Chapitre 13 : Un réveil difficile, mais…


Harry a mal. Son crâne est comme fracassé par l'éblouissante luminosité. Il entrouvre un œil. Il ne sait pas où il se trouve.

Des murs blancs, des draps rêches, un lit pas vraiment confortable. A nouveau cet hôpital.

Prenant son courage à deux mains, il ouvre les deux yeux en grand. Le même décor, la même luminosité, la même solitude. Mais….

Harry lâche un couinement, manque de s'étouffer, puis reprend posément sa respiration.

Il n'en croit pas ses yeux. A quelque centimètre de lui, dans un autre lit, Draco semble endormi. La respiration calme, sa poitrine se soulevant doucement et régulièrement, l'homme est magnifique.

Abimé dans la contemplation de son compagnon, Harry n'entend pas la porte. Il sursaute au son de la voix de son ami.

- J'ai été plus efficace cette fois, qu'est-ce que t'en pense?

- Quoi? Interroge Harry un peu groggy.

- Il est là! Snape et moi, on l'a porté nous même pour le sortir de cette prison, précise Ron.

- Merci, bredouille Harry. Comment va-t-il?

- Pas de changement. Sauf qu'ici, il est mieux traité.

- Et moi ? Je ne me souviens pas vraiment de ce qu'il s'est passé.

- T'as expédié Malfoy contre un mur, Malfoy père, s'empresse de préciser Ron.

- Je sais, ça je me rappelle. Mais après…..

- Tu as eu comme une crise. Mais ça va. Le Docteur Taylor dit que c'est dû au stress.

- Ca m'a fait mal, je me souviens. Mais j'ai fait quoi exactement? interroge Harry.

- Eh ben, franchement, je ne sais pas vraiment. Mais t'inquiète, y a que Malfoy qui a été blessé. Et rien de grave en plus.

- Tu es sûr que je n'aie pas fait trop de dégâts?

- Le ministère est comme Poudlard, il se reconstitue tout seul. On n'y voit plus rien, confirme Ron.

- Je te fais confiance. Mais au fait quelles ont été les conclusions du procès ?

- Draco a été complètement blanchi. Le ministre lui a décerné une médaille pour bravoure et d'autres conneries du genre. Et tu as été reconnu comme son tuteur.

- Ca doit bien être la première fois que je suis content de me réveiller depuis deux ans! S'exclame Harry.

- Ah ouais, pourquoi?

- Ca doit bien faire deux ans que je ne me suis pas réveillé à ses côtés !

- Argh! T'arrache, mec, lâche Ron. Il reste Malfoy la fouine.

- M'est égal, c'est ma fouine! conclue Harry joyeusement.

De son regard tendre, couvrant son bien aimé, Harry sent couler quelques larmes.

- Tu crois qu'il se réveillera?

- Tu sais au départ, commence Ron, les Médicomages vous donnaient deux jours à vivre, avant de mourir dans d'atroces souffrances. Ça fait un an, et vous n'avez pas l'air de vous tordre de douleur. Crois en mon expérience, tout est possible.

- Je peux te faire confiance?

- Demande plutôt confirmation à Hermione! C'est elle la spécialiste ès coma magique.

- Spécialiste?

- Depuis qu'elle est persuadée que vous êtes bien victimes d'un coma magique, elle s'est lancée à corps perdu dans l'étude de tous les bouquins traitant de prêt ou de loin à ce sujet, lance Ron, déprimé.

- Ca fait quoi deux trois jours depuis que je suis réveillé, elle n'a pas dû en lire tant que ça en si peu de temps.

- Premièrement, tu es sorti de ton coma depuis six jours, et deuxièmement elle me prend la tête avec cette histoire de coma magique depuis au moins six mois, alors des bouquins…..

- Six jours? Tu essaye de me dire que j'ai passé quatre jours dans le coma! S'écrie Harry.

- Je dirais plus tôt cinq jours, rectifie Ron. Le Dr Taylor dit que tu étais trop faible lors du procès et que tu as usé toutes tes forces dans cette crise. Il a expliqué que tu avais besoin de temps pour te remettre, c'est normal. Tu n'étais déjà pas au mieux de ta forme, alors là….

- Mais maintenant, je vais bien? Demande Harry.

- Oh oui, enfin au mieux que tu le puisses.

- Mr Potter, que je suis content de vous voir éveillé, affirme le Dr Taylor. Mes instruments Moldus sont vraiment fiables. Il est grand temps que les Médicomages reconnaissent leurs utilités et …..

- Excusez-moi, docteur, le coupe Harry, mais j'aimerai avoir votre avis sur l'état de Draco.

- Mais bien sûr, je me laisse toujours emporter quand je parle de concilier la Médicomagie et la Médecine. En ce concerne votre ami, j'en suis arrivé à la même conclusion que pour vous à l'époque. Il est plongé dans un coma magique auquel je ne peux hélas remédier. Hormis cela, il soufre d'une légère déshydratation et de dénutrition. Nous le traitons actuellement pour ces petits problèmes, sinon il va aussi bien que possible.

- Pensez-vous que je pourrai le ramener chez nous, ose demander Harry.

- Je ne sais pas, il est faible tout de même et nécessite certains soins….

- Je prendrai une infirmière à domicile pour s'occuper de lui. Et ma maison est parfaitement adaptée à un malade, Hermione y a veillé.

- Je vois que vous y avez bien réfléchi, sourit le Dr Taylor. Restez cette nuit en observation et je vous laisse rentrer chez vous demain avec lui.

- C'est tout ce que je voulais entendre, soupire Harry, soulagé.

Aux premières lueurs du jour, Harry trépigne dans son lit. Ron et Hermione avaient promis d'être là le plus tôt possible. Il ne rêve que de quitter cet horrible endroit, Draco sous le bras. Harry a passé presque toute la nuit à l'observer. Guettant chaque respiration, chaque mouvement, chaque bruit. Enfin la porte s'entrouvre, Harry soupire. Ce n'est que l'infirmière.

- Bonjour, Messieurs, lance joyeusement la jeune femme. Mme Wesley a appelé. Son époux vient vous chercher avec une ambulance et deux infirmières dans deux heures. Je vais faire votre toilette, vous aider à vous mettre dans le fauteuil et ensuite nous ferons vos bagages. Cela vous convient?

- Vous êtes bien gentille, aussi ne vous formalisez pas si je vous dis que je m'en passerai bien, murmure Harry avec un regard désolé.

- Je le sais bien, ne vous inquiétez pas. Je vous propose de commencer par vous, comme ça vous pourrez m'aider pour la toilette de votre ami.

Harry se résigne, espérant parvenir un jour à gérer tout seul son quotidien et celui de Draco.