Kyaaah ! Plus jamais je regarde Walking dead au réveil, je fais une overdose d'émotions...
Merci à Nocturnis-Lepus, Ic'ilver, Ouji-chan0005, Traff Lamy, larien, nikkouyoku et anna pour leurs messages !
Bref, je suis contente de voir que vous aimez cette évolution des personnages, parce que je me rends compte que Madness is coming est une fic qui les fait vraiment grandir ! J'espère vous montrer encore une autre facette dans ce chapitre ;)
P.S : profitez de la cuteness j'ai bien peur de vous dégoûter prochainement xD
Bonne lecture !
Bad feelings. Sorry !
La lumière douce et réconfortante qui filtrait par les hublots s'empara chaudement de son sommeil et la força à ouvrir les yeux. Elle se recroquevilla dans les couvertures pour profiter encore un peu du contact du tissu délicat sur sa peau nue. Elle avait beau avoir les jambes en compote, l'air qui pénétrait ses poumons ressemblait à un élixir de jouvence. Tout était bon et tout était délicieux. Même sa prison dorée dans les bras du chirurgien. Les souvenirs de la veille coulaient tel un ruisseau dans ses yeux : elle le fixait en souriant.
Pas un seul mot ne saurait décrire chaque instant de cette merveilleuse nuit. A tel point que le monde extérieur ne représentait plus qu'une poussière, car ils étaient le monde à eux deux. Leur monde unique et sauvage, mais si bon avec eux.
Pour la première fois elle avait pu sentir son réel amour et non pas cet air fourbe qu'il se donnait. Il l'avait rendue complètement ivre de lui ! Encore maintenant, elle désirait ardemment le voir ouvrir ses paupières pour le remercier… mais elle avait peur ! Elle n'avait pas su mesurer les conséquences ! En ce moment-même, des tueurs devaient être à sa recherche… Et le mieux qu'elle ait fait a été de passer la nuit dans les bras d'un homme mondialement recherché ! Ses doigts tremblotaient sur la couverture, son sang se glaçait dans ses veines. Si seulement elle l'avait tué… Si seulement elle n'avait pas dépassé sa peur du flamant ! Si seulement Law n'était pas tombé amoureux. Mais elle gardait sur lui un regard aimant malgré tout. Il avait tant pris soin d'elle que pour rien au monde elle ne voudrait quitter son étreinte, l'abandonner à la solitude qui avait failli le tuer.
Et pourtant sa conscience se battait encore entre partir tel un étranger à la nuit tombée et rester pour lui. Combien de temps tiendrait-il encore les pieds sur terre sans savoir ce qu'il advenait de Moineau ? Sûrement peu, trop peu pour qu'elle accepte. Elle ne voulait pas partir en gardant collée à sa peau la sensation de l'avoir tué sans même utiliser ses mains. Law est, et restera à jamais un meurtrier dans son coeur, mais en fin de compte elle n'était plus assez innocente pour le juger. Cela ne signifiait pas le pardon, seulement partie remise au nom de son frère, qui n'approuvait pas et n'avait jamais approuvé le massacre.
Krys se lova un peu plus contre lui. Peau contre tissu. Peau contre peau. C'était si doux. Doux au point qu'elle en oubliait leurs vêtements éparpillés sur le sol, et qu'ils étaient donc nus l'un contre l'autre. Alors qu'elle tentait de regagner le sommeil dans son parfum protecteur, les soudaines caresses sur ses hanches la prirent par surprise. Il venait enfin de se réveiller et la mangeait toute crue des yeux. Les joues de la cyborg s'empourprèrent. Dans ses pupilles à lui aussi dansaient les baisers langoureux de la veille, et ce moment unique où elle était devenue sienne. Il embrassa chaudement sa nuque.
-Tu as bien dormi ?
-Je crois que je pouvais pas faire autrement, sourit la jeune fille. (Elle se mordit le doigt.) C'était super…
-Évidemment. Qui crois-tu que je suis ?
