Disclaimer : Les personnages des chevaliers du zodiaque ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si !

Couple : Nan, je vais pas faire la liste, ou sinon, c'est po rigolo :p

Rating : M.

Voici le chapitre 13 ! Je vais faire des heureux, n'est-ce pas, Aurelia :p

Lys : ...

T.T Elle me boude toujours... Lys, pardonne moi !

Lys : ...

Te plait !

Lys : -.-'

J'étais obligée !

Lys : Po vrai. Laisse-moi tranquille ! (repart bouder dans son coin).

Maieuuuh... T.T

Bonne lecture !


Chapitre 13

Souvenir

Seiya marchait tranquillement dans le couloir. Il ne devait pas être loin de midi, et il venait de rentrer avec Shun et Aphrodite de l'île. Pégase était retourné dans sa chambre pour se changer, il n'allait pas manger avec d'épais vêtements avaient la chaleur ambiante, quoique le treizième temple soit plutôt frais par rapport à l'extérieur, où la chaleur devait être caniculaire. Il n'avait pas hâte d'aller déjeuner.

Il était content pourtant, la majorité des chevaliers d'or étaient revenus, Kiki était aux anges. Mais sont soucis, c'était ce regard qu'il ne cessait de sentir sur lui. Shina était plutôt discrète, elle ne l'ennuyait guère, il songea qu'elle devait avoir abandonné. Ce qui n'était pas le cas de sa déesse qui ne lui adressait plus la parole mais qui le regardait tout le temps, ce qui le gênait.

« Seiya ! »

Shiryu marcha plus vite et arriva à la hauteur de son demi-frère qui lui sourit franchement. Il avait craint un instant que ce soit Saori, il était vraiment content d'être tomber sur le Dragon qu'il trouvait, personnellement, nettement plus attirant que la déesse. Ah, encore ces hormones qui agissaient.

« Alors, du nouveau ?

- Rien du tout.

- Tu y retournes cet après-midi ou tu restes au Sanctuaire.

- Il fait trop froid ! La température a encore chuté, j'y vais plus aujourd'hui. Mais Aphrodite y retourne avec Camus. Ils sont fous.

- Ils supportent bien le froid. Hm… Je ne veux pas être indiscret…

- Vas-y, pose ta question. Ce n'est pas à toi que je vais cacher des choses.

- Que s'est-il passé avec Saori ?

- Oh, rien de grave. Elle est amoureuse de moi mais ce n'est pas réciproque.

- C'est pour ça qu'elle te regarde tout le temps.

- Ça se voit tant que ça ?

- Un peu, oui. »

Seiya soupira de lassitude sans remarquer la gêne du Dragon qui lui aussi ne pouvait s'empêcher de regarder Pégase durant les repas.

« Il va falloir que je lui parle.

- Qu'est-ce que tu attends ?

- Je ne sais pas. Peut-être qu'elle comprenne par elle-même. Shina a compris, elle. Enfin, je crois.

- Elle a compris. Elle m'en a parlé un jour, elle préfère laisser tomber.

- Tant mieux. J'aime bien Shina, j'avais pas envie du lui faire du mal.

- Elle est intelligente, mais il vaut mieux que tu ailles la voir quand même.

- Pour mettre les choses au clair. Si elle ne part pas cet après-midi, j'irai la voir. »

Seiya sourit à Shiryu, ils étaient devant la salle à manger. Ils ouvrirent les portes et rentrèrent dans la pièce. Dohko, Aphrodite, Masque de Mort, Hyoga, Ikki, Shun et, malheureusement, Saori étaient déjà présents dans la pièce. Ils rentrèrent et s'assirent, Seiya sentit le regard de la japonaise sur lui et souhaita quand les autres les rejoignent vite.

Son souhait fut exaucé, Mû, Shaka et Kiki rentrèrent à leur tour pour déjeuner, suivit quelques minutes plus tard par Saga, Shura, Shun, Seika et Shunrei. Il ne manquait plus que Sion, mais le repas commença quand même sans lui. Il avait repris, à contrecœur, son rôle de Grand Pope. Dohko s'était proposé pour le remplacer, mais le bélier préférait s'en occuper, l'asiatique n'avait pas trop insisté.

