Synthetic Bonds - Chapitre quatorze

By mypetelephant


Lorsqu'un couple commence une relation, ils peuvent rarement compter que la lune de miel initiale prenne fin. Le frisson d'apprendre à connaître l'autre (que ce soit dans ou hors du lit) berce habituellement les gens dans la croyance erronée que les mots doux et les déjeuners romantiques entretiennent la relation. Harry et Draco estimaient également que la lune de miel ne finirait jamais mais c'est parce qu'aucun d'entre eux croyait qu'il y avait une lune de miel dans leur relation pour commencer. Bien sûr, dans l'intimité de leur propre lit, ils pouvaient échanger des platitudes romantiques comme : 'je pense que je ne te hais plus'. Mais quand les gens leur demandaient pourquoi ils souriaient beaucoup plus que d'habitude, aucun d'entre eux pensaient à l'attribuer à leur compagnon respectif.

Bien sûr, même les ennemis jurés pouvaient se retrouvaient dans l'équivalent romantique de la Pax Romana (1) sans le savoir.

Et maintenant, comme tant de couples avant eux, Harry et Draco se retrouvaient à être fâché par les plus étranges petites imperfections chez l'autre. Il s'agissait d'une situation unique pour eux en ce qu'elle n'aurait pas dû être si unique. Après tant d'années d'hostilité, ils avaient chacun établis une longue listes des pires défauts chez l'autre. Draco avait à la fois un roman et une suite écrite dans sa tête qui détaillait le nombre de façons dont Harry pouvait contribuer à la fin du monde. Et Harry avait livré de nombreux discours enflammés au cours des années à ses amis sur les nombreux maux de Draco avec détail. Or, ils étaient en train de pardonner les transgressions anciennes seulement pour découvrir qu'il y avait tellement de choses plus terre à terre qui aggravaient.

Par exemple, peu de temps après le mariage de Bill et Fleur, Harry apprit que la chanson préférée que Draco chantait sous la douche était 'Toxic' de l'illustre Britney Spears. Et bien qu'Harry ne pouvait pas reconnaître une clé de sol, il pensait qu'il connaissait suffisamment cette musique pour décider que Britney Spears n'avait jamais eu l'intention que sa chanson soit chantée d'une voix désagréablement perçante sur le son du martèlement de l'eau et la vapeur montante.

Pour sa part, Harry avait l'habitude de garder les plats. Pas seulement quelques assiettes ici ou là, mais des piles de bols et des assiettes et des ustensiles qui se retrouvaient éparpillés dans l'appartement avec les restes de diverses collations et repas dessus. Draco ne savait rien à propos de cette habitude jusqu'à ce qu'il veuille se verser des céréales un matin et découvrir qu'il n'y avait aucun bol dans l'armoire. Un examen superficiel de la chambre d'Harry le conduisit rapidement à la découverte que son fiancé avait caché sept verres, cinq bols, trois assiettes, deux tasses et aux moins onze pièces différentes de l'argenterie.

Les deux essayaient de rester diplomatiques à propos de ces découvertes. Harry mettait des boules-quiès quand il entendait Draco prendre la direction de la douche. Draco avait commencé à errer dans la chambre d'Harry et ramener les plats dans l'évier. Bien sûr, c'était des stratégies qui étaient mises en œuvre par les colocataires à travers les âges. Mais la plupart des colocataires n'essayaient pas de maintenir la paix tout en essayant de surmonter des années de haine et planifier leur mariage l'un avec l'autre.

A l'heure actuelle, ils passaient tous les deux un beau dimanche matin assis autour de la petite table circulaire de leur cuisine alors qu'ils finalisaient leur liste d'invités. C'était comme un devoir pour Harry, un obstacle qui l'empêchait de jouir du beau temps. Il essayait de s'en sortir rapidement, il suffisait de vérifier que tous ses amis étaient sur la liste. Il débattit pour inviter les Dursley, ils étaient, après tout, de la famille mais il rejeta rapidement cette idée en faveur d'une fête de mariage qui ne lui donnerait pas envie de frapper dans un mur.

