'entrai dans la chambre, Alice émit un petit sifflement d'admiration. J'en fus troublée et je rougis en regardant mes pieds. Naturellement, elle était également belle à m'en couper le souffle, et lorsque je relevai les yeux, je me perdis dans la contemplation de sa robe noire à l'envers rouge, assorti à ses talons aiguilles... Fascinante. Elle me sourit et je m'assis sur le lit, troublée. Elle vint s'assoir près de moi et prit ma main dans les deux siennes en me regardant tendrement :
- Bella...
Elle s'arrêta et passa sa main sur ma joue. J'étais totalement hypnotisée, et sous le charme. Elle baissa les yeux avant de reprendre :
- Est-ce que... est-ce que tu voudrais venir à la maison ? Je... je voudrais parler à ma famille avant d'aller à la soirée.
Je déglutis péniblement. Je n'avais pas vu les Cullen depuis quelques temps, et d'après l'hésitation d'Alice, il m'apparaissait assez clairement qu'elle ne leur avait pas annoncé le fait que nous étions ... ensemble. La panique menaça de m'envahir en imaginant la réaction qu'auraient Carlisle et Esme, sans parler de ... Rosalie... et d'Edward. Whaooo...
- Mmmh... Tu... enfin je veux dire, ... ils ne savent pas... pour nous, si ?
- Eh bien... pas vraiment... Enfin, Jasper m'a percée à jour assez rapidement, car il a ressenti mon amour pour toi. Du coup... Edward a également une vague idée de ce qu'il se passe.
Je me crispais en entendant cela. Elle ajouta précipitamment :
- Mais ne t'inquiète pas... Edward n'est pas là ce soir.
Je soupirais de soulagement à l'idée de ne pas avoir à affronter le regard d'Edward ce soir. Cependant, cela ne suffisait pas à me détendre complètement.
- Mais tu es sûre... que c'est ... une bonne idée ?
Elle me regarda longuement dans les yeux avant de répondre :
- Bella, ... je t'aime.
A ces mots, mon estomac fit un tour sur lui-même, et je rougis avant de répondre timidement :
- Je t'aime aussi Alice.
Sur ce je baissai les yeux vers nos mains entrelacées. Elle mit sa main libre sous mon menton et releva mon visage jusqu'à ce que je plonge mon regard dans le sien.
- Je t'aime, et je veux que ma famille le sache. Je ne veux pas, et je ne peux pas leur cacher la chose la plus importante et la plus belle qui me soit jamais arrivée. Je veux partager mon bonheur avec eux.
Elle ajouta malicieusement :
- Et ne t'en fais pas, tout va bien se passer.
J'étais émue par sa déclaration et je me blottis dans ses bras, ma tête dans le creux de son épaule.
- Alice...
Je ne savais pas quoi dire pour exprimer ce que je ressentais. De toute façon, je ne savais pas exactement ce que je ressentais. Trop d'émotions se mélangeaient en un cocktail détonnant en moi. De l'amour, du bonheur, de la joie, du désir... Je ne savais plus très bien. Une seule chose était certaine : Alice était responsable de ces sentiments, et je me sentais divinement bien à l'instant présent.
Le trajet jusqu'à chez Alice fut silencieux. Alice fredonnait les chansons qui passaient à la radio, et j'étais perdue sur mon nuage, serrant tendrement la main d'Alice dans la mienne. Elle me jetait des regards débordant d'amour et je rougissais immanquablement, ce qui la faisait sourire. Lorsqu'Alice se gara devant l'immense villa, l'appréhension m'envahit à nouveau. Je n'avais aucune idée de la manière dont les Cullen allaient réagir, et je ne voulais pas être la raison d'un déchirement familial pour Alice. Alice me serra la main de manière rassurante et m'entraina jusqu'à la porte d'entrée. Avant même qu'elle ait pu faire un geste la porte s'ouvrit à la volée et la silhouette imposante d'Emmett apparut. Il nous salua avec un énorme sourire et me prit dans ses bras me soulevant sans peine du sol. Il avait l'air terriblement content de nous voir, ce qui me fit sourire malgré mon appréhension. Ce n'était de toute façon pas la réaction d'Emmett qui me faisait le plus peur.