Cela avait d'ailleurs étonné les chevaliers, Sion était d'une sale humeur depuis qu'il avait repris son travail, c'est-à-dire la veille, et son meilleur ami n'insistait pas pour changer la situation. Saga se demandait sérieusement comment le Grand Pope réagirait quand il apprendrait sa relation avec son ancien apprenti. Ils étaient restés ensemble le matin, puis Saga était parti plus tôt que le Bélier afin qu'ils n'arrivent pas ensemble au petit-déjeuner. Il attendait que Mû parle à son maître.

Soudain, Sion entra dans la pièce. Il ne portait pas de robe noir, il disait que c'était plus facile de marcher sans. Il s'avança directement vers Saga qui eut des sueurs froides. Sion se pencha près de son oreille et, avec un sourire, lui chuchota quelque chose.

Un sourire de bonheur étira les lèvres du Gémeau et ils repartirent tous les deux précipitamment. Courant presque dans les couloirs, ils progressaient l'un derrière l'autre. Ils s'arrêtèrent devant le bureau du Grand Pope, Sion ouvrit la porte et ils entrèrent. Il lui désigna le téléphone de la main et ressortit en fermant la porte. Le grec se jeta presque sur le combiné qu'il porta à son oreille.

« Allô ?

- Frangin ? C'est Kanon ! »

Saga sentit une boule se former dans sa gorge et les larmes de bonheur affluer à ses yeux. Ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas entendue cette voix qu'il pourrait reconnaître entre mille.

« Heu… Saga, t'es toujours là ?

- Oui.

- Mais tu pleures ? T'es pas content de m'entendre ? Tu me fais de la peine…

- Mais bien sûr que je suis heureux, idiot ! Mais ça fait si longtemps…

- Et oui, qu'est-ce que tu veux.

- Où es-tu ?

- L'homme t'a pas raconté ?

- Non, il m'a juste dis que tu étais au téléphone.

- Alors attends, je vais tout te raconter.

- Vas-y, je t'écoute. »

Avec un sourire, Saga s'assit au bureau.

« Alors un jour, je me réveille. Il faisait froid mais j'avais envie de dormir. Je me dis, « mais qu'est-ce que m'est arrivé ? » Ah oui, c'est vrai, je suis parti dans une autre dimension en voulant tuer Rhadamanthe.

- Ça a dû bien te réveiller.

- Tu m'étonnes. Alors j'ouvre les yeux, c'est tout blanc. C'est bien, je suis au paradis. Ah non, il y a un corps contre moi. Je tourne la tête. Devine qui je vois.

- Rhadamanthe.

- C'est ça. Il se réveille à son tour, on s'assoit et on regarde autour de nous. De la neige. De la neige. Rien que de la neige. Ça rassure. On était gelé et il y avait de la neige.

- Très rassurant.

- On décide de se lever pour trouver quelqu'un. La neige, c'est très froid. On marche, on marche, et on trouve quelques personnes qui parlent pas un mot grec. Un homme, par miracle, parlait anglais, et Rhadamanthe est anglais. Enfin, écossais, mais je vois pas la différence.

- L'écosse est plus au Nord.

- Et alors ? Il parle anglais, c'est pareil !

- Kanon…

- La géographie et moi, ça fait deux. Bref, Rhadamanthe parle avec cet homme, qui est en fait un espèce de chercheur, et il voyage avec des Inuits.

- Inuits ? Mais où êtes-vous ?

- Au Groenland.

- Au… »

Saga en eut le souffle coupé.

« Au Groenland. C'est plutôt étonnant.

- Mais quelle idée d'être allé aussi loin !

- C'est pas la distance qui me dérange, c'est plutôt la température ambiante ! Il fait un froid de canard, on était complètement gelé ! Enfin, surtout moi, Rhadamanthe le supportait plutôt bien.

