- Amber Mad : je suis contente que tu ais aimé l'intervention de Gellert mais je préfère te préciser qu'il n'aura pas un rôle central, même s'il réapparaitra certainement de temps en temps. Par contre, oui Remus et les jumeaux vont être très présents (j'adore les jumeaux). Et la relation entre Tom et Harry et bien : 1 pas en avant et 2 arrières pourrait résumer la situation. Merci beaucoup pour ta review !

- Shishi- shama : c'est bon, je viens de faire mon rappel contre le tétanos, tu peux mordre !

- Ivy, ma chère, ôte moi d'un doute, est ce que tu ne serais pas un peu pour la destruction massive de toute jeune fille s'approchant d'un peu trop près de notre mignon Harry ? non parceque Cho, je comprends mais là, la douce Ginny ? qu'est ce que tu peux avoir contre elle ? ;-) Ah, enfin quelqu'un qui me soutien et qui ne veut pas de lemon avant au moins une cinquantaine de chapitres. Je note ton soutien pour les prochains mails de menace. Merci pour ton enthousiasme et tes reviews.

- Ks : Je te laisse voir la réaction de Ron et Hermione. Quand au choix de Tom, je pense que même lui, ne sait pas vraiment sur quel pied danser. Merci beaucoup pour ta review

- Camm : j'espere que la surprise a été positive x-). Pour moi, Ron n'est pas soumis au secret professionnel et pouvait donc en toute légalité raconté certaines choses à Hermione. Pour ce qui est des jumeaux, tu auras quelques réponses dans ce chapitre. Merci d'avoir pris le temps de laisser une review.

- Fao : bah alors faut savoir ! tu l'aimes ou pas Sevy ? ;-) non mais franchement, tu ne croyais quand même pas que j'allais vous faire un lemon ? ce n'est pas une deathfic donc cela devrait répondre à ta question. Merci pour ton petit mot.

Merci beaucoup à Louvy à qui j'ai pourri son samedi soir pour qu'elle corrige toute mes erreurs. Merci pour ta fidélité et le temps que tu prends pour améliorer cette histoire.

Bonne lecture.


De son côté, Tom se tendit. Il n'aimait pas du tout que Grindelwald soit mis en présence de Harry. Mais il n'avait plus le choix — il est vrai que son parfum était irrésistible pour les vampires.

- Très bien. Fais-lui savoir que je le rejoins tout de suite, et que s'il s'avise de déambuler dans mon manoir, je lui arrache ce qu'il considère comme ses attributs masculins.

Harry eut l'impression que sa menace devait être prise au sens littéral et frissonna. Puis il suivit Tom, qui l'invitait silencieusement à passer dans le couloir. Il l'escorta vers la grande salle de réception où ils avaient plusieurs fois pris leur repas. Harry était un peu mal à l'aise, et leur cheminement se fit sans un bruit. Puis le brun se retourna brusquement et prit la parole, dans un flot rapide et presque incompréhensible :

- Je voulais vous… remercier. C'est vraiment super ce que vous avez fait. Vous n'étiez pas obligé… Enfin, c'est de votre faute si j'ai perdu mon précédent job, même si je ne sais pas comment vous vous y êtes pris. En tout cas, je dois reconnaitre que c'est le travail idéal. Je vous suis vraiment reconnaissant.

Le lord se tourna vers lui, et son cerveau mit quelques secondes à comprendre ce que voulait dire le jeune homme. Son esprit était complètement concentré sur la façon de poursuivre le délicieux moment qui venait d'être interrompu, et surtout de tenir Grindelwald éloigné de sa proie. Lorsqu'il comprit enfin de quoi parlait Harry, il se reprit. Après tout, s'il pouvait se servir de sa reconnaissance, il n'hésiterait pas, et c'est bien pour cela qu'il l'avait fait.

- Je t'en prie, Harry, tu sais que tu n'as eu ce poste que grâce à tes compétences. Arrête de douter de toi, déclara la voix suave du maitre des lieux en reprenant sa progression.

Harry ne put s'empêcher de rougir une nouvelle fois devant le compliment, et il répondit en évitant de regarder Tom pour cacher sa gêne.

- Je n'aurais jamais obtenu le moindre entretien sans votre intervention. Vous vous rendez compte ! Un poste de stagiaire chez Empthis & Raphton ! C'est un cabinet reconnu. Je vais pouvoir apprendre pleins de choses, et en plus c'est très bien payé.