-La modestie en personne visiblement.
-La modestie va se venger si tu ne l'embrasses pas tout de suite.
-D'accord, d'accord…
Elle posa un chaste baiser sur sa joue. Il poussa un grognement. Ne pouvait-elle pas choisir ses lèvres ? Elle ria devant sa grimace de gamin mécontent et se résolut à lui faire cadeau d'un véritable baiser, humide et lent comme il l'adorait.
-Je t'aime ! s'écria-t-elle.
-Viens par là…
Il frotta son nez contre sa joue, la respira comme la senteur la plus suave sur terre. Sa joie fut de courte durée : elle le repoussa aussitôt en serrant la couverture contre sa poitrine, prétextant le visage rouge avoir à se rhabiller. Il avouait ne pas bien comprendre. Son corps, il le connaissait désormais par coeur et pourrait citer tout ce qui la faisait sauter au plafond lorsqu'il la touchait, alors il refusait que ce ne soit que l'affaire d'une nuit dans sa tête et qu'il ne puisse plus recommencer… Mais loin de lui l'envie de passer pour un homme accro, il se retourna et attendit patiemment qu'elle soit vêtue de sa tenue sombre qui caractérisait si bien la discrétion dont elle devait faire preuve. Le chirurgien éprouvait comme un retour en arrière. Son seul réconfort dans l'idée qu'elle soit désormais prête à le quitter fut ses dents en train mordiller affectueusement son oreille comme pour l'encourager à tenir bon.
-Qu'est-ce qui t'arrive ? chuchota-t-elle.
-Tu pars et ça fait de moi ta première aventure. Est-ce que je dois m'en réjouir ?
-"Première aventure"… Tu ne trouves pas ça bien ? ricana-t-elle.
-Je ne plaisante pas !
Krys pencha la tête.
-C'est juste… que tu n'es pas une aventure. Ça me semble évident ! On ne dit pas "je t'aime" à une aventure, enfin je crois...
-Qu'est-ce que t'insinues ?
-Que tu ne débarrasseras pas si vite de moi.
Ses yeux gris s'écarquillèrent.
-Tu… Tu vas rester ? Tu comptes rester ?
-Je suppose que je n'ai pas d'autre endroit où aller.
-Krys… j-je… (Le capitaine se reprit vite.) Je m'occuperais de toi. Tu ne manqueras de rien je te le promets.
Elle le serra fort dans ses bras tout en lui assurant que sa seule présence suffirait à tous ses besoins. Car chacun de ses baisers pansait ses plaies douloureuses, et elle voulait croire qu'un jour cela ne serait plus que des cicatrices, quand ils auront passé assez de temps ensemble pour dire que c'est un vieux souvenir. Law se rhabilla à son tour, voyant bien que la fine couverture peinant à cacher son corps faisait loucher ses pauvres yeux et rosirent ses joues. Elle supportait mal de retenir ses pulsions alors il lui épargna au moins d'avoir à se mordre la bouche pour ne pas la lui offrir. Ses bras la cueillirent lentement.
-Demande-moi absolument tout.
-Ta bonne humeur est si effrayante…
Elle embrassa sa joue.
-J'ignore où tu vas, mais partons le plus vite possible, d'accord ? Ici on me connaît et ça te met en danger.
-Tu t'inquiètes pour moi miss ? Comme c'est adorable…
-Je vais t'étouffer dans ton sommeil !
Il lui pinça le nez.
-Sois gentille.
Elle rétorqua une morsure qui chatouilla douloureusement son épaule. Le médecin dut profiter de ses zones sensibles pour faire lâcher prise au petit chiot, qui n'avait d'ailleurs pas dit son dernier mot. Krys s'enfuit pieds nus hors de la chambre et il courut après elle la rattraper dans le couloir. Bepo, qui passait par là, se gratta l'oreille en les trouvant dans un coin, riant aux éclats entre deux baisers. L'ours polaire rejoignit les Heart dans la salle à manger, un petit sourire au museau.
