- Sirius !
L'homme s'arrêta, plissant son regard, le temps de réfléchir à la perspective d'affronter Lily Potter. Ces derniers jours, il était bien rare qu'elle ait une parole gentille à son égard, c'est donc soucieux qu'il se décida à lui répondre :
- Oui ?
- Est-ce que tu pourras donner quelque chose à Harry, de ma part ?
- Dis ? Tu as vu des plumes quelque part sur mon derrière ? Non je dis ça comme ça, mais j'ai pourtant pas l'impression d'être un hibou.
- Non, tu es juste un chien plein de puces… Tu lui donneras ça…
Lily lui tendit un long paquet dont la forme laissait devenait ce qu'il contenait.
- C'est bien aujourd'hui son premier entraînement non ? Je me disais que ça lui serait utile.
- Tu vas me répondre que ça ne me regarde pas si je te demande là marque de son balai ?
- Un nimbus 2000.
- Ah ouai ? Carrément ! Et bien, on ne dirait pas que vous vivez dans un pareil taudis…
- Sirius… ça ne me fait pas rire.
- Oui je sais, vous n'avez pas choisi de vivre ici. Bref, j'y vais, je sens qu'il va y avoir de l'orage.
Sur ces mots, Sirius passa la porte, ruminant contre ce sort de protection qui l'empêchait de transplaner entre les murs de la maison des Potter et qui de ce fait, arrangeait bien Lily.
Il retrouva en quelques secondes, les trottoirs glaciaux de Pré-au-lard. La fin octobre commençait à faire ressentir les prémices d'un hiver rude. Maintenant le balai de Harry contre lui, Sirius avança vers Poudlard, baguette serré dans son autre main. Il ne pouvait savoir qui se cachait derrière les vieux murs du village.
Pourquoi fallait-il également qu'il lui fût impossible de transplaner directement dans le château ? Non mais sans blagues… avait-il l'air d'avoir autant de poils qu'un yeti ? Il se demanda ce que pourrait penser Dumbledore s'il lui proposait d'ouvrir une unique salle pour que les membres de l'ordre puissent transplaner. Mais c'était en oubliant la voix de cette vieille McGonagall lui rappelant que : « La poudre de cheminette est là pour ça, Sirius ! ». Ce qui n'y était pas, par contre, c'était les cuvettes pour récupérer le vomi qui menaçait de sortir de bouche à chaque fois qu'il voyageait par cheminée.
Il pénétra dans l'enceinte du château. Seulement, ici aussi il était bien loin de faire chaud. D'un pas décidé, il traversa le hall d'entrée, ne se laissant pas attirer par l'odeur de petit déjeuner émanant de la grande salle. Il était bien tôt, mais à croire que des élèves consciencieux avaient le courage de se lever à une telle heure.
- Sirius, vous voilà !
- Minerva…
- Je ne m'attendais pas à vous voir de si tôt.
- Croyez le ou pas, je m'étonne aussi. Que se passe-t-il ?
- Suivez- moi, le professeur Dumbledore est plus amené que moi à vous expliquer le problème. Vous comptez repartir en balai ?
Sirius jeta un regard au paquet qu'il tenait toujours contre lui, et haussa un sourcil en se disant que réellement, cette femme avait un humour très spécial.
- C'est pour Harry…
- Je me doutais… il ne doit pas être très loin. Je l'ai vu passer il y quelques minutes.
- Harry ? A cette heure là ?
Pour toute réponse, il vit la silhouette de son filleul filer devant lui, et s'arrêter subitement en le reconnaissant.
- Tiens, c'est pour toi, souffla Sirius. Je te laisse deviner ce que c'est.
- Mer… ci.
- Sirius, nous devons y aller… Potter, pas dans l'enceinte du collège. Je vous conseille d'aller le ranger avec ceux de l'école.
Sur ces mots, Minerva leur tourna le dos, assez pour que Sirius se sente la liberté de faire un geste traduisant tout l'ennui que le professeur lui inspirait. Harry sourit et les regarda s'éloigner, serrant contre lui le précieux paquet. Ni une, ni deux, il arracha le papier pour découvrir avec des yeux émerveillés, ce balai qu'il n'avait jamais vu que dans un magasine de quidditch.
Finalement, ça avait eu du bon de se lever de bonne heure. Même si la raison première était son incapacité à fermer l'œil, l'esprit bien trop préoccupé par ce premier entraînement qui devait avoir lieu le matin même. Désormais cependant, il avait un autre sujet de préoccupation : que pouvez bien faire Sirius Black ici même ? Si ses souvenirs étaient bons, il n'y avait des rondes que le soir. Jamais en pleine journée…
Pour avoir lu le journal chaque matin et n'y avoir décelé aucun changement, il doutait que la réglementation ait été changée. Aucun autre danger n'avait été répertorié… même si, et il le savait, la gazette du sorcier n'était pas le journal le plus fiable.
Pendant un court moment, il eut l'ambition folle de suivre son parrain au travers des couloirs. Rien que pour savoir où ses pas allaient les emmener. Peut-être là-bas… là où un chien à trois têtes était bizarrement posté.
Au dire de Hermione, il devait garder quelque chose. Quelque chose d'assez spécial pour laisser un animal aussi dangereux dans une pièce de l'école, totalement accessible aux élèves. Tout au moins, à ceux n'ayant pas peur de défier l'autorité de Dumbledore, et son interdiction formelle de se rendre dans le fameux couloir.
