CHAPITRE 14 : Alliances
Beta : Kagura2409.
Pansy et Théo restèrent silencieux un long moment après avoir vu les souvenirs de Seth.
Ils étaient dégoûtés, révoltés par tant de bassesse. Tout prenait un sens, et expliquait parfaitement les derniers événements… Draco avait toujours eu une obsession vis à vis de Potter. Pansy savait que lorsque le lion avait refusé sa main au dragon en première année, il l'avait énormément blessé, mais Pansy serait toujours au coté de Draco, même si Potter entrait dans l'équation.
Théo, quant à lui, comprenait d'avantage et se sentait justifié dans sa décision. Potter avait toujours été un Joker, se sortant toujours de situations impossibles en étant chaque fois plus puissant, et maintenant, il avait également la preuve qu'il était intelligent. Il avait su se détacher des tromperies et des trahisons. Il avait réussit à attirer Draco et sa famille à lui alors que moins d'un mois auparavant, ils étaient ennemis. Potter rebondissait toujours sur ces pieds, mais jusqu'ici, il avait été seul, -Granger et Weasel ne comptaient plus maintenant- par contre à présent, il commencait à s'entourer d'alliés puissants. Oui le seigneur des Ténèbres était encore puissant lui aussi, mais il était fou. Potter pouvait gagner. Et Théo voulait être du coté des gagnants. Par ailleurs, il était envieux de la complicité de Potter, Blaise et Draco, il ne voulait pas être en dehors de ça. Il ne regrettait pas son serment…
« Alors maintenant, est ce que vous pouvez nous dire ce que vous avez fait à Percy ? » demanda Pansy.
Seth ricana.
« Et bien il va commencer à sérieusement souffrir… A cause de son agression à Gringotts, il vient de recevoir son assignation au tribunal, et en plus ce jour là je lui ai lancé le sort Furonculose Durarus. Depuis, il a des pustules sur tout le corps dont il n'arrive pas à se débarrasser, » répondit-il avec un grand sourire.
« Mais attends Pansy, ce n'est pas finit ! Sur le Chemin de Traverse, Seth lui a aussi lancé un sort de flatulences… » dit blaise en riant.
« Tu oublies de dire qu'il a réussit à lui coller une mocheté nommée Elisa qui le suit partout, et que cette même Elisa lui a fait un scandale monumental en pleine rue. Blaise a lancé un sort Fodio qui a fait un trou dans le sol, ils y sont tombés tout les deux. Cela les a mis dans une situation très compromettante, et comme par hasard, un journaliste de la Gazette passait par là… » Compléta Draco avec un sourire jusqu'aux oreilles.
« Tenez, ils en parlent ! » dit Blaise en tendant la Gazette à leurs amis.
Théo et Pansy se penchèrent sur le journal avec de grands sourires, et quelques gloussements de bonheur. Ils parcoururent rapidement l'article et regardèrent un moment la photo et Percy se débattait dans son trou pour repousser Elisa.
« J'y crois pas ! » Cria Pansy, « j'aurais tant voulu voir ça ! Raah, je ne veux pas rater ce genre d'événements ! »
« Je savais que mon intuition était juste, tu es le plus diabolique des Serpentards refoulés, tu caches bien ton l'école te prends pour le garçon d'or de Dumby, intrépide, courageux mais pas très intélligent, mais personne n'as vu ton coté sournois et revenchard... » renchérit Théo avec un grand sourire.
« Mais je ne suis pas refoulé… » répondit Seth en faisant la moue.
« Tu ne peux pas dire ça Théo, car il est vraiment très chaud avec Severus, je peux t'assurer que sur le point sexuel il n'a pas l'air du tout refoulé... » dit Draco en riant.
« Quoi !? Toi et le Professeur Rogue ? Ce n'est pas possible, vous vous haïssez… » énonça Pansy, ébahie.
« En fait, nous sommes mariés depuis quelques jours. Après tout, tu sais ce qu'on dit de l'amour, ce n'est pas si loin de la haine… »
« Là, j'ai besoin de m'asseoir, dois je m'inquiéter pour Draco aussi ? » demanda Pansy d'une voix blanche.
Draco rougit fortement et tous sourirent.
« Seth, tu es vraiment étonnant ! » conclut Théo, impressionné.
« Et tu n'as encore rien vu ! » S'exclama Draco.
« Que veux-tu dire ? » Demanda Nott fils
« Avec lui, des événements étranges arrivent, même Severus le dit, » expliqua le dragon.
« Et bien… Tu as bien fait de changer d'amis, ce nouveau profil te rend moins pathétique, tu es en route sur le chemin de la grandeur… » Observa Théo.
« Il me semble que c'est ce que le choixpeau magique m'a dit lorsqu'il il a voulu m'envoyer à Serpentard… » Répondit Seth, pensif.
Les quatre nouveaux amis de Seth le regardèrent avec étonnement avant d'éclater de rire. La porte s'ouvrit et Lucius et Antonio entrèrent.
« Et bien, il y a de l'ambiance ici ! Bonsoir jeunes gens, » salua Lucius.
Les deux hommes se présentèrent et Seth leur résuma brièvement la situation.
« Lucius, Tonio, je suis content de vous voir, Pansy et Théo nous ont rejoints, » les informa-t-il.
« C'est plutôt une bonne surprise, bienvenue à vous. Harry, tout se passe très bien au journal, nous avons déjà reçu une visite du Ministère et nous leurs avons bien fait comprendre que dorénavant, "Le Prophète" n'avait plus de comptes à leurs rendre, et que toute tentative d'intimidation finirait devant les tribunaux. Ils étaient furieux, j'ai adoré, mais on ne peut rien contre la liberté de la presse ! Le gouvernement a perdu le contrôle des médias, ça va être la panique au Ministère ! Barnabas se sent revivre, il a l'impression de se retrouver, jeune journaliste débutant sa carrière, sans restrictions ou textes dictés par les sbires d'un gouvernement corrompu… Cela lui a rendu son enthousiasme et le goût de son métier, et la liberté n'a pas de prix, il a bien compris la nuance de ce que nous lui apportons : une actualité vraie ! »
« Lucius… » Dit Harry d'une façon tellement appuyée que tous le monde éclata de rire…
« Quoi !? » S'indigna-t-il, « tu as déjà entendu ton père parler comme un militant toi ? » Répondit-il en se tournant vers Draco.
« Papa, sur ce coup là, Harry a raison, t'es incroyable ! Mais j'adore ton enthousiasme, du jamais vu chez les Malefoy ! »
« Oui, bon, ça va, » se renfrogna Lucius…
« Lucius, je vous laisse jusqu'à la fin des vacances au journal, vous servirez d'intermédiaire avec Tonio, et après on passera à l'opération financière, mais on en rediscutera, d'accord ? » Demanda Seth.
« D'accord, le timing me convient parfaitement, la j'i un terrain de jeu a expérimenter. » confirma Lucius.
Antonio intervint.
« Harry, mes hommes ont commencé à préparer les dossiers sur la liste de noms dont nous avions parlé, et il y a des choses croustillantes à soulever. Par ailleurs, la femme dont nous avions évoqué la mission s'occupe de Percy et de Ron simultanément, et cela se passe très bien… »
Seth, Draco et Blaise ricanèrent.
« Effectivement, nous avons pu avoir un aperçu de ses talents… Parfait, tenez-moi au courant. Oh, et dites-moi Tonio, Ororo cherche bien un nouveau mari ? »
Blaise et Tonio grimacèrent de dégoût.