Alice m'entraîna dans le salon et je m'installai sur le sofa en attendant qu'elle revienne. Je n'eus pas longtemps à patienter. Elle réapparut, suivie par l'ensemble des Cullen, excepté Edward. Carlisle et Esme vinrent me saluer et me serrèrent dans leurs bras, Jasper me fit un petit signe de la main que je lui rendis timidement et Rosalie m'ignora superbement.
Ils s'installèrent et Alice vint s'assoir à mes côtés, prenant ma main dans les siennes. Je sentis une vague de calme m'envahir et je remerciai Jasper d'un petit signe de la tête. Il me sourit en retour et Alice s'adressa à sa famille :
- Je vous ai réunis tous ensemble car Bella et moi voulions vous annoncer quelque chose de très important.
Pendant qu'Alice parlait, j'observais les Cullen. Rosalie avait l'air de s'ennuyer royalement et ne semblait pas se sentir concernée. Emmett regardait Alice avec un sourire que je qualifierais de niais, et Jasper avec un petit sourire entendu. J'aperçus Carlisle et Esme échanger un regard, mais la rapidité de leurs mouvements ne me permis pas de décrypter la signification de cet échange.
Alice se racla inutilement la gorge et je décidai qu'il était temps d'observer attentivement mes chaussures alors qu'elle poursuivait :
- Bella et moi... enfin, ce que je veux dire... c'est que je ...
Alice s'emmêlait les pinceaux, ce qui était assez rare. Je serrai doucement sa main dans la mienne pour tenter de lui redonner du courage. Elle me regarda tendrement et me sourit avant de poursuivre :
- Je suis amoureuse de Bella, et... ce sentiment est réciproque.
Je rougis de toutes mes forces et n'osai relever la tête pour observer la réaction des Cullen. Alice passa protectivement un bras autour de mes épaules et je déglutis péniblement. J'étais dans une maison avec 5 vampires potentiellement hostiles. Je savais qu'Alice ferait tout son possible pour me protéger en cas de besoin, mais je ne voulais pas que les choses en arrivent là. Le silence ne dura pas longtemps et fut rompu par le rire d'Emmett. Je sursautai au son de son éclat de rire et relevai la tête pour tomber sur le visage haineux de Rosalie. Je frissonnais de tout mon corps sous son regard malveillant et me blottis contre Alice. Rosalie se leva et, sans une parole, quitta la pièce. Le rire d'Emmett s'éteignit et il se leva et vint nous serrer dans ses bras. Je fus touchée par ce geste et Emmett murmura :
- Ne vous en faites pas, elle finira par s'y faire... Elle est un peu vieux jeu, c'est tout. Je suis très content pour vous. Alice tu méritais de trouver l'amour, et je suis sûr que tu seras très heureuse avec Bella.
Il ajouta avec un sourire malicieux :
- Je suis content que Bella reste dans la famille. Alice, tu as intérêt à mieux t'occuper d'elle qu'Edward !
Je souris et serrai Emmett de toutes mes forces, même s'il ne pouvait ressentir l'intensité que je mettais dans mon étreinte et murmurai un remerciement que je savais pertinemment qu'il entendrait.
Lorsqu'Emmett se releva, Carlisle et Esme s'approchèrent de nous. Esme avait un sourire radieux et me prit dans ses bras et me serra tendrement. Carlisle avait un sourire en coin et semblait très amusé par la situation. Esme me regarda dans les yeux et me dit :
- Je me demandais quand cela arriverait enfin ! Je suis contente que vous ayez accepté vos sentiments l'une pour l'autre. J'imagine que cela n'a pas du être facile.
