Titre : 02h34

Auteur : Kyra (キラ)

Disclaimer : Toujours pas à mouâ !

Couples : 01x02x01 (Oh oui !)

Genre : Yaoi, OOC, schoolfic, que du "souvenirs, souvenirs..."

Mise en forme : Pensées (autres que POV) : italique; éléments narratifs : italique, commentaires de Calli' : gras.

Remerciements : Merci à kaiyh-chan, cacacounette, Spicy marmelade, ElangelCaido, chti grain (Pour bicyclette, j'me demande si t'as pas raison...), Thealie, ma Kari nà mouâ, Ryukai-MJ, onarluca, Catirella (Bah, ils l'ont fait... Ils le feront... Encore... Mais, on ne le "verra" pas... Désolée... Me sens pas capable d'écrire ça...) et BernieCalling.

Pour les masselottes et bicyclette... Si vous avez pas compris, je suis désolée, je peux pas faire mieux ! lol !

Bon, j'vous mets un petit chapitre long (enfin, moi je trouve) spécial Pâques (enfin, spécial si vous lisez les notes débiles qui servent à rien...). Bonne lecture !


Il y a des fois où, comme ça, la journée commence mal. À ne rien y comprendre, des jours où tout semble être ligué contre vous, généralement ça commence au réveil : en retard pour la forme, puis, si ce n'est pas le cas, c'est au petit déjeuner, genre on se renverse le café sur le pantalon, se brûlant au passage ou alors on se rend compte qu'il n'y a plus de lait pour le chocolat des enfants… Et encore si seulement il n'y avait que ça ! Après, il faut aller travailler, se rendre compte qu'il pleut comme vache qui pisse alors que c'est pas la saison, intégrer une fois dehors que le vélo est dégonflé, alors seulement, on se résigne à prendre la voiture. Pour peu qu'on soit VRAIMENT dans un mauvais jour, il n'y a plus d'essence… ou les essuie-glaces sont morts. Et comme de bien sûr, il pleut ! Bah oui, sinon j'y serais allé en vélo, comme d'habitude… J'arrive une demi-heure en retard… ou en avance sur la prochaine heure, tout dépend comment l'on voit la journée. Généralement, j'arrive une demi-heure en retard parce que la journée s'annonce mal. Et comme j'ai arrêté de croire au Père Noël, je ne suis pas surpris de découvrir un couloir vide, une classe qui l'est tout autant : mes élèves ont déserté… Qu'y pourrait-il d'y avoir d'étonnant ? J'ai une demi-heure de retard… encore… Ça va quand même faire plus de deux mois que ça m'arrive chaque semaine. Tout d'abord, j'ai eu ma roue qui s'est décrochée toute seule. Encore heureux que je n'étais pas encore sur mon vélo, le vol plané que je me serais mangé ! Ensuite, les pneus crevés et les rustines qui avaient mystérieusement disparu. Y a eu aussi la fois où j'ai déraillé en pleine cambrousse, celle qui mène au lycée. Après m'être couvert de cambouis, j'ai dû me résigner à m'y rendre à pieds, traînant mon vélo derrière moi et espérant vainement qu'une voiture passerait dans ce coin paumé. Et quand mon bicycligiste (53) l'a ausculté (54), il a remarqué qu'il manquait précisément un maillon de la chaîne et que c'est pour ça que je me suis acharné dessus : ça pouvait presque rentrer sur les plateaux de vitesse ! Presque mais pas tout à fait ! Et comme j'avais pas pensé à rétrograder pour pouvoir l'accrocher au plateau inférieur, je pouvais pas y arriver ! Mais le pire, je crois, c'est quand ça arrive en fin de journée ! Généralement, je suis mort parce que mes élèves sont pas vraiment des anges (L'apparence de certains pourrait le faire croire mais c'est pour mieux être horrible ! Voyez jusqu'où les pousse la perversité !). Une fois, je me suis retrouvé sans selle. Oui, je sais, ça peut faire rire… Allez faire du vélo sans selle ! C'est le genre de choses débiles auxquelles personne ne pense mais je peux vous assurer que j'ai pas fini le trajet en danseuse ! Au bout de 2 kilomètres, je n'en pouvais plus et, soit je m'affaissais sur mes jambes, soit le tube de métal remontait de plus en plus souvent cogner contre mes fesses… J'ai fini à pieds et c'est d'un rageant d'avoir son vélo qui fonctionne parfaitement bien mais que pour des raisons de résistance physique, on ne peut pas l'utiliser ! Résistance… physique… Ah bah oui, vous pouvez rire, je suis prof' de Physiques. Après un doctorat en Biologie. Ça en jette hein ! Et à 32 ans s'il vous plaît !

Mouais, enfin, redescends de ton petit nuage Ficelle, ton calvaire ne fait que commencer alors garde-toi les compliments et les flatteries pour ce soir, quand ça sera enfin fini. Je vois pas pourquoi je continue à passer par ma classe pour m'assurer que mes élèves n'y sont pas puisqu'ils sont, par définition, des élèves et donc, moins ils peuvent en faire et moins ils en font ! Et faut bien avouer que n'importe qui aurait fini par comprendre au bout de deux mois que le prof' de Physiques arrivait toujours en retard… Je débarque dans "l'aquarium" comme ils l'appellent : c'est le bureau des "pions" qui a le malheur d'avoir trois côtés entièrement vitrés ce qui, c'est vrai, fait penser à de pauvres poissons enfermés dans un bocal, surtout que c'est insonorisé et donc, vu de l'extérieur, dès qu'ils parlent (ce qui arrive souvent), ça fait penser à la respiration des poissons rouges… Bref, je débarque pour réclamer mes élèves quand je tombe sur le directeur : un seul mot me vient à l'esprit : "GLOUPS !" Il me dévisage avant de me poser LA question, celle qui vous prouve bien la tournure de la journée :

- Alors, encore en retard ? Des problèmes peut-être ?

