Je vous souhaite à toutes et tous un très Joyeux Noël 2016 !
Non non, vous ne rêvez pas, le Père Noël et bel et bien passé par ici cette année, et m'a convaincu d'écrire pour faire un joli cadeau aux lecteurs qui suivent encore mon histoire. Je tiens à vous rassurer en vous disant que les chapitres 15 et 16 sont également déjà écrits. Le chapitre 17 est en cours d'écriture, et le chapitre 18 - qui sera le tout dernier de mon histoire - est bien au frais dans ma tête.
Bref ! On touche au but ! Alors savourez votre cadeau de noël comme il se doit !
Chapitre 14
Les combattants
Après lui avoir rendu son âme avec succès, Severus avait laissé Hermione profiter de ses amis, comprenant qu'ils avaient eu peur de la perdre au moins autant que lui. Ils s'étaient installés sous un arbre et discutaient des derniers événements. Severus avait du mal à les lâcher du regard, à détourner les yeux d'Hermione, désireux de s'assurer qu'elle n'était plus en danger à chaque minute qui passait.
« Ne t'inquiète pas, souffla Hermione dans la tête de Severus, je ne vais pas m'effondrer, je vais bien. Tu m'as sauvé. »
Severus trembla de plaisir en entendant la voix d'Hermione dans sa tête, heureux que leur lien se soit naturellement reformé depuis qu'elle avait récupéré son âme. Il vit qu'Hermione le regardait du coin de l'œil, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres.
« Je sais, lui répondit Severus, mais tu n'imagines pas à quel point j'ai eu peur de te perdre. Laisse-moi le temps de réaliser que tu ne risques plus rien. »
Hermione avait envie de se lever et de courir vers lui pour le prendre dans ses bras, pour lui montrer qu'elle était bien vivante. Ses pensées naviguèrent aussitôt vers l'esprit de Severus qui eut bien du mal lui aussi à s'empêcher de l'arracher à sa bande d'amis pour lui montrer à quel point il était fou d'amour pour elle. Mais il devait la laisser profiter d'eux, son tour viendrait, et il savourerait chaque seconde à ses côtés.
« Bientôt » lui promit-il.
Et il préféra s'éloigner, car l'avoir sous les yeux mais hors de portée de son toucher rendait la situation difficile à gérer pour lui comme pour elle. Hermione se mordit la lèvre en entendant la promesse résonner dans sa tête, avant de se reconcentrer sur les paroles de ses amis.
Severus retrouva Dumbledore, McGonagall, Remus et Kingsley qui s'étaient réunis dans la hutte qu'occupait le directeur. Ils s'entretenaient autour du bureau, observant un morceau de parchemin posé dessus. Albus leva les yeux en voyant Severus arriver et le salua d'un hochement de tête.
- Severus ! Voilà ce que nous ont rapporté Messieurs Weasley de leur infiltration dans le château.
Remus s'écarta afin que Severus puisse mieux voir le morceau de parchemin. Il lut la liste en silence, les autres attendirent qu'il donne son avis à son tour.
- C'est du matériel moldu. Vous dites qu'ils ont attaqué un hôpital pour se le procurer ?
- Oui, répondit Dumbledore.
- Je n'ai aucune idée de ce qu'ils pourraient en faire.
- Peut-être peux-tu demander à Miss Granger ce qu'elle en pense ? dit Mcgonagall, ses parents travaillent dans le domaine médical.
- Je lui demanderai, dit Severus en prenant la liste et en la mettant dans sa poche.
Le petit comité resta silencieux un moment, chacun réfléchissant à ce que Voldemort et ses mangemorts pouvaient bien préparer. Ils semblaient si désorganisés face au seigneur des ténèbres. En dehors des membres de l'Ordre du Phénix, ils n'avaient avec eux qu'une poignée d'aurors, des élèves de Poudlard et les habitants de Pré-au-lard volontaires pour se battre.
