Disclaimer : Naruto, rien n'est à moi sauf Nakiri of course.

Ndla : Les noms ("le" en l'occurrence) de famille des personnages de Mister owner de Naruto ont été bidouillés par moi pour satisfaire ma propre curiosité (et mes besoins) et contrairement à beaucoup de noms japonais ne veulent rien dire. :) En tous cas ça fait du bien de revenir dans le bain. Je ne sais pas vraiment ce que j'ai écris mais mes doigts sont partis sur le clavier, on verra bien hein. Il faudra peut-être un temps avant un retour bien propre. Dommage que l'on arrive bientôt à la fin. :p (Il resterait pourtant tant de choses à dire encore j'ai dû mal me débrouiller... Pour changer. lol Je ferai des one-shot après voilà.)

Sachez lecteurs et reviewers que je vous adore. Sans vous nous ne sommes rien. C'est beau le partage, nos écrits, vos reviews... Merci à vous tous ! 58reviews, je n'y crois pas, c'est énorme (yeah je moi je trouve ça énorme) et c'est tout grâce à vous ! :D

Oh ! P.S : Le passage en italique, comme tous les passages en italique, est un souvenir bien antérieur aux souvenirs relatés dans le journal. Oui oui il y a un semblant de chronologie dans ce truc. ;p


Chapitre 14

Une longue semaine. Interminable attente. Pas une seule présence. Ils sont arrivés avec les premiers flocons de neige. Grognements de Deidara-san. Les bras de Tobi. Son manteau trempé. Il ne tenait pas en place, voulait me montrer mille choses et j'oubliais que ce n'était pas une grande sortie en famille.

Peu de sommeil. Angoisse. Impatience. Aux premières heures du jour, sur les premières neiges, mes premiers pas sur... Une géante sculpture d'argile. Un oiseau. J'avais peur de ne pas pouvoir tenir. Un saut. Agilité sans faille. Stabilité sur le dos bombé. En apparence si simple. Hésitation. Ma main dans celle de Deidara-san. Celles de Tobi autour de ma taille. Il m'a soulevée. Un temps avant de trouver mon équilibre. Tobi derrière moi. Je me suis tenue au manteau de Deidara-san. Peur de tomber.

―Il ne faut pas avoir peur Nakiri-chan ! Regarde en bas !

Un coup d'oeil. Furtif. Le vent froid sur mon visage. La forêt sous mes yeux. Une épaisse couche de neige percée de pointes de jade. Les sapins. Le regard rivé sur le spectacle. Absorbée. Un village. Si petit. Des rizières. Nous passions si vite.

―Ne tombe pas yeah.

Assis près de moi, occupé à dégager ses yeux, son visage, de mèches plaquées par le vent.

Une heure. Peut-être plus. Tobi n'a cessé de pointer tout ce que l'on croisait. Un groupe de voyageurs. Des animaux. Tous les arbres. Plusieurs fois Deidara-san a voulu le faire taire. Je servais d'excuse. Pour les deux.

Tout voir de haut. Etrange sensation. Satisfaction. Liberté. Domination. Vous et le silence du vent. Je ne voulais pas arriver. Pour une fois connaître ce qu'ils éprouvaient. Ces gens tous plus forts que moi.

Nous nous sommes arrêtés à quelques mètres d'une modeste ville. Tobi a disparu dans un nuage de fumée. Surprise. Deidara-san a enlevé ce distinctif manteau noir et rouge. Ses cicatrices cachées par de longues manches. Que du noir et du blanc. Sobre. Un sourire. Pas de tension. Pas de gêne. Son bras autour de ma taille. La chaleur sur mes joues. Battements plus rapides.

Il m'a guidée jusqu'à l'hôpital. Les regards. Les murmures. Se complaire dans l'illusion, rien qu'un instant. Profiter des mensonges comme s'ils étaient des songes. Vivre quelques secondes ce que l'on n'aura jamais. Ce que l'on voudra toujours. Plus vrai encore alors qu'il a acquiescé – sans hésiter – à la question « Etes-vous mariés ? ». Ne pas vouloir le voir se terminer, oublier que rien n'a commencé. Il est si facile d'être bête. Pourtant l'environnement ne s'y prêtait pas.