« Bien sûr, comme chaque fois qu'elle a réussi à assassiner l'ancien, pourquoi ? »
« Pourriez-vous arranger une rencontre avec Fudge ? Notre veuve noire pourrait sans doute s'en occuper, non ? Elle gagnerait le prestige d'un Ministre, sortirait de la famille, et si par malchance son mari, suite à un remaniement ministériel perdait son emploi… Je suis sur qu'elle ne le supporterait pas et que monsieur Fudge serait victime d'un accident fatal… Et si elle se fait prendre, car bien sur, elle sera sous surveillance discrète, -regardez coté moldu, ils ont du matériel sympa pour l'espionnage,- et bien… Ce serait Azkaban, qu'en pensez-vous ? » Proposa Seth, pensif.
Un grand silence accueillit la proposition. Seth releva la tête et les regarda, inquiet. Avait-il été trop loin ? Tous le regardaient avec étonnement, les yeux ébahis, hagards, le regard fixe. Harry commençait à vraiment s'inquiéter. Tonio fut le premier à reprendre contenance et sourit, puis regarda Blaise qui approuva de la tête.
« C'est parfait, je n'aurais pas trouvé mieux moi-même, Harry. Une fois cette affaire réglée, il va falloir que tu viennes en Italie et que tu prennes ta place dans mon clan ! Non, je veux que tu y réfléchisses sérieusement… »
« Bien, nous en reparlerons, oncle Tonio. »
« Harry, merci ! C'est la solution idéale pour ma génitrice, » approuva Blaise, très touché que Harry s'occupe de son problème.
« Seth, mais d'où sors-tu ? Tu es incroyable ! » S'exclama Pansy avec ravissement.
« Ton machiavélisme, ton organisation et tes idées confirment bien la justesse de ma décision, » acquiesça Théo avec un sourire en coin.
Lucius le regardait une lueur de fierté au fond des yeux. Il était encore une fois ému, c'était du grand art…
La porte s'ouvrit de nouveau dans un grand bruit. Narcissa fit son entrée, suivie par Andromeda, Augusta et Neville. Toutes les discussions s'arrêtèrent d'un seul coup, personne ne sachant ce qui pouvait être dit, et le silence se fit. Augusta, majestueuse, vint se placer à la tête du groupe et frappa le sol de sa canne pour bien attirer l'attention. Tous restèrent ébahis devant l'entrée royale de la Matriarche du clan Londubat.
« Je veux voir Harry Potter ! » exigea-t-elle, impérieuse.
« Augusta, très chère, je vous avais demandé de la discrétion… » Se lamenta Narcissa.
« Ce n'est pas grave Narcissa. »
Seth ne semblait pas étonné. Draco se promis de lui en demander les raisons plus tard, puis Seth se leva et dit :
« Je suis Harry Potter. »
Augusta s'approcha, le dévisagea, inspectant son corps sans se gêner, puisque Harry était encore en maillot de bain. Elle s'attarda sur les tatouages runiques autour de ses biceps, regarda longuement et fixement le tatouage de corbeau sur son poignet. Puis elle plongea son regard perçant dans les yeux verts qui la défièrent.
« Je dois dire que le changement et votre coté Elfe sombre me plaît bien, si j'avais cinquante ans de moins… »
Seth lui lança un regard surpris et Neville rougit.
« Bien, passons, je veux savoir ce qui se passe, » exigea-t-elle de nouveau.
« Je veux d'abord vous remercier pour vos serments. Il est évident que mon identité doit rester secrète, et vous avez accepté de m'y aider sans être au courant de mes projets... »
« C'est pour cela que je n'ai pas fait le serment de vous aider dans vos projets ! D'ailleurs, qui me dit qu'ils me conviendront !? »
« Grand-mère ! » Intervint Neville avec une virulence rare, surtout envers elle, « J'ai confiance en Harry ! Il est mon ami et quelqu'un de bien et je le suivrai, peu importe ce qu'il dira ! Par ailleurs Harry, je suis très heureux de te revoir… » Salua-t-il.
Harry sourit.
« Salut Neville, moi aussi je suis content de te revoir », répondit Harry. « En ce qui concerne mes projets, » reprit-il à l'adresse d'Augusta, « je compte éliminer Voldemort, révolutionner le ministère, et jeter plus bas que terre Dumbledore et ses alliés… Pour ce qu'ils m'ont fait pendant toutes ces années, il doivent payer ! »
Augusta fronça les sourcils.
« Vous êtes ambitieux, cela me plaît et j'aime les hommes qui savent ce qu'ils veulent ! Je suis des vôtres ! Il était temps qu'un homme de poigne prenne en main la situation… Mais qu'est ce que ce vieux toqué citronné a bien pu vous faire pour que vous le haïssiez à ce point ? »
« Vous le saurez en temps voulu, et très bientôt, je vous le promets. »
Augusta haussa les épaules avec un soupir de souffrance, puis de légers rires se firent entendre. l'ambiance s'était détendue après l'entrée fracassante de ce vieux dragon. Augusta tendit sa canne à Lucius en lui faisant un clin d'œil, ce qui laissa Lucius estomaqué.
« Je sais que vous en prendrez soin, » dit elle d'un air malicieux en désignant sa canne.
Seth vérifia que toutes les personnes présente étaient bien sous serment et il fit les derniers ajustements avec les Londubats.
Harry tendit le bras, appela sa baguette d'un sort informulé qui faisait toujours son petit effet, et prononça le « J'accepte » rituel. Les fils d'argent s'unirent, puis disparurent. Le pacte était scellé.
Pendant que Neville, Augusta, Narcissa et Androméda plongeaient dans la pensine où les souvenirs de Harry flottaient toujours, les discussions reprirent entres les convives réunis sur la terrasse.
« Harry dis-moi pourquoi tu n'étais pas étonné de l'arrivée de Londubat ! » Demanda un Draco impatient…
« C'est simple Draco : quand nous avons été au square Grimaud, tu te souviens que j'ai accepté que ta mère et Androméda aillent parler avec Walburga ? »
Draco hocha la tête.
« Et bien figure-toi que cette chère Walburga est une grande comère qui a été privée de son petit plaisir personnel pendant des années : les potins ! J'étais sûr qu'elle ne raterait pas l'occasion de dire à ta mère et Androméda tous les secrets qu'elle avait entendus, surtout ceux concernant l'ordre… De plus, Walburga est tellement contente d'avoir de nouveau un Black à la tête de la famille qu'elle est prête à tout pour m'aider. Tu as remarqué que ta mère et Androméda ne s'étaient pas attardées et étaient parties tout de suite après la fin de la visite? Cela a confirmé mes soupçons : elles en avaient appris beaucoup avec le portait… Le soir même, j'ai informé Narcissa de mon identité, et sa réaction a été disproportionnée ! Ta tante et ta mère, après en avoir discuté, on dû décider de chercher d'avantage d'appuis pour moi, et la solution logique était de faire appel à la figure la plus respectable du monde magique : Augusta Londubat ! Qui sont d'ailleurs d'anciens alliés de la famille Potter. »
Draco se laissa tomber sur une chaise, bouche bée, et il se serait sans aucun doute fait vertement réprimandé par son père pour ce manque flagrant à l'éducation des Malefoy si Lucius lui même n'avait pas été dans le même état… Tous étaient en admiration devant le raisonnement de Seth…
« Bien raisonné… » Dît Lucius, aussi orgueilleux que si c'était lui qui avait fait cette déclaration.
« Tu avais raison d'anticiper, cela tient parfaitement la route ! » Approuva Tonio.
« Mais tu es un vrai Serpentard avec des raisonnements pareils ! Ce n'est pas croyable, comment se fait-il que nous n'ayons jamais rien remarqué avant !? » lança Pansy.
