Chapitre 13: Contre coup

Ma fille, mon bébé. Jamais je n'aurais cru cela. Pourquoi Lili? Pourquoi elle ? Jamais je n'aurais pensé, que ses jours seraient en danger. Ma petite fille, si fragile et douce. Pourquoi la vie semblait-elle s'acharner contre moi ? Pourquoi...

- Pourquoi ? Demandai-je.

- Pardon ? Fit Christian.

- Pourquoi mon bébé ? Pourquoi ma fille ?

- Anastasia, c'est…

- Elle est si petite, et si fragile. Elle ne mérite pas ça. Elle… Je veux la voir, murmurai-je.

- Je regrette, refusa Christian.

- Je veux voir mon bébé, dis-je les larmes aux yeux.

- Cela est impossible. Tu as l'interdiction d'approcher Elisabeth, pour le moment.

- Tu n'as pas le droit de m'interdire d'approcher ma fille. J'ai besoin d'elle.

- Annastasia, cela n'est pas raisonnable.

- J'ai besoin de mon bébé, réitérai-je.

- Je le sais, tu nous le rabâches depuis une heure, me rappela Christian.

- Lili…

- Anna, et si vous vous reposiez un peu ? Lança l'infirmier.

- Ma fille !

- Docteur Grey, puis-je vous parler en privé ? Demanda l'infirmier, présent dans ma chambre depuis quelques minutes.

- Je reviens, ne bouge pas !

Christian sortit de la pièce, mais malgré mon état de tristesse avancé, je pus entendre toute leur conversation.

- Docteur, je crains que la patiente ne soit pas suffisamment attachée, rétorqua l'infirmier.

- Vous plaisantez, j'espère ? Vous l'avez carrément ligotée. Certes, elle a fait un désastre, mais ce n'est pas une raison pour la ligotter et l'enchaîner, comme vous l'avez fait. Elle reste une personne, avant tout.

- Docteur Grey, permettez-moi de vous rappeler sa réaction, lorsqu'elle a appris que sa fille venait d'être placée dans le coma.

- Tyler, je m'en souviens, parfaitement ! Mais bon sang, dois-je vous rappeler, que sa fille est tout pour elle ? Elle est sa seule famille. Certes, Anna n'est peut-être pas la meilleure mère qui soit, mais puis-je vous rappeler, qu'elle aime sa fille ?

- Le fait d'aimer ou non sa fille, ne changera rien à la situation.

- Tyler, je…, soupira Christian.

- Non ! Ecoutez-moi ! Cette femme est une mauvaise mère. Elle refusait de faire soigner son enfant. Elle connaissait les risques, ainsi que la situation médicale de l'enfant, en enlevant la petite Elisabeth de l'hôpital. Si la petite était une droguée, c'était à cause de la mère. Si la petite a fait une overdose, et de ce fait, est placée dans un coma, c'est aussi de la faute de madame Black, insista ce Tyler.

- Steel, corrigea Christian.

- Steel quoi ?

- Elle s'appelle mademoiselle Steel et non Black. Black étant le père de la petite.

- Oui, Black, Steel, peu importe. Mais quoiqu'il en soit, cette petite est dans un état critique, le coma. Il n'y a presque pas d'espoir qu'elle s'en sorte.

- Tyler, je suis au courant de tout cela, mais ce n'est pas une raison pour l'avoir ligotée à ce point.

- Dois-je vous rafraîchir la mémoire ? Dois-je vous rappeler, que lorsque vous avez annoncé, à Anastasia, que sa fille était dans le coma, celle-ci est devenue folle, au point de saccager votre bureau ?

- Cela n'est pas une raison de ligoter à ce point, une personne. Je sais qu'Anna à tout détruit dans mon bureau, que plus rien n'existe. Mais ce n'est pas une raison, pour l'attachée ainsi.

- Mais cessez de lui trouver des excuses ! Que vous a-t-elle fait, pour que vous la protégiez tout le temps ? S'indigna Tyler.