Je baissai les yeux et rougis. Je ne pensais pas que notre attirance l'une pour l'autre avait été aussi évidente. Probablement était-ce l'instinct maternel d'Esme. Elle poursuivit :
- Bella, tu sais que si tu as besoin de parler de quoique ce soit, tu peux venir me voir ?
Je secouai la tête affirmativement. Esme était comme une deuxième mère pour moi.
Jasper ne fut pas aussi tactile que les autres, mais il m'adressa un sourire sincère que je lui rendis et s'éclipsa. Je ne connaissais pas très bien Jasper, mais je savais qu'il était plus difficile pour lui que pour les autres Cullen d'être en ma présence. Je savais donc apprécier à sa juste valeur sa réaction.
Une fois que tout le monde eut quitté le salon, je soupirais de soulagement et me laissai tomber sur le canapé. Alice vint s'assoir à mes côtés et me serra dans ses bras, son menton sur ma tête. Nous restâmes un long moment dans cette position, profitant de notre proximité puis, je rompis le silence :
- Tu ne veux pas aller parler avec Rosalie ?
- Non. Pas ce soir, cela ne sert à rien. Mais j'irai la voir quand elle aura eu le temps de réfléchir un peu à tout ça.
- Est-ce que... ça va ? Je veux dire, ... tu n'es pas triste de sa réaction ?
- Si... un peu... mais je sais qu'elle finira par accepter les choses comme elles sont. J'imagine que ça prendra peut-être un peu de temps. De toute façon, qu'elle accepte ou non, je t'aime, et rien ne fera changer ça.
- mmh... et... Edward ?
- J'irai lui parler avant qu'il ne puisse lire les pensées de tout le monde. Mais il passe beaucoup de temps seul et isolé en ce moment.
J'étais un peu attristée d'être responsable du désarroi d'Edward. Mais je me rassurais en me disant que je n'y pouvais rien. Je n'avais pas choisi de tomber amoureuse d'Alice. Je ne pouvais pas me forcer à avoir ce type de sentiments pour lui...
La bonne humeur d'Alice reprit le dessus et elle se leva d'un bond :
- On va à cette soirée ?
Dans la voiture pour aller chez Ben, j'abordai une question qui me paraissait assez épineuse :
- Alice...
- Oui ?
- Tu sais que... je ne suis pas prête à annoncer à tout le monde pour nous deux ?
- Oui, je sais Bella, ne t'en fait pas.
- Je veux dire par là que ce soir... il va falloir faire comme si... nous n'étions pas ensemble.
Alice se mit à rire et à ma surprise répondit :
- Cela risque d'être assez marrant !
- Ah bon ? J'avais plutôt le sentiment que cela serait frustrant et difficile...
- Mais oui, mais c'est ça qui va être rigolo : essayer de ne pas se toucher, ne pas te prendre la main, ne pas t'embrasser ! Prends ça comme un jeu !
Je grognais, pas vraiment convaincue...
- Mmmh, mais avec l'alcool, ce sera encore plus dur de ne pas te toucher, de ne pas danser avec toi...
- Qui a dit qu'on ne pouvait pas danser ensemble ?
- Eh bien, je sais pertinemment que si je danse avec toi, je ne réponds plus de moi. Tu as vu ta robe ? Je ne pourrais pas résister.
Elle sourit, et je pense que si elle avait pu rougir, elle l'aurait fait.
- Tu me flattes. Mais tu peux aussi ne pas boire !
- Tu m'as bien regardé ? Quitte à ce que ce soit dur, autant que je profite un peu de ma soirée.
- Nous trouverons bien des endroits isolés pour laisser libre court à nos envies...
Associée au regard plein de désir qu'elle me lança, sa phrase me laissa sans voix. Lorsque j'eus repris mes esprits, je lui lançai :
- Ok, et pour paraître plus crédible, j'imagine que l'on peut se laisser accoster par n'importe quel garçon ?