« C'était bien manœuvré : tu as pris un risque, mais cela a marché ! Tu es étonnant ! Je ne regrette rien et je suis heureux d'avoir assisté à ça, » Conclut Théo avec un soupir de satisfaction.
Soudain, Androméda, Narcissa, Augusta et Neville sortirent de la pensine ,horrifiés par ce qu'ils avaient vus, et plus déterminés que jamais à faire obstacle à ces monstres ! De petits groupes se formèrent, commentant les événements avec excitation…
Harry allait récupérer ses souvenirs dans la pensine quand il sentit un regard brûlant dans son dos. Lorsqu'il se retourna, Severus se tenait dans l'encadrement de la porte et il le dévorait du regard.
Severus était magnifique, l'homme le plus séduisant qui existe avec sa longue robe noire, sa cape flottant autour de lui, sa virilité à fleur de peau… Il avait une prestance unique et magique !
Et c'était lui qu'il regardait…
Son regard sombre enflamma la moindre parcelle du corps d'Harry, faisant couler le feu dans ses veines. Sa respiration s'accéléra, et il se précipita vers lui, noua ses bras autour de sa nuque, et ils s'embrassèrent passionnément…
Ils retrouvèrent le goût de l'autre avec délectation et bonheur. Harry passa ses doigts dans les longues mèches sombres avec volupté, poussant un gémissement de plaisir lorsqu'il sentit les bras de Severus le serrer avec un désir fou. Les mains de Severus caressèrent son dos avec frénésie, oubliant tout, sauf son amour qu'il avait enfin retrouvé. Merlin, cela ne faisait que quelques jours, mais comme il lui avait manqué…
« Je vous rassure, ils sont mariés, » expliqua Lucius avec un petit rire devant les mines gênées.
« Je rajouterais même que ce sont de jeunes mariés qui n'ont pas encore eu de voyage de noces, ce qui explique sûrement ce débordement d'affection, » renchérit Tonio.
« Cela me semble évident, leur amour est visible ! Il est même d'une incroyable force ! » Répondit Augusta en regardant le couple avec intêret, et n'en perdant pas une miette, vivement émoustillé malgrè son age vénérable.
« Je n'en reviens pas, ils sont vraiment mariés, et c'est chaud en plus ! » Murmura Théo.
« Wahh moi aussi je veux un amour aussi fort ! » S'enthousiasma Pansy.
Narcissa et Androméda admiraient avec ravissement le couple et essayaient d'avoir un meilleur angle pour mieux voir le tatouage dans le dos de Harry, qui les intriguait beaucoup. Le serpent s'enroulait avec lascivité autour de l'épée, et le corbeau, posé dans les branches du chêne sur le pommeau, les observait d'un air calme. L'image était à la fois magnifique et torride.
« Harry et le Professeur Snape, je crois que je vais me sentir mal… » Déclara finalement Neville, pour sa part, plutôt très choqué.
« Longdubat, tu n'es pas en cours là ! Moi je trouve le spectacle plutôt excitant, je ne pensais pas que ça pouvait être aussi bandant entre deux hommes… » S'étonna Blaise.
« Oui, tu as raison Blaise, ça fait de l'effet de les voir comme ça… » Acquiersça Draco d'une voix blanche.
Severus s'écarta d'Harry, mettant un terme à leurs retrouvailles. Ayant entendu les commentaires, il regarda avec étonnement l'assemblée autour de lui et rougit légèrement.
« Harry, que fais-tu dans cette tenue !? Vas t'habiller… »
Harry lui fit un petit sourire espiègle.
« Nous étions dans la piscine avec Draco, Blaise, Théo et Pansy… J'y vais de suite, je ne serais pas long ! »
Severus sourit. Malgré le fait qu'il n'aimait pas exposer ce qui lui appartenait, il était fier de son époux et ravi de le retrouver parmi ses serpents…
« Attends Harry ! Blaise, Théo et moi allons nous changer aussi… » Le rattrapa Draco.
Les quatre garçons entrèrent dans la maison. Lucius et Tonio vinrent raconter les dernières nouvelles à Severus. Ils lui parlèrent du ralliement des derniers membres à leur groupe, de ce qui s'était passé au journal, et des opérations menées par Tonio.
Narcissa, quant à elle, demanda à ses elfes de maison d'installer un grand buffet dehors, avec des bougies flottantes pour éclairer le parc, car la nuit tombait… Androméda et Augusta acceptèrent avec plaisir de passer la soirée avec eux.
Pansy se rhabilla et entama la discussion avec Neville, qui, une fois la jeune fille rhabillée, se sentie vite à l'aise, même si elle venait de Serpentard…
Les elfes installèrent rapidement les tables et commencèrent à circuler, offrant des apéritifs aux convives.
Narcissa sourit, elle adorait les soirées. L'ambiance était détendue, les invités discutaient, tout se passait bien…
Le nouveau quatuor redescendit et Severus se tourna vivement vers Harry. Il portait un jean noir avec une chemise d'acromentula vert bouteille, rehaussée par une robe de sorcier d'un vert plus sombre et brodée d'arabesques orientales et de perles. Il lui adressa un discret sourire, son amour était magnifique…
Draco avait mis le même genre de tenue que Harry, mais en bleu. Blaise était en jaune, ce qui faisait ressortir sa peau métissée de façon très esthétique, et Théo donnait une impression plus classique en noir.,
Le quatuor rejoignit rapidement Severus, Tonio, et Lucius. Severus ne se sentit pas gêné de parler de ses déboires avec le Lord devant tous ses serpents. Après tout, ils avaient fait le serment...
« Bien Harry, maintenant que tu es là, il faut que tu sache ce qui s'est passé avec le seigneur des ténèbres... Quand je suis arrivé, il était malade et avait des migraines terribles. Bien sûr il était de mauvaise humeur et m'a envoyé quelques doloris… Mais ce qui important, c'est qu'à ton passage à l'âge, l'élimination des verrous a eu des conséquences sur votre lien psychique ! »
Harry poussa un cri horrifié.
« Par Merlin Severus, je suis désolé qu'il t'ait envoyé des doloris ! » dit-il, bouleversé.
Severus leva les yeux au ciel. Stupide Gryffondor trop Poufsouffle…
« Mais non ! Harry, ce n'est rien ! Ce qui est important, c'est que ton changement a fortement abîmé le lien ! Il m'a bien évidemment demandé une potion qui arrête les migraines et, par miracle, j'ai réussi l'exploit d'en faire une, elle va les arrêter momentanément, mails les aux de tête vont bientôt reprendre, et encore plus violemment !- De plus la potion a rompu votre lien définitivement ! Tu ne recevras plus de visions de ce monstre ! Je lui ai dit que sa douleur venait du lien, et de ta déprime suite à la mort de Sirius… »
Cette fois ci, Harry resta bouche bée, sans savoir comment exprimer sa reconnaissance.
« Oh Severus ! tu es merveilleux, tu ne peux pas imaginer à quel point j'ai souffert de ces visions ! Ne plus avoir de lien avec lui représente beaucoup pour moi, merci… »
« Avec le morceau d'âme que tu avais en toi, tu ne pouvais rien y faire. Le seigneur des ténèbres a subit le contrecoup du changement et son âme, déjà fractionnée à son maximum, n'a pu y faire face. J'en ai également profité, pendant que j'étais là-bas, pour empoisonner plusieurs rats… Le poison est lent à agir, mais Nagini les mangera et s'empoisonnera, elle sera morte avant fin Août. Un conseil Lucius, ne te rends à aucune convocation pendant cette période : il va devenir fou, entre la mort de son serpent et ses migraines, qui seront beaucoup plus intenses… »
Lucius grimaça en frissonnant.