-Ils sont réveillés ? demanda Shachi.
-Ouais.
-Ah c'est pas trop tôt ! J'avais besoin du capitaine pour ranger l'infirmerie !
Le second tourna la tête.
-On devrait les laisser seuls encore un peu…
-Quoi ? Tu les as vus ?
-Oui, acquiesça-t-il. Le capitaine a l'air mieux maintenant qu'elle est là. Laissons-le se reposer.
-Si tu le dis !
Bepo plissa les paupières. C'était très dur pour lui de devoir garder des secrets au sein-même de l'équipage. Mais personne ne devait savoir que durant ce temps, elle n'était pas restée l'innocente fille du marché d'esclave, et avait rejoint les rangs d'un ennemi juré, devenant ainsi une arme mortelle contre Law. Aussi bien sur le plan sentimental que physique.
Et Law qui se savait d'ailleurs en danger dans ses bras, mais qui portait une confiance aveugle en ce peu de bonté qu'elle avait pu montrer ces derniers jours. Alors la cyborg jouait-elle un jeu sur les Heart ? C'était ce que Bepo cherchait à comprendre. Et la voir aimer ainsi le capitaine, ou paraître l'aimer, le faisait se sentir plus coupable qu'il ne l'était de la soupçonner. Mais il espérait silencieusement avoir tort et avoir à s'excuser. Law ne devait pas subir ça ! Une déception de plus et il serait incapable de retenir sa haine. On peut bien être insensible, tout homme a ses limites, et la jeune fille avait déjà brisé ses seules remparts. Que briserait-elle encore ? Que pouvait-elle briser de plus ? Vu l'emprise qu'elle exerçait déjà sur lui il ne serait pas dur d'en finir avec sa vengeance. Mais ça, en réalité, le chirurgien en était bien conscient. Ce n'était pas l'amour du risque qui le poussait à tomber dans les bras de la cyborg ! La confiance mutuelle, voilà tout. Tout comme Krys avait assez foi en lui pour le laisser l'emmener au bout du monde si l'envie lui prend.
Les amants se glissèrent discrètement dans la pièce après avoir laissé entendre des murmures et des sons de baisers. Évidemment on les dévisagea longtemps avant de s'habituer à la présence de la jeune fille au petit-déjeuner. Ils étaient toutefois encore surpris qu'elle les ait acceptés sans battre le souvenir, comme si le passé n'avait plus son importance alors que ça pesait toujours sur leur capitaine. Ils avaient quelques remords à ce qu'il soit le seul à en pâtir devant elle, mais du jour au lendemain tout avait changé ! Elle ne le traitait plus si durement et souriait même en lui tendant sa tasse. Les Heart savaient. Et oui, ils savaient bien que la nuit dernière leur avait réservé des surprises et que ce matin ils s'étaient levés en amoureux dans les bras de l'autre. Enfin… le regard doux qu'elle lui portait ne laissait pas place au doute : Law avait su la traiter comme une reine, et ce n'était pas elle qui dirait le contraire ! Krys souriait jusqu'aux oreilles lorsque le chirurgien l'appelait. Elle se surprenait seule dans ses pensées ! Mais pourquoi devenait-il soudain le prince charmant et l'homme rêvé ? Que dire, l'homme parfait ! Avec ses yeux perçants, ses cheveux couleur encre et son visage comme s'il était fait œuvre d'art d'un artiste populaire. Si froid et si attirant. Si mauvais mais si passionné en réalité. C'était n'importe quoi ! Trafalgar n'était qu'un grand méchant loup qui avait eu l'audace de mordre son coeur ! Mais n'était-il pas magnifique son humain ? Que… Quoi ?