L'exaltation du jeune était visible, et le grand sourire qui lui balayait le visage le faisait paraitre encore plus jeune et innocent. Tout simplement à croquer… pensait Tom en regardant ses jolies lèvres bouger avec envie. Le voir si heureux réchauffait quelque chose en lui, et lorsqu'il leva les yeux et aperçut son reflet dans le miroir, il fut choqué d'y découvrir un sourire idiot sur ses propres lèvres.

Il repensa avec énervement à sa conversation avec Lucius Malfoy et son sourire se fana.

Flash back

Tom Riddle était plongé sur le dernier rapport de Severus. Les choses ne s'arrangeaient pas ; le nombre de vampires infectés augmentait régulièrement. Le biologiste avait réussi à trouver un traitement pour en ralentir les effets, mais la fin restait la même. Ils allaient d'ailleurs devoir régler le cas de Dolohov dans peu de temps.

Et les recherches pour retrouver ces « Maraudeurs » restaient au point mort. Pourtant, la présence de Dumbledore ici prouvait bien qu'ils étaient sur la bonne voie. Ce qui était par contre étonnant, c'est qu'il n'ait encore rien tenté contre eux. Tom savait qu'il y avait une branche active de l'Ordre du Phoenix dans cette ville, même une des plus anciennes. Mais il est vrai que la plupart de ces « chasseurs » n'avaient même jamais croisé un vampire de leur vie, ou alors ne s'en étaient pas rendus compte. C'était sans doute pour cela qu'aucune action répressive n'avait encore eu lieu.

Et puis les vampires s'étaient tellement bien fondus dans la masse et intégrés aux humains qu'Albus Dumbledore n'avait eu aucune raison de lancer une guerre contre eux. Le vieil homme avait toujours quelques extrémistes à son service qui n'hésitaient pas à tuer dès qu'ils le pouvaient, et cela causait déjà bien assez de dégâts dans ses rangs. Mais ils étaient heureusement de plus en plus rares.

Quelqu'un frappa à la porte de son bureau, et le lord lui donna l'autorisation d'entrer. Il termina sa lecture avant de lever la tête vers Lucius. L'aristocrate se tenait bien droit, attendant le bon vouloir de son maitre tout en gardant sa prestance et sa dignité. Tom n'avait jamais réussi à lui faire prendre une attitude servile, mais son caractère fier lui plaisait ainsi… même s'il avait été obligé de lui rappeler de temps en temps où était sa place.

- Tout s'est bien passé ? demanda-t-il.

- Oui, maitre. Le jeune Potter a passé un entretien avec Mr Empthon, et il semble qu'il fera l'affaire.

- Parfait, je n'en doutais pas. Harry a beaucoup plus de compétences qu'il ne le croit.

Lorsque Tom Riddle lui avait demandé d'aller chercher son petit protégé à la sortie de ses cours — dont il connaissait les horaires grâce à Severus — afin de le conduire dans un cabinet d'avocat, Lucius s'était interrogé sur les motivations de son maitre. Lorsqu'il avait compris qu'il le pistonnait pour trouver un job à temps partiel, il avait d'abord pensé que c'était pour mieux diriger sa vie. Mais maintenant qu'il voyait cette petite lueur dans les yeux de son maitre, il s'inquiétait à nouveau.

Lucius Malfoy respectait son maître, même s'il n'appréciait pas toujours sa façon de traiter ses gens. Et quoiqu'il en pense, il craignait de mourir si le lord venait à disparaitre. C'est donc autant son côté sentimental que son côté opportuniste qui le poussèrent à prendre le risque de donner son avis :

- Maître, si je puis me permettre…

Riddle releva des yeux surpris vers son homme de confiance. Il était rare que Lucius hésite. Lucius était direct, professionnel et froid — enfin… sauf avec sa femme et son fils. Aussi Tom fut-il curieux de savoir ce qu'il pouvait avoir à lui dire, tout en se doutant que cela ne lui plairait pas. Il hocha la tête, tout en dardant ses yeux rouges sur lui.

- Vous vous investissez beaucoup pour le jeune Potter… commença doucement le blond.

- Je fais ce qu'il faut pour qu'il me fasse confiance. Je ne vois pas en quoi cela te regarde, répondit froidement le Lord.

- Vous en faites même beaucoup.

- Que veux-tu dire par-là ?

Cette fois, Riddle n'était plus amusé, mais clairement agacé et donc menaçant.