« Tu as bien fait de me prévenir, merci, » répondit-il. « Harry, si tu es d'accord, je connais quelques mangemorts qui seraient tout à fait prêts à nous rejoindre, je pourrais les contacter, et nous leurs ferions prêter serment à eux aussi… Qu'en dis-tu ? »
« C'est une bonne idée Lucius, mais il faut que tu sois sûr de toi, car nous n'avons pas le droit à l'erreur ! »
Lucius secoua la tête.
« Nous ne seront pas trahis Harry, ce sont des gens qui veulent protéger leur famille de la folie de Lord noir… Et je m'arrangerais pour que Peter tombe entre les mains des aurors! »
« Alors c'est d'accord ! Et si en plus je peux réhabiliter mon parrain, ce sera parfait ! »
Ils venaient de terminer leur conversation lorsqu'un elfe de maison annonça Mademoiselle Nymphadora Tonks, ainsi que Messieurs Arthur, Fred et Georges Weasley…
Tout le monde retourna vers Harry. Seth haussa les épaules. Toutes les personnes ici présentes sont sous serment, n'est ce pas ? Vous avez tous juré de me protéger, moi et mes intérêts, alors qu'ils entrent, mais nous veillrons à effacer leurs mémoirs, avec nos sortilèges d'Oubliettes… si besoin s'en fait sentir. »
Tonks et les Weasley s'avancèrent, manifestement un peu plus surpris à chaque pas qu'ils faisaient.
« Bonsoir à tous ! Oh, maman, tu es là ? C'est une bonne surprise ! »
Androméda s'avança vers sa fille, pour l'accueillir.
« Nymphadora, tu as vraiment le don de travailler tes entrées… Et je vois que tu n'es pas venue seule… »
« Dis donc Fred, on tombe en pleine réunion… De quoi en fait ? C'est la question… » Murmura Georges.
« Oui, et je vois même la vieille Augusta ! Il est évident qu'il se passe un truc ici, quelque chose d'important… » Ajouta Fred.
Les cheveux de Tonks se teintèrent de gris, et elle prit un air triste. Arthur resta silencieux, dévisageant celui qui était manifestement Seth Black.
« Tu m'as appelée Nymphadora, c'est que tu n'es pas contente de me voir, sinon tu aurais dit Nymph', » constata Tonks.
C'était évident. Et idiot ! Elle aurait du réfléchir avant de s'imposer chez les Malfoy, surtout avec les Weasley…
Lucius s'avança vers les intrus. Il était curieux de connaître les raisons de la présence d'Arthur chez lui.
« Bonsoir Arthur. C'est une surprise de te recevoir chez moi, surtout avec tes enfants ! Étant donné que nous sommes loin de travailler dans le même service au ministère, jamais je n'aurais pensé que cela arriverait un jour… » Énonça-t-il d'un ton nonchalant, faisant mine d'inspecter ses ongles parfaits…
Arthur hocha la tête, reconnaissant les salutations pour ce qu'elles étaient : le salut d'un Sang-Pur à un autre Sang-Pur, -même si son sang n'était pas aussi pur qu'il l'aurait voulu-, ainsi qu'un test. Étrangement, Lucius ne semblait pas si hostile à sa présence qu'il l'avait imaginé, et il se demanda vaguement si ce fameux Seth Black y était pour quelque chose. Du coin de l'œil, il vit les jumeaux échanger un regard…
« Bonsoir Lucius. Excuse-moi de te déranger, toi et tes invités, mais la raison de ma présence ici est vraiment importante… »
« Une raison importante ? Vraiment ? Puis-je la connaître ? »
« Excusez-moi Lucius, c'est moi qui les ai amenés, » se justifia Tonks.
Arthur chassa sa remarque d'un geste de la main. Cela ne lui plaisait absolument pas de penser cela, mais parfois, il était vraiment évident que la jeune femme avait été élevée par un moldu…
« Tonks, laisse moi répondre à Lucius, s'il te plaît. Nous voudrions voir le Lord Seth Black, » reprit-il.
Harry s'avança alors vers Tonks et les Weasley. La présence d'Arthur et de ses fils était délicate, car il en voulait à plusieurs membres de leur famille, et Harry ne savait pas comment ils le prendraient. Par ailleurs, il n'avait vraiment pas envie de les blesser, parce qu'il aimait bien Arthur et les jumeaux. Tellement qu'il osait même espérer qu'il aient été plus sincères avec lui que Molly, Ron et Ginny. Leur présence ici chez leurs ennemis jurés, les Malfoy, trouvait forcément sa source dans la vérité, mais il ne savait pas ce qu'ils avaient déjà appris, et la vérité dans son entier allait les blesser à coup sur…
«Je suis Lord Seth Orion Black, » salua-t-il.
« Bonsoir, » le salua Arthur avec une inclinaison respectueuse de la tête.
Il était évident que le Lord était un véritable Sang-Pur, et il se trouvait entouré de Sangs-Purs. Il lui fallait respecter le protocole.
« Sachez que je suis sincèrement désolé de vous déranger pendant votre soirée. Je me nomme Arthur Weasley, et voici deux de mes fils, Fred et George. » Expliqua-t-il en désignant les jumeaux. « Bien qu'il soit évident que vous êtes occupé, je me vois dans l'obligation de solliciter un entretien privé, et cela, croyez le bien, dans la plus grande urgence…»
Les jumeaux détaillèrent Seth de leurs yeux aiguisés. Il avait fière allure avec son pantalon noir, sa chemise verte et sa robe de sorcier. C'était un bel homme, et il se déplaçait dans ce nid de Serpents avec aisance, comme si il y était né. Et alors que Seth se détournait légèrement pour accorder plus d'attention à Lucius, qui lui murmurait quelque chose à l'oreille, les trois Weasley furent profondément choqués de voir qu'il était une créature. On n'avait pas vu d'Elfe depuis plusieurs siècles en Angleterre !
« Serpentard ? » Demanda discrètement Fred.
« Serpentard ! » Confirma Georges.
« Elfe ? » Demanda Fred.
« Elfe noir à mon avis ! » Confirma Georges.
Seth sourit de la conversation, que ses fines oreilles elfiques avaient entendu, et haussa un sourcil amusé. Ces deux là étaient uniques…
« Tu peux utiliser mon bureau pour avoir un entretien privé si tu le souhaite, » lui indiqua Lucius.
Harry le remercia d'un hochement de tête.
« Severus, accompagne-moi je te prie, » demanda Seth à son époux.
Il ne savait pas ce qui allait se passer, mais il était possible qu'il ait besoin de soutien. Quelques instants après, les Weasley et Tonks suivaient Seth et Severus jusqu'au bureau de Lucius. Au passage, Seth lui murmura à l'oreille qu'il risquait d'avoir besoin de la pensine. Lucius acquiesça brièvement et s'empressa d'appeler un elfe de maison…
Une fois qu'ils furent seuls, Seth invoqua un fauteuil d'un sort informulé pendant que tous prenaient place autour de lui, sauf Severus, qui resta debout derrière lui et posa une main rassurante sur son épaule. Seth poussa un soupir et se détendit un peu. Il était là. Il ne le lâcherait pas…
Les jumeaux échangèrent un regard qu'il ne pu interpréter. Le silence qui s'était installé ne fut brisé que par l'arrivée d'un elfe de maison, qui apportait une pensine et six whiskies pur feu. Finalement, Arthur décida de lancer les hostilités…
« Severus, c'est une surprise de te voir ici, » commença-t-il.