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D'ordinaire Law ne se connaissait pas d'attentions particulières envers les autres. L'idée de présent ne lui serait jamais venue à l'esprit si elle n'avait pas arboré une telle grimace face aux combinaisons de rechange dans les dortoirs. Elle savait que l'une d'entre elles aurait bien pu flotter sur son corps trop petit, si tout avait été différent. Mais le médecin avait été clair, il n'allait pas tenter de recoller ce qu'il avait lui-même brisé. Et cette fois, dans les bois, où il avait dessiné son Jolly Roger sur le cou de la cyborg n'était qu'une petite exception, parce qu'ils avaient besoin de renouer des liens, mais plus jamais ça n'ira sur sa peau.
En revanche, il y a une chose qu'il aimerait se permettre, tout en restant conscient de sa fragilité mentale. Une chose qu'il s'est permis de faire d'ailleurs, et dont il n'attendait plus que son avis. Contre toute attente le chirurgien de la mort avait le trac : ses choix en matière de couleurs n'avaient jamais plu à la majorité. Notamment le jaune de son sous-marin, que lui trouvait impeccable. Et avec ce noir en plein dessus qui attire l'œil ! Quel choix artistique, incontestable.
Ses doigts d'acier froid approchèrent le paquet sur le lit à une vitesse limite angoissante pour lui. Si elle avait été un réel petit chiot, sans aucun doute ses oreilles pointeraient en arrière et des grondements méfiants lui échapperaient. La jeune fille reniflait discrètement la boîte comme s'il pouvait s'en dégager un poison mortel, et chacun de ses gestes faisait grimper en flèche le stress du capitaine.
-Peux-tu arrêter ça Krys ? C'est un cadeau !
-Un cadeau qui émane une étrange sensation… murmura-t-elle. Mes capacités se sont développées tu sais, alors il m'arrive de ressentir des choses spéciales, comme des pressentiments.
-Et donc ?
-Donc je crois que je ne vais pas l'ouvrir. Pour le moment.
Il saisit son bras.
-C'est un peu malpoli.
-J'ai dit "pour le moment". Et d'abord qu'est-ce qui te prends de faire ça ? T'offres jamais de cadeau !
-Laisse tomber…
-Law ! Je l'ouvrirais, mais là je le sens vraiment pas… Excuse-moi.
-Et comment tu peux te fier à une foutue sensation ?! Sois pas stupide !
Son coeur fit un bond douloureux. Elle ne l'avait pas vu s'énerver comme ça depuis pas mal de temps. Le chirurgien se dévorait de colère la lèvre inférieure. Il claqua violemment la porte derrière lui, la laissant pantoise au centre de la chambre. Elle grimaça, elle aussi, avant de doucement cueillir le cher paquet blanc dans ses bras et lui sourire.
-Je suis sûre que tu es magnifique… mais pas maintenant. On se verra plus tard, dit-elle comme à un humain.
La cyborg grimpa sur la chaise pour hisser le cadeau tout en haut de l'armoire, lui chuchotant tout bas des mots doux qui semblaient destinés au capitaine pirate. Ses traits se durcirent soudainement dès qu'elle eut sauté à terre. Quelque chose n'allait vraiment pas… Le nœud dans sa gorge ne cessait de grandir. Sa nuque se hérissait également. Elle se précipita dans les couloirs à la recherche de chaque membre de l'équipage, afin de dresser une certaine liste dans sa tête, et s'assurer que personne ne manque à l'appel. Sa peur se nourrit malicieusement de l'absence de Law.
Malgré son visage impassible, elle éprouve un immense regret à toujours le décevoir, et elle en veut cruellement à Doffy de l'avoir rendue ainsi ! Krys poussa un son aigu, plaintif, avant de se laisser choir contre le ventre rebondi de l'ours polaire allongé sur le pont. Elle comprenait maintenant pourquoi il faisait ses siestes à l'extérieur : la brise marine venait leur ôter tous leurs soucis. Une patte réconfortante s'appuya sur son épaule.
-Quelque chose ne va pas Krys-chan ?
-Je… J'ai l'impression de devenir un robot parfois.
-Pourquoi ça ?
-Je blesse Law.
-Vous avez besoin de temps, c'est tout.