Draco étudiait la liste beaucoup plus méticuleusement qu'Harry, veillant à ce que tout ce qu'il voit rentre dans les normes ineptes qu'un Malfoy pouvait énoncer. Il avait passé dix minutes sur la première page seulement, lisant chaque lettre afin de vérifier l'orthographe du nom de chaque personne. Harry essayait de rester calme, sachant que Draco prendrait toute distraction comme une excuse pour prolonger la durée de l'exercice. Mais chaque fois qu'il tournait une page, Harry ne pouvait pas s'empêcher de soupirer de soulagement, désireux d'en terminer avec cette étape de planification. Et quand la dernière page fut enfin en vue, il était prêt à bondir de sa chaise et de passer à autre chose. Mais il remarqua que Draco plissait les lèvres et les yeux. Stylo en main, il tapota un endroit très spécifique du papier comme s'il espérait percer un trou dans ce qui devait le vexer. Se redressant sur son siège, Harry attendit que Draco énonce ce qui le tracassait.

« - Je pense que tu as fait une erreur. » Dit finalement Draco. Ses sourcils étaient toujours froncés et bien que le rythme de tapotement ait cessé, il n'arrêtait pas de regarder le nom fautif.

« - Ah bon ? » Demanda Harry, sans prendre la peine de feindre la surprise.

« - Ouais. Tu as invité Olivier Dubois. »

« - Ce n'est pas une erreur. Nous avons convenu que nous voulions de lui là-bas. Tu te rappelles ? » Il se mit à rire, reconnaissant que l'erreur supposée en n'était pas vraiment une après tout. Peut-être qu'ils auraient bientôt terminé finalement.

« - Nous avons décidé que nous voulions de lui là-bas. » Répondit Draco continuant de fixer la liste sur la table. « - Mais tu ne peux pas lui envoyer une invitation. »

« - Draco, c'est comme ça que les gens savent quand venir à la noce. Tu te rappelles comment ça fonctionne, non ? »

« - Non ! » La voix de Draco montait d'un cran, clairement frustré par l'échec d'Harry pour comprendre l'importance de la question. « - Je veux dire que tu ne peux pas l'inviter parce que cela va interférer avec mon plan ! »

Harry leva les yeux et soupira avant de mettre ses bras sur la table pour y amortir sa tête alors qu'il se la cognait dessus. À plusieurs reprises. C'était un peu dramatique mais le geste permettait d'exprimer certaines de ses frustrations. Quand il leva les yeux et vit Draco avec les sourcils haussés, il soupira de nouveau. « - Quel plan ? » Demanda-t-il, essayant de se rappeler quand ils avaient accepté de mettre leur mariage en toile de fond pour l'une des machinations de Draco.

« - Pour que Blaise lui demande de l'accompagner au mariage. » Répondit Draco en redressant les épaules pour souligner à quel point cela aurait dû être évident pour Harry.

« - On ne peut pas les asseoir à la même table ? » Harry pouvait sentir l'exaspération dans sa voix et il posa de nouveau la tête sur la table. La position lui rappela toutes les fois où il s'était endormi durant les cours de Snape.

« - Bien sûr que non. » Insista Draco, croisant les bras comme s'il était outré par cette démonstration de mécontentement enfantin. « - Ils pourraient rester assis l'un à côté de l'autre durant toute la nuit sans interagir du tout. »

Harry haussa les épaules à la remarque de Draco et reprit avec une certaine appréhension : « - Et comment vas-tu faire en sorte que Blaise lui demande ? »

« - Tu devrais connaître mes méthodes, maintenant. »

Le sourire timide sur le visage de Draco déclenchait généralement une réaction de défense chez Harry mais pour le moment, tout ce qu'il faisait, c'était de tester sa patience. La profonde inspiration suffit à peine à calmer ses nerfs. « - Est-ce que tout doit être un plan pour toi ? » Demanda-t-il avec humeur, sa voix étouffée alors qu'il parlait contre la table.

« - Sinon, comment suis-je censé m'assurer que les choses se déroulent comme elles le devraient ? »

« - Eh bien. » Dit Harry, posant son menton sur ses mains et en secouant la tête. « - Cela devient un peu fatiguant pour le reste des mortels qui agissent comme des adultes. »

« - Un homme qui a un béguin sans retour depuis le lycée n'est pas sur le point de se comporter comme un adulte. » Répliqua Draco en se penchant en avant et élevant la voix. « - Il doit être traité comme émotionnellement immature malgré les plus de vingt années qu'il a passé. »

« - Si c'est comme ça que tu es en tant qu'ami. » Marmonna Harry. « - Je suis presque content que tu sois mon ennemi. »