Des couloirs blancs. Une chambre blanche. Une odeur de vide. Trop épurée. Désinfectée. Je lui préférai celle des vieilles pierres. Il est resté jusqu'à l'examen.

Il m'attendait. Adossé au mur. Rictus. Sourire. On chasse très vite la réalité. Parce que ça fait mal et c'est si aisé de gâcher notre seul plaisir. Si simple d'être triste.

Hors de la ville. Des bruits de pas.

―Nakiri-chan !

Brusquement un bras autour de mes épaules, mon dos contre un buste, solide. Un bruit mat juste à côté. Sa voix tout près.

―Arrête de lui sauter dessus dumb-ass ! Elle est enceinte yeah !

Du coin de l'oeil j'ai vu Tobi se relever. Il s'est excusé, s'est empressé de demander s'il m'avait déjà fait mal. Vague réponse. Seulement consciente de son bras toujours contre moi. Vouloir appartenir. Est-ce un des premiers symptômes ? Amoureuse. Je ne pensais pas à autre chose, qu'il puisse y avoir seulement du désir physique. Je voulais croire à autre chose de ma part. Pour nous.

Il m'a aidée à monter. A cet instant je ne regrettais rien. Rien de ce qui était arrivé. Parce que tout avait mené au contact de sa peau, à sa présence. Avec un certain recul ça paraît ridicule. Peu importait. Il s'est assis à côté de moi. Rictus. Nous n'avions pas encore bougé. J'aurais aimé ne jamais savoir pourquoi. Etre le témoin de son art.

―Je vais te montrer ce que c'est l'art yeah.

Sa main devant lui. Un mot. Une explosion. Un bruit sourd. Un nuage de poussière. Noir. Des cris. Des flammes. Choc. Paralysée. Je ne sais pas ce que je devais voir. Je n'ai pas vu d'art. La mort, oui. Un attentat. La destruction complète de l'aile d'un hôpital. Celui que je venais de quitter.

Terrifiante réalisation. Il fait passer son art avant la vie.

Et... Une mission ? Avais-je été aussi utilisée ? Si j'étais restée, aurais-je compté ? Fait la différence ?

Pour la première fois j'ai eu peur de lui. J'avais toujours su qu'il était un shinobi, un nunkenin, j'avais moins fait l'impasse que pour Tobi mais… Etre confrontée à la réalité. Elle dépasse toujours la fiction. Il n'a pas apprécié mon manque d'enthousiasme. J'étais un livre ouvert. Vexé.

―Hé Nakiri-chan ! C'était une belle explosion hein ?

Je n'ai rien dit. Etre silencieuse plutôt que de trop parler. De regretter.

--

Son silence pendant plusieurs jours. Exclue. Ignorée. Plats non terminés. Dire sans mot que ma cuisine ne lui plaisait pas. Blessant. Heureusement Tobi restait insouciant, ignorant la tension. Il restait souvent avec moi pour la vaisselle. Il lui était interdit de toucher une assiette. Il parlait. J'écoutais à peine. Comme souvent, il parlait du bébé. Peut-être pas les autres mais lui voulait cet enfant. Pas pour le former, le façonner pour des besoins personnels. Il voulait une famille. Je voulais une famille. Juste... Un autre compagnon. Malaise. Culpabilité.

Ne pas se laisser aller. J'ai souri, pour me rendre compte que Tobi n'était plus dans la cuisine. Dehors.

—Nakiri-chan ! Viens ! Il y a beaucoup de neige dehors ! Regarde !

De nouveaux flocons. Un enfant. Insouciant du froid. Il m'a traînée à l'extérieur. De la poudreuse jusqu'en haut de la cheville. Mes tabi étaient trempées. Je ne suis pas rentrée. Il a voulu faire un bonhomme de neige. Il a tenté d'en rassembler. Nombreux échecs. Un sourire. Le voir se battre avec la poudreuse. Plein les vêtements, plein les cheveux, rien dans les mains, rien de consistant. Encore un essai. Un échec. En rire. Je ne me suis pas retenue. Un moment d'oubli. Une heure. Il m'a forcée à porter son manteau. A juré d'y arriver. Deux heures. Finalement, une première boule. Si fier. Il m'a tendu une paire de gants. Noirs.