- Juste que je ne vous ai jamais vu dépenser autant d'énergie pour une de vos conquêtes. Ni passer autant de temps avec quelqu'un. Votre attitude quand il est présent est… étrange.

- Cela s'appelle du désir, mon cher ! Tu ne te souviens déjà plus ce que c'est que de désirer quelqu'un ? Tu me sembles pourtant particulièrement stupide quand ton épouse est dans les parages, se moqua le vampire en se détendant, fier d'avoir trouvé une explication infaillible.

- Justement, maître, ce que ma femme et moi partageons est bien au-delà du simple désir… C'est de l'amour.

Lord Riddle le regarda un instant avant d'éclater de rire. Lorsqu'il parvint à s'arrêter, il fixa le regard sérieux de Lucius.

- Si tu ne m'avais pas permis de rire autant, je te punirais pour oser proférer de telles absurdités. Comment peux-tu penser quelque chose d'aussi idiot ? Que je pourrais tomber amoureux ? D'un gamin ? Cela n'est jamais arrivé en plusieurs siècles, et tu sais ce que cela me coûterait.

Le blond se retint d'ajouter que cela ne serait pas forcément un grand mal, mais son maitre ne partageait pas son opinion sur ce point et il était le seul juge. Cependant, Tom aperçut tout de même son regard.

- Cela irait pourtant dans ton sens, que je tombe… amoureux ? D'après les druides, je retrouverais ainsi mon âme et nous redeviendrions tous mortels, comme tu le souhaites tant. Alors pourquoi me mets-tu en garde ?

- Harry Potter est le petit protégé d'Albus Dumbledore. Je ne comprends pas qu'il le laisse près de vous en sachant ce que vous êtes. Il doit y avoir quelque chose.

- Ne t'inquiète pas, je n'oublie pas que mon vieil ennemi n'est pas loin. Et je me dis même que cela pourrait être amusant de lui renvoyer un autre de ses proches souillé par moi. Je n'éprouve aucun sentiment pour ce garçon, si ce n'est du désir. Reconnais qu'il a des courbes à damner un saint ! Et comme je suis déjà damné…

- Très bien, maitre, je suis désolé d'avoir douté de vous.

- Tu as de la chance que je sois d'humeur clémente aujourd'hui, Lucius.

L'homme de main s'était incliné sans un mot avant de sortir. Mais le lord n'avait pu s'empêcher de ressasser ses paroles, plus troublé qu'il ne l'aurait voulu. Puis ce fut la colère qui prit le dessus. Non, il n'était pas une de ses fragiles créatures qui se pâmaient d'amour ! Il n'éprouvait rien depuis des siècles, et cela resterait ainsi pour toujours.

Non, son serviteur avait tort ! Harry n'était qu'une distraction comme une autre, et rien de plus. C'est donc sans regarder le jeune homme que Tom répondit froidement :

- Je préférais te savoir dans un cabinet respectable que dans un bar minable à te faire draguer.

Harry cessa son babillage, étonné du changement d'atmosphère. Puis il se reprit. Oui, bien sûr ce n'était pas pour être gentil avec lui, mais juste pour s'assurer que personne ne l'approcherait que Tom Riddle l'avait aidé à décrocher un emploi. Et puis, il avait certainement l'impression qu'il se sentirait redevable. Quel crétin ! pensa Harry. Il était beaucoup trop fleur bleue ! Avoir cru que cet homme ferait un geste désintéressé.

Allez, il s'était promis que rien ne pourrait gâcher sa bonne humeur ce soir, et il comptait bien tenir sa promesse.

- Et bien merci quand même, répondit-il sur un ton léger en offrant un léger sourire à son vis-à-vis.

Tom observa le jeune garçon qui lui résistait depuis plusieurs semaines, et se surprit à nouveau à le trouver encore plus beau avec ce sourire heureux. Mais qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Oui, c'était ça, il avait passé trop de temps à le séduire et c'était ainsi habitué à sa présence. Mais même si le jeune homme s'était peu à peu immiscé dans sa vie privée, Tom se savait indépendant. Certes, la présence du garçon lui était agréable, mais pas vitale non plus… n'est-ce pas ?

Sa réflexion fut interrompue lorsque la porte du grand salon s'ouvrit. Severus Rogue se dirigea vers lui, mais il n'eut pas le temps d'annoncer le lord qu'une voix résonna.