-Mais j'arrive même pas à m'imaginer lui dire "merci" tout naturellement ! Alors que j'ai aucun problème à l'embrasser.
-Ça viendra. Tu n'es pas un robot, tu évolues, alors tu y arriveras.
-Si c'était si facile… Lui il a pu m'accepter au premier regard !
-Le capitaine sait saisir sa chance, répondit Bepo.
Les babines de l'ours remontèrent sur ses crocs. Elle rit intérieurement, il était dur de distinguer un sourire, pourtant c'en était bien un.
-J'aimerais faire comme lui.
-Si tu l'aimes c'est suffisant.
-Non… Je veux vraiment faire des efforts. A cause de moi il a le sentiment d'être une aventure ! Mais… et puis tu crois pas que c'est un peu sa faute ? Dès qu'il est contrarié il se tire sans explication ! Pff quel imbécile. Et tout ça pour un cadeau ! En plus il ne fait JAMAIS de cadeaux ! T'es pas d'accord ?
Krys se doutait bien que le second ne dirait rien de méchant sur le capitaine, mais ce dernier semblait particulièrement tendu. Un grognement familier l'interpella, elle se retourna.
-Eeh… Law ?
Le rose lui monta aux joues. Elle en avait peut-être trop dit… Le chirurgien la fit quitter de force le ventre mou de l'ours. Son regard intense la fit trembler jusqu'aux bout des ongles.
-Autre chose miss ?
-J-Je pensais tout à fait ce que je viens de dire !
-Ah oui ? Alors tu ne verras aucun inconvénient à ce que je jette ce cadeau !
-Mais c'est le mien !
-Je ne ferais que prouver tes propres mots, puisque je suis l'imbécile qui ne fait jamais de cadeaux.
-Oï ! Abuse pas !
-C'est ce que tu as dit ! (Il souffla.) Laisse tomber. De toute façon tout ce qui t'importe à toi c'est te mettre en sécurité et garder tes petits secrets !
-Grrr… Je vais te tuer ! Sale hypocrite !
Il bloqua son coup de poing dans sa paume et retourna brusquement son bras dans son dos pour l'immobiliser.
-Et là, elle te dit quoi ta putain de sensation ?
-Arrête !
-Sûrement pas !
Le second tenta de les séparer, en vain : ils avaient définitivement envie de se sauter à la gorge. Krys se dégagea de sa clé de bras et remua ses doigts d'acier comme elle aimait le faire avant de provoquer un adversaire.
-T'as un problème avec moi Law ? Si je te dis que je veux pas l'ouvrir, je veux pas ! Et je m'en tape de tes petites "attentions" ! T'es qu'un égoïste ! Tout ce que t'espère c'est me garder dans ton lit ! Y a pas de gentillesse avec toi.
Il serra les dents. Voilà tout ce qu'il récolte à vouloir faire plaisir à cette pauvre gamine dégénérée ! Et prétendre de lui qu'il est un pervers, alors là c'était trop. Le chirurgien leva fièrement le menton. Malgré son besoin cruel de l'avoir dans le coeur, jamais il ne se fatiguerait avec une personne incapable de le juger convenablement. Il tourna les talons, les tympans envahis par ses insultes.
Ce pic de colère la laissa essoufflée, mais complètement remontée ! Son poing s'abattit comme un gros marteau contre le mur. Quel salaud… Pour peu, si elle avait eu au moins un couteau elle l'aurait éventré sans hésitation ce foutu monsieur-je-sais-tout ! Mais il ne sait rien d'elle ! Bepo chercha tant bien que mal à la raisonner dans sa fureur, mais rien que le nom du supernova faisait renaître le démon.
-Heureusement que t'as pas vu la scène qu'il a fait dans la chambre ! Il s'est mis à me crier dessus juste parce que j'ai refusé d'ouvrir son cadeau ! Tout est de sa faute !
-Mais Krys, comme tu l'as dit, le capitaine fait pas souvent ce genre de choses…
-Ça c'est sûr !