—Allez Nakiri-chan ! C'est facile !

Je ramassais petit à petit à l'aide de mes mains. Nez froid. Joues roses. Respiration cristallisée. Sourire sur le visage. Une activité ludique. Partager son insouciance. Revivre son enfance. Ne pas l'oublier pour la transmettre.

Il a ri. J'ai levé le regard.

—Il faut en prendre plus Nakiri-chan ! Il sera énorme !

Mots et gestes. Amples gestes. Il s'est remis à son travail. Trop de sérieux. Accroupi. Amassant par grandes brasées, ramenant avec ces bras tout ce qu'il pouvait. Des trous un peu partout dans la couverture blanche.

—Tobi, il va avoir une trop grosse tête.

Il s'est arrêté. Flottement. Il a ri.

—Comme Deidara-senpaï !

Il a continué son ouvrage.

Lorsqu'il a voulu attraper la "tête", il a eu du mal à la décoller de la plaque de neige sur laquelle il avait tout rassemblé. Il a forcé. Deux trous de chaque côté, ses mains enfoncées dans sa boule. J'ai ri. Il a boudé. A recommencé.

Finalement notre bonhomme avait une tête aussi large que le corps. Lentement Tobi y a dessiné une frange grossière avant d'aller chercher un caillou pour son œil et des branches pour les bras. De tous petits bras. Pas vraiment Deidara-san. Surtout pas avec cette carotte plantée en plein milieu du visage, ce poireau sur son crâne. Tobi le trouvait parfait.

Sourire. Se frotter les mains pour se réchauffer.

—Allons faire des pancakes maintenant Nakiri-chan !

Infatigable.

Depuis la fenêtre de la cuisine nous pouvions le voir, fière créature blanche au milieu de nulle part. Devant une maison qui n'était celle de personne en abritant pourtant tant de monde, de choses, de souvenirs.

Mes propres souvenirs. Mes peurs et envies d'avenir.

—C'est le plus beau bonhomme de neige que tu aies fait hein Nakiri-chan ?

J'ai hoché la tête. Ne pas le vexer.

—Avec mes parents nous utilisions les plumes perdues par les poules et une écharpe que ma mère tricotait pour l'occasion. Elle disait que si nous en prenions assez soin un jour peut-être j'aurais un petit frère parce que Kami-sama saurait que nous étions une bonne famille.

La première fois que je partageais. Beaucoup de bien. Etre soi-même. Vivre. Ne pas faire semblant.

—Et tu as eu un petit frère alors Nakiri-chan ?!

—Non.

Ne pas élaborer. Ne pas revenir sur la maladie de ma mère. Je sais qu'elle est mieux là où elle est maintenant. Elle n'a pas assisté aux malheurs de sa fille. Impuissante. Ni mon père.

—Et toi Tobi ? Tu as fait des bonhommes de neige avec tes parents ?

La question était : avait-il eu des parents. Un shinobi – un nunkenin – a-t-il eu une vie de famille ? Je ne demandais que par analogie. Difficile encore de l'appréhender autrement.

—Oui ! Oui ! Beaucoup ! Tout le temps !

Trop d'enthousiasme.

—Comment était ta famille Tobi ?

Savoir. Connaître. Vouloir les connaître. Comprendre. Partager.

Un temps. Flottement.

—La maman de Tobi était très gentille ! Et très belle ! Elle faisait toujours beaucoup de choses pour Tobi !

Heureuse pour lui. L'instinct pourtant que quelque chose n'allait pas. Silence.

—Je pense que ce ne sera pas si terrible finalement que cet enfant porte mon nom, celui de mon père. Ce sera comme le faire vivre un peu.

Pensées à haute voix. Je l'ai su parce qu'il me fixait. Sans bouger.

—Le nom de Nakiri-chan et de son papa ?

Hochement de tête. Sourire. Léger.

—Je n'en ai pas d'autre à lui donner mais ça ne me gêne plus vraiment.

Mensonge. En partie. Ce que je voulais vraiment : lui offrir un nom que je ne connaissais même pas. Utopie.