Elle me regarda horrifiée avant de me lancer un regard de défi :
- Tu veux me rendre jalouse ? Me faire perdre mon sang froid devant tout le lycée et me faire t'arracher tes vêtements au milieu de la piste de danse ?
Je me mis à rire et elle se joignit rapidement à moi, incapable de garder son sérieux. Elle avait garé la voiture non loin de la maison de Ben et je remerciai les vitres tintées. Je m'installai à califourchon sur ses genoux, lui soutirant un gémissement de surprise et d'excitation. Je fus moi-même surprise par ma témérité, mais j'allai devoir passer toute la soirée à faire semblant de ne pas désirer la moindre parcelle de son corps, de ne pas mourir d'envie de l'embrasser, de ne pas être follement amoureuse d'elle. Autant profiter un court instant avant le supplice.
Je passai ma main sur sa joue et la regardai droit dans les yeux avant de murmurer :
- Je t'aime Alice.
Et de l'embrasser comme si ma vie en dépendait, une main dans son cou et l'autre dans ses cheveux.
Je rompis notre baiser lorsque l'air devint un réel problème. Je me forçai à ne pas succomber à nouveau à la tentation, ce qui me demanda un très gros effort de volonté, et ouvrit la portière pour m'extirper de la voiture. L'air frais du début de soirée me fit du bien et aida à calmer les battements de mon cœur et mon désir. Je m'appuyais dos à la voiture, attendant qu'Alice me rejoigne. Après quelques instants je fus surprise qu'elle soit encore dans la voiture et je me penchais pour voir ce qu'il se passait. Lorsqu'elle me regarda, ses yeux étaient noirs d'encre et elle semblait en proie à un débat intérieur assez intense. Elle me sourit avec un air de prédateur et tout le désir que je combattais remonta instantanément à la surface. Je ne devais pas être normale. N'importe quel être humain normalement constitué aurait fui. Et moi je n'avais qu'une envie : retourner dans la voiture et m'offrir à Alice corps et âme. Alice se mit à rire et me tira de mon monologue interne.
- Bella, ... tu es incroyable...
Je la regardais, faisant mine d'être vexée :
- Pourquoi ?
- Parce que tu devrais avoir peur de moi.
- Je te fais confiance Alice... et tu ne me fais pas peur... j'ai un peu honte de l'avouer... mais... je trouve ça encore plus excitant.
Elle me regarda comme si j'étais folle, ce qui n'était probablement pas loin de la réalité, avec au fond de ses yeux quelque chose comme de la reconnaissance. Les étincelles dans son regard me disaient tout ce que j'avais besoin de savoir.
Dieu que j'étais amoureuse d'elle.
- Bon allez, il faudrait qu'on y aille avant que quelqu'un ne se demande ce que l'on fabrique...
- Oui, tu as raison, d'ailleurs, je ne sais pas trop moi-même ce que l'on fabrique ! Lui répondis-je amusée.
- On s'aime...
Je lui souris et elle sortit de la voiture. Je résistai à l'envie de la prendre par la main pour nous diriger vers la porte. La fête semblait battre son plein et Ben nous ouvrit la porte avec une bière à la main, a priori, pas sa première.
Je lançai un regard entendu à Alice et me mis à la recherche d'Angela. Je la trouvai en grande discussion avec Jessica. Je passai par la cuisine attraper une bière avant de la rejoindre. Elle m'accueillit comme si elle ne m'avait pas vue depuis des semaines et m'entraina aussitôt vers la porte d'entrée, laissant Jessica en plan. Je fis un petit signe à Jessica, lui faisant comprendre que je ne savais pas ce qu'il se passait dans la tête d'Angela mais que je n'avais pas d'autre choix que de la suivre. Nous nous assîmes sur les marches de l'entrée et elle attaqua sans plus attendre :
- Où est Alice ?
- Je ne sais pas, sur la piste de danse probablement entourée de tous les célibataires de la soirée... voire même de ceux qui ont déjà une copine... Tu devrais surveiller Ben !
