" A force de fuir les batailles, fuir en devient une..."
Chapitre 14: Déjà vu.
Elle s'était mise à courir et n'avait pas cessé depuis lors.
La douleur fulgurante qui lui tiraillait les jambes s'était répandue dans l'ensemble de son corps, s'accentuant à chacune de ses respirations, lui donnant l'impression de n'être plus qu'un corps en train de brûler sans jamais pouvoir trouver ni de répit dans sa course, ni de fin à sa combustion. Depuis combien de temps courait-elle ainsi ? Depuis combien de temps fuyait-elle ainsi, sans savoir où elle allait ?
Sa poitrine paraissait ne plus pouvoir réussir à soutenir la cadence de la fuite, ni celle de l'esprit de la jeune femme qui divaguait plus encore et s'excitait bien davantage. Ses poumons ne parvenaient plus à glaner le moindre fragment d'air – le vent qui battait le visage de Serella n'était pas suffisamment fort pour cela, visiblement.
Sa poitrine s'abaissait à rythme effréné avec difficulté, comme si elle rétrécissait chaque seconde un peu plus pour au final ne plus s'abaisser du tout. Si cette douleur était insupportable, le pire demeurait toutefois les jambes.
Pourtant, en dépit du fait qu'elles fussent endolories et engourdies au point de n'être plus que souffrance, Serella serait incapable de dire où était avec exactitude l'endroit qui lui faisait le plus mal. Toute personne suffisamment cartésienne parlerait des jambes, mais surtout des pieds… Serella, la sirène, parlerait de son esprit. Son esprit qui, comme son corps, n'était plus que ruine et brume macabre. Des images funestes n'avaient cessé de tournoyer au-travers de ses songes, rythmés par chacun de ses souffles, par chacun de ses pas. Pourquoi tant de souffrance, tant de cruauté, alors que beaucoup avaient déjà souffert sans raison légitime ? Pourquoi cela devait-il continuer ? Est-ce que cela devait réellement continuer, d'ailleurs ?
La lune ne semblait plus qu'une pâle lueur dérisoire dans un ciel bien trop grand pour elle, bien peu puissante pour éclairer la terre qui paraissait trop loin d'elle pour sa faible clarté. Les étoiles à ses côtés ne valaient guère mieux et tout, autour de la sirène, – sur la terre des Hommes, terre de la vie – n'était plus qu'ombre noire – charbon de bois. Serella avait couru et courait encore sans savoir où, jusqu'à ce que sa course prenne brutalement fin lorsque son pied droit buta contre une pierre et la fit lourdement et sans retenue s'affaler sur le sol. La violence du choc lui coupa le souffle et sa tête qui avait fortement frappé le sol lui fit mal et troubla sa vision l'espace d'un instant. Le monde se mit à tournoyer et à danser autour d'elle, et la voie lactée au-dessus de la jeune femme donnait l'impression de la regarder d'un air compatissant mais sans plus d'émotion. Même la nature semblait l'avoir délaissée, abandonnée.
Les yeux rougis d'avoir tant pleuré, tant fuit ; le souffle court, haletant bruyamment, la jeune femme n'avait plus ni la volonté ni la force de pouvoir se relever. Là, gisant sur le sol, elle se regardait et s'écoutait mourir de l'intérieur. Tenter quelque chose dans son état lui paraissait dérisoire. Et puis même, que ferait-elle une fois debout ? Où irait-elle ? A présent tout prenait un sens : rien de ce qu'elle avait fait n'en avait eu un, c'était cela la vérité et cela aussi, ça faisait mal...
Quitter les siens, se jeter dans une telle entreprise aussi dangereuse que traverser un ravin orné de pierres tranchantes au fond, sur une corde en équilibre instable… cela relevait de la pure démence. Il y avait bien plus de chance qu'elle échouât qu'elle ne réussît. Bien qu'il y eût effectivement une chance de réussir, aussi infime fût-elle. Mais pour se faire, il fallait tenter le diable… Or pour le monde des Hommes, c'étaient les sirènes, le diable.