—Tobi est sûr que le nom de Nakiri-chan est plus beau que celui de Tobi ! Alors le bébé aura le nom de Nakiri-chan ! Dis-le à Tobi !

—Satô. Et toi Tobi ?

—C'est un beau nom Nakiri-chan ! Celui de Tobi est moins bien. Tobi ne l'aime pas vraiment.

—Tu ne veux pas me le dire ? Ce n'est pas grave tu sais.

—Tobi n'aime pas son nom.

Chuchotement.

—Mais si Nakiri-chan veut savoir Tobi va le dire. Tobi est un bon garçon !

Nouvelle exubérance.

—Tobi s'appelle Mido.

Rapidement, il parlé d'autre chose. Je n'ai rien demandé de plus. La famille est devenue un tabou. S'il me posait des questions je répondais sans jamais les lui retourner. Comme ses cicatrices sont taboues. Se contenter de prendre et d'apprécier ce qu'il offre. Trop n'apporte jamais rien de bon.

--

Tobi ne m'a pas laissée seule. Pas un seul moment. Pas même pour aller se coucher. Etrangement il semble toujours savoir. Insouciant, inconscient. Si perceptif.

Ses bras autour de moi. Son front contre ma nuque. Ses cicatrices.

―Tobi sera toujours avec Nakiri-chan.

Son souffle contre mon yukata. Un souvenir.

Cette nuit était un mystère. Un rêve. Je l'avais cru jusqu'à maintenant. Tobi... Impossible. C'était une habitude. Depuis la première fois il lui arrivait de venir. Il restait à côté. Au début, toujours son masque. Toujours ses gants. Seulement dormir. Au matin toujours le même. C'était rassurant, cette présence.

Je me suis réveillée avec la sensation de quelque chose courant le long de ma nuque, mon épaule. Léger. Frisson. Sur ma clavicule, ma gorge. Eveil. Je me suis tournée. La caresse a recommencé son parcours.

Tobi ?

Arrêt. Hésitation.

Hm, Nakiri-chan...

Ses doigts. Ses doigts sur ma clavicule, ma gorge, plus bas.

Encore dans les brumes du sommeil. Vague réalisation. A peine. Une caresse sur mes lèvres. Les siennes. Il a tracé les contours de mon visage. Exploré dans le noir. Lentement, prise de conscience du tissu toujours plus lâche. Son souffle contre ma joue. Je ne savais quoi dire. Je doutais encore d'être réveillée. Tobi et ces gestes intimes. D'abord timide puis audacieux. Ses lèvres contre les miennes. Demande de permission. Mon corps au-dessous du sien. Certainement pas Tobi... Je ne voyais même pas son visage.

Tobi ?

Sa bouche contre mon oreille. Sa respiration, vive, forte. Sa voix, une prière.

Nakiri... Chan...Tobi voudrait juste...

J'ai cherché, ma main a rencontré ses cheveux. Il a pris ça comme un encouragement. Il m'a embrassée. Tendrement. J'ai voulu tracer les contours de son visage. Sa main a attrapé la mienne.

S'il te plaît Nakiri-chan.

Suppliant. Je n'ai plus cherché à bouger.

Trop sombre. Je ne pouvais que sentir, deviner ses mouvements. Pas très à l'aise. Incapable de le lui refuser. Je l'ai laissé faire. Doux. Attentif.

Sa peau contre la mienne, chaude. Ses mains, caressant. Un gémissement. Etouffé juste sous mon oreille. Mon prénom murmuré.

Mon coeur battait fort. Mes mains sur son dos. Larges, saillantes cicatrices. Sa tête s'est logée au creux de ma poitrine. Humide. Pas de sueur. Ses larmes. Silencieuses. Ses cheveux entre mes doigts.

Je crois qu'il s'est endormi là, juste avant moi.

A mon réveil il n'y avait personne. Pas une trace. Quand je suis sortie il m'a accueillie comme tous les matins. Un rêve.

Peut-être pas... Je n'y avais pas cru. J'ai posé mes mains sur les siennes.

―Merci Tobi.


A tout bientôt j'espère, cette histoire m'a manqué, vous m'avez manqué.