Elle se mit à rire.
- Je ne sais pas si je dois, mais je fais confiance à Ben. Et puis, je lui ai plus ou moins dit pour toi et Alice alors je ne pense pas qu'il soit si bête que ça... J'espère que ça ne te dérange pas... mais je n'aime pas trop lui cacher des choses.
- Mmmh, non je ne crois pas que ça me dérange, du moment qu'il le garde pour lui jusqu'à ce que je me sente prête à l'annoncer aux autres.
Nous discutâmes de choses et d'autres jusqu'à ce que je finisse ma bière. Angela prit ma bouteille vide et dit :
- Viens, il ne faut pas que tu te dessèches.
Je la suivis de bonne grâce et elle m'entraîna dans la cuisine. Elle me servit un cocktail qui semblait contenir plus de rhum que de jus de fruit et je bus mon verre en grimaçant. Elle me tendit une bouteille de bière "pour faire passer le punch". Je commençais (déjà) à être un peu à côté de mes pompes et je décidai d'aller retrouver Alice. Je laissai Angela dans la cuisine, qui servait des verres à tout le monde en rigolant et retournai dans le salon, à la recherche d'Alice. Je ne mis pas longtemps à la repérer. Elle était effectivement entourée de tous les célibataires de la soirée, et je ne pus m'empêcher de ressentir une pointe de jalousie. Je dus prendre sur moi pour ne pas me précipiter pour les faire s'éloigner d'elle et la prendre dans mes bras et... Je fus interrompue dans mes pensées par Mike qui m'apporta un verre que je posai sur le rebord de la fenêtre en attendant de finir ma bière.
- ça va Bella ?
Je sentis au son de sa voix qu'il était un peu ivre lui aussi.
- ça va.
- Comment tu la trouves ?
Je le regardai, perplexe.
- Comment je trouve quoi ?
- Alice Cullen !
Je rougis violemment. Je ne pensais pas que j'avais été aussi peu discrète en la regardant. Je réfléchis à toute vitesse pour trouver une réponse appropriée. L'alcool m'avait un peu ramolli le cerveau, et cela me demanda d'autant plus d'efforts. Que répond une fille hétérosexuelle lorsqu'on lui demande comment elle trouve une de ses amies ?
- Mmmh, elle est euh... pas mal... J'aimerais bien être aussi belle qu'elle.
Je regardai Mike attentivement pour voir si j'avais répondu comme il fallait. Il sembla satisfait de ma réponse et poursuivit :
- Tu penses que j'ai mes chances ?
Je faillis m'étrangler avec ma bière. Une fois ma surprise passée, je fus étreinte par une violente jalousie. Comment Mike pouvait-il espérer sortir avec Alice ? Mon Alice ? Pas question. Et puis d'ailleurs, Mike n'était-il pas avec Jessica ?
- Mais, et Jessica ?
- Quoi Jessica ?
- Ben, tu sors avec Jessica non ?
Il me regarda comme si j'habitais sur une autre planète et répondit :
- Mais Bella, ça fait au moins deux semaines qu'on n'est plus ensemble !
Je tombais des nues. Comment avais-je pu ne pas me rendre compte que Mike et Jessica n'étaient plus ensemble ! J'avais été tellement préoccupée par tous ces changements dans ma vie que j'avais complètement occulté le monde extérieur... J'étais atterrée de voir à quel point.
- Oh. Je suis désolée... Je ne savais pas... Je... je suis un peu à côté de mes pompes en ce moment.
- Ce n'est pas grave Bella, on avait remarqué que tu n'étais pas dans ton assiette. J'imagine que c'est à cause d'Edward, non ?
- Euh, à cause d'Edward ? Euh, oui... oui, c'est ça.
J'étais tellement troublée que je bus le verre qu'il m'avait apporté d'une traite avant de finir ma bière. Il fallait que je stoppe cette conversation tout de suite.
- Je vais danser, à plus tard Mike.