- Ah, Tom, quel plaisir de te revoir ! s'exclama un homme en se levant brusquement pour venir à la rencontre du maître des lieux.

Il s'avança prestement vers Tom et le prit dans ses bras dans une étreinte virile. L'homme passa sa main autour des épaules du lord, qui le dirigea alors vers la grande table déjà dressée et sur laquelle il se saisit d'un verre qu'il tendit à son invité surprise.

- Humm… Je savais que je pourrais profiter de ton hospitalité. Et que tu avais toujours aussi bon goût, précisa l'homme en savourant le nectar.

- Bonsoir, Gellert. Que me vaut le plaisir ? demanda le lord avec un petit sourire charmeur avant de s'attabler à son tour, laissant Harry totalement de côté.

Le brun ressentit un petit pincement au cœur et s'agaça d'être ainsi oublié. Il se décida à suivre le mouvement, même s'il était toujours royalement ignoré par les deux hommes. Il avait été étonné de voir leur proximité, et surtout la familiarité du dénommé Gellert — jusqu'ici, tout le monde avait traité Lord Riddle avec crainte et respect.

Harry s'assit à droite de Tom, comme il l'avait fait la semaine précédente, pendant que l'autre homme — ou plutôt le vampire, si Harry en jugeait du plaisir avec lequel il buvait l'immonde breuvage — s'était affalé sur la chaise à gauche du lord. Le dénommé Gellert termina son verre avant de répondre à la question du maitre des lieux :

- Je dirais bien que tu me manquais, mais pour être honnête, il y a encore deux jours, je ne savais même pas que tu étais dans le coin. J'étais en… safari, reprit-il avec un grand sourire inquiétant sur le visage.

Tom sourit à la formulation. Gellert Grindelwald avait été un de ses premiers lieutenants. Il était un peu plus âgé que lui et lui avait appris énormément de choses. Sans lui, il n'aurait certainement pas été ce prince craint et finalement maudit. C'était bien le seul vampire qui se permettait d'être aussi familier avec lui. Mais alors que Tom s'était assagi avec les années et que, sans être un enfant de cœur, il évitait de tuer à moins de n'avoir aucune autre solution, Gellert, lui, avait conservé pas mal de mauvaises habitudes. Et chasser des humains pour le plaisir de les exterminer restait l'une d'elles. Tom s'y était opposé, jugeant que cela risquait de trop les mettre en avant alors qu'ils devaient rester discrets, mais il n'avait pu totalement réprimer les instincts carnassiers de son ancien lieutenant.

Tout ce qu'il avait pu obtenir comme garanti était que l'homme choisisse ses proies en évitant les innocents. Ainsi, il sélectionnait en priorité les meurtriers, voleurs ou bandits en tout genre. Si Gellert évoquait un « safari », c'est qu'il s'était attaqué à tout un groupe, et que certains de ses membres avaient opté pour la fuite. Il pouvait alors les traquer pendant des jours. Tom était même certain que c'était la partie qu'il préférait… Enfin, le moment où il plantait ses crocs dans leur cou et aspirait directement leur fluide vital à la source devait quand même rester en première position.

- J'étais en route pour rentrer me reposer, quand je me suis étonné de la recrudescence des nôtres dans cette charmante petite ville. Tu me connais, toujours à ne pas vouloir rater une bonne petite fête ! Je me suis donc renseigné sur la cause de ce remue-ménage, et qu'elle n'a pas été ma surprise de te voir ici, dans ce trou perdu. Je me suis alors dit qu'une petite visite à mon cher prince, en souvenir du bon vieux temps, pourrait être plaisante pour nous deux, termina le vampire blond avec un petit sourire charmeur.

Lord Riddle leva son verre comme pour porter un toast.

- Tu sais que c'est toujours un plaisir partagé, répondit-il à son vis-à-vis sans le quitter des yeux.

Harry s'étonna en sentant la colère grimper en lui. Non pas qu'il soit jaloux ; il n'avait jamais voulu de l'attention de Tom Riddle et n'attendait rien de lui. Mais c'était quand même son idée, ces stupides rendez-vous ! Il était donc inadmissible qu'il le laisse comme ça dans un coin, comme s'il n'était rien de plus qu'un jouet devenu inintéressant.