- Mais tu appelles d'où ?

- Laisse-moi finir. On est donc resté avec eux un moment, puis le professeur nous a ramené avec lui à New York. Tu savais qu'il fait très chaud, à New York ? Je suis au paradis…

- Donc tu me téléphones de New York.

- Oui, de Manhattan. On a fait des recherches monstres pour joindre la Fondation Kido et tomber sur quelqu'un de potable. Apparemment, ce serait un majordome, Tatsumi, je crois, qui nous a donné un numéro pour atteindre le Sanctuaire.

- « On » ? Le professeur vous a aidé ?

- Non, Rhadamanthe et moi, on s'est débrouillé.

- Ami avec ton ennemi ?

- Quand tu as froid et que tu as quelqu'un qui veut bien te réchauffer, tu ne peux plus le détester !

- Mon frère, serais-tu tombé amoureux ?

- Moi ? Jamais… Tu pourras aménager des chambres pour nous deux ?

- Pour toi tout seul ou pour vous deux ?

- Saga !!

- Je t'embête ! Je vais vous faire ça.

- Merci.

- Quand rentrez-vous ?

- Le plus tôt possible. D'après l'homme de tout à l'heure…

- Sion.

- Inconnu au bataillon. On devrait prendre l'avion de cet après-midi. On va rentrer dans la nuit.

- Je serai prêt pour t'accueillir.

- Tu peux dormir ! On fera tellement de bruit que tu te réveilleras sursaut !

- D'accord. »

Saga rit. Un sentiment de nostalgie le prit. Il voyait déjà son frère rentrer chez eux bruyamment, histoire de réveiller son jumeau qui dormait. Il soupira.

« Rentre vite.

- C'est à l'avion qu'il faut dire ça. T'inquiète pas, je vais tellement t'ennuyer que tu me demanderas de retourner au Groenland !

- Jamais je ne te dirai ça. Tu m'as trop manqué.

- Toi aussi, petit frère. Bientôt, on sera de nouveau ensemble.

- Comme avant.

- Je t'embrasse.

- Moi aussi. »

Simultanément, ils raccrochèrent le combiné. Saga le regarda un moment, l'émotion l'envahit et il éclata en sanglots. À l'autre bout du monde, son jumeau se retenait, lui, de pleurer. Il était heureux, son cœur battait vite dans sa poitrine. Mais il ne voulait pas céder aux larmes. Il n'y avait aucune raison de pleurer. Il le ferait quand il le tiendrait dans ses bras.

Kanon sentit un souffle dans son cou et une présence juste derrière lui. Avec un léger soupire, il se laissa aller contre le torse de son compagnon qui referma ses bras autour de sa taille. Il sentit une paire de lèvres se poser sur sa joue. Il sourit. Saga n'était pas son jumeau pour rien. Il avait de suite deviné sa relation avec Rhadamanthe.

OoO

Il n'y avait aucun bruit autour de lui. Ses pas craquait la neige, c'était le seul son qui parvenait à ses oreilles. Les yeux dans le vague, il ne regardait rien de précis, tout à ses pensées, se songeant pas au froid qui entourait son corps pourtant chaudement habillé. Un vent léger soufflait, il le sentait s'engouffrer dans ses cheveux courts.

Masque de Mort s'arrêta de marcher et regarda autour de lui. Il n'y avait aucun bruit, et rien à part les arbres qui ne gâchaient pas la blancheur de la neige, dont les flocons se laissaient emporter par cette brise qui n'arrangeait rien à la température trop basse pour être supportable.

Pourtant, il était là, seul, les pieds enfoncés dans cet épais manteau blanc. Il aurait pu rester au Sanctuaire, mais un besoin de tranquillité et d'inconnu l'avait pris, il avait alors demandé à Kiki de l'emmener sur l'île. Il avait été accompagné d'Aphrodite et Shaka, mais tous deux étaient partis. Le suédois avait remarqué la fièvre du blond et il était retourné en Grèce le mettre au chaud, malgré ses protestations.