-Je pense qu'en refusant tu l'as frustré.
-Quoi ? Non ! Cet idiot pensait juste que je tomberais dans ses bras alors ça l'a soûlé !
-Tu sais bien que c'est faux… Désolé.
Law avait été avec elle, ce qu'ils qualifiaient d'homme-traître, toujours en train de jouer sur des faux-semblants pour la mener à ce que lui désirait, mais sans voir l'adorable jeune fille qui avait foi en lui. L'homme-traître se rachetait tant bien que mal du tableau défiguré en s'efforçant d'être véritable malgré son habitude à porter le masque de glace. Et pour un homme si froid, qui déjà ne se permet pas l'attachement, et encore moins la tendresse, offrir ne serait-ce que la moindre petite chose revenait à livrer une partie de lui-même en otage, et laisser l'autre la malmener jusqu'à brisure totale si l'envie lui prend, ce que Krys avait fait.
La cyborg mit l'après-midi entière à analyser ce qu'avait confié l'ours à propos du chirurgien. Frustration. Ce mot lui restait en travers de la gorge. Elle se planta silencieusement face à la porte de sa chambre. Son corps ne désirait déjà plus lui obéir. Mais de quoi avait-elle si peur ? Elle se griffa plusieurs fois le poignet. La minuscule douleur la réveilla, elle ouvrit lentement la porte, tête haute et poitrine gonflée. Law était assis torse nu au bord du matelas, jambes écartées, les coudes appuyés sur ses genoux et le regard rivé au sol. Elle déglutit difficilement dans son atmosphère mélancolique.
-Je… euh… tout à l'heure…
-Qu'est-ce que tu veux encore ? Ça ne t'a pas suffi ?
Elle dut se faire force pour ne pas abîmer sa foutue belle gueule, qu'elle maudissait ! Mais indépendamment d'elle-même, elle se dandinait d'un pied à l'autre. Ses yeux orageux la fixant lui faisaient toujours perdre ses moyens.
-J-Je voulais juste m'excuser d'avoir été violente ! s'écria la brune en dépit de sa fierté.
-Ok…
Ses sourcils se froncèrent.
-Comment ça juste "ok" ? Je m'excuse auprès de toi et c'est tout ce que tu trouves à dire ?
-J'ai pas besoin de tes excuses, soupira-t-il, la voix de plus en plus basse. Tu m'as rappelé pourquoi je suis comme ça.
Ses mots firent écho à ceux de son second, elle tressauta intérieurement. Elle sentait déjà le poids de la culpabilité l'écraser et ça lui était insupportable de continuer à lui parler d'un air hautain en sachant qui était le plus à mal à l'aise.
-Mais c'est de ta faute… Tu t'es mis à me crier dessus au lieu de me dire comme c'était important pour toi !
-Important ? Qui sait, peut-être que c'était juste pour te garder dans mon lit…
-Non ! Je suis désolée d'avoir dit ça, j'étais en colère. Et quand j'ai pas voulu ouvrir ton cadeau e-euh… ça t'a frustré n'est-ce pas ? C'est pour ça que t'as crié ? Pardon… Pourtant je savais que c'était déjà dur pour toi ! J'aurais dû t'aider, t'encourager, et je t'ai encore plus mis la pression.
Elle s'avança lentement de quelques pas. Les excuses commençaient à couler sur ses joues.
-Tu laisses jamais rien paraître. Alors j'ai cru, encore une fois, que ça te ferait rien du tout, et que tu reviendrais vers moi comme toujours. De toute façon, s'écria-t-elle en riant dans les larmes, il est toujours question de moi ! J'en ai assez Law. C'est toi qui m'importe, et quand tu te sens mal, moi aussi.
-Arrête…
-C'est la vérité, chuchota-t-elle en tenant ses mains contre sa poitrine brûlante. Je n'ai pas que des mauvaises sensations envers ce qui m'entoure… quand c'est profond, j'ai aussi les tiennes. Tu étais stressé, et j'ai rien fait pour toi.