- Euh, non, non… Enfin, rien de grave…

Et voilà que je bafouille ! Mais pourquoi j'ai choisi ce métier ? Les gosses me font peur et les vieux me terrorisent ! Il me toise d'un air de "En voilà un qui se laisse aller, va falloir sévir" avant de sortir. Gros, gros soupir. Mauvaise journée… J'attends patiemment que le pion veuille bien se bouger pour aller me chercher mes élèves qui, en bons élèves, se sont éparpillés aux quatre coins du lycée pour être moins saisissables. Plus j'y pense et plus je suis persuadé qu'ils m'en veulent… Enfin, pas tous… Un en particulier. Son regard, dès qu'il se pose sur moi, me transperce de part en part. Il y rajoute toujours une sorte de mépris, une certaine pitié voire même parfois de la cruauté et de la méchanceté quand j'ai le malheur de l'approcher… Et si j'ai le malheur de vouloir aider ou m'adresser à son ami, je sens dans ces moments-là qu'il pourrait me tuer sans l'ombre d'une hésitation et sans que ça change sa vie plus que ça. Vous imaginez à quel point cela peut être particulièrement blessant de faire face à un jeune garçon qui a, quoi ? un tout petit peu plus que la moitié de mon âge, et qui semble en savoir dix fois plus que vous sur votre cours ? La façon qu'il a de ne rien me laisser passer, la moindre erreur de calcul, chose que j'aurais bien fini par voir par moi-même, la moindre inattention, à chaque fois que je déroge au règlement, à mon règlement que j'ai bêtement imposé pour la présentation des copies : l'interdiction de mettre deux fois d'affilé un "d'où" ou "donc" dans une démonstration ou un calcul… Comment ne pas commettre d'erreurs se sachant sans arrêt jugé ? Depuis le début, depuis qu'il est arrivé au mois de Mars, il a déclaré cette guerre stupide, à croire qu'il m'en veut pour quelque chose de précis… Je crois bien que cette guerre, je vais la perdre. Je commence à ne plus en pouvoir ! Ma femme me dit que je deviens parano mais je mettrais ma main au feu que c'est lui la cause de tous mes soucis de transport. D'un autre côté, en étant raisonnable et réaliste, ce n'est qu'un gosse, il n'a que 17 ans, que peut-il bien me faire ? C'est un lycéen ! … Oui, mais quel lycéen ! Intelligent à un point inimaginable, sournois, parce qu'il ne peut être que sournois quand on voit son regard cobalt se durcir comme la glace pour vous pétrifier sur place. Et pourtant, je sais qu'il peut être gentil, il suffit de voir comment il s'adresse à Maxwell ! À chaque fois qu'il ne m'assassine pas, il reporte toute son attention sur le natté qui, il faut bien le dire, est le champion pour s'attirer les pires ennuis ! Je le revois les doigts pris dans le froid du congélateur du labo lors du TP de Chimie sur les propriétés conservatrices du gel, un seul regard de Yuy avait fait taire les rires de la classe puis s'approchant comme un chat, il avait détaché je ne sais comment les doigts du jeune garçon. Il en était ressorti de cet épisode une grande impression de douceur émanant du Japonais. Incroyable ! Maxwell s'est ensuite exclamé en remerciements pour son "Hee-chan" pendant dix bonnes minutes, faisant résonner son prénom dans toute la salle de TP. Sa joie et sa façon de l'exprimer envers son sauveur cachait à tout le monde l'aura que Yuy dégageait à ce moment-là : une aura calme, douce et sereine. Rien à voir avec celle qui l'entoure dès qu'il pose ses yeux sur moi.

Je n'arrive pas à saisir la raison d'une telle haine. Il est bon en Physiques… même très bon, trop peut-être. Je n'ai jamais eu de réflexions déplacées ou blessantes à son égard… Certes, il y a des fois où j'oublie peut-être de réfléchir avant de parler comme la fois où je n'ai pas pu m'empêcher, au beau milieu d'une phrase capitale pour le cours, de remarquer qu'un pique-vert (55) s'était posé sur un poteau de la clôture qui passe pas loin des fenêtres de ma salle de classe. La plupart de mes élèves, absorbés par leur prise de notes, avait noté ma réflexion dans leur cours, ce qui me valut un brouhaha de mécontentement parmi lequel la voix d'Heero s'éleva un peu plus que les autres afin de faire remarquer ma "débilité profonde"… J'irais pas jusqu'à dire qu'il l'a fait exprès de le dire si fort que je l'ai entendu mais… En fait, si ! Et y a eu la fois aussi où j'aurais mieux fait de me taire : matinée d'orage, comme ça arrive souvent dans c'te région (Ah ! Comme je regrette mon ancien poste !), il faisait si sombre qu'on se serait cru une matinée de décembre, quand il ne fait pas jour quand les cours commencent, complètement ailleurs ce jour-là (j'avais retrouvé mon vélo avec le guidon à l'envers le matin, il a fallu que je le démonte entièrement pour pouvoir le remettre à l'endroit, n'arrivant pas à tourner mon guidon à droite pour tourner à gauche…), je n'avais allumé que la lumière du tableau qui éclairait mes formules. Bien sûr, j'aurais dû penser que si moi je voyais ce que je notais sur le tableau, le reste de la classe, plongé dans l'obscurité, ne voyait pas leurs feuilles… J'avoue que pour la prise de notes, il y a mieux. Au bout de dix minutes à peine, je l'ai entendu. Ça faisait un moment que je ne m'étais pas retourné pour regarder mes élèves, il avait donc décidé de m'interrompre (bien que je ne l'imagine pas avoir lever la main pendant tout ce temps, il ne le fait même pas pour demander l'autorisation de sortir aux toilettes…) :

- Dites ! Vous pouvez pas allumer la lumière ?

Sa voix avait été si sèche, si révélatrice de mon manque de perspicacité ! En tendant l'oreille, j'ai pu entendre un petit "S'il vous plaît" qui venait de Maxwell, à côté, qui visiblement n'arrivait pas à se résoudre à l'insolence de son ami. Je lâchai enfin ma craie pour me retourner vers Yuy, même l'obscurité ne me permettait pas de ne pas sentir tout le poids de ses yeux sur moi. Le fait d'être le seul dans la lumière peut-être. Et là, LA bourde ! Si énorme que même moi, je m'en suis voulu !

- Euh, celle du fond ?

Je tends le bâton pour me faire battre ! De quoi je me plains ? Ce n'est que quand Yuy m'a répondu que j'ai compris toute la bêtise de ma question :

- Bah oui !

Évidemment ! Son ton venait de me confirmer que ce garçon ne me prenait décidemment pas pour une lumière ! Alors que, penaud, j'allais appuyer sur les interrupteurs, je l'entendis faire une remarque "générale" :

- Il est con ou quoi ? Forcément celle du fond, la lumière de devant est déjà allumée ! (56)

Hé oui, c'est un euphémisme comme on dit et ça fait toujours super plaisir après le début de matinée pourri que j'avais passé de se le faire rappeler de cette manière. Lorsque la lumière jaillit enfin dans la pièce, une lueur de victoire avait élu domicile dans ses prunelles cobalts qui, pour changer, me fixaient. Les autres élèves, eux, se sentaient plutôt mal à l'aise pour moi. Je crois que j'aurais préféré la moquerie, oui, la moquerie comme pour le coup du pique-vert plutôt que de leur pitié. C'est à ce moment que j'ai réellement pris conscience qu'une guerre avait été déclarée sans que je sois vraiment au courant et que cette guerre, je n'avais aucune chance de la gagner. La grande question est : qu'est-ce qu'il veut ? Juste me taquiner, me rendre la vie impossible ou carrément cherche-t-il à me faire plonger en dépression nerveuse comme beaucoup de prof' finissent à la fin de leur carrière ? Oui, sauf que moi, je commence à peine !