Le regard dans le vague, le Cancer songea aux derniers évènements passés. Il trouvait leur résurrection de plus en plus étrange, même si les autres semblaient heureux de ce retour à la vie. Il n'était pas rassuré, et n'aurait pas avoué à haute voix sa peur de retourner dans l'Au-delà. Maintenant qu'il avait repris goût à la vie, il craignait un possible retour. Mais il n'était pas le seul, il sentait qu'Aphrodite n'était pas rassuré. L'italien soupira. Le mieux était de profiter de la vie qui s'offrait à eux.

D'ailleurs, en pensant à ça, il se dit que certains n'avaient pas attendu longtemps. Si les autres ne semblaient pas avoir remarqué, lui avait bien vu le petit manège de Saga et Mû. Ce n'était pas bien difficile à voir, il était au courant de leur liaison cachée, quand Saga était Grand Pope. Il n'avait pas compris d'où Mû avait pu trouver une quelconque attirance envers quelqu'un d'aussi barjot, mais il se doutait qu'il devait passer du temps avec le vrai Saga et pas avec l'autre, complètement taré.

Enfin, s'ils étaient heureux. Quoique, Masque de Mort se demandait si Sion était au courant. Ça, il en doutait. Il avait également remarqué certains regards entre Ikki et Hyoga. Un nouveau couple en perspective. Mais ce qui l'avait fais marré, c'était Saori qui ne quittait pas Seiya des yeux, qui lui n'osait pas regarder la déesse, gêné. Ça, par contre, ce n'était pas un futur couple. De toute façon, il se demanda ce que la belle Saori pouvait avoir d'intéressant.

« Masque de Mort ? »

Le Cancer, arraché de ses pensées, fut surpris d'entendre une voix briser le silence de mort qui l'entourait. Il se retourna lentement et vit Shura qui se tenait derrière lui, seul. Un sourire ironique passa sur ses lèvres alors que le Capricorne venait vers lui.

« Toi aussi, on t'a lâché ?

- Shiryu et Seiya auraient un problème, Camus et Hyoga sont allés voir. Je suis trop gelé pour courir.

- Moi non plus, je ne pourrais pas courir.

- Pourquoi es-tu seul ?

- Shaka a une fièvre d'enfer, Aphrodite l'a raccompagné à la cabane. Complètement barjot, il était pas obligé de venir.

- Toi non plus, que je sache.

- Ça la fout mal, si je ne viens pas. Et puis, j'avais envie de venir.

- Pour échapper au monde.

- Voir des amis rire et des amoureux, ça me fout le cafard.

- Il n'y a pas d'amoureux, qu'est-ce que tu racontes ?

- Et c'est pas des amoureux, ça ? »

Masque de Mort sortit sa main de sa poche et pointa deux personnes qui marchaient, bien plus loin. Shura reconnut avec étonnement Saga et Mû qui marchaient tranquillement.

« Je suis sûr qu'ils se tiennent la main. Les amoureux, ça se tient la main.

- Mais depuis quand… Je n'avais même pas remarqué…

- Oh, ça remonte. Cherche pas.

- D'accord… Ils ne sont pas les seuls à s'être mis en couples… avant.

- Non. Y'a Camus et Milo, aussi. Un vrai emmerdeur, celui-là.

- Pourquoi tu dis ça ? Tu avais des vues sur Camus ?

- Non, mais tu m'as bien regardé ? On dirait peut-être pas, mais je suis fidèle. Mais il me gonflait, c'est tout. Les yeux partout.

- Toi, c'est les yeux et les oreilles, que tu as partout.

- C'est à moi que tu dis ça ? Aphrodite était un vrai fouineur, aussi. Mais plutôt discret. Contrairement à Milo.