Et je me précipitais vers la piste de danse, fendis la foule qui se pressait autour d'Alice, l'attrapai par la main en tentant d'ignorer les picotements que cela provoqua dans tout mon bras et l'entrainais vers l'étage. Elle me suivit sans protester pendant que j'ouvrais toutes les portes de l'étage avant de tomber sur une pièce qui semblait vide de monde et qui se fermait à clé. Je l'entrainai avec moi dans la pièce, verrouillai la porte et me jetai sur elle. Je plaquai ses mains au dessus de sa tête et l'embrassai furieusement. Elle se laissa faire probablement jusqu'à ne plus pouvoir se retenir et inversa nos rôles. Elle me plaqua contre la porte et ses mains se mirent à parcourir mon corps. Je n'en pouvais plus. C'était inhumain. J'aurais voulu la dévorer sur place. Je tentai de reprendre le dessus, mais sa force vampirique et l'alcool que j'avais dans le sang n'aidant pas, je trébuchai et manquai de tomber. Alice me rattrapa et se mit à rire.
- Eh bien, on devrait faire ça plus souvent.
J'attendis de retrouver mon souffle avant de répondre :
- C'est de la torture. Tu es tellement belle, j'ai envie de te déshabiller et de te faire l'amour. Ici. Maintenant.
Elle rit et dit :
- J'aime bien quand tu bois. Tu es... directe !
Je rougis en réalisant ce que j'avais dit.
- Je suis désolée.
- Oh, mais tu n'as pas à être désolée. Viens, on va prendre l'air.
Elle m'attira contre elle et m'entraîna vers la fenêtre. Je m'arrêtais.
- Tu es sûre que c'est une bonne idée ? Tu sais que je suis maladroite ? Et en plus, là, j'ai bu.
- Tu me fais confiance non ?
- Oui, mais c'est à moi que je ne fais pas confiance.
Elle sourit et ouvrit la fenêtre. Elle me prit dans ses bras comme si j'étais légère comme une plume et j'eus à peine le temps de fermer les yeux que je me retrouvai déjà assise à califourchon sur le faîte du toit, Alice assise derrière moi me maintenant fermement. Elle était appuyée contre la cheminée et regardait le ciel d'un air pensif. Je me laissai aller contre elle, profitant du contact de son corps contre mon dos et appuyait ma tête sur son épaule. Il y avait des milliers d'étoiles dans le ciel. J'avais toujours beaucoup aimé regarder les étoiles, même si je ne savais reconnaître que la grande ourse et Sirius.
- J'imagine que ma question est stupide, mais tu sais reconnaître les étoiles ?
Elle sourit et caressa mon bras avant de répondre :
- Quelques unes, mais pas toutes. Le professionnel pour ça, c'est Jasper. Si ça t'intéresse, tu devrais lui demander.
- A vrai dire, ça ne m'intéresse pas plus que ça d'identifier les étoiles avec Jasper. Mais avec toi, si.
Elle rit et souffla dans mon oreille, provoquant un long frisson dans tout mon corps :
- Tu trouves ça romantique peut-être ?
Je ne lui fis pas le plaisir de répondre et enchaînai :
- Alors, tes prétendants te plaisent ?
Elle me pinça, et si j'avais pu riposter sans risquer de me rompre le cou, je l'aurai fait. Elle entra dans mon jeu et répondit :
- Je crois que Mike s'intéresse à moi. Je devrais peut-être lui laisser une chance ? Qu'est-ce que tu en penses ?
Je ris doucement et me mordis la lèvre avant de répondre :
- C'est horrible...
- Quoi ?
- Je suis jalouse, ça me met hors de moi ne serait-ce que de t'imaginer avec Mike, beurk...
- Ne t'inquiète pas Bella. J'ai attendu un siècle avant de te trouver, je ne vais pas te laisser pour un gringalet comme Mike ! Et si ça peut te rassurer, j'ai moi aussi beaucoup de mal à me contenir quand je vois des gens s'approcher trop près de toi...