Le temps d'avoir mis la main sur tous les élèves, la cloche sonne : j'ai perdu une heure de cours… Ça sera galère pour la rattraper, elle comme toutes celles d'avant. Mes élèves prennent tout leur temps pour s'installer, poursuivant leurs discussions comme si je n'étais pas là. Avant, ce n'était pas comme ça. Bien sûr, j'ai jamais été super autoritaire, il y avait toujours un bruit de fond mais depuis que je n'arrive pas à virer Yuy de cours, ça s'est empiré ! Je remarque que le petit amphithéâtre est enfin prêt, j'entame donc le cours en essayant de me souvenir où je m'étais arrêté la dernière fois. Chimie, c'est déjà ça… Mais quel chapitre ? Heureusement, Benjamin Campbell, j'aime bien ce gosse, crâneur et j'me-la-pête mais il vient toujours à mon secours, m'indique le titre de mon dernier paragraphe : Les équilibes (57) des réactions chimiques d'oxydation et de réduction.

- Bien, reprenons donc sur les équilibes. Nous en étions à l'équilibe d'oxydoréduction du Fer en milieu aqueux et en présence d'oxygène. Quelqu'un peut me rappeler l'équilibe en question ?

J'adore ces moments-là, ces moments où les élèves cherchent à se faire tout petit pour ne pas être interrogé ! Ça m'a toujours fait rire : certains sont subitement absorbés dans la recherche d'un mouchoir, d'autres d'un crayon, ou bien ils soulignent leurs titres mais pas un n'ose lever les yeux, d'ailleurs, le premier qui le fait se voit généralement attribué la corvée. Enfin quand je dis, pas un n'ose, cela n'inclut pas Heero Yuy qui ne me lâche pas du regard quoique je dise…

- Allons, vous avez juste à me dire ce qu'on a noté la dernière fois, le dernier équilibe !

Qu'est-ce que je ferais pas pour les encourager ! Je viens de transformer mon exercice d'équilibe en juste récitation d'une formule notée sur une feuille ! Et pourtant, je suis à peu près sûr qu'il va falloir que je désigne un pauvre élève pour pouvoir avancer dans mon cours. Et oui, parce que j'estime que faire intervenir mes élèves dans mon cours est quelque chose d'important : c'est la pédagogie ! Soudain, une petite voix se voulant discrète relève un point qui, venant de Yuy ne m'aurait pas étonné ni trop blessé :

- Il m'énerve à dire "équilibe" ! C'est équiliBRE ! (58)

Je dévie mon regard sur le premier rang, ce n'est pas possible que ça soit Ueda Kazuto qui ait dit ça, non ! Pas lui ! Yuy, oui, mais pas lui ! Duo pouffe dans sa main tandis qu'Heero, n'ayant pas manqué de remarquer ma stupeur, sourit de contentement. C'te guerre, non seulement je vais la perdre mais en plus, elle va me détruire si ça continue ! S'ils s'y mettent tous, je ne tiendrais pas jusqu'à la fin de l'année ! Je décide de reprendre le dessus et au diable ma pédagogie à deux balles !

- Donc, l'équiliBRE du fer…

Non, je n'ai pas lourdement insisté sur le mot "équilibre", non, je n'ai pas fait comprendre à Ueda que je l'avais entendu. Ayant décidé de poursuivre mon cours quoiqu'il arrive, je ne perdis pas de temps à me retourner sur ma classe, affolée par le nouveau rythme que je prenais : mon tableau venait à peine d'être noirci que je l'effaçais pour continuer. Pas que je n'entendais pas les quelques râles qui fusaient pour signifier que j'allais trop vite mais, mon désir de vengeance devait s'écouler, tant pis pour eux ! Soudain, un murmure attire mon attention. Je reconnais la voix de Duo, il paraît bien joyeux… En tendant l'oreille, je distingue sa conversation avec… Yuy, bien sûr !

- Faudra aussi qu'on fasse la fiche signalitique du Pikachu après. (59)

- Après la chanson et le cri du Roudoudou. (59bis)

- Tu me le jures ?

- Hn.

De quoi ? Mais qu'est-ce qu'ils font ?

- Pour la chanson, je pense à un truc genre : "Lalala, lalalala, montant un peu dans les aigus, lalala".

- Hn, adjugé mon Roudoudou ! Et le cri ?

- "LA ! LA ! LA !"

Alors, là, c'est le pompon ! Ils se foutent vraiment de moi, là !

- Okidoki.

- À toi, Hee-chan !

- Hn. Cri : "Pika… Pika-CHU !"

- Énorme ! J'adore ton "Pika-CHU", méfie-toi, je risque de le réclamer lors de moments plus "intimes"…

- Hum…

Ohla, là, c'est clair et net, ils ont remarqué que je les écoutais. Ils cherchent vraiment à me déstabiliser ! Anges ou démons ? DÉMONS ! Qui en douterait ?

- Et ta chanson ?

- Hum, je préfère garder ça pour ce soir…

Là, c'est trop ! Je me retourne et claque brusquement ma main sur la table en réclamant le silence. Après la microseconde de surprise, chacun retourne à sa petite occupation : bavardage, dessin, il y en a même un qui téléphone… En plein cours ! En plein dans mon cours ! Y a pas, j'ai vraiment aucune autorité. Je me sens à la limite des larmes quand, Ô lueur d'espoir, je remarque deux élèves penchés sur leurs calculatrices ! Je reprends espoir : même si ce n'est que pour deux élèves, je corrigerais cet exercice de molarité ! M'approchant pour éventuellement les aider et surtout aussi pour les remercier silencieusement, je remarque quelque chose. Quelque chose qui cloche, qui n'a rien à faire là. Bien sûr, je les trouve un peu trop… joyeux, un peu trop motivés pour exécuter cet exercice. Voir la façon dont Campbell s'excite sur les boutons de sa calculatrice me laisse présager qu'il a besoin de mon aide. Mais au moment où j'arrive à leur hauteur, j'aperçois ce qui défile sur leurs écrans : un jeu vidéo ! Non, je ne rêve pas ! C'est bien un jeu vidéo ! Un peu comme un "Mario Bros." de vieille Gameboy mais version pingouin sur la banquise parce que selon les dires de Tohiyo Humeda : "Merde, elle glisse c'te putain d'banquise !" (60)

Là, c'en est trop ! Sans me rendre compte, je me mets à hurler ! Je crois bien que je dis que je vire toute la classe… Tiens, j'ai dû demander où ils avaient eu ça parce qu'ils me répondent :

- C'est Yuy ! C'est un crack en informatique, il nous a créé des programmes pour nos calculatrices, on peut jouer en réseau grâce aux câbles de transmission qui sont fournis avec à l'achat…

- MAIS ÇA SERT PAS À ÇA !