Qu'est-ce qui lui avait pris ? Philip lui avait dit plus d'une fois que la vengeance ne lui permettrait pas d'acquérir ni le bonheur ni la paix. Plus d'une fois elle lui avait craché au visage qu'elle ne cherchait ni l'un ni l'autre, qu'elle cherchait seulement justice pour les siens… Qui irait chercher justice pour elle, qui se battrait pour sa cause si à son tour elle échouait ?
Impossible de dire avec exactitude combien de temps elle resta à terre, le monde avait l'air de s'écouler au ralenti, comme dans un mauvais rêve où on se sentait observé sans jamais savoir par quoi et qu'on ne pouvait rien faire d'autre que d'attendre. Le vent vint frôler le visage de Serella et fit voleter devant ses yeux des mèches de cheveux qu'elle n'eut pas la force de retirer. Son souffle s'apaisait peu à peu, mais ce fut toutefois le sommeil qui la calma totalement en dépit de sa ténacité à vouloir lui échapper pour ne pas rêver.
o*o
Lorsqu'elle s'éveilla, la notion du temps ne lui était toujours pas revenue et la douleur était toujours présente au creux de son ventre, comme si elle la rongeait de l'intérieur.
Combien de temps avait-elle dormi ?
Serella ouvrit les yeux sur un plafond de bois et un vague sentiment de déjà vu s'insinua doucement en elle. Ce constat la calma un peu, mais son cerveau était encore bien trop embué pour s'intéresser à la situation avec attention. Elle fut prise d'un vague sentiment de vertige et se frotta les yeux avec minutie. Elle voulut se relever mais une voix l'en dissuada :
« — Non, tu restes couchée jusqu'à nouvel ordre. »
La voix lui parut familière, mais sur l'instant elle fut incapable d'y mettre un nom ou un visage. Néanmoins elle obtempéra de bonne grâce et se contenta de soupirer. Peu à peu, les événements lui revinrent en mémoire. Ils auraient toutefois pu demeurer dans l'ombre, cela n'aurait pas posé problème. Ce qui persistait à rester inconnu était l'endroit où la jeune femme se trouvait, et une date à donner au jour qu'il était.
La notion du temps la perturbait bien plus encore que celle de l'espace, sans qu'il eût de réelle raison à cela. En fermant de nouveau les yeux et en se concentrant sur le monde qui l'entourait avec ses autres sens que la vue, elle réussit à percevoir le lent et long roulis des vagues sous elle et leur bruit sourd, comme atténué par du coton ou venant d'un autre espace-temps.
Elle était sur un bateau.
« — Tu es inconsciente, en plus. » ajouta la voix masculine après quelques secondes, brisant le silence.
« — En plus de quoi ? » se surprit-elle à demander, sentant le regard de son interlocuteur posé sur elle.
« — D'être la chose la plus difficile à protéger. »
La réponse la fit tressaillir. Sans même bouger, Serella vit du coin de l'œil un corps s'approcher d'elle et se pencher au-dessus de son visage.
Philip.
Son cœur se serra. Encore lui, encore. L'homme avait le visage comme terne, les yeux cernés et la fatigue se lisait clairement sur son visage émacié. Il avait veillé la jeune femme jusqu'à son réveil, observant son visage détendu et lisse par un sommeil sans rêve. Son corps avait été étendu et immobile, à l'exception du buste qui s'était doucement soulevé et dont la naissance des seins avait été mise en valeur par le col en V de la chemise blanche qu'elle portait encore. Aux yeux de Philip et surtout lors de cette nuit, la beauté avait enfin eu un nom et un visage. Serella était bien plus belle qu'elle, il devait l'admettre même si cela était dur. Elle avait été la seule femme qu'il eût jamais aimée… jusqu'à présent. Aujourd'hui cependant, il n'était plus sûr de rien.
Serella était une autre personne, quelqu'un de différent qui respirait l'exotisme et le mystère… le danger, le désir et tant d'autres choses à la fois que s'en était déroutant.
Avoir vu Serella si fragile, si sereine et à la merci de tout et surtout à sa merci avait fait monter en lui un instinct de protection vis-à-vis de la jeune femme, et surtout un élan de désir vorace. Sa bouche légèrement entrouverte et les lèvres pleines l'avaient appelé avec une insistance malsaine durant toute sa veille, avaient accaparé son attention d'un chant inaudible mais envoûtant, d'un appel qu'il était difficile d'ignorer. Il voulait l'embrasser de nouveau, dessiner du bout de la langue le contour de ses lèvres, sentir son corps brûlant de désir contre le sien, pour lui, encore et encore et ne jamais la lâcher.