Le jeune homme étudia alors ce nouveau venu qui accaparait l'attention du lord. L'homme semblait plus âgé que Tom, et il dégageait une aura de puissance et de confiance propre à lui qui attirait inexorablement les regards. Physiquement, il était grand et musclé. Sa petite barbe blonde lui donnait un air un peu menaçant, ce qui augmentait encore son charme en lui donnant un air de « mauvais garçon ». À côté de lui, Harry avait l'air d'un adolescent rachitique.

Le jeune homme se secoua et s'en voulut de se comparer à ce barbare. Après tout, ils n'étaient pas en compétition. Si Tom voulait passer sa soirée avec son invité, qu'à cela ne tienne, il allait les laisser en tête-à-tête. Parce qu'il était tout simplement hors de question qu'il tienne la chandelle.

Le brun toussota pour attirer l'attention de Tom.

- Tiens, il semblerait que ton diner souhaite parler.

Tom jeta un regard noir à Gellert pour le faire taire.

- Puisque vous êtes occupés, je vais vous laisser passer la soirée entre… amis, dit Harry d'une voix plate en repoussant sa chaise et en se levant.

Le brun n'attendit pas la réponse de son hôte pour se diriger vers la sortie. Mais il fut aussitôt rattrapé par une main qui le retint. Harry connaissait maintenant suffisamment Tom pour reconnaitre son odeur, et il savait que ce n'était pas lui son agresseur.

Il leva la tête pour défier Grindelwad du regard. Le vampire lui répondit d'un air amusé et moqueur, et se saisit du menton de Harry pour l'obliger à lever complètement son visage vers lui.

- Tss, tss… Depuis quand la nourriture se permet-elle de quitter la table sans avoir été dégustée ?

Harry frappa la main qui le retenait et tenta de se dégager.

- Allez-vous faire foutre ! Et lâchez-moi !

Le jeune homme n'avait jamais craint pour sa vie en présence de Tom, mais il se rendait compte maintenant qu'il avait peut-être été un peu trop insouciant. Le vampire qui le maintenait prisonnier avait l'air dangereux… affamé même. Et lorsqu'il commença à caresser son cou, Harry sut qu'il était en danger. Il lança un regard effrayé vers son hôte, mais sa place était vide. Avant que le brun ne puisse se demander où il était passé, il était arraché des bras de son agresseur pour se retrouver dans ceux qu'il commençait à connaitre un peu trop bien.

Sans même s'en rendre compte, il s'y lova autant qu'il put, ce qui ne sembla pas déplaire à Tom Riddle qui le maintenait fermement contre lui. Tout cela sous l'œil étonné de Gellert.

- Et bien, mon cher, je vous ai connu plus partageur. Certes, l'odeur de cette jolie créature est délectable, mais il y en a bien assez pour nous deux.

- Harry m'appartient, claqua froidement le vampire.

Le brun lui lança discrètement un coup de coude à cette remarque, mais fut de nouveau immobilisé.

- Oh…

Tom se raidit et fixa son ancien lieutenant avec un mauvais pressentiment.

- Quoi ?

- Non, rien. Je n'avais pas compris que c'était votre compagnon, milord.

Tom resta un instant figé avant de saisir la portée des propos de Grindelwald. Cet imbécile croyait qu'il pouvait avoir un compagnon ? Des sentiments pour un misérable humain ? Pourtant, il le connaissait depuis des siècles. Comment pouvait-il se leurrer ainsi ?! Il devait remettre les choses au point. Il ne supportait pas qu'on le prenne pour une de ces stupides créatures énamourées.

- Ce n'est pas mon compagnon. Ce n'est qu'un divertissement.

Harry se tendit à son tour avant de donner un coup plus violent pour se dégager de l'étreinte qui n'avait plus rien d'agréable.

- Si tu le dis…

- Fais attention à tes propos, Gellert. Tu as une place particulière à mes côtés, mais rappelle-toi quelles sont les limites.

- Oui, maître, répondit l'homme en s'inclinant.

Malgré leur relation privilégiée, Tom n'avait jamais hésité à le punir sévèrement lorsqu'il l'avait jugé nécessaire. Et Gellert, bien qu'adepte de certaines pratiques sadomasochistes dans l'intimité, n'avait jamais trouvé les punitions excitantes, juste très douloureuses.

- Très bien, si nous retournions tous nous assoir pour terminer cette soirée de façon agréable.

Les yeux de Grindelwald s'allumèrent, et il se rapprocha automatiquement d'eux, caressant doucement le visage de Harry. Ce dernier recula autant qu'il le put, jusqu'à ce qu'il butte contre le torse de Tom.