« - Peu importe. » Draco se laissa retomber sur sa chaise, retirant le capuchon du stylo alors qu'il s'apprêtait à rayer le nom de Dubois. « - Tu n'inviteras pas Olivier. »

Harry bondit rapidement et saisit le stylo et se rassit en emportant l'objet avec lui. Draco lui lança un regard d'acier alors qu'il tentait de récupérer le stylo. « - Si. Je vais le faire. » Dit Harry. Les prochains mots sortirent avec indignation. « - Ou je vais le dire à ta mère. »

Draco abandonna le stylo avec surprise. « - Tu le diras ? Sérieusement, tu as dix ans ? »

« - C'est drôle. J'étais sur le point de te demander la même chose. »

Ils continuèrent sur cette voie, échangeant des insultes jusqu'à ce qu'un compromis soit trouvé : Olivier serait invité mais Draco était autorisé à menacer Blaise de lui demander de danser. La principale différence entre ces disputes et leurs anciennes batailles étaient qu'elles étaient beaucoup moins sérieuses que par le passé. Ils se disputaient, non plus avec la hargne de deux rivaux, mais de la façon dont les gens se chamaillaient lorsque la personne dont ils étaient émotionnellement en charge avait l'audace de ne pas être parfaite. Il n'y avait que très peu de menaces physiques. Et après chaque dispute, une pause s'instaurait suivi de la paix.

« - Tu sais, c'est remarquable de voir comment notre cercle social est limité. » Dit calmement Draco après une période de calme, aucune trace de leur conflit se trouvant dans son comportement.

« - Vraiment ? » Demanda Harry, essayant simultanément de revoir leur liste d'invités dans sa tête. « - Comment ça ? »

Draco feuilleta les pages de la liste et observa de nouveau les noms. « - Presque tous les amis que nous avons invités sont des stars du football, des étudiants ou des associés d'affaires. »

« - N'est-ce pas le fait que tu as des amis non-étudiants qui sont considérés comme incroyable par des normes d'étudiants de troisième cycle ? »

« - Ils sont étonnamment vaste sur le plan social. » Acquiesça-t-il. « - Mais j'ai toujours l'impression que j'aurais pu être un peu plus créatif dans mes choix. »

Harry jeta son stylo en l'air, essayant de voir combien de fois il pouvait le faire tournoyer dans les airs. « - N'as-tu pas connu beaucoup d'acteurs et d'actrices ? » Demanda-t-il. « - Je me souviens t'avoir vu sur les couvertures des journaux et autres magazine quand j'étais à l'université. »

Draco se leva de sa chaise et se dirigea vers Harry. « - Oh. » Taquina-t-il alors qu'il glissait sur les genoux d'Harry, prenant le stylo de sa main et le posant sur la table. « - As-tu surveillé ma vie amoureuse ? »

« - Non, je faisais mes courses. » Harry enroula ses bras autour de la taille de Draco, attirant le blond plus près. « - Ton visage se trouvait toujours sur mon chemin. »

« - C'était surtout des relations occasionnelles de toute façon. » Dit Draco placidement, posant sa tête contre celle d'Harry. « - Et ceux que j'ai aimé ont tous quelques démêlés avec la loi maintenant. »

Harry renifla légèrement dans le cou de Draco. « - Pourquoi cela ne m'étonne pas ? »

« - Parce que. » Répliqua impérieusement Draco alors qu'il passait ses doigts dans les cheveux d'Harry. « - Je trouve que des personnes qui ont un penchant pour le vol de perruque peuvent valoir mon temps. »

En levant les yeux vers Draco, Harry sourit. « - Tu sais que je ne suis pas prêt de voler une perruque de si tôt, non ? »

Draco passa un doigt sous le menton d'Harry, le soulevant légèrement. « - Hm, je pense que je peux te pardonner pour ce défaut de caractère majeur. Mais… » Dit-il en souriant sournoisement alors qu'il abaissait ses lèvres vers celles d'Harry. « - Il faudra le mériter. »


Quelques jours plus tard, Draco était assis dans un café, déplorant la présence de tant d'autres bruits et personnes. Il ne savait pas pourquoi il avait choisi ce café pour étudier. Il avait besoin d'un endroit tranquille pour travailler sa présentation à venir, alors bien sûr le choix logique était un endroit empli de vrombissement de machines à café et de bavardages sonores. Cependant, son bureau universitaire accueillait actuellement une réunion impromptue d'étudiants et il s'était résolu à marcher dix bonnes minutes jusqu'à ce café. Bien sûr, il pouvait partir et aller à la bibliothèque mais il avait déjà commandé un cappuccino. De plus, la bibliothèque n'offrait pas le confort d'un luxueux fauteuil honteusement orange.

