Merci pour les reviews! :D Bonne lecture!
Chapitre 13 : A long way home
Bellamy entra dans la navette où j'étais assise avec Clarke. Cette dernière ruminait toujours sa conversation avec sa mère, ainsi que les retrouvailles entre Finn et sa copine, tandis que je noyais mon chagrin dans l'alcool de Monty.
- Il y a de l'ambiance, ici, lâcha-t-il avec un faux sourire.
Il eut droit à un grognement de notre part. C'était dire notre motivation à être sociables aujourd'hui.
- C'est le club des dépressifs, ironisa à son tour Clarke, tu veux te joindre à nous ?
C'est alors qu'il sortit quelque chose de derrière son dos. Un pieu. Il était étrangement pâle.
- Je lui ai planté dans la main, comme ça, sous les yeux d'O. Elle ne me le pardonnera jamais.
Sa voix tremblait légèrement. Il parlait du Terrien. Finalement, je l'avais peut être jugé trop vite. Il avait peut être sa place au club des déprimés.
- Tu crois que ça fait mal ? Lança-t-il ironiquement pour essayer de détendre l'atmosphère.
- Essaie, dis-je, sans qu'il ne soit possible dans mon intonation de savoir si je rigolais à mon tour ou si j'étais sérieuse.
Il faut dire que je n'étais pas vraiment d'humeur à rigoler ou à consoler qui que ce soit.
- Toujours aussi aimable.
- Toujours aussi con.
Il ricana avant de considérer mon verre.
- Alors c'est ça, ta solution ? Boire pour oublier ?
- Tu as une meilleure idée peut être ?
- Non. Après tout, c'est peut être pas une si mauvaise idée. Je peux ?
Il désignait mon verre. J'hochai la tête et lui tendit l'alcool de Monty. C'était la première fois que je le voyais boire et cela me marqua profondément.
- Bienvenue au club, lança solennellement Clarke, fais gaffe, c'est addictif.
- L'alcool ? Merci je suis au courant.
- Je parlais de notre compagnie.
- Ah.
Il y eut un silence de mort.
- C'est vrai que je m'y fais déjà.
Il y avait peut être plus en commun entre nous trois que ce que je pensais. La même détresse, le même puits sans fond. La Terre n'était pas une maison accueillante pour tout le monde, surtout si l'Arche continuait à projeter son ombre sur notre avenir. Ils allaient descendre, maintenant qu'ils savaient pour la fiabilité de la Terre.
Ils allaient venir, et ils allaient m'enfermer.
-the 100-
- Tu veux sortir avec moi hors du camp ? L'Arche a trouvé une vieille carte qui indique une base avec du matériel pas loin d'ici.
Clarke venait de débarquer dans ma tente. J'y étais couchée, à bout de force et sans plus aucune volonté pour rien du tout. Si sauver ma mère avait été un moteur durant les dernier jour, la tristesse l'envahissait à présent et j'avais très envie de me laisser mourir. Heureusement, le soutient de Clarke et des autres ne tarissait pas et aujourd'hui, la blonde semblait avoir trouvé un prétexte pour me faire sortir de ma tanière. J'obtempérai sans discuter, ayant très envie de retrouver la forêt que j'avais tant appréciée lors de mes premiers jours sur Terre, avant qu'elle ne soit remplie de Terriens hostiles. Je m'habillai et la rejoignis à l'entrée du campement. Je n'avais finalement pas pu me résoudre à couper mes cheveux. Ils étaient simplement noués en une tresse sur le côté.
- Qu'est-ce qu'il fait là lui ? Demandai-je en direction de Bellamy qui approchait vers nous avec un sac à dos sur les épaules.
- Lui ? Il vient avec nous, annonça posément Clarke, consciente de l'hostilité que j'avais à son égard.
Même si j'étais consciente qu'il n'était pas la cause de la mort de ma mère, je ne lui avais toujours pas pardonné l'épisode de la radio.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée que je vienne, lâchai-je.
- Tu viens, trancha la blonde.
Je n'eus pas la force de la contredire et elle s'enfonça dans la forêt devant nous. Bellamy me jeta un regard mais je l'ignorai magistralement et m'élançai à la suite de Clarke.
Aucun de nous ne vit la silhouette qui se lançait à notre suite.
- 100-
Nous marchions depuis une bonne heure lorsque Clarke trancha le silence glacial qui s'était installé entre nous. Elle s'adressa à Bellamy.
- Tu sais que la prochaine navette va arriver sous peu. Tu ne pourras pas éviter Jaha éternellement.
- Je vais essayer, lâcha Bellamy.
Je me demandai s'il avait réellement laissé tomber son idée de quitter le camp. Cette idée que j'avais eue, moi aussi, à notre arrivée sur terre. Cela me semblait déjà si lointain…Depuis, j'avais rencontré des personnes sans qui ma vie n'aurait plus de sens. Des gens avec qui j'avais traversé des épreuves, ri, pleuré, partagé une peur à s'en tordre les boyaux.
Les arbres étaient plus hauts dans cette partie de la forêt. Des pins immenses et majestueux, d'un dégradé de vert digne d'une palette d'artiste. Clarke prit de l'avance et je me retrouvai bientôt seule avec Bellamy. Je n'avais pas remarqué à quel point ses traits étaient tirés. Mais qui étais-je pour le juger avec mes cernes jusqu'au genoux ? J'allais presser le pas pour rattraper la blonde quand il m'apostropha.
- Gaïa, attends. Je suis désolé pour ta mère.
Sa dernière phrase me fit faire volte face pour me placer en face de lui. Il me dépassait d'une bonne tête. Son regard était sincère, ses yeux brillants de compassion. Lui aussi avait perdu sa mère. Aussi hochai-je la tête pour accepter ses condoléances.
- Je vais partir.
Ces quelques mots se bloquèrent dans ma gorge pour une raison inexpliquée. Ainsi, il n'avait pas laissé tomber. Il avait bien prévu de quitter le camp. Et il ne l'avait dis à personne à part moi. Pourquoi ?
- Tu devrais en faire de même.
Je restai muette de stupéfaction. Me proposait-il de fuir avec lui ?
- Tu sais qu'ils vont t'enfermer si tu te trouves sur leur chemin, ajouta-t-il.
Pendant quelques secondes, j'envisageai la possibilité de partir avec lui. Bizarrement, l'idée ne m'était pas si désagréable. Son regard sombre me troublait et il me fallut une claque mentale pour mettre mes pensées au clair.
- Je sais, avouai-je. Mais je ne veux plus fuir. Je n'ai plus rien à perdre, désormais.
Il hocha la tête pour montrer qu'il comprenait mon choix. Pour la première fois, nous nous parlions autrement que sur un ton de plaisanterie ou de reproche. Quelque chose avait changé. Il allait partir, et c'était peut être notre dernière discussion. Autant se quitter sur une bonne note ?
- Je veillerai sur Octavia, promis-je.
J'évitai de croiser son regard, afin de rester neutre. Je détestais dire adieu. A qui que ce soit. Les effusions de sentiment, ce n'était pas mon genre, ni le sien.
- Merci, me dit-il simplement tandis que nous reprenions notre route pour rattraper Clarke.
Nous marchâmes côte à côte en silence.
-the 100-
Nous la rejoignîmes sur une hauteur.
- Ça doit être dans le coin, séparons nous, proposa Clarke.
L'air était frais et humide. Je frissonnais sous ma veste. Une douce brise faisait danser les feuilles des arbres. La zone qu'avait indiquée Clarke était plus dégagée, avec des fougères et de rares buissons. Les branches craquaient sous mes pieds comme des os.
J'avais le cœur lourd. Comment allait réagir Octavia lorsque j'allais devoir lui annoncer le départ de son frère ? Et pourquoi cela m'affectait-il autant ? Je le haïssais, il allait partir. J'aurai dû en être soulagée et pourtant, je ne l'étais pas, loin de là. Etait-ce parce que Bellamy était notre leader ? Comment le camp allait-il s'organiser sans lui ? Comment allions nous faire contre les terriens ?
Une autre pensée naquit parallèlement dans mon esprit. Bellamy était un lâche. Il nous abandonnait. Il fuyait. Ou essayais-je seulement de m'en persuader ?
Soudain, je tournai vivement la tête vers les buissons. Un frisson me parcourut l'échine. J'avais l'étrange impression d'être observée. Mais Clarke nous appela Bellamy et moi et, en mettant cela sous le coup de la fatigue, je relâchais mon attention pour me diriger vers eux.
-the 100-
Le coup partit. La balle perfora le tissu à quelques centimètres d'une croix tracée grossièrement au feutre noir.
- Pas mal, pas mal du tout, Clarke, la félicita Bellamy.
L'atmosphère de la base souterraine était oppressante. Les coups de feu me vrillaient les tympans et martelaient mon crâne. J'étais assise par terre, dos contre le mur. Nous avions trouvé la base. Nous n'avions pas trouvé de matériel, mais nous avions dégoté des armes. Bellamy était aux anges. Il en rêvait toujours, de sa bataille contre les terriens.
Il s'était improvisé professeur d'arme pour Clarke et moi. Soit disant que cela était primordial pour espérer gagner contre les terriens. Quoi qu'il en soit, j'avais refusé net de toucher ces armes. Primordiales ou pas, j'en gardais un mauvais souvenir. Alors il s'était contenté de me montrer de loin comment les armes fonctionnaient.
- Je sors, annonça-il au bout d'un moment. J'ai besoin de prendre l'air.
- Seul ? Demanda Clarke, Ce n'est pas prudent.
- Tu pourrais prendre un de tes joujous, lâchai-je sur un ton ironique.
Il sourit, mais je sentis que le cœur n'y était pas.
- J'ai mon couteau. Et je ne vais pas loin.
- Il n'a pas l'air bien, dis-je à Clarke un fois Bellamy parti.
- Il est rongé par la culpabilité.
Elle tira à nouveau. La balle perfora la croix en son centre.
- Il ne comprend pas que partir ne va pas l'aider à s'en débarrasser. Il faut qu'il reste. Il faut qu'il affronte ce qu'il a fait.
Ses mains tremblaient autour de l'arme. Elle rata son coup cette fois. La balle effleura le mur. Elle baissa le fusil avec une moue insatisfaite.
- Ça vaut aussi pour toi, Gaïa. Te couper du monde n'est pas la solution.
M'isoler comme je l'avais fait ces derniers jours, était-ce comme fuir ? Echapper à une réalité trop abrupte ? J'ouvris la bouche pour rétorquer lorsqu'un cri nous parvint. Bellamy. Les yeux de Clarke croisèrent les miens. Je bondis hors de la base. Clarke sur mes talons. Ou du moins, je le croyais. Car en me retournant une fois à l'extérieur, je compris que j'étais seule.
Dehors, la nuit commençait à tomber. Un dernier rayon de soleil éclairait les branches mortes et les buissons opaques. Une demi lune faisait son apparition sur un ciel gris comme la cendre. J'avais une migraine horrible, sûrement causée par les coups de feu.
- Blake ? Appelai-je. Puis, comme je n'entendais pas de réponses, j'haussai le ton : Bellamy ?
Seul le vent dans les arbres me répondit. Il faisait nuit noire, impossible de voir quoi que ce soit dans cette mélasse. Je voyais à peine où je mettais les pieds. Où diable était passée Clarke ? Peut être qu'elle était retournée prendre une arme ? Elle était décidément beaucoup plus sage et réfléchie que moi qui fonçais peut être tête baissée dans un piège. Peu importe. Comme je l'avais dit plus tôt à Bellamy, je n'avais plus grand chose à perdre.
Un mouvement dans les buissons me fit faire volte face. Un homme en jaillit. Il était grand, les cheveux sombres et les épaules recouvertes d'une veste de gardien. Shumway.
- Bonjour Gaïa. Je suis ravi de voir que tu te portes bien.
-the 100-
J'espère que ce chapitre vous a plu, comme promis il y a du changement entre Bellamy et Gaïa ! Ok c'est pas encore l'amour fou, mais ça ne saurait tarder ;) Que pensez-vous de la réaction de Gaïa lorsque Bellamy lui annonce son départ ? Merci beaucoup pour les reviews, vraiment. Elles me touchent énormément. N'hésitez pas à me faire par de vos avis ou conseils pour la suite… Merci 3
Amicalement,
Ourminds