Je sens que je perds pieds ! Il a décidé de me pourrir la vie, je crois bien ! Je suis trop jeune pour finir en hôpital psy ! Je le vois, assis sur la table, les pieds sur son tabouret, savourant une de ses nombreuses victoires, le sourire aux lèvres, un sourire qui en promet encore de belles si… si je ne fais rien ! Harcèlement moral d'un élève envers son professeur ! Je vais porter plainte ! … Mais qui défendra une telle cause ? Quel prof' digne de ce nom se laisserait bouffer comme je le fais ? Personne ne tolèrerait qu'il arrive avec une heure de retard, à chaque cours, sans mot, sans rien, pas même une excuse, en profitant pour s'installer sans discrétion ! (61) Pourquoi j'ai quitté mon poste de chercheur ? Pourquoi ? Si c'est lui ou moi, ok. Je ne peux pas le battre ? Ok. JE ME BARRE DE C'TE LYCÉE DE MALADES !

RRRIIINNNGGG ! Ouh, la sonnerie délivrante ! Tous les élèves se ruent au dehors comme si de rien n'était, comme si je n'étais pas sur le point d'exploser et de faire un carnage. Sois heureux Yuy, tu as réussi à me faire sortir de mes gonds, à venir à bout de ma patience légendaire ! Il se lève, suivant son natté, et arrivé à mon niveau, je l'entends dire, à peine plus haut qu'un murmure :

- Jeu, set et match.

Ce petit démon a même su lire dans mes yeux ce que je vais aller de ce pas réclamer au directeur : ma démission ! Non, je ne veux pas être muté ! Il serait capable de me suivre dans mon nouveau lycée pour m'achever ! Je vais retrouver le confort, le silence d'un labo de recherche que je n'aurais jamais dû quitter ! Ça m'apprendra à céder à ma femme juste pour avoir plus de vacances : "Être fonctionnaire et prof' te permettra de passer plus de temps avec nous !" Bien sûr ! À condition de ne pas devenir fou ! Je sors précipitamment de ma salle, sans un regard derrière. Je ne ferais pas partie de ceux qui regardent avec nostalgie les moments passés.


(53) : Ok, ce mot-là n'existe pas mais en gros mon imagination veut vous faire dire que c'est son garagiste spécialisé dans la réparation de son vélo… qui en a beaucoup besoin en ce moment ! Mais qui est derrière tout ça ? Mystère et boule de gum !

(54) : Oui, oui, "ausculté", faut pas oublier que c'est comme un bébé pour lui ! Pauv' mec jusqu'au bout des pédales ! lol !

(55) : Bah oui, au cas où vous ne l'auriez pas encore remarqué, c'est un POV de Ficelle et j'y suis pour rien, moi, s'il dit "pique-vert" au lieu de "pic-vert" ! Ah, j'aurais peut-être dû dire que c'est tiré d'une VRAIE réflexion faite par mon VRAI prof' de Physiques de Terminale… Hé, non, je n'ai pas créé un personnage aussi débile toute seule, je ne fais que recopier une VRAIE erreur de la nature !

(56) : Bon là, j'avoue que j'ai pas été très… gentille… Peut-être même que j'ai été insolente… voire irrespectueuse… Mais il le cherche, non ? Il n'avait pas qu'à me chercher d'abord ! Je le revois, le sourire aux lèvres, me tendant ma copie du contrôle qui avait porté sur tout sauf ce que j'avais révisé pendant 2 semaines entières et en me répliquant assez fort pour que la classe entière l'entende : "Je vois que certains ont baissé les bras !" ! ARGH ! J'vais l'tuer ! 4, j'ai eu 4 ! 4 pour 2 semaines entières de révisions sur de la Physique que je déteste ! Et à part ça, je baisse les bras ! C'est réellement à ce moment-là que j'ai décidé de lui montrer ce que c'est que de "baisser les bras" ! On va dire pour simplifier que tout ce qu'Heero peut lui faire subir, je l'ai fait (sauf que j'ai pas attaqué le vélo, suis pas cruelle envers les innocents mouâ !), vous allez voir, je peux être horrible quand je veux !

(57) : La faute est volontaire ! Vous allez comprendre en lisant la suite !

(58) : Pour une fois, c'était pas de moi ! Bravo Calli' ! C'était bien trouvé ! Je regretterais presque de ne pas en être l'auteur ! Mais d'un autre côté, le prof' a dû se sentir encore plus désarmé qu'une bonne élève comme toi en fasse la remarque que moi, aux abonnés absents et mauvaises notes !

(59) et (59 bis) : Ah, la fiche signalitique du Roudoudou ! C'était l'époque Pokémon et avec ma meilleure amie, on s'était déterminées à chacune un pokémon, dont on a fait la fiche signalitique modifiée en fonction de nous en cours de Physiques. Je crois que le prof' n'a pas pu ne pas s'en apercevoir étant donner qu'on chantait et imitait les cris en classe et qu'on était au premier rang…

(60) : Véridique ! Qu'est-ce qu'on peut s'éclater en Physiques sur une calculatrice graphique avec un bon petit programme ('donnerais pas de marque, j'en donne assez comme ça pour me taper un procès énorme ! J'en profite pour dire que je ne touche rien à citer ces produits et que ce n'est absolument pas dans un but commercial mais afin de donner une référence reconnaissable par tous et toutes !). Y avait la course de voiture en réseau aussi mais je préférais le pingouin !

(61) : Qu'est-ce que j'ai pu me marrer ! Faire ça pendant plus de 6 mois m'a fait un bien fou !


- Gggyyyaaahhh !

Et c'est reparti ! Pourquoi moi ?

- Youhoupouyouh !

Non ! Laisse-moi tranquille ! Encore deux minutes…

- Pppiiiooouuuhhh !

Une minute…

- Pppiiiooouuuhhh, pppiiiooouuuhhh ! (62)

Une demi-minute…

- Tadam, paladam, tzoin-tzoin !

… Ok, j'abandonne ! Heero entrouvrit ses yeux sur un Duo excité comme une puce, agenouillé sur son ventre à le prendre pour un trampoline. Automatiquement, il fronça les sourcils à la vue de l'air échevelé du natté, ses joues rouges d'excitation et cette drôle lueur dans ses yeux qui faisait dire à Heero que sa journée ne serait pas de tout repos. Bizarrement, l'Américain s'était tu mais semblait comme un coureur au départ : prêt à partir dès le coup d'envoi…

- Hn.