Avec l'aide de ses écouteurs, Draco avait finalement réussi à gérer la plupart du bruit autour de lui. Les films essayaient de vous faire croire que les scientifiques passaient leurs journées à agiter leurs mains sur les produits chimiques en criant : 'Eurêka !' Mais non… la science se développait dans des cafés ou des bureaux encombrés, avec des étudiants de cycle supérieurs fatigués de manipuler des lignes et des formes pour faire des diagrammes astucieux qui étaient destinés à distraire le public d'un manque de contenu réel.

Draco avait finalement réussi à choisir la combinaison parfaite de couleur pour ses diapositives (sur fond blanc avec le titre en gris foncé et le véritable 'contenu' en bleu marine) et il sélectionnait maintenant la taille idéale pour les flèches dans ce qui devait être le schéma central. Il était tellement prit dans l'immensité de cette tâche qu'il ne remarqua pas que quelqu'un avait tiré une chaise et était maintenant installé à la petite table que Draco avait recouvert de piles de papiers et manuels scolaires. Ce ne fut que quand il détourna les yeux de son écran et capta un soupçon de tissu bleu marine dans la périphérie de son champ de vision qu'il remarqua finalement la présence d'une autre personne. Mais il était encore trop concentré sur sa présentation pour lever les yeux, préférant plutôt être légèrement agacé par le genou recouvert de tissu qui apparut dans le coin de son œil alors qu'il regardait résolument son écran.

Avec les écouteurs fermement placés sur ses oreilles, il n'entendit pas le bruissement de papiers sur la table. Il ne remarqua pas lorsque l'étranger commença à fouiller à travers ses manuels scolaires. Mais après avoir perdu cinq minutes à essayer de se rappeler l'orthographe d'un produit chimique qui était impressionnant quand il fallait l'écrire, Draco céda et se pencha pour trouver le tableau des produits se trouvant sur la table en désordre. Il garda les yeux baissés, pensant que ce serait dommage d'établir un contact visuel avec le genre d'être humain qui choisissait de s'asseoir en face d'étrangers dans un café. Il fouilla dans les papiers, essayant de trouver celui qui contenait ce qu'il cherchait. Mais aucunes des feuilles ne correspondait à sa recherche. Il se résigna à abandonner lorsque le papier apparut soudainement devant lui, flottant quelques centimètres au-dessus de la table.

Regardant de plus près, il se rendit compte que le papier ne flottait pas. La pensée rationnelle prit le relais et il remarqua que la personne en face de lui le lui tendait. Il leva la main pour l'attraper et leva les yeux. Il fut surpris quand il vit la personne en face de lui, mais il masqua rapidement son expression et retira ses écouteurs.

« - Désolé. » Dit une voix familière. « - Il avait l'air si intéressant. »

« - Pas besoin d'être sarcastique au sujet de mon travail, Théodore. » Répondit froidement Draco. « - Je te demande de le respecter. »

Théodore lui sourit, croisant ses jambes alors qu'il se penchait en arrière dans sa chaise. « - Non, non. C'est amusant de voir que tu es un geek. C'est un nouveau look pour toi. » Nott portait des vêtements coûteux, bien que ce soit un costume faible en couleur, il le faisait se démarquer parmi les joggings et tee-shirts autour de lui. C'était choquant de le voir ici, une ancienne partie de la vie de Draco qui venait de surgir dans le monde alors qu'il s'était efforcé de la garder de côté.

« - Cela fait un moment. » Dit-il, essayant de trouver la meilleure approche à cette conversation.

Les yeux de Nott étaient durs et observateurs, ce qui fit penser à Draco que chaque aspect de lui était soigneusement scruté. « - Quatre ans, je crois. » Il y avait quelque chose de ferme dans sa voix qui démontra qu'il n'y avait pas de 'je crois'. Il savait exactement combien de temps s'était écoulé.

« - Je suppose que c'est ma faute. » Déclara Draco nonchalamment. « - Je ne suis plus vraiment friand des galas de charité. »

« - Ou le fait que tu as rompu notre engagement. » Retourna brusquement Théodore.