- Il est vrai que cela fait très longtemps que nous n'avons pas partagé ce genre de divertissement. Et vous avez toujours tellement bon goût. Son parfum est tout simplement… envoûtant.

Tom dut se forcer pour ne pas grogner devant le geste de son vassal sur son protégé. Mais il est vrai qu'ils avaient par un temps partagé leurs conquêtes, et il ne voyait pas quel argument il aurait pu avancer pour justifier son refus, si ce n'est…

- Je ne l'ai pas encore possédé. Tu n'oserais quand même pas te servir avant ton maître ?

- Oh… Bien sûr que non, répondit Gellert en reculant. Si vous souhaitez le garder pour vous, je ne l'approcherai plus.

- Bien sûr que non, je n'ai que faire d'un être humain. Dès que j'aurais fini de m'amuser avec lui, tu pourras en faire ce que tu voudras, répondit le lord en sentant la jalousie s'infiltrer en lui.

Quoiqu'il en dise pour sauver les apparences, il ne laisserait jamais personne poser le moindre doigt sur Harry. Cette pensée avait beau l'inquiéter, il se sentait apaisé avec lui-même maintenant que sa décision était prise : personne ne toucherait à Harry, il était entièrement à lui. Il n'aurait aucun mal à éloigner Gellert pour un quelconque motif futile qui l'occuperait plusieurs mois. D'ici là, il aurait certainement oublié le petit brun… certainement comme lui-même… quoiqu'il commençait à en douter.

Le dit-brun se débattit à nouveau pour se retrouver enfin libre de ses mouvements. Il fixa alors son hôte d'un air déçu, puis coléreux.

- Évitez de parler de moi comme si je n'étais pas là ! Et je ne vous appartiens pas ! De quel droit pensez-vous pouvoir m'offrir à un de vos laquais !

Gellert leva la main pour frapper l'insolent qui osait parler ainsi à son maitre. Mais son geste fut arrêté.

- Laisse, Gellert. Harry a encore besoin d'un peu de dressage, mais je m'en chargerai, murmura doucement le vampire en laissant sa main glisser sur la joue du jeune homme, qui la chassa d'un brusque mouvement de tête.

L'homme blond éclata d'un grand rire.

- C'est vrai que tu as toujours aimé ce genre de chasse ! s'amusa-t-il. Alors que moi, je les préfère plus docile.

Harry se tendit davantage en se faisant une fois de plus reléguer au rang de simple divertissement.

De son côté, Tom resta impassible. Il avait réussi à reprendre le contrôle et à prouver que personne n'avait de pouvoir sur lui. Mais à quel prix ? Il allait devoir ramer pour retrouver la confiance de Harry, ou du moins un peu de complicité avec lui. Et le petit air déçu et triste sur son joli visage, ainsi que la colère retenue dans ses poings serrés, ne lui plaisaient pas du tout.

La brusque entrée de Severus le tira de ses pensées.

- Maître !

- Tu joues avec ta vie en ce moment, Severus, grogna Tom en s'énervant des interventions intempestives de son serviteur.

Mais l'air sérieux de l'homme le fit se calmer et se concentrer instantanément. Il n'avait pas l'habitude de le sentir aussi inquiet.

- Dolohov s'est enfuit. Il est en phase terminale.

Lord Riddle se métamorphosa aussitôt en chef de clan. Plus d'hésitations, plus de sentiments ; il n'y avait plus qu'un leader charismatique né pour prendre les décisions.

- Très bien. Réunis tous les hommes possibles, nous partons tout de suite. Gellert, tu nous accompagnes. Dolohov est perdu, il faut l'abattre à vue.

Les hommes s'inclinèrent et s'élancèrent vers la sortie, Tom sur leur pas. Avant de quitter la pièce, le lord se retourna vers Harry.

- Reste ici, tu es en sécurité. Nous parlerons à mon retour.

Harry se retint de répliquer qu'il n'avait aucune intention de parler avec lui, ni à son retour, ni jamais. Il préféra jouer la docilité, pour éviter de se retrouver enfermé. Voyant que Riddle attendait une réponse, il hocha simplement la tête sans le regarder, pas sûr de pouvoir contrôler le ton de sa voix s'il avait prononcé le moindre mot. Satisfait, le lord sortit en le laissant seul dans l'immense salon.