Kingsley avait bien essayé d'alerter la population sorcière sur ce qui se passait ici, sur la guerre qui était avait éclaté. Mais la majorité de leur communauté préférait rester caché, le pouvoir de Voldemort leur faisant bien trop peur. Le fait qu'il ait réussi à prendre Poudlard était un argument supplémentaire pour ceux qui se sentaient trop faibles pour lui faire face et lui tenir tête. Les sorciers préféraient rester terrés chez eux, priant pour que le mince camp de Dumbledore remporte la bataille mais ayant en réalité peu d'espoir.
- Et pour le mangemort ramené par les frères Weasley ? demanda Kingsley.
- Je pensais demander à Severus de l'interroger, répondit Dumbledore, il connaît Rookwood et saura tirer profit de tout ce qu'il pourrait nous révéler.
Severus hocha la tête, acceptant la demande de Dumbledore. Il voulait découvrir ce que préparait Voldemort, et avoir découvert une liste d'instruments médicaux moldu dans le camp des mangemorts n'annonçait rien de bon. Un plan avait dû être finement échafaudé pour que Voldemort souhaite utiliser des ustensiles non magique.
- Que fait-on maintenant Albus ? demanda McGonnagal.
- On continue à former nos jeunes, répondit-il. Nous ne pouvons pas encore nous cacher pendant des semaines, il faudra bien aller affronter Voldemort. Mieux vaut que le peu de forces que nous ayons soit prête au combat.
Remus, Kingsley et Minerva hochèrent la tête avant de prendre congés, afin de réunir les jeunes combattants pour leur apprendre de nouveaux sortilèges. Severus dévisagea Dumbledore, remarquant qu'il ne semblait plus sûr de rien, qu'il essayait de mettre une stratégie en place mais qu'il n'en était pas convaincu lui-même.
- Qu'en est-il de Potter ? Demanda Severus.
- Je lui ai donné ma baguette.
Severus connaissait la légende de la baguette de sureau. La légende qui effrayait Voldemort depuis tant d'années. Mais le vampire était dubitatif. Il avait toujours cru que la baguette de sureau ne puisait sa force que parce qu'elle appartenait à un puissant sorcier. Selon lui, Potter ne serait pas capable de fournir la puissance magique nécessaire à la baguette pour qu'elle l'aide à détruire Voldemort. Peu de sorciers semblaient posséder cette puissance, et c'était probablement pour ça que Dumbledore était le seul sorcier vivant à posséder une baguette en bois de sureau.
- Ça risque de ne pas être suffisant, soupira Rogue.
- Je sais, avoua Dumbledore, mais il faut qu'Harry croit au pouvoir de la baguette pour avoir pleinement confiance en ses capacités. Je réfléchie à un autre moyen pour vaincre Voldemort, mais j'ai peur de mettre cette arme entre les mains d'Harry. Ça pourrait le détruire.
- Vous n'avez pas toujours pris autant de pincettes quand il s'agissait de mettre le garçon en première ligne, répliqua Severus en haussant un sourcil.
- Je sais, mais c'est différent aujourd'hui. Ce que je m'apprête à lui révéler pourrait le changer définitivement.
Severus resta silencieux, il avait toujours trouvé cruelle la manière dont Dumbledore utilisait Harry tel un pion dans son combat contre Voldemort. Mais le moment semblait venu où il fallait se débarrasser définitivement du mage noir.
- Pourtant il le faut, répondit Severus avec fermeté, aujourd'hui plus que jamais.
Albus approuva faiblement de la tête, puis Severus prit congés, pour aller montrer le parchemin à Hermione, mais surtout pour la retrouver et profiter de sa présence. Elle n'était plus qu'avec Harry. Ron et Ginny s'étaient éloignés avec les autres élèves de Poudlard afin de continuer leur entraînement au combat. Harry s'apprêtait à la laisser aussi pour rejoindre Dumbledore. Hermione avait préféré attendre Severus, certaines qu'il aurait beaucoup de choses à lui apprendre, mais surtout parce qu'elle voulait passer du temps avec lui.