- J'ai du mal à imaginer que tu puisses te mettre dans tous tes états pour moi. Qu'est-ce que j'ai donc de si particulier pour que tu ressentes cet amour aussi fort pour moi ?
J'aurais aimé voir son visage à cet instant. L'alcool m'aidait à formuler tout haut cette question que je me posais sans cesse. Je lui avais déjà posée auparavant, mais je n'arrivais pas concevoir cet état de faits.
Pour toute réponse, Alice enfouit sa tête dans le creux de mon cou et inspira profondément. Je sentis ses lèvres sur ma peau et je frissonnais de tout mon être.
- Je suis toujours étonnée que tu ne voies pas à quel point tu es un être formidable, Bella. J'aimerais que tu puisses te voir à travers mes yeux pour que tu puisses comprendre.
Nous restâmes quelques instants de plus sur le toit, et Alice m'apprit effectivement quelques noms de constellations. Le ciel parsemé d'étoiles devaient se refléter dans mes yeux. J'étais probablement plus heureuse que je ne pourrais jamais l'être. Alice me serrait dans ses bras, je sentais son corps contre le mien, je respirais son odeur et ses cheveux me chatouillaient la joue. C'était merveilleux.
Lorsque nous redescendîmes au rez-de-chaussée, j'allai discuter avec Angela, Ben, Eric et Jessica. Angela m'attrapa une bière et me fit un clin d'œil entendu, que je ne sus pas très bien comment interpréter. J'étais encore un peu perdue sur mon nuage et la bière ne m'aida pas à redescendre sur terre. Je ne suivais pas très bien la conversation et j'excusais ma rêverie par une trop forte consommation d'alcool, ce que personne ne vint contredire. Angela me jetait de temps à autre des regards inquisiteurs. Alors que j'entamais une nouvelle bouteille, ils m'entraînèrent sur la piste de danse. Angela vint danser près de moi, et me murmura :
- Tu as l'air complètement ailleurs Bella !
Je baragouinais une réponse vague et continuai de danser. La musique était entraînante et je me laissais aller à mon ivresse. J'étais heureuse, j'avais envie de libérer ce sentiment et de me laisser aller à le ressentir. J'aperçus Alice du coin de l'œil et j'eus instinctivement envie de danser avec elle. Alors que je me dirigeais vers elle d'un pas manquant d'assurance, Angela me retint par la manche et se mit à danser langoureusement avec moi. Je n'avais aucune idée de ce qu'elle était en train de faire mais me laissais faire sans protester.
Je m'amusai comme une folle, nous dansions tous ensemble et chantions (probablement faux) à tue tête sur des rythmes entraînant. Alice finit par venir me chercher et m'attira à elle. Je tentai de l'embrasser, et elle détourna la tête au dernier moment. Je ne compris pas pourquoi elle ne voulait pas m'embrasser mais la laissait m'entraîner avec elle. Je la voyais du coin de l'œil dire au revoir à tout le monde pendant que je tentai de battre Mike à un concours de cul-secs. A mon deuxième shot, Alice vint me chercher et salua Mike d'un sourire que j'aurais probablement qualifié de séducteur si j'avais eu tous mes esprits. Elle m'entraina vers la voiture en riant, m'ouvrit la portière et m'installa. Quand elle se pencha pour attacher ma ceinture de sécurité je l'embrassai. Cette fois, elle ne se détourna pas et je pus profiter de la sensation de ses lèvres sur les miennes. Celle-ci ne dura pas et Alice se recula pour aller s'installer côté conducteur, la ceinture de sécurité me maintenant à ma place malgré toutes mes tentatives pour la suivre. Elle avait l'air de s'amuser comme une folle et me dit :
- Je te ramène chez moi, tu n'es pas en état de faire croire à ton père que tu es sobre. Je l'appellerai tout à l'heure en espérant qu'il ne veuille pas te parler.
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