Severus haussa, comme toujours, un sourcil sarcastique.
« Je te rappelle que Lucius est mon ami, » répondit-il d'une voie ironique.
« C'est vrai. Pourtant, je n'ai pas vraiment l'impression que la réunion de ce soir soit une soirée de divertissement, » rétorqua Arthur.
Severus lui renvoya un regard aussi méprisant qu'énigmatique. Comme si ce n'était pas à lui de juger de si il était digne de confiance.
Arthur se renfrogna. Suite aux découvertes de Tonks, ils avaient discuté pendant une bonne partie de l'après midi, sans réussir à mettre le doigt sur le problème. Il fallait y aller avec diplomatie, car ils avaient besoin de réponses. Mais ils ne s'attendaient pas à rencontrer la mère de Tonks, les Zabinis, la fille Parkinson, et surtout, les Londubats et Severus, chez les Malefoy. Quelque chose se tramait, et Arthur était sûr que c'était lié à Harry. Mais comment les mettre en confiance ?
Arthur soupira. Il était inutile d'y aller par quatre chemins. Il était face à l'un des meilleurs légilimens d'Angleterre et à un elfe, vraisemblablement son compagnon, qui exsudait la puissance par tous les pores de sa peau, dans la maison de l'un des hommes les plus riches et puissant du Royaume-Uni… Sans compter la quantité impressionnante de Serpentard présents ici, ni la présence incongrue de Andromeda Black-Tonks, -Tonks !- et de Augusta et Neville Longdubat. La plupart des gens actuellement en train de dîner joyeusement dans le jardin étaient parfaitement capables de le mener par le bout du nez pour l'amener à énoncer précisément l'objet de sa visite. Sans compter qu'il était encore sous le coup de vingt ans de potions calmantes et de docilité. Il grimaça à ce souvenir et se décida à dire ce qu'il avait sur le cœur. A Merlin vas !
« Nous cherchons Harry Potter, » avoua finalement Arthur, d'un ton plat et découragé.
Se souvenir de Molly et de ce qu'elle leur avait fait, à Harry et lui, lui sapa encore un peu plus le moral. Il n'aurait pas cru que c'était encore possible. Heureusement, Severus ne le laissa pas s'enfoncer longtemps.
« Pour quelle raison ? N'est-il pas chez ses moldus, chaudement protégé par les liens du sang ? » répondit le maître des potions d'un ton dédaigneux qui renvoya presque Harry quelques mois en arrière.
Imperceptiblement, Seth frissonna. Tout aussi imperceptiblement, la main de Severus se resserra sur son épaule.
« Je reviens de chez les Dursley, et Harry n'y est pas, » lança Tonks.
« Qui est au courant ? » demanda Seth.
« Pour le moment, seulement nous quatre, » intervint Arthur. « Nous voulons savoir ou il est, et si il est en sécurité. Suite à ce que nous a raconté Tonks, il est évident que cela n'était pas le cas à Privet Drive ! Il est compréhensible que Harry se soit enfui, et même étonnant qu'il ne l'ai pas fait avant ! Mais mes fils et moi, -Fred et Georges- précisa-t-il, s'efforçant de ne pas penser à Ron et Percy, mes fils et moi voulons, devons, savoir si il va bien… »
Seth poussa un discret soupir de soulagement.
« Monsieur Weasley, Harry est en sécurité actuellement, je vous le promets. Mais personne ne doit savoir qu'il n'est plus à Privet Drive pour le moment, » répondit Seth.
« Donc vous savez ou il est, » constata Tonks.
« Allons Tonks, Seth est le tuteur de Harry à présent, » souligna Severus.
Arthur poussa un soupir. Peu importait qu'ils voient Harry ou non finalement, mais ils devaient absolument se faire comprendre…
« Écoute Severus, je sais que le Lord Black et toi, vous n'avez guère de raison de nous faire confiance… Sache cependant que j'ai beaucoup de respect pour toi. L'Ordre du Phoenix ne t'a pas toujours bien traité, c'est vrai, mais aujourd'hui, nous ne sommes pas ici en ennemis. L'Ordre semble pourri. Nous nous inquiétons pour Harry. Tonks a fait des découvertes horribles en allant chez les Dursley ! Tu savais qu'il était emprisonné dans une chambre qui ressemblait à une cellule d'Azkaban, et qu'il avait vécu dans un placard sous l'escalier jusque à l'âge de douze ans ? Que ses moldus l'appelaient « monstre » parce que c'est un sorcier ? Et Dumbledore, l'Ordre, l'a forcé à y retourner. Tu le savais ? »
« Oui Arthur, je le savais. Dis-moi plutôt des choses que je ne sais pas. »
Arthur ferma douloureusement les yeux, puis les rouvrit, empli d'une détermination nouvelle, un sentiment qu'il ne se souvenait pas d'avoir ressenti depuis des lustres. Le traitement de Ste Mangouste devait commencer à faire effet.
« Dans ce cas, je vais te dire que Dumbledore, Fudge, Ron et Hermione veulent la mort de Harry pour son argent, que Tonks est considérée comme une traître, et que j'ai été manipulé par Molly depuis près de vingt ans, elle me droguait avec des potions de docilité...Tu le savais aussi ? »
« Papa ! » S'exclama Georges, « ne racontes pas tout, tu sais bien qu'il n'a jamais aimé Harry ! »
« D'ailleurs, pour autant qu'on le sache, il est l'agent double de Dumbledore ! » Compléta Fred.
« Je vous interdis d'accuser Severus. Comme vous, il a longtemps cru œuvrer pour le camp de la lumière, avant de s'apercevoir qu'il était plus sombre que la noirceur même. Il n'a plus rien à voir avec Dumbledore. Croyez-moi, il aide Harry et le soutient bien mieux que vous ne l'avez fait pendant toutes ces années, » intervint Seth d'un ton froid.
La main de Severus se crispa à nouveau légèrement sur son épaule. Cette fois ci, quelque chose souffla à Harry qu'il s'agissait de l'émotion. Cependant, comme il s'y attendait, la voix de Severus ne trembla pas lorsqu'il reprit la parole.
« Non Arthur, comme toi, je ne l'ai découvert que très récemment. Mais comme Seth l'a dit, j'ai pu à nouveau changer de camp, et celui-ci, j'y reste. Seth nous devrions leur lancer un Oubliette ils en savent trop. »
Aussitôt, tous se levèrent et sortirent leurs baguettes, prêts à se défendre. La situation devenait un brin explosive…
« Tu auras peut être un ou deux d'entre nous Severus, mais pas les quatre… » Intervint Tonks.
« Je pourrais sans difficulté vous abattre tous les quatre en même temps, » énonça Seth d'un ton ton distrait, mais totalement convaincu. « Attends Severus… Calmez-vous, tous, et baissez vos baguettes, d'accord ? »
Seth agita vaguement la main et Tonks et les Weasley se retrouvèrent collés à leur siège, pendant que leurs baguettes s'envolaient et se posaient devant eux sur la table. Les jumeaux se regardèrent et déglutirent. Ce Seth Black avait visiblement raison d'être sur de lui…
« Monsieur Weasley, Harry a effectivement des ennuis, mais il serait trop… Merde, je ne trouve pas les mots, vous ne pouvez pas savoir, des gens proches de vous sont mêlés à tout ça ! » Explosa Seth, avec un petit quelque chose dans la voix qui ressemblait à du dépit.
Arthur soupira.
« Nous nous en doutions, » répondirent les jumeaux, en chœur.
