« Allez ! Allez ! Allez !
Eléanor courait comme si sa vie en dépendait. Mais aujourd'hui, ce n'était pas sa vie qui était en jeu, c'était sa fierté.
Après avoir décidé de donner une véritable chance à son père, ce dernier s'était mis en tête qu'ils deviendraient -Eléanor, Charly, Sam et lui- une famille en deux jours top-chrono. Si Charly trouvait cela amusant, Eléanor trouvait cela hautement improbable mais décidée à ne pas s'emporter à la moindre occasion, elle n'avait pas exprimée ses doutes. Le regard soulagé et empli de gratitude de sa mère l'avait confortée dans son choix.
La première étape selon Jack O'neill pour devenir une famille américaine moyenne était une bonne vieille partie de base-ball.
Alors, tandis que Charly courait pour rattraper la balle qu'elle venait de taper, elle avait déjà parcourue la moitié des bases du terrain. Rattrapant la balle, il fit le chemin inverse et la renvoya au lanceur, son père.
Trop tard ! Au moment où Jack allait attraper la balle, Eléanor termina le parcours.
« Ouais ! » hurla t-elle, folle de joie.
Elle se dandina sur place et tapa la main de sa mère, triomphante. Les hommes de la famille s'approchèrent des gagnantes en grimaçant. Leur fierté en avait pris un coup. Eléanor se tourna vers eux et se mit à les taquiner sans pitié.
« C'est qui les meilleures ? C'est qui ? Applaudissez votre déesse, s'il vous plaît, mes sujets. »
Samantha sourit, amusée par les pitreries de sa fille et les mines vexées de Jack et Charly. Posant une main sur l'épaule de sa fille pour modérer son entrain, elle décréta qu'il était temps de manger. C'est tout ce qu'il fallut à Jack pour se lancer dans un autre discours sur les activités familiales. Sous cette obsession, Sam pouvait voir un profond désir. Celui d'être une vraie famille.
Le général O'neill, sa bonne humeur retrouvée, son échec oublié, les emmena manger au Macdonald. Pendant tout le trajet, il discourra sur le fast-food le plus célèbre du monde et bla bla et bla et bla... les enfants ayant décrochés dès qu'il avait mis le contact.
Après s'être régalé au Macdonald, ils passèrent à la prochaine activité : Hockey sur glace.
Eléanor ne se souvenait pas d'avoir autant rougit de sa vie, ni d'avoir autant ri. Elle ne savait pas tenir debout sur des patins à glace et cet état de fait avait provoqué plusieurs gamelle digne d'un bêtisier. Et de nombreux futur bleus.
Son frère, lui, même si il était mort jeune, savait très bien patiner. Samantha et sa fille apprirent que Jack l'emmener souvent patiner quand il était petit car avec le base-ball, le hockey était le sport préféré de Jack O'neill. Quand il était au lycée, il avait été capitaine de l'équipe de hockey sur glace et avait remporté de nombreuses compétitions. Eléanor apprit également que sa mère avait souvent fait du patins à glace en famille dans sa jeunesse. Cette dernière en parla avec beaucoup de chaleur et se désola de n'avoir pas appris à sa fille à en faire.
Voyant que sa mère allait une fois encore se lancer dans des reproches qu'elle ne méritait aucunement, Eléanor l'arrêta immédiatement. La menant dans un coin, loin de son père et Charly, elle lui dit :
« Maman, tu n'as rien à te reprocher. En tout cas, moi je ne te reproche rien. J'ai eu l'enfance la plus heureuse qu'une enfant puisse avoir. J'ai vu des choses que le commun des mortels ne peut même pas imaginer. Mon enfance a été remplie. De bonheur, d'aventures, de découvertes, d'amour... J'ai chéri la moindre minute de ma vie. »
« Alors tu regrettes que nous ayons aidé notre ancienne planète. » conclut faussement l'ancien major.
« Bien sur que non, maman ! Sur Terre, il y a des gens qu'on aime, oncle Marc, tante Meg, nos cousins et la mère de Charly. Je suis contente que tu ais prise cette décision, tu as été très courageuse. De plus, tu as trouvé le bonheur. »
Elle laissa son regard dériver vers Jack. Sam la contredit véhément, insistant que son plus grand bonheur, c'était elle mais Eléanor secoua la tête.
« Je ne dis pas que tu l'aimes plus que moi, maman, seulement que seule, je ne réussissais pas à faire entièrement ton bonheur. »
Sam essaya à nouveau de la contredire mais sa fille lui lança un regard courroucé.
« Quand es-tu devenue si perspicace et compréhensive ? » demanda Sam, les yeux humides.
« Charly. » soupira la jeune fille, comme si cela expliquait tout.
Elles se sourirent. Tout était revenu comme avant. Des aventures bizarres, mais pas insurmontable. Des disputes ? Réconciliation !
En bref, tout allait bien dans le meilleur des mondes. Samantha enchaîna sur une autre de ses préoccupations.
« Comment trouves-tu Jack ? »
Sa voix était pleine d'espoir qu'Eléanor n'allait pas décevoir. En fait, elle trouvait Jack toujours aussi exaspérant, blagueur, obsessionnel, amoureux... Mais surtout exaspérant. Toutefois, maintenant il y avait quelque chose de plus qui rendait ces traits de caractères moins insupportable. L'affection. Hier, cette obsession irritante de faire d'eux une famille l'aurait mise dans une colère noire, aujourd'hui, elle prenait ça avec humour même elle le souhaitait légèrement elle aussi (légèrement beaucoup).
« Il n'est pas le trou du cul fini que je pensais. » avoua 'Léa.
Sam écarquilla les yeux, choqué par un tel vocabulaire. Eléanor s'enfuit. Malheureusement, elle avait oubliée qu'elle se trouvait sur la glace et non pas sur la terre ferme. Elle s'étala et traversa la moitié de la patinoire sur les fesses, sous les rires moqueurs de sa famille.
Sa famille, parce que Jack O'neill était son père.
« Mmmmmm... » gémit un homme grisonnant.
Le colonel Jack O'neill, commandant de SG1, était complétement incapable d'ouvrir les yeux. Le plus petit mouvement mettait ses muscles au supplice. Que lui était-il arrivé ? Il se souvenait vaguement d'une mission avec les tok'ras...
Ce qui doit expliquer mon état, se dit Jack.
« Colonel O'neill, ouvrez les yeux. » l'encouragea une voix familière.
Il papillonna des yeux, grommelant. Il ne se souvenait pas que la voix du Docteur Fraiser était si désagréable.
« Jack... » dit Daniel, agacé.
Il gémit à nouveau. Dans sa tête, son prénom était devenu ''Boom Boom". Ouvrant les yeux prudemment, il distingua Fraiser, Daniel et Teal'c penchés sur lui.
« Comment vous sentez-vous, Colonel ? » s'enquit Fraiser.
« Disons juste que mes genoux sont le cadet de mes soucis. » répondit Jack.« Qu'est-ce qui m'est arrivé ? »
Teal'c lui raconta toute l'histoire. Tournant la tête, il vit Carter allongée, les yeux écarquillés et nauséeuse.
« Janet, je me sens pas bien. » dit-elle, d'une voix blanche.
Janet eut à peine le temps de se retourner que Sam s'enfuit en courant.
« Qu'est-ce que... » commença O'neill.
« Docteur ? » le coupa une jeune infirmière, timide.
Le Docteur Fraiser prit le dossier que lui tendait l'infirmière. Elle l'ouvrit. Quelques secondes plus tard, elle le referma, le regard grave.
« Quoi ? » demanda t-il.
« Sam est enceinte. »
?