Le départ est pris ! Comme s'il n'attendait que ça pour parler, Duo se lança dans son premier monologue de la journée :

- BonjourmonAmourcommentçavat'asbiendormiparcequemoiouiettusaisqueljouronestaujourd'huionestlundimonAmour… (Transcription : "Bonjour mon Amour ! Comment ça va ? T'as bien dormi ? Parce que moi oui. Tu sais quel jour on est aujourd'hui ? On est lundi mon Amour…")

- Et ? Qu'est-ce qu'il y a le lundi de spécial ?

- Rien ! Juste un jour de plus où je t'aimeuh !

Duo sautilla sur son ventre en décomposant chaque syllabe avant de lui plaquer un énorme bisou sur le front, trop excité pour atteindre ses lèvres. Il afficha un sourire immense tout en faisant jouer ses doigts un peu partout sur le corps du pauvre Japonais qui ne demandait rien à part de dormir… une demi-minute (63). Au bout de quelques minutes (Je vous raconte pas le nombre de demi-minutes qu'il s'est écoulé pendant ses "quelques" minutes !), Heero laissa échapper un petit soupir :

- Non mais t'as combien de mains toi ?

- Deux, pourquoi ? Lui répondit Duo d'un air faussement innocent. Ça te plaît pas ?

- Hn… Juste que je sais pas comment tu peux faire ça… et ça… et…

- Et ça ?

- Hai, tout ça en même temps !

- L'expérience, Hee-chan ! L'ex-pé-rien-ce !

Le "Hee-chan" en question se releva brusquement sur ses coudes, obligeant Duo d'arrêter ses "ça".

- Ah oui. Et on peut savoir avec qui ?

Le natté sourit légèrement gêné avant de faire une légère moue s'approchant grandement du chibi-SD :

- De quoi ? Mais avec toi, voyons ! Qui d'autre ?

- Oui, qui d'autre ? Insista Heero.

- Tu vas pas me faire une crise de jalousie alors qu'il est même pas 8h00 du matin ?

- Un : je fais pas de "crise de jalousie"; deux : il est 8h13; et trois : je fais c'que j'veux à 8h… 14 maintenant, si j'veux !

- Oui, oui, et à part ça, t'es pas jaloux…

- Si jamais c'est Quatre, il va savoir comment j'm'appelle !

- Quoi ? Mais qu'est-ce que Quatty-chan vient faire ici !

- Tu veux une démo ? S'énerva Heero

- Ouais !

- Ok !

Il le repoussa pour pouvoir s'asseoir totalement sur le lit, se préparant apparemment à lui faire un long exposé :

- Un : tu l'appelles Quatty-chan ! "-chan" ! Comme moi !

- J'hallucine ! Qu'est-ce que…

- J'ai pas fini ! L'interrompit Heero. Deux : Tu t'en souviens sûrement pas mais un matin, je t'ai embrassé pour te réveiller et tu m'as appelé "Quatty"…

- Mais j't'ai expliqué que…

- Oui bah justement, ta pauvre minable petite excuse a été, je te cite : "Question d'habitude !"

- Mais c'était pas pour ça ! C'est parce que d'habitude, c'est lui qui me réveille !

- C'est ça… Rame !

- Heero !

- Ensuite ! (64) Trois : Je ne compte même plus le nombre de fois où vous vous êtes enfermés tous les deux dans une chambre. Pendant des heures que vous y restiez dans c'te chambre ! Tous les deux !

- Mais qu'est-ce que tu vas imaginer, on…

- Je VEUX pas savoir ce que vous y faisiez ! Mais, si j'apprends que…

Il s'arrêta, surpris par le rire sonore de Duo qui venait d'emplir la petite chambre.

- Et tu trouves ça drôle ! Se vexa le Japonais.

- Moui ! Duo s'essuya les yeux pour ôter quelques larmes de rire qui persistaient à lui coller les cils. Si seulement tu savais… Réussit-il à dire avant de repartir dans un fou rire.

Il n'en fallait pas plus pour exacerber le Perfect Soldier, presque blessé dans son amour propre mais surtout s'imaginant des choses qu'il ne conviendrait pas de raconter ici. Il se leva violemment du lit et entreprit de s'habiller. À chaque geste un peu brutal, Duo s'écroulait à nouveau sur le lit, tordu par un rire qui lui faisait travailler les abdos, ne parvenant qu'à lâcher quelques "Si tu savais" entre deux respirations saccadées. Ce n'est qu'une fois qu'Heero s'apprêtait à quitter la pièce que Duo parvint à se contrôler assez longtemps pour le retenir. Il le fit s'asseoir sur le lit et se blottit dans ses bras qui avaient du mal, malgré toute la volonté du monde, à ne pas se refermer possessivement autour de la taille fine de l'Américain.

-Attends que je t'explique… Tu vas rire !

- Hn.

- Je trouve que tu remarquais beaucoup de choses sur moi, dis donc…

- Change pas d'sujet !

- Je change pas ! Juste : t'as jamais remarqué quelque chose, en plus ?

- Iie…

- On s'enfermait dans une chambre à chaque fois qu'on avait besoin…

- Ah ah ! S'écria Heero en se relevant, fier d'avoir pris en faute son amant.

- Y'a pas de "Ah ah !" qui tiennent ! Tu me laisses même pas finir ! Je disais donc : à chaque fois qu'on avait besoin de se faire consoler !

- Ah ah !

- Non, là non plus : pas de "Ah ah !" Fallait bien se confier à quelqu'un !

- "Confier" ?

- Oui Mônsieur ! "Confier" ! Une chose que les êtres humains munis de sentiments font régulièrement ! Surtout moi ! Tu crois quoi ? Que pendant que tu jouais au Perfect Soldier, je craquais pas déjà complètement pour toi ? Parce que c'est facile peut-être de se prendre des vents monumentaux à chaque tentative d'approche ? Que de te voir en petite serviette, sortant de la douche, me donnait pas envie de te violer sur place ? Alors oui ! J'allais voir Quatty qui pouvait me comprendre LUI !

- Et en quoi, Mônsieur "Quatty" pouvait te comprendre ?

- Et aveugle avec ça ! Youhoupouyouh ! L2 appelle L1 ! Quatty ! Trowa !

- Quoi, Trowa ?

Duo se frappa le front du dos de sa main avec le sentiment de devoir expliquer à un enfant de trois ans comment on fait les bébés…

- Quatre est amoureux de Trowa.

- Qu'est-ce que tu racontes ! N'importe quoi ! Quatre est pas amoureux de Trowa ! Je l'aurais remarqué quand même !

- Hum… Il rougit dès qu'il lui parle (Ok, ça arrive pas souvent qu'il parle mais quand même !), il baisse les yeux dès qu'il croise son regard, il DORT dans la même chambre…

- Et alors ? Nous aussi !