Mais elle m'a déjà menti une fois… Le fera-t-elle encore ? se demanda-t-il.
Une petite voix en lui, une voix douce de jeune femme, qui jusqu'à présent s'était tue, s'insinua dans son esprit et lui murmura pour lui seul qu'il n'avait pas non plus été très honnête avec Serella, qu'il y avait des choses sur sa vie qu'il ne lui avait pas dites. Lui aussi avait sa part de mystère, une part de lui-même qu'il lui avait caché volontairement. Avant de la juger, elle, peut-être devrait-il lever le voile sur ce mystère de sa vie. Peut-être cela l'aiderait-il à mieux comprendre sa situation et ses sentiments et surtout à l'accepter, la revendiquer pleinement.
« — Je t'ai dit de rester coucher jusqu'à nouvel ordre. Obéis pour une fois. Cela nous épargnera bien des ennuis. » lui intima-t-il d'une voix grave alors que la jeune femme essayait une nouvelle fois de se redresser.
La jeune femme n'en faisait toujours qu'à sa tête, visiblement. Même convalescente, elle ne suivait qu'elle-même et ses idées. Il y avait une part louable dans ce comportement d'une certaine témérité.
« — Tu…tu me tutoies maintenant ? » demanda prudemment Serella, les yeux rivés sur le plafond. Elle avait pour le moment renoncé à se relever, attendant le moment propice où Philip ne pourrait rien dire pour la retenir.
« —Il semblerait que oui. » déclara-t-il avant de se reculer quelque peu de la sirène, pour lui laisser davantage d'espace.
Aucune justification ne suivit la réponse laconique.
Serella soupira de lassitude et tourna lentement la tête vers la vitre, d'où les rayons jaunâtre du bon matin du soleil vinrent caresser son visage avec douceur et bienveillance. Tout ceci lui était familier, elle l'avait déjà vécu et c'était comme revenir en arrière par la volonté d'un destin sympathique et compatissant ou une force supérieure indulgente. Qui donc avait la possibilité d'accorder un tel privilège, un tel souhait ? Les dieux de l'océan accordaient-ils ce genre de prière ?
Si c'était le cas, pourrait-elle alors changer les choses, à présent qu'elle savait ce que ses anciens choix avaient engendré ? La jeune femme eut un rictus amer. Bien sûr que non, rien ne pourrait être changé, cela paraissait bien trop beau et trop peu vrai.
Elle n'avait pas le droit à une deuxième chance. Qui donc, sur cette terre, en avait eu le droit un jour ?
« — A quoi penses-tu ? » demanda soudainement Philip, un peu malgré lui.
La question avait fusé telle une expiration lâchée par automatisme, par nécessité.
« — A rien qui ait du sens pour toi. » lui répondit-elle aussitôt sans se retourner vers lui.
Tutoyer Philip sonnait étrangement.
Cela était gênant, déroutant et désagréable.
Cela soulignait d'un large trait un changement important qui s'était opéré dans la relation des deux êtres, mais pas dans le bon sens du terme. En théorie, le tutoiement servait à rapprocher les individus, à les rendre plus proches et plus complices. Dans le cas de l'ancien missionnaire et de la sirène, c'était comme s'ils avaient l'un et l'autre ériger une barrière infranchissable entre eux deux, pour se protéger l'un de l'autre, s'éloigner. Chaque nouvelle phrase achevée, chaque mot lâché et prononcé avec un parfait détachement venait déposer une nouvelle brique sur un mur qui paraissait déjà sans fin, déjà si épais.
« — Après t'avoir retrouvée à moitié morte aux abords de la ville et t'avoir ramenée saine et sauve sur le navire, je ne pense pas que tu aies le droit d'être méprisante envers moi. » remarqua Philip.