Les lèvres de Draco se plissèrent mais il ne dit rien. Il ne se rappelait pas que Nott et lui avaient été officiellement engagés… bien que techniquement ça n'avait pas d'importance étant donné qu'ils avaient grandis en acceptant leur mariage comme un fait accompli.

Théodore passa ses doigts dans ses cheveux. « - Alors. » Dit-il, interrompant le silence gêné. « - Est-ce là où nous discutons de la météo ? »

Draco posa son ordinateur portable sur le dessus d'un manuel et se pencha en arrière. Les conversations et les sons de machines semblaient disparaître alors qu'il se concentrait sur l'homme en face de lui. « - Je l'espère bien. J'ai reçu beaucoup d'émotion sur le récent épisode de temps chaud et j'ai enfin quelqu'un pour en parler. » Il se détendit dans son fauteuil. « - Mais ne me dis pas que tu as fait tout ce chemin jusqu'ici juste pour discuter de la météo et me regarder faire une présentation. »

« - Non, je viens juste d'arriver dans la région. Ceci. » Nott fit un geste de la main vers la table en désordre. « - Est juste une belle surprise au milieu de ma journée. »

« - Pourquoi est-ce que tu viens autour d'un campus universitaire ? » Demanda Draco avec méfiance. « - Ce n'est pas ton genre de traîner par ici, sauf si c'est pour donner une somme colossale d'argent et obtenir que l'établissement porte ton nom. »

« - Regarde-toi, penser à une telle chose comme un montant obscène d'argent. » Le sourire que Nott envoya à Draco était empli de condescendance moqueuse. « - Tu as l'air tellement de la classe moyenne. »

Draco ignora la pique. « - Alors, qu'est-ce que tu fais ici ? »

Nott sourit et lissa un pli imaginaire sur sa veste. « - Il y a un charmant jeune homme qui va à l'école ici. Nous nous sommes rencontrés il y a quelques nuits dans un bar et il semble qu'il termine ses cours dans… » Il jeta un coup d'œil à sa montre. « - Cinq minutes. »

« - Et tu es là pour l'aider à réviser après l'école ? » Draco sourit en repensant à quand ils étaient plus jeunes. Leur relation avait été assez intéressante et à peu près aussi monogame qu'une relation entre deux adolescents ambitieux avec des hormones faisant rage et peut-être une approche cynique d'un attachement émotionnel. Vraiment, 'relation' n'était pas le bon terme. Il s'agissait davantage d'un partenariat motivé par une attraction mutuelle et la perspective d'une future richesse.

Nott lui renvoya le sourire. « - Tu sais combien je m'inquiète au sujet de l'éducation des enfants de nos jours. » Il se pencha et regarda à travers le contenu de la table, feuilletant des manuels et regardant les chiffres sur les feuilles. « - Alors. » Commença-t-il avec scepticisme, agitant un papier. « - En fait, tu apprécies ça ? »

« - Tu m'as surpris dans l'un des moments les plus banales. » Répondit Draco défensivement. « - Mais oui, j'aime. »

Nott lisait un résumé mais quand il leva les yeux vers Draco, ils étaient durs et froids. « - Et tu ne regrettes pas ton choix ? »

Draco croisa les jambes et lui retourna le regard, conscient du fait que cette conversation allait dans une direction bien précise. « - Tu voudrais que je le fasse, n'est-ce pas ? »

« - Oui. »

« - Eh bien, je ne le fais pas. »

« - Tu ne regrettes pas d'abandonner l'une des positions les plus puissantes de l'industrie ? » Nott jeta la feuille sur la table. Il décroisa ses jambes et posa ses avant-bras sur eux. Alors qu'il se penchait en avant, Draco réprima l'instinct de se replier. « - Tu ne regrettes pas de rompre une relation qui t'aurait rapporté des milliards ? »

La feuille se trouvait en un tas désordonné avec les pages sur le point de s'arracher de l'agrafe. Draco la prit et l'arrangea avec désinvolture sur la table. Prudemment, il dit : « - Je ne regrette pas d'avoir fait un choix qui me donne vraiment ce que je veux. »

La réponse de Nott fusa rapidement et avec colère. « - Et ce que tu veux, c'est d'être marié à Potter ? De lui donner toute la gloire ? »

« - C'est ce que je dois faire pour obtenir ce que je veux. » Répondit Draco, refusant de répondre à la provocation.