Ne voulant pas gâcher ses chances de fuite, Harry patienta quelques minutes. Puis, quand les dernières portes eurent claqué et les derniers bruits de voiture disparus, il se dirigea rapidement vers la sortie et se hâta de prendre la direction du Terrier.

Il s'en voulait d'être ainsi touché par l'attitude de Tom. Il savait pourtant que l'homme ne respectait rien ni personne, et encore moins lui. Harry se dit qu'il était vraiment idiot de s'être amouraché de cet être cruel. Et oui, il avait admis avoir quelques sentiments pour lui. Sans que ce soit encore un véritable amour, il reconnaissait qu'il appréciait cet homme, alors que tout aurait dû l'éloigner de lui.

Mais ce soir, il l'avait traité comme de la merde, comme s'il n'était qu'un jouet qu'on pouvait passer de main en main. Et pour ça, il lui en voulait terriblement… Non, en fait, c'était à lui-même qu'il en voulait d'avoir été aussi naïf. Mais quel idiot !

Sans même s'en rendre compte, il arriva à destination. Sa colère lui avait donné des ailes, et il avait effectué le trajet très rapidement. Il prit quelques minutes pour se calmer avant de pénétrer dans la petite maison. Il ne devait pas faire trop de bruits, ni communiquer sa mauvaise humeur aux autres.

Lorsqu'il pénétra dans la petite entrée, il aperçut le manteau d'Hermione et fut soulagé de la voir ici. Il avait envie de parler à ses amis, de tout et de rien… ou peut-être de leur raconter la vérité. Peut-être qu'ils ne le croiraient jamais, mais dans le cas contraire, ils l'aideraient certainement à y voir plus clair.

Cette perspective lui permit de retrouver un peu de joie. C'est donc le cœur un peu plus léger qu'il gravit les escaliers, pour s'arrêter finalement devant la chambre qu'il partageait avec Ron. La porte était entrouverte et le brun se pencha, non pas pour espionner, mais pour être sûr qu'il n'allait pas interrompre ses deux amis dans un moment intime.

- Donc Albus est convaincu que Harry est celui qui doit vaincre Voldemort ? questionna la voix d'Hermione.

Harry se figea. Pourquoi ses amis parlaient-ils de lui et de Riddle ?

- C'est bien dans cette optique qu'il s'occupe de lui depuis des années. Et c'est pour cela qu'il a demandé à ma famille de veiller sur lui.

- Voldemort est dangereux…

- Oui, mais c'est notre devoir et celui de Harry.

- Mais c'est ridicule, Ron ! Nous sommes trop jeunes pour avoir de telles responsabilités.

- C'est notre rôle de chasseur, répondit la voix pour une fois sérieuse de Ron.

Harry se laissa tomber dans le couloir, glissant lentement le long du mur. Il continua à écouter ses amis, sans vraiment comprendre le sens de leur parole. Ron et Hermione connaissaient l'existence des vampires. La famille Weasley était une de ses familles de chasseur, comme l'étaient ses propres parents, et connaissait son rôle. C'est donc juste pour cela qu'ils l'avaient accueilli à bras ouverts. Et Ron ? Était-il réellement son ami, ou obéissait-il seulement aux ordres ? Même Hermione lui avait menti. Depuis quand était-elle au courant de tout cela ?

Le cœur de Harry se serra devant cette douloureuse découverte. Tous ceux qu'il avait toujours considérés comme sa seule famille lui avaient menti. Si tout le monde le manipulait, à qui pouvait-il encore faire confiance ? Il se redressa brusquement lorsqu'il entendit les amoureux s'agiter. Il se hâta de se lever pour pénétrer dans la chambre parentale, attendant que ses deux ex-meilleurs amis descendent.

Seul à l'étage, il ressortit, se dirigeant vers ce qui avait été sa chambre ces dernières semaines. Il se saisit de son unique sac et y enfourna ses maigres possessions, puis descendit à son tour tout doucement. Il s'assura que la voie était libre avant de sortir du Terrier. Dès qu'il eut traversé la route, il se retourna pour admirer une dernière fois cette petite maison qui ne payait pas de mine, mais qui avait été son havre de paix depuis qu'il était enfant. Il revit le sourire maternel de Molly, et les conversations sérieuses avec Arthur, Bill et Charlie ; le rire stupide de Ron et les blagues des jumeaux, ainsi que la douceur de Ginny… Tout cela était faux, s'obligea-t-il à penser avant de se détourner.