Elle le vit arriver de loin, son regard brûlant fixé sur elle. L'intensité de ses yeux arrivait à la faire rougir bien qu'il soit à plusieurs mètres d'elle. Elle aurait aimé qu'il ne soit que tous les deux, cachés des regards pour, à ce moment là, sauter dans ses bras, l'entourer de ses jambes et l'embrasser comme s'il n'y aurait plus d'autres baisers, pour lui montrer à quel point elle l'aimait, lui faire comprendre à quel point elle était désolée d'avoir succombé à Malfoy alors qu'il se battait pour sa vie dans l'enceinte du château.
- Je vous laisse, chuchota Harry à côté d'elle, je vais voir Dumbledore.
Hermione hocha vaguement la tête, sans avoir vraiment fait attention à ce que son ami venait de lui dire. Severus l'avait rejointe en quelques enjambées et se tenait maintenant droit devant elle. L'instant semblait suspendu, il n'était plus que tous les deux dans cette forêt. La guerre était loin, la solitude avait disparu, ils étaient deux et ne formait plus qu'un.
- Bonjour, dit Severus.
- Salut, répondit Hermione.
Il resta immobile face à elle, et elle se demanda pourquoi il ne la touchait pas, pourquoi il ne la prenait pas dans ses bras, pourquoi sa bouche ne dévorait pas encore la sienne. Elle sentait l'appel de son corps, et elle était sûre qu'il le sentait aussi. Le mince sourire au coin des lèvres du vampire répondit à ses interrogations. Il se jouait d'elle, il voulait qu'elle soit la première à céder à la tentation. Elle voulut lui montrer qu'elle aussi pouvait jouer avec lui.
- Tout va bien ? Demanda-t-elle.
Il hocha la tête, sans parler. Son regard s'assombrit, et des pensées de corps enlacés et de baisers vinrent assaillir l'esprit d'Hermione. Elle se mordit la lèvre, en fermant les yeux une seconde. Son corps se sentit attirer vers l'avant, comme si Severus était un aimant dont elle ne pouvait s'éloigner.
- Très bien alors … je te laisse, chuchota-t-elle.
Elle du faire appel à tout son self-control pour réussir à se retourner et à faire un pas vers l'avant pour faire semblant de s'éloigner de lui. Elle cru entendre un grognement de frustration, puis l'instant d'après, une main puissante s'enroula autour de son bras et l'obligea à se retourner. Le corps de Severus se retrouva tout contre elle, et il la poussa avec force contre l'arbre derrière elle, empêchant toute possibilité de fuite.
- Où crois-tu aller ? dit-il de sa voix doucereuse.
- Je pensais aller m'entraîner, répondit Hermione en le regardant dans les yeux d'un air de défi.
Il reconnu là son côté Gryffondor, et il posa ses mains de chaque côté de son visage, pour lui faire comprendre qu'elle était prisonnière entre ses bras.
- Tu ne vas nul part, dit-il, je t'entraînerai si tu le veux, mais tu restes près de moi.
Et sans plus attendre, ses lèvres fondirent sur celles d'Hermione et ils retrouvèrent enfin des sensations perdues depuis longtemps, depuis cette nuit du bal qui s'était terminée dans les appartements de Severus, quelques heures avant l'attaque de Voldemort et des mangemorts. Le baiser d'Hermione fit écho dans tout le corps de Severus et jusqu'au plus profond de son esprit. Leurs pensées s'unirent et ils ressentirent l'un et l'autre le plaisir qu'ils éprouvaient à se retrouver.
- Hermione, murmura-t-il en quittant ses lèvres et en allant taquiner son oreille.
Hermione enroula ses bras autour de lui, et le serra fort contre elle, le sourire aux lèvres. Elle prit conscience du temps qu'elle avait perdu, tout le temps passé où elle ne se souvenait plus de leur histoire, tout le temps où elle l'avait repoussé, où elle n'avait pas voulu le croire.
Il s'éloigna d'elle pour la regarder, il la dévora des yeux, son corps lui avait manqué, la manière dont elle le regardait, les yeux plein d'amour, la façon dont son corps se tendait vers le sien, comme s'ils s'appelaient l'un l'autre.