« Cela ne change rien Monsieur Black, je veux savoir où est Harry Potter… J'ai passé une très mauvaise journée ou j'ai appris que ce pauvre enfant était séquestré, probablement battu et affamé, que l'homme que je croyais du côté du bien et pour qui je travaillais était probablement être l'équivalent d'un mage noir pour ce gosse, et que la femme que j'aimais, et dont je me croyais aimé, me droguait depuis près de vingt ans ! Je veux savoir ce qui se passe et je suis très en colère, donc pour la dernière fois, où est Harry Potter ? » asséna Arthur.
« …Un empoisonnement sur une aussi longue durée, quel que soit le produit, a généralement de graves conséquences sur la santé, Arthur… »
« Je sais Severus, c'est pour cela que j'ai de plus en plus de problèmes de santé, et notamment de cœur, depuis quelques années. »
« Molly vous a drogué !? » S'exclama Seth, horrifié.
Arthur fronça les sourcils d'un air soupçonneux.
« Vous connaissez ma femme, Lord Black ? »
Seth passa sur son visage une main fatiguée. Vivement que le recrutement soit terminé et qu'il puisse prendre des vacances. Il en avait marre…
« Je veux un serment inviolable, pour que vous ne révéliez à personne ce que vous allez apprendre. La vérité peut être dangereuse Arthur, et elle est, comme vous l'avez déjà constaté, souvent douloureuse, » Répondit Seth.
Arthur, d'un air aussi las que décidé, -sans doute le même genre d'air que Seth arborait en ce moment même-, prit sa baguette sur la table, vite imité par les jumeaux et Tonks, et ils prononcèrent tous les quatre le serment rituel, jurant sur leur vie et leur Magie de garder les secrets de Lord Black, et de protéger Harry Potter.
Seth tendit le bras, dit « j'accepte », et les cinq fils argentés se mélangèrent et disparurent.
Sans un mot, il leur désigna la pensine, ou flottaient encore tous ses souvenirs. Un peu triste de leur faire tant de mal, il les regarda plonger.
Sans s'en apercevoir, Seth se perdit dans ses pensées. Il n'avait pas pris en compte la possible intervention d'Arthur et des jumeaux dans ses plans. Il allait leur faire du mal, et il le regrettait.
Severus, semblant comme à son habitude deviner ses tourments, s'assit sur la petite table devant lui -Lucius le tuerait si il le savait-, prit sa main et la serra, le faisant revenir dans la réalité. Ce petit geste n'était presque rien, mais il lui fit du bien. Qu'est ce qu'il aimait cet homme ! Il était son roc, sa bouée de sauvetage… C'était dans les moments comme ça qu'il l'appréciait le plus !
« Cela va aller Harry, ils sont adultes ! Ils feront face, nous n'aurions pas pu le leur cacher… »
« Je sais Severus, mais je dois reconnaître que, comme penser à Ron et Molly était douloureux, j'ai tout simplement préféré « oublier » Arthur et les jumeaux dans mes plans pour être sur de ne pas souffrir… Ils vont être tellement déçus ! Comme je l'ai été, et je me souviens d'à quel point cela m'a fait mal lorsque j'ai tout découvert… J'ai voulu les protéger... »
Severus porta la main de Harry à ses lèvres et l'embrassa pour le rassurer.
« Tu n'as rien à te reprocher Harry. Tu es un homme merveilleux, généreux, sensible, mais aussi tellement fort et courageux ! Je t'aime plus que tout, alors je t'aiderai à porter ce fardeau… »
Harry alla se blottir dans les bras de Severus, qui le câlina un long moment, lui caressant doucement les cheveux pour l'apaiser. Il déposa quelques baisers le long de ses oreilles pointues, et le serra fort contre lui. Harry reprit doucement son calme, et la tempête dans son cœur se calma. Severus lui apportait l'équilibre dont il avait besoin, dans son cœur et sa magie.
Ils se séparèrent sans trop se hâter, se fichant un peu de ce qu'ils pourraient penser d'eux, lorsque Tonks et les Weasley émergèrent de la pensine, défigurés par la haine, le désir de vengeance, et une tristesse énorme.
« Seth Black est donc Harry Potter, et c'est sa majorité, avec son héritage de créature qui l'a tant changé, » énonça Arthur, encore plus abattu, maintenant qu'il avait été témoin des atrocités que Harry avait vécues.
« Je pense aussi que l'on m'avait mis un glamour pour ressembler à mon père. Ainsi, Dumbledore pouvait être sûr que Severus me haïrait, et me fragiliserait encore plus. Une fois tous les verrous levés, il a du disparaître aussi. Je suis désolé, Monsieur Weasley. »
« Oui ! » S'exclama Severus, « Un glamour ! C'est logique ! J'aurais du y penser…Sûrement le vieux fou, en effet, pour attiser ma haine contre toi… » souffla doucement Severus.
« Tu n'as pas à t'excuser, » annonça Seth, « Aveuglé par ta haine pour mon père, comment aurais-tu pu y penser ? »
Severus poussa un soupir, bien malgré lui obligé de reconnaître que Seth avait raison. Ils se retournèrent tous les deux vers Arthur, qui semblait porter toute la misère du monde sur ses épaules.
« Merlin, mais qu'est devenue ma famille ? D'où sortent toutes les horreurs qu'ils sont en train de commettre ? Et comment j'ai pu être aussi aveugle ? »
Il soupira. Les potions de Molly, évidemment. Il se tourna vers Severus.
« Severus, Tonks, pouvez-vous nous laisser ? Je pense que nous devons parler seuls à seuls avec Seth. »
Tonks s'empressa d'accepter.
« Je vais rejoindre ma mère. Harry, je comprends tout à présent, et je t'aiderais à leur faire payer ! » dit-elle d'un air sombre.
Puis, elle sortit.
Severus se leva et serra brièvement l'épaule de Harry en signe de soutient. Il comprenait qu'il devait être seul avec eux, car il avait à une époque cru appartenir à leur famille. Maintenant, ils devaient s'expliquer entre eux. Il ferma doucement la porte en sortant.
Harry prit le temps de récupérer ses souvenirs, même si il était fortement tenté de simplement les détruire. Finalement, il poussa un gros soupir et releva les yeux vers ce qu'il restait des Weasley qu'il avait connus.
« Harry, il y a tellement à dire… Je comprends que tu ne puisses pas nous faire confiance, être trahit à ce point… Merlin, je ne sais pas quoi te dire ! »
Arthur était anéanti. Harry soupira de nouveau.
« Je voudrais vous faire confiance. Merlin ! Cela m'a fait tellement mal de voir que pour certains ce n'était pas réciproque… C'est pour cela que je ne voulais pas vous mêler à tout ça ! » répondit-il.
« Pardon !? » Éructa Fred, « Harry, nous avons été assez ignorants et aveugles comme ça ! Il faut arrêter, maintenant ! » répondit Fred, la voix vibrante de colère.
« Tu as toujours été très généreux et gentil Harry, beaucoup trop pour ton propre bien ! Il faut que tu comprennes que nous te considérions comme notre frère, et que pour nous, tu fais partie de la famille. Mais nous ne pouvons pas accepter ce qu'ils t'ont fait ! » Approuva George d'un ton résolu.
« Cette réunion de l'Ordre, quelle horreur ! Préparer de tels actes, alors que tu as sauvé Ginny et notre père, pourquoi n'en tiennent-ils pas compte !? La famille a deux dettes de vie envers toi, et ils sont d'accord pour te sacrifier !? Merlin, ils sont tous tellement stupides ! Ça ne peut pas marcher, la Magie le leur fera payer au centuple ! Et ça retombera sur nous aussi ! Mais visiblement, ça non plus ça n'a pas l'air de les gêner ! »
Fred était si dégoûté qu'il en avait la nausée.