- Bah oui, justement ! Tu t'es jamais demandé comment ça se fait que, quoiqu'il arrive, on se retrouvait toujours dans vos chambres ?

- Quatre faisait pas la distribution par numéro ? 01 avec 02, 03 avec 04 et puis 05 tout seul parce qu'on a pas de 06. Enfin, si y a un 06 mais on peut pas dire qu'on ait trop eu l'occasion d'être en planque avec lui.

- Vois l'esprit ! Relégués à un simple numéro ! Comme si Quatty pouvait faire ça ! Ensuite, Quatre lui demande toujours s'il veut pas l'aider à cuisiner alors qu'il a une sainte horreur qu'on lui bousille son organisation !

- Trowa est doué en cuisine, c'est un Français. (65)

- My God ! Tu le fais exprès ou quoi ? Après, t'as jamais remarqué les regards qu'il lui lance quand il est torse nu, plein de sueur après son jogging !

- Bah non, enfin à part ceux où il l'assassine pour qu'il file sous la douche illico presto…

- Ok ! Je vois ! T'as rien capté en gros ! C'était des regards de matage éhonté !

- … Si tu l'dis…

- J'te l'dis !

- Mouais… Pas convaincu…

- Mais qu'est-ce qu'il te faut de plus !

- Que tu me dises comment vous vous "consoliez".

Un gros silence se fit entre les deux jeunes hommes : l'un attendant jalousement la réponse, l'autre trop sur le cul pour aligner deux mots d'affilé. Soudain :

- T'es jaloux ! Exulta Duo.

- NON !

- Si ! T'es jaloux ! C'est trop mignon !

- C'est tout sauf mignon ! S'énerva Heero.

- Je te rassure, on se consolait pas dans les bras l'un de l'autre ! Trop amoureux pour ça !

- Ça veut dire quoi, ça ? Que t'aurais pas été contre si…

Duo éclata à nouveau de rire avant de l'embrasser afin de rassurer son Japonais qui, non, n'était pas jaloux pour un sou, et d'enfiler son uniforme pour arriver à l'heure au cours de Physiques, donc avec la traditionnelle heure de retard.


(62) : Là, on voit tout de suite où j'ai trouvé l'inspiration ! Merci à ces petits poussins que ma mère nous a achetés à Pâques ! Pppiiiooouuuhhh ! (Ça, c'est une note qui date d'il y a un an !)

(63) : Faut voir "Tarzan" de Disney pour bien comprendre la "demi-minute" ! Comment ça, ça se voit que je l'ai regardé y'a pas longtemps ? Pas ma faute s'il vient de sortir en DVD ! Collector en plus ! Trop bien ! (Euh… celle-là aussi elle date d'il y a un an !

(64) : "Ennnnnnnnnnnnnnnnnnn-suite !" Wayne's World… quand tu nous tiens…

(65) : Cocorico !


Ils ouvrirent brutalement la porte, un jeune homme, impassible, avec un air négligé, les cheveux en bataille, le genre qui me donne envie de prendre un bon peigne et lui apprendre à s'en servir, il était suivi de près par un énergumène excité au possible, il ne cessait de passer devant, derrière son compagnon en sautillant et ne cessant ne serait-ce qu'une seconde de lui parler ! La classe ne s'inquiéta pas plus que ça de leur irruption dans la salle. Seul un élève… Ueda Kazuto, je crois… leva la tête et leur adressa des œillades appuyées comme pour les prévenir que j'étais là. Sans un regard pour moi, ils s'installèrent bruyamment. J'avais cessé de surveiller les exercices des autres pour étudier mes "perturbateurs". Je dois admettre que le brun est d'une patience à toute épreuve, à moins que ça soit de l'indifférence… Le natté, lui, il faudrait étudier son métabolisme énergétique parce que… Wouah ! Une véritable pile ! On pourrait faire éradiquer la plupart des centrales nucléaires rien qu'en le branchant un jour sur deux ! Le brun posa enfin ses yeux sur moi… Oh, la douche froide ! Cet ado a des yeux, des yeux comme on en voit peu ! Bleu cobalt, ce bleu des mers profondes, légèrement transparent en surface, s'assombrissant en dégradé pour finir sur un iris d'un noir absolu. Hum… J'aurais quelques années de moins… Bon, ok, quelques dizaines d'années de moins… C'est dingue, on lui pardonnerait n'importe quoi pour peu qu'il pose ses yeux sur nous. Il se releva instantanément, un sourcil légèrement arqué… Trop mignon ! Stop ! On arrête de fantasmer sur un môme qui pourrait être le mien. Sa réaction interpella le natté qui fixa son regard sur moi… Oh, non ! Améthyste ! C'est pas possible comme couleur d'yeux ça ! Où sont donc passés les "monstres" que Ficelle m'a décrits ? C'est des véritables dieux, Apollon doit être en train de les jalouser !

- Où est Ficelle !

Il parle ! Oh, la belle voix ! Ça fout de ces frissons une voix comme celle-là…

- Oups… J'crois qu'on est mal, Hee-chan ! On est comme qui dirait "en retard" au cours de Physiques, mais pas "en retard" pour le cours de Ficelle…

STOP ! Arrêtez les fantasmes ! Ce sont des gosses, des gosses ! Ne pas leur sauter dessus, ne pas leur sauter dessus, ne pas leur sauter dessus… Reprendre le contrôle de soi et du cours…

- Bonjour, vous êtes ?

- Bonjour ! Pardon pour notre retard, on savait pas qu'on changeait de prof'. Je suis Maxwell Duo ! Et lui, c'est…

- Yuy Heero.

- Très bien, votre mot…

- Euh… On est pas vraiment passé au secrétariat…

- Bien. Vous savez donc où aller. Dehors !

Ils sortirent comme ils étaient entrés, le "Yuy Heero" silencieux et "Maxwell Duo" l'accablant de son discours qui semblait de ne jamais se finir. Incapable de m'en empêcher, mes yeux se posèrent sur leurs silhouettes jusqu'au dernier moment, profitant de l'agréable vision qu'ils m'offraient. Courage ! Que quatre semaines de torture à fantasmer sur deux simili-Apollon qui pourraient être mes fils… Ça va être long !

Un peu plus tard, dans "l'aquarium"… (66)

- Motif du retard ?