- On ne peut pas être parfait. »

Shura laissa errer son regard un moment, puis suivit des yeux les silhouettes de Mû et Saga qui s'éloignaient. Il était plutôt étonné. Ils avaient une certaine différence d'âge et il se demandait comment le grec avait pu entretenir une relation avec le Bélier. Un relation plutôt solide, qui plus est, puisqu'ils s'étaient remis ensemble aussi tôt. Il ressentit un pincement dans son cœur. Celui-ci fit un bon quand il sentit un souffle chaud contre sa joue. Il n'osa bouger, son cœur battant à la chamade, malgré lui.

« J'ai toujours été fidèle.

- Menteur.

- Ce n'est pas avec quelqu'un comme moi avec qui on peut se vanter d'avoir couché.

- C'est pourtant ce qui se passait. Tu étais un bon coup, c'était ce qui en ressortait.

- Et tu dis que j'ai les oreilles partout ? »

Avec un sourire sadique, le Cancer prit l'épaule de Shura et le poussa en arrière. Avec un cri de surprise, l'espagnol tomba par terre sans trouver quelque chose à quoi se raccrocher. Il vit sans réagir le Cancer s'agenouiller sur lui, se pencher et prendre possession de ses lèvres. Il voulut se débattre, mais déjà, DeathMask tenait ses poignets au-dessus de sa tête.

Le baiser se fit insistant, l'italien voulait aller plus loin, mais Shura n'était pas de cet avis et se démenait toujours pour sortir de l'emprise de son compagnon d'arme. Mais ce dernier léchait ses lèvres, prit l'inférieur et la suça, demandant toujours le passage. Cette fois, Shura ne put dire « non » et laissa la langue de son italien se glisser entre ses lèvres.

Alors que démarrait un long baiser langoureux, Masque de Mort avait laissé les poignets de Shura, entremêlant ses doigts avec ceux du Capricorne qui gémissait contre sa bouche. Le baiser n'était pas brutal, mais doux, sensuel. Quand il laissa la bouche rougie de son ancien amant, DeathMask le regarda dans les yeux.

« Je ne t'ai jamais trompé. »

Il avait articulé chaque mot, comme pour bien les faire comprendre à Shura. Et ce jour-là, Shura comprit. Il sourit doucement, le lui faisant comprendre. Ils n'avaient jamais eu besoin de mots. Les regards suffisaient pour se parler.

Masque de Mort se baissa à nouveau, embrassant encore les lèvres offertes. Shura dégagea ses doigts et glissa ses bras autour du cou de l'italien pour le rapprocher de lui. Il faisait froid, l'espagnol sentait la neige pénétrer ses vêtements. Mais il ne s'en intéressait guère, le plus important était cet homme qui lui dévorait la bouche, qui lui avait manqué. Cet homme à qui il avait tout dis sans retenue, qui connaissait tout de lui mais qui ne l'avait pas jugé.

Cependant, la neige se fit bientôt trop froide. Shura voulut s'asseoir et, sans briser le baiser langoureux, enfonça sa main dans la neige pour trouver un appui. De surprise, il se dégagea de l'étreinte du Cancer. Celui-ci, perdu, l'interrogea du regard.

« Il y a un truc bizarre dans la neige.

- Un truc bizarre ?

- Oui, un truc bizarre.

- Bizarre au point de m'interrompre ?

- Oui. »

Shura se détourna de son amant frustré et se tourna vers sa main, se mettant à creuser. Il vit un pant de tissu. À deux, ils creusèrent encore et déblayèrent le corps. Masque de Mort soupira.

« Je t'avais dis que Milo était un emmerdeur. »

OoO

S'il avait fais froid, l'enfant aurait pleuré. Vêtu comme il était, la basse température aurait ajoutée de la peur à la terreur qui grandissait déjà en lui. Mais il faisait encore chaud, et l'enfant ne pleurait pas. La nuit ne tarderait pas à arriver, et bientôt les larmes trahirait ce sentiment qui lui serrait la gorge et le ventre. Un point de côté sur le côté droit s'ajoutait à sa difficulté de respirer. Ses pieds et ses mollets lui faisaient mal, il avait trop courut. Il serrait les dents pour retenir ses gémissements et ces larmes qui ne tarderaient pas à couler sur ses joues.