« Quels sont tes intentions Harry ? N'hésite pas à nous les dire, j'ai besoin de savoir… » Demanda Arthur, malheureux comme les pierres.
Harry serra le poing et se concentra pour ne pas laisser échapper sa magie sous le coup de la colère. Lorsqu'il parla, sa voix était d'une froideur mortelle.
« Il faut que vous compreniez que je ne peux pas accepter ce qu'ils ont fait, et encore moins pardonner ! Tout le monde paiera ! Concernant les membres de votre famille, dont je suis sûr qu'ils m'ont trahi et trompé, je ne ferais pas de quartier ! J'ai passé trois ans en thérapie pour me remettre de cette trahison, et encore ! A l'époque, il ne s'agissait que du côté émergé de l'iceberg. Je vous aime bien Arthur, vous aussi les jumeaux, mais nous ne somme pas liés, nous ne sommes pas de la même famille… D'ailleurs, j'ai maintenant ma propre famille avec Severus, les Zabini et les Malfoy… Votre famille n'avait aucun droit de me traiter comme cela ! Alors que je lui avait accordé ma confiance, que j'étais prêt à lui confier ma vie, elle m'a défié, a bafoué mon honneur, m'a volé, mentit, m'a considéré dès le début comme un pion ! Alors que je vous aimais et je vous faisais confiance ! Pour me venger, je suis devenu le Lord Seth Orion Black-Potter, Seigneur de deux familles de Sangs-Purs, et malgré mon amitié pour vous et les jumeaux, je ne suis pas loin de me laisser aller à mon côté Zabini et de vous déclarer une vendetta pure et simple ! Vous avez dépassé beaucoup trop de limites, trahit beaucoup trop de lois, et vous ! Arthur, en tant que Patriarche, en êtes responsable ! » Explosa Seth.
Arthur et les jumeaux avaient considérablement pâli à l'énoncé des nombreux manquements qu'ils avaient commis. Ce n'était plus Harry devant eux, comme il l'avait dit, c'était le Lord Black-Potter, Seigneur de deux des plus grandes familles du monde magique britannique, et Elfe noir de surcroît. De la magie s'échappait du corps de Seth sans qu'il ne s'en rendre compte, des étincelles crépitaient dans la pièce, et la colère du Lord était immense… Ils ne pouvaient rien faire d'autre que d'implorer son pardon.
« Nous comprenons parfaitement Harry, » dit Arthur, honteux, en baissant la tête sans bruit.
Il avait beau être lui aussi le Seigneur d'une famille de Sangs-Purs, et avoir une place au Magemagot, son honneur et sa renommée dans le monde sorcier étaient faibles. Une vendetta contre les Weasley signifiait la mort de tous les membres et, si les torts étaient reconnus par la loi, la mise à bas de la société.Et le pire c'est que ses torts seraient reconnu. La ruine sociale, et de l'avenir des fils qui comptaient. Fred, Georges, Charlie et Bill. Et il y avait de quoi ! Les crimes de sa famille étaient vertigineux ! Molly et Dumbledore avaient une grande part de responsabilité, mais sa naïveté et son aveuglement étaient impardonnables. Il devait deux dettes de vie à l'homme en face de lui, pour sa fille et lui. Oui, il y aurait des conséquences contre les traîtres, et il ne les protégerait pas, ils avaient bafoué un seigneur ! Mais plus que cela, un enfant maltraité qui leur avait fait confiance. De grosses larmes coulèrent sur ses joues. En les voyant dans cet état, les jumeaux n'en menant pas plus large que lui, Seth sembla se calmer, et il parla d'une voix un peu plus douce.
« Percy à déjà été transformé verracrasse, cela assorti d'un sort de furoncles, et d'un autre de flatulences. Ce sont de mauvaises farces, mais je suis le fils d'un maraudeur après tout, et mon but est principalement de ruiner son image publique, dont il est si fier… »
Les jumeaux firent de petits sourire crispés. Ils comprenaient la rage de Harry, mais ce qui les terrifiait le plus était de voir leur père pleurer. Mais c'était logique, car au niveau du Patriarche de la famille, la responsabilité était énorme ! Mais merde, Harry était leur ami! Il avait aidé la famille, les avait protégés à de nombreuses reprises, leur avait permis de monter leur affaire avec l'argent du Tournois des Trois Sorciers... Il avait été gentil et honnête !
Harry reprit :
« Je vais également lui faire un procès pour son attaque à Gringotts et lui faire perdre son travail, et vous devez également savoir que la sorcière hideuse qui le persécute ces derniers temps travaille pour moi, cela devrait suffire à l'achever. Pour Ron, Ginny et Molly, je n'y ai pas encore réfléchit. Pour le moment, nous avons juste mis une fille entre les pattes de Ron, qui va casser son entente avec Geanger et leur faire rater les cours d'aurors. Je me rends compte en vous en parlant que tout cela est un peu mesquin… »
Arthur releva la tête et la secoua de gauche à droite en séchant ses larmes.
« Écoute-moi Harry, si tu le permets, je vais m'occuper de certains membres de ma famille, car tes punitions sont bien trop douces par rapport au préjudice. Déjà, pour Ginny je vais la forcer à épouser le père de son enfant ! Notre famille à déjà bien trop perdu de vue la voie de ce qui est juste, nous sommes censés être une famille de lumière, mais au vu des événements, le pire des Mangemorts à plus d'honneur qu'eux ! »
Harry lança à Arthur un regard désolé.
« Dans ce cas, je dois malheureusement vous dire que, pour la grossesse, il y trois pistes à suivre : Dean Thomas, Terry Boot, et Vincent Crabbe… »
Arthur eu un petit rire désabusé.
« C'est encore pire que je ne le pensais… Elle est devenu une prostituée ! Elle aurait du garder sa pureté pour son mari ! »
Arthur secoua la tête, dépité.
« Je vais renier Ron, Percy et Ginny… Je suis le chef de la famille Weasley, et cela fait trop longtemps qu'ils l'ont oublié. Certains actes ne peuvent être pardonnés ! Mais s'il te plaît, acceptes que je parle d'abord avec Molly, j'ai besoin de comprendre ce qu'il s'est passé… »
Harry hocha la tête d'un air soulagé. Il ne voulait pas, au fond de lui, faire du mal à cette famille, malgré tout ce qu'ils lui avaient fait. Mais intérieurement, il savait que ce ne serait plus pareil. Quelque chose avait été brisé. Et les trois Weasley coupables méritaient largement sa vengeance… Mais tout de même… Cela faisait mal…
Arthur poussa un soupir et murmura d'un air pensif…
« Peut être que je ne vais pas vraiment renier Ginny, mais simplement la déshériter… Elle reste ma fille, ma seule fille… Mais elle sera traitée comme une adulte, et réparera le déshonneur qu'elle a jeté sur la famille ! » Asséna-t-il finalement d'un ton vif.
Il se retourna vers Harry.
« Je ne renierais pas Ginny, mais elle ira vivre chez ma sœur, sa tante Muriel, jusqu'à son mariage : elle la remettra sur le droit chemin, et je peux t'assurer que c'est une punition énorme ! Je demanderai également à Severus de me faire une potion révélatrice, et elle m'indiquera le nom du père de l'enfant… Ensuite, j'invoquerai une ancienne loi de Merlin, qui annule la protection des mineurs lorsqu'il s'agit de restaurer leur honneur, et elle sera mariée… »
« Papa a raison, » intervint Fred, « la tante Muriel est une sorcière de la vieille école, mariée à douze ans pour conclure une alliance et qui n'a jamais repris de mari, ni connu d'aventure -il paraît-, malgré son veuvage très précoce, vers vingt ans… Elle est rigoureuse, maniaque, désagréable, et très attentive aux bonnes mœurs ! Ginny, avec de tels manquements à l'honneur de la famille et à son honneur de femme, va vivre un enfer… » Conclut-il d'un ton amer.