« — Tu attends donc sans doute que je sois reconnaissante, que je te remercie de m'avoir ''sauvée''. » ajouta Serella. « Veux-tu aussi que je me jette à tes pieds pour implorer ton pardon pour ma négligence ? Je ne te dois rien Philip, je ne t'ai rien demandé. Ne me donne pas le mauvais rôle, s'il te plaît. »
« — Parce que tu es trop fière pour demander quoique ce soit. » renchérit aussitôt Philip, à moins d'une seconde d'intervalle. « Ne sois pas stupide Serella, et ne me fait pas passer pour la personne que je ne suis pas. Si je ne dois pas te donner le mauvais rôle, fais-en de même pour moi. »
« — Et qui es-tu, dans ce cas ? Et que veux-tu ?»
La jeune femme se redressa d'un bond et plongea son regard bleu dans celui de Philip, comme si elle cherchait à sonder son esprit au plus profond de lui-même. Celui-ci affronta et soutint le regard tant qu'il le put. Il ne tenait ni ne voulait être le premier à baisser les yeux. Cette situation, ils l'avaient déjà vécue. L'ancien missionnaire devrait ressentir de la colère pour Serella, mais chaque fois qu'il la voyait dans une position de détresse, il ne pouvait plus lui en vouloir. Il ne pouvait se mentir et, par conséquent, lui mentir à elle aussi.
Une personne qui tient à toi. C'est toi que je veux, aurait-il pu répondre, aurait-il dût répondre.
Inutile de préciser que c'était son bonheur à elle qu'il désirait avant tout, Serella ne l'aurait pas cru.
Elle ne semblait pas le croire quand il évoquait la notion de bonheur, elle ne semblait croire personne qui évoquait un sentiment ou une notion positive. Comme si la jeune femme n'avait jamais rien connu d'autre que l'ombre, la souffrance et la tristesse. Comme si le monde n'était fait de rien d'autre que de ça. Ce n'était pas le paradis, le monde était bien loin de l'être, mais pourtant tout être tenait à le quitter le plus tard possible. Non, ce n'était décidément pas le paradis, mais c'était ce pour quoi les Hommes se levaient tous les jours et se battaient. Pour vivre dans ce monde de tristesse, de souffrances et d'ombres, de joie, de bonheur et d'amour et de lumière.
Finalement, il répondit :
« — Des réponses. Tu m'en dois quelques-unes si je ne m'abuse. »
« — Certes… Mais pas maintenant s'il te plaît c'est…trop tôt. »
Seradyl, l'entraînement et son crime lui revinrent beaucoup trop nettement en tête, comme si la vérité avait soudainement surgit d'un recoin de son esprit pour la rattraper par le collet, lui crachant au visage tous les actes qu'elle avait eu le malheur d'oublier. La violence était comparable à une volée de gifles, chacune décrochée avec la haine et le mépris, la rancœur.
Le sourire de John et son visage apaisé, presque serein, revint la hanter en premier et en dernier. Un calme qui avait sonné comme une bénédiction enfin accordée qui brillait dans ses yeux comme la dernière chose qu'il avait emporté de son monde.
La jeune femme ne voulait plus y penser, ne voulait plus penser à rien de tout cela, mais elle savait que Philip ne la lâcherait pas sans avoir eu ses réponses et, quelque part, il était dans son droit. Encore une fois, elle lui devait la vie.
« — Qu'est-ce qui est arrivé à John, Serella ? »
Serella voulut parler mais les mots et les sons se bloquèrent au fond de sa gorge et se transformèrent en sanglots. La jeune femme lutta pour les retenir mais le peu d'énergie qu'elle avait récupéré lors de son sommeil ne lui permit pas de dissimuler longtemps son mal être. Elle ne devait pas pleurer, sinon ses larmes la feraient se transformer si toutefois elle le pouvait encore. En se concentrant sur sa respiration et en baissant la tête, elle put retenir de justesse ses larmes. Ses cheveux tombèrent en barrière protectrice autour de son visage, la coupant littéralement du monde extérieur et de Philip par la même occasion.
Celui-ci affichait une mine incrédule, n'ayant jusqu'à présent jamais vu la jeune femme dans un pareil état et cela l'inquiétait. Assurément, il s'était passé quelque chose de grave et il tenait à le savoir. Cependant, il savait aussi que pousser Serella aux aveux ne serait bon ni pour l'un, ni pour l'autre… Et dans l'immédiat, ce qui s'était passé lui importait peu, seul l'état de la jeune femme le tourmentait et le mettait mal à l'aise. L'ancien missionnaire ne voulait pas continuer à la voir dans cet état miséreux, misérable. Il fallait d'abord la calmer, la rassurer.