« - Vraiment ? » Nott sourit dangereusement. Il n'était pas un homme particulièrement beau mais il y avait quelque chose en lui qui le rendait captivant. Après toutes ces années, Draco pouvait le voir dans la façon dont son sourire était effrayant, il était difficile pour lui de détourner le regard. « - Tu sais qu'il rougit chaque fois que ton nom apparaît, non ? C'est un peu dégoûtant. »

« - Est-ce pour cela que tu rends les choses compliqués pour Harry ? » Demanda Draco, ignorant la couleur de ses joues. « - Tu es là depuis un mois et tu n'as toujours pas signé quoi que ce soit. »

« - Tu crois que je suis assez petit pour être jaloux ? »

« - Je pense que tu es assez arrogant pour être possessif. »

Nott pencha la tête et considéra les mots de Draco. « - Très bien. Je n'aime pas ça quand je suis promis à quelque chose et que je ne l'obtiens finalement pas. »

Le petit nœud de malaise qui avait pris racine dans le ventre de Draco commença à grandir. « - Parles-tu de la société ou de moi ? »

« - Il fut un temps, c'était la même chose. » L'attitude froide de Nott changea soudainement et sa voix devint beaucoup plus ludique. « - Maintenant, dis-moi. » Commença-t-il avec impatience. « - Est-ce que Potter est énervé ? Oh, j'espère qu'il rentre à la maison énervé. »

« - Quel est le point de tout cela, Nott ? » Dit Draco avec impatience. « - Tu sais que tu vas conclure l'affaire. Il sait que tu vas conclure l'affaire. Alors pourquoi lui donnes-tu tant de mal ? »

Le regard excité sur le visage de Nott disparu aussi vite qu'il était apparu. « - Pourquoi t'en soucies-tu ? » Cracha-t-il. « - D'après ce dont je me souviens, ce qui donnait du mal à Potter était ta raison d'être. Ou attends. » Sa voix prit soudainement une intonation cruelle. « - Potter te fait-il rougir aussi ? »

Draco essaya de faire en sorte que ses traits ne révèlent rien, de peur que la tension entre ses doigts ait déjà révélé plus que ce qu'il voulait que Nott sache. « - Essayes-tu d'arriver à un but précis, Théodore ? Si oui, peux-tu le faire rapidement ? »

Nott attendit quelques secondes avant de répondre, comme s'il ruminait ce qu'il voulait dire à Draco depuis toutes ces années. « - Tu es devenu complaisant. »

Draco grimaça. « - Pauvre choix de mots. »

Mais Nott remarqua à peine la tentative de Draco de faire de l'humour. « - C'est juste… » Nott jeta un coup d'œil au travail de Draco et ensuite à la masse d'étudiants autour d'eux. « - Tu es juste si banal maintenant. »

« - Ce n'est pas vraiment beaucoup plus agréable. » Marmonna Draco.

« - Tu aurais pu avoir tout cela, Draco. » Les yeux de Nott étaient grands ouverts maintenant. S'il s'approchait, Draco était sûr qu'il allait trouver une certaine vulnérabilité en eux. « - Nous aurions pu avoir tout cela. »

« - Oh, Théodore. » Dit Draco avec toute fausse compassion. « - Tu ne penses pas que c'est un peu mélodramatique comme situation ? Sinon, je suis sûr que je peux comprendre ta sentimentalité. Il est très difficile de trouver quelqu'un comme moi. »

Nott recula à la raillerie mais il se reprit rapidement. « - Ce n'est pas une question de sentimentalisme. »

« - Sentiment, perte d'une entreprise… n'est-ce pas la même chose pour toi ? »

« - Ils sont la même chose pour toi aussi. » Accusa Nott. « - Tu sais, quand j'ai entendu dire que tu avais abandonné ton héritage, j'ai pensé que c'était une blague. »

« - La plupart des gens l'ont fait. »

« - Puis j'ai pensé que ton père était derrière ça. » Poursuivit Nott. « - Surtout quand j'ai entendu dire qu'Harry était présumé pour le poste… j'ai pensé qu'il t'avait acheté afin de pouvoir mettre Harry à la tête. »

« - Tu préfèrerais cela, n'est-ce pas ? » Réalisa Draco. « - Penser que j'ai tout abandonné pour de l'argent au lieu de quelque chose d'autre. »