- Rien, elle ne m'a rien fait. Mais cette femme me fait de la peine. J'ai mal au cœur de la savoir loin de sa petite.

- Elle l'a bien cherché !

- Je le sais bien, mais…, s'arrêta Christian.

- Docteur, on me bipe. Je suis appelée dans la chambre 12. Je reviendrai voir Anastasia un peu plus tard.

- Ce n'est pas la peine, Tyler. Je vais rester avec elle pour le reste de la journée. Terminez votre journée, et rentrez chez vous.

- Mais docteur ! Tenta l'infirmier.

- Non, Tyler, j'insiste !

- Parfait, à demain. N'hésitez pas à me biper, si vous avez le moindre souci.

- Je sais, merci Tyler.

Quelques secondes plus tard, je vis Christian revenir dans ma chambre.

- Je suppose que tu as tout entendu de notre conversation, comprit Christian.

- Oui…

- Je suis désolée. Je suis navré de tout ce qu'il t'arrive. Mais Tyler a raison, tu l'as un peu cherché, Anastasia.

- Cherché ? Je l'ai cherché ? Tu crois que c'est facile, de vivre cette vie ? Tu crois, que je n'ai pas envie de sortir de cette dépendance de merde ? Me défendis-je.

- Je t'ai déjà proposé mon aide ! Je sais que ce n'est pas facile, mais je suis prêt, on est prêt à t'aider.

- Qui on ?

- Moi, le personnel de l'établissement…

- Ces crétins ! Le coupai-je.

- Anna, je ne sais pas si tu te rends compte, mais l'état de santé de ta fille, n'est pas… Il y a une infime chance pour qu'elle s'en sorte. Mais toi, tu as une seconde chance. Tu peux sortir de toute cette merde.

- Grey, je n'ai plus la force de me battre. Ma fille… Elle risque de mourir et… C'est trop dur !

- Si elle est dans cet état, c'est de ta faute, m'accusa-t-il.

- Ma faute ? C'est ma faute ?

- Oui, à cause de ta dépendance, tu…

- Putain, mais vous me faites tous chier là, avec cette dépendance de merde ! Je n'en peux rien si je suis une droguée et une pute ! Je n'en peux rien, si je me suis faite troncher par des mecs en chaleurs, ou par des connards, qui ne pensaient qu'à me baiser. C'est mon travail, je te rappelle. Et pendant ce temps, ma fille n'était pas seule. Je n'en peux rien, si pendant ce temps, m'a fille a pris les cachets et c'est servie. Je n'en suis pas responsable, merde ! Explosai-je.

- En partie, si ! Insista Christian.

- Mais putain, mais pourquoi ? Qu'ai-je fait, pour que vous m'accusiez, bordel de merde ? Quand ma fille a pris cette cochonnerie, je travaillais, pour gagner mon pognon et nourrir ma gosse, car contrairement aux autres parents, j'élève seule ma fille.

- Je ne te reproche pas de travailler, loin de là. Et beaucoup de parents sont monoparentaux. Je dis juste que cette merde, vous nuie à toutes deux, que tu risques de tout perdre, Anna !

- Cette merde, comme tu dis, j'y suis accroc. Je n'arrive pas m'en séparer ! Lui rappelai-je.

- Très bien ! Mais que fais-tu en ce moment ? Tu es en cure, il me semble, non ?

- Quel est le rapport avec ma fille ? En quoi, ma cure, comme tu dis, a à voir avec ma fille ?

- Tu pourrais en profiter pour te remettre d'aplomb, et pourquoi ne pas éradiquer cette merde ?

- Mais tu crois que c'est si facile ? Tu crois que je n'en ai pas envie ?

- Je…

- Docteur Grey, le coupa un infirmier, en entrant dans le bureau.

- Que se passe-t-il Tyler ?

- Votre père au téléphone. Il dit que c'est urgent ! Fit-il légèrement soucieux.

- Je le prends, ici. Merci !

- Non, il demande que vous veniez de toute urgence à l'hôpital. Il s'agit de la petite Lili.