- Bah, vous allez pas le croire mais vous avez dû remarquer que la cloche, après qu'elle a été H.S, et bien, elle sonne plus très fort. Enfin surtout dans les dortoirs, d'ailleurs j'ai déjà fait la remarque au délégué des dortoirs, il a dû vous faire parvenir notre requête. Alors, forcément vous voyez, pour peu qu'on dorme un peu trop bien parce qu'on a travaillé un peu tard le soir pour finir notre D.M de Maths à rendre pour cet aprèm, et vous savez, le couvre-feu, ça n'a jamais empêché un élève de travailler tard dans la nuit, y suffit pour ça d'une bonne lampe torche, d'un oreiller placé au bas de la porte et… Enfin, vous avez sûrement dû faire ça plus d'une fois pour être aujourd'hui jeune étudiant acceptant de travailler en tant que surveillant dans un lycée pour financer vos études, qui coûtent chères, surtout en… Vous êtes en quoi ?

- Euh… Droit… (67)

- Surtout en Droit ! Non mais vous avez vu le prix des bouquins de droit ? Rien que le code civil, y a de quoi s'endetter ! Donc, je suis persuadé que vous comprenez pourquoi on est en retard ce matin.

- … Euh… Oui, bien sûr…

Heero avait observé toute la scène depuis le pas de la porte (vitrée) de l'aquarium, les bras croisés sur la poitrine, laissant faire Duo pour les explications du pourquoi du comment de leur retard. Le pauv' pion s'était complètement noyé dans le flot de paroles du jeune Américain, si bien que lorsqu'ils ressortirent de là, Duo exhiba fièrement son mot signé et tamponné sur lequel l'excuse "S'est endetté en achetant un code civil pour rendre son D.M de Maths à temps" avait soigneusement rayée par Heero avant de rentrer en classe pour être remplacée par "Ne s'est pas réveillé". Vive le blanco !

Cette fois-ci, Heero prit le temps de frapper contre la porte avant d'entrer dans la salle de classe étonnamment calme pour un cours de Physiques. Chacun était penché sur sa feuille, prenant en note les dires de la nouvelle prof, recommandée par Ficelle lui-même. Une amie ? Non, impossible, Ficelle n'a PAS d'amis ! Duo sautilla jusqu'à leurs places pendant qu'Heero avait, courageusement, été nommé "celui qui donnera le mot au dragon de prof'". Elle saisit sèchement le papier blanc, s'étonna de la présence du blanco que, courageusement, Heero dû expliquer :

- Crayon rouge.

- Et ? Excusez-moi mais je ne vois pas le rapport.

- Moi non plus.

Et, courageusement, Heero tourna les talons avec un haussement d'épaules comme pour lui faire comprendre que le monde de la scolarité et ses lois n'appartenaient pas à la logique du monde réel puis il alla rejoindre Duo qui pinaillait déjà parce que son plume n'avait plus d'encre, qu'il n'avait évidemment plus de cartouche et que la trousse du Perfect Student ne contenait en tout et pour tout un bic bleu accompagné de son Dumesnil de blanco (68), une règle de 12cm et deux trombones. Et donc pas d'encre ! La prof' réajusta sa blouse blanche impeccable (Et c'est vraiment une prof' de Physiques-Chime, ça ?) et continua son cours avec la même voix monotone que tous les profs ont lorsqu'il s'agit de dicter quelques lois fondamentales. À leur table, Duo marmonnait discrètement contre son plume qui n'avait vraiment plus d'encre. Désemparé, il profita d'une légère seconde de silence pour hurler un "Y a pas quelqu'un qu'a une cartouche d'encre, please !" La prof' eut à peine le temps de sursauter qu'une bataille de cartouches venait d'être déclarée avec pour cible… un certain petit natté sans défense ! Et lorsqu'Heero vit Benjamin-le-surfeur-Campbell en jeter une particulièrement lacérée à coup de compas (bah oui, parce que les cutters sont interdits en classe sauf pour arts plastiques… n'est-ce pas Duo, "sauf" !), une rage se remit à l'envahir comme lors de la bataille de polochons. Trop occupé à se contenir du mieux qu'il pouvait, il n'empêcha pas la cartouche d'atteindre son baka qui se retrouva bizarrement le visage… bleu. Ce fut la "goutte bleue" qui fit déborder le vase. Heero se leva doucement, calmement, il ramena lentement son tabouret sous la table, parfaitement à sa place, au millimètre près. Puis il commença à tout ranger sur sa table : feuilles ramenées en un tas parfait, crayons… Duo, qui jusque là, était mort de rire, s'arrêta brusquement. Cet air-là, il le connaissait, il le connaissait que trop bien. Bien sûr, les mads se préoccupent généralement plus du comportement de Shinigami pendant les missions; bien sûr, ils ne savent pas que le surnom "Perfect Soldier" du poulain de J. n'est pas qu'un "surnom"… tout comme "Shinigami" n'est pas qu'un "surnom"… L'hilarité générale retomba progressivement et chacun se mit à suivre l'étrange scène que leur offraient les deux G-Boys : d'un côté, le calme imperturbable d'un lac gelé qu'un galet tente de briser comme il peut d'un autre côté. Après quelques minutes, Duo balança le contenu de son sac sur la table en priant pour que le maniaque de soldat prenne le temps de se calmer et de redevenir son mamour d'Hee-chan. Perfect Soldier jeta un coup d'œil sur la table et d'un grand mouvement de bras, il balaya la surface, faisant tout tomber par terre et du côté de Duo. Non, cette fois, il en avait marre. Il était temps de régler quelques comptes, il était plus que temps d'apprendre à un certain faux surfeur qu'il est des choses à ne pas faire lorsqu'on n'est pas suicidaire. Heero contourna la table avec cette assurance et ce calme qui fit frissonner toute la classe. Alors qu'il sentait son regard définitivement posé sur lui, Benjamin, tenta une sortie… maladroite : il se rua sur la porte et s'acharna à la pousser. J'admets qu'on peut perdre toute logique lorsqu'on est menacé par un Heero en mode "extermination de l'objectif" mais lorsqu'une porte ne s'ouvre pas en la poussant, on essaie de la tirer, non ? Et bien, pas Benjamin, Benjamin, lui, il se contente de paniquer et s'acharner à pousser une porte qui se tire. D'un autre côté, c'est Benjamin et rien que pour ça, on peut pas trop lui en vouloir… Une main ferme s'abattit sur le col de son uniforme et le retourna pour le plaquer contre ladite porte. Instinct de survie : Benjamin se recroquevilla sur lui-même, repliant bras et jambes. Heero baissa légèrement la tête pour lui murmurer quelques "doux mots d'amour" à l'oreille :

- Tu connais la douleur ? Laisse-moi te montrer…

D'un large mouvement, il envoya le corps tremblant de "l'apprenti" contre le mur attenant à la porte. Quelques cris perçants retentirent, ne faisant qu'attiser la colère du Perfect Soldier. Il s'accroupit pour se rapprocher de sa victime et réitéra sa question :

- Alors, petit Benjamin, connais-tu la douleur ?