Il retint un cri de surprise quand il sentit quelque chose rencontrer son pied. De justesse, il se maintint debout. Le souffle court, il se dépêcha de se cacher dans un recoin de rue. L'enfant était fatigué, il se laissa glisser contre le mur, tentant de reprendre son calme, la gorge affreusement sèche, les poumons brûlants et le souffle rauque.

Faiblement, il serrait la petite chose présente dans ses bras. Cette petite chose ne bougeait pas, n'osant se tortiller. L'enfant regarda le visage rond et lui sourit. Le bébé ne pleurait pas, il ne disait rien, comme s'il sentait qu'il ne devait rien dire. Il regardait avec inquiétude son aîné qui transpirait, ses joues rougies.

L'air autour d'eux se rafraîchissait. L'enfant commençait à avoir froid. Il entendit soudain des pas, il vit avec horreur une silhouette apparaître devant eux. L'homme sourit sadiquement.

« Je vous ai enfin retrouvé. Sale gosse ! »

L'enfant se leva brusquement et s'enfuit. Il entendit l'homme crier de colère et courir après lui. C'était un adulte, il était plus rapide que lui. Mais le petit connaissait les rues qui s'assombrissaient peu à peu et, bientôt, il n'entendit plus le pas de course de son poursuivant qui devait avoir abandonné. Pourtant, il ne permettait d'en douter, cet étranger le coursait depuis un petit moment déjà, et le bébé dans ses bras était lourd pour lui.

Tout aurait été plus facile s'il ne l'avait pas eu avec lui. Il le savait, le mieux était de le déposer quelque part et de s'enfuir. Était-ce de la lâcheté ou du courage ? Il l'ignorait, mais il savait également qu'il était incapable d'abandonner son petit frère dans la rue. Si on devait les retrouver, c'était tous les deux ensemble.

De nouveau, l'enfant se laissa glisser contre le mur. Il faisait sombre, le soleil se couchait. Il faisait froid. Le gamin serrait les dents, luttant contre les larmes qui lui brouillaient la vue. Pourtant, il céda, et elles coulèrent sur ses joues. Il sanglota. Il était terrorisé. Il aurait voulu crier, appeler à l'aide. Des gens l'auraient sans doute entendu. Mais personne ne l'aurait aidé. Plus personne ne pouvait l'aider. Et cette solitude devenait de plus en plus évidente à ses yeux. La tristesse et la douleur secouait son petit corps. Il serrait contre lui le bébé qui ne pleurait pas, semblant se retenir pour son frère, pour ne pas lui faire de la peine.

L'enfant décida de se remettre en marche. Il essuya ses larmes d'un revers de bras et voulu se lever. Son corps était tout endolori, il sentait encore un peu les coups de pieds qui s'étaient abattus sur son corps plus tôt. Il leva la tête pour voir où il était exactement quand il sursauta violement.

Il percevait une ombre qui se découpait dans le mur en face de lui. Son corps trembla, sa terreur s'accrut. Ses pleurs recommencèrent. On aurait dis un fantôme qui se découpait du mur de pierre. Il distinguait vaguement la moitié de la forme d'un visage, sa partie inférieur seulement. Il ne voyait pas les yeux, ils semblaient cachés par une capuche. D'une lenteur extrême, la silhouette se déplaça et se mit à avancer dans la mince rue. Sans savoir pourquoi, l'enfant se leva et suivit l'étrange personne.

Il sursauta de nouveau en entendant des cris d'hommes, des pas précipités. Il s'arrêta, la peur lui paralysant momentanément les membres. Il regarda la silhouette sombre, la suppliant de l'aider. Elle ne se retourna pas, continuant d'avancer dans un rythme lent. Le gamin n'avait plus rien à perdre. De toute façon, il était trop fatigué pour recourir, et les hommes s'approchaient de lui.