Hermione détourna le regard, car elle savait qu'elle ne pourrait lui résister longtemps. Ils ne pouvaient hélas se laisser aller à des retrouvailles enflammées. Le moment ne s'y prêtait pas. Hermione le sentait, la tension était palpable. Tous se préparaient au combat, et maintenant qu'ils en étaient si proche, elle savait qu'elle n'était pas prête.
Elle avait passé toutes ses études plongée dans les livres, et si elle connaissait des sortilèges d'attaque et de défense, elle n'avait jamais vécu de vraie bataille, pas comme celle qui avait eu lieu quelques semaines plus tôt, et qu'elle avait manquée. Harry avait été fortement blessé, et elle n'avait pas été à ses côtés pour le soutenir. Hermione ne souhaitait pas que cette situation se reproduise. Et si elle devait se battre, elle voulait être capable de tenir tête aux mangemorts. Elle voulait être assez forte pour aider Harry, être assez forte pour que Severus ne soit pas en alerte dès qu'un ennemi essaierait de l'attaquer. Tout ce qu'elle voulait, c'était être digne d'Harry, digne de Severus, malgré qu'elle soit fille de moldu.
- Entraîne-moi, demanda-t-elle avec fermeté.
Elle se tenait droite face à Severus, le regard franc, empêchant toute tentative de refus. A nouveau, il la trouva belle. Elle avait un air de guerrière, et il savait que le moment venu, elle donnerait tout pour aider ceux qu'elle aimait.
- Entraîne-moi, répéta-t-elle faisant sortir Severus de ses pensées, je ne veux pas être un fardeau pour qui que ce soit.
Severus ne répondit pas, sachant qu'il serait impossible de lui faire comprendre qu'elle n'était un fardeau pour personne. Qu'au contraire, elle était sa force à lui, et il était persuadée qu'elle était aussi la force de Potter, comme l'étaient tous ses autres amis. Il hocha la tête, pour lui montrer qu'il acceptait. Elle sortit sa baguette, l'air concentré. Elle se pinça les lèvres attendant les instructions. Severus recula de quelques pas.
- Attaque-moi, demanda-t-il alors.
- Quoi ? dit-elle surprise. Mais tu n'as pas de baguette.
Severus la regarda, haussant un sourcil. Hermione avait visiblement oublié qu'il ne ressentait rien lorsqu'on lui envoyait un sort.
- Tu ne peux pas me faire mal, lui rappela-t-il.
- Comment est-ce que je saurai si je suis efficace alors ?
- Je le saurai, dit-il. Je sentirai l'intensité que tu mets dans ton sortilège et je te dirai si c'est efficace.
Severus commença à se déplacer lentement de gauche à droite. Hermione leva sa baguette et suivit ses mouvements du bras. Soudain, Severus fit un pas brusque vers l'avant, pour faire comprendre à Hermione qu'il l'attaquait. Elle secoua la main avec fermeté.
- Stupefix !
Le sort atteignit Severus en pleine poitrine, et il n'eut aucun effet. Hermione reprit sa position de défense, les sens en alerte, mais Severus ne sembla pas vouloir bondir à nouveau.
- Très bien, dit-il, ta magie est puissante et concentrée sur ta cible. Mais Hermione, tu ne peux pas te permettre d'attaquer avec un simple Stupefix, ce sont des mangemorts en face de toi. S'ils attaquent les premiers ils n'hésiteront pas à te tuer.
- Je sais, chuchota Hermione, mais j'ai l'impression que tous les sorts que je connais m'ont été appris en première année.
Severus lui sourit pour la réconforter. Hermione haussa les épaules mais se prépara à attaquer malgré tout. Severus se remit à bouger de gauche à droite.
« Essaie Diffindo, Sectum Sempra ou Endoloris » lui proposa-t-il dans sa tête.