Il repensa à la femme qu'ils avaient rencontré dans la taverne sur l'île et l'ancien pasteur se maudit une fois de plus d'avoir cédé à la demande de celle-ci, quand elle avait exigé aux autres et à lui-même de lui laisser Serella. A coup sûr, elle était la fautive de tout ceci et, comble du malheur, elle ne pourrait jamais répondre de ses actes.
Un immense sentiment de frustration envahit l'être du jeune pirate, mêlée à une colère sulfureuse. Lui qui avait dit à Serella que la vengeance ne lui accorderait pas le bonheur, il songea à quel point la venger lui aurait fait du bien. Certes, la violence ne conduit jamais à rien de bon, mais parfois les gens ont besoin d'une bonne gifle pour rentrer de nouveau dans le droit chemin. Un mal pour un bien.
Philip se rapprocha de Serella et l'enserra de ses bras puissants, l'attirant contre lui jusqu'à pouvoir poser sa tête contre la sienne et respirer l'odeur saline de ses cheveux. Il était étrange d'ailleurs qu'elle eût toujours cette odeur particulière de sel, de mer, mais cela n'était pas dérangeant dans le mauvais sens du terme. Inconsciemment, ses doigts allèrent se perdre dans la chevelure douce et soyeuse de la jeune femme, s'emmêler dans ces derniers. Il savait que ce n'était pas le moment, qu'il ne devait pas penser à cela mais c'était presque incontrôlable.
Serella, plaquée contre le pirate huma le parfum qui se dégageait de l'homme. Une odeur masculine et fraîche. Lui s'était changé, à la différence d'elle ; mais si ses vêtements étaient neufs et propres, ils paraissaient déjà imbibés de son odeur. Comme prise d'une soudaine envie, Serella enfouit sa tête dans le torse de Philip et déposa un baiser au creux de celui-ci, remontant lentement jusqu'au coup du jeune homme dont elle caressait la peau avec sa bouche en l'effleurant à peine, égrenant des légers baisers jusqu'à remonter au niveau de la bouche.
Le jeune pirate frissonna et demeura crispé face à cette soudaine manifestation d'amour et de désir et, comme la première fois, il se contrôla pour ne pas y répondre avec trop d'appétit et de ferveur. Mais quand il sentit le souffle de la jeune femme contre sa bouche, il la captura avec autant d'envie et de douceur qu'il put et prit le relais aussitôt. Les baisers qu'ils s'échangeaient étaient voraces et n'avaient plus rien de chastes ; ce n'était pas un jeu ou un simple plaisir à satisfaire. C'était bien davantage. C'était tant et plus qu'une simple chose.
Leur langue se retrouvèrent comme guidées par l'instinct, sans avoir eu besoin de se tâtonner au préalable pour se redécouvrir et Philip porta Serella dans ses bras, la ramenant encore davantage à lui, l'ayant totalement à sa merci. La jeune femme s'abandonna complètement à son étreinte, s'agrippant à son cou tout en offrant sa bouche à celle de son partenaire. Etant légèrement surélevée par rapport à la bouche de Philip, celui-ci se rabattit sur le buste de la sirène, mordillant la frontière entre le cou et l'épaule, ce qui suscita chez Serella plusieurs vagues de frissons.
L'envie d'aller plus vite, plus loin, les saisit tous les deux et le désir faisait déjà haleter l'ancien missionnaire qui déposa sa compagne sur le sol, et qui, la dominant d'une tête, posa son front contre le sien. Ses mains devenues libres allèrent jouer et titiller les cordons de la chemise de Serella, qui vint ajouter ses propres mains. Philip sourit et embrassa de nouveau sa compagne tandis qu'elle l'aidait à faire glisser ses vêtements sur le sol. Au moment où la chemise glissa à terre et où Philip empoigna la jeune femme par les hanches, la porte de la pièce s'ouvrit d'un seul coup.
Le Capitaine.
J'ai rien à dire, sinon que je suis ignoble d'avoir pris aussi longtemps à publier un chapitre si court.
Je vous aime.
Lhenaya.
