Chapitre 14
Ces derniers jours se sont relativement bien passés : Frisk a fait la rencontre d'Alphys et de Mettaton avec qui elle est vite devenue amie elle a apprit à cuisiner à la manière d'Undyne en compagnie de Papyrus elle continue de passer beaucoup de temps chez les deux frères squelettes chez qui elle a rapidement pris ses aises pour finir par même dormir chez eux elle écoute encore et encore les blagues de Sans qui est toujours aussi paresseux, que ça soit à son travail ou chez lui et ce genre de chose. On peut dire que tous se passe pour le mieux, il faut désormais que Frisk se rende chez Asgore pour enfin regagner la surface, et tout sera enfin terminé.
Aujourd'hui semble être une journée totalement banale, une journée où Frisk est installée sur le canapé en compagnie de Sans qui s'est rapidement assoupit tandis que Papyrus prépare à manger dans la cuisine. La jeune humaine pose un instant son regard sur le squelette endormit, et même si elle n'osera jamais en parler, elle se pose toujours autant de question à propos de lui : Sans est apparu un beau jour et s'est montré totalement pacifique avec elle. Il fait toujours mine de se foutre de tout. Il ne parle pas beaucoup, et quand il le fait, c'est en général pour sortir un de ses jeux de mots stupides. Il ne dévoile pas ses sentiments et ses ressentis sur les choses qui l'entourent… Mais au fond… Qui est vraiment Sans ? Jusque là, ils ont tous essayé de capturer Frisk avant de vouloir la connaitre. Que ça soit Papyrus, Undyne, Alphys grâce à Mettaton, ils ont tous voulu sa peau… Mais pas Sans. Dès le début, il s'est montré très gentil avec elle… Est-ce que ça aurait un rapport avec cette promesse ?
Effectivement, un beau jour, lorsque Frisk était partit pour continuer ses recherches à propos du roi des lieux, elle est rapidement tombé sur Sans qui semblait l'attendre devant un hôtel. Comme à son habitude, le squelette avait les mains dans les poches et la tête baissée, mais lorsque la jeune humaine s'est approchée de lui pour l'interpeler, il s'est contenté de relever les yeux avant d'assimiler un clin d'œil à la jeune fille.
« He gamine, ça te dirait de manger un bout avec moi avant de te rendre au noyau ? L'humaine n'avait pas tardé à accepter. Cool, merci de m'inviter. Il s'est ensuite détaché du mur contre lequel il était adossé. Par ici, j'connais un raccourci. » Puis en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les deux amis se sont retrouvés dans un endroit méconnu de l'humaine. Celle-ci contemplait les lieux un instant : on aurait dit une petite salle de restaurant abandonnée… La salle était lugubre, certainement à cause des couleurs foncées du sol et des murs. Il y avait quelques plantes qui se battaient en duel, et les tables n'étaient pas mieux décorées : il y avait juste une petite bougie qui ornait ces dernières. Frisk et Sans étaient face à face, et cela rendait mal à l'aise la jeune fille.
« Bon, on y est. Donc… Ton voyage se termine bientôt, pas vrai ? Tu dois vraiment vouloir rentrer chez toi… Hehe, j'connais ce sentiment mon pote. Mais… Parfois il vaut mieux se contenter de ce qu'on a. Ici bas, t'as à manger, à boire, des amis… Est-ce que tout ce que tu as à faire là haut en vaut vraiment la peine ? Frisk ne savait pas quoi répondre et observait tristement le squelette. Laisse-moi te raconter une histoire. Tu t'souviens que j'suis sentinelle dans la forêt de Snowdin, hein ? J'reste là-bas, à attendre l'arrivée des humains… C'est plutôt barbant. Heureusement, tout au fond de la forêt, y'a cette énorme porte verrouillée, et elle est parfaite pour s'entrainer à faire des blagues 'toc-toc'. Un jour, je 'tapais' la discute tout seul, comme d'hab', je frappe la porte en disant 'toc-toc', et d'un coup, de l'autre côté, j'entends la voix d'une femme : 'qui est là ?', du coup, naturellement, je réponds : 'tuba' –'tuba qui ?' '-tuba trouver cette blague vraiment nulle', et là, elle éclate de rire. Comme si c'était la meilleure blague qu'elle ait entendue de sa vie. Du coup, j'continue d'en sortir, et elle se met à rire de plus belle. Personne avait jamais trouvé mes blagues aussi drôles. Je continue, et tout à coup, ELLE frappe à la porte et lance : 'toc-toc' j'réponds 'qui est là ?' '-maria' '-maria qui ?' '-Olé !' Wow, ça crève les yeux, cette femme était extrêmement douée. On a continué de se raconter des blagues pendant des heures. Au bout d'un moment, j'ai dû partir, Papyrus devient ronchon sans son histoire avant d'aller au lit, mais elle m'a demandé de repasser la voir, ce que j'ai fait. Je suis revenu encore, et encore, c'est notre passe-temps : nous raconter des blagues pourries à travers la porte, c'est le pied. Il avait marqué une petite pause. Pourtant, un jour, j'ai remarqué qu'elle riait pas beaucoup, je lui ai donc demandé ce qui allait pas, et elle m'a sorti quelque chose d'étrange : 'Si un humain franchit un jour cette porte, pourriez-vous, par pitié, me promettre quelque chose ? Veillez sur lui, et protégez-le, d'accord ?'