- Oui, oui ! Oui, je la connais ! s'écria-t-il, espérant que ça aurait le mérite de calmer son agresseur.

- Mauvaise réponse, tu la découvres seulement.

Il le releva violemment et lui enserra le menton dans sa main. Alors que l'autre allait s'abattre sur sa joue, Duo s'interposa rapidement entre eux et dans son élan, renversa Heero sur le sol avec lui. Il profita d'une microseconde d'étourdissement du japonais pour le plaquer par terre et s'asseoir sur lui, espérant ainsi le retenir et le calmer. Heero le gratifia d'un regard noir comme cela faisait longtemps qu'il ne lui en avait pas jeté. Là, notre baka natté qui n'est pas si baka que ça comprit qu'il fallait employer les grands moyens pour faire revenir son Hee-chan… Et quand on met "Hee-chan" et "grands moyens" dans la même phrase, pour Duo, ça fait… KISU ! Il se pencha sur le visage tendu du brun et déposa lentement ses lèvres sur les siennes. Léger, tout doucement, pour être sûr qu'il n'allait pas lui foutre un pain dont il se souviendrait (… hmmm… "Endless Waltz"…). Ne sentant pas de changement notable, Duo appliqua un peu plus sa bouche. Sous lui, Heero commençait à se détendre, s'apaisant progressivement. Soudain, Duo prit une initiative qui acheva de le calmer : il mordilla amoureusement sa lèvre inférieure pour demander l'entrée à sa bouche, chose qu'un "Hee-chan" s'empressa de faire.

Laissons nos deux amours tranquilles deux minutes pour déplacer notre attention sur… le reste de la classe ! Commençons par Benjamin :

Tout ce qu'on pouvait dire, c'est qu'il avait détalé comme un lapin au fond de la classe et en regardant bien, il devait être sous une table, derrière quelques sacs qu'il avait fébrilement rassemblés autour de lui pour se protéger.

Ensuite, passons à la prof' :

Depuis le début, elle était bouche bée, ne comprenant pas ce qui se passait sous ses yeux et dans sa classe, à elle, sa classe à elle, Madame Autorité par excellence, Madame on m'appelle quand tout va mal. Incapable de réagir face à la violence d'Heero, elle se sentit bizarrement revivre face à l'extrême douceur de Duo… Fantasme de beaucoup de femmes de voir deux BBT s'embrasser à même le sol carrelé ? Y a des chances…

Ueda Kazuto:

Raaah ! Mais, 'sont fous ! Pas devant toute la classe ! Raaah ! ... D'un autre côté… 'Sont mimis… Si c'est pas d'l'amour ça…

Le reste de la classe – partie féminine :

Gggaaahhh !

Le reste de la classe – partie masculine :

Voilà, nous pouvons revenir au déroulement de la scène…

Duo se releva lentement affichant un sourire énorme : il venait de battre le Perfect Soldier ! Sous lui, Heero lui renvoya un sourire (Woh ! Attention, on parle d'Heero là alors on s'enlève l'image du sourire maxwellien et on remplace par celui Yuyois (ça se dit ?) et la première qui ose me dire "Mais il sourit jamais !" je la bombarde de captures d'écran où il sourit !) avant de se souvenir, grâce à une sonnerie bien connue, celle de la fin des cours, qu'ils étaient effectivement "en cours". Il se remit debout, poussant gentiment Duo et, faisant fi des regards appuyés, rassembla ses affaires, ramassa celles de Duo qui gisaient par terre et l'embarqua dehors en le tirant par la main.

POV de la prof' de Physiques-Chimie à qui j'ai pas donné de nom mais dont on s'en fout royalement :

J'hallucine… Je viens d'halluciner… Ficelle, je te hais ! Je viens de me faire dépasser par les événements… Pour la première fois de ma vie… Madame Autorité vient de succomber à deux ados des plus adorables à première vue… Comment font-ils pour être aussi… imprévisibles ! Heero aurait frappé ce pauvre Campbell, d'ailleurs, il est où c'lui là ? Ah, là, sous la table. Merci de le ramasser Humeda, c'est sympa, j'aurais pas à le faire. Il l'aurait frappé, j'aurais fini par me ressaisir et te l'expulser comme il faut mais Duo est venu et… Blush Passons sur comment il l'a calmé, il n'empêche qu'il l'a calmé et bien ! Re-blush Je comprends mieux la démission de Ficelle… Courage ma fille, il te reste… un mois à faire, un petit mois soit 24 heures de cours avec cette classe… Pourquoi je sens que je vais jamais y arriver ?


(66) : Au cas où je l'aurais pas déjà expliquer (Comment ça, j'ai la flemme d'aller vérifier ?), l'aquarium est le bureau des pions. Quand j'étais au collège… On s'en fout un peu de ta vie, résume ! Bah, c'est keske je fais ! Donc, dans mon collège, le bureau des pions avait 3 murs complètement vitrés et le 4ème donnait sur la cour et avait une grande fenêtre aussi. Ce qui fait que de n'importe où, on pouvait les voir (Sympa l'intimité ! Mais, y avaient pas à avoir d'intimité ! Exact !) et quand ils parlaient, ça faisait comme des poissons dans un aquarium : BLOP, BLOP, BLOP ! Et puis, c'était tellement petit que, généralement, quand ils passaient un savon à un pauvre élève-qui-n-avait-rien-fait-à-part-d-égayer-la-morne-vie-de-collégien-qu-on-vivait, ils lui tournaient autour, comme des poissons dans leur bocal ! Voilà, c'est juste pour ça que j'appelle tous les bureaux de pions, des aquariums. C'était la minute passionnante de la vie de la fanficeuse !

(67) : Ça, c'est pour toi, Mara !

(68) : C'était quand j'étais au collège… Oh, non ! Pas encore ! (Mais qu'est ce que tu veux, on tombe dessus, c'est l'jeu ma pauv' Lucette !) Oui, encore ! Que veux-tu, j'ai un vocabulaire spécial collège moi ! Donc, vous voyez à peu près la tête d'un blanco ? Capuchon, petit col, gros ventre et enfin le reste du réservoir. Bien ! Et bien, j'avais un prof' (d'Histoire-Géo) qui avait exactement la même forme ! Petite tête, gros ventre, et longues jambes ! Une fois qu'on a fait le rapprochement, et comme il s'appelait Dumesnil (prononcez Duménil)…


Bon, histoire de faire dans l'original... Joyeuses Pâques à vous tous ! J'espère que vous allez être gâtées en chocolat, juste ce qu'il faut pour rester devant l'ordi toute la journée et pas trop pour pas finir à l'hôpital !

Pensée du jour...

"Ailleurs, il y a des enfants qui ne sont à l'abri que pendant neuf mois"

Comité français Unicef - Vous avez des enfants dans 118 pays.