Il se promena quelques minutes en se demandant ce qu'il allait pouvoir faire. Si seulement Sirius était libre, il aurait pu foncer vers lui. Harry se souvint alors de l'adresse que lui avait donnée son parrain, en cas de besoin avait-il dit. Et c'était exactement ce qu'il était, « dans le besoin ».

Harry fouilla nerveusement dans son portefeuille, pour finalement y trouver le petit bout de papier qu'il lut à toute vitesse. L'adresse se situait à moins de 15 minutes à vélo, mais à trois bons quarts d'heure à pied. Merde, il aurait dû prendre le temps d'aller chercher son vélo avant sa fugue — surtout qu'il avait dû durement travailler pour pouvoir se le payer. Mais il avait été tellement pressé de quitter cet endroit qu'il n'avait pas réfléchi. Tant pis, l'exercice physique ne lui faisait de tout façon pas peur ; et l'avantage d'avoir été livreur pendant plusieurs mois, c'était qu'il connaissait maintenant toutes les rues de la ville, avec tous leurs raccourcis.

Lorsqu'il arriva à destination, Harry avait le cœur qui battait vite. Aussi bien parce qu'il avait marché très vite que parce qu'il était inquiet de savoir où il allait se retrouver. C'était un peu son dernier refuge. Il avait toute confiance en Sirius, mais tout cela sonnait beaucoup trop mystérieux pour lui, mystères dont il avait par-dessus la tête ! Qu'il regrettait ce qui était, il y a seulement un mois, sa petite vie calme de provincial !

Il avança doucement dans le quartier résidentiel qu'il ne connaissait pas beaucoup. Il y était passé quelques fois pour livrer les journaux, mais cela restait très sporadique. Il était situé presque à la sortie de la ville, en bordure de forêt. C'était un quartier très calme. On aurait presque pu le prendre pour un village, tellement il se situait à l'écart du reste de la ville.

Harry continua sa progression en observant les alentours, jusqu'au N°42. De l'extérieur, la petite maison avait l'air tout à fait normal. Par réflexe, bien que persuadé que son geste ne lui apprendrait rien de plus, Harry se pencha sur la boite aux lettres pour y lire le nom inscrit.

Il se redressa rapidement. « Lupin » ?…

Ce qui ressemblait le plus à un oncle pour lui, d'après ce que lui avait raconté Sirius, habitait juste à côté de lui, et il n'est pourtant jamais venu le voir une seule fois. Il n'avait même jamais pris de ses nouvelles. D'après son parrain, son état de « loup-garou » ne lui permettait pas de l'accueillir chez lui. Mais même s'il croyait maintenant à toutes ces histoires, cela ne justifiait pas son attitude. Il aurait pu prendre quelques minutes pour lui écrire une lettre, ou attraper le téléphone de temps en temps pour savoir comment il allait, pensa Harry avec une pointe d'amertume.

Harry hésita à faire directement demi-tour, mais il ne savait pas où aller. Et puis peut-être qu'il y avait une raison, espérait-il au fond de lui. Peut-être que cet homme qui paraissait si bon avait une raison — autre que sa condition de lycanthrope — d'avoir refusé tout contact avec lui pendant près de 20 ans.

Le brun s'avança et s'arrêta devant la porte en bois. La lumière filtrait à travers les rideaux tirés et sous la porte. Il souffla puis se décida à sonner. La porte s'ouvrit presque immédiatement.

- Harry ?

Le brun se figea devant le visage souriant qui lui faisait face.

- Mais qu'est-ce que tu fais là ?

- …

- Rentre, ne reste pas dehors. Il faut que je prévienne Remus. Il est… euh… occupé pour le moment.

Harry n'eut pas le réflexe de répondre et suivit du regard la silhouette rousse qui se dirigeait vers une porte. Lorsque cette dernière s'entrebâilla, le brun put apercevoir la réunion la plus improbable qui soit pour son pauvre petit esprit naïf : Severus Rogue se tenait en face de celui qui devait être Remus, si Harry en jugeait par les photos qu'il avait pu voir.

Cette observation finit par détruire le peu de confiance et d'espoir que Harry pouvait avoir pour l'ami d'enfance de ses parents. Il fit demi-tour et sortit sans un bruit. Il courut quelques minutes, et pour une fois, la chance semblait être de son côté puisqu'un bus s'arrêta près de lui. Il monta dedans, sans même se préoccuper de sa destination. De toute façon, il n'avait plus nulle part où aller, alors ici ou ailleurs…