Le corps tremblant de toute part, gelé et les joues humides, l'enfant suivit l'ombre aussi lentement qu'elle avançait. La terreur grandissait chaque instant un peu plus en lui. Il la suivit au détour d'une rue, puis ils bifurquèrent à nouveau. Soudain, la personne s'arrêta. D'un léger mouvement, une main fine se dégagea de ses vêtements qu'il ne distinguait pas. Un doigt translucide lui indiqua un coin près d'une poubelle.

« Derrière. »

De femme ou d'homme, l'enfant n'aurait su dire à qui la voix appartenait. Sans réfléchir, il s'assit à l'endroit indiqué et regarda avec tristesse la personne s'en aller. Il se recroquevilla sur lui-même, serrant le bébé dans ses bras. Il ferma les yeux, souhaitant disparaître dans le mur. Des hommes grands passèrent devant lui. Mais il ne le virent pas. Et bientôt, il n'y eut plus aucun bruit. Et il rouvrit les yeux.

Son cœur manqua un battement, mais se rattrapa vite. Il sentait le sang pulser dans ses tempes, son corps fut prit d'une fièvre qui le fit trembler. Il referma les yeux, ramassant ses souvenirs, laissant de côté ce rêve. Difficilement, il rouvrit les yeux et regarda autour de lui. Il y avait peu de chose dans la pièce, un lit, une chaise, une table de chevet et la fenêtre. Fenêtre à laquelle son regard s'accrocha.

Il ne vit que peut de chose. Juste le ciel et le sol. Ah, et sur le côté, il pouvait apercevoir le temple du Bélier. Il sentit une larme couler sur sa joue. Il était vivant. Après treize ans d'absence, il était vivant. Il se pinça les lèvres, retenant ses sanglots. La joie d'être à nouveau parmi les vivants était trop forte, il espéra que personne ne rentrer dans la pièce pour le voir dans cet état. Non, que personne ne rentre. Qu'on le laisse en paix, un peu seul, dans cette chambre chaude, près de cette fenêtre. Une silhouette passa devant. C'était Shura qui venait. Aioros sourit.

OoO

Sion entra dans son bureau. Il referma la porte derrière lui, le silence revint dans la grande pièce. Il jeta un regard circulaire, s'attarda quelques secondes sur les armoires remplies, le grand bureau noyé sous la paperasse, un sculpture dans chaque coin, un tableau à sa droite et à sa gauche, et enfin les deux grandes fenêtres au fond. Il marcha sur le grand tapis sombre. Il s'avança vers la fenêtre.

La journée était finie, la pièce commençait déjà à s'assombrir. Aioros s'était réveillé, il semblait en bonne santé. Tout le monde semblait en bonne santé. Même son apprenti. Il était du genre discret, mais ses regards envers un certain chevalier des Gémeaux n'avaient pas passé inaperçu, du moins pour lui. Et ça le mettait en rogne. Il n'avait rien contre Saga, son pardon était sincère, mais le fait de les savoir heureux l'ennuyait, car lui n'était pas heureux.

Sion se détourna de la fenêtre, regarder le Sanctuaire l'énervait. Son bureau avait changé, il n'était bien évidemment plus le même qu'il y a deux cents ans, mais pourtant, il avait l'impression d'avoir fait un saut dans les siècles.

Il avait moins de la vingtaine, nommé Grand Pope, et il devait faire face à un grand nombre de difficultés. Ce n'était pas particulièrement mauvais, puisque grâce à cela, il avait pu oublier. Il avait mis longtemps. Mais il avait oublié. La boisson l'avait aidé. Combien de bouteilles avait-il vidé la nuit, seul dans sa chambre ? Mais il n'avait jamais fumé ni fréquenté les sombres rues à la recherches de bras dans lesquelles s'abandonner. Il n'avait jamais pu faire ça, cela aurait été un manque de respect envers elle. Elle ne lui avait jamais interdit de boire. L'alcool avait été la seule drogue qu'il s'était autorisé.