« - Oui. »

« - Pourquoi ? »

Nott soupira et se mordit la lèvre. Il baissa les yeux et continua avec hésitation. « - Parce que. » Dit-il lentement. « - Cela voudrait dire que je n'étais pas suffisant pour te donner envie de rester. »

Draco roula des yeux. « - Oh, arrête d'être si pathétique, Théodore. » Dit-il sèchement. « - Le rôle de l'amoureux éconduit ne te va pas. »

L'effet de ses paroles fut instantané. Nott se redressa, un sourire malicieux revint sur son visage. « - Ah, l'impitoyable Draco que j'ai connu et baisé. » Dit-il, sonnant presque soulagé. Quelques têtes se tournèrent à ses paroles grossières mais Nott ne sembla pas s'en apercevoir. « - J'attendais avec impatience de voir ce côté de toi. »

« - Qu'est-ce que ça veut dire ? »

Le sourire de Nott s'élargit. « - Rien. » Répondit-il joyeusement. Il semblait presque euphorique, comme si c'était ce qu'il avait espéré tout ce temps. « - Tout ce que j'espère, c'est de te voir agir ainsi bientôt. Pas comme ces jeux idiots avec Crabbe et Goyle. »

« - Tu en as entendu parler ? »

« - Oui. Et ça m'a fait me rendre compte jusqu'où tu es arrivé dans ce que tu es. »

« - Et tu es ici pour rectifier ça ? » Draco garda un ton neutre, espérant cacher n'importe quelle faiblesse face au défi silencieux de Nott.

« - Je m'inquiète pour toi. C'est tout. » Mais la lueur dans ses yeux disait quelque chose de beaucoup moins généreux que ses paroles. Avant que Draco puisse lancer un millier de menaces, le bourdonnement d'un téléphone vibrant se fit entendre. Nott le sortit de sa poche. « - Le devoir m'appelle, Draco. » Dit-il, haussant un sourcil de manière suggestif alors qu'il agitait son téléphone. « - Nous pourrons continuer cette conversation un autre jour. »

« - Je peux à peine attendre. » Répondit sèchement Draco.

Nott se leva et inspecta ses vêtements, comme s'il avait peur que les signes extérieurs du campus aient pu laisser une trace sur ses vêtements. Il se pencha sur la table et déposa ses lèvres froides contre la joue de Draco. Draco resta immobile comme une statue, souhaitant que son corps ne transmette aucune réponse. Mais quand Nott murmura : « - Toujours un plaisir. » Les mots le frappèrent comme la glace et fit passer un frisson nerveux dans son dos qu'il savait que Nott remarqua.

Il regarda Nott s'éloignait, le bruit environnant des machines et des personnes revenant de nouveau s'écraser dans ses oreilles et causant un contexte chaotique parmi les pensées tumultueuses dans sa tête. Depuis qu'il avait mis fin à la possibilité de leur engagement, il savait que Nott avait juste attendu pour exprimer son ressentiment, que ces quatre années de silence était juste une façon passive agressive d'attendre son heure. Il prit une gorgée de son cappuccino maintenant froid, essayant de concentrer son attention sur son travail. Finalement, quand ses nerfs furent calmés et qu'il avait repris le contrôle de ses pensées, il réussit à terminer sa présentation. Mais cette nuit-là, alors qu'il se trouvait dans son lit et passait ses bras autour d'Harry, le nœud d'anxiété dans son estomac revint et le maintint éveillé jusqu'à ce qu'il sombre d'épuisement et puisse finalement se réfugier dans le confort du sommeil.

À suivre…

(1) La Pax Romana (expression latine qui est traduite par « paix romaine ») désigne la longue période de paix (du Ier siècle au IIème siècle après J-C) imposée par l'Empire romain sur les régions contrôlées. L'expression provient du fait que l'administration et le système légal romain pacifiaient les régions qui avaient souffert des querelles entre chefs rivaux. Pendant ce temps Rome livrait toujours bataille contre les peuples et les tribus en périphérie, notamment les peuples germaniques et parthes (nord-est de l'Iran). Il s'agit d'une ère de relative tranquillité, pendant laquelle Rome n'éprouva ni guerre civile majeure, telle que le carnage perpétuel du Ier siècle av. J.-C., ni de grande invasion, du type de la deuxième Guerre punique du siècle antérieur. Source Wikipédia.