Hermione se mordit la lèvre, en entendant ses propositions. Le sortilège Doloris. Aussitôt ses lectures lui revinrent en mémoire. Le sortilège Doloris est l'un des trois sortilèges impardonnables, ainsi nommé car l'utilisation de l'un d'eux entraîne des sanctions très sévères à l'encontre des sorciers qui en feront usage. Hermione resserra sa prise autour de sa baguette. Elle savait bien que la bataille qu'ils auraient à mener n'entraînerait aucune sanction quand aux sortilèges qui seraient utilisés. Mais avait-elle assez de courage en elle pour utiliser un impardonnable ? Elle se rappela alors qu'elle avait déjà essayé de le lancer, sur Severus, la première fois qu'elle l'avait rencontré après son amnésie. Elle se rappela l'envie de faire mal qui l'avait poussé à lancer l'impardonnable et elle sut que cette envie reviendrait au moment du combat.
- Endoloris !
Le faisceau de lumière rouge jaillit de la baguette d'Hermione et s'écrasa contre la poitrine de Severus qui ne bougea pas. Hermione avait l'impression que le sort s'emparait d'elle, et elle se demanda si c'était une conséquence de l'utilisation d'un impardonnable ou si c'était elle qui imaginait cette sensation.
- Hermione, dit Severus avec douceur, j'ai l'impression que tu lances ton sort avec autant de force que si tu caressais un chat... L'utilisation d'un impardonnable est particulière. Il faut vraiment vouloir faire du mal à ton adversaire et y prendre du plaisir, pour que ton sort fonctionne.
- Mais je ne prendrai jamais aucun plaisir à faire souffrir quelqu'un avec ce sort ! Dit Hermione
- Il le faut pourtant, si tu veux avoir les armes pour te défendre quand le moment sera venu.
Hermione baissa la tête, se sentant bien incapable de ressentir la volonté nécessaire à la réussite du sortilège Doloris, elle se sentait désarmée. Severus capta l'esprit d'Hermione et regroupa ses souvenirs pour essayer de trouver en elle la colère suffisante pour que le sortilège fonctionne. Hermione fut alors assaillie d'horribles images qu'elle aurait souhaité oublier pour toujours. Elle vit Voldemort s'attaquer à l'homme qu'elle aimait, l'emprisonner grâce à des chaînes qui lui avaient transpercé les bras et les jambes. Hermione se rappela aussitôt cette nuit horrible, et sa main se resserra instinctivement autour de sa baguette.
- Sers-toi de ces souvenirs Hermione, chuchota Severus, utilise la colère que tu as ressenti cette nuit là, et la violence de tes sentiments pour lancer le sortilège.
- Sectum Sempra! S'écria-t-elle l'instant d'après.
Elle avait l'impression qu'elle aurait plus de succès avec ce sort, inventé par Severus. Une vague de puissance parcourut son corps, en passant par le bras qui tenait sa baguette et se mêla au faisceau lumineux qui jaillissait vers Severus pour le frapper en pleine poitrine. Ce dernier ressentit la puissance du sort, la magie lui chatouilla la peau ce qui lui confirma qu'elle avait réussi à concentrer toute sa force au sein du sort qu'elle lui avait lancé.
- Pas mal, chuchota-t-il une fois que les fourmillements dans son corps s'estompèrent.
Hermione lui lança un sourire satisfait, avant de lever à nouveau sa baguette vers lui, prête à poursuivre l'entraînement. Elle essaya de lancer d'autres sorts, tentant à chaque fois de concentrer toute sa puissance au bout de sa baguette. Severus se déplaçait autour d'elle plus ou moins rapidement, il réussit à la prendre par surprise plusieurs fois et à la désarmer, mais au fur et à mesure, Hermione réussissait à être davantage sur ses gardes et se laissait moins facilement surprendre.
Elle était essoufflée et en sueur quand Severus décida qu'il était temps d'arrêter. Il utilisa ses pouvoirs de vampire pour l'immobiliser, s'emparant de sa baguette et l'emprisonnant dans ses bras.
- C'est injuste, s'exclama Hermione en souriant.
- L'entraînement est terminé, soupira Severus en glissant sa tête dans son cou, tu es une élève très assidue, mais même les meilleurs esprits ont besoin d'une pause.
- Mon professeur est en train de me corrompre, chuchota-t-elle.
- Il y a bien longtemps que je ne me considère plus comme ton professeur.