La porte du bureau s'ouvrit. Dohko entra et referma la porte. De nouveau, il se sentit comme projeté dans le passé. Il y a longtemps, il était venu le voir dans ce bureau. C'était la dernière fois qu'il l'avait vu. L'asiatique lui avait dis qu'il partait pour veiller, aux Cinq Pics. Sion avait caché sa colère et sa tristesse. Et en ce moment, il luttait, comme autrefois, à le jeter dehors. Mais il ne le fit pas, se contentant de regarder son ami de toujours dans les yeux, le sommant de sortir du regard. Dohko s'en fichait de ce regard, il était venu lui parler.

« Nous devons parler.

- Vas-y, je t'écoute.

- On sort de ce bureau.

- Pourquoi ? Il ne te plait pas ?

- Je n'aime pas te voir comme ça. On sort de ce bureau.

- C'est toi qui t'en vas.

- Ç'a assez duré. Abandonne ce poste.

- Jamais.

- Tu te crois encore capable d'assurer ce poste ?

- Évidemment.

- Je n'en suis pas aussi sûr. »

Le ton montait. Le défit se lisait dans leurs yeux.

« Va-t-en.

- Sion, nous sommes amis.

- Je ne laisserai ce poste à personne.

- Saga t'a déjà remplacé.

- Maintenant que je suis vivant, le titre de « Grand Pope » me revient.

- Tu ne vas pas bien.

- Je vais très bien.

- C'est pour elle que tu fais ça ! »

Dohko avait crié. Sa colère avait pris le dessus.

« C'est pour elle que tu fais ça, et non pour nous tous ! Tu n'es plus obligé de régner sur le Sanctuaire, maintenant, alors reste en dehors de ça !

- Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire !! »

Sion donna un violent coup de pied dans le bureau qui se renversa sur le sol. Les nombreux papiers qui s'amassait dessus volèrent dans la pièce. Le Grand Pope fusilla du regard la Balance qui, durant un instant, crut voir une autre personne. Une autre visage se superposa à celui furieux de Sion, il serra les dents. Un soupir s'échappa de ses lèvres.

« Fais ce que tu veux, Sion. Mais elle n'aurait pas aimé que tu t'enfermes dans ce bureau. Regarde-toi. Tu penses encore à elle. Malgré les années, tu n'as jamais fais ton deuil. Tu es comme avant. Colérique, susceptible… gamin. Je ne veux plus te voir. Du moins tant quand tu ne te seras pas calmé. »

Sans un mot de plus, Dohko se retourna, ouvrit la porte et sortit. Un nouveau silence arriva dans la pièce. Sion regardait la porte avec des yeux écarquillés. Il pensait encore à elle. Comme avant. Comme au début de son poste de « Grand Pope ».

« Ce poste, c'est une vraie corvée ! »

Il n'avait jamais une pensée à lui, elles étaient toujours centrées sur elle, elle dont la vie était finie. Dohko avait raison, elle n'aurait pas aimé le voir s'enfermer dans ce bureau, se plonger dans cette paperasse, n'en sortir que pour manger et dormir.

« J'espère que tu ne seras jamais Grand Pope. Tu te lèves tôt et tu te couches tard ! »

Il ne voyait personne de la journée, les repas étaient ses seuls moments de détente. La nuit, il était assailli par ce rêve, et quand il se réveillait, il regardait la porte avec espoir, en sachant qu'elle ne s'ouvrirait pas. Alors il buvait. Il n'était jamais ivre, mais suffisamment confus pour se rendormir et oublier un moment.

« Si tu bois, c'est pour le plaisir. Mais si c'est pour devenir un ivrogne, ça vaut pas la peine. »

Sion se laissa tomber par terre. Un sourire ironique passa sur ses lèvres. Il porta sa main à ses yeux, retira un anneau qu'il portait à l'annulaire. En or et finement gravé, il était orné d'un unique rubis. Il soupira.

« Si tu voyais le gamin que je suis devenu, tu te moquerais de moi. »

Une larme coula sur sa joue. Il n'était qu'un gamin égoïste qui ne pensait qu'à lui. Il avait tout perdu. Le jour de sa mort, il avait cessé de vivre.


Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !