Tiens, je crois que j'ai oublié de le présenter à la correctrice celui-là... Oups... Bonne lecture quand même!
- Hermione, es-tu certaine que ça va ?
Je relevais la tête, presque gênée d'avoir été prise au fait. En effet, voilà peut-être dix bonnes minutes que ma plume était restée en suspend au dessus de mon parchemin. Dix minutes que Pierre m'observait silencieusement. Il avait raison… je n'étais pas dans mon assiette. Il y avait déjà un mois que la petite Melody avait pointé le bout de son petit nez. Un mois et ses parents avaient décidé qu'il était temps de la baptiser. Temps de la faire rentrer dans le monde des sorciers. Après tout, ce n'était pas une mauvaise nouvelle, bien au contraire. J'avais même la chance d'avoir été choisie pour être sa marraine. Oui mais… Ron endossait lui aussi le rôle de parrain. Oui mais… lui serait au côté de sa Helen pour fêter cet événement. L'idée de me montrer bien seule me rendait réellement malheureuse. Il n'y avait aucune solution ou presque…
Mes yeux se posèrent d'eux-mêmes sur Pierre et je dû lutter de toutes mes forces pour ne pas lui poser la question. Celle qui me délivrerait d'un poids mais qui ne serait pas juste pour autant. Pierre, même s'il avait été bien plus, n'était plus qu'un collègue de travail. Un collègue… un collègue peut très bien venir à une réunion de famille non ? Sauf que… sauf que comme l'idée ne cessait de me hanter : il avait été quelqu'un autre et visiblement, souhaitait le redevenir un jour ou l'autre.
- Hermione ?
- Excuse-moi. Tu disais ?
- Rien… je ne disais rien, je me contentais de t'observer. Quelque chose ne va pas.
Ce n'était pas une question mais bel et bien une affirmation. Ses yeux se posèrent sur moi, assurés et tellement sérieux. Tellement doux que je fus tenter de tout lui dire, une fois de plus, une fois de trop. Oui mais, je baissais la tête et tentais de retrouver de l'intérêt dans mon travail alors que Pierre se rapprochait dangereusement de mon bureau pour finir par s'y asseoir. Il resta là, totalement calme. Et moi, je perdais de mon sang froid.
- Tu n'as rien à faire ? Lui demandais-je.
- Et bien j'essaye de trouver l'attrait que tu sembles avoir pour cette feuille de papier blanche. Mais réellement, je ne vois pas. Donc, ça confirme mon hypothèse…
- Tu ne dois pas travailler sur des hypothèses mais sur des faits réels. C'est tout le travail d'un journaliste. Je pensais que tu le savais non ?
Moi qui avait cru le moucher, m'en voulut d'avoir oublié qu'il avait ce caractère… celui que les Français donne au personne originaire de cette région… la Bretagne. Il avait un cœur énorme… oui mais était également des plus buté.
Je vis ses yeux quitter ma feuille toujours aussi blanche et venir se poser sur le petit cadre qui prônait sur mon bureau. Il venait de trouver la faille à défaut d'être tomber sur le cratère. Melody prenait la place de Ron.
- C'est la fille de ton meilleur ami, c'est ça ?
Je hochais vaguement la tête et continuer à espérer que cette feuille se remplirait bientôt de mon écriture.
- Son baptême s'est bien passé ?
- Très bien.
Si j'avais été sûre qu'il ne pourrait pas me voir, j'aurais sans doute frappé ma main contre ma tête pour y faire rentrer ce mot : « imbécile ». Comment pouvais-je penser qu'il allait me croire ? Pas en débitant ce mensonge aussi rapidement que les tables de multiplications.
- Tant mieux.
Tant mieux ? Et bien pourquoi attendait-il encore ici ? Sans doute parce que cet homme me connaissait trop bien et savait que j'allais finir par le regarder. Ce que je fis bien sûr. Et je le vis sourire... un sourire qui eut pour effet de me faire rougir. Alors, comme s'il était content d'avoir eu ce qu'il voulait, il se leva et prit la direction de la sortie.
Finalement, il venait de me tendre une perche non ? Alors ça ne serait pas un piège de lui proposer de…
- Pierre, attends !
Comme un bon maître d'occlumancie, je le regardais fermer la porte, doutant encore d'avoir opté pour la bonne solution.
- Et bien, je ne pensais pas que tu tiendrais aussi longtemps… me nargua-t-il. Mes méthodes se font peut-être un peu trop vieilles…
- Pierre, je… Le baptême de Melody ce n'est que la semaine prochaine…
Je levais mon regard, comme si je m'attendais à une remontrance de sa part mais par Merlin, il n'y avait pas plus compréhensif que cet homme.
- Et c'est ça qui te pose problème ?
- Non… enfin si. Le problème c'est que… beaucoup de choses ont changé depuis que je suis partie et maintenant… enfin… ils sont tous en couples tu comprends…
- Qui ça tous ?
- Et bien… la famille de Melody… mes amis… Harry…
- Et Ron.
- Et Ron.
A cet instant, je crois que je n'ai cessé de prier Merlin pour que Pierre ne fasse pas défaut à sa réputation. Pour qu'il ne me demande pas de me faire plus explicite. Et je ne sais pas si réellement il m'avait écouté où même entendu mais j'étais suspendue à la bouche de mon collègue.
- Et bien vas-y avec quelqu'un…
Je ne pus m'empêcher de soupirer avant de rétorquer le plus rapidement possible pour ne pas laisser de place aux regrets :
- Justement j'aimerais savoir si tu…
- … les baptêmes se passent toujours les dimanches ? Et bien je passerais te prendre et tu me montreras le chemin.
Je sourie sans être capable de le remercier. Mais dans son clin d'œil, je crus traduire un « de rien » qui m'enlevait un poids non négligeable.
Voilà comment une semaine et deux jours plus tard, je me retrouvais à déambuler au bras de celui qui sans le savoir, avait sans doute sauvé mon honneur.