Il s'empara de ses lèvres pour lui faire comprendre que la relation qu'il entretenait avec elle était bien loin de celle qu'il aurait pu avoir avec les autres élèves de Poudlard. Après avoir mis fin à leur baiser, Severus prit la main d'Hermione pour l'emmener à l'écart du campement pour savourer leurs retrouvailles.
- J'ai failli oublié... Dit Severus en sortant un papier froissé de sa poche.
Il le tendit à Hermione qui lut en silence la liste griffonnée sur le parchemin.
- Dumbledore m'a demandé de te montrer ça. Les Weasley l'ont trouvé en s'infiltrant dans le château. Ça avait l'air important, tu n'aurais pas une idée de ce que pourrait en faire le Seigneur des Ténèbres.
- Je ne suis pas sûre pour tout, mais la seringue sert à infiltrer un liquide dans le sang de quelqu'un. Je ne crois pas qu'on en utilise dans le monde sorcier.
- Non, la médicomagie est pratiquée uniquement avec des sortilèges et des potions.
- J'imagine qu'un sorcier doit réagir de la même manière qu'un moldu si on lui injecte quelque chose avec une seringue. Son utilisation peut être dangereuse. Mais sans connaître le produit qu'ils utiliseront, ça ne nous avance pas vraiment de savoir qu'ils possèdent ce matériel.
Severus hocha la tête, il rapporterait leur conversation à Dumbledore plus tard. Il reprit le parchemin des mains d'Hermione et ils reprirent leur marche. Mais tout à coup, Hermione s'arrêta et saisit avec force le bras de Severus pour l'obliger à se tourner vers elle.
- Attends un peu... Severus ! L'aiguille d'une seringue... est en métal.
Severus plongea son regard dans celui d'Hermione, comprenant parfaitement ce qu'elle sous entendait. Il sentait à travers lui la peur qui assaillit la jeune femme, et il lui attrapa la main pour tenter de la rassurer.
« Ne t'inquiète pas, lui dit-il par la pensée, je ne risque rien. »
Hermione voulait le croire, mais ils n'étaient sûrs de rien. Si Voldemort désirait utiliser du matériel moldu pour affaiblir Severus, il avait forcément un plan mûrement réfléchi. Il était malgré tout lui aussi un grand sorcier et un fin stratège.
Severus tenta de communiquer des pensées apaisante à la jeune femme pour calmer son angoisse mais il sentait qu'une part d'inquiétude persistait en elle. Mais Hermione savait qu'il ne servait à rien d'avoir des pensées noires pour le moment et tenta de faire bonne figure.
Harry rejoignit Dumbledore dans la hutte qui lui servait de bureau. Le directeur était assis derrière la table de fortune recouverte de parchemins et d'un épais grimoire ouvert devant lui. Harry se demanda quel genre de sorcier pensait à prendre un livre avec lui avant la bataille de Poudlard. C'était bien la dernière idée qui lui aurait traversé l'esprit. Il pensa qu'Hermione en aurait été tout à fait capable elle aussi.
Dumbledore sentit sa présence avant même qu'Harry ne se présente à lui et il releva le regard vers lui. Il soupira, appréhendant les nouvelles révélations qu'il s'apprêtait à faire au Gryffondor. Il referma le gros grimoire devant lui, se leva de sa chaise et contourna le bureau pour venir à la rencontre d'Harry. Il posa sa main sur son épaule dans un geste compatissant avant de prendre la parole.
- J'ai bien réfléchis. Il y a bien quelque chose que tu peux tenter pour vaincre Voldemort.
- Alors dites-moi !
- Ce n'est pas si simple, dit Dumbledore en se passant une main sur le visage. Ce que je vais te révéler, t'apprendre, n'a jamais été tenté dans pareille situation. Cela pourrait avoir des conséquences terribles pour toi. Et pour tous les autres sorciers et sorcières qui se battront ce jour-là.
Le regard d'Harry convainquit Dumbledore. Le garçon était prêt à tout tenter pour débarrasser le monde sorcier de Voldemort. Il n'avait pas peur. Il était impatient.