La cyborg se pencha lentement, craignant pour la première fois un refus. Elle comprenait maintenant sa frustration, son angoisse de toujours la perdre, même rien qu'un instant… Elle allait chérir cette nouvelle sensation. Sa main toute en chair retraçait le grand coeur paré d'épines sur sa poitrine. C'est un tatouage que l'on juge ironique sur un homme dit sans-cœur, mais qui ne sait pas doit se taire, car il n'y avait pas mieux placé qu'elle pour dire que la beauté froide cache un volcan dans son abysse. Law est capable d'amour.
Et pour cette unique raison elle se laissa brûler dans son baiser. La faute de l'avoir blessé telle une idiote lui restait douloureusement en tête, mais elle fit de son mieux pour caler son corps au sien sans prononcer d'excuses qu'il ne voulait plus entendre. Le chirurgien finit bien par apaiser sa frustration, elle le ressentit à ses épaules un peu plus basses, et ses traits moins contractés. Elle se dit que c'était le bon moment.
-Est-ce que je peux avoir mon cadeau, s'il te plaît ? demanda Krys d'une voix de petite fille en lui faisant les yeux doux, ce fameux regard dont elle le savait amoureux.
Il soupira, alla chercher le paquet au-dessus de l'armoire et le lui tendit. Cette fois-ci elle comptait bien faire les choses ! Alors quand il se rassit à ses côtés dans l'attente insoutenable de sa réaction, elle embrassa plusieurs fois sa joue. Son petit sourire en coin la réchauffa, elle ouvrit enfin son cadeau, et ses yeux brillèrent de curiosité puis d'émerveillement, tandis qu'elle sortait de l'emballage une combinaison noire, avec dans le dos et à l'emplacement du coeur le tissage fait-main d'un grand moineau doré dans son envol. Ses doigts tremblotaient sur la douceur de l'emblème, sur sa beauté… sur sa liberté ! Le médecin se retrouva plaqué au lit par ses furieux baisers et son étreinte possessive. Sa bouche chatouillait son visage et lui faisait oublier cette violente dispute, ses insultes, même ce poing d'acier qui avait voulu lui éclater la face, et qui maintenant le suppliait de l'accompagner. Il entrelaça ses doigts de chirurgien avec sa prothèse mécanique.
-Elle te plaît ?
-Elle est magnifique !
-Je… Je me disais qu'il en fallait une à ta taille. Avec ton propre symbole.
-Merci…
Ses petits bras l'enlacèrent aussi fort qu'ils le purent. La petite merveille qui avait causé toutes ces tensions se glissait habilement entre leurs corps échauffés. Il serra Moineau contre son torse, avant de lui ôter ses habits et couvrir son ventre nu de sillons humides.
-Là, qu'est-ce que tu peux sentir ? murmura Law sur sa peau.
-Je t'aime… Moi aussi, je veux pas être ton aventure.
-Est-ce que je dois tout t'apprendre petit chiot ?
Trafalgar remonta doucement, de ses hanches à sa poitrine, et de sa poitrine à sa bouche victime de baisers trop passionnés.
-Ton méchant loup n'est amoureux que d'une personne. Et une fois qu'il aime, il ne trahit jamais. Ja-mais. Tu m'entends ?
Atteint un tel niveau d'excitation, des mots pareils prenaient l'effet d'un puissant aphrodisiaque. La cyborg se dandinait rouge de gêne, toute mignonne et innocente sous son regard dévorant, mais noyée jusqu'au cou par la fièvre.
« Petit chiot t'aime aussi. »
Les derniers vêtements trouvèrent refuge loin de leurs propriétaires, qui se débarrassaient violemment de tout ce qui pouvait faire obstacle à leur sulfureuse danse sur le lit, dont le craquement sous les coups brusques du chirurgien ne cessait d'attiser leurs oreilles et les ramener plus proches encore vers la luxure pure.