. Pour être franc, je déteste faire des promesses à quelqu'un, et cette femme, je connais même pas son nom. Mais… Quelqu'un qui aime à ce point les blagues pourries possède cette sincérité à laquelle on ne peut pas dire 'non'. Il s'est arrêté, encore. Tu vois c'que j'veux dire ? Cette promesse que je lui ai faite, tu sais ce qui serait arrivé si elle m'avait rien dit p'tite tête ? Il avait marqué un nouvel arrêt, mais cette fois, ses pupilles avaient disparu pour laisser place à de grands yeux vides. Tu serais déjà six pieds sous terre. Puis ses yeux sont revenus à la normale après ça. Hé, détends-toi, poto ! J'plaisantais, c'est tout. Et puis… Tu trouves pas que j'ai assuré ta protection comme un pro jusqu'ici ? J'veux dire, regarde toi : t'as pas cassé ta pipe une seule fois, j'ai raison, pas vrai ? Bah, tout ça c'est grâce à mon incroyable talent. Il s'est finalement relevé pour quitter la table. Bon, bah, c'est tout. Prends soin de toi, la mioche, parce que quelqu'un tient beaucoup à toi. » Et la conversation s'est achevée ici tandis que Frisk observait Sans repartir.
Le flashback de la jeune fille se stop ici lorsqu'elle entend la voix stridente de Papyrus juste à côté d'elle.
« Saaans ! Lève-toi gros paresseux ! On va passer à table ! Le concerné cligne plusieurs fois des yeux alors que les cris de son petit frère le sortent de son sommeil.
-Ok bro'… Laisse moi juste… une heure ou trois… Puis il se réinstalle confortablement tout en remettant en place sa veste. Mais le plus grand saisit le plus petit qu'il place sous son bras.
-Non Sans ! On mange maintenant ! Tu ne vas quand même pas passer à côté des spaghettis préparés soigneusement par le grand Papyrus ! » Le plus vieux des deux grommèle un instant tandis qu'ils disparaissent dans la cuisine sous le regard de Frisk. Cette dernière ne cesse de repenser à ce moment qu'elle a partagé avec Sans… et elle continue de s'en vouloir d'avoir abattu son arme contre Toriel.
Après avoir mangé avec les deux squelettes, Frisk est repartie en insinuant qu'elle devait aller vérifier quelque chose chez Alphys. Les deux frères ne se sont pas posés plus de question que cela, et ils n'ont donc pas tardé à regagner tout deux leur chambre respective.
Sans est maintenant allongé parterre en train de feuilleter son petit carnet qu'il continue de compléter régulièrement. Cependant, malgré le fait qu'il soit occupé à lire son carnet, il ne peut s'empêcher de penser à la jeune humaine. Cela fait maintenant un moment qu'elle est partie, elle devrait être rentrée depuis pas mal de temps maintenant quand même… Ou même si elle a décidé de passer la nuit dans un hôtel ou ailleurs, elle aurait sans doute téléphoné pour prévenir de son absence ou quelque chose du genre… Bon, la décision est vite prise du côté du squelette : quelque chose cloche. Il se relève donc et part enfiler sa veste avant de se téléporter chez Alphys, le dernier endroit mentionné par Frisk. Comme lors de sa dernière visite, la scientifique n'est pas là, mais les écrans sont toujours allumés pour l'aider dans ses recherches. Il observe un instant l'endroit avant de s'y téléporter. Il atterrit donc dans la forêt enneigée, non loin de Snowdin, et part donc à la rencontre de l'humaine. Mais lorsqu'il l'aperçoit enfin au loin, il ne peut s'empêcher de froncer les sourcils tandis qu'il observe cet énorme bouton qui se situe juste devant la main de la jeune fille. Après avoir fait quelque pas de plus, il se rend compte que sur ce bouton il y a écrit 'Reset'… Bizarre ce truc… Quoiqu'il en soit, il interpelle Frisk.
« He gamine, qu'est-ce que tu- Il interrompt sa phrase lorsqu'il se rend compte que la petite humaine est en train de pleurer. Cette dernière s'oriente lentement vers lui.
-Je suis désolée Sans… » Le plus vieux squelette n'a même pas le temps de réagir d'une quelconque manière que ce soit que Frisk appuie sur le bouton. Puis soudainement, tout devient noir avant qu'un flash blanc apparaisse. Sans se redresse, paniqué, tandis que son œil bleu s'active. Il zieute les environs un instant avant de se rendre compte qu'il est dans son lit.