« Je vais convoquer Charlie et Bill pour demain matin, afin les mettre au courant de la situation. » Renchérit Arthur.
Il se retourna de nouveau vers Seth.
« Harry, même si je sais que rien ne peut racheter mes erreurs, je suis sincèrement désolé pour tout ce qu'il s'est passé. J'en suis le premier responsable. J'aurais du être plus ferme et attentif. A présent, je te jure ici et maintenant que les membres de ma famille qui t'ont bafoué payeront pour leur comportement… Mais sache une chose, c'est que je garde, et garderais toujours mon affection pour toi. Accepte les plus sincère excuses du Patriarche Weasley et de ceux de son clan qui ont encore de l'honneur…
Les jumeaux hochèrent la tête d'un air déterminé.
« Nous te soutiendrons et t'aiderons, c'est promis ! Nous l'avons juré sur notre vie et notre Magie !» Acquiesça Gearges.
Son visage et celui de Fred se fendit d'un pauvre sourire.
« Et nous réservons quelques uns de nos meilleurs tours à Percy, il sera le premier à tester nos dernières inventions... » Ricana Fred en se frottant les mains d'anticipation.
Harry sourit. Le pire était passé. Mais leur discussion n'était pas terminée.
« Ma vengeance sur votre famille mise à part, je compte également éliminer Voldemort, débarrasser le monde sorcier de Dumbledore et renverser le gouvernement. Et au cas ou vous vous poseriez la question, je vous rassure : mes plans sont beaucoup plus sérieux et beaucoup moins mesquins vis-à-vis d'eux. » Annonça Seth d'un air sombre.
Arthur hocha la tête.
« Dans ce cas, je vais donner ma démission de l'Ordre à Dumbledore, et je travaillerai avec toi. Pour le ministère, j'ai quelques contacts et je t'aiderai aussi… »
Seth s'accorda quelques instants de réflexion pour observer l'homme en face de lui. Ce n'était plus le même Arthur bon vivant et décontracté qu'il connaissait il y a quelques jours encore. Harry se trouvait face à un vieux Lion prêt à mordre, un homme d'action. Arthur avait en réalité l'âme d'un guerrier… Seth se doutait que les potions avaient une grande impacte sur son mental, le rendant apathique et faible. Mais il décida qu'il aimait bien cet Arthur là…
« Tu peux compter sur nous Harry, nous t'aiderons aussi » affirmèrent Fred et George d'une même voix, le regard sombre, mais avec un sourire sournois, apparemment partagés entre leur esprit farceur et le sérieux qu'allaient nécessiter leurs prochaines actions.
Harry sourit. Il semblait que tout cela était terminé cette fois-ci.
« Merci. Si nous en avons fini, je vous propose donc de venir boire un verre avec les autres, nous avons tous besoin de nous détendre un peu… » Proposa Harry.
« Tu as raison, » répondit Georges, « ont-ils tous prêté serment Harry ? »
« Oui, tous. Qu'il s'agisse des Malfoy, des Zabini ou des Longdubat, tous m'appuient et m'aident. »
« Dans ce cas, notre place est avec eux, allons-y, » conclut Arthur.
« Oh, une dernière chose ! » Les rappela Seth, « Severus Rogue est mon époux. Il s'agit d'une union sorcière et il est, par ailleurs, le compagnon de ma créature… »
Les trois Weasley étaient bien trop marqués par leur confrontation pour faire des remarques, ce n'était pas le moment de plaisanter. Harry avait fait son choix et ils le respecteraient. Sans compter que l'union sorcière ne laissait de toute façon aucun doute sur le fait que ce choix soit bon. Arthur avec une brutale prise de conscience se rendit compte qu'il n'y avait plus de petit Harry vulnérable mais un un homme adulte, marié et chef de famille. Il avait raté sa chance d'aider l'enfant, mais il serait présent pour aider l'adulte. Harry et Severus marié! incroyable, qui aurait pu imaginer que ces deux la finirait ensemble?
D'ailleurs, lorsqu'ils rejoignirent les invités, Severus apporta un verre à Harry, avant de le prendre par le bras pour l'installer devant une grosse assiette de nourriture. Visiblement, il prenait soin de lui.
« Mange, » lui dit Severus.
« Merci Severus, c'est vrai que je suis affamé… Au fait, Arthur veut te parler ! »
« D'accord, ne m'attends pas pour commencer, sois sage… »
Seth leva les yeux au ciel. Il n'était plus un gosse. Severus ricana et lui déposa un doux baiser sur les lèvres avant de s'éclipser.
Draco, Blaise, Théo, Neville et Pansy arrivèrent avec leurs assiettes et s'installèrent autour de lui. Les jumeaux les rejoignirent, un peu timides au début, méfiants quant à la présence d'autant de Serpentard, bien que rassurés par la présence de Neville… Mais heureusement, leur naturel reprit vite le dessus, et l'ambiance permit à Harry de se détendre et de profiter de la soirée.
Severus, quant à lui, se dirigea vers Arthur, qui l'attendait à l'entrée de la terrasse. L'homme aux cheveux roux poussa un profond soupir…
« Severus, j'ai un service à te demander : j'aurais besoin d'une potion révélatrice, pour connaître le père de l'enfant que porte Ginny… »
Severus remarqua qu'Arthur arborait un air grave, et surtout, profondément triste. La discussion n'avait pas du être agréable. Il hocha la tête.
« Suis moi ! Il y a un laboratoire de potion ici, Lucius me laisse l'utiliser sans problème. Cela me prendra à peine dix minutes, il faudra qu'elle la boive et qu'ensuite tu fasse couler quelques gouttes de son sang sur un parchemin, cela te donnera le nom du père… »
« Merci Severus. »
« Je ne sais pas ce que ta femme t'a fait prendre, mais dis-moi si tu as besoin de quoi que ce soit… »
« Merci, mais j'ai les potions de Ste Mangouste pour le moment. »
Arthur sourit en voyant Severus froncer le nez d'un air dédaigneux.
« Je sais bien que leur qualité est bien inférieure à celles de tes potions, mais pour être honnête, les médicomages n'ont aucune idée de la réelle étendue des dégâts… »
« Je connais des sorts de diagnostic et de soin qui leurs sont inconnus. »
Arthur hocha la tête.
« Je le sais aussi, mais en fait, je n'ai tout simplement plus envie d'y penser pour le moment. Réglons un problème à la fois : d'abord, je m'occupe de Molly et de Ginny, et ensuite, nous verrons cela... »
Severus acquiesça. Les deux hommes rejoignirent la soirée qui se termina quelques heures plus tard. Les invités partirent, parfois angoissés, mais étrangement soudés par leur secret commun et leur volonté de se battre pour le bien. Qui aurait cru que cela serait le cas d'autant de Serpentards ? Certainement pas les jumeaux, mais ils étaient heureux : Harry était bien entouré, par des gens riches et puissants, il serait protégé…
Harry et Severus purent enfin se retirer dans leur chambre. Ils se couchèrent rapidement, sans interlude coquin, car ils partaient en voyage de noces le lendemain et désiraient être en forme. Les deux amants se blottirent l'un contre l'autre, soulagés que cette journée, tantôt bonne, tantôt horrible, soit terminée.
